Journal Quand les entreprises ne reversent rien aux logiciels libres

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jan.
2022

Bonjour 'nal !

Je viens de voir une brève nouvelle passer concernant l'auteur du logiciel PCL4X, qui se plaint (à juste titre ?) qu'il est rare que les entreprises qui gagnent de l'argent grâce à son logiciel (sous licence Apache 2.0) lui versent une petite contribution.

J'avais vu passer d'autres nouvelles dernièrement sur des sujets similaires et on verrait naître doucement un mouvement de révolte des auteurs de logiciels libres/open-source (la presse, spécialisée ou pas, maintient souvent un flou gênant dans ses articles entre ces deux termes) qui en ont marre de ne pas avoir de sous de la part des utilisateurs.

La question que je me pose là maintenant en lisant tout ça, c'est "est-ce que ces auteurs veulent vraiment faire du libre ? Ils ont choisi leur licence, pourquoi se plaignent-ils ensuite de l'utilisation et de la non-rémunération ?"

Et toi journal ? Qu'en penses-tu ?

  • # Je pense qu'ils on vieillit :)

    Posté par  . Évalué à 10.

    Quand on est jeune, on est pleins d'idéaux, on veut faire la révolution, et on se dit que tout le monde va faire pareil et que tout sera pour le mieux dans le meilleurs des mondes.

    Puis on grandit, et on se rends compte de l'égoïsme des autres (surtout pas du sien) alors on est pas content.

    Bon ce lyrisme passé, va quand même falloir répondre à la question :

    "est-ce que ces auteurs veulent vraiment faire du libre ? Ils ont choisi leur licence, pourquoi se plaignent-ils ensuite de l'utilisation et de la non-rémunération ?"

    On peut vouloir faire du libre, et être rémunéré pour, pas mal d'acteurs y arrivent, y compris des particuliers.

    Ensuite faut bien avouer que lorsqu'on débarque sur la page https://plc4x.apache.org/ le coté "free of charge" est bien mis en gras, et nulle part il n'est fait mention d'appel au don ou une rémunération.

    Y'a bien un lien pour un "commercial support", mais il faut bien reconnaître que si un logiciel est bien fait, on va pas le contacter :D

    Bref je pense qu'un peu de communication ferait pas de mal.

    Ensuite si il veut être absolument être rémunéré pour un usage commercial de son logiciel, il s'est planté de licence.

    Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

    • [^] # Re: Je pense qu'ils on vieillit :)

      Posté par  . Évalué à 10.

      Je ne sais pas si c'est tant de l'égoïsme que de l'aigreur.

      Et j'irais plus loin: ne serait-ce pas le genre d'aigreur qu'on a voit chez le personnel de santé qu'on a remercié à coups d'applaudissements, de louanges sur leurs performances pendant la crise, et qui ensuite demandent de meilleurs salaires et conditions de travail alors que bon: "on ne leur avait rien promis!" ?

      Il y a des gens qui passent des heures sur un projet qui ne décollera jamais vraiment, et ils peuvent devnir frustrés.

      Il y a des gens qui passent des heures sur un projet, qui le voient utilisé dans le monde entier, et là ils sont contents. Puis ils voient des gens gagner une fortune avec alors que eux, rien. Et là, ils deviennent frustrés et aigris. C'est parfaitement humain.

      Et je pense même que la plupart ont démarré sans imaginer le succès qu'aurait leur projet. Alors quand tu penses que ton public ce sera 50 personnes dans le monde, plus ou moins fauchés, il n'y a pas vraiment de conséquence, à publier sous licence libre.

      Mais si tu vois plus tard des millions d'utilisateurs à travers une grosse boite qui se fait des millions dessus, il est normal de te demander pourquoi toi tu ne reçois rien du tout.

      Après, suivant le niveau de vie de ton entourage, l'effet est plus marqué encore. On sait que la satisfaction matérielle vient en partie de la comparaison de son niveau avec celui de son entourage.

      Si tu es "le pauvre" dans ton réseau de relations, que tu développes un outil utilisé dans le monde entier, et que ton entourage est fait de gens qui ont un "moindre impact" sur la société mais gagnent bien plus que toi, la frustration est d'autant plus forte.

    • [^] # Re: Je pense qu'ils on vieillit :)

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6.

      Je pense que la question n'est pas qu'on vieillit, mais plus qu'on se retrouve le cul coincé entre 2 chaises.

      On fait du libre aussi par désir d'aider d'autres personnes (en partie), et donc ça va attirer des personnes qui veulent aider les autres. C'est une dynamique positive pour la communauté que d'essayer d'attirer des gens "utiles" et pas des gens qui vont envoyer chier les autres.

      Il suffit de voir par exemple les réactions quand une fonctionnalité est retiré (cf les débats sur systemd, GNOME, firefox, etc).

      Du coup, comme on récompense (au sens ou on va plus aimer recevoir de l'aide que de ne pas en recevoir), et que le libre auto-sélectionne des gens altruistes, on se retrouve avec une dynamique ou certains se sentent forcés d'être altruiste, même quand ç'est mauvais pour eux long terme.

      Au final, c'est pas tant de l'argent pour lui qui manque que de l'argent pour que quelqu'un d'autre fasse une partie du travail. Avoir de l'argent pour lui ne va faire que l'occuper plus, mais la limite fondamental d'avoir 24h par jour est toujours la, et l'impact sur sa santé mentale aussi.

    • [^] # Re: Je pense qu'ils on vieillit :)

      Posté par  . Évalué à 3.

      En l’occurrence, aucun des 6 développeurs listés n'est à la rue, ils sont tous salariés par diverses boîtes (et une université) autour du sujet des PCL/IoT.

      On retrouve Christofer Dutz chez Mapped, une boîte qui a un produit en Beta, mais a déjà 24 personnes dans l'effectif, et recrute !

      Donc nous parlons d'une structure qui ne rentre pas un rond mais rémunère plein de gens depuis des mois. Comment est-ce possible ? Grâce à des investisseurs, des capital-risqueurs, qui ont posé des millions sur la table, pardi ! Sauf qu'au bout d'un moment, ces gens demandent des comptes.

      C'est sûr que ça met la pression d'un coup :D.

      J'extrapole un peu, mais je devine que le fond, c'est que la boîte du gars Christofer est grave endettée. C'est pas tellement une question de libre ou pas…

  • # Oui mais non

    Posté par  . Évalué à 10.

    A partir du moment où tu fais du libre (j'insiste sur libre et non pas "opensource"), tu es conscient que tu ne vas pas vendre ton code. Tu le mets librement à disposition de tous.

    Personne n'est tenu de te verser le moindre centime, pas même de contribuer à l'amélioration du code. Il faut considérer qu'un code libre, c'est un "don à l'humanité".

    Si on souhaite être rémunéré en faisant du libre, il faut trouver un autre business model. Par exemple comme Red Hat qui vend des services autour du libre. Ou alors vendre une version propriétaire et enrichie de ton code comme le fait Gitlab.

    Je comprends que ce soit rageant qu'une grosse entreprise type GAFAM se fasses des milliards en partie grâce à ton travail et qu'elle ne lâche pas la moindre miette du gâteau en remerciement. Mais de ce cas il faut utiliser une licence privatrice (enfin pour le côté légal, parce que ce n'est pas toujours suffisant pour empêcher la réutilisation illégale du code et entre le dev chez lui et une boîte de type GAFAM, il y a évidemment un gouffre pour se battre à égalité sur le terrain judiciaire).

    Après évidemment, on parle de "l'esprit du libre", sous entendu "tu me partages, alors moi aussi je partage si je le peux". Pour moi, mais pas pour tout le monde, c'est une évidence. Ne serait-ce que pour entretenir une certaine émulsion. Mais sans contrainte légale… personne n'est tenu de le faire.

    Alors faites du libre mais soyez conscients que n'importe qui peut en profiter. Des riches, des pauvres, des communistes, des fascistes, des entreprises, des particuliers… Et si ça vous emmerde, alors peut-être qu'une licence libre ne convient pas et qu'il va falloir réfléchir à un autre type de licence.

    La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.

    • [^] # Re: Oui mais non

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6.

      On en revient à ce qu'évoquait l'auteur de cet article qu'on avait partagé dans les liens. J'ai toujours l'impression que l'auteur nous explique en filigrane que ça ne sert à rien de faire du libre quand on veut gagner des thunes, et que le logiciel libre ne peut être qu'un don désintéressé, et sous-entendu inefficient ("Maybe this sounds cynical, but capitalists are cynical, and you know what? It worked!").

      Si les devs qui codent du libre ne sont que des pères Noël, alors les gens qui ne veulent utiliser que du libre sont-ils de grands enfants ?

    • [^] # Re: Oui mais non

      Posté par  . Évalué à 6. Dernière modification le 13 janvier 2022 à 23:35.

      Ne serait-ce que pour entretenir une certaine émulsion.

      Je soupconne un effet réthorique de pente savonneuse ici !

  • # Toujours cette incompréhension...

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10. Dernière modification le 13 janvier 2022 à 17:13.

    I will stop providing free community support

    C'est complètement indépendant du libre, pourquoi les gens mélangent?
    Le libre, c'est ne pas lier les mains de celui qui reçoit un livrable, ça ne parle jamais de support : absolument aucune obligation de faire du support.

    Du coup ça donne des phrases complètement fausse genre :

    Your free trial version of “open-source” has expired, please update to a commercial plan

    Le libre interdit ça, et ça n'a rien à voir avec le support. Complète liberté de faire payer le support mais le logiciel reste libre sans expiration tant que la licence est libre.

    Donc un gros mélange, une grosse incompréhension, entre libre et support, les 2 sont complètement orthogonaux.

    Et perso ce genre de phrase :

    This is my final attempt. If this also doesn’t help with getting at least some form of financial attribution for my hard work, I will close down my business and there will be no further form of support from my side.

    Me donnerait pas envie de payer pour le support, de crainte que mon argent parte pour rien car fermeture l'année suivante.
    Blâmer et menacer n'est que rarement une bonne solution pour attirer des sous, au contraire. Le problème n'est pas le libre mais la façon de voir le business, et des échecs de plein de projets qu'ils soient libre ou pas quand ils ne créent pas de valeur.


    Son projet a l'air vachement spécialisé, je doute qu'il n'y ai pas de demande d'évolution si c'est vivant, donc je ne comprend pas :
    - Soit ça demande des évolutions, et il fait payer (si les gens ne veulent pas payer, voir le deuxième point)
    - Soit le projet est suffisamment stable, pas de besoin, et il n'y a alors plus besoin de mainteneur, il peut prendre congé.

    Le libre empêche volontairement la rente sur ce qui a été déjà développé, si on n'est pas d'accord avec ça on ne fait pas de libre (et on ne prend donc pas sa pub, faut choisir) plutôt que d'en faire et jouer la victimisation.

    • [^] # Re: Toujours cette incompréhension...

      Posté par  . Évalué à 10.

      Pas de sarcasme, aucune aggressivité, raisonnement construit qui ne se laisse pas aller à la mauvaise foi, et ca fait plusieurs fois qu'il récidive.

      Linus, sors de ce corps !

      Je ne sais pas si c'est lié à la journée sur l'hypersensibilité ou aux bonnes résolutions de début d'année mais ce #Z2022 me parait être un bon cru.

    • [^] # Re: Toujours cette incompréhension...

      Posté par  (Mastodon) . Évalué à 9.

      C'est complètement indépendant du libre, pourquoi les gens mélangent?
      Le libre, c'est ne pas lier les mains de celui qui reçoit un livrable, ça ne parle jamais de support : absolument aucune obligation de faire du support.

      Le dev en question le mélange, parce que c'est intrinsèque au développement de sa librairie. Nouvel appareil qui sort, il doit l'acheter, coder les drivers et les tester si personne ne le fait à sa place, c'est ça qu'il appelle support. Il l'a fait pendant longtemps, maintenant il ne veut plus (et il n'en a plus les moyens).

      Your free trial version of “open-source” has expired, please update to a commercial plan

      Le libre interdit ça, et ça n'a rien à voir avec le support. Complète liberté de faire payer le support mais le logiciel reste libre sans expiration tant que la licence est libre.

      Donc un gros mélange, une grosse incompréhension, entre libre et support, les 2 sont complètement orthogonaux

      Je ne le vois pas comme une incompréhension de sa part mais comme une figure de style pour justement pointer du doight le fait que ces utilisateurs font cette erreur. Gardes en tête que c'est juste le titre d´une entrée sur son blog, pas un message sur le site du projet.

      Et perso ce genre de phrase :

      This is my final attempt. If this also doesn’t help with getting at least some form of financial attribution for my hard work, I will close down my business and there will be no further form of support from my side.

      Me donnerait pas envie de payer pour le support, de crainte que mon argent parte pour rien car fermeture l'année suivante.
      Blâmer et menacer n'est que rarement une bonne solution pour attirer des sous, au contraire. Le problème n'est pas le libre mais la façon de voir le business, et des échecs de plein de projets qu'ils soient libre ou pas quand ils ne créent pas de valeur.

      Il dit juste que la loi allemande lui oblige. Il n'a pas le droit de travailler à perte. L'argent pour du support ne part jamais pour rien, tu es supporté tant que tu payes ou que la boite existe. Si tu payes du support pendant 1 an et que la boite ferme tu auras toujours reçu le support que tu as payé pendant 1 an et tu n'auras pas à payer la seconde, rien de perdu.

      Son projet a l'air vachement spécialisé, je doute qu'il n'y ai pas de demande d'évolution si c'est vivant, donc je ne comprend pas :
      - Soit ça demande des évolutions, et il fait payer (si les gens ne veulent pas payer, voir le deuxième point)
      - Soit le projet est suffisamment stable, pas de besoin, et il n'y a alors plus besoin de mainteneur, il peut prendre congé.

      C'est exactement ce qu'il explique dans son post de blog. Il dit si tu veux du support ou du consulting, tu payes. Je crois que ta confusion viens du fait que ce qu'il s'appelle support intègre aussi le développement de nouvelles interfaces vers du hardware ou des langages de programmation. Il annonce seulement que ça ne se fera désormais que via un contrat avec son entreprise. Il me semble que tu as un business model similaire non?

      Le libre empêche volontairement la rente sur ce qui a été déjà développé, si on n'est pas d'accord avec ça on ne fait pas de libre (et on ne prend donc pas sa pub, faut choisir) plutôt que d'en faire et jouer la victimisation.

      Je ne crois pas qu'il victimise, il annonce juste qu'il s'est trop investi à titre personnel et qu'il en est fatigué et qu'il change les termes Ce qu'il a fait gratuitement avant il ne le fera plus. Point barre.

      Il a certainement été trop naïf au début, il pensait que la notoriété de sa librairie et son utilisation dans l'industrie suffirait à ce que des clients viennent pour des évolutions. Je dis naïveté mais ça peut être vu comme un pari. L'expérience du créateur de SQLite est un exemple de pari réussi dans le domaine. Il n'a probablement pas anticipé l'impact du coût d'achat du hardware.

      Exemple: Imaginons l'enterprise Tartampion SA. Ils utilisent PLC4x mais ils voudraient migrer tout leur code vers Rust. Pas de bol PLC4X ne supporte pas encore Rust. Ils ont en gros 5 choix:
      - Payer le développeur via son entreprise c-ware
      - Développer eux-même leur interface et contribuer à PLC4x en reversant le code.
      - Développer eux-même leur interface et la garder pour eux.
      - Chouiner sur les mailing-lists ou tout autre canal pour avoir Rust supporté par la librairie.
      - Ne rien faire et abandonner l'idée d'utiliser Rust pour cette partie, peut-être en espérant qu'une autre paye pour cette intégration avant eux, soit chercher une autre librairie.

      Il regrette juste que beaucoup trop d'entreprises utilisatrices de PLC4X choisissent les 3 dernières options et espérait plus de contrats et annonce que l'option 3 n'est plus une option valable.

      • [^] # Re: Toujours cette incompréhension...

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7.

        il doit

        L’incompréhension est sur ce mot : non, il ne doit pas. Il choisissait de le faire.
        Maintenant il choisit de ne plus le faire, mais ça n'a toujours rien à voir avec le libre.

        Ici, le titre de son post est sur l'open source et c'est bien ce qui me dérange : il souhaite arrêter le support gratuit, il peut dire comme ça ("je ne fais plus de support gratuit, pensez à un support commercial" plutôt que de parler d'open source qui est hors sujet.
        En parlant d'open source à cet endroit, il se fait comprendre comme une personne ne comprenant pas le libre et ne pouvant pas être stable à long terme, personnellement ça ne me donnerait pas confiance dans le futur et si j'étais utilisateur potentiellement payeur j'irai avec précaution, la façon de présenter est négative. Espérons que son travail et ses autres communications compensent.

        Donc juste pour info pour d'autres : le post est un exemple de ce qu'il ne faut pas faire en communication (je ne remet absolument pas en cause le fond, arrêter le support gratuit est une possibilité pertinente).

        Il a certainement été trop naïf au début, il pensait que la notoriété de sa librairie et son utilisation dans l'industrie suffirait à ce que des clients viennent pour des évolutions.

        Je ne connais pas sa lib mais elle a l'air hyper spécialisée et c'est le genre de truc qui fait que les entreprises payent facilement pour des évolutions, j'avoue ne pas comprendre qu'il n'ai pas de contrat si sa lib est si utile que ça. Perso j'ai plusieurs entreprises qui me contactent chaque année pour des développements sur un outil pas si spécialisé, et 90% de contacts ne mènent à rien mais le reste même à des contrats. Mais je connais aussi des gens qui se plaignent mais quand je creuse un peu c'est qu'ils envoient chier les clients en leur disant que ce qu'ils veulent faire est pas top et qu'ils veulent être payés pour un truc différent que ce que les clients veulent sous couvert que c'est plus mieux bien (les clients se sauvent, normal). Sans être sûr que ce soit pareil (le site semble "pro", avec la possibilité de support payant) je doute juste, c'est bizarre cette histoire.

        Il annonce seulement que ça ne se fera désormais que via un contrat avec son entreprise. Il me semble que tu as un business model similaire non?

        Je fais du support gratuit quand ça me plaît et suivant la complexité, et sinon j'invite à me contacter pour discuter d'un contrat, et si ils se plaignent je les applaudi pour leur concept de travail gratuit et je leur demande qu'ils appliquent la chose à leur personne (bizarrement ils ignorent ma demande :) ). En aucun cas je n'implique l'open source dans la discussion puisque ça n'a absolument rien à voir, le problème est identique que ce soit open source ou pas.

        • [^] # Re: Toujours cette incompréhension...

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2.

          Oui, « libre » ici est comme une sorte de caution morale… C'est mauvais et discutable : on peut être une personne bien sans coder de logiciel libre, on peut écrire du code libre ou juste ouvert et vouloir se faire payer pour faire du support dessus, etc. La confusion des genres est troublant et les amalgames ne donnent pas une perception de fiabilité de l'auteur…

          “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume

        • [^] # Re: Toujours cette incompréhension...

          Posté par  (Mastodon) . Évalué à 5.

          L’incompréhension est sur ce mot : non, il ne doit pas. Il choisissait de le faire.

          Note que le "il doit", ce sont mes mots. Et ça doit se comprendre de la forme "s'il choisit de le faire, il doit". L'idée est surtout de mettre l'accent sur le coût.

          Je ne connais pas sa lib mais elle a l'air hyper spécialisée et c'est le genre de truc qui fait que les entreprises payent facilement pour des évolutions, j'avoue ne pas comprendre qu'il n'ai pas de contrat si sa lib est si utile que ça.

          Il dit qu'il a eu des contrats. Il n'en a simplement pas assez pour couvrir ses investissements. Il a très probablement fait l'erreur comptable d'acheter du hardware via le compte de son entreprise pour livrer du code sans être sûr que les contrats amortiraient ces investissements , ce qui met en péril l'existence de sa société. Il aurait soit du ne pas acheter ce bordel et développer ces parties, s'assurer que les contrats couvrent ces investissements ou acheter via ses fonds privés et considérer les parties du code correspondant comme un hobby à perte.

          Quoiqu'il en soit son business model n'est pas parfait car il investit plus qu'il ne gagne.

        • [^] # Re: Toujours cette incompréhension...

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5. Dernière modification le 15 janvier 2022 à 15:08.

          arf, toi Zenitram< qui nous fait un cours de comm' :-) Merci _o/

          • pour le coup, je t'ai plussé du fait que ce n'est pas simplement un commentaire sur LinuxFr.org en réaction à un nourjal' ou un commentaire
          • je crois beaucoup au Zenitram de 2022 (appelé Z2022 par ailleurs, en Z222 tu auras encore beaucoup plus de succès _o/ (humour inside)

          Franchement, oui, je te rejoins, il y a un souci de confusion entre libre et modèle économique :

          • quand tu as choisi de t'appuyer sur du libre, le libre est un argument connexe, c'est la connaissance que tu en as qui est déterminante (et ta capacité d'intervention)
          • si tu souhaites monnayer ta compétence : bin, faut être compétent, proposer des contrats (gérer le merdier les rentrées de thunes, donc en documentant les services effectivement proposés, et c'est connexe voire orthogonal : se monter un portefeuille de contacts, ce n'est pas si facile quand le marché est une niche et il faut savoir se montrer actif et présent — pas que réactif et parfois efficace)

          Tu as d'autres bonnes idées comme de facturer 2 j.h de plus pour faire du proprio (à chaque demande) ou du libre (intégré upstream, donc dispo à la prochaine livraison), pour donner un prix au libre (parce que bon, faut bien quelqu'un pour s'en charger). Et j'aime bien les idées que tu as présentées pour le lancement de tes derniers produits (j'espère que ça fonctionne bien).

          Si toi — comme moi — tu participe à LinuxFr.org c'est que c'est un peu notre moyen de se détendre, tout en faisant de la veille techno (i.e. pour beaucoup : glander sur Internet :p). Donc, bon, autant participer au wiki, il y a de quoi faire entre :

          • contribuer-au-libre
          • libre où il y a de quoi mettre en avant d'autres sujets (et simplifier le discours plutôt que de répéter ad nauseam les mêmes poncifs, visiblement incompris même dans la durée :/ ; suffit de créer une nouvelle page genre ya même pas opensource o_O)
          • autres initiatives à partir de la page LinuxFr.org qui est largement incomplète

          Ça évitera d'écrire et réécrire toujours les mêmes réponses :-)

  • # Double licence

    Posté par  . Évalué à 1.

    Face à ce sujet récurrent, je me demande. N'y a-t-il pas moyen de faire une double licence du type :
       1. si tu es un particulier, tu fais ce que tu veux,
       2. mais si tu es une structure professionnelle, tu n'as pas le droit d'utiliser le projet dans le cadre d'une exploitation commerciale ?
    Est-ce que ça existe ? Est-ce que ça ne renferme pas des paradoxes insolubles ? Est-ce que les professionnels n'ont pas moyen de malicieusement contourner facilement le deuxième mode pour repasser sur le premier ?

    • [^] # Re: Double licence

      Posté par  . Évalué à 6.

      Il existe la licence CC-NC 2.0 pour ce type d'usage.

      Mais ça pose quand même un problème de définition de ce qu'est un "usage commercial".

      Admettons le cas d'un blogueur qui utilise une dépendance CC-NC 2.0 pour sa gestion des commentaires et qu'il génère des revenus par de la publicité. Doit-on considérer que c'est un usage commercial parce qu'il génère des revenus ou non ?

      Il y a une incertitude juridique selon moi.

      Le problème paraît assez difficilement solvable malheureusement. Probablement que nombre de juristes et autres experts en droit ont tenté de trouver des solutions et jusqu'à présent, le mieux qu'on ait réussi à avoir c'est le CC-NC 2.0, avec les faiblesses qu'il comporte…

      La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.

    • [^] # Re: Double licence

      Posté par  . Évalué à 5.

      Je ne suis pas sûr que ce soit simple à adapter à toutes les législations du monde. La définition de "structure professionnelle" doit être variable.

      Mais ça doit revenir aux modèles à plusieurs licences.

      On pourrait imaginer une clause dans la licence "aucune application utilisant ce code ne peut être livrée avec une obligation de contrepartie financière, matérielle ou d'autre nature ; aucun service lié à une application utilisant ce code, que ce soit le support ou l'adaptation ou l'amélioration, ne peut être fourni sous condition de contrepartie" pour forcer le passage à une licence libre mais payante pour l'utilisation commerciale ?

      Mais tu vas faire fuir du monde…

    • [^] # Re: Double licence

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5. Dernière modification le 13 janvier 2022 à 17:58.

      C'est tout le problème des licences dites "anticapitalistes", qui considèrent que le copyleft ne suffit pas et par conséquent ne sont généralement pas des licences libres. J'avais évoqué le sujet ici l'an dernier, en citant un papier où son auteur hésitait entre des projets de juristes comme la Licence Zero (qui a pas mal changé depuis) et les licences rigolotes comme la WTFPL pour "faire peur aux entreprises tout en laissant les gens normaux faire ce qu'ils veulent". C'est marrant de voir que depuis, l'auteur semble avoir basculé en faveur de la deuxième approche.

    • [^] # Re: Double licence

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7.

      N'y a-t-il pas moyen de faire une double licence du type

      Ca existe déjà :
      - Soit CC-NC ("Non commercial") + un autre licence commerciale, mais ce n'est jamais libre
      - Si tu fais une lib, tu peux "tricher" en faisant du libre en GPL (considéré comme un produit d'appel à faible valeur) et après tu vends une version non libre plus laxiste (le non libre n'a de valeur que comparé à une limitation de la licence libre choisie) pour les "pros" qui font du non libre (par contre ça dérange pas trop les "pros" en libre)

      L'auteur a choisi une licence permissive et c'est une lib, à lui de voir si la deuxième solution est "bankable" pour lui.

      Attention toutefois : un changement de licence peut faire gagner des sous… Ou en faire perdre. En effet, ça peut motiver les gens soit à aller voir un autre projet, ou juste forker et trouver un autre mainteneur. C'est l'avantage du libre, on est indépendant des choix de l'auteur original (et c'est pour ça que c'est génial).

      Est-ce que ça ne renferme pas des paradoxes insolubles ?

      la question est ailleurs : ces personnes n'ont-elles pas juste pas compris que le libre est fait pour empêcher d'enfermer les gens et qu'on vend autre chose, comme du support, des nouveautés, etc…

      Des fois on a l'impression que les gens font du libre parce que c'est à la mode mais n'ont rien compris dans ce que c'est, du coup ils prennent mal quand ils comprennent que le libre ne s’intéresse jamais à eux (il s’intéresse seulement à celui qui reçoit). Le non libre est aussi un business (et un gros), par contre ben on ne peut plus se la pêter "moi je fais du libre", faut choisir plutôt que de faire un article de blog rageur sur ses propres choix.

    • [^] # Re: Double licence

      Posté par  . Évalué à 3.

      J'ai aussi vu Sentry qui fait du libre, mais qui a changé récemment: ils releasent leurs nouvelles versions 2 ans après.

  • # Licence ou rémunération du travail ?

    Posté par  . Évalué à 2.

    Mais ce n'est pas toujours une question de licence. Les gens veulent bien que ce soit utilisé par tou·x·e·s, mais trouvent que les GAFAMI pourraient reverser une part de leurs énormes profits. Un peu comme la wikimedia foundation l'a exigé de Google avec succès (puisque ce dernier utilise wikipédia en affichant wikipédia dans le premier résultat quand on fait une recherche).

  • # C'est orthogonal

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10. Dernière modification le 13 janvier 2022 à 20:07.

    Le fait de faire du logiciel libre et le fait de vouloir en retirer une rémunération sont orthogonaux.

    Perso, je suis un peu choqué par les commentaires au dessus genre "tu fais du libre, tu l'as voulu, c'est normal que personne ne te paie". Ben, non. Tu peux faire du libre et trouver normal que les entreprises qui utilisent ton logiciel se demandent comment participer au fait que le logiciel soit maintenu, au fait que quelqu'un leur réponde quand ils posent des questions, que quelqu'un réagisse vite s'il y a une CVE. Obligatoire non, c'est du libre, tu fais bien ce que tu veux, un peu logique, oui, quand même.

    La remarque sur "t'as qu'à trouver un business model" n'est pas vraiment beaucoup plus brillante. Le modèle du service est très compliqué à monter. Perso, j'ai contribué à GForge pendant des années quand c'était à peu près la seule solution pour avoir une forge d'entreprise. Je n'ai jamais eu aucun problème pour faire financer les modifs spécifiques, jamais aucun problème même pour que certains développements spécifiques soient libres. Par contre, je facturais systématiquement 2 jours de contribution libre (c'est à dire que je faisais pendant ces 2 jours ce que je pensais important pour le projet, et à cette époque, je bossais aussi des heures dessus sur mon temps libre, comme d'autres contributeurs de l'époque, donc 2 jours, c'était vraiment pas cher payé) pour chaque installation que je faisais. Et ben, les clients tiquaient sévèrement à chaque fois. Et pourtant, c'est sur ces deux jours que je faisais des améliorations plus générales et pas liées à un truc spécifique, ce qui est fondamentalement nécessaire. On était très peu sur ce marché et ça demandait une expertise un peu relou parce que beaucoup d'infra donc ils venaient quand même. Mais le logiciel aurait été plus simple à maîtriser, ils seraient allés dans la SSII d'en face qui aurait été moins chère parce qu'ils ne contribuent pas.
    Arriver à financer du vrai développement de fond (maintenance, refactoring, sécurité, facilité d'installation…) sur du service, c'est très compliqué quand la SSII d'en face va dumper les prix journées et faire un truc à l'arrache.

    Pour l'anecdote, j'ai arrêté de contribuer quand il est devenu clair qu'il fallait refondre profondément le logiciel et qu'on ne trouvait aucun moyen de financement. Et la goutte d'eau a été quand un grand groupe européen (mais genre vraiment gros) que je ne citerai pas m'a contacté personnellement pour que je prenne l'engagement de relire les patches qu'ils allaient m'envoyer rapidement, de leur faire des retours et de les intégrer dans GForge… gratuitement parce que bon ils payaient déjà une SSII pour les écrire alors je comprenais bien qu'ils ne pouvaient pas en payer deux…

    Et après, il y a tous les logiciels où le service ne fait pas vraiment de sens parce qu'utilisation évidente et pas vraiment de fonctionnalités à ajouter. Ca n'empêche qu'il faut quand même maintenir le logiciel sur le long terme et que ça demande du temps.

    Et contribuer par la contribution (oui, bon, vous m'avez compris), c'est une fausse impression. Parce que pour chaque contribution, on génère du travail chez les mainteneurs. Et à un moment, il faut bien que le mainteneur (qui a franchement le boulot le plus chiant) arrive à faire son beurre d'une manière ou d'une autre.

    Pour finir, par contre, il est loin d'être simple pour une entreprise de sponsoriser des logiciels libres. C'est un peu plus facile pour tout ce qui est sous l'égide d'une fondation (mais je ne suis pas sûr que l'argent aille vraiment aux développeurs individuels pour le quotidien) mais pour des logiciels développés par quelqu'un sans société derrière, c'est assez compliqué.

    Ah et en fait, j'ai pas fini parce que le modèle du support est assez marrant aussi. Je serais assez curieux de voir la liste des contributions fondamentales qui ont été menées grâce aux grands contrats de support de l'état et des grosses entreprises récupérées par les grosses SSII/SSLL du marché pour faire du support sur une liste de logiciels libres à la Prévert auquel pour la majorité ils ne contribueront jamais concrètement à maintenir le truc sur le long terme.

    • [^] # Re: C'est orthogonal

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4. Dernière modification le 13 janvier 2022 à 20:31.

      mais pour des logiciels développés par quelqu'un sans société derrière, c'est assez compliqué.

      Ouais, mais la à un moment il faut arrêter de se lamenter et faire le taf. Le taf de gestion d'un projet ce n'est pas que technique, c'est aussi de l'administratif. J'ai l'impression que des gens pensent qu'un projet c'est juste du fun technique alors que ça nécessite aussi de l'administratif.

      En France pour ce que je connais, il y a plein de solutions :
      - Asso (faut être mini 2 je crois, joli affichage mais assez de paperasse et c'est pour payer les serveurs et non soit-même)
      - micro-entrepreneur (si tu gagnes 0 tu payes 0, paperasse vraiment légère)
      - portage salarial (le porteur en prend une part, seulement si micro-entrepreneur ne passe pas pour le client)

      Donc ça n'est plus (ça l'était avant micro-entrepreneur puis pendant micro-entrepreneur et la CFE même pour ceux déclarant 0 ce qui n'est plus le cas maintenant) une excuse : on peut, vraiment (pour la France du moins pour ce que je connais), on ne peut pas se plaindre de non financement si on ne fait pas le minimum d'administratif nécessaire pour.

      PS : si je ne commente pas sur le reste c'est que je n'ai rien à dire dessus, donc le prendre comme positif :), il n'y a que cette ligne qui m'a fait tiquer.

      • [^] # Re: C'est orthogonal

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8.

        Je plussoie sur le fait que l'administratif est un passage obligé si on veut être rémunéré, et il faut bien l'assumer.

        Il y a aussi la solution de se faire recruter en CDD/CDI par la boite pour bosser sur son logiciel. Ce n'est pas souvent envisagé, mais c'est pourtant une façon assez "simple" pour faire du mécénat sur des projets sans structure légale.

        Petite précision sur les diverses possibilités, pour ceux que ça tente :
        - Les assos peuvent aussi avoir des salariés. Bon, par contre, côté paperasse, ça devient vite assez proche d'une entreprise classique si on doit faire des fiches de paie. Suivant les années il y a des dispositifs qui simplifient un peu les démarches (comme le chèque asso), mais ça varie au fil des politiques et demande de se tenir au courant. Quand à se rémunérer si on est dirigeant d'une asso (président, membre du collège, etc), c'est possible mais avec des conditions assez drastiques et complexes qui font qu'on résume généralement en disant "faut éviter". La version "association basique" où les sous ne servent qu'à payer les frais (serveurs, déplacements, etc) par contre, ça marche très bien et la quantité de paperasse reste acceptable : déclarer les changements de dirigeant, donner le compte-rendu de l'AG à la préfecture, en gros. La partie qui me gonfle le plus est la relation avec les banques : il y en a très peu qui ont une offre adaptée à ce genre d'associations "simples" et elles sont toutes vraiment pénibles. Une solution alternative est de passer par Paypal et compagnie, mais ça ne couvre pas forcément tous les besoins et Paypal aime qu'on lie le compte à un vrai compte bancaire. Jusqu'ici, dans toutes mes assos où on paie des trucs via le net, on se retrouve à cumuler Paypal et compte bancaire.
        - micro-entrepreneur : un excellent statut. Idem au fil des années, les règles varient et il faut se tenir au courant. À un moment, même sans aucun revenu y'avait quand même un peu de sous à sortir en fin d'année, donc il fallait vraiment se bouger et trouver un contrat payé :D Je n'ai pas trop suivi les évolutions. J'ai un pote sous ce statut qui râle lors de ses déclarations parce que certains modes de calculs changent. Ça reste tout de même bien plus simple que les entreprises classiques et la prise de risque est minime à se lancer là-dedans.
        - Portage : sur le papier ça a l'air génial. En pratique je n'ai pas réussi à trouver une boite de portage salarial qui acceptait de me prendre "juste pour un petit contrat". Quelqu'un voulait m'embaucher pour un job pas très long (2 semaines de travail), je n'avais alors pas de statut adapté et lui n'avait pas une entreprise permettant de me faire facilement un CDD (les limites de l'auto-entreprise), et je m'étais dit que le portage était le plus simple pour déclarer tout ça proprement. J'ai cherché une bonne semaine en contactant plusieurs entreprises, et ça a été chou blanc, personne ne voulait de mes quelques sous :D Toute la difficulté consiste donc à trouver avec quelle entreprise de portage on peut travailler, en particulier quand on va avoir des jobs au lance-pierre. Si vous avez des noms, ça m'intéresse toujours, je trouve la souplesse de ce statut vraiment séduisante. Après il faut bien regarder les détails, chaque boite de portage a ses tarifs et ses conditions. En général, la micro-entreprise permet de garder plus de sous "pour soi" et en contrepartie le portage permet de gagner du temps sur la paperasse. Mais la règle générale est parfois contredite par les cas particuliers !

        • [^] # Re: C'est orthogonal

          Posté par  . Évalué à 3. Dernière modification le 14 janvier 2022 à 14:41.

          • micro-entrepreneur : un excellent statut. Idem au fil des années, les règles varient et il faut se tenir au courant. À un moment, même sans aucun revenu y'avait quand même un peu de sous à sortir en fin d'année, donc il fallait vraiment se bouger et trouver un contrat payé :D Je n'ai pas trop suivi les évolutions. J'ai un pote sous ce statut qui râle lors de ses déclarations parce que certains modes de calculs changent. Ça reste tout de même bien plus simple que les entreprises classiques et la prise de risque est minime à se lancer là-dedans.

          J'allais effectivement dire que dans tous les cas, tu payes la CFE, que tu génères 0 ou 72 600 euros de CA annuel.

          Mais j'ai vu que la règle a changé en 2019 et que si l'on génère moins de 5K euros HT, on peut être exonéré de CFE.

          Bon par contre l'administration a encore de gros progrès à faire, ça fait 4 ans que mon autoentreprise est radiée et tous les ans je suis quand même prélevé de la CFE. Et tous les ans j'appelle l'administration pour leur demander de me rendre mon argent et de se mettre à jour. On croise les doigts pour 2022.

          La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.

        • [^] # Re: C'est orthogonal

          Posté par  . Évalué à 2.

          Quand à se rémunérer si on est dirigeant d'une asso (président, membre du collège, etc), c'est possible mais avec des conditions assez drastiques et complexes qui font qu'on résume généralement en disant "faut éviter".

          Il y a une manière de contourner les conditions en étant dirigeant, c'est de facturer à l'asso des prestations à une structure commerciale dont on est membre: micro-entreprise, société unipersonnelle, société de portage et les CAE (Coopérative d'Activité et d'Emploi, je détaillerai plus loin) . Si ça peut aider à amoindrir la complexité administrative pour la rémunération (dans le sens où on décharge l'asso de cette tâche à un tiers), ce n'est pas cependant exempt de certains risques.
          Le gros inconvénient de la micro-entreprise avec ce contournement est d'éviter que l'asso soit l'unique client pour ne pas attirer les soupçons de l'URSSAF sur un possible salariat déguisé. Il y a également la question de la gouvernance avec les membres, et faire en sorte que ce genre de contournement soit bien accepté au sein de l'asso si on veut éviter d'en être expulsé à terme.

          - Portage : sur le papier ça a l'air génial. En pratique je n'ai pas réussi à trouver une boite de portage salarial qui acceptait de me prendre "juste pour un petit contrat".

          J'ai évoqué la CAE qui est une alternative aux sociétés de portage. Si ça ne change quasiment rien du point de vue du client, il y a l'aspect "gouvernance en coopérative" qui apporte un plus formel quand on est embauché. Dans la pratique, évidemment, ça va beaucoup dépendre de la culture d'entreprise comme partout ailleurs. La CAE où je viens d'être fraîchement employé a l'habitude des jobs au lance-pierre et ne voit pas d’inconvénient à accorder un CDI à temps partiel (je fais parti de cette catégorie), à condition que l'activité ne pose pas de gros problème de déficit sur une année fiscale.

          Pour le reste, ça sera des infos détaillées sur mon employeur en privé à l'intéressée.

          • [^] # Re: C'est orthogonal

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2.

            Le gros inconvénient de la micro-entreprise avec ce contournement est d'éviter que l'asso soit l'unique client pour ne pas attirer les soupçons de l'URSSAF sur un possible salariat déguisé.

            moui, donc, c'est fortement déconseillé :

            • en tant que membre du bureau, voire président, autant s'engager sur d'autres valeurs (valorisées et financées par ailleurs éventuellement) plutôt que d'en espérer une rémunération directe :-)
            • déjà que préz et tréz passent des nuits en prison, rien que pour tapage diurne voire nocturne… c'est ce qui arrivait dans notre BdÉ :/

            Perso, j'ai toujours refusé d'être trésorier ou président d'une asso (je fais pourtant partie de pas mal de conseils d'administration / déclinaison de nos activités, car c'est qui me plaît le plus). Cela me semble normal d'exclure, normalement, le bureau et le ca de rémunérations directes : l'objectif étant plutôt de contribuer à l'association et à ses membres, dans le respect de tous les bénévoles qui s'impliquent (ou souhaiteraient s'impliquer).

            Pour le temps partiel, tant mieux si ça se passe bien pour toi ;-) J'ai plutôt soutenu la rémunération ponctuelle (= contrat = contracteur + rémunération + identification d'un livrable soumis à paiement préalable ; pour le délai, autant le soumettre aux conditions rencontrées, avec les mairies, ça peut durer plus d'un an :/). Pour autant, sur les activités récurrentes, bah c'est un peu plus compliqué : à chaque membre de trouver la formation qu'il peut mettre en place (une asso non lucrative n'a pas à gérer le volet contractuel àmha, sinon c'est une société ; pour autant, cela n'empêche pas de faire appel à des prestataires compétents, a priori et qui pourraient refacturer).

            Bah spa si simple et ça dépend beaucoup des contextes (l'exemple que j'ai en tête est notre fablab, il y a d'autres exigences de ne pas entrer en conflit / concurrence des activités locales ; par défaut, un fablab, c'est principalement la mise en relation des compétences dans le numérique ; nos matériels peuvent servir à des pré-productions (et nous le facturons) mais ne se substituent pas à une activité commerciale :-)

            Mais globalement, c'est un équilibre à trouver et mieux avoir une bonne compréhension de l'engagement à donner à une association (en gros, je dirais, sur son temps libre, le reste étant à l'avenant).

  • # Cause et conséquence

    Posté par  . Évalué à 10.

    En fait, au delà de tout ce qui a été dit sur le libre, le raisonnement de fond me semble totalement fallacieux. Si je comprends bien, l'argument est de dire "vous utilisez mon logiciel, il vous est utile, vous faites de l'argent dessus, donc vous me devez quelque chose en échange".

    Or, il me semble assez évident que la licence du logiciel a été une raison majeure, outre la qualité du logiciel en question, pour son utilisation. Autrement dit, c'est parce que le logiciel était libre que l'entreprise l'a choisie pour faire de l'argent avec.

    Du coup, l'auteur du logiciel souhaite changer les règles du jeu en plein milieu. Je n'arrive pas à trouver de raison valable pour ça : si dès le début son logiciel était sous licence proprio, il en aurait vendu 2 copies à sa mémé et à ses voisins et c'est tout.

    Mais dans tous les cas, le libre c'est plein de choses idéologiques et politiques (voire un peu tout à la fois), mais c'est avant tout une licence. Donc s'il souhaite changer la licence de ses nouvelles versions et s'il en a le droit (contributions des tiers, etc), alors il le fait et puis c'est tout. Quelqu'un va peut-être forker, et tant mieux, puisque c'est ce qui est autorisé par la licence. S'il souhaite tout laisser tomber, il peut aussi. Bref, l'auteur également a le droit de faire ce qu'il veut de son temps. C'est vraiment une tempête dans un verre d'eau.

    De manière générale, j'ai l'impression que quand on en est à invoquer des arguments moraux subjectifs pour réclamer quelque chose, on file un mauvais coton. Dans le seul contrat qu'il a conclu avec ses utilisateurs (la licence), il n'est pas question de contreparties. Les contreparties, c'est l'auteur qui les a inventées, personne ne lui a rien promis.

  • # Développer pour soi, partager le résultat

    Posté par  . Évalué à 8.

    C'est une idée assez naïve, mais j'ai envie de la dire, vous me pardonnerez la simplicité de l'exposé.

    On développe un truc pour soi, pour régler un problème/un besoin qu'on a dans un cadre plus large. Et puis on partage le résultat, parce que le logiciel/la lib, c'est pas le sujet, c'est juste un moyen d'arriver à son but.

    Par exemple :

    Ruby on Rails est au départ un outil interne pour construire une appli web propriétaire.

    HTCondor est un gestionnaire de cluster de calcul, développé par une université pour leurs besoins internes.

    PLC4X est développé - si j'ai bien suivi - par un gars qui va s'en servir pour vendre du service autour de l'IoT.

    C'est très (très) loin d'être applicable à tous les logiciels, mais pour cet exemple, ça semble coller.

    • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8.

      Ce qui est réellement naïf est de choisir une licence sans en comprendre les enjeux. Je vais me faire l'avocat du diable, mais le droit d'auteur de base est une solution parfaitement acceptable quand on ne veut pas se prendre la tête : on code son truc pour résoudre son propre problème, puis on trouve que c'est bien et on peut le montrer aux gens mais… cela ne veut pas dire que ça doit être sous licence libre. D'ailleurs les licences libres s'appuient sur le droit d'auteur, en formalisant dans un contrat (avec les termes juridiques qu'il faut) les droits que l'auteur va concéder à ses utilisateurs. Le modèle du freeware n'a pas disparu : un logiciel qui reste sous licence propriétaire classique, mais qui est distribué gratuitement avec la bénédiction de son auteur. On peut aussi publier son code, le montrer aux gens, sans leur donner le droit d'en faire quoi que ce soit en dehors de le regarder et de nous faire des retours sur sa qualité. Ce n'est pas libre, mais c'est possible, c'est permis ;)

      À partir du moment où on fait un choix, il faut en comprendre les conséquences. Faire du libre, c'est donner des droits aux utilisateurs, et du vrai libre, c'est des droits y compris à des gens qui ne diront jamais merci.

      Le libre a plein d'avantages. Mais ce n'est pas la solution à tout, et c'est une mauvaise solution "par défaut". Beaucoup de gens ne sont pas prêts à ce que leur code soit utilisé par "n'importe qui, n'importe comment", ne voient pas les divers scénarios possibles. C'est intéressant de questionner le rapport à son œuvre et au partage, justement, et le choix d'une licence est le moment de se poser des questions !

      Je préfère vraiment des gens qui hésitent, qui vont rester sous des licences plus ou moins fermées, et qui peuvent libérer au fil du temps une partie de leur travail en toute conscience, à ceux qui ont vu la lumière et se jettent sur la licence WTFPL "parce que je ne veux pas m'embêter avec le droit d'auteur", puis qui se plaignent quelques années plus tard que leur code soit utilisé à l'encontre de leurs valeurs.

      • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

        Posté par  (Mastodon) . Évalué à 5.

        Ce qui est réellement naïf est de choisir une licence sans en comprendre les enjeux.

        Je ne crois pas que c'est une incompréhenson des enjeux. L'auteur du blog post a fait un pari et des erreurs de stratégie en espérant que la renommée de sa librairie et son ubiquité dans le domaine suffirait à amener des contrats.

        Il aurait choisi la GPl par exemple, sa librairie n'aurait probablement jamais autant été utilisé et son entreprise n'aurait sans doute pas mieux marché.

    • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

      Posté par  . Évalué à 5.

      On développe un truc pour soi, pour régler un problème/un besoin qu'on a dans un cadre plus large. Et puis on partage le résultat, parce que le logiciel/la lib, c'est pas le sujet, c'est juste un moyen d'arriver à son but.

      J'ai l'impression que c'est de cette manière que beaucoup de projets libres démarrent, mais très rapidement tu vas être confronté à des dilemmes. Par exemple, on te remonte un bug qui ne t'affecte pas directement, tu fais quoi? On t'envoie un patch qui ajoute une fonction dont tu n'as pas besoin, tu fais quoi? On te remonte un problème de sécurité potentiel, ou un défaut de fonctionnement dû à un bug dans une bibliothèque tierce, tu fais quoi? À un moment, il faut que tu acceptes d'assumer la maintenance de ton logiciel et la communication avec l'extérieur. Si tu ne le fais pas, tu vas avoir des problèmes : ton logiciel va gicler des paquets maintenus par les distributions, il va avoir mauvaise réputation, et s'il est vraiment utile, tu vas te faire forker.

      • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5. Dernière modification le 14 janvier 2022 à 10:44.

        À un moment, il faut que tu acceptes d'assumer la maintenance de ton logiciel et la communication avec l'extérieur.

        Le libre ne dit absolument rien sur tous tes exemples : tu peux envoyer bouler ou pas, tu as le choix, tu n'a rien promis, il n'y a rien à assumer du côté auteur, c'est aux utilisateurs d'assumer qu'il n'y a aucun contrat entre eux et l'auteur à part la liberté du libre, si ils veulent plus ben ils faut qu'ils s'arrangent.

        Si tu ne le fais pas, tu vas avoir des problèmes : ton logiciel va gicler des paquets maintenus par les distributions, il va avoir mauvaise réputation, et s'il est vraiment utile, tu vas te faire forker.

        Le libre ne dit absolument rien sur tous tes exemples, le libre ne dit pas que tu dois aller dans les distros, que tu dois avoir bonne réputation, etc.

        Tous tes exemples n'ont rien à voir avec le libre mais sur la façon dont tu fais ta pub, sachant que personne n'oblige qui que ce soit à faire sa pub. Tu peux choisir d'envoyer bouler tout le monde ou de passer de temps pour faire monter ta réputation, mais c'est ton propre choix indépendant du libre.

        Le problème est justement ce genre de mélange, de croire que le libre implique un support gratuit, une acceptation de patch, ou tout autre engagement inventé. Rien de tout ça ne concerne le libre, qui rappelons ne fait qu'une chose : libérer celui qui reçoit de limites par l'auteur. Le libre ne fait pas d'esclavagisme, quelqu'un qui fournit un logiciel libre ne doit absolument rien à personne, "rien" excluant tous les exemples que tu as donné.

      • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

        Posté par  . Évalué à 6.

        Si tu ne le fais pas, tu vas avoir des problèmes : ton logiciel va gicler des paquets maintenus par les distributions, il va avoir mauvaise réputation, et s'il est vraiment utile, tu vas te faire forker.

        Je trouve que rien de tout ça n'est un problème, en vrai, si le logiciel t'est utile. Tu peux même récupérer les patchs des forks, ou abandonner le développement et te servir du fork.

        Il y a des exemples, comme OpenWRT ou FFMpeg, qui ont fonctionné comme ça un petit temps.

        J'ai précisé que c'est naïf, car il y a plein de cas où ça ne marche pas, et bien sûr des questions humaines (égo, paternité…).

      • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

        Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3.

        Si tu ne le fais pas, tu vas avoir des problèmes : […] et s'il est vraiment utile, tu vas te faire forker.

        Non, il n'y a absolument pas d'obligation… J'ai souvent utilisé la GPL qui n'a point cette obligation de maintenance (mais accorde quatre libertés aux usagers) De plus, cette licence est d'une part faite pour encourager et favoriser la fourche, d'autre part elle dit bien dans son point quinze actuellement « THERE IS NO WARRANTY FOR THE PROGRAM, TO THE EXTENT PERMITTED BY APPLICABLE LAW. EXCEPT WHEN OTHERWISE STATED IN WRITING THE COPYRIGHT HOLDERS AND/OR OTHER PARTIES PROVIDE THE PROGRAM "AS IS" WITHOUT WARRANTY OF ANY KIND, EITHER EXPRESSED OR IMPLIED, INCLUDING, BUT NOT LIMITED TO, THE IMPLIED WARRANTIES OF MERCHANTABILITY AND FITNESS FOR A PARTICULAR PURPOSE. THE ENTIRE RISK AS TO THE QUALITY AND PERFORMANCE OF THE PROGRAM IS WITH YOU. SHOULD THE PROGRAM PROVE DEFECTIVE, YOU ASSUME THE COST OF ALL NECESSARY SERVICING, REPAIR OR CORRECTION. »

        “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume

      • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

        Posté par  (Mastodon) . Évalué à 5. Dernière modification le 14 janvier 2022 à 16:59.

        et s'il est vraiment utile, tu vas te faire forker

        si tu vois ça comme une menace, alors ne fait surtout pas de libre, même (et surtout) si tu t'y investis particulièrement.

        si le but de ton projet est d'avoir un max de like et des followers avec pouce bleu et la cloche, alors tes conseils ont du sens oui. si ton but est simplement de faire profiter l'humanité du boulot déjà fait, alors te prends pas la tête, libère ton code, fais ce que tu peux pour le maintenir, ce sera déjà bien.

        mais là j'ai l'impression qu'on parle d'un mec qui s'est bcp investit, et qui rétrospectivement parlant regrette. dommage pour lui mais on n'y peut pas grand chose en fait.

        En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

        • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7.

          J'irais même plus loin, envisager le fork dès le début de son projet est une bonne façon de savoir si le libre nous correspond vraiment. Et cela a un impact sur la suite : quand on bosse en se disant "peut-être à un moment, quelqu'un va forker, pour suivre une autre voie", ça amène à travailler autrement, pour que cet hypothétique fork puisse faire naitre de bonnes choses. Moi ça me pousse à documenter plus, à affiner les procédures pour que d'autres se réapproprient les projets, contrairement à mes projets privés qui sont très obscurs après quelques années. Ça m'aide aussi à refuser la pression dans certains cas : si les gens veulent vraiment tel ou tel truc qui ne m'intéresse pas, qu'ils bossent pour le faire et le gèrent dans leur fork, ce n'est pas un problème.

          Je trouve que le fork fait partie des très grandes richesses du libre. Cette liberté-là permet que de la diversité naisse, que des projets qui mourraient autrement puissent revivre. J'aimerais que tout logiciel proprio qui cesse d'être exploité soit libéré, afin qu'on puisse en reprendre les bonnes choses et les transformer.

          • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

            Posté par  . Évalué à 2.

            J'aimerais que tout logiciel proprio qui cesse d'être exploité soit libéré, afin qu'on puisse en reprendre les bonnes choses et les transformer

            Blender est un parfait exemple de réussite.

            • [^] # Re: Développer pour soi, partager le résultat

              Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3.

              Blender est un parfait exemple de réussite.

              il n'y a pas que Blender :

              ou des rachats comme StarOffice (je ne vais pas faire tout l'historique de OpenOffice / Go-Oo, ni de LibreOffice :D)

              Un logiciel devrait pouvoir être libre, dès que quelqu'un a payé pour le développer, reste à définir les conditions de passage au libre (volonté, pertinence, marché, … ?!) et de convaincre plus de monde d'y penser dès le début (par exemple : pour Java, openjdk-1.6 puis l'épisode java7 pour tenter de passer à openjdk-1.7 montre que même pour des grosses boîtes ce n'est pas si facile quand la culture d'entreprise pousse à s'appuyer sur des bibliothèques proprios et des développements internes plutôt que par défaut en public :/).

              Tu as gcompris qui a eu dès le début un modèle en libre pour le code source, mais pas de mise à disposition du binaire sous windows sans paiement préalable : tu peux faire payer le binaire à qui tu le distribues, et les utilisateurs peuvent recompiler pour le distribuer gratuitement ensuite (personne ne l'a fait à ma connaissance) ; sous Linux il y avait des empaqueteurs, j'en ai toujours disposé dans les distributions auxquelles j'ai contribué. Franchement, l'EducNat ou des associations de parent d'élèves peuvent se motiver pour y contribuer ; j'ai vu peu de retours en ce sens (hormis des initiatives individuelles) et ça me désole à chaque fois, il y a tant à faire et proposer avec les compétences de chacun :/

              Pareil pour la clé ENS pour passer les concours, entre toutes les universités françaises et les labos (+ les grandes écoles), qui y contribue vraiment ? ok, c'est dans le supérieur, mais bon même des entreprises européennes comme l'ESA en bénéficierait (même dans NCIS ils savent parler de celestia _o/)

              Les retombées de l'initiative de passage sous Linux de Munich ou de la gendarmerie française (pour réutiliser des postes obsolètes, hein… OPEX/CAPEX toussa…) ne sont que peu mises en avant, franchement, il manque quoi pour en parler ? (et bazarder l'OpenBar de Microsoft, là où la bière est payante dans le libre mais où on fait ce qui nous plait au jour le jour, plutôt que de le payer chaque jour sans pouvoir avoir d'espoir de l'améliorer :/ et j'ai pas eu de bière de MS iirc, un comble dans un bar o_O alors que j'ai eu de la bière libre aux RMLL de Strasbourg à un prix équitable pour rentabiliser et financer leurs autres projets)

              bah, il y a pleins d'exemples, plein de raisons de rester motivé(e)s, autant continuer :-)

  • # Reverser non, rémunérer oui

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5. Dernière modification le 14 janvier 2022 à 17:33.

    Cette année, j'ai participé à un gros projet avec un composant libre: il nous manquait des fonctionnalités, on a payé pour leur développement.

    J'aimerais pouvoir acheter des fonctionnalités simplement pour certains logiciels. Par exemple si Firefox au lieu de tester des modèles économiques tordus (pubs, ventes de produit annexe) mettait des fritures aux enchères, je serais content de financer !

    Le post ci-dessus est une grosse connerie, ne le lisez pas sérieusement.

    • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4.

      Sauf que faire payer les fonctionnalités, ça a un coté pervers de ne pas payer pour la maintenance.

      Ça a aussi l'effet pervers de pousser à mettre des fonctionnalités qui vont pas forcément avoir du sens.

      • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6.

        C'est triste ton avis sur le capitalisme.

        Le post ci-dessus est une grosse connerie, ne le lisez pas sérieusement.

      • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 0.

        Sauf que faire payer les fonctionnalités, ça a un coté pervers de ne pas payer pour la maintenance.

        La maintenance n'est parfois pas bankable et il faut l'accepter : x% du prix facturé pour une fonctionnalité bankable est réservée pour payer la maintenance.

        C'est comme ça que fonctionne une tonne de logiciels, libre ou pas (ça n'a rien à voir avec le libre), et se bloquer sur une modèle qui ne marche pas est la meilleure méthode pour se crasher.

        Ça a aussi l'effet pervers de pousser à mettre des fonctionnalités qui vont pas forcément avoir du sens.

        Penser à la place des utilisateurs et leur dire ce qui est bien pour eux est une autre méthode pour se crasher manque d'argent. Faudrait se décider, soit on veut de l'argent et on fait ce que demande le(s) commendataire, soit on fait ce qu'on veut et on accepte de le faire gratuit car ça n’intéresse personne d'autre. Le problème est de penser qu'on devrait être payé pour faire ce qui nous plaît, libre ou pas le monde ne marche pas comme ça.

        • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

          Posté par  . Évalué à 2.

          Le problème est de penser qu'on devrait être payé pour faire ce qui nous plaît

          Y'a des élections bientôt non :p ?

          • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à -5.

            Si on part dans le troll politique : oui oui il y a des élections, une personne peut être élue pour faire ce plan, et puis… bam, l'argent n'arrive pas et on en chie pour se trouver à manger, on créé pire en pratique.
            Si on peut éviter les fantasmes qui ne marchent pas par définition…

            • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

              Posté par  . Évalué à 2.

              J'ai pas compris ta réponse :-/. Mais je trouvais que la phrase citée correspond justement à certains élus. Ils sont payés et font ce qu'ils veulent. C'était plus humour léger que troll mais j'ai raté :).

              • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2.

                on devrait être payé pour faire ce qui nous plaît

                je n'ai pas la référence ? qui pour me la donner ?

                Mais je trouvais que la phrase citée correspond justement à certains élus. Ils sont payés et font ce qu'ils veulent.

                ah, c'est censé être connu ? [ref_needed] comme indiqué sur wikipedia :-)
                tu trouveras plus de public pour des blagues inside (l'entre-nous a tendance à desservir ceux qui la comprennent, plutôt que de fournir les moyens de la comprendre à plus de monde :-p)

                C'était plus humour léger que troll mais j'ai raté :)

                bah, url and you made it ! :D

                • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

                  Posté par  . Évalué à 3.

                  Mmmm, alors peut-être que tu vis dans un pays dans lequel les politiciens appliquent les programmes pour lesquels ils sont élus, respectent les lois, et ne pratiquent pas le clientélisme.

                  Personnellement, j'habite en France, pays dans lequel un ancien président de la République a été condamné récemment, et a beaucoup occupé divers représentants de la justice. Mais il y aussi François Mitterrand, François Fillon… Il y a même une petite page dédiée sur Wikipedia.

                  À sa décharge, Emmanuel Macron avait annoncé avant son élection qu'il n'en ferait qu'à sa tête en gouvernant par ordonnances (en pratique ça n'a pas été sans accrocs, mais Mister T était occupé semble-t-il ;) ).

                  Enfin, je ne pensais par que la corruption politique pouvait être considéré comme une private joke :D.

                  • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

                    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3.

                    les politiciens appliquent les programmes pour lesquels ils sont élus, respectent les lois, et ne pratiquent pas le clientélisme.

                    ah ça…
                    moui au Canada, en Belgique, au Congo et ailleurs dans la francophonie, c'est un exercice malencontreusement habituel :/

                    Mmmm, alors peut-être que tu vis dans un pays

                    Je ne voyais pas le rapport avec Linux ou le Fr de LinuxFr.org :-) (francophone, pas que franco-français…). Dire que le français était parlé jusque Vienne à une époque… (bah, au Vietnam, en Australie, en Russie et dans quelques autres pays mineurs qui ont des états sympas comme la Nouvelle-Orléans, tu peux retrouver quelques francophones, mais ils n'auront pas forcément toutes les références ou pas les mêmes ni tous les mèmes :D)

                    Note : tu as oublié de citer ChiChi (idem, les emplois fictifs mais pas que), Giscard (bah quelques diamants…), qui a payé le scooter de Hollande ?! La valise de Cahuzac était-elle bleue comme celle de Linda de Suza ?

                    Mais bon, on n'est pas sur politique-france icitte :-)

              • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

                Posté par  . Évalué à 2.

                J'ai compris que Zenitram faisait allusion au revenu universel.

              • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

                Posté par  . Évalué à 1.

                Ils sont payés et font ce qu'ils veulent.

                Encore heureux, c'est quand même la base du système représentatif.

                • [^] # Re: Reverser non, rémunérer oui

                  Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2. Dernière modification le 16 janvier 2022 à 00:39.

                  Encore heureux, c'est quand même la base du système représentatif.

                  hmmm quitte à prendre la tête aux maires qui font bien souvent ce qu'ils peuvent, autant que ceux élus à des postes plus structurants respectent au moins quelques points du programme qui les a promu :-)
                  (rha, flûte, j'ai marché dedans, les promesses n'engageant que ceux qui y croivent… pas étonnant qu'ils se fassent défoncer en justice désormais : il va falloir les tenir ces quelques promesses factuelles  !).

  • # Et pour ceux qui ne connaissent pas les PLC

    Posté par  . Évalué à 8. Dernière modification le 15 janvier 2022 à 09:29.

    Un PLC est en français un automate programmable industriel ou Programmable Logic Controller.
    C'est un un dispositif électronique numérique programmable destiné à la commande de processus industriels par un traitement séquentiel.

    Il y a plein d'objectifs à passer par ce modèle plutôt que par la programmation C/python/Java/Go/…. Le premier selon moi, est de rendre le contrôle robuste en étant sûr de prévoir tout les états. Le second, est de permettre à des gens n'ayant pas de compétences en développement informatique de coder leur logique. Le troisième est de ne pas dépendre des OS et de leur limitation au niveau temps-réel. le quatrième est de ne pas avoir à gérer les niveaux de tension et les protocoles des capteurs, on branche ça marche.

    Bon ça c'est la théorie, hein, en vrai chaque vendeur va créer son langage utiliser son protocole en utilisant des couches de transport différentes …

    PLC4X semble proposer une abstraction permettant de communiquer avec beaucoup de PLC du commerce au travers des différents protocoles et couche de transport. Apparemment, ça implémente principalement java et un peu go en clamant vouloir implémenter C et python.

    La plupart des PLCs que j'ai vu utilisent pour communiquer avec d'autres PLCs ou des PCs modbus, RTU (RS485) ou TCP. Souvent quand l'objectif sera de déporter l'aspect RT dans des systèmes certifés, cela suffira amplement, donc si on construit un système from scratch, ce ne sera pas forcément très utile, maîtriser basiquement modbus suffira. Modbus étant très répandu, il existe beaucoup de libs déjà faites dans tout les langages !

    En général, ce que l'on fait quand on n'a pas trop d'ambition, on code la logique temps réel avec le logiciel du PLC, on défini des registres Modbus de communication pour interagir.

    Visiblement PLC4X semble permettre de communiquer directement avec les protocoles non-libres des constructeurs.

    C'est donc un logiciel libre pour parler à des systèmes qui ne sont pas du tout intéressés par le libre, ça ne semble pas la meilleur façon de s'attirer des gens motivés à aider et bienveillants …

    Par exemple, le monde change et aujourd'hui les alternatives industrielles ouvertes sont légions ! On pourrait parler d'une très récente avec le Revolution Pi qui se base sur une raspberry pi CM3 et à mis en place tout ce qu'il fallait pour avoir un remplacement de beaucoup de modules standard des PLC tout en ne faisant que de l'OpenSource !

    De plus, il y a de plus en plus de gens qui switchent vers RT sur µcontroller et communication avec MQTT. Par contre, quand on veut moderniser une chaîne de production avec tout les actionneurs et capteurs pilotés par un PLC, cela demanderait un travail de fou de tout basculer …

    J'imagine donc que PLC4X doit permettre de garder l'infrastructure matérielle tout en permettant de faire des applications métier plus simplement.

    Cela ne concernera pas les bidouilleurs et les gens motiver à participer, mais plutôt les devs qui doivent faire un interface de commande d'un process indus ou de la supervision, dans des temps très courts et avec des budgets très serrés …

    Bon, je ne suis clairement pas un expert du sujet, donc je passe peut être à coté de l'objectif principal de ce soft, je n'ai travaillé avec des PLC que dans un seul projet …

    Si quelqu'un a les idées plus claires, qu'il n'hésite pas à compléter ou corriger

    • [^] # Re: Et pour ceux qui ne connaissent pas les PLC

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3.

      Si quelqu'un a les idées plus claires, qu'il n'hésite pas à compléter ou corriger

      je ne suis pas le forcément mieux placé, pour autant il me semble que la Spécification_technique_d'interopérabilité devrait suffire. C'est une directive européenne.

      En tant que développeur, il me semble normal de respecter les standards et les normes. Qu'un fabricant ne le fasse pas m'étonne toujours (bah, ya la rétro-ingénierie… galère).

      Visiblement PLC4X semble permettre de communiquer directement avec les protocoles non-libres des constructeurs.

      c'est une logique perdante, par défaut (et pas mal de défauts, dont les difficultés pour le faire légalement, en Europe c'est un peu moins compliqué on va dire, la rétro-ingérnierie étant légale par défaut, contrairement à ce que pas mal de contrats avec des clauses Léonine semblent prétendre, comme pour les brevets logiciels illégaux en Europe, mieux vaudrait leur faire payer ces prétentions dès le départ).

      Dans le monde matériel, même Michel Rocard a eu du mal à rétorquer aux brevets logiciels, car c'est compliqué (coût de fabrication légitime si effectivité du matériel… toussa, je ne donnerai pas plus d'arguments, la plupart des autres sont absurdes, même s'il y en a effectifs qui tiennent la route, bah autant attendre 20 ou 30 ans qu'ils ne soient plus valables et demander dédommagement du temps perdu à faire mieux de leur fait :p).

      Dans le monde du libre, la plupart du temps, le proprio est ré-attaché, à la rache (souvent) à la norme, au pire avec perte de fonctionnalité (z'avaient qu'à la proposer en ajout à la norme…). Bref si tu as besoin d'une fonction spécifique, uniquement fournie par un seul constructeur, ça va être à toi de faire l'effort de la faire prendre en compte dans la norme, bah sinon, tu dépends de ce seul constructeur.

      C'est un peu pour cela que l'open-hardware avance aussi peu :/ Alors que le Do_it_yourself avance plus vite :-)

    • [^] # Re: Et pour ceux qui ne connaissent pas les PLC

      Posté par  . Évalué à 2.

      Par exemple, le monde change et aujourd'hui les alternatives industrielles ouvertes sont légions ! On pourrait parler d'une très récente avec le Revolution Pi qui se base sur une raspberry pi CM3 et à mis en place tout ce qu'il fallait pour avoir un remplacement de beaucoup de modules standard des PLC tout en ne faisant que de l'OpenSource !

      Oh la la j'en ai rêvé de ça !

      Bon à vrai dire avec un microcontrôleur plus simple (moins de possibilités, mais moins de bugs potentiels), ça me ferait encore plus rêver, mais quand même, c'est sexy, la gamme a l'air un minimum complète.

      Merci pour l'info !

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