Comment les idées du mouvement Open-source peuvent aider à étudier les exoplanètes

60
28
nov.
2013
Science

Hanno Rein est un spécialiste des exoplanètes qui occupe un poste de professeur assistant en astrophysique à l'université de Toronto. Entre 2010 et 2013 il a effectué son post-doctorat à l'Institute for Advanced Study de Princeton et, à cette occasion, il a écrit plusieurs petits articles de vulgarisation sur les exoplanètes.

L'un de ces articles publié par l'IAS s'intitule "How Open-Source Ideas Can Help Us Study Exoplanets" et il m'a semblé qu'il justifiait une traduction pour les lecteurs de LinuxFr.org.

Hanno, après avoir été contacté par courriel, a eu la gentillesse de m'autoriser à publier son article sur le site en le plaçant sous licence CC-BY-SA. Merci à lui.

Plus de détails dans la suite de la dépêche.

Sommaire

Traduction de l'article

Pluton, la neuvième planète du système solaire (1), a été découverte en 1930, l'année de la fondation de l'Institut. Mais bien que l'Institut ait accueilli plus de cinq mille membres dans les soixante-cinq années suivantes, pas une seule nouvelle planète n'a été découverte durant ce laps de temps.

Finalement, en 1995, les astronomes repérèrent un objet qu'ils nommèrent 51 Pegasus b. C'était la première découverte de planète depuis plus d'un demi-siècle. Pas seulement ça, c'était également la première planète découverte autour d'une étoile en dehors de notre système solaire. Nous appelons maintenant ces objets des « planètes extrasolaires », ou, pour faire court, des exoplanètes.

Il s'avère que 51 Pegasus b est un objet vraiment curieux. Il est presque aussi massif que Jupiter mais il effectue une orbite complète autour de son étoile en seulement quatre jours. En guise de comparaison, Jupiter a besoin de douze ans pour accomplir une révolution complète autour du Soleil. Comme 51 Pegasus b est si près de son étoile, sa température d'équilibre thermique est très élevée. Ce type d'exoplanètes est nommé « Jupiters chauds ».

Depuis que la première exoplanète a été découverte, la technologie s'est améliorée de façon incroyable, et l'effort mondial des astronomes a permis de détecter chaque année de nouvelles planètes. En 2011 ce sont 189 exoplanètes nouvelles qui ont été découvertes, à peu près le même nombre que celui des visiteurs de l'Institut chaque année. En 2012, 130 nouvelles planètes sont venues s'ajouter à la liste. À la date du 20 mai de cette année, le nombre total d'exoplanètes confirmées était de 892 appartenant à 691 systèmes planétaires différents.

À titre personnel je suis très intéressé par la formation de ces systèmes. Nous avons tellement d'informations sur chacune des planètes de notre propre système solaire, mais si peu de connaissances au sujet de ces 892 exoplanètes. Explorer notre base de données limitée et essayer de trouver comment les exoplanètes se retrouvent sur leur orbite est vraiment excitant. De nombreuses questions surgissent après un simple regard sur 51 Pegasus b. Pourquoi est-elle des centaines de fois plus proche de son étoile que ne l'est Jupiter ? Est-ce qu'elle s'est formée plus loin ? Est-ce qu'elle était identique à Jupiter dans le passé ?

Pour 51 Pegasus b nous pensons connaitre la réponse. Nous croyons qu'elle s'est formée à grand distance de son étoile, là où les conditions, comme la température, étaient plus favorables à la formation des planètes. Ce n'est que plus tard qu'elle s'est rapprochée de l'étoile au cours d'un phénomène nommé « migration planétaire ». Pour de nombreuses autres planètes au sein de la liste des 892, l'histoire est plus compliquée, en particulier quand plusieurs planètes sont impliquées en même temps.

La diversité des systèmes planétaires que nous avons découverts est stupéfiante. Nous n'avons pas vu un seul système qui ressemble, même superficiellement, à notre propre système solaire. C'est ça qui rend l'étude des exoplanètes si excitante !

Pour faire ce genre de recherche nous avons besoin de catalogues contenant toutes les données sur les exoplanètes. De telles base de données existent mais elles partagent toutes la même faiblesse fondamentale : elles ne sont pas « ouvertes ».

Ces base de données sont soit maintenues par une seule personne soit par un petit groupe de scientifiques. Il est impossible d'ajouter des données dans la base si vous ne faites pas partie de ce petit cercle. Cela me préoccupe parce que ce n'est pas la manière la plus efficace de travailler et parce que cela n'encourage pas la collaboration entre les scientifiques. J'ai donc démarré un nouveau projet pendant le temps que j'ai passé à l'Institut. Ce projet se nomme « Open Exoplanet Catalogue » et, comme son nom le suggère, cette base de données est « ouverte » si on la compare aux autres. Tout le monde est le bienvenu pour contribuer, faire des corrections ou ajouter de nouvelles données. Pensez à ça comme la version Wikipédia d'une base de données astronomiques.

Cette même idée d'ouverture a été extrêmement fructueuse dans le monde du logiciel. Avec une licence open-source, les programmeurs offrent à chacun le droit d'étudier, de modifier et de distribuer le logiciel qu'ils ont écrit gratuitement. L'avantage évident c'est la facilité d'accès et la transparence. Mais, encore plus important, la pérennité, la flexibilité et l'interopérabilité sont largement améliorées quand le code source d'un logiciel est ainsi disponible publiquement.

Le succès du mouvement open-source est phénoménal. Chaque fois que vous allumez un ordinateur, lancez un navigateur Web ou envoyez un courriel, vous utilisez des programmes open-source, souvent en arrière plan. La success-story du mouvement open-source est largement basée sur l'adoption de systèmes distribués de gestion de versions (2). Ces outils permettent à des milliers de personnes de travailler et de collaborer ensemble sur un seul projet. Chaque changement effectué sur chaque fichier peut être tracé à rebours vers chaque individu. Cela crée un réseau de confiance basé sur les relations humaines entre les individus.

Au début le fait d'avoir des milliers de gens qui travaillent sur le même projet peut apparaitre comme une idée risquée, chaotique ou seulement impossible. Toutefois les études montrent que ce genre de collaboration à grande échelle produit des logiciels qui sont meilleurs (3) et plus sécurisés que ceux utilisant une approche plus traditionnelle.

L'astrophysique est en retard sur cette révolution. Bien qu'il existe des logiciels spécialisés qui sont open-source (et largement utilisés), l'idée d'appliquer les mêmes principes aux ensembles de données et aux catalogues est nouvelle. Les planètes extrasolaires représentent un cas de test idéal parce que les données sont produites par différents groupes d'observateurs à travers le monde. Les observations et les découvertes évoluent si vite qu'un catalogue statique n'est même plus une option.

Pour susciter l'intérêt des gens à propos de l'idée et de la philosophie derrière l'Open Exoplanet Catalogue, j'ai initié une compétition nommée « Exoplanet Visualization Contest ». Le but est de libérer sa créativité pour créer de nouvelles façons de visualiser les données sur les exoplanètes. Il n'y a aucune restriction sur les projets soumis. La seule exigence est que chaque projet doit utiliser de vraies données en provenance de l'Open Exoplanet Catalogue.

Cela a conduit à des propositions très diverses. Par exemple nous avons reçu des articles dignes d'une publication scientifique, des dessins artistiques sur de potentielles exo-lunes habitables, des sites Web interactifs. Un des participants est allé jusqu'à concevoir une pièce d'habillement, une veste, contenant des microcontrôleurs et affichant des données sur les exoplanètes. Grâce à un don généreux de la Société Royale d'Astronomie, à Londres, nous avons pu remettre des prix pour les meilleures soumissions. Avec l'aide de Scott Tremaine (qui occupe la chaire Richard Black de l'Institut), Dave Spiegle (membre de l'Institut) et Dan Fabrycky (professeur assistant à l'université de Chicago), deux gagnants ont été choisis.

Le second prix a été remporté par Jorge Zuluaga (Antioquia, Colombie). Il a conçu une nouvelle manière de présenter les données brutes sur les exoplanètes, comme par exemple leur taille ou leur température d'équilibre. Ces données sont d'un intérêt particulier quand il s'agit de déterminer si ces planètes sont potentiellement habitables ou pas. Sa proposition, le « Comprehensive Exoplanetary Radial Chart », montre le rayon des exoplanètes et utilise des couleurs pour représenter leur température d'équilibre approximative. Ce graphique affiche également des informations sur les propriétés de l'orbite planétaire, la taille de l'étoile hôte et, potentiellement, d'autres variables pouvant présenter un intérêt.

Le gagnant du concours est Tom Hands, un étudiant en doctorat de l'université de Leicester. Il a écrit un site interactif, ExoVis, qui permet de visualiser toutes les découvertes de systèmes planétaires. Le projet utilise HTML5, Javascript, jQuery et PHP. On peut chercher une planète particulière, étudier ses paramètres orbitaux et les comparer à ceux des autres systèmes, tout ça via un simple navigateur Web.

Le projet « Open Exoplanet Catalogue » est encore jeune et il vise à attirer un nombre important de contributeurs réguliers. De cette façon la qualité des données deviendra meilleure que celle de ses compétiteurs « fermés », de la même manière que Wikipédia est maintenant bien plus utilisée que l'Encyclopaedia Britannica.
Je suis optimiste pour le futur.

Notes :

  1. Pluton était à l'origine classée comme étant la neuvième planète du Système Solaire. En 2005 l'Union Astronomique Internationale a décidé de la classer dans la catégorie des planètes naines.
  2. Le plus populaire de ces outils est Git, utilisé par les gens qui écrivent le noyau Linux et de nombreux autres projets open-source majeurs.
  3. Dans le monde du logiciel, « meilleur » se mesure en nombre de bugs par ligne de code.

Commentaire

Le projet « Open Exoplanet Catalogue », aussi intéressant soit-il, n'est qu'un des nombreux exemples de collaboration scientifique s'inspirant des méthodes de développement du monde du logiciel libre. Ces méthodes sont les suivantes :

  • l'utilisation de gestionnaire de versions (décentralisés ou pas) ;
  • l'accès universel aux données via une licence permissive ;
  • la collaboration massive des contributeurs dispersés géographiquement.

Ce changement de perspective et cette nouvelle manière de travailler permettent de générer de nouveaux « produits » scientifiques qui n'auraient pas pu voir le jour autrement.

On peut citer par exemple le « Stacks project » initié par le mathématicien Aise Johan de Jong de l'université de Columbia. Le but est de produire un texte de référence sous licence libre et exposant la théorie complète des champs algébriques.

Comme toutes les contraintes d'un livre physique en papier disparaissent, le projet a pu explorer de nouvelles voies. Un site GitHub est en place et tout le workflow se base sur des commits Git. On peut naviguer dans le livre via des tags ou des hyperliens, faire des commentaires sur chaque lemme et définition. Des graphes de dépendances entre chaque chapitre sont visualisables avec des algorithmes de dessin basé sur les forces (Force-based layout). À la date de rédaction de ce commentaire le « Stacks project » contient 4 043 pages, 12 150 tags et 384 825 lignes de code.

Autre exemple, le projet HoTT qui vise à écrire un livre de référence pour repenser les fondations des mathématiques (en se basant sur la théorie de l'homotopie). Le projet est sous licence CC.By.SA et possède lui aussi une page GitHub pour gérer les contributions (voir cette vidéo de l'activité du projet). Ce sont plusieurs dizaines de mathématiciens et de logiciens qui ont travaillé ensemble avec la méthodologie du logiciel libre afin de produire un traité hautement technique de plus de 600 pages qui expose la théorie.

On voit bien que les idées et les méthodes du monde du libre se diffusent dans d'autres secteurs que ceux du logiciel. Les sciences « dures » en particulier semblent adopter ces méthodes avec enthousiasme et accepter une mutation de leur façon de travailler et de produire de la science. À la suite du projet PolyMath on trouve même des propositions visant à soumettre des article scientifiques directement sur GitHub (ou équivalent) afin de permettre une collaboration massive et une amélioration des résultats.

Comme l'indique cet article analysant les aspect socio-techniques de la création du livre HoTT :

Does it sound crazy? Of course it does. Open source also sounded crazy when Richard Stallman announced his manifesto.

  • # Les p'tits zhommes verts

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    C'est ça qui rend l'étude des exoplanètes si excitante !

    Exciting = passionnant, très intéressant, génial, etc.
    Pour un traduction de dialogue porno, ok, exciting = excitant.

    .

    Les estimations actuelles sont basées sur notre très faible connaissances des exoplanètes, mais il semble généralement accepté qu'il y ai un minimum de 100 milliards de planètes dans notre galaxie (pour 230 milliards d'étoiles). Le maximum monte à une moyenne de plus de 3 planètes par étoile.
    On extrapole en admettant que la proportion est similaire ailleurs. Comme il y a au moins 100 milliards de galaxies, ça fait un joli paquet de planètes.
    L'équation de Drake devient plus précise.

    On est de plus en plus persuadé que la vie est quasi automatiquement créée lorsque les conditions sont bonnes (définir « bonnes » sera possible une fois qu'on aura découvert plusieurs autres formes de vie, c'est ballot).

    Les avis sont très contrasté à propos de la vie extraterrestre.
    « Très » du genre « énormément, immensément, gigantesquement ». Comme l'univers quoi.
    Admettons qu'une planète sur 100 milliards héberge de la vie. Ça fait la bagatelle de 100 milliards de systèmes biologiques.
    Et ça ne tient compte que de la vie sur des cailloux. Pas de la vie entre eux (bon, là c'est vraiment de la science fiction pour le moment).
    Ça ne tient compte également que de la vie sur les objets actuellement visibles.

    • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

      Posté par . Évalué à 10.

      On est de plus en plus persuadé que la vie est quasi automatiquement créée lorsque les conditions sont bonnes (définir « bonnes » sera possible une fois qu'on aura découvert plusieurs autres formes de vie, c'est ballot).
      

      Bah il suffit de définir un ensemble de conditions comme "bon" par "menant automatiquement à la création de la vie".
      Non?

    • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

      Posté par . Évalué à 5.

      Les estimations actuelles sont basées sur notre très faible connaissances des exoplanètes,

      s/très faible/*extrêmement* faible/.

      mais il semble généralement accepté qu'il y ai un minimum de 100 milliards de planètes dans notre galaxie (pour 230 milliards d'étoiles). Le maximum monte à une moyenne de plus de 3 planètes par étoile.

      et encore ça ne compte pas les exo-lunes ! Sur lesquelles des formes de vie pourraient aussi se développer (par exemple ici dans notre système solaire il ne serait pas du tout impossible qu'il y ait certaines formes de vie (relativement simple) dans Europe (lune de Jupiter).

      cela fait maintenant ~18 ans qu'on a commencé à rechercher & étudier ces exo-brolls. Avec des techniques de détection/analyse/toussa très voire encore extrêmement pauvres/limitées aussi bien en quantité qu'en qualité. On a donc, actuellement et sans doute encore pour un paquet de dizaines d'années voire plus, un biais (extrêmement) fort dans ce que l'on est capable de détecter/mesurer/toussa : en gros seulement les très grosses et/ou les planètes relativement très proches de leur étoile.

      Les avis sont très contrasté à propos de la vie extraterrestre.
      « Très » du genre « énormément, immensément, gigantesquement ». Comme l'univers quoi.

      C'est peut-être un peu exagéré : soit il en existe, soit il n'en existe pas.. après évidemment il y a une infinité de probabilité possible entre "existe" et "n'existe pas". Je dirais plutôt que les avis sont très "tranchés" ou passionnés simplement.

      Admettons qu'une planète sur 100 milliards héberge de la vie. Ça fait la bagatelle de 100 milliards de systèmes biologiques.

      je te trouve, à mon humble avis, vraiment pessimiste. Sachant que sur le presque millier d'exo-planètes déjà découvertes (et confirmées) jusqu'ici, 2 ou 3 d'entre elles sont dans leur zone habitable et sont telluriques.. Il ne manquerait plus qu'elle possède de l'eau et une atmosphère (ce qui est tout à fait possible étant donné ce que l'on sait sur la formation des systèmes solaires/exo-planètes) et c'est parti.. une lune stabilisante et protectrice et hop rouler jeunesse.. bon allé sachant cela et même en restant relativement prudent, moi je met 1 planète sur 74000 (74 milles oui) héberge de la vie (peut-être juste des unicellulaires mais quand même). Cela ferait ~3 millions d'entres elles rien que dans notre galaxie. Pas mal déjà. Si sur cela de nouveau 1 sur de 74000 contient une forme de vie développée/intelligente cela nous donne donc 42 planètes possédant une forme de vie intelligente/développée, cqfd ;)

      • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Il ne manquerait plus qu'elle possède de l'eau et une atmosphère

        C'est un des points sur lesquels nous n'avons que peu d'idée : l'eau est-elle vraiment nécessaire à la vie ?
        À la vie sur terre oui, mais ailleurs c'est une autre histoire. Un bon bain d'acide fait peut-être des merveilles pour développer des trucs vivants.
        Les bonnes conditions pour l'apparition de la vie nous sont vraiment inconnues. Oui bon, comme tout le reste dans cette histoire. La seule chose qui soit difficilement réfutable est que la vie existe ailleurs mais que nous avons été pour le moment infoutu d'en avoir la preuve, pour les raisons que tu avances.

        Et puis la grande question : et la vie intelligente et développée, bordel, pourquoi on ne la voit pas ?!
        Ou, tourné autrement, pourquoi elle ne nous a pas déjà foutu sur la gueule.
        Mon hypothèse favorite est que le développement des capacités intellectuelles va plus vite que celui de « l'intelligence ». Comme chez les humains. On sait se mettre des bâtons dans nos propres roues avec une efficacité effroyable (guerres, destruction de notre écosystème, décisions débiles, etc). Et lorsqu'on a une civilisation « raisonnable », ben justement elle est raisonnable : elle reste tranquillos cachée au beau milieu de nulle part.

        • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

          Posté par (page perso) . Évalué à 6.

          Mon hypothèse favorite à moi c'est que les distances sont tout simplement trop gigantesques pour que nous, ou les autres, puissions quitter nos systèmes respectifs.
          L'hyper-propulsion à la Star Wars n'existe pas. Nous n'avons fait absolument aucun progrès conceptuel dans le domaine de la propulsion depuis Apollo (ou même depuis la seconde guerre mondiale). Personne ne veut s'engager dans une dépense qui apparaît comme inutile.
          C'est mal barré pour ceux qui rêvent de partir Ad Astra.

          • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            Mon hypothèse favorite à moi c'est que les distances sont tout simplement trop gigantesques pour que nous, ou les autres, puissions quitter nos systèmes respectifs.

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Vie_extraterrestre#Paradoxe_de_Fermi

            « D'après les calculs de Fermi, l’ensemble de la galaxie serait donc sous l’emprise de cette civilisation extraterrestre hypothétique après seulement quelques centaines de millions d'années, la faible vitesse de déplacement des vaisseaux étant largement compensée par l’augmentation exponentielle du nombre de vaisseaux de colonisation. Enrico Fermi exprime alors ce qui deviendra le paradoxe de Fermi : « si les extraterrestres existent, mais où sont-ils donc ? ». Un million d’années ne représentant que peu de chose à l’échelle de la galaxie, ils devraient donc être omniprésents et il devrait être impossible de ne pas les voir. »

            .

            L'hyper-propulsion à la Star Wars n'existe pas.

            Les ondes radio vont bien vite, et pas de traces dans ce domaine non plus.

            • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

              Posté par (page perso) . Évalué à 10.

              Le paradoxe de Fermi n'en est plus un quand on se rend compte de l'irréalisme de cette phrase : "après seulement quelques centaines de millions d'années".
              C'est pousser l'extrapolation un poil trop loin pour moi ;-)

              Les ondes radio vont bien vite, et pas de traces dans ce domaine non plus.

              Là encore il faut bien voir que les distances (et donc l'affaiblissement des ondes) sont gigantesques. Regarde le journal que j'avais écrit à l'époque pour visualiser la bulle radio émise par les humains. A l'échelle de la galaxie c'est microscopique.
              Il faudrait que des civilisations E.T. arrosent le ciel avec des milliers de radiotélescopes titanesques pendant des millénaires pour que nous ayons une toute petite chance de capter quelque chose. Et quelle civilisation va accepter ce coût de construction, le coût énergétique et la durée d'un tel programme ? Nous, les humains, on est même pas capable de planifier un truc à l'échelle de notre planète pour les 5 ans qui viennent…

              • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

                Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                C'est pousser l'extrapolation un poil trop loin pour moi

                Pourquoi ça ? Une vie utilisant la technologie ne peut traverser les âges ?

          • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

            Posté par . Évalué à 0.

            La réponse à ton hypothèse est connue depuis quelques temps et s'appelle "réplicateurs". Nous sommes déjà assez proches technologiquement de pouvoir en créer nous-mêmes, la plus grosse barrière àmha étant de nature éthique : "avons-nous le droit de balancer ça dans la galaxie ?". En effet, une fois le premier réplicateur lancé, pour peu qu'il ne soit pas trop mal foutu, il n'y a plus de retour en arrière possible (ou presque).

            Pour plus d'infos, de liens, de chiffres et de réflexions sur le sujet, je vous invite là (anglais).

            Bon bien sur tout ça embarque les craintes habituelles de l'humanité face à la robotique et la technologie (Frankestein, humanité vs Nature, toussa), mais c'est presque un autre sujet, tellement c'est vaste.


            Ma propre réponse à ça, c'est qu'elles sont bien là, les sondes extraterrestres, à nous guetter. C'est juste qu'elles sont programmées pour attendre jusqu'à être sures qu'on soit bien prêts à les accueillir. Vu qu'elles regardent les productions d'Hollywood, elle se disent que c'est pas encore gagné. Et vu que le nuage d'Oort est assez douillet, elles comatent tranquillement en envoyant 2 ou 3 impulsions laser par an vers leurs répétiteurs de réseau maillé informatique interstellaire (en ipv6, évidemment !) pour informer la confédération galactique de l'avancement de notre technologie et de notre conscience.

            Quand aux mères patries de ces petites probes, il s'agit évidemment de la matière noire sous la forme de sphères de Dyson (la majorité des étoiles de la galaxie ayant déjà été colonisées aujourd'hui).

            Less is more

          • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

            Posté par . Évalué à 0.

            La recherche évolue : VASIMR (wikipedia)

        • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          À la vie sur terre oui, mais ailleurs c'est une autre histoire. Un bon bain d'acide fait peut-être des merveilles pour développer des trucs vivants.

          Peut-être, mais la probabilité est quand même plus faible que pour l'eau. Trop d'acidité limite fortement le nombre de molécules qui restent stables et donc sont utilisables. Même chose avec un milieu trop oxydant (d'ailleurs la vie ne serait peut-être pas développée sur Terre avec le taux d'oxygène qu'on connait actuellement). L'eau a quand même la particularité d'être le « solvant universel » et ne pas réagir avec tout ce qui passe.

          « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

          • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

            Posté par . Évalué à 0.

            Je dirais même plus : y'a pas mal de chance que le solvant de ton "bon bain acide" soit de l'eau, l'oxygène étant parmi les éléments les plus fréquents dans l'univers et je parle même pas de l'hydrogène ;)

            Less is more

        • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

          Posté par . Évalué à 2.

          À la vie sur terre oui, mais ailleurs c'est une autre histoire. Un bon bain d'acide fait peut-être des merveilles pour développer des trucs vivants.

          Les archéobactéries font partie des espèces terrestres capable de survivre dans des environnements extrêmes, par exemple :
          http://www.actu-environnement.com/ae/news/ifremer_etude_nouvelle_espece_archaebacterie_8175.php4

          On avait cultivé en labo de grosses quantités de Pyrococcus_abyssi, on régulait avec de l'acide sulfurique et on en a passé un gros gros volume. La culture s'était faite à plus de 100° autant que je me souvienne. On avait pas à l'époque les moyens de le cultiver à très haute pression comme dans son milieu naturel.
          Je me rends compte, 20 ans après, qu'en fait la culture avait juste suivi sa découverte et que pas mal de chercheurs ont du bosser à partir ce que l'on avait cultivé.

      • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

        Posté par . Évalué à 0.

        Si j'ai une estimation à fournir, je dirai que le rapport planète habitble/nombre total de planète est entre 10-6 et 10-7 (voire moins, voire même beaucoup moins). Les conditions qui ont permis l'avènement de la vie sur terre sont assez exceptionnelles.

        Distance terre/soleil compatible avec l'existence d'eau liquide sur de très larges zones géographiques. Noyau tellurique générant un champ magnétique puissant qui permet d'éliminer une grande partie des rayons cosmiques. Période de révolution de 24h qui permet un moyennage adéquat des températures. Il faut aussi avoir une atmosphère, de l'H20 en grande, très très grande quantité (ce n'est pas pour rien que la terre s'appelle la planète bleue). N'oublions pas que la vie est née dans les océans.

        Je mets volontairement de côté toute forme de vie qui n'est pas basée sur l'ADN cellulaire tel que nous le connaissons, sans exclure son existence bien sûr. C'est un autre sujet que de savoir si la vie n'est possible que sous la forme que nous connaissons.

        • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

          Posté par (page perso) . Évalué à 6.

          le rapport planète habitble/nombre total de planète est entre 10-6 et 10-7 (voire moins, voire même beaucoup moins). Les conditions qui ont permis l'avènement de la vie sur terre sont assez exceptionnelles.

          C'est ce qu'on dit tant qu'on se regarde le nombril.
          Il faut une planète solide, il faut de l'eau, il faut telle pression, telle température. Il ne faut pas d'oxygène sinon ça tue tout (au moins au début), il faut ceci, mais pas trop de cela. Il faut qu'on soit à telle distance de l'étoile locale, il ne faut pas de météorites. Bref il faut une réplique exacte de notre système solaire, c'est sûr que là ça va coincer.

          Rien qu'avec les exemples que nous avons sur terre, bien des affirmations « évidentes » se trouvent contredites :
          - il est impossible à un organisme complexe de survivre sans énergie : des batraciens se laissent geler et peuvent ainsi passer l'hiver sans énergie.
          - il est impossible d'avoir de la vie sans lumière : paf, on connaît des contre-exemples de petits écosystèmes autonomes sans lumière (et sans contact biologique avec l'extérieur).
          - il est impossible d'avoir de la vie au délà de 60° : re-paf.
          - et probablement une tétrachiée de choses évidentes qui finalement se trouvent être des sottises.

          La vérité est que tant qu'on n'a pas la moindre idée de ce qui se passe ailleurs… hé bien on n'en a pas la moindre idée.
          Dans 2000 ans on découvrira qu'une vie basée sur le cycle de l'azote est possible (j'invente, je n'y connais rien), ou qu'une étoile gazeuse héberge une activité organique intense.

          Alors une planète sur 10 ou sur 100.000.000.000, ce ne sont pas des avis mais des sentiments.

          • [^] # Re: Les p'tits zhommes verts

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            il est impossible à un organisme complexe de survivre sans énergie : des batraciens se laissent geler et peuvent ainsi passer l'hiver sans énergie.

            Mais il faut bien que l'été arrive après pour qu'ils puissent vivre. Et un hiver, là où vivent les batraciens, ça reste relativement chaud. Il y a aussi l'exemple de certaines bactéries qui peuvent survivre à un voyage à dos de météorite mais c'est la même problématique, il faut de l'énergie à un moment pour qu'elle fasse quelque chose.

            il est impossible d'avoir de la vie au délà de 60° : re-paf.

            Et les organismes qui y vivent ont de tels mécanismes de protections qu'il n'y a que des êtres unicellulaires. Et surtout, ils ont des contraintes autres que la températures très restrictives, ce qui diminue encore plus la probabilité de leur existence. Alors, peut-être qu'il est possible d'avoir des être pluricellulaires à 500°C, mais il faudrait remettre en question une bonne partie de la (bio)chimie, du coup, on peut tout aussi bien spéculer sur la vie hors des planètes.

            ou qu'une étoile gazeuse héberge une activité organique intense

            Vu que, selon les connaissances actuels, il n'y a aucune molécule dans les étoiles à cause de la température, ça revient à ne se baser sur aucune connaissance physique/chimique actuelle. Et si on ne se base pas là dessus, on ne peut pas vraiment dire qu'on a découvert d'autres planètes ni même que la terre est ronde (peut-être que c'est un phénomène physique qui donne cette impression vu de l'espace).

            « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

  • # Exovis

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    En visitant le site exovis, où l'on découvre la forme des systèmes solaires, je me suis pris à imaginer à quoi pouvait ressembler les planètes, puis j'ai été pris de vertige face à l'immensité de certains systèmes, et au final, c'est comme si j'avais lu un bon roman de science fiction. C'est un beau site (si ce n'est qu'il ne manque de faire exploser mon ordinateur).

    Mais que c'est pauvre en information. Il n'y a vraiment rien sur les dites planètes, ni d'ailleurs sur les étoiles autour desquelles elles tournent. J'imagine que des suppositions sur leurs masses, voire leurs structures font l'objet d'articles et de batailles scientifiques, et qu'en cherchant bien dans le net, je finirais par trouver quelques petites informations plus précises, mais je regrette que le site ne soit pas plus bavard.

    • [^] # Re: Exovis

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Sur l'Open Exoplanet Catalogue il y a beaucoup plus d'infos sur chaque exoplanète (et même une petite animation qui montre leur orbite).

  • # Wikidata

    Posté par . Évalué à 4.

    Hello, juste un commentaire en passant : Wikidata dispose d'une communauté d'utilisateurs actifs autour de l'astronomie, cf. https://www.wikidata.org/wiki/Wikidata:Astronomy_task_force C'est surement une bonne idée d'aller aussi piocher là bas et dans la dynamique autours de ce projet, ou d'interconnecter ces bases avec Wikidata.

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