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: Les bibliothèques anglaises se préoccupent de la prolifération des DRM

Posté par Ludovic Danigo (). Modéré le 05 février 2006.
Les bibliothécaires anglais commencent à se rendre compte des problèmes que leur poseront les médias numériques protégés.

En effet, la British Library prévoit que, d'ici 2020, la majorité des nouvelles publications seront électroniques.

Le point préoccupant est que si les DRM prévoient la protection des droits d'auteurs, ils ne prennent, pour l'instant, pas en compte leur obsolescence et ne se débloqueront pas lorsqu'ils passeront dans le domaine public.

> Lire la dépêche (25 commentaires, moyenne: 5,3).  

Il est fort probable, de plus, que les logiciels utilisés pour chiffrer le contenu ne soient plus disponibles lors de l'échéance des droits (on parle ici du copyright anglais) et donc rendant ainsi le passage dans le domaine public impossible.

Les bibliothécaires se sont certes déjà manifesté sur les DRM (second lien) mais le devenir des DRM lors du passage d'une oeuvre dans le domaine public est un point évident lorsqu'on l'énonce mais que je n'avais encore jamais vu abordé de manière aussi claire.

L'article est intéressant car il démontre que même si on joue le jeu des DRM, les sociétés d'éditions n'ont visiblement pas l'intention de respecter les droits d'auteurs.

Qu'adviendra-t-il de ma copie "DRM protected" d'une oeuvre Disney qui aurait du/devra tomber dans le domaine public un jour ou l'autre ?

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monopole sur l'information et le savoir.

Posté par CyrrusSmith (page perso, ) le 05/02/2006 à 18:20. (lien). Évalué à 10.

On touche là le noeud central du problème. Les DRM, brevets logiciels, etc., sont des technologies qui doivent permettre un monopole sur l'information, le savoir la culture aux world company.

Dans les années 80-90 se sont constituées des monstres par fusion, OPA, aquisition. On nous racontait même qu'il falait que la France et l'Europe aient aussi leurs world company pour faire pièce aux méga entreprises US. C'était oublier qu'à partir d'une certaine taille ces entreprises ne sont plus ni française, ni européenne mais simplement elles sont des grosses machines à profit situées au dessus des états.

Elles cherchent donc à faire LEUR loi. Elles obéissent à une logique de profit. Ce qui est finalement normal dans leur cas. Le problème est que les états, le monde politique, ne peuvent que difficilement s'y opposer, quand ils le souhaitent.

Pour l'instant ma réponse est de leur acheter le moins possible de leurs produits (pas toujourspossible). Par exemple, pour me fournir en oeuvres musicales, je vais voir les artistes indépendants qui me plaisent, et à la fin du concert je leur achete leur CD dédicacé, et sans DRM.

Sinon, naturellement, je crois qu'il faut informer autour de soit et entre autres les élus.
À force on finira bien par trouver un tas de bouts de solutions.

--
Il existe pour chaque problème complexe une solution
simple, directe et fausse.
H.L. MENCKEN

Qu'adviendra-t-il de ma copie "DRM protected" d'une oeuvre Disney ?

Posté par √λιi () le 05/02/2006 à 19:49. (lien). Évalué à 10.

Qu'adviendra-t-il de ma copie "DRM protected" d'une oeuvre Disney ?

Il n'y aura rien à dire la dessus puisque disney aura fait ralonger pour la n-ième fois la durée des droits.

Mouais...

Posté par Romain Vinot (page perso, ) le 05/02/2006 à 20:51. (lien). Évalué à 4.

En jouant un peu l'avocat du diable, je dirais qu'il y a plein de solutions pour répondre aux attentes des bibliothécaires tout en conservant le principe exécrable des DRMs.

"Ne vous inquiétez pas ma bonne dame. Dès que le produit sera passé dans le domaine public, nos serveurs autoriseront automatiquement tout accès à ce produit. Vous avez peur que nos serveurs ne fonctionnent pas ? Nous pouvons vous fournir un logiciel (tout propriétaire) (à ceux qui auront payé la lience et qui auront reçu l'agrément du gouvernement bien sûr) qui vous permettra même d'accéder au produit sans nécessiter au requête au serveur central dès que ce dernier sera dans le domaine public."

Il est fort probable, de plus, que les logiciels utilisés pour chiffrer le contenu ne soient plus disponibles lors de l'échéance des droits (on parle ici du copyright anglais) et donc rendant ainsi le passage dans le domaine public impossible.

Attention à ne pas mélanger les problèmes. Ce genre de problème ne vient pas des DRMs en eux-mêmes mais du fait qu'ils utilisent un format propriétaire.

Proposition de correction sémantique

Posté par Benjamin (Jabber id, page perso, ) le 06/02/2006 à 10:02. (lien). Évalué à 10.

Je propose que désormais, au lieu d'utiliser "tomber dans le domaine public" on utilise

lorsque l'oeuvre "s'élèvera dans le domaine public" : une façon comme une autre de montrer la bonne idée qu'est l'existence du domaine public ...

DRM et bibliothèque, mon avis de (ex-)documentaliste

Posté par jahrynx () le 06/02/2006 à 12:00. (lien). Évalué à 10.

Je ne vais parler que de ce que je connais, à savoir les bibliothèques scientifiques et je ne parlerai donc pas des problèmes de DRM/dommaine public (mais y'a le meme genre de problèmes pour les bibliothèque qui ne sont pas archive en même temps) mais je crois qu'avec le dévellopement, les bibliothécaire ont de plus en plus de raisons d'être technophobe.

Je m'explique :
Une bibliothèque possède des livres, des actes de conférences, s'abonne à des revues. avec la généralisation de la photocopie, il y a eu la mise en place du système d'exception qui permet à une bibblio de faire autant de photocopie qu'elle veut et de payer une taxe au centre français du droit de copie en fonction du nombre. Jusque là tout va bien et c'est vrai que c'est pratique de pouvoir faire une photocopie d'un article pour un chercheur plutôt que de preter la revue (ou le recueil)

Arrive Internet, et les éditeurs commencent à publier directement sur le net. Là, tout le monde se dit que c'est génial : le bibliothécaire/documentaliste car les photocopies c'est chiant et le chercheur car il peut garder une copie électronique de sa bibliographie plutot que d'entasser les photocopies dans un coin. Donc les éditeurs font des systèmes d'abonnement électronique et là, ca devient assez barbare :

- Mise en place de système de pack : "vous prenez tout où rien, c'est cher mais c'est comme ca, vous navez que faire de la moitié des revues que l'on édite, on s'en moque vous les payez quand même"
- Vous vous abonnez pour l'accès, donc le jour où vous arretez vous ne possedez plus les archives, plus rien, aucune copie, nada...
- Remise en question du système de prêt et de photocopie entre bibliothèque : normalement, on a toujours la possibilité de demander à une autre bibliothèque de nous photocopier un article dont on a besoin et de nous l'envoyer (bon c'est vrai que maintenant, on scanne plus qu'on ne photocopie mais ca revient au même car "théoriquement" on doit imprimmer l'article reçu avant de le donner au chercheur puis effacer la version électronique qui à rescanner le jour où on en a encore besoin) par contre, les accords concernant l'utilisation des versions électronique font que normalement on a pas le droit d'envoyer une version electronique à une autre bibliothèque. Après tout c'est vrai, si elle en a besoin elle n'a qu'a payer !

Et à chaque fois qu'une nouvelle technologie permetant l'échange d'information et de savoir plus rapidement, plus facilement, plus simplement arrive, il se trouve quelques petits malins pour mettre des limitations.
Un exemple parmi d'autres : Là ou je travaillais, on utilisait pas mal le service de fourniture de document de la British Library. Au départ, c'était photocopie envoyé par courrier ; puis ils ont mis un système (dont j'ai oublié le nom) qui permettait de l'envoyé en version électronique (c'est bien ca arrive le lendemain au plus tard) Le truc était pas terrible mais nous permettait de l'imprimer (et de l'imprimer en pdf : cool) L'an dernier ils se sont mis au pdf version DRM Adobe, on ne peut l'imprimer que deux fois, on ne peux le lire que sur un nombre limité d'ordi et si l'impression foire pour cause de graphique qui casse tout (ca se voit plus souvent qu'on ne le pense, loi de Murphy oblige) et bien on l'a dans l'os... La conclusion de l'expérience là ou je travaillais : "on ne demande surtout pas de pdf et on prie pour qu'il garde l'ancien système d'envoie le plus longtemps possible"

Quand je vois tout ca, plus les changement apportés par le dadvsi plus tout le reste je suis assez inquiet quand à l'avenir...

c'était mes 2ç (un peu long quand même)

Expiration des DRM

Posté par Croconux () le 06/02/2006 à 13:24. (lien). Évalué à 10.

Qu'adviendra-t-il de ma copie "DRM protected" d'une oeuvre Disney qui aurait du/devra tomber dans le domaine public un jour ou l'autre ?

Etant donnés la vitesse de progression des performances des ordinateurs, dans 70 ans n'importe ordinateur d'entrée de gamme sera suffisamment puissant pour craquer les protections actuelles par une simple attaque bruteforce. Lorsque le DES est sorti, essayer toutes les combinaisons était impensable. Puis ça a été rendu possible sur des supercalculateurs en quelque mois. Aujourd'hui c'est possible en quelques jours sur une ferme de PCs. Et l'informatique n'a même pas 70 ans.

A l'heure actuelle, les DRMs ne vivent pas plus de quelques mois. Pour des raisons de coût, les fabricants cherchent des solutions implémentables sur du matériel bon marché. Il serait possible d'implémenter des systèmes bien plus performants mais ça nécessiterait un puce spécialisée dans chaque lecteur, donc moins de profits. Et puis si ça suffit à décourager la majorité des utilisateurs, c'est suffisant pour les éditeurs. Donc tant que le contournement des DRM reste légal il n'y aura pas blocage, je pense. Ca emmerdera juste tout le monde (et surtout les bibliothécaires).

Et tant qu'on est dans la préservation des oeuvres, il n'y a pas que les DRMs qui posent problème. La plupart des oeuvres ne sont plus profitables pour les ayant droit bien avant l'expiration de leur droits. Beaucoup studios de cinéma laissent pourrir dans leurs caves des oeuvres qui n'ont pas 90 ans. Il y a un ou 2 ans, on s'est ainsi aperçu que les bobines _originales_ de films amaricains devenus des classiques étaient gravement endommagées et ce de façon irréversible car stockées sans aucune précaution (humidité entre autres) . Ca avait tellement ému l'opinion qu'un député avait proposé que toute oeuvre dont le détenteur n'assurait pas la préservation tombe immédiatement dans le domaine public. Ce n'est pas allé bien loin, malheureusement.

On connait déjà le mécanisme.

Posté par chaperon () le 06/02/2006 à 19:19. (lien). Évalué à 10.

Juste une remarque : certains connaissent déjà le mécanisme des DRM et leurs dommages potentiels. Ces chanceux sont les passionnés d'émulation !

Cette comparaison est valable pour les vieux jeux protégés tournant sur de vieux ordinateurs. Je pense aux Amstrad CPC, Atari ST, Commodore Amiga et autres Apple ][. Si des pirates n'avaient pas contourné les protections de la plupart des jeux, nous aurions perdu un patrimoine très riche.

Exemple : Dungeon Master, dont la communauté de joueurs est toujours active depuis 1987, reste une merveille de programmation en environnements très contraignants (8Mhz, 512k de RAM pour 15 niveaux en temps réel et en pseudo-3D) qui a été récemment retranscrit en C++.

Autre exemple : Maupiti Island de Lankhor, chef d'oeuvre pour son époque, nous a définitivement quitté dans sa version Atari ST, faute de crack. Les rares copies disponibles à ce jour sont protégées (donc inrecopiables), et toutes ces copies sont défectueuses (les disquettes, c'est peu résistant). Résultat, un jeu en moins.

Il s'agit donc d'une perte d'un morceau de l'histoire du jeu vidéo ; morceau important qui plus est !

Tâchons de nous rappeler de cette merveilleuse époque, technologiquement prolifique, mais qui peine à subsister à cause de ses protections.

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man man, man !

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