Journal Témoignage de Lars Wizenius : les 20 ans de Linux, souvenirs personnels

40
1
sept.
2011

Chers vous,

Je vous propose ci-dessous une traduction de ce poignant témoignage sur la genèse de Lunux, par Lars Wirzenius.
Lars, camarade d'université de Linus, pose ici un œil très rafraichissant sur la personnalité de Linus, et la manière dont cette personnalité lui a permis de réaliser son noyau.

Bon, j'arrête d'essayer d'écrire et vous laisse découvrir l'article en question.

Ah oui, une dernière chose quand même : merci à tous les contributeurs qui ont participé à cette traduction.

Article original : Linux at 20, some personal memories
Auteur : Lars Wirzenius
Licence : Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported License.
Traduction : Banks_the_megalith, Couz
Relecture et correction : Paulette, TomBoss, insert_coincoin

Cela va être long et décousu. Si vous souhaitez tout lire, vous pouvez attendre d’être malade, de ne pas pouvoir sortir du lit, d’avoir la tête remplie de coton et de manger des analgésiques comme des bonbons. Je ne veux pas que vous ressentiez une douleur lors de la lecture. Être inconscient et avoir un synthétiseur vocal qui vous le lise à haute vitesse est une bien meilleure option.

Linux a 20 ans cette année. Cela fait un bail. Étant donné que j'ai été là dès le début, j'ai pensé partager quelques souvenirs de ce qui s'est passé.

En 1988, j'ai quitté le lycée et été admis à l'université d'Helsinki pour étudier l'informatique. Les cours ont commencé en septembre, et j’ai alors été invité à rejoindre Spektrum, le club suédophone pour ceux qui étudient les maths, la physique, la chimie, la géographie, ou les sciences informatiques.

Spektrum est un club social, ce qui était bien puisque j'étais, et demeure, timide et socialement maladroit, et le club m'a donné un moyen facile de rencontrer des gens alors que je déménageais dans une nouvelle ville. C'est également là que j'ai rencontré le seul autre nouvel étudiant suédophone en sciences informatiques de cette année, un gars du nom de Linus Torvalds.

Cette première année, nous avons pris quelques cours en commun, puisque tous les nouveaux étudiants avaient pris ces cours, et nous nous côtoyions au Spektrum aussi. Une sorte d'amitié s'est formée.

Les ordinateurs étaient très coûteux à l'époque, et l'université donnait accès à des salles de classe pleines de PC fonctionnant sous MS-DOS, plus quelques Macs, et des terminaux connectés à un grand VAX / VMS. Je n'ai jamais trop aimé MS-DOS, et ils étaient souvent tous utilisés. N’ayant jamais vu un GUI avant, je n’ai rien pu tirer des quelques Macs que j'ai essayé. Ainsi je me suis naturellement tourné vers les terminaux, même si VAX / VMS était un système horrible à utiliser, selon moi.

Après Noël, les choses ont un peu changé. Le département d'informatique avait un petit ordinateur Ultrix caché, le plus souvent inutilisé, et il m'est arrivé d'y avoir accès. Ultrix était la version de DEC (Digital Equipment Corporation) d'Unix. J'avais lu sur Unix, particulièrement dans le livre de C de Kernighan & Ritchie, et aimé ce que j'avais lu. J'avais même écrit quelques outils MS-DOS en ligne de commande qui fonctionnaient comme des outils Unix similaires. Ce fut une joie de pouvoir accéder à un véritable ordinateur Unix : les tubes travaillaient en temps réel, et non pas via des fichiers temporaires ! Plusieurs processus en même temps ! Les noms de fichiers n’étaient pas artificiellement rétrécis ! Ce fut très libérateur.

Alors que je jouais avec la machine Ultrix, qui je pense était appelée kreeta (finnois pour la Crète, l'île), un jour j'ai accidentellement fait une faute de frappe à la commande '"rm'". J'avais auparavant développé l'habitude de saisir « rm » à la place de «em», qui était la version locale de MicroEmacs, alors j'essayais vraiment de ne pas faire de faute de frappe dans les commandes. Cependant, ce jour-là, je saisis "rn quelque_chose" à la place de "rm quelque_chose", et découvris Usenet.

Après m'être remis de la stupéfaction provoquée par cette découverte, et m'être fait jeter dehors par les gardiens parce que le bâtiment fermait, je suis rentré à la maison. Je venais d'apercevoir tout un monde, avec des gens qui parlaient de choses intéressantes telles que le langage C, et j'avais pu suivre leurs discussions. Quoi de mieux?

J'ai parlé de rn à Linus, et il a aimé aussi. Nous avons tous deux passé beaucoup trop de temps à lire les newsgroups, bien qu'aucun de nous n'ait posté cette année là. On recommandait grandement de ne pas faire perdre leur temps aux autres personnes, et nous prenions ça très au sérieux.

Des gens des laboratoires Bell participaient au newsgroup comp.lang.c, lequel est rapidement devenu mon préféré. Dennis Ritchie avait lui-même assez récemment cessé de participer au groupe, mais d'autres étaient toujours là, comme Andrew Koenig, dont je venais de lire le livre «C Traps and Pitfalls ». Étant un modeste étudiant de première année, je n'aurais pas osé déranger leurs discussions. Linus n'était pas aussi timoré, mais il ne voulait pas non plus poster quelque chose qui soit pointé comme erroné.

Nos études pour la première année se sont terminées en mai, et en juin nous avons tous deux commencé le service militaire semi-obligatoire, mais dans des endroits différents. Je n'ai pas vu Linus l'année suivante. L'armée finlandaise m'a appris à me taire, à arrêter de penser, à me dépêcher d'attendre, à tirer sur des gens à distance, et à ramasser la vaisselle sale dans un restaurant. Mon QI a notablement chuté au cours de ces neuf mois. Je n'ai pas aimé l'expérience.

J'ai terminé mon service militaire en Mars, et un peu plus tard, j’ai obtenu un emploi d'été, l'écriture d'une application de base de données de bureau pour les traducteurs officiels en Finlande. L'application a été écrite en dBASE IV, ce qui m'a appris que je ne devrais pas laisser les autres choisir mes outils pour moi, et que, bien qu'il soit possible d'écrire un bon logiciel en utilisant de mauvais outils, c'est une chose à éviter si possible.

Cet été là, j'ai repris contact avec mes camarades de l'université, y compris Linus. Un des étudiants un peu plus âgé que Linus et moi, Patrik, avait un sauna dans l'immeuble qu'il habitait, et il l'a réservé une fois par semaine pour notre groupe. Vous, pervers qui pensez que le mot sauna est un synonyme de bordel, pouvez arrêter d'imaginer des orgies : en Finlande, les saunas sont destinés à la baignade, à la médication, même la méditation, mais pas au sexe.

Il y a une photo à demi-célèbre de Linus, qui semble nu, buvant de la bière. La photo a été prise chez Patrik, par un autre étudiant, Stina, et Linus a un pantalon, mais c'était une chaude journée d'été, il n'avait donc pas sa chemise. Pas d’orgies. Vraiment.

Lorsque les études ont repris à l'automne, j'ai continué à traîner avec Linus à la plupart de nos cours en commun, aux mêmes soirées, et aussi en particulier dans les salles de terminaux. Nous avons tous deux aimé jouer avec le système Unix, et l'un des cours que nous avons pris concernait le C et la programmation Unix. Je connaissais le C depuis 1987, quand je l'ai appris seul en utilisant K&R1 [ndt : première édition du "C programming language"], et je pense que Linus en avait une certaine expérience aussi. La plupart des cours étaient peut-être un peu trop basiques pour nous, donc nous avons passé quelque temps sur des choses stupides comme réduire au minimum le nombre de lignes de code dans nos réponses à des exercices, rivalisant sur qui avait la plus courte réponse.

Nous avons exploré le système Unix et les technologies liées, et nous nous sommes beaucoup amusés. J'ai écrit ma première tâche cron, afin d'inonder Linus d’e-mails, et lui ai montré que oui, en effet, Unix met à jour les accès à l’horloge en temps réel (ce qui a été corrigé dans Linux, bien sûr). Lui, à un moment donné, a remarqué que l'université avait une imprimante Postscript, et a écrit du code PS (Postscript) à la main pour voir ce que c'était, et s'est amusé à imprimer des pages avec des boîtes de formes bizarres.

Travailler sur Kreeta était amusant, sauf quand ça plantait. Ultrix n'était pas un système de haute qualité. Un de ses défauts est que chaque fois qu'un utilisateur normal appelait l'appel système mknod, le noyau plantait dans la minute. Pendant la semaine où le cours de C et de programmation Unix traitait de mknod, kreeta fut hors service la plupart du temps.

Noël 1990 est venu et est reparti, et le 5 janvier, Linus a acheté un nouvel ordinateur. Il utilisait un Sinclair QL à la maison, mais voulait un PC avec un processeur Intel 386. Il prit son prêt étudiant et en acheta un. Il voulait en savoir plus sur le multitâche en apprenant comment le 386 le faisait. Malheureusement, il a également obtenu une copie de Prince of Persia (si je me souviens bien), un jeu pour ordinateur.

Quelques mois plus tard, quand il a finalement eu marre du jeu, il a réellement commencé à apprendre la programmation sur 386. Un jour, alors que je lui rendais visite, il m'a montré un petit programme qu'il avait mis au point, qui utilisait des threads. C'était une chose étonnante, même si elle ne ressemblait pas à grand-chose : un thread écrivait des 'A' à l'écran, et l'autre des ''B', et on pouvait voir les threads commuter lorsque les 'A' s'arrêtaient et que les 'B' se lançaient, et un peu plus tard, revenaient les 'A'.

Le plus étonnant était, bien sûr, que Linus avait écrit le tout lui-même. Ce n'était pas un morceau de logiciel commercial hors de prix écrit par des sorciers grisonnants. C'était un chouette hack, mais un hack vite fait d'étudiant. Ce fut le moment où il est devenu clair pour moi que même un programmeur seul pouvait réaliser de grandes choses, et que la technologie mystérieusement magique pouvait être vraiment assez simple sous le capot.

Bien sûr, je n'attendais pas du hack de Linus qu'il devienne quelque chose d'important et ceci pour deux raisons. La première, c'est qu'il ne s'agissait que de 'A' et de 'B' et que c'était vraiment trop simple pour représenter quelque chose de plus. La seconde, c'est que je connaissais Linus depuis un moment maintenant, et que bien qu'il soit intelligent, il était aussi fainéant, et parfois, quand il était saoul, il commençait à débattre de choses et d'autres et disait les choses les plus folles et stupides qu'on puisse imaginer quelqu'un dire.

Cependant, Linus continua de jouer avec le multitâche sur son i386, en lui faisant faire toujours plus. Une des choses qu'il souhaitait, c'était d'être capable d'accéder à Kreeta via un modem. Plutôt que d'utiliser un terminal existant (il y en avait des masses), il commença à ajouter une émulation de terminal simple à son programme multitâche. Il avait deux threads : l'un pour lire le clavier et écrire des caractères sur le port série, et l'autre lisait le port série et écrivait les caractères à l'écran. Après avoir ajouté une interprétation des séquences d'échappement du VT100, il avait un émulateur de terminal suffisamment bon pour la lecture de newsgroup chez lui.

Ce dont Linus rêvait, cependant, c'était d'un Unix chez lui. Il entendit parler de Minix, acheta le livre, et fit fonctionner Minix sur son i386. Ça marchait, mais ce n'était rien à côté des machines de l'université. Il continua à pousser son Minix, à améliorer son propre programme multitâche et plus généralement à hacker par-ci par-là.

A l'automne 1991, j'ai pris un petit boulot à côté, histoire de me faire un peu d'argent afin d'acheter mon propre PC. Le job consistait à programmer en C++ un logiciel pour un système d'information géographique quelconque. Je n'avais pas retenu ma leçon selon laquelle je ne devais pas me laisser imposer mes outils. Ce travail m'a plutôt occupé, je n'ai donc pas pu me tenir au courant de ce que Linus fit ce printemps et cet été-là. Cependant, à un moment donné, nous avions discuté de choses et d'autres en programmation et il m'avait expliqué quelque chose sur l'écriture de messages de logs dans son truc multitâche. Il avait des fonctions telles que 'print_string("error: i="); print_int(i); print_string("\n");' et j'étais quelque peu horrifié. Linus connaissait bien sûr la fonction printf de la librairie standard, qui rendait les choses bien plus simples, mais comme il était, en substance, en train d'écrire le noyau d'un système d'exploitation, il ne disposait pas des outils de la librairie standard, et ne savait pas comment écrire son propre printf.

Je lui ai donc écrit un sprintf. Ce fut ma première contribution au noyau Linux. Elle est toujours là, même si elle a été transformée en snprintf maintenant (et c'est une bien meilleure interface, bien sûr). Linus, égal à lui-même, pensait qu'il pouvait améliorer le code et a optimisé certaines parties de celui-ci d'une manière qui m'a fait tiquer, mais comme il en était heureux, je n'y ai pas vraiment prêté attention.

Le programme multitâche de Linus grandissait, grandissait, et gagnait des caractéristiques telles qu'un pilote de disque dur, la gestion de la mémoire, et un système de fichiers. Son noyau était assez développé pour exécuter certains programmes en espace utilisateur, et il avait fait en sorte de pouvoir exécuter sur son propre noyau des programmes compilés sur Minix.

À cette époque, à l'été 1991, nous avons tous deux commencé à poster sur Usenet. En août, Linus a mentionné son projet de noyau sur comp.os.minix pour la première fois. Plus tard, il a décidé de rendre le code disponible, et a obtenu de l'un des admins de ftp.funet.fi de l'y mettre. Pour cela, le projet avait besoin d'un nom. Linus a voulu l'appeler Freax, mais Ari Lemmke, l'admin de ftp.funet.fi, décida de l'appeler Linux à la place. Vous pouvez trouver le nom Freax dans le Makefile des premières versions de Linux.

La première version de Linux n'était pas installable, si je me souviens bien. Linus avait besoin de développer un moyen d'installer son système d'exploitation. Son propre ordinateur avait lentement mué d'un système exécutant Minix/386 vers un ordinateur Linux. Je lui ai proposé mon ordinateur, Linus est venu et l'a hacké jusqu'à ce qu'il puisse installer Linux, via une disquette de démarrage. Le processus d'installation n'était pas vraiment simple, nécessitant l'édition hexadécimale des secteurs disque, mais c'était un pas dans la bonne direction.

Pendant les mois suivants, Linux suscita l'intérêt, et d'autres commencèrent à le hacker également. Pendant les vacances de Noël 1991, Linus a ajouté la mémoire virtuelle au noyau, et cette seule étape augmenta massivement l'utilité de Linux dans le monde réel.

En 1992, la popularité de Linux a augmenté rapidement, et beaucoup de gens qui n'étaient pas tous des hackers du noyau ont commencé à l'utiliser. Nous avons lancé notre propre groupe Usenet, alt.os.linux, qui devint comp.os.linux, et qui finalement a été divisé en un tas de sous-groupes. En 1992, j'ai aidé à lancer le Linux Documentation Project, et plus tard, quand comp.os.linux.announce a été créé, j'en suis devenu l'un de ses animateurs. Je n'ai pas, cependant, fait de hack sur le noyau, toujours par peur de la magie mystérieuse.

Toujours en 1992, Linus pensait que la release de la version 1.0 se rapprochait, donc il passa directement le numéro de version de 0.12 à 0.95 en une release. Puis vinrent les 0.96, 0.96b, 0.96c, et je pense qu'il y a même peut-être eu une 0.96c + 2. À un certain moment, à la 0.97 je pense, j'ai eu assez du manque de documentation dans le noyau et j'ai écrit le premier fichier README pour aider les gens à compiler leur propre noyau.

En 1993, Linus et moi nous avons été embauchés par le département sciences informatiques en tant qu'assistants d'enseignement : nous aidions d'autres élèves à faire leurs devoirs, et vérifiions qu'ils les avaient fait. Cela signifiait que nous avons eu à partager un bureau. Cela a été assez bon pour le développement de Linux. Linus avait un revenu, de sorte qu'il n'avait pas à s'inquiéter à ce sujet, et plus important encore, l'accès rapide à Internet, qui a un peu facilité les choses, surtout depuis que Linux gagnait en capacité de mise en réseau.

Pendant un certain temps, Linux n'était pas vraiment au point question réseau, de sorte qu'il fut banni du réseau universitaire. Cela a donné à Linus beaucoup de motivation pour le réparer, bien sûr.

Une des choses que l'accès à l'Internet rapide a rendu possible a été qu'il ne fallait que quelques secondes pour télécharger la plupart des logiciels, tels que le noyau Linux. Cela n'encouragea pas Linus à faire des sauvegardes ou du versionnage, mais il publiait tout de même fréquemment des tarball, dont de nombreux sites réalisaient des miroirs.

L'accès rapide à Internet nous a également permis de jeter un oeil sur les différentes distributions Linux qui sortaient. Pour une raison quelconque, Linus prit Red Hat. Je pensais que la force nécessitait un certain équilibre, j'ai donc choisi Debian. Nous avons tous les deux collé à nos choix depuis.

L'émergence des distributions Linux fut, bien sûr, une aubaine pour Linux. Même si les systèmes étaient beaucoup plus difficiles à utiliser que, disons, Mac ou Windows, au moins il n'était plus nécessaire de jouer avec les éditeurs hexadécimaux pour obtenir un système qui s'installe et démarre. Cela a beaucoup élargi la base d'utilisateurs, et amené un grand nombre de nouvelles personnes, dont certaines ont également participé à l'élaboration des systèmes. Et la boule de neige s'est mise à grossir plus rapidement.

Être employés par l'université nous a aussi aidés quand nous avons décidé d'organiser un événement pour le lancement de la version 1.0 de Linux, en 1994, quand c'est finalement arrivé. Nous avons obtenu l'accès à l'auditorium, et le chef du département d'informatique a prononcé un discours, et tout cela nous a donné suffisamment de crédibilité pour susciter l'intérêt des médias traditionnels. Il y avait même une équipe de télévision, dont la vidéo peut être trouvée à divers endroits sur Internet. Pendant les discours, nous avions lancé une compilation cérémonielle du noyau 1.0 en arrière-plan.

En 1997, Linus fut diplômé et a été embauché par Transmeta, a déménagé aux États-Unis, et j'ai surtout perdu le contact direct avec lui.

Pour une vue de la façon dont je voyais le monde Linux en 1998, voir Anecdotes Linux (http://liw.fi/linux-anecdotes/).

Alors, qu'ai-je appris pendant ces vingt ans ?

Le plus important, c'est que tout le monde peut faire la différence. Un grand et important accomplissement consiste en une très longue série de petites étapes, c'est ce que nous appelons sisu en finnois. Cela aide également si vous êtes intelligent et savez ce que vous faites ; vous vous souvenez de ce type dans la vingtaine, qui était très stupide lorsqu'il était ivre, et que l'on voit à moitié nu sur des photos de beuverie ? Il n'était pas si intelligent que ça, mais n'a pas abandonné. Cela aide d'être stupide et ignorant dans le bon sens du terme, de sorte que vous pensez : "Hé, je peux le faire" au lieu de "ça doit être très difficile à faire".

Et, plus important, indépendamment de votre persévérance et de votre intelligence, il est utile d'avoir d'autres personnes pour vous aider. Une révolution prend une décennie au moins, mais vous ne pourrez pas la faire du tout si vous êtes seul.

La liberté est aussi la chose la plus importante.

La liberté d'utiliser, d'étudier, de partager, de modifier et de partager un logiciel modifié, et la liberté d'écrire un logiciel en premier lieu, sont essentielles. Elles sont essentielles non seulement pour Linux, mais pour le bien-être de tous les gens dans le monde moderne.

Au cours de ces vingt dernières années, nous avons assisté à une révolution. Linux en a fait partie, mais ce n'était pas la seule partie. L'Internet a été l'un des grands facilitateurs, la liberté du logiciel en fut un autre. Le cœur de la révolution a été de faire passer les gens de l'état de consommateurs passifs regardant patiemment la télévision, à la création, des acteurs de communication qui façonnent le monde. Cette révolution de la liberté est toujours en cours, bien sûr.

Espérons que Linux et le logiciel libre soient encore là pour les vingt prochaines années et contribuent à continuer de nourrir cette révolution.

  • # Dépêche

    Posté par (page perso) . Évalué à  10 .

    C'est une traduction très intéressante, tu aurais dû la soumettre en dépêche.

    « Moi, lorsque je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache. » Raymond Devos

    • [^] # Re: Dépêche

      Posté par . Évalué à  6 .

      c'était super intéressant à lire, on avait presque l'impression d'être à côté de ces deux gars dans leur lointaine Finlande...

      Only wimps use tape backup: real men just upload their important stuff on megaupload, and let the rest of the world ~~mirror~~ link to it

    • [^] # Re: Dépêche

      Posté par . Évalué à  3 .

      Tu as certainement raison, j'ai d'ailleurs hésité à le faire. Mais étant donné que c'est ma première publication j'ai pas osé, à tort.

      Est-il possible de transformer le journal en dépêche?

  • # Synthèse vocale

    Posté par (page perso) . Évalué à  4 .

    Comme il le propose, voici une synthèse vocale.

    Il existe deux catégories de gens : ceux qui divisent les gens en deux catégories et les autres.

    • [^] # Re: Synthèse vocale

      Posté par . Évalué à  2 .

      Bien vu!
      Il ne reste plus qu'à trouver le moyen de cliquer sur le lien après s'être assommé...

    • [^] # Re: Synthèse vocale

      Posté par . Évalué à  3 .

      Février 1951, profession, détective privé... Une lettre... Julia...

      • [^] # Re: Synthèse vocale

        Posté par . Évalué à  4 .

        une lettre, un appel, les souvenir d'une enfance encore proche...

        Que de souvenir pour le manoir de mortevielle :D

        Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

        • [^] # Re: Synthèse vocale

          Posté par . Évalué à  4 .

          dont une oreille perdue rien qu'à l'évocation du souvenir des douces voies générées par la carte son le speaker de mon PC de l'époque (à peu près aussi adapté qu'un disque dur pour jouer la marche impériale)

  • # Vraiment merci pour cette traduction

    Posté par (page perso) . Évalué à  4 .

    Vraiment merci beaucoup pour cette traduction.

    Plus tard, il a décidé de rendre le code disponible, et a obtenu de l'un des admins de ftp.funet.fi de l'y mettre. Pour cela, le projet avait
    besoin d'un nom. Linus a voulu l'appeler Freax, mais Ari Lemmke, l'admin de ftp.funet.fi, décida de l'appeler Linux à la place.

    En fait, je vois que le nom Linux a été un peu choisi par hasard :)

  • # \o/

    Posté par . Évalué à  10 .

    Je suis un correcteur publié ! À moi la gloire et les gonzesses !
    Dénoncez-vous, les autres !

    • [^] # Re: \o/

      Posté par . Évalué à  5 .

      Tu me battras jamais, j'aurais bientôt une dépêche à mon nom....

      En tout cas merci pour ton aide insert_coincoin

    • [^] # Re: \o/

      Posté par . Évalué à  7 .

      Steven — Bien joué Peter, l’enquête touche à sa fin ! On va devenir célèbres !
      Steven — On va bientôt niquer, on va bientôt niquer !
      Dave — Smack ! Mettez des capotes.

    • [^] # Re: \o/

      Posté par (page perso) . Évalué à  4 .

      Ok, ok, je me dénonce... T'as laissé un peu de gloire et de gonzesses aux autres?

      • [^] # Re: \o/

        Posté par . Évalué à  3 .

        Il reste des plussoyages. Pour la gloire et les gonzesse je vais voir ce que je peux faire mais je garantis rien.

  • # à rapprocher du bouquin de Linus

    Posté par (page perso) . Évalué à  3 .

    Très intéressant !

    Je pense qu'on peut rapprocher ceci de Il était une fois Linux ou l'extraordinaire histoire d'une révolution accidentelle
    version amazon

    D'ailleurs la lecture de ce témoignage avec des souvenirs du livre est plutôt intéressante car :

    • ça se recoupe plutôt bien
    • ça a le même petit goût d'histoire humaine au delà de l'info

    D'ailleurs, en parlant de ce dernier point, c'est cette partie que j'apprécie le plus dans les dépêches noyal de patrick_g, la partie bla bla / histoire / coup de gueule de Linus.

  • # Déjà à l'époque

    Posté par . Évalué à  10 .

    Un des étudiants un peu plus âgé que Linus et moi, Patrik, avait un sauna dans l'immeuble qu'il habitait, et il l'a réservé une fois par semaine pour notre groupe.

    Patrick_g était déjà proche de Linux à ce moment-là, et il écrivait ses dépêches dans un sauna... Dommage que LinuxFr n'existait pas à l'époque.

    Article Quarante-Deux : Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal. -- Le Roi de Cœur

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