Une distribution Mandriva Linux 2011.0 pour quoi ?

Posté par (page perso) . Modéré par tuiu pol.
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12
sept.
2010
Mandriva
La communauté autour de Mandriva Linux s'est déjà exprimée concernant ses inquiétudes pour l'avenir de la distribution Mandriva Linux et notamment de Cooker, (sa version de développement). L'association des utilisateurs francophones de Mandriva Linux avait déjà demandé en mai une communication du comité de direction, la réponse n'a pas été directe, faite par site web interposé (bizarrement pas le blog de l'entreprise mais bien par un journaliste indépendant), puis par entretien avec le soutien retenu par le comité de direction. La société Mandriva est connue pour son manque de communication et ne pourra sans doute pas communiquer beaucoup plus avant le 17 septembre, comme annoncé, lors de son Assemblée Générale.

La communauté Cooker vient d'ouvrir un bug critique pour la version 2011.0, qui a été escaladé et réassigné – à raison – au PDG actuel de la société Mandriva, Arnaud Laprévote. Son compte est valide pour répondre sur le bugzilla ; ce qu'il a fait, mais sans indiquer de changement de statut ni fournir de patch opérationnel (un WONTFIX classique aurait été rouvert par la communauté en NEEDINFO ? :-D pour ceux habitués au processus de gestion des bugs).

Cet été, des utilisateurs de Mandriva Linux ont suivi les événements et tout ne semble pas facile au niveau du comité directeur de la société Mandriva, qui refuse visiblement une reprise par Linagora – pourtant identifiée, a priori, comme ayant le projet le plus clair – au profit de celui du PDG de Wallix Jean-Noël de Galzain qui n'hésite pas à communiquer mais sans citer ni la communauté des utilisateurs ni la communauté des développeurs ni la communauté du libre attachée à la distribution Mandriva Linux :-/

Plutôt que de se morfondre sur cette situation délétère, peut-être est-il temps pour la communauté des utilisateurs de Mandriva Linux, les contributeurs qu'ils soient développeurs ou utilisateurs (apportant du code, du soutien, du support et de l'aide, des traductions, des bugs, des commentaires, des articles, des installations, de la promotion ou des suggestions...) de se positionner pour obtenir un peu plus de l'avenir. Apparemment, il y a d'un côté le comité de direction et de l'autre les (ex-)employés Mandriva et contributeurs disponibles au travers des mails publics sur cooker, de l'IRC #mandrivafr ou #mandriva / #mandriva-cooker (voire du jabber).

Qui peut permettre la continuité d'une distribution appréciée par beaucoup de monde ? Quel investisseur serait prêt à faire perdurer ce projet en sachant donner des directives claires pour l'avenir (un business-model ouvert serait plus rassurant), notamment pour toutes celles et tous ceux qui font cette distribution ? (internationale – faut-il le rappeler – nos amis brésiliens et connaissances françaises sont concernés).

La communauté Mandriva Linux continue néanmoins de maintenir Cooker comme cela est visible sur http://sophie.zarb.org (en live sur les dernières 24h, 30 paquets actuellement en Mandriva Cooker ou -current ou updates en Mandriva Linux 2010.1). Je vous propose de comparer la liste des développeurs Mandriva et leurs affectations (datant de décembre 2009, incomplet à voir si mis à jour) et au moins le courriel de départ de neoclust : As my dear colleagues salem, caio, olavo, blino, dams, teuf, helio, boiko, arthur, boiko, fcrozat, pterjan this is with some sadness, i have to tell you that in some days I will have to leave mandriva. (oui boiko est parti 2 fois o_O). Le fil qui suit cette annonce comprend des réponses tant des utilisateurs que des développeurs (employés ou contributeurs) avec quelques suggestions pour la suite.

Les mails de départ annoncé s'étendent sur la mailing-list Cooker, la date effective étant sans doute pour le 17 ?

Il semblerait que c'est un juge qui décide l'avenir actuel de Mandriva Linux et non une AG des actionnaires de la société à venir : la liquidation de Edge-IT (une filiale de la société Mandriva) signifiant le licenciement économique des développeurs employés français.

Pour la communauté autour de Mandriva Linux, il y a plusieurs possibilités évoquées, et pas de positionnement actuellement :
  • Fork de Cooker / créations d'ISO avec des moyens à déterminer ?
  • Soutien des développeurs pour continuer à pouvoir travailler si la société Mandriva ne peut continuer à le faire ?
  • Réussir à trouver un repreneur de confiance dans le libre et proposant un travail rémunéré à ses développeurs plutôt que de les licencier via un juge ?
Des distributions dérivées de Mandriva Linux peuvent s'exprimer aussi (une liste est disponible sur Wikipedia ou sur Distrowatch en plus précis mais en anglais).
  • # Linagora etc.

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    refuse visiblement une reprise par Linagora – pourtant identifiée, a priori, comme ayant le projet le plus clair

    Linagora, ok, c'est une grosse SSII qui fait du logiciel libre, c'est cool. Mais Mandriva a peut-être des raisons de pas vouloir traiter avec eux. Linagora, c'est pas aussi la boîte qui a déposé le terme « société de services en logiciel libre », ce qui empêche les autres de l'utiliser comme ils veulent ? C'est pas eux aussi qui ont monté le site Toolinux en copiant Linuxfr, et en piquant au début des articles sur d'autre sites sans citer les sources ? Et enfin, c'est pas eux qui ont empoché un gros contrat avec l'Assemblée Nationale, au détriment de Mandriva ? Je pense que c'est des détails qui peuvent jouer.
    • [^] # Re: Linagora etc.

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Il faut savoir faire table rase du passé ;-) cette phrase fait référence à l'analyse http://olivier-mejean.fr/WordPress/?p=52 où le PDG s'est ouvert lors d'un entretien aux possibilités de travail avec la distribution et ce que ça leur apporterait, là où il faut des supputations pour comprendre le plan de travail retenu par l'actuel comité directeur de Mandriva.
      De toute façon, sur ce terrain, autant attendre après le 17 ;-)
    • [^] # Re: Linagora etc.

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      On peut, certes, reprocher tout cela à Alexandre Zapolsky et je suis bien d'accord. Cependant, il faut lui reconnaître une qualité essentielle, c'est de faire fonctionner Linagora avec succès, c'est à dire en faisant des bénéfices. C'est ce qui manque cruellement à Mandriva.
      On peut aussi penser que la maîtrise d'une distribution manque à Linagora.
      • [^] # Re: Linagora etc.

        Posté par . Évalué à 8.

        Hmm donc si on gagne des tunes, la facon dont on les gagne importe peu pas vrai?
        C'est le "free business" quoi ;)
      • [^] # Re: Linagora etc.

        Posté par . Évalué à 5.

        >On peut aussi penser que la maîtrise d'une distribution manque à Linagora.

        On peut aussi penser que l'un des atouts de Linagora c'est d'être agnostique en terme de distribution ...

        gérer une distrib et vendre du service, c'est tout à fait dissociable.

        et vu le feuilleton de la mandriva, je comprend tout à fait que l'on puisse être frileux à implémenter des solutions à long terme sur cette distrib , nonobstant ses qualités
    • [^] # Re: Linagora etc.

      Posté par . Évalué à 10.

      Et enfin, c'est pas eux qui ont empoché un gros contrat avec l'Assemblée Nationale, au détriment de Mandriva ?

      Ah oui, ça comme argument rationnel pour les empêcher de reprendre la boite, c'est convaincant:
      "Nan! Pas question qu'ils reprennent Mandriva! Une fois ils ont pris des clients qu'on voulait en utilisant Ubuntu!!"
  • # RIP

    Posté par . Évalué à -8.

    Je crois qu'il est grand temps pour les derniers qui y croyaient encore de constater que le malade est dans un coma dépassé et de tourner la page. Inutile de tenter un acharnement thérapeutique, cela ne ferait que rendre l'agonie plus douloureuse.

    Ceux qui, dans la famille, veulent garder du rpm iront voir fedora.
    Ceux qui, dans la famille, veulent une vrai distribution iront chez debian.
    Les autres seront les bienvenus chez arch.

    Bon courage aux fadas qui vont tenter un fork.
    • [^] # Re: RIP

      Posté par . Évalué à 4.

      (tant pis, je marche dedans)
      On ne parle pas de la société, mais de la distribution.
    • [^] # Re: RIP

      Posté par . Évalué à 5.

      Non, je crois pour les intéressés qu'il est urgent d'attendre:
      On ne sait pas ce qu'il va arriver à la société, donc à la distribution. (On parle de bureau pour pays émergents et serveur pour marché "occidental").

      Faire un fork maintenant, ou prendre une décision sur l'avenir de la distro par la communauté serait complètement stupide, parce que ce fork pourrait devenir inutile d'ici 2 ou 3 semaines.

      Si Mandriva ou toute société qui reprend la boite ne peut faire une Mandriva Linux qui plaise à la communauté, alors la communauté devra effectivement se prendre en main:
      - Fork?
      - Evolution de la distro en un dérivé d'une autre distro? (genre Fedora ou autre+paquets Mandriva avec outils Mandriva)?
      - Abandon complet?
      • [^] # Re: RIP

        Posté par . Évalué à 3.

        Personnellement, je pense que ceux qui seraient éventuellement prêts à forker devraient déjà faire un mirroir des sources si ce n'est déjà fait : comme ça, si Mandriva ferme l'accès à son dépot de sources ... on ne sait jamais (je sais, on a plein de mirroirs disponibles un peu partout, mais que fait-on si Mandriva les fait fermer en raison d'un obscur droit des marques ) ?
        • [^] # Re: RIP

          Posté par . Évalué à 6.

          Je doute que Mandriva ait le droit de les faire fermer, droit de marque ou pas: tout est sous licence libre.
          Par contre, Mandriva peut très bien je pense, interdire que les versions futures faites sans Mandriva s'appellent encore Mandriva.
          Mais ça on s'en fout un peu, non?
          • [^] # Re: RIP

            Posté par (page perso) . Évalué à 10.

            Moi, je propose Mandrake Linux!
            • [^] # Re: RIP

              Posté par . Évalué à 9.

              Moi je propose Gaston Lagaffe Linux ...

              Sedullus dux et princeps Lemovicum occiditur

              • [^] # Re: RIP

                Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                Moi je propose drakkar, pour que la distrib puisse voguer encore très longtemps !
                • [^] # Re: RIP

                  Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                  100% des drakkars ont coulé :-)
                  • [^] # Re: RIP

                    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

                    Et quelques un sont inlassablement reconstruit. Il suffit que ce soit le bon ;-)
                • [^] # Re: RIP

                  Posté par . Évalué à 5.

                  Tu parles d'une sorte de galère, menée pas des barbares dans des eaux malaccueillantes et glacées? Hmmm Après ce qu'on vient de connaître, tout un programme...
                  Ceux qui viennent d'être débarqués apprécieront le choix de leurs remplaçants.
            • [^] # Re: RIP

              Posté par (page perso) . Évalué à 4.

              >Moi, je propose Mandrake Linux!

              Garcimore Linux oui
  • # une histoire de distribution

    Posté par (page perso) . Évalué à 8.

    Comme cela évolue, sur http://sophie.zarb.org/ c'est maintenant un peu plus de 70 SRPMS (source rpm) ;-)

    L'objet de cet article est bien un rappel des faits jusqu'à ceux apparus dernièrement.
    Cooker et ce qui fait actuellement la distribution Mandriva Linux est en libre et le restera :
    les drakxtools aka centre de contrôle (diskdrake, draknetcenter, rpmdrake, urpmi, drakcowsay, drakx11, draksec, msec...) et l'intégration tant de KDE que de Gnome (sans oublier les autres bureaux ou wm : LXDE, XFCE même sugar ou e17, simplement par l'installation d'un paquet task-).
    Ce n'est pas la question (mais cela vaut parfois le coup de le rappeler) mais bien qui peut la faire évoluer et dans quelle direction.

    Il n'y a toujours pas de planning pour la 2011.0 et comme le dit Jose Jorge dans son journal, du poste de travail uniquement pour les BRIC aka http://fr.wikipedia.org/wiki/BRIC_%28Br%C3%A9sil_-_Russie_-_(...)
    Être amené à ouvrir un rapport de bug pour que la direction de la société Mandriva communique avec sa communauté est tout de même assez bizarre :/

    Reste donc à la communauté autour de la distribution Mandriva Linux au sens large, à se prendre en main et indiquer ce qui lui paraît important pour la suite et les attentes permettant de rassurer pour l'avenir. Je ne prétends pas avoir donné des pistes exhaustives en 2ème partie de la dépêche, il peut être bon de rappeler les points forts qui font de la distro ce qu'elle est et les attentes de chacun, cela pourrait converger ? :D
  • # une suite..

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Est-ce que qq1 à déjà chiffré ce que couterait la mise en place d'un fork uniquement communautaire ?

    Peut-être qu'il serait possible de commencer par recencer les tâches, et les couts. Ainsi la communauté et ceux qui veulent la rejoindre, pourrait mesurer l'ampleur de la tâche (et cloturer une bonne fois pour toute la réelle faisabilité de la chose).

    La communauté pourrait ainsi, également s'approprier de manière pérenne la distribution, et peut-être transformer son modèle en modèle debian.
    • [^] # Re: une suite..

      Posté par . Évalué à 8.

      Avant de parler de fork, il faudrait peut-être demander l'avis des contributeurs (aka ceux qui bossent), plutôt que d'écouter les membres d'une asso d'une soixante de membres (dont peu d'informaticiens)
      • [^] # Re: une suite..

        Posté par . Évalué à 4.

        La société Mandriva est connue pour son manque de communication et ne pourra sans doute pas communiquer beaucoup plus avant le 17 septembre, comme annoncé, lors de son Assemblée Générale.
        Il faut attendre après le 17 septembre. Mandriva n'est pas mort et je suis sur que "ceux qui bossent" communiqueront plus après cette date.
      • [^] # Re: une suite..

        Posté par . Évalué à -1.

        J'adore également le chocolat autour:)
      • [^] # Re: une suite..

        Posté par . Évalué à -1.

        La société Mandriva est connue pour son manque de communication et ne pourra sans doute pas communiquer beaucoup plus avant le 17 septembre, comme annoncé, lors de son Assemblée Générale.
        Il faut attendre après le 17 septembre. Mandriva n'est pas mort et je suis sur que "ceux qui bossent" communiqueront plus après cette date.
        • [^] # Re: une suite..

          Posté par . Évalué à -1.

          Moinsez ! doublon malheureux après avoir rafraîchi la page au retour de manger :-/
      • [^] # Re: une suite..

        Posté par (page perso) . Évalué à -2.

        Beau lancé de troll, bien velu avec la massue à clous qui va avec, mais hors sujet et limite private joke...
        • [^] # Re: une suite..

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Ce qui est dommage, c'est juste que des différences de point de vue entre individus incitent à taper sur des communautés à plus large échelle.

          L'asso a pour l'instant pour seule ligne de conduite de dire qu'elle continue de soutenir la distribution mandriva, avec ou sans mandriva la société. Il s'agit essentiellement de confirmer que la distribution en elle même ne va pas mourir, quoiqu'il advienne.

          C'est ce qui a été dit sur les listes de diffusions et un peu partout sur les canaux IRC etc. Pas encore d'annonce officielle en attendant le 17.

          Sur ce point, elle s'exprime avec le support des groupes d'utilisateurs de Colombie (http://mandriva-co.com/), de la communauté néerlandophone (http://www.mandrivaclub.nl/site/index.php ), du groupe MIB (http://mib.pianetalinux.org/mib/ ), de la communauté Brésilienne (http://mandrivabrasil.org), de la communauté Roumaine (http://www.mandrivausers.ro ), de la communauté hispanophone (http://blogdrake.net ) et de la communauté turque (http://forum.mandrivaturkiye.com/ )

          Ce dont il est question, deux post plus haut, c'est d'un désaccord par rapport à une personne qui a exprimé un point de vue.

          Pour finir, d'une part l'asso comporte un grand nombre de contributeurs (toute proportion gardée) et d'autre part en séparant les contributeurs (cooker) des communautés plus larges (utilisateurs, fans, documentalistes, intervenants des forums, MLO...), et ce encore plus en suggérant que cette dernière catégorie "ne bosse pas", on risque de revenir aux problèmes qui ont causé le départ dégouté de communautés tel mandrivauser.de, ou d'éloignement courtois comme pour MLO.
  • # Y-a-t'il encore des anciens ?

    Posté par . Évalué à 6.

    Fred Crozat parti, qui reste-t'il d'ancien dans la boite ? Quelqu'un qui aurait eu le privilège de travailler avec Henry Poole par exemple.
  • # le manque de contributions financières ?

    Posté par . Évalué à 4.

    J'ai toujours continué à payer un abonnement à Mandriva (ça fait des années à présent), parce que je considère normal de payer un travail comme celui qu'ils font (même si parfois on trouve le résultat imparfait). Je paie l'abonnement pour la Powerpack en téléchargement et c'est dans le 60 E/an il me semble, ce qui n'est vraiment rien quand on y pense. Au début, je payais pour les CD de la SuSE que j'achetais (chez Ikarios, pour la petite histoire).

    Je me demande quelle est la proportion de gens qui installent et se servent d'une Mandriva et qui paient un tant soit peu. Je crains que beaucoup de gens se contentent de profiter du système, et c'est dommage.
    • [^] # Re: le manque de contributions financières ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      ou pas

      je vais prendre un parallèle avec la téléphonie mobile que je connais bien :
      - à son lancement SFR était bénéficiaire à partir de 200000 abonnés même si leur abonnement ne remboursait pas encore les frais de déploiement des antennes
      - à son arrivée, BouygTel était bénéficiaire avec 300000 clients, car ils ont ajouté la notion de forfait aka "un prix plancher pour chaque abonné et paiement en dépassement" (notion reprise largement ensuite)

      comment est-ce possible ?
      c'est simplement comptable :
      - les appels entrants sont payants lorsqu'on vient d'un réseau différent (fixe, autre réseau mobile) cela s'appelle les frais d'interconnexion : un client France Telecom ou Itineris paie de l'ordre de 3 francs l'appel d'un mobile (c'était au siècle dernier) et ensuite c'est à la durée. SFR aurait fait payer 0 euros ses clients, il aurait encore été bénéficiaire (ah tiens, c'est le modèle de google ? celui de sourceforge dirait Zenitram :D)
      - ou lorsque les clients commencent à aller à l'étranger : le client paie l'opérateur étranger pour ses appels, son opérateur ajoute un markup ; le client paie pour les appels reçus (ah bah oui, ce n'est pas l'appelant qui peut savoir qu'il est à l'étranger, c'est à celui qui a choisi de recevoir l'appel d'assumer être parti à l'étranger de pouvoir recevoir des appels, un privilège, pas un droit, cela a un coût)
      Voilà pour le financement d'un opérateur mobile ;-) (et le mode de lancement retenu choisi pour Free dans moins d'un an, même si la situation a bien évolué et que le nombre d'abonnés devra sans doute être bien plus élevé).

      Pour faire le parallèle avec une distribution libre :
      - ce qui rapporte ce sont les clients entreprise (Red Hat le dit très bien, maladroitement, "perdre 1000 utilisateurs pour gagner 1 contributeur..."), Suse/Novell l'a très bien compris avec OpenSuse (en faisant payer Microsoft au passage, même si très maladroitement et en se prenant une très mauvaise pub' dans le libre)
      - l'OS préconisé est celui qu'on utilise à la maison (c'est un peu ce qu'a géré Microsoft au siècle dernier et qui fait qu'il y a autant de serveurs faisant tourner des anti-virus sous peine de s'auto-détruire), Debian GNU/Linux est ainsi très répandu côté serveur car il a forcément la cote auprès des adminsys (à raison), Red Hat et Suse l'ont compris très tardivement et rattrapent les pots cassés avec Fedora / OpenSuse et ont su proposer un modèle rassurant les DSI (support très^W cher proposé, même si au départ récupérer des jetons était cryptique) d'un côté tout en s'assurant une communauté le préconisant de l'autre (CentOS est un garant pour Red Hat dans le libre, selon cette interprétation, garantissant que des gens qui n'auraient pas payé de toute façon ne sont pas obligés de le faire mais acquièrent une compétence certaine et pérenne, c'est compatible avec le libre et très bien vu).

      Je laisse l'exercice concernant Mandriva et sa distribution Mandriva Linux à ceux le souhaitant ;-)

      Concernant _ta_ contribution, en perso, tu as payé 30 mn d'un ingénieur, c'est déjà bien, si tu as convaincu d'autres de l'utiliser de la même manière, vous avez chacun des crédits de 30 mn (je force le trait), si vous apportez des affaires de 100 postes en entreprise, chacun, c'est à chaque fois 3000 euros par mois, déjà on s'approche d'un salaire d'un ingénieur, reste à trouver 50 clients pour avoir une équipe de développement pérenne, 100 clients pour la faire se développer, plus pour commencer à gagner de l'argent (vous commencez à comprendre).
      Cela paraît simple, cela demande un ensemble de services disponibles répondant à la demande au sens large du maximum de clients, pouvoir commencer à payer autant de commerciaux à remplir les contrats et les conclure et cela juste marche. Je vous laisse faire les calculs, ce n'est pas si simple. Ce modèle est simpliste et dépend de beaucoup d'opportunités et de vision.
      J'espère ne pas avoir fait transparaître de jugement de valeur ni de cynisme, c'est bien àmha un business model légitime, qui pourrait marcher (sans vente liée ce serait plus facile), même si je suis conscient des limites de l'exercice ;-) (à chacun de se projeter en chef d'entreprise respectueux du libre ensuite, se transformer en google avec sa page minimaliste du siècle dernier qui lui a valu son succès, monter sa petite entreprise...).

      À la base la question reste : que souhaite la communauté autour de la distribution Mandriva Linux ? Perso, je n'aurai pas de souci à rester en cooker la version de développement "rolling release" avant l'heure (avec les défauts d'un X cassé régulièrement ou une mise à jour risquée de perl comme actuellement), je pense plus aux utilisateurs normaux qui souhaitent que ça juste marche et pour lesquels il faut répondre à plusieurs exigences antinomiques :
      - stable
      - à jour (quoi ? quels logiciels parmi les 30000 ?)
      - juste ça marche
      - utilisable facilement
      - fonctionnel
      - à la pointe (HTML5, balise vidéo...)
      - que ce soit sur serveur ou poste de travail (tout en proposant une infrastructure)
      ce pourquoi à la base j'ai fait cette dépêche (pour les discussions sur le pourquoi du comment la société Mandriva seule n'y arrive apparemment pas - voir le journal pour quelques pistes - avec une communauté unifiée cela serait sans doute plus facile, même si cela n'existe sans doute pas encore, un challenge à relever pour y arriver, quelle que soit la forme que cela doive prendre).
      • [^] # Re: le manque de contributions financières ?

        Posté par . Évalué à 1.

        - à jour (quoi ? quels logiciels parmi les 30000 ?)

        - à la pointe (HTML5, balise vidéo...)

        Début de réponse ;-) Le navigateur web, c'est à mon sens clairement une brique essentielle de l'outil informatique pour la grande majorité des utilisateurs. À la vitesse où bougent les technos web, il me semble important de proposer les MÀJ pour ce dernier tout au long du cycle de vie de la version de la distribution.
      • [^] # Re: le manque de contributions financières ?

        Posté par . Évalué à 1.

        Je suis impressionné, je ne pensais pas générer une réponse aussi longue et intéressante.

        Je suis bien conscient que ma contribution est tout à fait modeste (ce que je disais aussi avec "c'est rien quand on y pense"). D'ailleurs certains convaincus du libre s'en servent en entreprise et ne pensent pas toujours à rétribuer (quelque soit la façon) les responsables de la distribution. Ayant fait pas mal de développement, j'en connais le temps et le coût. Mon idée était que si une majeure partie de ceux qui installent une Mandriva versaient au moins 60 E/an, ça finirait par une somme non négligeable.
        • [^] # Re: le manque de contributions financières ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          C'est à force de voir ce que je traduis par "payer sa cotisation" que j'y ai souvent réfléchi mais jamais pris le temps de poser un raisonnement comme quoi, àmha, ce n'est pas ça qui est actuellement l'important, comme je l'ai développé ;-) en bref, le desktop grand public pourrait être actuellement fourni à 0 euro "à la" Fedora ou "à la" OpenSuse, cela marcherait quand même (d'où mon parallèle avec le lancement de SFR et BouygTel, sauf que je trouve important de donner un prix à ce qu'on utilise quand bien même c'est du libre). Une version de windows c'est de l'ordre de 170 euros seul, ~800 euros avec de la vente liée (matériel+OS), Apple c'est plutôt de l'ordre de 1000 euros avec vente liée (ok, l'OS est remboursable...). Il faudrait que je retrouve les chiffres, mais un client de téléphonie mobile c'est de l'ordre de 300 euros annuels (ça a dû augmenter maintenant que le marché est en consolidation, peut-être 500 euros), à multiplier par les millions de personnes ayant un mobile[2]

          Comme le dit IsNotGood ci-dessous et, je suis assez d'accord, l'important àmha actuellement ce n'est pas forcément le grand public comme cible (encore un peu trop mouvante à mon goût) mais bien le desktop entreprise (avec son lot de support afférent et les effets d'échelle que j'ai décrits) ou déjà surtout quelques admins heureux d'avoir en desktop la même distribution qu'ils administrent en serveur (j'ai déjà croisé des desktops en Solaris ;-), moins dernièrement, voire de moins en moins bientôt, mais c'est un autre sujet). Ensuite, avec la force de frappe nécessaire, il est possible d'attaquer le marché grand public (ou l'attaquer d'ores et déjà comme au Brésil, ce que faisait Conectiva déjà avant son rachat, dans un contexte un peu particulier[1]).



          [1] http://forum.mandriva.com/viewtopic.php?p=825255#825255
          une conférence à laquelle j'ai assisté (oui, à 9h20 /o\) http://2010.rmll.info/Experience-des-PC-Linux-au-Bresil.html indiquait que par choix gouvernemental du Brésil, la vente liée est découragée (initiative "Computer para todos", le constructeur positivo, local, étant privilégié) et ainsi GNU/Linux représente de l'ordre de 30% de l'offre du fait de la volonté de l'État de ne pas être lié à un monopole américain (sic) ; malheureusement, la présentation n'a pas été mise en ligne :/ (non faite par A.Laprévote mais par un commercial de Mandriva que je ne connaissais pas, je pourrais au besoin retrouver son nom dans mes notes...) et ne donnait que peu de chiffre concret, hormis un CA au Brésil de l'ordre de 500 keuros ce qui est "beaucoup" vu qu'on y paie les développeurs moins cher là bas (sic).

          Une question du public était "cette situation existe-t-elle dans d'autres pays avec quelles parts ?", la réponse a indiqué le marché des BRIC, sans pouvoir donner de chiffres pour autant :/

          [2] http://linuxfr.org/comments/1160011,1.html euh à la base stait une blague en référence à http://linuxfr.org/~Elessar/30141.html (Internet n'est pas le web) et sa suite http://linuxfr.org/~booga/30145.html (Un "Geek" n'est pas un passionné d'informatique)
      • [^] # Re: le manque de contributions financières ?

        Posté par . Évalué à 6.


        - ce qui rapporte ce sont les clients entreprise (Red Hat le dit très bien, maladroitement, "perdre 1000 utilisateurs pour gagner 1 contributeur...")


        Bonne phrase mais sortie de contexte.
        Red Hat veut des utilisateurs pour RHEL.
        La phrase était pour Fedora. Pour faire (très) court, Fedora est une distribution pour les contributeurs du libre. Il ne faut pas y chercher la caricature, les contributeurs sont aussi des utilisateurs.


        - l'OS préconisé est celui qu'on utilise à la maison (c'est un peu ce qu'a géré Microsoft au siècle dernier


        MS a surtout fait du pognon avec MS-Office. On l'oublie beaucoup trop, mais je crois que MS-Office rapporte 10 fois plus d'argent à MS que Windows.
        De plus le contexte a beaucoup changé. Un bidouilleur dans les années 80/90 en informatique était un expert, voire un décideur en informatique qui s'installait dans les entreprise. Ce n'est plus du tout le cas.


        Red Hat et Suse l'ont compris très tardivement et rattrapent les pots cassés avec Fedora / OpenSuse et ont su proposer un modèle rassurant les DSI


        N'importe quoi.
        Red Hat (ou Novell) ne compte pas sur la popularité de Fedora (ou OpenSuse) pour avoir des clients, mais alors pas du tout du tout. Red Hat en a strictement rien à foutre qu'Ubuntu soit 10 fois plus populaire que Fedora.

        La séparation RHEL / Fedora est un problème de développement, de codeurs.
        Au début Red Hat avait la même distribution entreprise et "ouverte" (pour les contributions). Mais ça sucks pour les contributeurs externes. À part Red Hat (et quelques entreprises) personne ne contribue à RHEL.
        En exemple, RHEL 6 est basé sur Fedora 12 qui est sorti depuis presque un an et RHEL 6 n'est toujours pas sortie.

        Les distributions entreprises n'intéressent pas les contributeurs, Red Hat est parti de ce constat. Il fallait séparer la distribution entreprise et la distribution communautaire (qui permet des contributions externes).

        Le problème de Mandriva (parmis beaucoup) est de vouloir aller dans le desktop avec une offre qui "sucks" (cycle des distributions trop court, etc).
        Red Hat plus que personne a le plus de compétence pour aller dans le desktop avec Linux (ses contributions sont énormes). Mais même Red Hat pense que le desktop (pour les masses, pas le desktop en entreprise) n'est pas rentable et n'y va pas.
        • [^] # Re: le manque de contributions financières ?

          Posté par . Évalué à 6.

          MS a surtout fait du pognon avec MS-Office. On l'oublie beaucoup trop, mais je crois que MS-Office rapporte 10 fois plus d'argent à MS que Windows.

          Euh non du tout, ils rapportent les 2 a peu pres la meme chose, et la division serveur (SQL, Exchange, ...) n'est plus tres loin derriere.
        • [^] # Re: le manque de contributions financières ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 5.

          Merci d'avoir rectifié quelques raccourcis que j'ai pris et apporté des précisions ;-)

          Je partage ton analyse sur MS ayant vu l'acharnement dans les années 90 à tuer de très bons produits comme WordPerfect, Sprint (de Borland, le premier à avoir ajouté la recherche intuitive et la sauvegarde automatique), AmiPro... tout "simplement" sur une guerre de formats ; ou encore, une volonté affirmée d'enterrer les bases de données performantes de l'époque comme DBase (Ashton Tate racheté par Borland), Paradox (acheté par Borland), FoxBase (racheté par MS celui-là) mais ce n'est pas le sujet...

          J'ai très mal formulé Red Hat et Suse l'ont compris très tardivement et rattrapent les pots cassés avec Fedora / OpenSuse et ont su proposer un modèle rassurant les DSI ;-)
          C'est un peu trop lapidaire, je souhaitais indiquer que :
          - Red Hat et Suse ont dû faire divers essais (ce que j'ai traduit maladroitement par "pots cassés") avant de converger vers un modèle qui soutient leur activité tout en permettant de créer une distribution communautaire (même si beaucoup des employés Red Hat y contribuent). Je ne développe pas trop, tu connais mieux que moi les essais de fondation, d'implication de la communauté dans Fedora Core et les apports de AdamW ;-)
          - àmha la distribution communautaire (Fedora) ainsi que CentOS permettent de rassurer les DSI et les "préconisateurs" : en entreprise, pour tout ce qui est environnement amont comme les serveurs pour le développement, les tests (proof of concept, intégration, bench, recette...) pas forcément besoin de payer la dîme d'un support (il n'y a pas de petite économie... même si au final, par simplification, dans le lot il y en aura pour prendre quand même une RHEL avec le support). Cela pèse souvent dans la balance dans les décisions initiales, même si ensuite ce n'est pas forcément suivi dans les faits... et hop c'est introduit dans la place
          - pour moi - même si ce n'est pas une volonté consciente de Red Hat ou Novell - fournir une distro desktop en ligne au grand public prêt à faire l'effort (donc admin sys en puissance, développeurs souhaitant avoir un serveur comme celui de la prod' "à la maison", hacker^Wbidouilleur, revendeur de matériel souhaitant apporter un service à valeur ajoutée à ses clients...) c'est quasiment autant de retombées en entreprise (et le moment venu au niveau du grand public). Quelque part c'est de l'investissement en publicité gratuite (mais comme le dirait Zenitram, rien n'est gratuit :D) sur un secteur où de toute façon tu n'aurais pas fait suffisamment d'argent
          - il est tout de même très agréable de pouvoir s'auto-former sur des produits professionnels, tout en étant parfaitement dans la légalité grâce au libre, c'est du gagnant-gagnant et en plus on peut avoir la fierté de devenir contributeur (même si ce sont des rapports de bug ou des traductions voire quelques patchs ou des graphismes soignés ou encore la prise en compte d'un logiciel pouvant être utile à d'autres que l'on package)
          - cela permet à quelques sociétés de déployer des Fedora en serveur (je ne citerai pas de nom), mais c'est àmha un choix interne sans doute pas forcément assumé, ceux-là ne rentrent sans doute pas dans ceux prêts à payer monétairement, mais sont bien obligés de monter en compétence àmha et contribueront - même si indirectement - à la distribution
          - quand le marché sera prêt (et les lois concernant la vente liée appliquée avec un coup de pouce comme au Brésil par exemple, histoire de lancer la machine et propulser enfin l'Europe dans le 21ème siècle du Plan_informatique_pour_tous hum ah euh à rafraîchir, stait en 1985 :D), il sera temps de bénéficier des effets d'échelle apportés par le grand public, quitte à "brader" la distribution dans ce domaine pour bénéficier des effets élastiques comme on dit en économie ;-)
  • # Mandriva annonce la tenue de son assemblée générale

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    <http://www.mandriva.com/enterprise/fr/societe/presse/mandriv(...)

    On peut y lire de nombreuses informations.

    Un truc qui me questionne c'est "Avec plus de 35 millions d'euros investis en 10 ans dans sa distribution Linux, Mandriva est l'entreprise la plus productive en matière d'innovations et de logiciels libres en Europe"

    Ouch !! 35 M€ pour tout ça ...

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