Journal Vers le brevetage du vivant ?

Posté par (page perso) .
Tags : aucun
10
7
déc.
2011

"L'Hadopi de l'agriculture? Le blog économique et social d'Eugène relève les incohérences d'une proposition de loi UMP interdisant aux agriculteurs de ressemer les graines issues des cultures de l’année précédente."

http://www.marianne2.fr/Vers-le-brevetage-du-vivant_a213060.html

"Ces dernières semaines, 1500 fermiers se sont suicidés collectivement en Inde, dans la province de Chattisgarh. Un phénomène récurrent, puisque les chiffres officiels font état de 1000 suicides mensuels... depuis plus de quinze ans. En cause, l'endettement des paysans lié à l'achat de semences OGM miraculeuses... qui se révèlent catastrophiques."

http://www.wikistrike.com/article-suicide-collectif-de-1500-fermiers-indiens-ruines-a-cause-des-ogm-91316545.html

  • # C'est dur

    Posté par . Évalué à  6 .

    Je ne sais pas si c'est très juste d'associer le brevet sur du vivant (génome) avec des pratiques économiques douteuses concernant la vente de semence. Je me demande si c'est normal que Monsanto se livre à de telles pratiques économiques sans être inquiété par la justice, sans compter les conséquences désastreuses locales (suicide, endettement, utilisation abusive de pesticides et engrais).

    Par contre concernant les brevets sur le vivant, un argument éthique simple qui puisse contrecarrer cela est celui de l'unicité du vivant.

    En effet, tous les êtres vivants possèdent un code génétique qui est codé dans la molécule d'ADN si je comprends bien. Pouvoir breveter un code génétique reviendrait techniquement à pouvoir breveter celui d'un être humain. Hors la frontière entre « code génétique d'un être humain » et autre chose est très mince, justement parce que nous sommes contenus dans le même ensemble, celui des être vivants.

    Donc c'est inacceptable à mon sens simplement à cause des dérives potentielles : humain génétiquement modifié, modification du génome in-utero avec brevet à la clef. Dans tous les sens du terme, je ne suis pas opposé au progrès mais intégrer un système de brevet là dedans ne pourra que conduire l'humanité à sa perte il me semble (ou au moins lui être nuisible).

    Systemd, the bright side of linux, toward a better user experience and on the road to massive adoption of linux for the desktop.

    • [^] # Re: C'est dur

      Posté par . Évalué à  7 .

      Hors la frontière entre « code génétique d'un être humain » et autre chose est très mince

      Encore plus que tu ne le crois, il est extrêmement aisé d'insérer un gène humain dans le génome d'un autre organisme. C'est extrêmement courant de le faire sur des bactéries, par exemple pour produire une protéine humaine qui sera ensuite revendue (comme l'insuline, l'hormone de croissance, etc.)

      Quand je dis que c'est facile, c'est que c'est niveau première ou deuxième année de fac, et c'est fait en TP. Bref un gus dans un garage peut le faire.

      Pour info, il existe quelques êtres vivants qui ne sont pas foutus tout à fait pareil que les autres. Certains ont de l'ADN différent, certains n'en ont pas. Mais l'idée du code génétique reste toujours la même.

      dérives potentielles : humain génétiquement modifié, modification du génome in-utero

      Ça arrivera forcément, brevets ou non. D'ailleurs la morale évolue, et il est possible que dans quelques siècles ça ne choque pas grand monde.

      • [^] # Re: C'est dur

        Posté par (page perso) . Évalué à  7 .

        Encore plus que tu ne le crois, il est extrêmement aisé d'insérer un gène humain dans le génome d'un autre organisme. C'est extrêmement courant de le faire sur des bactéries, par exemple pour produire une protéine humaine qui sera ensuite revendue (comme l'insuline, l'hormone de croissance, etc.)
        Quand je dis que c'est facile, c'est que c'est niveau première ou deuxième année de fac, et c'est fait en TP. Bref un gus dans un garage peut le faire.

        Jusque là je suis d'accord.

        Pour info, il existe quelques êtres vivants qui ne sont pas foutus tout à fait pareil que les autres. Certains ont de l'ADN différent, certains n'en ont pas. Mais l'idée du code génétique reste toujours la même.

        Là je ne sais pas vraiment quel genre de bestiole tu cites, car à ma connaissance tous les êtres vivants ont un ADN organisé pareil (y'a bien les archebactéries qui ont un ADN enroulé dans l'autre sens pour résister aux températures extrêmes… Ou peut-être le fait que les bactéries n'ont pas d'introns contrairement à nous autres eucaryotes…).
        Donc oui comme tu le dis bien, le code génétique est toujours le même.

        D'ailleurs je vais me permettre une petite digression car je vois souvent une erreur dans le vocabulaire des gens quand ils parlent de génétique (et ça ne concerne pas que les béotiens, j'en connait qui, même après quelques années de fac, trébuchent sur àa accidentellement) :
        Il ne faut pas confondre "code génétique" avec "génome". Quand on veut parler du patrimoine génétique d'un organisme, de l'ensemble de ses gènes en somme, il faut dire génome, ADN, patrimoine génétique, ou autres, mais surtout pas "code génétique". Le code génétique est la correspondance entre un triplet de bases de l'ADN (A, T, G et C) et un acide aminé (constituant de base des protéines). Je ne suis peut-être pas assez compréhensible, donc je vais tenter une métaphore avec l'informatique : Le génome ce serait l'ensemble du code source d'une suite d'applications, un gène serait le code source d'une application ou d'une lib, et le binaire c'est la protéine produite à la fin. L'organisme c'est la suite d'application quand il est en train de fonctionner.

        En fait en me relisant je suis pas sûr d'être vraiment très clair. Tant pis je poste quand-même.

        • [^] # Re: C'est dur

          Posté par (page perso) . Évalué à  5 .

          « Le génome ce serait l'ensemble du code source […] »

          Et pour poursuivre la comparaison, le code génétique serait la grammaire du langage de programmation ?

          • [^] # Re: C'est dur

            Posté par (page perso) . Évalué à  4 .

            Oui c'est ça.

          • [^] # Re: C'est dur

            Posté par . Évalué à  6 .

            Merci, là ça devient clair. (Et oui j'ai pas fait bio mais science de l'ingénieur au lycée.)

            Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

        • [^] # Re: C'est dur

          Posté par . Évalué à  10 .

          Le génome ce serait l'ensemble du code source

          Faut virer le développeur alors : code dupliqué, pas commenté, pas de respect des standards, plein de fonctions qui ne marchent plus suite à un changement d'API, plein de caca qui ne sert à rien entre les fonctions...

          • [^] # Re: C'est dur

            Posté par . Évalué à  10 .

            plein de caca qui ne sert à rien entre les fonctions...

            Ça s'écrit "CACA".

            THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

          • [^] # Re: C'est dur

            Posté par . Évalué à  2 .

            ADN non codant.

            What else ?

        • [^] # Re: C'est dur

          Posté par . Évalué à  2 .

          Là je ne sais pas vraiment quel genre de bestiole tu cites, car à ma connaissance tous les êtres vivants ont un ADN organisé pareil

          Il existe des organismes qui n'ont pas les mêmes bases que nous il me semble (j'arrive pas à retrouver). Sinon il y a ça.

          Je pense également aux virus à ARN.

          • [^] # Re: C'est dur

            Posté par . Évalué à  4 .

            On range les virus dans les êtres vivants? (c'est une vraie question, mes derniers cours de bio datent un peu)

            • [^] # Re: C'est dur

              Posté par . Évalué à  0 .

              Ça dépend des gens. Certains disent que oui, certains disent que non. Il existe même des virus complexes, encore plus proches des autres « formes biologiques » que les plus connus.

            • [^] # Re: C'est dur

              Posté par (page perso) . Évalué à  7 .

              On range les virus dans les êtres vivants? (c'est une vraie question, mes derniers cours de bio datent un peu)

              Cela dépend, comme indiqué. Patrick Forterre et collègues avaient proposé il y a quelques années de changer la classification actuelle de "vivant" vs. "non-vivant" en "organismes produisant des ribosomes" vs. "organismes produisant des capsides". Alors, en français :) Les virus sont considérés comme du "non-vivant" parce qu'ils ne peuvent pas se développer en dehors de la cellule hôte. Enfin, c'est ce qu'on pensait. Depuis, on a découvert des bestioles délirantes telles que Mimivirus (et le encore plus gros Mamavirus) et surtout, Spoutnik qui est un virus de virus. Aussi, il y a un virus d'Archées dont j'oublie toujours le pitit nom qui effectue une partie de son cycle de reproduction à l'extérieur de la cellule hôte (et à 85°C... :) ). Alors du coup "non-vivant"... bof. Surtout que Spoutnik a été démontré comme ayant une incidence significative sur la viabilité de son hôte qui est un autre virus donc.

              Ainsi, Forterre (qui est un gars assez génial, avec un CV scientifique plutôt impressionnant et avec qui j'ai eu des cours et des séminaires <3 ) a proposé de classer autrement étant donné que "vivant" vs. "non-vivant" perd de sa pertinence. Du coup, les non virus produisent des ribosomes : il s'agit d'usines au sein de la cellule qui font les protéines, pour faire simple. Les virus n'en ont pas, ils utilisent -- selon les connaissances actuelles, en tout cas -- les ribosomes de l'hôte pour produire leurs protéines. En revanche, ce qu'ont les virus et n'ont pas les autres, ce sont les capsides. C'est une espèce d'enveloppe externe. Et parmi les protéines la formant, il y en a qui ont un motif unique, appelé jelly-belly si mes souvenirs sont bons. Ce motif (c'est une structure 3D d'une part de la protéine) n'est pas trouvé en dehors de l'ensemble des virus. Donc, la classification fondée sur ces 2 caractéristiques semble assez logique et moins subjective.

              Pour finir, ça a été super chaud entre les virologues. Il y avait un numéro de Nature spécialement consacré à cette discussion, si je ne m'abuse. Et franchement, ça charcle plutôt sévère entre pro- et anti- :)

          • [^] # Re: C'est dur

            Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

            Sinon il y a ça [lien vers le papier sur la vie à base d'arsénique].

            Mouais. Perso, je reste très sceptique sur ce truc. Je crois avoir publié un petit commentaire lorsque c'était sorti : http://owni.fr/2011/01/12/intoxication-mediatique-a-larsenic/

            Il y avait également un numéro de Science qui publiait tous les "Letters" sur le sujet. Si ça intéresse quelqu'un, je peux fouiller, mais ce sera fort probablement derrière un paywall...

        • [^] # Re: C'est dur

          Posté par (page perso) . Évalué à  3 .

          Là je ne sais pas vraiment quel genre de bestiole tu cites, car à ma connaissance tous les êtres vivants ont un ADN organisé pareil (y'a bien les archebactéries qui ont un ADN enroulé dans l'autre sens pour résister aux températures extrêmes… Ou peut-être le fait que les bactéries n'ont pas d'introns contrairement à nous autres eucaryotes…).

          Tsss, allez, un petit virus à ARN ;) Et on ne dit pas "archéobactéries" depuis des lustres, on dit Archées (Archeae). Ce ne sont pas des bactéries (Eubacteria).

  • # un peu de jugeote...

    Posté par . Évalué à  7 .

    L'article de Marianne est nul. On voit bien que l'auteur n'a jamais mis les pieds dans un champ. Je le commente:

    «Considérons les maladies qui parfois ravagent une variété de plantes dans l’impuissance générale vu l’uniformisation des variétés.»

    Faux, il n'y jamais eu, en 10 000 ans d'agriculture, autant d'effort pour combattre les maladies et ravageurs des plantes.

    «Autrefois il était facile dans un tel cas de changer de variété pour affaiblir la diffusion de la maladie.»

    Faux, autrefois, quand le champ était détruit ça donnait une famine. D'ailleurs le vecteur numéro 1 de maladies et surtout d'insectes c'est l'homme... et c'est aussi le plus grand vecteur de plantes cultivées.

    «Le ressemage des semences favorise les variations et aléas génétiques et donc la robustesse des plantes est améliorée.»

    Faux, réutiliser la semence est la porte d'entrée aux mauvaises herbes et à la dissémination de maladies. D'où l'existence de semences certifiées permettant au producteur d'acheter uniquement de la semence et non pas 1/3 semence, 1/3 de mauvaises herbes et 1/3 de sclérotes (ahhh le bon vieux temps des pains de seigle plein d'ergot qui faisait gouter aux joie du LSD avant l'heure)

    «En résumé la nature s’améliore toute seule comme par le passé.»

    Faux, on dirait du Rousseau. La nature évolue. La lutte perpétuelle des plantes et des hommes contre ces maladie est la preuve flagrante de l'évolution. D'ailleurs sans la main de l'homme sur cette dernière, nos soirées pop corn seraient frugales (une nimage, maïs à droite, son ancêtre à gauche:http://en.wikipedia.org/wiki/File:Maize-teosinte.jpg

    « Par exemple les OGM qui intègrent des insecticides ont montré que leur emploi systématique a rendu les insectes résistants aux insecticides en seulement 3 ans de production. »

    Quoi que l'on fasse l'apparition de résistances et inévitable (en médecine aussi). Pourtant la population de pyrales du maïs à drastiquement chuté en amérique du nord. Ces OGM on donc réduit la quantité d'insecticides utilisée et permis l'adoption rapide de techniques culturales simplifiées (le semi direct).

    « la volonté du gouvernement de maintenir « son opposition à la culture du maïs Monsanto 810 »

    C'est marrant de constater que la France chipote encore sur le MON810 qui est complètement has been. Maintenant c'est du SmartStax: 8 gènes de résistance pour limiter encore plus son apparition chez la pyrale et un besoin de % de zone refuge revu à la baisse.

    Bref, tout ça pour dire que le mythe des semences paysannes c'est du flan. Aucun Kokopelli n'aurai pu diminuer la teneur en acide érucique (toxique) du colza par exemple. Pour développer un cultivar utile il faut 10 ans et des millions. D'où la nécessité pour les compagnies de pouvoir s'assurer un retour sur investissement. Aux USA il y a le brevet (mais il expire, comme celui sur le soya RR en 2010 au Canada) en France il y a ce COV qui d'après ce que j'ai compris permet ensuite aux semence de passer dans le domaine public. Pas si mal je trouve.

    PS: concernant l'inde, c'est un hoax.

    • [^] # Re: un peu de jugeote...

      Posté par (page perso) . Évalué à  4 .

      concernant l'inde, c'est un hoax

      Est-ce que tu as plus d'infos là-dessus ?
      Sinon je trouve ton commentaire intéressant parce que tu as l'air de t'y connaitre. Tu travailles dans ce domaine ?

      • [^] # Re: un peu de jugeote...

        Posté par . Évalué à  9 .

        Pour le coton Bt en Inde: http://imposteurs.over-blog.com/article-25655180.html
        Ce billet se base sur : http://www.ifpri.org/publication/bt-cotton-and-farmer-suicides-india

        Patrick, oui je vais travailler sous peu dans le domaine.

        Mon commentaire précédent a été écrit à la va vite et bourré de fautes. Je suis toujours frappé de voir comment les hoax en agronomie circulent bien sur le net. Donc je mets à contribution mes maigres connaissances sur le sujet. D'ailleurs un peu de bon sens met souvent la puce à l'oreille. Personne ne force un paysan à acheter de la semence. Il achète toujours ce qui lui permet un meilleur rendement économique (à l'exception des achats irrationnels de machinerie neuve). Si les semences paysannes sont marginales dans nos pays développés ce n'est pas pour rien. De plus les comparer avec un contenu numérique que l'on peut multiplier à coût marginal nul (comme dirait B. Bayart) est tiré par les cheveux. Entre 2 générations de semences il y a déjà du temps d'écoulé (12 mois) et surtout l'application implacable des lois de la génétique. On est loin d'un verbatim instantané façon P2P.

        • [^] # Re: un peu de jugeote...

          Posté par (page perso) . Évalué à  10 .

          Personne ne force un paysan à acheter de la semence

          Si si, Mosanto le fait, quand le champs OGM du voisin a essaime chez toi. Mais passons. Je ne suis pas hostile au concept d'OGM en soit, mais les pratiques commerciales autour des OGM sont ultra dangereuses, et Mosanto en est l'illustration criarde. Qu'on pose des brevets sur des process de fabrication (c'est a dire, comment introduire tel ou tel gène dans telle ou telle plante), j'ai rien contre, mais poser un brevet sur le résultat, ca pose une tonne de problèmes.

          En fait c'est exactement le même problème que la copie de la musique ou des films. On a ces gros pachydermes qui mette une énergie (et une violence, dirigée contre des particuliers sans défense la plupart du temps) colossale pour imiter le business model classique de l'industrie (paye pour chaque exemplaire du produit) avec des choses (ou des non-choses) qui peuvent se copier toute seules et gratuitement!

          Au lieu de tordre les lois et d'écrabouiller les petites gens, ca aurait été peut-être plus malin de se rendre compte avant d'investir des milliards dedans que le business model était complètement foireux, et en trouver un autre.

        • [^] # Re: un peu de jugeote...

          Posté par . Évalué à  10 .

          Personne ne force un paysan à acheter de la semence.

          Hou là c'est plus compliqué que ça, notamment au Canada où des agriculteurs se sont fait poursuivre par Monsanto pour cultiver 'leur' variété, alors que leur champs avait été contaminé par un voisin. Ça empêche aussi de labellisé ton produit Bio.

          Enfin bref on oblige pas à acheter des semences particulière, mais en fonction de ce que font les voisins, il est plus simple de prendre de l'ogm car la mention sans ogm est impossible.

          Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

          • [^] # Re: un peu de jugeote...

            Posté par . Évalué à  3 .

            Solution : on stérilise de force (oui c'est méchant) les semences OGM.
            C'est faisable (gène terminator).
            Ça fait le beurre de Monsanto (ils avaient proposé l'idée mais avaient reculé face à un tollé).
            On n'a pas besoin d'une loi Sarko alakon pour empêcher les paysans de replanter lesdites semences, il peut exister des semences non OGM et replantables à côté.
            Eeeet pas de dissémination possible.

            • [^] # Re: un peu de jugeote...

              Posté par . Évalué à  4 .

              Caramba encore raté.

              Une graine semée ne pousse pas forcément dans le champ où elle a été semée. Donc ton champ va quand même contaminer les voisins.

              Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

            • [^] # Re: un peu de jugeote...

              Posté par . Évalué à  -2 .

              Encore un hoax.
              Pourquoi pas une implémentation végétale de Stuxnet et Duqu t'en qu'on y est...

            • [^] # Re: un peu de jugeote...

              Posté par . Évalué à  3 .

              +1 (mais je fais l'enculeur de mouche) : pas besoin d'ogm pour obtenir un terminator suffisamment efficace ;-) C'est là tout l'art du semencier non protégé par des textes : vendre des graines dont il sera sûr que la descendance sera trop instable pour être commercialement viable. (enculeur de mouche, et en plus : j'dis ça, j'dit rien :p)

        • [^] # Re: un peu de jugeote...

          Posté par . Évalué à  10 .

          Personne ne force un paysan à acheter de la semence.

          Ça, c'est du même ordre que "personne ne t'oblige à utiliser Windows" ou "personne n'oblige les artistes à signer chez Vivendi". C'est fondamentalement vrai mais il peut y avoir de la désinformation, une alternative dissimulée, des pressions, des portes qui se ferment en cas de choix différent.

          THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

      • [^] # Re: un peu de jugeote...

        Posté par (page perso) . Évalué à  9 .

        Ce monsieur à l'air de s'y connaître bien plus que moi. J'aurais d'ailleurs tendance à le croire pour l'hoax sur l'inde tant les chiffres avancées paraissent terrifiants et dépourvus de sources. Pourtant en lisant sa réaction, je ne peux m'empêcher de remarquer qu'elle n'est pas dépourvue de ce qui ressemble à un parti pris très sensible.

        En particulier, comment quelqu'un qui connaît aussi bien l'évolution par sélection humaine des plantes — puisqu'il nous montre l'évolution de la téosinte au maïs moderne — peut-il laisser entendre que la diversité génétique, et les méthodes de sélection à l'ancienne sont nécessairement inefficaces ?

        À la fois, face au point de vue un peu extrême (litote pour ceux qui n'auraient pas compris) pris par le journal, on comprend bien que les réactions du camp d'en face soient également déséquilibrés. Mais du coup, cela ôte nécessairement de la crédibilité à une réaction qui bien étayée par quelques sources[*] auraient eu un intérêt encore bien plus grand.

        Quoiqu'il en soit, il me semble que l'idée suivante — apparemment défendue par le monsieur — reste fondamentalement erronée : « protéger la propriété intellectuelle favorise l'innovation. »

        Où a-t-on déjà vu que la construction de remparts poussait les armées à la mobilité ? Le confort douillé de Capoue est-il désormais considérer par les historiens comme l'explication de la destruction totale de Rome par Hannibal ? Dans quel pays l'accroissement des rentes au détriment du travail fait-il augmenter la production ? Les succès que l'on sait de l'économie actuelle, qui repose sur l'innovation et l'entreprenariat des plus nantis, ne sont-elles pas un flagrant démentis de cette thèse ?

        Au final, cette réaction de tgylzh éveille ma curiosité, mais fais feu de paille. Forcément (et peut être hélas), quand on prend la parole pour défendre des géants spécialistes supposés de la désinformation, ne faut-il pas s'attendre à devoir justifier doublement, voire triplement son propos ?

        [*] En particulier sur pas mal d'affirmations qui vont à contre-courant de ce qui s'entend sur le sujet.

        • [^] # Re: un peu de jugeote...

          Posté par . Évalué à  3 .

          Relier directement les OGM au suicide voudrait dire que les agriculteurs français ne se suicideraient pas. Selon les chiffres lus dans la presse (rien sur le site de l'InVS) il y en aurait 1 par jour au moins...

          Je ne dis pas que les méthodes anciennes sont inefficaces. Elles sont différentes. D'ailleurs l'homme a toujours utilisé les meilleurs outils à sa disposition pour sélectionner les végétaux. De la simple selection massale aux croisements complexes à base de mutagénèse du XXème siècle. Je ne vois pas pourquoi on refuserait soudainement un nouvel outil (qui plus est bien plus précis que tous les précédents).

          Oui j'aurai pu mettre des sources. Je manque de temps et je n'ai pas le talent de Patrick_g (cf ses fameuses dépêches sur le noyau). Le blog Imposteur que j'ai cité a quelques bons articles sur le sujet. Il en va de même pour http://www.pseudo-sciences.org/. Sinon concernant le Bt un article était paru dans Nature en 2010 je crois, il montrait comment les champs bio étaient protégé des pyrales grace à leurs voisins OGM. Concernant les populations, c'est ce que je constate sur le terrain (à mon échelle), plus de dépistage obligatoire et un seuil de 1 pyrale par plant presque jamais atteint.

          «[*] En particulier sur pas mal d'affirmations qui vont à contre-courant de ce qui s'entend sur le sujet.»

          Quoi par exemple ?

          Concernant les brevets je suis de votre avis. Toutefois les brevets expirent. Le soja roundup ready est déjà hors brevet. Enfin, il faut bien un système pour permettre aux entreprises de faire du profit, reste à en trouver un qui nuit le moins à l'innovation et à la compétition.

          «défendre des géants spécialistes supposés de la désinformation»

          Je ne défends personne. Je donne un avis.

          • [^] # Re: un peu de jugeote...

            Posté par . Évalué à  1 .

            Concernant les sources, un oeil averti me trouvera peut être léger mais c'est ce que j'ai trouvé de plus vulgarisateur et honnête sur le sujet. Pour les amateurs, environ 15 publications scientifiques paraissent chaque jour sur les OGM. De quoi alimenter le débat avec des questions intéressantes... Et n'oublions tous les sites des ministères de l'agriculture des provinces états uniennes ou canadiennes très bien fournis en documentation de terrain (populations d'insectes, enjeux économiques et environnementaux...)

          • [^] # Re: un peu de jugeote...

            Posté par (page perso) . Évalué à  4 .

            « Quoi par exemple ? »

            Justement ce succès de certains OGM sur lequel vous revenez. Jusqu'ici les seuls échos que j'ai jamais pu entendre font états de l'échec patent (appréciez le jeux de mot) de nombre d'OGM.

            « […] il faut bien un système pour permettre aux entreprises de faire du profit […] »

            Oui. Mais pour un libéral, le système est tout trouvé : il s'agit de l'utilité économique. Si une industrie est réellement utile, elle devrait nécessairement trouver son modèle économique ; et ce sans le support de lobbyings et de lois (liberticides). C'est là probablement une position un peu fleur bleue. Mais l'exemple des modèles économiques du logiciel libre, qui semble prospérer contre toute logique législative et capitaliste, me semble l'étayer quelque peu, et mieux que toute élucubration théorique.

            « Je ne défends personne. Je donne un avis. »

            Et tous en sont bien conscient. Simplement, cet avis va dans le sens de multinationales à la réputation sulfureuse. Aussi, quelle que soient vos qualités d'écriture et de réflexion, il faut vous attendre à ce que vos propos soient reçus avec une certaine fraicheur.

            Sur ce, juste une dernière remarque de ma part. Vous mentionnez, plus haut, que vous allez plongez prochainement dans le milieu de l'agro. Je n'y connais rien, mais j'ai eu l'occasion d'entendre en directe le témoignage d'une personne ayant eu des hautes responsabilités européennes et mondiale dans ce milieu. Il était plein de désillusions et ses vues exprimées semblaient aux antipodes des vôtres. Je ne vous souhaite aucunement de telles déconvenues, bien au contraire. Mais au cas où, soyez avertis.

            • [^] # Re: un peu de jugeote...

              Posté par . Évalué à  1 .

              «. Jusqu'ici les seuls échos que j'ai jamais pu entendre font états de l'échec patent (appréciez le jeux de mot) de nombre d'OGM.»

              Super jeu de mot !
              Échec ? Pourtant de mémoire d'homme a-t-on déjà vu une technologie être adoptée si rapidement ? Et qui couvre presque 150 000 000 ha en 2010. (source:http://www.ogm.gouv.qc.ca/ogm_importance.html)

              «C'est là probablement une position un peu fleur bleue»

              Je l'assume. Je pense que malheureusement le modèle du libre se heurte aux barrières du monde réel. J'aime comme vous que cela change ! D'ailleurs la peur des OGM a permis de débloquer des millions de dollars de rechercher public sur les impacts environnementaux...ce qui est une bonne chose.

              « Simplement, cet avis va dans le sens de multinationales à la réputation sulfureuse [...] il faut vous attendre à ce que vos propos soient reçus avec une certaine fraicheur.»

              En France. Ce n'est pas le cas ailleurs. J'insiste les OGM n'ont rien de miraculeux et doivent être intégrés de façon intelligente à l'agrosystème. Agrosystèmes qui par leur diversité extrême dépassent complètement les possibilités économiques restreintes des multinationales.

              «. Je ne vous souhaite aucunement de telles déconvenues, bien au contraire. Mais au cas où, soyez avertis.»
              Merci du conseil. Vous savez mon avis n'est pas définitif. Je compte bien le faire évoluer au fil des ans, de l'expérience et des faits.

              • [^] # Re: un peu de jugeote...

                Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

                Ma fleur bleue était pour moi. Mais je vous l'offre de bon cœur.

                • [^] # Re: un peu de jugeote...

                  Posté par . Évalué à  1 .

                  Je viens de relire votre commentaire posté à 8h28. Je l'ai lu étant fatigué et je n'avait pas vu qu'il faisait référence au billet sur les suicides en Inde. Merci pour la fleur (qu'elle soit OGM ou pas ;))

                • [^] # Re: un peu de jugeote...

                  Posté par (page perso) . Évalué à  7 .

                  Vous parlez de cette fleur bleue la?

                  SubstanceMort

              • [^] # Re: un peu de jugeote...

                Posté par . Évalué à  4 .

                Échec ? Pourtant de mémoire d'homme a-t-on déjà vu une technologie être adoptée si rapidement ?

                C'est un bel argument un peu foireux ça : je connais une autre technologie qui a été adoptée très rapidement, et qui pourtant est techniquement pas au top : Microsoft Windows. Il y a des facteurs externes qui jouent énormément : marketing, intérêt stratégique, corruption, voire terrorisme parfois :-(

            • [^] # Re: un peu de jugeote...

              Posté par . Évalué à  4 .

              Si une industrie est réellement utile, elle devrait nécessairement trouver son modèle économique ; et ce sans le support de lobbyings et de lois (liberticides). C'est là probablement une position un peu fleur bleue.

              Un peu, oui.

              Mais l'exemple des modèles économiques du logiciel libre, qui semble prospérer contre toute logique législative et capitaliste, me semble l'étayer quelque peu, et mieux que toute élucubration théorique.

              Le « modèle économique » du logiciel libre, c'est un gros paquet de bénévoles qui font du libre sur leur temps libre et qui gagnent leur vie en faisant du propriétaire ou d'autres choses.
              Le logiciel libre prospère, ça ne veut pas dire qu'il rémunère ses développeurs.

            • [^] # Re: un peu de jugeote...

              Posté par . Évalué à  2 .

              Mais pour un libéral, le système est tout trouvé : il s'agit de l'utilité économique. Si une industrie est réellement utile

              Le problème, c'est que parfois l'utilité économique n'existe que s'il n'y a pas de concurrence. Par exemple, développer un médicament, ça coûte des millions d'euros. Le brevet est déposé une petite dizaine d'année avant la mise sur le marché, le labo a donc environ 10 ans pour rentrer dans ses frais. Si un petit labo de prod a le droit de fabriquer le même molécule, ça va lui coûter quelques milliers d'euros. T'imagines la différence sur le prix de vente …

          • [^] # Re: un peu de jugeote...

            Posté par . Évalué à  5 .

            Relier directement les OGM au suicide voudrait dire que les agriculteurs français ne se suicideraient pas

            Un bel argument de non-logique encore :

            De « OGM implique suicide » on peut déduire « pas de suicide implique pas d'OGM », mais en aucun cas « pas d'OGM implique pas de suicide ».

            Tes arguments sont intéressants, mais là il y a vraiment trop d'argument falacieux pour moi.

        • [^] # Re: un peu de jugeote...

          Posté par (page perso) . Évalué à  5 .

          J'aurais d'ailleurs tendance à le croire pour l'hoax sur l'inde tant les chiffres avancées paraissent terrifiants et dépourvus de sources.

          L'article "Suicide collectif de 1500 fermiers indiens ruinés à cause des OGM" ne cite pas clairement ses sources, mais on peut les retrouver. L'article se termine par "Source: les mots ont un sens" (article qui date d'avril 2009) et contient une vidéo qui est un extrait de l'émission "L'effet Papillon" de Canal+. La vidéo semble avoir été mise en ligne par "pourunmondedurable.blogspot.com".
          http://www.lesmotsontunsens.com/inde-suicide-collectif-1-500-paysans-ogm-coton-bt-monsanto-4131
          http://pourunmondedurable.blogspot.com/

          Le titre de l'article lesmotsontunsens.com a été changé hier (sûrement à cause de la rediffusion via Wikistrike) :

          Mise à jour 07/12/2011 : "suicide collectif" a été modifié dans le titre par "suicides massifs"

          Cet article ne cite pas explicitement ses sources, juste "Selon les ONG".

          Voir aussi un autre article plus récent du site "les mots ont un sens" :
          http://www.lesmotsontunsens.com/inde-coton-bt-ogm-resistance-maladie-7281

    • [^] # Re: un peu de jugeote...

      Posté par . Évalué à  10 . Dernière modification : le 08/12/11 à 08:35

      «Considérons les maladies qui parfois ravagent une variété de plantes dans l’impuissance générale vu l’uniformisation des variétés.»
      > Faux, il n'y jamais eu, en 10 000 ans d'agriculture, autant d'effort pour combattre les maladies et ravageurs des plantes.

      Le monsieur ne dit pas "l'indifférence", il dit "l'impuissance". Tu peux faire autant d'efforts que tu veux, si ça ne sert à rien, tu n'es pas plus avancé. Ceci dit, l'uniformisation des cultures a posé de graves problèmes bien avant les OGM.

      Il y a deux idées répandues qu'il faut combattre au nom de la vérité.
      1) Les OGM ne sont pas dangereux par construction. Il est absolument absurde et irrationnel d'imaginer qu'on va tous mourir en mangeant des OGM, que c'est toxique ou je ne sais pas quoi. C'est de l'obscurantisme et du réactionnisme technologique, les gens qui prétendent ça sont des trouillards ignorants, les mêmes que ceux qui pensaient que le train allait tuer les voyageurs ou autres superstitions démentes sur des technologies qui ne comprennent pas.
      2) Il est totalement impossible de survivre économiquement dans le cadre d'une agriculture productiviste sans utiliser les ressources des semanciers. Contrairement aux absurdités qu'on peut lire parfois, les gains de productivité associés aux variétés commerciales ou à l'utilisation des pesticides compensent largement le prix des semences et des substances phytosanitaires.

      Ceci dit, il est bien sûr légitime de critiquer les politites économiques démentes de l'industrie agroalimentaire, sur les mêmes bases que les critiques contre Microsoft par exemple. Ces boites, par leur agressivité et leur cynisme, sont dangereuses pour l'humanité, et elles doivent être combattues sur des bases éthiques, légales, et scientifiques. Par exemple, on doit critiquer les semances non-libres. On doit critiquer l'enfermement du "client". On doit critiquer des politiques d'amélioration des plantes dans des directions stupides (résistance aux pesticices, production de toxines potentiellement dangereuses, etc). On doit aussi faire toute la lumière sur l'utilisation de molécules dégueulasses qui tuent les agriculteurs, leurs enfants, les abeilles, et les gens qui bouffent toutes ces cochonneries. On peut aussi remettre en cause le modèle productiviste et encourager les filières parallèles (type Bio) qui peuvent être économiquement rentables (prix de vente plus élevé contre une qualité différente).

      Mais toutes ces bonnes raisons ne justifient pas l'obscurantisme et l'utilisation d'arguments fallacieux. Il existe des possibilités d'utilisation légitimes des OGM, et il existe des possibilités de faire ployer les semenciers par le contrôle démocratique et l'instauration d'un cadre légal adapté. Bien sûr, ce n'est pas avec le gouvernement actuel qu'on peut espérer quoi que ce soit...

      • [^] # Re: un peu de jugeote...

        Posté par . Évalué à  7 .

        Note de quelqu'un qui n'y connait pas grand chose dans le domaine. On parle souvent, du tmoins par chez nous de surproduction. En gros on produirait par chez nous bien plus de céréales qu'on en consomme et qu'on en exporte. info ou intox ?

        Si c'est vrai, quel intérêt de vouloir sans cesse améliorer les rendements ?

        • [^] # Re: un peu de jugeote...

          Posté par . Évalué à  7 .

          Si c'est vrai, quel intérêt de vouloir sans cesse améliorer les rendements ?

          C'est principalement une volonté politique. Il faut bien voir que l'agriculture française est déja totalement dépassée sur le plan compétitif, et ne survit que grâce à des intraveineuses de subventions locales, nationales, et européennes. On pourrait très bien faire un pas de plus, en considérant par exemple que c'est foutu pour la compétitivité, et en interdisant l'agriculture intensive pour favoriser une démarche respectueuse de principes éthiques. Mais le saut idéologique semble trop gros; on vit encore dans l'idée dépassée d'entreprises agricoles familiales rentables, et on fait comme si les subventions n'étaient pas un pansement sur une jambe de bois.

          Alors oui, nationaliser l'agriculture, fonctionnariser les agriculteurs, rationaliser les filières et leur imposer des normes sanitaires et sociales dignes d'un pays développé est, en théorie, une solution viable. En pratique, étant donné l'idéologie dominante, c'est quand même mal barré...

    • [^] # Re: un peu de jugeote...

      Posté par . Évalué à  10 .

      Le problème, c'est que les paysans qui voudraient faire autrement se retrouvent à avoir le choix entre des variétés brevetée, soumises à redevance, ou des variétés traditionnelles, utilisées depuis des siècles, mais non cataloguées donc interdites à la revente.

      Pour reprendre la comparaison numérique, c'est comme si on imposait une certification ISO des binaires pour distribuer un logiciel: ça n'interdit pas le libre, ça le ferait juste bien chier.

      Il me semble que Kokopelli ne défend pas tant le droit des paysans à replanter des brevets, que le droit des paysans à planter ce que leurs ancêtres plantaient y'a deux siècles, et qui soit n'est pas "catalogué" (donc, devient illégal), soit a été breveté par une boîte qui littéralement se l'approprie.

      THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

    • [^] # Re: un peu de jugeote...

      Posté par (page perso) . Évalué à  10 .

      Même en tenant compte de ton point de vue opposé à l'article, le principe d'interdire de resemer les graines me choque profondément. On en est à une loi qui en gros interdit un mécanisme naturel pour protéger un intérêt économique.

      A quand l'interdiction de reproduction aux être humains qui ont bénéficié d'une thérapie génique dans leur enfance ? Cela nuirait quand même aux bénéfices des super-pharma si jamais leurs enfants héritaient directement des protections génétiques de leurs parents...

    • [^] # Re: un peu de jugeote...

      Posté par . Évalué à  4 .

      Ces OGM on donc réduit la quantité d'insecticides utilisée et permis l'adoption rapide de techniques culturales simplifiées (le semi direct).

      Dans les quelques reportages que j'ai pu lire/voir, c'est l'inverse. Les doses de RoundUp auraient explosé. Ce qui n'est pas pour déplaire à Monsanto évidement.

      Pourtant la population de pyrales du maïs à drastiquement chuté en amérique du nord.

      Peut-être, mais aux dernières nouvelles, désormais les champs "OGMisés" sont inutilisables car les mauvaises herbes sont elles aussi résistantes au RoundUp. (En fait, ça fait des années que les premiers cas de mauvaises herbes mutantes sont apparues.)
      Aujourd'hui, aux États-Unis, ils abandonnent le RoundUp (inefficace) et luttent contre les mauvaises herbes avec un cocktail de 7 à 10 herbicides différents. Certains interdit en Europe d'ailleurs.

      • [^] # Re: un peu de jugeote...

        Posté par . Évalué à  -1 .

        «Dans les quelques reportages que j'ai pu lire/voir, c'est l'inverse. Les doses de RoundUp auraient explosé. Ce qui n'est pas pour déplaire à Monsanto évidement.»

        Monsanto de ne touche plus un rond sur le glyphosate depuis longtemps (brevet expiré). De plus c'est un herbicide très bon marché et moyennement nocif (son désavantage est de se fixer aux colloïdes du sol, par contre en présence d'un sol riche en microorganismes il se dégrade bien). Par ailleurs il faut garder à l'esprit que le semi direct simplifie énormément les opérations culturales (très peu de passages de tracteur donc pas de compaction, sol couvert donc peu d'érosion éolienne et hydrique, moins de dépenses énergétiques, faune du sol en meilleur état malgré l'utilisation de roundup).

        «Peut-être, mais aux dernières nouvelles, désormais les champs "OGMisés" sont inutilisables car les mauvaises herbes sont elles aussi résistantes au RoundUp. (En fait, ça fait des années que les premiers cas de mauvaises herbes mutantes sont apparues.)»

        Vous avez raison et c'est inévitable. Les résistances dépendent des régions où l'on se trouve. Il y a encore peu de résistances dans le nord des états unis et aucune dans l'Est du Canada. En fait la répression des mauvaises herbes est une discipline à part entière et dispose de journaux scientifiques spécialisés (weed science: http://wssajournals.org/). Utiliser des outils tels que les OGM résistants aux herbicides ne doit pas faire oublier les bases agronomiques: les rotations + éviter d'introduire des mauvaises herbes via des semences de basse qualité ou des fumiers non compostés.

        «Aujourd'hui, aux États-Unis, ils abandonnent le RoundUp (inefficace) et luttent contre les mauvaises herbes avec un cocktail de 7 à 10 herbicides différents. Certains interdit en Europe d'ailleurs.»
        Exact, ce sont des «tank mix» comme ils disent. Toutefois il faut garder à l'esprit que les doses qu'on est loin de l'époque des aspersions de DDT... en fait une dose de roundup est d'environ 1,3 litre/ha.

    • [^] # Re: un peu de jugeote...

      Posté par . Évalué à  2 .

      Ces OGM on donc réduit la quantité d'insecticides utilisée et permis l'adoption rapide de techniques culturales simplifiées (le semi direct).

      Le semi direct n'a pas grand chose à voir avec les OGM il me semble. Dans les années 90 il était déjà pas mal utilisé autour de chez mes parents…

      • [^] # Re: un peu de jugeote...

        Posté par . Évalué à  2 .

        Et tu t'es jamais demandé pourquoi tout le monde te dit que t'as une tête de manchot ?

      • [^] # Re: un peu de jugeote...

        Posté par . Évalué à  -2 .

        Certes, il a d'abord été popularisé par les herbicides totaux comme le roundup.

    • [^] # Re: un peu de jugeote...

      Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

      Oulà, ça mélange un peu tout et n'importe quoi dis :) Allez, je commente aussi.

      «Le ressemage des semences favorise les variations et aléas génétiques et donc la robustesse des plantes est améliorée.»
      Faux, réutiliser la semence est la porte d'entrée aux mauvaises herbes et à la dissémination de maladies. D'où l'existence de semences certifiées permettant au producteur d'acheter uniquement de la semence et non pas 1/3 semence, 1/3 de mauvaises herbes et 1/3 de sclérotes (ahhh le bon vieux temps des pains de seigle plein d'ergot qui faisait gouter aux joie du LSD avant l'heure)

      Mmmmm. Voilà qui est bien faux. Ou en tout cas, super raccourci, super mal exprimé. En quoi la graine de Lycopersicum esculentum (c'est la tomate cultivée) fait venir la mauvaise herbe truc ? Et quelles maladies ? Sinon, la propagande sur les semences certifiées manque un peu de réalisme : depuis les 10 000 ans d'agriculture dont tu parles, ça a commencé quand exactement, la certification ?

      «En résumé la nature s’améliore toute seule comme par le passé.»
      Faux, on dirait du Rousseau. La nature évolue.

      Autant je ne suis pas d'accord avec le raccourci fait par l'auteur de l'article de Marianne, autant je trouve encore pire ce qui suit étant donné que ça vient de quelqu'un qui se prétend scientifique... Autant je ne gueule pas trop quand un journaliste scientifique fait de la vulgarisation et se permet des raccourcis dans certains cas (comme le cas présent où l'évolution n'est pas véritablement l'objet du billet), autant quand quelqu'un qui se dit scientifique fait un amalgame digne d'un lycéen, je ne peux pas passer mon chemin. En quoi mélanger Rousseau à un raccourci d'auteur est pertinent ? Et en quoi ce que Rousseau aurait écrit est-il faux ? C'est un philosophe ayant écrit des choses avant que Darwin existe. Excusez de peu, mais il a écrit en fonction de la réalité scientifique qui était la sienne. Mais passons. Dire "La nature évolue" ne veut strictement rien dire. C'est quoi la nature ?

      La lutte perpétuelle des plantes et des hommes contre ces maladie est la preuve flagrante de l'évolution.

      Ah beh, tous les autres êtres apprécieront :)

      Quoi que l'on fasse l'apparition de résistances et inévitable (en médecine aussi).

      Mmmmm. C'est sûr, plus on utilise des antibiotiques, plus il y aura des souches mutlirésistantes et ainsi, une progression de plus en plus forte des maladies nosocomiales. Donc, faudrait tenter de faire quoi ? Des souches OGM sensibles espérant qu'elles refourguent le "gène de sensibilité" (à supposer que cela existe...) aux multirésistantes ? Mais c'est quoi le rapport avec la choucroute de parler de la médecine ? Une tentative de justifier un argument fallacieux via un argument d'autorité ?
      Ensuite, il y a tout de même beaucoup plus de cas où les OGM ont provoqué une augmentation de l'utilisation de pesticides qu'une diminution...

      • [^] # Re: un peu de jugeote...

        Posté par . Évalué à  -1 .

        Mmmmm. Voilà qui est bien faux. Ou en tout cas, super raccourci, super mal exprimé. En quoi la graine de Lycopersicum esculentum (c'est la tomate cultivée) fait venir la mauvaise herbe truc ? Et quelles maladies ? Sinon, la propagande sur les semences certifiées manque un peu de réalisme : depuis les 10 000 ans d'agriculture dont tu parles, ça a commencé quand exactement, la certification ?

        Oui c'est un raccourci, mais je n'ai jamais dit qu'une graine apportait des mauvaises herbes. Je signale juste que quand un producteur de semence fait mal (ou à moindre coût) son travail et vend des sacs de semences avec des mauvaises herbes et des graines porteuses de champignons et de sclérotes. Par exemple il des graines de folle avoine dans un lot d'avoine vêtue. C'est ce que s'est passé avant l'avènement des semences certifiées. Des semences certifiées donc traçables permette aussi un contrôle des autorités sanitaires sur les organimes de quarantaine. Bref, c'est pratique.

        Dire "La nature évolue" ne veut strictement rien dire. C'est quoi la nature ?

        Oui ma remarque était provocatrice. Je voulais montrer que le vivant est en plein évolution. Si il ne l'était pas nous ne verrions jamais apparaitre de résistance et les agronome et phytopahtologistes seraient tous au chômage.

        Mais c'est quoi le rapport avec la choucroute de parler de la médecine ? Une tentative de justifier un argument fallacieux via un argument d'autorité ?

        Pas du tout, juste une comparaison. La biotechnologie évolue. Les nouveaux maïs OGM cumulent les événements génétiques pour rendre plus difficile l'acquisition de résistance par une population d'insectes.

        Ensuite, il y a tout de même beaucoup plus de cas où les OGM ont provoqué une augmentation de l'utilisation de pesticides qu'une diminution...
        Des exemples ?

  • # Florent Latrive explicite les concepts du libre

    Posté par . Évalué à  0 .

    Florent Latrive explicite les concepts du libre
    dans du bon usage de la piraterie (2004)

    quelques notes prises

    empêcher la copie de livres dans les établissements scolaires entrave l'éducation des élèves ou des étudiants en les privant des ressources qui leur auraient permis de mieux se former, et d'être plus à même de contribuer au bien-être économique général... mais de tout cela, les partisans de la rareté se moquent, et on les comprend, car les effets positifs de l'abondance les concernent peu, l'intérêt immédiat des titulaires de droits est bien de juguler la copie pour capter le moindre marché, même limité, mais capable de payer le prix exigé, et tant pis pour les bénéfices économiques globaux ultérieurs que cette manoeuvre bride, il y a un écart considérable entre l'intérêt microéconomique d'une entreprise titulaire de droits de propriété intellectuelle et l'effet macroéconomique pour la société toute entière, un éditeur se préoccupe de son chiffre d'affaires, pas du pib à long terme d'un pays, il ne peut tout simplement pas faire autrement: il vend des produits sur un marché, c'est sa raison d'être et la condition de sa survie, or la copie et les effets bénéfiques de la circulation des savoirs, par définition, se passent en dehors du marché, ce décalage entre l'intérêt individuel des titulaires de droits et l'intérêt général des sociétés montre l'incapacité d'un marché des droits de propriété intellectuelle à appréhender tous les effets de la circulation de la connaissance et de la culture, les économistes parlent dans ce cas d'externalités, pour définir les conséquences d'une activité économique sur la société dont les prix et le marché sont incapables de rendre compte

    ...bien au contraire, la connaissance est cumulative, elle produit toujours plus de connaissance et de plus en plus vite, l'abondance s'entretient elle-même, là encore, le marché et le système des prix, fondés sur la rareté, sont incapables d'en rendre compte, les marchands de culture et de savoir ne peuvent appréhender que ce qu'ils encaissent et vendent, et non les gigantesques bénéfices indirects engendrés, le dogme marchand est aujourd'hui potentiellement contre-productif car il conduit, justement, les agents à une valorisation nulle du temps passé en dehors du marché [...] alors que c'est dans cette dimension que pourrait bien résider l'essentiel du gisement de croissance, indique l'économiste Bruno Ventelou

    ...le capitalisme moderne s'est rué sur une nouvelle frontière: la captation de l'intangible, l'appropriation de l'impalpable, de mécanisme destiné à la protection des auteurs et inventeurs, la propriété intellectuelle s'est mué en outil à extraire toujours plus de plus-value incorporelle, il ne faut pas chercher plus loin la marchandisation, les brevets sur le vivant transforment la vie en objet d'échange commercial, l'allongement des droits d'auteur confie à des entreprises une part croissante du patrimoine culturel et l'attribution de titres de propriété sur les résultats de la recherche scientifique substitue des péages à l'accès libre, toujours plus de barrières payantes: c'est l'échange, la coopération et la gratuité qui sont visés, ces espaces non-rentables et non quantifiables qui sont désormais mis en coupe réglée, il y aurait de quoi s'inquiéter si ce phénomène massif ne suscitait en retour une extension toujours plus grande de la gratuité et de la coopération, facilitée par les progrès technologiques, à la marchandisation de la musique – ultra-concentration des catalogues détenus par quatre majors multinationales et marketing omniprésent –, répond le peer-to-peer et la mise en partage de leurs discothèques par les internautes

    à la mise en boîte des logiciels made in microsoft répond le succès des logiciels libres, à la constitution de giga bases de données – couvertes par la propriété intellectuelle –, s'oppose la mise à disposition libre sur le web, au matraquage publicitaire pour imposer les marques, les faux sacs vuitton et la contrefaçon généralisée... c'est à dessein que l'on mêle ici la gratuité subie et la gratuité voulue – celle imposée à son corps défendant à certains créateurs, la piraterie, donc, à celle revendiquée par d'autres, elles forment toutes deux une riposte sociale à la privatisation de la culture et de la connaissance, et sont honnies de la même façon par les entreprises: l'industrie du disque combat le peer-to-peer comme microsoft combat linux, par haine du non-marchand, et sous l'étendard de la concurrence déloyale, comme si ce terme pouvait s'appliquer à la gratuité: la concurrence est le seul domaine de la marchandise, mortifère, elle pousse à la redondance des efforts, à la débauche marketing et à la guérilla commerciale, le gratuit, lui, mise sur la coopération, la libre circulation et l'échange, il n'y a pas de concurrence, mais deux univers hybridés aux règles différentes: marchand/non marchand, payant/gratuit, concurrence/coopération

    la gratuité réelle est celle du don, celle de la solidarité et de l'entraide, celle du libre échange intellectuel et des idées, c'est la victoire de la valeur d'usage sur la valeur d'échange: quand un bien est gratuit, on est renvoyé à soi-même, à sa capacité à en jouir, dit le philosophe Jean-Louis Sagot-Duvauroux, la gratuité est parfois construite socialement, avec un financement socialisé, la sécurité sociale ou l'école gratuite, laïque et obligatoire sont issues d'un remplacement politique du marché par l'accès pour tous, la gratuité des savoirs scientifiques n'implique pas le dénuement des chercheurs, tout comme la copie privée est associée à un mécanisme de rémunération pour les auteurs, les représentations idéologiques dominantes ont fini par nous faire perdre de vue l'évidence: les sociétés modernes sont droguées à la gratuité et l'extension de celle-ci est un marqueur de civilisation, le progrès, le savoir, la culture, les inventions, l'art, la civilisation, sont la part gratuite de l'humanité, c'est parce que l'humanité réagit gratuitement aux destructions marchandes qu'elle progresse, c'est parce qu'elle invente la prophylaxie après la peste de 1720 à marseille, parce qu'elle nettoie les plages polluées après le naufrage de l'erika, écrit l'économiste et chroniqueur Bernard Maris, il n'y a pas de société sans gratuité, il n'y a pas même de capitalisme sans gratuité, pas de commerce sans infrastructures publiques, sans lumière abondante, ni dévouement et don, il n'y a pas non plus de création sans gratuité: aucune invention, aucune oeuvre ne peut naître sans le terreau fertile du patrimoine culturel de l'humanité

    pour cette raison, étendre sans limites l'appropriation privée de l'immatériel est voué à l'échec: cette offensive se soldera soit par la dissolution complète du lien social et la stérilité économique généralisée, soit par des conflits toujours plus virulents entre les auto-proclamés propriétaires intellectuels et la gratuité anarchique, l'obstination absurde de l'industrie musicale face au développement de la copie numérique annonce bien les batailles à venir: criminalisation des usages individuels, affrontements stériles entre le public et les ayants droit, incertitude juridique et sociale pour tous, c'est donc l'extension politique de la gratuité qu'il faut viser, la réaffirmation du primat de l'échange social sur le commerce et l'organisation civilisée du non-marchand, l'objectif historique de la propriété intellectuelle est justement de tracer la frontière, mouvante, entre la marchandise et la gratuité, c'est ce sens-là qu'il convient de lui redonner aujourd'hui

    www.wikilivres.info/wiki/Du_bon_usage_de_la_piraterie

  • # [Monsanto] Encore une super bonne nouvelle

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