Journal Un peu de SF

Posté par . Licence CC by-sa
44
9
déc.
2016

Bonjour 'nal !

Un cours journal sur quelques œuvres science-fictive que j'ai vu/lu récemment et que je conseille aux amateurs du genre. Profitez des commentaires pour partager les vôtres !

Premier Contact

C'est un film de Denis Villeneuve adapté d'une nouvelle de Ted Chiang, L'histoire de ta vie, récompensée d'un prix Nebula en 1999. Il est actuellement en salles.

Je n'ai pas percuté tout de suite sur le fait que j'avais lu il y a longtemps la nouvelle en question en voyant le film, du coup, j'ai profité pleinement de l'histoire. En quelques mots, une douzaine de vaisseaux extra-terrestres se pointent sur terre et on suit les tentatives des scientifiques, sous haute surveillance des militaires, pour communiquer avec eux, plus particulièrement une linguiste, interprétée magistralement par Amy Adams. J'ai trouvé la réalisation plutôt bonne, la photo est superbe et la mise en scène réussie. C'est de la SF intelligente et plutôt sobre, même si on a quand même droit à quelque effets spéciaux spectaculaire. Même si tout n'est pas parfait, ça fait du bien de voir qu'on peut encore faire des films de SF grand public qui donnent à réfléchir plutôt qu'à impressionner.

Du coup, je vais relire la nouvelle et remettre du Ted Chiang sur ma pile de truc à lire.

Water Knife

C'est un roman de Paolo Bacigalupi. C'est de l'anticipation : dans l'ouest des États-Unis, des états cartels (Arizona, Californie et Nevada) se battent pour l’accès à l'eau du Colorado. On y suit les destins croisés de trois personnages : un Water Knife qui est un agent au service de Las Vegas et dont le boulot est de s'assurer que les états rivaux ne pompe pas son eau, une journaliste idéaliste spécialisée dans le problème de l'eau, et une réfugiée texane qui essaye de survivre. L'action se passe principalement à Phoenix. Ambiance fin du monde, réfugiés, narcos-trafiquants, mafias, tempêtes de poussière, élite qui vit dans des arcologies climatisées protégés par des services de sécurité.

C'est violent, haletant, prenant, avec beaucoup d'action et peu de répit. Même si je n'ai pas trouvé la trame très originale (destins croisés qui finissent par converger), les personnages sont attachants et l'univers passionnant. J'y ai appris aussi la législation particulière des droits sur l'eau du Colorado qui est basée sur l'antériorité des droits donnés, et non sur la finalité de l'usage qui en ai fait. Genre, peu importe que l'on gaspille l'eau que l'on pompe et si les voisins en crèvent, du moment qu'on a un papier plus vieux que les autres.

Latium

C'est un roman (en deux tomes) de Romain Lucazeau. Alors, je l'ai pas encore fini. Je n'en suis qu'à la moitié du premier tome, mais je suis emballé. C'est du space opéra. Dans un futur lointain, l'humanité a totalement disparu, jusqu'au moindre brin d'ADN et n'a laissé derrière elle que des IA, formidables machines, nefs spatiales de la taille de mégapoles. Elles ressemblent beaucoup aux IA de la Culture de Ian Banks. Elles obéissent a une loi d'airain, le Carcan, inspiré des lois de la robotique d'Asimov, qui les empêche d'attaquer toute forme de vie d'origine biologique à moins que l'homme ne leur en donne l'ordre. Confronté à une invasion barbare dans leur bras galactique, et impuissantes faute de présence humaine à leur cotés, l'une d'elle découvre un signal caché dans une salve de neutrinos. C'est ainsi qu'elle se réveille et décide d'en retrouver l'origine.

C'est dans l'écriture surtout que je suis emballé, je ne résiste pas à vous en donner un petit échantillon (« Elle » est une IA, la fameuse nef qui a reçu le signal. Ça spoile peut-être un peu, mais bon …):

Et puis, tout à coup, à plusieurs centaines d'unités astronomiques, un bref flamboiement déchira l'espace temps conventionnel - plus précisément, un trio de points lumineux, d'origine artificielle, qui clignotèrent à l'orée du néant avant de se résorber.
En un instant, la peur se répandit en elle, disloquant la fragile cohérence qu'elle venait de reconstruire, précipitant, trop tôt, beaucoup trop tôt, la conclusion de la fragile Ekklesia. Elle scruta le lointain, et les devina plus qu'elle ne les vit, plus sombres que le vide dont elle fendaient l'absence.
Trois nefs venaient à sa rencontre.

Bref, je trouve ça très bon au niveau du style et de l'écriture, flamboyant comme il se doit pour du space-opera.(Ce n'est pas une traduction, l'auteur dont c'est le premier roman, est Français).

  • # Merci pour les avis ! :)

    Posté par . Évalué à 2.

    Bon, les livres ne sont pas au format poche, et je déteste les gros formats qui, en plus d'être chers (à un livre par semaine, aussi…), me sont bien encombrants.

    Je ne connaissais pas du tout les livres. Bref, merci pour les conseils.

    • [^] # Re: Merci pour les avis ! :)

      Posté par . Évalué à 10.

      C'est le problème quand on suit l'actualité. Il faut un certain temps pour qu'ils "tombent" en poche. Pour cela, il faut en plus qu'ils aient eu un certain succès en grand format. Bon, concernant les deux que je cite, je ne me fait pas trop de soucis, ils devraient y arriver. Y a le numérique sinon, mais c'est pas donné non plus.

      Et puis, il faut des grandes poches du coup, pour transporter les bouquins et le pognon nécessaire à les acheter. M'enfin, c'est toujours moins cher que de faire le plein d'une bagnole, et pour faire le tour de la galaxie, je trouve ça plutôt raisonnable.

      Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

    • [^] # Re: Merci pour les avis ! :)

      Posté par (page perso) . Évalué à 3. Dernière modification le 12/12/16 à 14:11.

      je déteste les gros formats qui, en plus d'être chers (à un livre par semaine, aussi…)

      Moi aussi, mais à un ou deux livres par jour !
      Une solution c'est d'être libraire, éditeur ou journaliste littéraire : on t'envoie tout gratis. L'inconvénient (j'ai testé les 3 solutions) c'est de devoir lire aussi un tas de trucs sans intéret par acquis de conscience.

      "La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay

  • # Black Mirror

    Posté par . Évalué à 3.

    Me suis fait un rattrapage là-dessus avec la sortie de la saison 3 cette année. Scénarii(ios) d'anticipation / épisodes indépendants. Pas de gros effet spéciaux. J'ai trouvé ça vraiment pas mal.

    • [^] # Re: Black Mirror

      Posté par . Évalué à 3.

      J'ai beaucoup moins accroché que les deux premières saisons. En passant dans les mains de Netflix, la série est devenue plus divertissante que réflexive. L'étalage des idées est très visible et la comparaison avec les deux premières saisons est tout à fait désavantageuse pour la troisième saison.

      Si on ne connaît pas les deux premières saisons, cela peut être intéressant à regarder.

      • [^] # Re: Black Mirror

        Posté par . Évalué à 1.

        J'étais persuadé jusqu'à aujourd'hui que la réflexivité était uniquement un concept mathématique. Je viens d'apprendre qu'elle a aussi un sens philosophique. Merci pour cette minute culturelle !

        • [^] # Re: Black Mirror

          Posté par . Évalué à 1.

          J'invoque une réciproque ici. Nous sommes quittes. (:

      • [^] # Re: Black Mirror

        Posté par . Évalué à 2.

        Mouais… Je me suis fait les 3 d'affilée et n'ai pas été déçu par la 3e.

        • [^] # Re: Black Mirror

          Posté par . Évalué à 3.

          Je suis peut-être difficile. La saison m'a paru s'axer sur le divertissement, les idées préconçues et souvent bien peu exploitées ainsi que sur une certaine forme de facilité.

          Sans désirer du trash, j'espérais être surpris ou être amené à réfléchir, mais au final, quasiment tous les épisodes de la saison 3 pourraient être tirés des nouvelles de Buzzati qui elles, ne s'étendent que sur 2 ou 3 pages, sans budget conséquent.

          À chaque épisode (ou presque, petite réussite pour le 4ème à mon sens), je me suis posé une seule question : à quoi sert le format audiovisuel ici, à part à faire perdre du temps au spectateur ? Il y a bien quelques friandises (le ton très sobre du premier épisode, l'aspect horreur du second…), mais au final, c'est beaucoup de moyens pour peu de résultats à mon sens.

          Par ailleurs, cette saison, ainsi que la saison 2 de Narcos, m'ont clairement ouvert les yeux sur "la patte Netflix", au goût de pop-corn, et dont la forme, au final caduque, s'en rapproche également.

          Après, les goûts et les couleurs…Je ne peux juger ! Voilà simplement des arguments, sans vouloir en aucune façon déprécier ton avis. :)

          • [^] # Re: Black Mirror

            Posté par . Évalué à 3.

            Pour du divertissement SF dans l'air du temps, un film qui mérite d'être vu : Idiocracy des frères Cohen.
            Je ne l'ai pas revu depuis que la prophétie se réalise cependant.

          • [^] # Re: Black Mirror

            Posté par . Évalué à 2.

            À moi aussi, la saison 3 m’a paru nettement en-deça des deux premières. Même quand il y avait une bonne idée, elle était sous-exploitée.

            Je crois avoir lu que Netflix utilise en partie des algorithmes… C’est peut-être ce qui explique une saison bien plus conventionnelle et fade.

            C’est d’ailleurs ce qui m’a frappé en regardant Stranger Things. Une réalisation impeccable, un bon jeu d’acteurs, mais un scénario sans surprise, sans originalité, presque vide, qui ne fait que recycler du déjà-vu.

            • [^] # Re: Black Mirror

              Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 10/12/16 à 14:04.

              J'approuve tout à fait pour "Stranger Things". Tous les ingrédients étaient là, de l'OST au jeu des acteurs, mais il manquait comme un liant si j'ose dire.

              J'ai été emporté par l'aspect nostalgique, ambiance années 80, mais derrière, tout m'a semblé assez creux.

              Et très honnêtement, je retrouve de nombreuses similitudes dans les 3 séries citées : une sorte de fabrication scénaristique scolaire, convenue, peu prise en défaut, mais globalement insatisfaisante.

              J'ai par ailleurs été très étonné du succès de la saison 2 de Narcos, réputée meilleure que la première saison, mais qui se fourvoie dans des inventions labiles qui n'ont aucune raison d'être si ce n'est d'imposer un rythme clairement malvenu à mon sens (mais pas à celui des spectateurs !).

  • # Stross

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    Je lis beaucoup moins depuis que je vais au boulot à vélo plutôt qu'en train et du coup je n'ai qu'une seule recommendation dans ce que j'ai lu récemment.

    The Family Trade de Charles Stross. Ça trainait dans ma pile de trucs à lire depuis un moment, ce qui m'a permis d'oublier pourquoi je l'avais acheté et de redécouvrir avec (une bonne) surprise que c'est du Zelazny avec moins de fantasy et plus d'intrigue politico-économique. Je vais vraisemblablement attaquer la suite de la série dans le courant de l'année prochaine.

    pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

    • [^] # Re: Stross

      Posté par . Évalué à 2.

      Pour les bouquins de Stross, on les trouve en libre diffusion (CC-BY-NC-ND) sur le net. Par ex., voilà Accelerando ! Il tient un blog sur ce même site.

  • # Des HS

    Posté par . Évalué à 5.

    D'abord, merci pour les conseils, le Latium donne envie ! Ce qui m'amène à mes hors-sujet (comme vous avez l'air d'être de bons lecteurs !) :

    1) J'ai envie depuis un certain temps de m'immerger dans un univers SF de type space opera, mais je ne sais pas trop dans quelle direction me diriger. Je me penche naturellement vers Foundation d'Asimov, mais j'hésite. Que conseillerez-vous à un néophyte ?
    Si jamais, je suis assez attaché au style. Je n'aime pas me divertir (cette phrase me fait rire en l'écrivant) simplement en lisant, j'aime la beauté de l'écriture. Je peux lire avec plaisir un texte bien écrit vide d'histoire (je pense A rebours de Huysmans par ex.), mais je n'arrive vraiment pas à faire l'inverse (une belle histoire mal écrite).

    2) Vous lisez parfois sur des supports numériques, du genre tablette, liseuse ?

    3) Vous utilisez quoi comme source pour vous informer de l'actualité SF ? Malheureusement, ils n'en parlent pas des masses, les belles gens des lettres francophones dans leur canard.

    • [^] # Re: Des HS

      Posté par . Évalué à 6.

      Je te conseille la La saga du Commonwealth et sa suite : La trilogie du vide.

      Je ne sais pas vraiment ce que vaut l'écriture (je ne suis pas très regardant sur ce critère) mais l'univers m'a complètement emporté.

      Sinon je lis sur liseuse et papier, j'aime les deux formats mais la liseuse est beaucoup plus pratique à transporter.

      • [^] # Re: Des HS

        Posté par . Évalué à 7.

        Je plussoie pour La saga du Commonwealth : c'est un "page turner" mêlant comme souvent chez Peter F. Hamilton enquête policière et SF à grand spectacle : aliens (très) méchants ou énigmatiques, sphère de Dyson, portails interstellaires etc… C'est écrit dans un style simple qui fait que les bouquins se lisent bien en V.O.

        Ma principale réserve concerne le peu d'imagination dont il fait preuve pour décrire cette société du futur, dans la trilogie du vide une des héroïnes gagne sa vie en rénovant des appartements et trouve l'amour dans un magasin de bricolage !

        Les deux séries sont éditées en France chez Bragelonne qui est un des rares éditeurs à respecter ses lecteurs qui lisent en numérique : pas de DRM, prix significativement plus bas que les éditions papier, y compris pour les poches.

        Pour donner une idée du style voici le début du prologue de "Pandore abusée" :

        Le croissant bouffi et roux sale de cette planète qui n’était pas vraiment un monde dominait Ulysse de toute sa masse : Mars. Petite, glaciale, aride, dépourvue d’air, c’était une version froide de l’enfer. Sa silhouette rougeoyante était intimement liée à l’histoire de l’humanité. D’abord dieu de la guerre adoré par des générations de combattants, Mars avait ensuite inspiré d’innombrables rêveurs.

        Pour le capitaine-pilote de la NASA Wilson Kime, le rêve était devenu réalité. Deux cents kilomètres derrière le pare-brise étroit et incurvé de son module d’atterrissage, il devinait l’entaille sombre de Valles Marineris. Petit garçon, il avait bu goulûment les fantasmes technologiques décrits par la fondation du Bélier. Un jour, dans un futur indéterminé, le génie humain parviendrait à faire fondre la glace emprisonnée sous ce paysage couleur rouille, et une eau écumante s’écoulerait de nouveau au fond de ce large canyon. Aujourd’hui, il allait arpenter les cratères poussiéreux dont il avait tant de fois admiré les photos satellite ; il recueillerait dans ses mains gantées ce sable rouge légendaire, il le laisserait s’échapper et le regarderait tomber lentement dans la faible gravité. Aujourd’hui serait son jour de gloire.
        Wilson se lança instinctivement dans un exercice de respiration, calmant les battements de son cœur avant que la réalité de ce qui était sur le point de se produire affecte son métabolisme. Pas question de laisser aux toubibs de Houston une chance de mettre en doute sa capacité à piloter son engin d’atterrissage. Il avait passé huit ans dans l’USAF et s’était battu deux fois au Japon dans le cadre de l’opération « Restaurer la paix ». Puis il avait bossé neuf ans pour la NASA. Toutes ces années de travail et d’attente. Tous ces sacrifices. Son premier mariage, l’enfant qui refusait de le voir. Les innombrables simulations à Houston, les conférences de presse, les visites de sites industriels à n’en plus finir. Il avait supporté tout cela pour pouvoir vivre ce moment, pour poser le pied sur ce sol sacré.
        Mars. Enfin !
        — Mise en route du scanner VKT, mesure de résistance et d’induction, dit-il au pilote automatique de son engin.
        Les rais de couleur emprisonnés dans le pare-brise formèrent de nouvelles figures géométriques. Wilson regarda l’horloge du coin de l’œil : huit minutes.
        — Purge du système de BGA et du tunnel de liaison.
        Sa main gauche voleta au-dessus de la console et enclencha les boutons idoines. Des diodes s’allumèrent, confirmant le bon fonctionnement des appareils. Les logiciels de commande vocale avaient leurs limites, et certaines manipulations resteraient à jamais le domaine réservé de l’homme.

        • [^] # Re: Des HS

          Posté par . Évalué à 5.

          C'est très très tentant de parler de la suite de ce prologue … Mais ce serait vraiment gâché le plaisir des futurs lecteurs. Hamilton, c'est vraiment jouissif pour ça.

          Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

        • [^] # Re: Des HS

          Posté par . Évalué à 5.

          J'ai énormément apprécié la Saga du Commonwealth. Un peu moins la Trilogie du vide, en partie je pense parce que je n'ai pas accroché sur les chapitres avec les « pouvoirs psychiques ». Un autre livre de Peter Hamilton que j'ai beaucoup aimé c'est Fallen Dragon. Pour une première approche d'Hamilton c'est pas mal vu que ça se limite à un seul volume d'une taille raisonnable. Il y a aussi Manhattan à l'envers qui est un recueil de nouvelles dont une se plaçant dans l'univers du Commonwealth où l'on suit Paula Myo (peut-être mon personnage préféré).

    • [^] # Re: Des HS

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    • [^] # Re: Des HS

      Posté par . Évalué à 7.

      1) Si tu es attaché au style, en space opera je dirais Hyperion de Dan Simmons. Fondation d'Asimov a de grandes qualités, mais le style n'est pas celle que je mettrais en avant. Il y a aussi l'incontournable Dune de Franck Herbert. Sinon, en SF, par la nature même du genre, les auteurs on plutôt tendance à privilégier les idées à l'esthétique. Ça n’empêche pas la poésie, je pense en particulier à Ray Bradbury par exemple.

      2) Oui, c'est très pratique, la liseuse numérique, en particulier quand on voyage. Il y a aussi un tas d'avantage comme le fait d'avoir un dictionnaire intégré, et un retro-éclairage. Mais je continue à acheter des bon vieux livres papiers. J'aime trop les bibliothèques, et leur enfilade infinie d’étagères croulant sous des tonnes de livres. Elles ont toujours eu pour moi un coté fascinant. Même si pour apprécier réellement une vraie bibliothèque, il vaut mieux être un orang-outan.

      3) La salle 101 Une émission de radio qui parle de SF, mais pas seulement et qui a ce goût inimitable des radio libres de la bande FM des années 80. Un peu foutraque, enregistrée dans un bistrot parisien, au ton décalée, mais toujours pertinente, en tous cas en ce qui concerne mes goûts, sur ces choix de livres. Sinon tu as deux revues Bifrost et Galaxies, toutes les deux disponibles en numérique. Coté site internet francophone, noosphere, actusf, quarante-deux et feu le cafard cosmique qui n'est plus mis à jour, mais qui reste une référence. Il arrive aussi que Mauvais Genres, l’émission de France Culture s'y intéresse.

      Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

      • [^] # Re: Des HS

        Posté par . Évalué à 2.

        Merci pour ces liens ! Je crois que je vais me tourner dans un premier temps vers Hyperion.

        Même si pour apprécier réellement une vraie bibliothèque, il vaut mieux être un orang-outan.

        Celle-ci, je l'épingle dans ma mémoire. Tu m'as bien fait sourire.

        En ce qui concerne les sites, j'ai découvert l'autre jour Usbek & Rica. Ce n'est pas spécifiquement sur la SF (plutôt sur la futurologie), mais il y a parfois des articles à ce propos.

    • [^] # Re: Des HS

      Posté par (page perso) . Évalué à 4. Dernière modification le 10/12/16 à 17:32.

      Je plussoie le commentaire de Daiko sur Hamilton

      J'ai découvert la SF grâce a son "Aube de la nuit" 6000 pages :)
      L'humanité qui a 2 branches (normale et biotech), des extra-terrestres, des dizaines de planètes et surtout … des fantômes (dont certains de personnages célèbres)

      Pour la saga du Commonwealth,j'ai bien aimé aussi. Et son idée pour raconter la première utilisation d'un trou de ver est géniale

      Pour le format, je suis en livre physique chez moi avant de dormir et livre électronique en mobilité pour ne pas abîmer les livres papiers.

  • # Ma liste à moi

    Posté par . Évalué à 8.

    Les dernières lectures qui m’ont marqué (en bien) :

    Schild's Ladder (Greg Egan)

    Le roman commence, grosso-modo, par une physicienne réalisant une expérience extrêmement délicate, et, voyant les premiers résultat arriver, s’exclame « Oups ! Erreur de signe. Je crois que je viens de détruire l’univers ».

    Hard SF explorant l’hypothèse du faux vide

    Diaspora (Greg Egan)

    Petite histoire du transhumanisme. L’auteur essaie de dépeindre à quoi ressemblera l’humanité quand notre esprit, au lieu de tourner sur des cerveaux fonctionnant à quelques centaines de Hertz, pourra être implémenté sur des ordinateurs…

    Teranesia (Greg Egan)

    Difficile à décrire… je crois que Wikipedia EN est le moins pire qu’on puisse faire : « The novel explores an unusual connection between molecular genetics and quantum computing »

    Orthogonal (Greg Egan)

    De la hard SF. Très très très très hard. C’est, grosso-modo, l’histoire de l’exploration des lois physiques chez une race extraterrestre (ce serait comment un roman suivant la vie de Newton, Dirac, et Einstein si l’histoire se passait sur terre). Sauf que ce ne sont pas nos lois physiques. L’auteur a ajouté un tout petit changement aux lois fondamentales, changement qui a d’importantes conséquences (je ne vous dirai pas quel est ce changement, ce serait du spoil). Voyez ça comme un roman policier où les indices arrivent petit à petit, sauf que la question n’est pas « qui a tué le docteur Lenoir ? » mais « quelles lois physiques de notre univers sont violées dans cet univers, et quelle est LA différence fondamentale qui explique ces différences entre notre physique et la leur ? ».

    Globalement, c’est du gros physics pr0n, encore plus que les autres écrits d’Egan.

    Incandescence, du même auteur, est assez proche : l’histoire d’une société peu développée qui découvre la mécanique classique, puis la relativité générale, vu par ses découvreurs (sauf que là, c’est bien la physique de notre univers qui est découvert).

    Bon, je m’arrête là pour Greg Egan, vu que je pourrai citer tous ses écrits. Rien n’est à jeter chez lui, c’est un des deux seuls auteurs desquels je dis ça (l’autre étant Terry Pratchett). Mais il faut aimer la hard SF.

    Worm

    C’est une histoire de super-héros, et j’aime pas les histoires de super-héros. Et la description est certainement une des plus repoussantes qui m’ait été donnée de lire « An introverted teenage girl with an unconventional superpower, Taylor goes out in costume to find escape from a deeply unhappy and frustrated civilian life » (c’est quoi ça ? Une adolescente dépressive qui cherche à déballer ce qu’elle a sur le cœur en écrivant de la fiction ? D’accord, l’écriture, paraît-il, est une assez bonne forme de thérapie. Mais le résultat est rarement ragoutant).

    Alors la première fois qu’on me l’a conseillé, j’ai passé, même si généralement la personne qui me l’a conseillé est de bon conseil. La deuxième fois, idem. La troisième fois, je me suis dit « bon, on va essayer vite fait ». La surprise a été extrêmement agréablement bonne.

    Soit l’auteur a lu les séquences de LessWrong, soit la philosophie/culture rationaliste a percolé jusqu’à lui, et ça se ressent par mille petits détails qui mettent ce web serial bien au dessus des autres, et même au dessus de la plupart de la SF publiée (remarquez qu’on remarque la même influence rationaliste chez Greg Egan, ce qui fait que je l’aime autant). Par exemple, ses aliens ne sont pas juste des être humains à la peau grise, avec une langue différente et une technologie plus avancée (tiens, ça me rappelle un truc que j’ai lu ailleurs). L’auteur n’inflige pas d’extrêmes violences à la science pour tenter des explications alambiquées pour expliquer les phénomènes paranormaux qui se déroulent (mhhhnh…. J’ai déjà lu ça quelque part). En fait, il n’essaie pas trop fort d’expliquer les phénomènes étranges, à moins que ça s’inscrive naturellement dans le scénario (ça aussi, ça me rappelle quelque chose).

    • [^] # Re: Ma liste à moi

      Posté par . Évalué à 2.

      Tu es démasqué, Greg Egan.

      Mais merci pour la liste, cela semble tout à fait intéressant !

    • [^] # Re: Ma liste à moi

      Posté par . Évalué à 5.

      Livres :
      Schild's Ladder et Diaspora ne sont pas encore traduits.
      Pas nouveau même peut-être un classique, Spin de Robert Wilson. La Terre se retrouve dans un ciel sans étoile, isolée ou fin de l'univers ? On suit ce qui cherche à comprendre et un peu ceux qui virent à la religion apocalyptique qui ne manque pas de surgir. C'est plutôt bien écrit et la personnalisation excessive, un héros, que je reproche trop souvent la SF, ne dessert pas le propos ici, au contraire.

      Neuromancien, un des romans ayant inspiré Matrix, avec Ubik et Simulacron 3. L'écriture est agaçante au début, à force de rabâcher des noms de sociétés d'électroniques pour rappeler lourdement que c'est une société capitaliste monopolistique. Au point que j'ai failli arrêter en route. Mais l'action vous entraîne et il y a pas mal d'idées qui ne sont pas neuves pour qui a vu Matrix.

      En films :
      - Sphere, c'est vieux, avec Dustin Hoffman, Sharon Stone et Samuel L Jackson, contact avec…
      - une bonne surprise, un peu plus récente : Oblivion avec Tom Cruise en gardien d'un monde dévasté.
      - La stratégie Ender : pas mal non plus, bien que, comme souvent, le bouquin est, selon ouï-dire, bien au-dessus (et différent)
      - Edge of tomorrow : autre bonne surprise avec Tom Cruise, invasion E.T., il est troufion sur une plage et meurt et…

      Séries :
      - Black Mirror, 'pas encore vu la S3. Les deux premières m'avait soufflé.
      - j'ai de bons échos de West World.
      - Wayward pines, pas mal, c'est du Shyamalan, à la truelle, mais ça fonctionne.
      - Stranger things : plaisir régressif 80's, E.T., les Goonies, Super 8

      • [^] # Re: Ma liste à moi

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Je plussoie pour Robert Wilson, c'est de la SF qui se lit vraiment facilement (contrairement à la hard SF genre Greg Egan qui est quand meme souvent assez dure à digerer—ainsi que bon nombre de romans cyberpunk type Neuromancien).

        J'ai beaucoup aimé Blind Lake de Robert Charles Wilson.

        PS: dans le genre dur à lire avec des tonnes de name-dropping et de concept-dropping je viens de lire Accelerando de Charles Stross. Il a quand même ressenti le besoin de conclure le livre par un glossaire de 50 pages.. Je pense que quand on en arrive là on n'est plus vraiment dans le roman de sf. Les idées développées sont très intéressantes, mais ni l'histoire ni les personnages ne le sont suffisament.

    • [^] # Re: Ma liste à moi

      Posté par . Évalué à 1.

      Je n'ai pas encore lu Orthogonal, mais ça ne aurait tarder. Il nous a été conseillé par notre professeur de physique (qui est assez à fond dans la SF) à la fin d'un cours sur la relativité ! Il a tout l'air d'un must have.

  • # Mon dernier livre de SF.

    Posté par . Évalué à 4.

    C'est…1Q84.
    Je ne suis pas sûr que cela soit de la science-fiction par ailleurs.

    Étrange, hypnotique, très long, il parle d'humains qui n'existent pas dans un Tokyo d'avant et d'ailleurs, d'amour qui existe et aussi, cela va sans dire, de sectes. Écrit pour les amoureux des détails.

    J'ai moyennement aimé, mais l'œuvre est intéressante.

  • # Stephen Baxter

    Posté par . Évalué à 5.

    Bonjour à tous,

    Je suis un lecteur compulsif de science fiction, et je ne peux que vous recommander les œuvres de Stephen Baxter : dernièrement, il y a eu la série Longue Terre (écrite avec Terry Pratchet), qui imagine des mondes parallèles accessible "simplement" à l'aide d'un appareil à partir d'un montage électronique basé sur une pomme de terre. Tout Baxter est à recommander…

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Stephen_Baxter#S.C3.A9rie_La_Longue_Terre

    Il y a ensuite la série Silo, qui imagine un monde vertical, dans un silo enterré…

    J'ai dernièrement acheté "un peu par hasard" Des milliards de tapis de cheveux de Andreas Echbach, qui est très bon aussi…

    Je lis dans le métro (1 livre / semaine), et je vais à ma bibliothèque, qui est bien garnie, ce qui limite mes achats, mais j'achète quand même quelques livres…

    • [^] # Re: Stephen Baxter

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      je confirme que Silo, c'est un truc de dingo… très sympa, que ce soit dans l'écriture ou dans le scénario.

      Se lit très très vite.

      • [^] # Re: Stephen Baxter

        Posté par . Évalué à 2.

        Je rejoins aussi cet avis, cette trilogie (qui contient Silo, Silo Generations et Silo Origines, le dernier commençant comme un prequel) est vraiment excellente.

  • # et Kim Stanley Robinson alors ?

    Posté par . Évalué à 0.

    On ne peut pas parler de SF si on ne parle pas aussi de Kim Stanley Robinson, et de la géniale trilogie Mars la verte, Mars la bleue, Mars la rouge (je ne me souviens plus de l'ordre :)). Ça décrit l'histoire de la terraformation de Mars et sa colonisation. Pour moi, cette histoire est en haut de la pile avec quelques autres (dont j'ai vu les noms plus hauts), c'est vraiment une des meilleures séries de SF !

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