Journal Propriétaire vs Libre

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nov.
2005
Une interview intéressante sur le mouvement libre par un acteur du libre.

Une réflexion intéressante et sans concession qui a le mérite de pointer les forces et faiblesses du mode de développement communautaire et qui tente d'apporter un peu de clarté dans la classification des projets et des licences.

http://developpeur.journaldunet.com/itws/itw-modpython-nicol(...)
  • # Un peu à coté de la plaque

    Posté par (page perso) . Évalué à 9.

    Je suis pas convaincu.

    Il dit des choses intéressantes, mais il juge le logiciel libre sous le seul aspect de l'efficacité du processus de développement. Déjà c'est un peu réducteur.

    Sinon son argumentaire consiste à dire que les développeurs de projets libres passent trop de temps à bavarder au lieu de coder ce qu'un chef déciderais. C'est vrai pour certains projets. Mais même dans les plus "structurés" des projets libres, le chef n'a pas la place qu'il pense. Par exemple Linus ne vas pas aller voir un geek et lui dire "code ça", il se contente de filtrer ce qui est fait, et si son arbre est celui de référence c'est parce qu'on lui fait confiance.
    Autrement dit il néglige l'inventivité du commun des codeurs, et fait tout reposer sur le "décideur" :
    Le développement logiciel est un art complexe, et il me semble qu'un environnement professionnel, structuré, coordonné, avec des groupes de travail partageant les mêmes locaux, ou bénéficiant du regroupement d'équipes, permet d'obtenir de meilleurs résultats plus rapidement.
    L'innovation peut se propager également plus vite en environnement professionnel, puisqu'une équipe dirigeante peut imposer le développement dans une nouvelle direction sans devoir en débattre pendant des années sur des forums
    Logiquement, dans cet état d'esprit, il conclut que le développement colaboratif est moins efficace. Ça casse pas trois pattes à un canard.
    • [^] # Re: Un peu à coté de la plaque

      Posté par . Évalué à 6.

      Il dit des choses intéressantes, mais il juge le logiciel libre sous le seul aspect de l'efficacité du processus de développement. Déjà c'est un peu réducteur.

      Il évoque aussi la distribution et les différentes libertées associées, seulement l'interviewer recentre sur le modele de developpement.


      Le point principal de son propos c'est que dans certains cas, l'absence de hiérarchie et la distance entre participants sont des freins à la productivité. Il souligne aussi que les objectifs sont différents : le logiciel libre ne recherche pas la productivité à tout prix, mais plutot la qualité ( contributeurs debian, si vous nous lisez .. ).

      Bref, je le trouve plutot objectif parce il n'a pas le discours "du monde merveilleux de l'open source" que l'on voit parfois.
      • [^] # Re: Un peu à coté de la plaque

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Le point principal de son propos c'est que dans certains cas, l'absence de hiérarchie et la distance entre participants sont des freins à la productivité.
        Il a plutôt l'air de dire que c'est le cas en général, même si, selon lui, certains projets ont su "se donner un chef".

        Bref, je le trouve plutot objectif parce il n'a pas le discours "du monde merveilleux de l'open source" que l'on voit parfois.
        Ne pas confondre tiède et objectif -_^


        (Tient, autre affirmation :
        Le seul contexte où l'on observe une véritable professionnalisation du logiciel libre, c'est lorsque des ressources financières interviennent directement dans l'exécution d'un projet libre
        Comprendre que des logiciels ne peuvent pas devenir "véritablement professionnels" sans intervention d'une entreprise ou d'une institution, que c'est elle qui lance réellement le projet.)
        • [^] # Re: Un peu à coté de la plaque

          Posté par . Évalué à 3.

          Comprendre que des logiciels ne peuvent pas devenir "véritablement professionnels" sans intervention d'une entreprise ou d'une institution, que c'est elle qui lance réellement le projet.

          Ca dépend comment on comprend le terme "professionalisation" : je ne comprends pas forcément ça comme un signe de qualité mais plutot comme un changement d'objectif : le passage d'une recherche de fonctionnalités à une recherche de profit.
          M'enfin je suis plutot d'accord avec l'interpretation que je fais de son texte en tout cas ;-)
          • [^] # Re: Un peu à coté de la plaque

            Posté par . Évalué à 10.

            M'enfin je suis plutot d'accord avec l'interpretation que je fais de son texte en tout cas ;-)

            Ah ben c'est cool que tu sois d'accord avec toi-meme.
    • [^] # Re: Un peu à coté de la plaque

      Posté par . Évalué à 6.

      Logiquement, dans cet état d'esprit, il conclut que le développement colaboratif est moins efficace.

      Forcément, entre travailler à temps plein, contre rémunération et avec des gens qu'on connait et travailler sur son temps libre, bénévolement et avec des inconnus la première méthode permet d'avancer plus vite.

      Maintenant en ce qui concerne la hiérarchisation, je ne suis pas du tout d'accord avec lui. Le fait d'avoir un décideur non élu qui impose sa vision permet peut être d'accélérer la prise de décision mais la qualité des décisions prises peut être est discutable. Le décideur n'est souvent pas décideur parce qu'il est le plus qualifié, loin de là.

      Avec un mode dictatorial on avance vite mais pas forcément dans la bonne direction. Certaines décisions techniques sont prises pour des motifs marketing, en raison de partenariats commerciaux, à cause d'un "petit chef" qui souhaite mettre en avant, par peur (le fameux "nobody ever got fired for chosing Microsoft"), etc. On en connais tous. Avec un mode méritocratique, on a plus de chances d'avancer dans la bonne direction. Si on est persuadé d'avoir raison et que tout le monde est convaincu du contraire c'est que 1) soit on se sait pas argumenter, 2) soit on a tord.
      • [^] # Re: Un peu à coté de la plaque

        Posté par . Évalué à 4.

        le fameux "nobody ever got fired for chosing MicrosoftIBM"

        Tempus fugit...
      • [^] # Re: Un peu à coté de la plaque

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Par ailleurs, on peut très bien fonder une boite, faire du libre, avec des subordonnés hierarchiques (des employés donc), avoir donc sont modèle idéal... en faisant du libre.

        Il y a une grosse confusion dans tout ceci entre mode de développement et choix de licence.
  • # ouais ?

    Posté par . Évalué à 4.

    Je vois effectivement plein d'endroits où il pointe les faiblesses du logiciel libre, mais ses forces beaucoup moins, à part dans une phrase ambigue à la fin :

    " Le libre, par son principe de méritocratie et de consensus, prend le risque de s'embourber dans de longs débats. Ils sont bien sûr utiles, et mettent en avant les critères de rentabilités différents des projets non rémunérés : on y cherche la qualité et l'efficacité."

    Cette interview est peut-être intéressante à passer sur un site de libristes mais pour les gens qui ne connaissent pas c'est surtout une occasion rêvée de prendre des arguments contre le libre sans avoir à lire les arguments pour.

    À sa décharge, j'imagine c'est pas facile de faire une interview sur un sujet émotionnel :-)

    (je passe aussi sur l'utilisation de "ayatollah(2x) qui hurlent" alors que c'est juste un titre comme "évêque", sur sa foi dans la hiérarchie(3x), et son amour pour les despotes éclairés)
    • [^] # Re: ouais ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      a coté de cela, il faut lui pardonner il fait parti de ceux qui pensent :

      There is Only One Way To Do It

      qui peut se traduire par :

      Il n'y a qu'un moyen de le faire

      http://www.python.org/dev/summary/2003-03-16_2003-03-31.html ( pour une des references à cet axiome pythonesque ).

      Bien qu'avec ses despotes et autres ayatollah il tent une belle perche, je ne me lancerai pas dans un parallele sur la religion ou la politique ... cela ressemblerait trop à un troll de mauvais gout.
  • # réfléxion qui tue

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    En fait je viens de faire un constat rigolo :
    - une grosse équipe soudée, professionnelle, organisée accouche généralement d'un ou plusieurs softs cohérents et intégrés.
    - une communauté de joyeux lurons éparpillés et aux compétences hétéroclytes accouche de softs rigolo qui marche mais sans aucune cohérence globale.
    C'est du mapping Relationnel/Objet en fin de compte ! :D

    Le charme de Linux et des logiciels libres c'est son bordel ambiant et le résultat tout aussi bordélique et du coup passionnant à explorer pour peut qu'on en ai l'envie et non pas seulement le besoin. Peut être que pour être un geek il suffit d'être un aventurier-explorateur au fond.
    • [^] # Re: réfléxion qui tue

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Je trouve ton propos assez vrai ... quoi que pour ton histoire de mapping R/O j'ai un gros doute ;)

      De toute facon quand je lis un truc dans le genre, je trouve que la chanson de Michel Fugain "les gentils, les mechants" [1] garde toute son actualité. je trouve d'ailleurs qu'elle pourrait faire un bel hymne pour plein de chose cette chanson ...





      [1] les paroles sont ici http://www.paroles.net/chansons/15379.htm ( en cas de soucis pour ce lien merci d'avance à qui de droit de le retirer )
    • [^] # Re: réfléxion^Wcitation qui tue

      Posté par . Évalué à 7.

      Pour aller avec le titre, qui a dit: "Rappelons nous que le Titanic a été construit par des professionels et l'arche de Noé par un amateur" ?
    • [^] # Re: réfléxion qui tue

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Je ne crois pas que les logiciels les plus aboutis soient le fruit d'un « bordel ambiant ».
      Linux par exemple, ne me semble pas être un bordel ambiant. Ce n'est pas parce qu'il y a des discussions publiques que c'est nécessairement un manque d'organisation. Si toutes les discussions interne chez Microsoft étaient publiques, je pense que vu de l'extérieur, elles paraitraient aussi « bordeliques ».

      Cet article est globalement à coté de la plaque, puisqu'il attaque le libre en parlant d'éléments indépendant du libre : le mode de développement.
      Souvent, on associe le développement du libre à un mode de développement peu structuré, mais ce n'est pas nécessairement le cas. Je pense personnellement qu'un projet libre à besoin que ceux qui soient le plus impliqués usent d'autorité parfois. Pour éviter par exemple que certains débats durent des mois, sans que la chose avance, parce qu'il y a plusieurs points de vue contradictoires qui s'affrontent, tout en étant objectivement valables tout les deux. Pour que le développement continue, il faut que certains à un moment donné imposent des choix, pour l'intérêt commun, en pesant le pour et le contre, et définissent des objectifs, une approche à suivre.

      Il n'y a rien dans le fait de faire du logiciel libre qui empêche cela. La seule nuance est le fait que lorsque les contributeurs ne sont pas salariés, s'ils ne sont pas content, ils peuvent partir du jour au lendemain. Mais nulle part il est dit qu'un logiciel libre ne doit pas avoir de développeurs salariés.
      • [^] # Re: réfléxion qui tue

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Pour moi avoir 15000 distributions LInux par rapport au marché qu'elles occupent, constitue en soit un bordel monstre quand on compare à MS Windows ou Mac OSX. Le nombre d'incompatibilités entre ces distributions est un autre exemple de bordel monstre.
  • # En gros

    Posté par . Évalué à 5.

    en gros c'est l'histoire d'un mec

    - qui ne sait pas bosser en équipe
    - qui ne sait pas s'accomoder de participer à un projet où travaillent des mecfs plus compétents que lui.

    Et qui tant qu'à faire, tire des généralités de son propre exemple.
  • # Contre-vérités et défoncage de portes ouvertes ...

    Posté par . Évalué à 10.

    Alors, j'ai lu et le constat est pitoyable... tout ce que j'ai vu dans cet article est tendancieux et sera forcèment compris de travers par ceux qui n'ont pas déjà un pied dans le libre. Certains passages ont aussi la bonne idée d'enfoncer des portes ouvertes...

    Sur la finalité de ce document, je trouve dommage que cette personne se fasse sa pub en servant la soupe aux "éditeurs propriétaires". Vu avec mon esprit tordu, on dirait presque une lettre d'excuse adressée à on ne sait pas qui: "Pardon de faire du LL, mais je vous aime bien aussi, et vous êtes au moins aussi beaux aussi grands aussi forts..."

    Voilà pour mes impressions, sur le document je reprendrais quelques passages:

    "Il est un des rares développeurs habilités à modifier le code source du projet Apache mod_python"
    Ah bon ? c'est pas libre mod_python ? inquiet, je vais vérifier, et ouf c'est une licence apache. Donc contrairement à ce qui est dit, moi aussi je suis habilité à modifier ce source, tous nous y sommes habilités... Tant que j'y suis je vais aussi faire un tour sur la page des crédits[1], et j'y vois bien une trentaine de noms, mais pas le sien... (ça n'enlève rien à ses contributions, ça relativise juste le titre de l'article)

    Le monde Open Source a un problème éminemment humain à résoudre : comment des étrangers complets [...] peuvent arriver à coopérer et à construire des projets qui soient compétitifs avec le monde professionnel ?
    Ici on mélange plein de chose, pourquoi opposer logiciel libre et professionel ? Si une boite paye ses salariés pour faire du LL, ça n'enlève rien à son autorité sur la direction à prendre et la méthode à utiliser... Après que la "communauté" suive c'est une autre histoire.

    Certains projets, à commencer par Python, disposent d'un "dictateur bénévole" [...] Cette idée de consensus est un inconvénient nécessaire de l'Open Source. Trop d'ouverture nuit à l'efficacité.
    Là on rentre dans le coeur du sujet, le consensus n'est pas un inconvénient, c'est la base... tant que le plus grand nombre s'y retrouve, le "dictateur" est maintenu, si trop de monde est en opposition, il y aura un nouveau dictateur de choisi.

    Que cessent les guerres de tranchées néfastes à l'avancement des petits et gros projets
    Parce que c'est un phénomème spécifique au LL ? Les batailles de chef ça existe partout. Et ici le LL a un gros avantage sur le propriétaire: si le consensus est impossible, il y a scission.


    [1] http://www.modpython.org/live/current/CREDITS
    • [^] # Re: Contre-vérités et défoncage de portes ouvertes ...

      Posté par . Évalué à 7.

      Ah bon ? c'est pas libre mod_python ? inquiet, je vais vérifier, et ouf c'est une licence apache. Donc contrairement à ce qui est dit, moi aussi je suis habilité à modifier ce source, tous nous y sommes habilités...

      Quand j'ai lu ca j'ai compris qu'il pouvait faire commit sur le cvs de mod_python, mais comme tu dis il n'est pas dans les 30 personnes des credits. Ca la fout mal :)

      A part ca il confond le modele de developpement "bazaar" et le modele "cathedrale", et il melange le developpement lui-meme et la prise de decision.

      Mais il n'a pas tort quand il dit que le consensus nuit a l'efficacite, a moins d'etre 2 ou 3 maximum. Surtout ca nuit a l'innovation, car a vouloir contenter tout le monde on fait un truc que personne ne deteste, et que personne n'aime. Un truc mou, en fait.

      http://headrush.typepad.com/creating_passionate_users/2005/1(...)

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