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: Rapport pour la Commission européenne sur le logiciel libre

Posté par Mathias Bavay (page perso, ). Modéré le 17 janvier 2007.
Un rapport financé par la Commission européenne sur l'impact économique du logiciel libre vis à vis de l'innovation et de la compétitivité du secteur des technologies de l'information à été remis récemment.

Ce rapport, constitué par diverses universités et organisations, recommande fortement une approche « pro-libre » : prise en compte du poids réel du libre, investissements dans le libre, politique qui ne soit plus biaisée en faveur du modèle propriétaire. Le rapport recommande même que l'enseignement ne soit plus tourné vers la formation à un logiciel spécifique, que la vente de matériel ne soit plus liée avec celle de logiciels et critique certaines mesures récentes visant à cimenter les positions de certains autres modèles économique au détriment de la création d'autres entreprises et d'autres modèles économiques.

Les arguments avancés en faveur de cette approche sont principalement liés à la formidable opportunité que le logiciel libre représente pour l'Europe ainsi qu'à la reconnaissance de sa place actuelle.

NdM : en conclusion, selon Le Monde Informatique : Le logiciel libre est bon pour l'économie européenne, l'emploi des informaticiens et la compétitivité des entreprises.

> Lire la dépêche (61 commentaires, moyenne: 3,5).  

Pour le décideur pressé, le rapport présente les points suivants (résumé et traduction libre (!)) :
Rôle du libre dans l'économie
Le libre occupe un marché réel, étant souvent en bonne position sur plusieurs marchés. La pénétration du marché est elle aussi haute, dans le privé comme dans le secteur public. Beaucoup de logiciels sont encore le fait d'individuels, les organisations privées ou publiques représentant 35% des contributions. Enfin, l'Europe est en tête pour ce qui est des développeurs participants à des projets collaboratifs et aussi en tête en tant que leaders de projets. Ceci se traduit par un nombre accru de PME actives dans le libre.

Impact économique direct
La somme des logiciels libres de qualité raisonnable représente un investissement minimum de 12 milliards d'euros. Ceci représente au minimum 131.000 personnes/an, ou une contribution annuelle de 800 millions d'euros, dont la moitié provenant de développeurs basés en Europe. En terme de service, la part du libre pourrait représenter 32% du marché des services dans l'informatique en 2010. Le libre pourrait être une unique opportunité pour permettre à l'Europe de devenir l'économie de la connaissance la plus performante d'ici à 2010 (objectif de Lisbonne).

Impact économique indirect
Il y a des risques que l'innovation ne soit plus que défensive. Le libre pourrait permettre de ré-établir un environnement plus équitable pour l'innovation. Le libre économise 36% en investissements en informatique pour les entreprises, permettant de meilleurs marges. Enfin, le libre augmente la valeur de l'infrastructure informatique européenne, cela devrait être pris en compte.

Stratégies
Ce qui fait la force de l'Europe pour le libre aujourd'hui est sa forte communauté de développeurs et ses petites entreprises du secteurs. Sa faiblesse réside dans une trop faible adoption du libre dans les grandes entreprises comparé aux États Unis. Le libre représente une opportunité pour la création d'entreprises en Europe, la possibilité de jouer un plus grand rôle dans les technologies de l'information et un modèle économique adapté aux PME européennes. Le danger pour le libre en Europe provient du soutient de certains cercles à des mesures visant à cimenter les positions de certains autres modèles économiques. Les politiques actuelles favorisent le modèle propriétaire et devraient éviter de pénaliser le libre dans l'innovation et la R&D, soutenir le libre (notamment lors des processus de standardisation), désassocier la vente de matériel à celle de logiciel et permettre les dons au libre déductibles des impôts. L'éducation devrait lutter contre le "vendor lock in" en enseignant des capacités, et pas des logiciels spécifiques.

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Autour de l'investissement dans les logiciels libres

Posté par khivapia () le 18/01/2007 à 00:02. (lien). Évalué à 6.

cf http://www.cbronline.com/article_news.asp?guid=A1B32198-A313(...)
(et le monde informatique)

Une étude plus orientée grosses entreprises :

une étude de la Harvard Business School indique que 75% des investissements dans les logiciels libres par les principaux acteurs du marché se font dans le noyau Linux.
Les 25% restant se partagent majoritairement entre Firefox, Openoffice.org et MySQL.

La conclusion de la HBS est donc que Linux est utilisé comme base pour vendre du logiciel propriétaire (en plus des services), le poste informatique (comprenant l'OS) où le logiciel s'exécute se banalisant. Les enjeux se déplacent d'ailleurs vers les services web collaboratifs ne nécessitant qu'un simple navigateur web, mais de grosses applications centralisées.

Les enjeux du logiciel libre se déplacent donc progressivement, pour les grosses entreprises, vers une infrastructure banalisée libre et des systèmes spécialisés.

Le même mouvement touche les PME à ceci près qu'elles ont plus de facilité pour migrer.

L'étude montre que quoi qu'il en soit les entreprises attendent du logiciel libre un retour sur investissement que ce rapport de la Commission Européenne promet.

Traduction du document

Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 18/01/2007 à 02:32. (lien). Évalué à 10.

Lire un ouvrage de 287 pages en anglais n'est pas une sinécure pour la plupart d'entre nous. Une version en français serait très appréciée.

La traduction vient d'être demandée à : European Commission, DG Information Society and Media. Je vous tiendrai informé de la réponse.

[+] Un article assez interessant également sur le libre et vista

Posté par C0UNTZ3R0 () le 18/01/2007 à 11:53. (lien). Évalué à -10.

http://windowsvista.blogfrance.com/1458924/

A vos commentaires

Anglais vraiment dominant ? mais quoi d'autre ?

Posté par enzodegap () le 19/01/2007 à 10:43. (lien). Évalué à 4.

j'ai récemment passé 10 mois en australie.

J'y ai rencontré de nombreux asiatiques (chinois, coréens et japonais).

La plupart ne voient que l'anglais et imagine que nous travaillons tous dans cette langue.

Nos langues nationales ne sont pour eux que des langues régionales utile dans le cercle privé.

Donc, toute la question des langues est comment faire subsister nos cultures et en meme temps ne pas tomber dans le reflexe identitaire voir la xénophobie. (je pense ici au belges flamands feignant pour certains de ne pas comprendre le français).

Le problème de l'espéranto c'est qu'il n'est la langue d'aucun pays et, si il est reconnu par l'onu, personne ne le parle au quotidien.

La seule langue qui s'est vraiment répandu en europe a été le latin mais est depuis longtemps une langue morte (athé je ne donnerai pas d'avis sur les messes en latin ^^)

Pour ceux qui croient que l'anglais sera toujours la langue dominante (pax americana oblige), sachez que les états dits de la "sun belt" sont de plus en plus hispanophones au point de déclencher des débats récurents sur une langue officielle (les usa n'en ont pas à la différence des pays européens).

Un autre problème dans les pays anglophones et francophones est que nous ne faisons pas l'effort d'aller vers l'autre ... de parler la langue de l'autre .... nous sommes largement passif ....

Pour l'union européenne cela est un vrai problème ... comment écrire des rapports accessibles à tous (accès à l'information base de toute démocratie) tout en étant productif. (la traduction en plus de 20 langues cela prend tu temps).

Alors quelle langue choisir pour travailler dans l'UE ? quand on voit le problème du "together" pour le 50eme anniversaire du traité de rome , on se dit que le débat est loin d'être clos ...

Je choisis personnellement l'anglais pour des raisons de pragmatisme et non pas d'idéologie.

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