Journal Logiciel libre et liberté d'expression, extrait d'un article de Rickard Falkvinge

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6
8
mai
2012

Coucou les moules, encore un nouvel article du Piratpartiet qui défend que le droit d'auteur menace le droit au secret de la correspondance.

L'article est long, je n'en ai copié que la partie sur le logiciel libre, présenté comme un excellent moyen de protection de la liberté d'expression. Je pense que ça tombera sous le sens ici, mais comme l'article répond à certaines questions qui ont pu être posées dans les journaux/dépêches précédents, qu'il n'est pas formulée de manière tout à fait consensuelle et qu'ainsi je fait de la pub pour les pirates chez les libristes…

Dans la nuit de l’obscurantisme, des activistes jouent au chat et à la souris avec les outils de surveillance et de contrôle afin de garantir la liberté d’expression. Ce sont les héros de notre génération. En nous permettant de garantir notre liberté d’expression et de publication, ils nous assurent des communications incontrôlables. C’est pourquoi ils attaquent aussi le droit d’auteur dans son cœur, par effet collatéral.

Le logiciel libre est au cœur de la contre-réaction à Big Brother. Chacun peut examiner le contenu d’un logiciel libre, ce qui rend l’inclusion de portes dérobées ou de mécanismes de surveillance impossible, et lui permet de se répandre comme la poudre si nécessaire.

De plus, il renonce au rêve du monopole, à tel point que les méthodes de développement les plus populaires le combattent activement, faisant ainsi de nouveau le lien entre imposition du respect du droit d’auteur et répression. Les systèmes d’exploitation et les logiciels de communication libres sont au cœur de toute liberté d’expression à venir ou présente.

Le logiciel développé par ces héros garantit nos droits civiques. Il s’agit de Tor, FreeNet, I2P, TextSecure et RedPhone. Que des criminels échappent à la surveillance par ces moyens est un faible prix à payer pour nos droits: Demain, ce sera peut-être nous qui serons considérés comme des criminels pour subversion. Ces outils sont déjà utilisés par les peuples en révolte contre la corruption. Nous devrions nous en souvenir.

En même temps et par nécessité, ces logiciels libres rendent le droit d’auteur inapplicable, puisque qu’ils créent des moyens de communications anonymes, intraçables, inespionnables. Le blogueur Mike Masnick de Techdirt faisait récemment remarquer que « le piratage et la liberté ressemblaient à des frères jumeaux ».

C’est peut-être le manifeste de Freenet qui est le plus clair :

« Vous ne pouvez pas garantir la liberté d’expression et appliquer le droit d’auteur. C’est pourquoi toute technologie destinée à garantir la liberté d’expression doit aussi empêcher l’application du droit d’auteur ».

Les combats pour la liberté d’expression et pour la défaite du monopole du droit d’auteur sont les mêmes. C’est pourquoi les révolutions utiliseront des outils qui non seulement ne sont pas en-dehors du monopole du droit d’auteur, mais le combattent activement. La licence pour la révolution ne sera pas proprement concédée.

  • # C'est faux.

    Posté par . Évalué à 10.

    Ton journal mélange joyeusement deux concepts : la correspondance privée, et la publication.

    Il se trouve qu'Internet permet les deux, c'est ce qui le différencie d'autres médias comme la radio (uniquement publication) ou le courrier papier (correspondance privée).

    Mais ces deux notions doivent rester distinctes car elles n'obéissent pas aux mêmes règles : par exemple , le secret de la correspondance est protégé, alors qu'au contraire une publication a pour objectif d'être connue de tous. Internet est à la fois une radio et un téléphone. Tu peux poster ton journal ici, et "n'importe qui" pourra venir le lire. Je peux t'envoyer un mail et là, au contraire, le but est que seul toi puisse le lire.

    Le droit d'auteur ne prétend pas être appliqué aux correspondances privées. Si je t'envoie personnellement, nommément, une copie d'un film, nul n'en saura rien. La lutte contre la contrefaçon ne se fait pour l'instant QUE contre les publications de contrefaçons. Le P2P, les sites de DDL, le streaming, les plateformes de warez.. toutes les technologies utilisées pour publier des contrefaçons, et qui ont suscité l'intérêt de la justice ou l'écriture de lois, sont des technologies de publication, et uniquement de publication. Il n'y a aucun exemple de correspondance privée qui aurait provoqué une réaction de la justice parce qu'une telle correspondance aurait été utilisée pour échanger des contrefaçons. Encore aujourd'hui, le FTP entre amis protégé par mot de passe, les échanges de mp3 par mail, sont totalement en dehors du radar. Et, avec un bon avocat, il me semble que la législation actuelle pourrait permettre de parvenir à un non-lieu : c'est du cercle privé.

    Les outils que tu cites (TOR, Freenet..) permettent, et de correspondre de façon anonyme (c'est à dire, de garder le secret de la correspondance même si le FAI ne le respectent plus), et également de publier des informations de façon anonyme, donc potentiellement d'enfreindre la législation sur les droits d'auteur.

    Sauf que, par définition une publication peut être vue par n'importe qui. Autrement dit : si Freenet ou TOR deviennent les plateformes majeures de publication de contrefaçon, rien n'empêche TMG d'utiliser un client Freenet ou TOR, de demander des morceaux de film et de musique, et d'envoyer à Hadopi les @IP des gens qui, tout simplement, publient via TOR ou Freenet des bouts de contrefaçon.

    On pourrait objecter que le responsable de l'@IP ne fait que relayer une connexion, sans savoir ce qu'elle contient dans le cas de Freenet. Certes. Mais, dans ce cas, comme le prévoit la LCEN, il possède des logs, car il est fournisseur d'un service de communication. Ses logs devraient permettre de remonter au prochain noeud, qui soit est coupable de ne pas avoir de logs, soit possède à son tour des logs, etc. La responsabilité ne s'évapore pas, au final on retombe forcément, soit sur celui qui a publié la contrefaçon, soit sur celui qui a merdé en ne tenant pas de logs.

    Au sujet de cette obligation de logs :

    C'est cette obligation qui peut permettre également de retrouver l'auteur d'une attaque DOS, d'un commentaire raciste, d'une vague de spam.. proposer, comme j'ai pu le lire chez différents "pirates", que l'anonymat soit total sur Internet, c'est transformer la couche IP en farwest monstrueux. Et favoriser un peu plus la migration vers les services centralisé sur Internet. Si aucune justice, aucun état de droit, ne peuvent me protéger contre le fait que quelqu'un puisse décider un jour de noyer mon serveur auto-hébergé sous 100Mb/s de flood UDP, ou des milliers de spam par jour, je vais bien être obligé d'aller chez Google, qui lui a les moyens de se protéger. Ce serait triste. Au contraire je pense qu'il faut retourner à une politique volontariste de responsabilisation à ce niveau là. Traiter chaque locataire de connexion à Internet comme ce qu'il est : à savoir, une personne physique ou morale disposant d'un moyen de publication. D'une presse à imprimer, si tu préfères. Si Claude Michu loue une presse à imprimer, imprime 200 000 tracts promotionnels pour du viagra, et pollue la ville en les distribuant partout, on tape sur les doigts de Claude Michu.

    Donc non, la possibilité d'avoir une correspondance privée et d'être anonyme ne sont pas forcément soudés à la possibilité de porter atteinte aux droits d'auteurs dans leur forme actuelle. Je peux très bien utiliser TOR ou Freenet pour échanger des mails chiffrés avec GPG, si je me méfie du monde entier. Et pourtant on peut imaginer une lutte, certes fastidieuse, mais pas impossible, contre la publication de contrefaçons via ce même moyen.

    En fait, la différence est assez simple : une publication se fait forcément en clair. Quelqu'un, quelque part, propose forcément une version non chiffrée de l'oeuvre couverte sous droit d'auteur, et ce quelqu'un se rend coupable ou complice de contrefaçon, selon s'il en est l'auteur, ou s'il a décidé de proposer un service de communication qui ne tient pas de logs.

    Alors qu'un échange privé, qu'il s'agisse d'une copie de film ou d'un mail très personnel, peut se faire dans un format qui n'est compris que par le destinataire. Par nature, le tout venant, TMG et ayant-droit y compris, ne peuvent pas voir ce dont il s'agit.

    M'est avis qu'il faudrait cesser de mélanger la possibilité (fort agréable, et dont j'aurais moi-même du mal à me passer) d'accéder à, et de publier des contrefaçons d'oeuvres dont les auteurs n'ont pas compris que le monde change, avec des grandes idées comme la liberté d'expression, la lutte contre les dictatures, la vie privée ou le droit de respirer. Ça me ferait chier de ne plus pouvoir regarder les séries en VOSTFR trois jours après leur sortie aux USA. OK. Ça me ferait chier, mais j'ai vécu des années sans, et ma vie n'a pas été un enfer. Je ne mettrais pas une telle impossibilité sur le même plan que le fait de vivre dans une dictature, ou le fait qu'on se mettrait à fouiller mes mails persos.

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    • [^] # Re: C'est faux.

      Posté par . Évalué à -6.

      TL;DR : WTF

      • [^] # Re: C'est faux.

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        Son commentaire, quoique plus long, est beaucoup plus lisible, clair, et compréhensible que le journal auquel il répond. J'ai pas réussi à tout lire du journal, mais j'ai réussir à lire ce commentaire en entier. Il me semble donc beaucoup plus raisonnable et pertinent.

        Par contre, si ton commentaire est très court, il ne contient aucune information raisonnable, seulement des émotions. Comme je ne partage pas tes émotions, et qu'il n'apporte rien d'autre, je constate juste que ton commentaire ne m'apporte rien. Je trouve donc ton commentaire bien inutile. ;)

        ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par . Évalué à 0.

          L'article est un bout d'article sorti de son contexte. C'est peut-être ça qui gêne la lecture.

          Quand au commentaire de Grunt, j'ai eu le même réflexe qu'insert_coincoin. Pour moi, c'est difficile à lire. Qu'en déduire ?

        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par . Évalué à 1.

          En fait, mon commentaire voulait dire "résumé pour ceux qui ne veulent pas tout lire : tu dis n'importe quoi".

          • [^] # Re: C'est faux.

            Posté par (page perso) . Évalué à 1. Dernière modification le 19/05/12 à 14:09.

            et tu as quelle autorité pour que :
            - sans lire son journal,
            - ni lire tes arguments,
            nous ferions confiance en ton jugement ?

            ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

    • [^] # Re: C'est faux.

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      Justement, Internet tend à brouiller la frontière entre diffusion et communication privée. Si je poste sur G+ à destination des personnes dans mes cercles, est-ce diffusion ou communication ? Et si, juste avant cela, je rajoute 1000 personnes dans mes cercles ? Et si je choisi l'option "visible par les personnes dans les cercles des personnes dans mes cercles" ?

      Bref, cette distinction est très loin d'être aussi précise que ce qu'on aimerait.

      • [^] # Re: C'est faux.

        Posté par . Évalué à 2.

        Le même raisonnement s'applique au courrier normal (et à tous les moyens de communication), ça n'a aucun rapport avec internet. Si une entreprise envoie un courrier (publicitaire par exemple) à des milliers de personnes, ça ne remet pas en cause la communication privée au téléphone.

        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par . Évalué à 7.

          Nan, sa réponse est bien vue. Si on considère qu'une communication privée se fait à destination d'un ensemble de destinataires décidés à l'avance, on peut rapidement trouver des cas où cette définition produit des choses absurdes. Si je crée un site Web qui prétend rassembler "tout mes amis qui aiment partager des DivX", et qu'il y a un million d'inscrits, j'aurais du mal à convaincre un juge que ce sont un million de correspondances privées chaque fois que j'y uploade un fichier. Il y a des statuts intermédiaires entre "correspondance privée" et "publication".

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    • [^] # Re: C'est faux.

      Posté par . Évalué à 2.

      Quelques éléments faux dans cette réponse, même si je suis d'accord que Rick n'est pas tout à fait explicite voire peut-être lacunaire.

      Si je t'envoie personnellement, nommément, une copie d'un film, nul n'en saura rien. La lutte contre la contrefaçon ne se fait pour l'instant QUE contre les publications de contrefaçons.

      Oui mais non. La SABAM, la SACEM belge, a bel et bien tenté de promouvoir des mesures de DPI, et s'est faite déboutée par la cour de justice européenne.

      Donc le droit au secret de la correspondance a bien été attaqué, au moins dans ce cas précis.

      Et je n'ai aucun doute sur le faite que les majors aimeraient aussi bien poursuivre les gens qui partagent à titre privé.

      Sinon, pourquoi censurer thepiratebay sur MSN ou FB ?

      À part ça: 

      En fait, la différence est assez simple : une publication se fait forcément en clair.

      Faux ou pas clair :P Et le ssl et le chiffrement des torrents ?

      Il se trouve qu'Internet permet les deux, c'est ce qui le différencie d'autres médias comme la radio (uniquement publication) ou le courrier papier (correspondance privée).

      Justement, il est sous-entendu que dans les flux de 0 et de 1 il n'est pas possible de trier ce qui relève du privé ou du public sinon en inspectant les paquets.

      • [^] # C'était vrai

        Posté par . Évalué à 2.

        Non mais ce n'est pas le problème. Tu avais raison. Dans un pays qui reconnaît la liberté d'expression tu peux aller dans la rue et faire un discours public sans être inquiété (modulo un certain nombre de contraintes qui ont été ajoutées). Sur Internet, si tu veux permettre la même chose dans des pays où la liberté d'expression est faible ou inexistante, tu dois déployer des moyens techniques qui permettent également la contrefaçon.

        • [^] # Re: C'était vrai

          Posté par . Évalué à 3.

          Le problème, c'est que dans un tel pays on peut tout autant t'accuser du fait d'utiliser l'outil en question. Avec Freenet, je ne pense pas qu'un dissident en Chine soit couvert s'il se fait saisir son ordinateur et que, justement, il apparaît qu'il utilise Freenet. Et ce, quand bien même on ne pourrait retrouver aucune trace de ses consultations et publication via ce réseau.

          Ça ne veut pas dire que ces outils sont inutiles, mais ils ne résolvent pas les problèmes politiques magiquement, non plus.

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      • [^] # Re: C'est faux.

        Posté par . Évalué à 3.

        Oui mais non. La SABAM, la SACEM belge, a bel et bien tenté de promouvoir des mesures de DPI, et s'est faite déboutée par la cour de justice européenne.

        Donc le droit au secret de la correspondance a bien été attaqué, au moins dans ce cas précis.

        Et la cour de justice européenne l'a heureusement protégé.

        Sinon, pourquoi censurer thepiratebay sur MSN ou FB ?

        Aucune idée, demande à Microsoft ou Facebook, ou utilise un autre service si tu n'aimes pas être censuré. Au passage c'est un délit de censurer une correspondance privée, comme le font ces services..

        Faux ou pas clair :P Et le ssl et le chiffrement des torrents ?

        Pas clair, effectivement : si tu télécharges via SSL une oeuvre depuis un newsgroup (par exemple), ou qu'un torrent est chiffré, à ce moment-là tu accèdes bien à une publication, mais ton FAI ne peut pas le savoir.

        En fait, bien entendu il n'est pas censé le savoir : du point de vue du FAI, les gens échangent des paquets IP entre les points A et B, et tout ces paquets sont potentiellement des correspondances privées. Il faut faire la différence entre la couche de transport (IP), où sur Internet tout est de point à point et privé, et la couche applicative, dans laquelle un site Web qui propose une donnée sans demander d'authentification préalable effectue bien une publication.

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        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par . Évalué à 0. Dernière modification le 08/05/12 à 19:47.

          Aucune idée, demande à Microsoft ou Facebook, ou utilise un autre service si tu n'aimes pas être censuré. Au passage c'est un délit de censurer une correspondance privée, comme le font ces services.

          Comme je suis méchamment paranoïaque, j'ai ma petite idée : c'est de la censure pour faire plaisir à ceux que ça sert.

          En fait, bien entendu il n'est pas censé le savoir : du point de vue du FAI, les gens échangent des paquets IP entre les points A et B, et tout ces paquets sont potentiellement des correspondances privées. Il faut faire la différence entre la couche de transport (IP), où sur Internet tout est de point à point et privé, et la couche applicative, dans laquelle un site Web qui propose une donnée sans demander d'authentification préalable effectue bien une publication.

          Je retiens surtout ce point pour faire une distinction : Rick s'arrête au niveau des 0 et des 1 et refuse de s'intéresser au contenu. Car pour lui, examiner le contenu, c'est d'office porter atteinte au dit secret de la correspondance. Il est donc bel et bien logique.

          En revanche, bien sûr, si on remonte d'un niveau, on se rend compte que certaines communications (privées entre serveurs) transportaient des données publiées publiquement.

          Dans cette optique, la seule possibilité pour montrer qu'il y a entorse au droit d'auteur, c'est d'avoir la main sur un des deux bouts de la chaîne:

          • soit on joue au client avec un huissier à portée de main pour constater l'infraction
          • soit on a accès aux logs du serveurs et on constate idem des transferts illégaux (ceci dit initiés par le serveur en question…)

          Dans tous les cas, cela interdit la surveillance du pair-à-pair ou des téléchargements par les FAIs, ce que souhaitent les compagnies type SACEM. Et cela empêche bien, comme Rick le dit, toute lutte efficace contre le piratage.

          D'où sa conclusion en général, que des lois inapplicables et à tendance liberticide sont mal foutues, et qu'il faut les changer.

        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Aucune idée, demande à Microsoft ou Facebook, ou utilise un autre service si tu n'aimes pas être censuré. Au passage c'est un délit de censurer une correspondance privée, comme le font ces services..

          Sauf que si ça passe par des serveurs étrangers et que la censure s'effectue là bas, la loi française n'a aucun pouvoir dessus…

          • [^] # Re: C'est faux.

            Posté par . Évalué à 4.

            Bien sur que si, la loi française a un pouvoir dessus, dans la mesure ou le service est proposé en France et à destination des français.

            Ce serait différent si par exemple Microsoft ne destinait son service qu'à des utilisateurs US.

    • [^] # Re: C'est faux.

      Posté par . Évalué à 0.

      Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (il y a en général des restrictions dans la loi suivant les pays) :
      « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

      La liberté d'expression aux dernières nouvelles n'est pas restreinte à la communication privée et heureusement.

      • [^] # Re: C'est faux.

        Posté par . Évalué à 3.

        Ta réponse pourrait aussi bien s'appliquer à la publication de contrefaçon, qu'à la publication d'injures racistes. Il faut donc, soit accepter l'idée selon laquelle tout est publiable, soit démontrer une différence entre la publication de contrefaçon et la publication d'injures racistes. Autrement dit, quitter un instant le sommet des beaux principes et descendre dans l'arène de la réalité.

        Je ne suis pas en faveur de la répression de la contrefaçon, mais je trouve regrettable de lui opposer des arguments mauvais.

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        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Ben justement, pourquoi tout ne serait pas publiable ? À cause des injures racistes ?

          Je pense que les injures racistes ne tuent pas plus d'étrangers que les téléchargements ne tuent d'artistes. On reste dans le domaine de l'échange d'informations, il n'y a pas de dégât physique.

          Pourquoi la liberté de dire de grosses conneries immorales devrait-elle s'effacer devant la liberté de ne pas être choqué en les lisant ?

          • [^] # Re: C'est faux.

            Posté par . Évalué à 2.

            Complètement d'accord. C'est, si je ne me trompe, le premier amendement de la constitution américaine… Les lois françaises qui interdisent de se moquer des juifs, des noirs et des handicapés (v'la l'amalgame) me font penser à l'expression "Cautère sur une jambe de bois", on traite les effets au lieu de traiter les causes… La liberté d'expression devrait être entière et inaliénable.

          • [^] # Re: C'est faux.

            Posté par . Évalué à 3.

            Autre exemple, des données privées. Par exemple, je mets une caméra dans ta chambre à coucher, au bout d'une semaine je publie les meilleurs moments. Que je sois condamné c'est évident et normal, mais : ne trouverais-tu pas normal qu'on tente d'interdire la publication d'une telle vidéo ?

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            • [^] # Re: C'est faux.

              Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 09/05/12 à 00:40.

              ne trouverais-tu pas normal qu'on tente d'interdire la publication d'une telle vidéo ?

              Alors, déjà, mettre la caméra c'est un acte condamnable, et effectivement publier la vidéo en est un autre. Mais je comprends pas bien ton commentaire.

              • [^] # Re: C'est faux.

                Posté par . Évalué à 4.

                Hé bien, une fois la vidéo réalisée, existante, et qu'elle commence à être diffusée, trouverais-tu souhaitable ou pas qu'on en limite autant que possible la diffusion ?

                Si oui, alors il faut prendre la peine d'expliquer en quoi le fait d'interdire la diffusion d'une contrefaçon est différent, et ne pas se réfugier derrière une supposée liberté d'expression absolue que rien ne pourrait limiter sur Internet, et qui autoriserait la publication d'absolument n'importe quoi.

                C'est ce point précis qui me dérange avec l'argument "on devrait pouvoir publier n'importe quoi". Je ne suis pas d'accord avec l'argument, bien que je sois d'accord avec la cause qu'il est censé soutenir (on devrait pouvoir publier gratuitement des oeuvres, et revoir totalement les bases du système des droits d'auteur).

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                • [^] # Re: C'est faux.

                  Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 09/05/12 à 00:55.

                  trouverais-tu souhaitable ou pas qu'on en limite autant que possible la diffusion ?

                  Je vois pas bien comment on peut, techniquement, limiter cette diffusion.

                  On peut interdire (tu fais tourner la vidéo = tu risques un condamnation) mais je vois pas vraiment l'intérêt. Le délit à la base (selon moi celui qui doit être empêché) c'est le fait d'avoir posé une caméra chez quelqu'un sans son autorisation.

                  • [^] # Re: C'est faux.

                    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

                    Le délit à la base (selon moi celui qui doit être empêché) c'est le fait d'avoir posé une caméra chez quelqu'un sans son autorisation.

                    Oui, c'est la gravité de la chose se trouve dans la création du contenu lui-même, en amont de la diffusion, donc.

                    Durant l'affaire Wikileaks, il y a quelqu'un (je crois que c'est Rick Falkvinge d'ailleurs) qui a dit qu'avec Internet, le terme de "secret numérique" était une oxymore.

                    (Sans aller jusque-là, je dirais qu'avec Internet, "secret numérique partagé entre plus de 5 personnes" (à la louche) devient une oxymore)

            • [^] # Re: C'est faux.

              Posté par (page perso) . Évalué à 5.

              Je suis d'avis de traiter différemment les contenus immatériels publiés et ceux qui n'ont pas été destinés à être publiés, mais cela devrait être temporaire.

              En effet, du côté des données privées, on constate deux choses :

              • la population est de plus en plus fliquée par les puissants, mais il y a aussi une disparition progressive des tabous culturels qui fait que les individus aiment bien publier spontanément des informations qui pourraient leur porter préjudice si les puissants abusent de leur pouvoir

              • les puissants (gouvernements, entreprises, etc.), ne sont pratiquement pas surveillés par la population, et la disparition des tabous culturels n'a aucun impact sur la conservation de leurs secrets

              En terme de surveillance, les puissants ont depuis longtemps une longueur d'avance sur la population. Mais en plus, la vitesse à laquelle la surveillance de la population par les puissants augmente est supérieure à la vitesse à laquelle la surveillance des puissants par la population augmente.
              À mon avis, il n'y a pas de problème social à la disparition de la vie privée, puisque celle-ci s'accompagne en temps réel d'une disparition des tabous. La surveillance de la population par la population ne constitue pas de danger à mon avis. En revanche il y a un problème politique, tant que la surveillance entre les puissants et la population n'est pas réciproque. Il faut impérativement rééquilibrer la balance, qui penche de plus en plus en faveur des puissants. C'est pour cela que je suis en faveur d'initiatives comme Wikileaks ou Copwatch pour nous sortir du merdier. Nos surveillants finiront par tout savoir sur nous, c'est inévitable. Alors surveillons nos surveillants, pour qu'ils ne fassent pas n'importe quoi avec ce qu'ils savent de nous.

              Mais en attendant cet état d'équilibre, il faut freiner la progression des puissants dans la surveillance. C'est pour ça que je vois la protection des données personnelles des individus comme une mesure impérative, et temporaire.

    • [^] # Re: C'est faux.

      Posté par . Évalué à 3.

      Sauf que, par définition une publication peut être vue par n'importe qui. Autrement dit : si Freenet ou TOR deviennent les plateformes majeures de publication de contrefaçon, rien n'empêche TMG d'utiliser un client Freenet ou TOR, de demander des morceaux de film et de musique, et d'envoyer à Hadopi les @IP des gens qui, tout simplement, publient via TOR ou Freenet des bouts de contrefaçon.

      On pourrait objecter que le responsable de l'@IP ne fait que relayer une connexion, sans savoir ce qu'elle contient dans le cas de Freenet. Certes. Mais, dans ce cas, comme le prévoit la LCEN, il possède des logs, car il est fournisseur d'un service de communication. Ses logs devraient permettre de remonter au prochain noeud, qui soit est coupable de ne pas avoir de logs, soit possède à son tour des logs, etc. La responsabilité ne s'évapore pas, au final on retombe forcément, soit sur celui qui a publié la contrefaçon, soit sur celui qui a merdé en ne tenant pas de logs.

      Certes. Mais justement ces logiciels se basent sur le fait que remonter la chaîne est fastidieux et qu'une condamnation pour ne pas avoir tenu de logs sera peut-être relativement légère. Pour les logiciels comme RetroShare où la connexion n'est établie qu'avec des pairs connus, il faut donc réussir à entrer sur le réseau (facile mais requiert plus ou moins d'ingénierie sociale donc lent) puis demander à ses pairs des logs (prendra une éternité) et répéter cela. Le risque zéro n'existe pas. Ici, il est très très faible si le nombre d'utilisateurs est important et que l'on n'est pas une cible spécialement recherchée.

    • [^] # Re: C'est faux.

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      Je suis d'accord avec tout le commentaire, sauf un truc :

      C'est cette obligation qui peut permettre également de retrouver l'auteur d'une attaque DOS, d'un commentaire raciste, d'une vague de spam.. proposer, comme j'ai pu le lire chez différents "pirates", que l'anonymat soit total sur Internet, c'est transformer la couche IP en farwest monstrueux.

      C'est dommage de reprendre ainsi les métaphores fallacieuses d'Albanel, Riester et compagnie. Le farwest, c'est un truc dans le monde réel. Quand tu tires sur tout ce qui bouge avec ton colt pour pas qu'on vienne te piquer tes bibelots, tu tues des gens.
      Quand tu tiens des propos pouvant blesser suffisamment l'amour-propre de quelqu'un pour qu'il t'attaque en diffamation, au pires tu fais faire un caca nerveux à ton opposant. Et quand tu remets en cause la shoah, tu exprimes un avis, certes immoral, certes choquant, et très certainement de mauvaise foi, mais objectivement, d'un point de vue neutre, c'est juste une opinion comme une autre.

      Et favoriser un peu plus la migration vers les services centralisé sur Internet. Si aucune justice, aucun état de droit, ne peuvent me protéger contre le fait que quelqu'un puisse décider un jour de noyer mon serveur auto-hébergé sous 100Mb/s de flood UDP, ou des milliers de spam par jour, je vais bien être obligé d'aller chez Google, qui lui a les moyens de se protéger.

      Un jour tu parlais de la technique "cow-boy", qui consiste à bloquer les connexions en provenance des IP louches sur sa machine. Pourquoi ne pas fonctionner comme ça ? Après tout, si les Michus se retrouvent bloqués de partout, et qu'on arrête de chercher des compromis pour qu'ils puissent continuer à nous parler, peut-être qu'ils se décideront enfin à apprendre à sécuriser leur machine, non ?

      PS: Il paraît que les spammeurs utilisent de plus en plus des faux comptes sur des grands services centralisés. Le spam pourrait justement peut-être un jour constituer le commencement d'un cercle vertueux en faveur de l'auto-hébergement.

      • [^] # Re: C'est faux.

        Posté par . Évalué à 3.

        Un jour tu parlais de la technique "cow-boy", qui consiste à bloquer les connexions en provenance des IP louches sur sa machine. Pourquoi ne pas fonctionner comme ça ? Après tout, si les Michus se retrouvent bloqués de partout, et qu'on arrête de chercher des compromis pour qu'ils puissent continuer à nous parler, peut-être qu'ils se décideront enfin à apprendre à sécuriser leur machine, non ?

        Une des conséquences est que, quand le parc d'@IP est attribuée de façon dynamique, on peut se retrouver blacklisté sans avoir rien fait. Je n'aime pas le traitement "cowboy" des infractions sur Internet, où d'un côté on peut porter atteinte à la neutralité, de l'autre on infantilise les nuisibles en ne prenant aucune réelle sanction. Des mesures techniques décidées individuellement ne remplacent pas efficacement la justice d'un état de droit. C'est comme si on remplaçait le code de la route par des gros pare-choc et des citoyens qui creusent des trous dans la route devant les écoles, et qu'on laisse les gens faire ce qu'ils veulent, à charge pour chacun de se protéger.

        THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Une des conséquences est que, quand le parc d'@IP est attribuée de façon dynamique, on peut se retrouver blacklisté sans avoir rien fait.

          Justement, si ça peut pousser à l'abandon des IP dynamiques, c'est une très bonne chose.

          Je n'aime pas le traitement "cowboy" des infractions sur Internet, où d'un côté on peut porter atteinte à la neutralité, de l'autre on infantilise les nuisibles en ne prenant aucune réelle sanction.

          La sanction, c'est : tu ne peux plus parler à un certain nombre de personnes sur le réseau. C'est une sanction qui me semble appropriée, puisqu'elle est relative à l'impact que le nuisible a sur la société. Alors qu'un juge ou la loi imposera grosso-modo la même sanction à tout le monde.

          C'est comme si on remplaçait le code de la route par des gros pare-choc et des citoyens qui creusent des trous dans la route devant les écoles, et qu'on laisse les gens faire ce qu'ils veulent, à charge pour chacun de se protéger.

          Je cherche les inconvénients à ce système et je n'en trouve aucun qui ne soit pas lié au fait qu'on est dans le monde physique (mais je ne suis pas omniscient). Le cyberespace n'a pas les contraintes du monde physique, et je ne pense pas que faire des comparaisons avec le monde physique soit une bonne idée dans une discussion comme celle-ci.

    • [^] # Re: C'est faux.

      Posté par . Évalué à 4.

      "Le droit d'auteur ne prétend pas être appliqué aux correspondances privées"
      
      

      C'est l'étape suivante qui est visé : DPI, outil labellisé qui log l'activité d'un PC, etc… Pour attraper le "Direct Download", il n'y que le DPI qui est possible.

      "La première sécurité est la liberté"

      • [^] # Re: C'est faux.

        Posté par . Évalué à 3.

        Pour attraper le "Direct Download", il n'y que le DPI qui est possible.

        Non, les outils légaux à l'ancienne sont toujours là et pourraient être utilisés :
        - demander à la plateforme d'upload quelle @IP a mis le fichier en ligne,
        - pas de logs, plateforme condamnée,
        - des logs, on demande au FAI qui gère cette IP,
        - le FAI n'a pas de log, FAI condamné,
        - le FAI a des logs, on demande au propriétaire de l'IP.

        Si le propriétaire de l'@IP est un intermédiaire technique (proxy, hébergeur de serveurs privés, relais TOR), on continue à remonter la chaîne.

        Personnellement, je pense qu'au lieu de conneries comme ACTA, une harmonisation au niveau mondial des législations, et une coopération entre les différents pays, seraient plus efficaces pour faire respecter la loi, dans toutes ses dimensions (contre le spam, contre la diffamation, contre l'atteinte à la vie privée, contre le pédoporno..), au lieu d'une justice d'exception qui fait peser sur les intermédiaires la responsabilité du contenu, uniquement en cas d'atteinte aux droits d'auteur. Et on pourrait d'un autre côté engager une réflexion sur le nécessaire changement du système des droits d'auteur.

        Au lieu de ça, on a des justices d'exception qui se construisent : le statut d'hébergeur, selon la LCEN, n'est pas appliquable à un particulier qui héberge un service de relais de connexion, si ce relais est utilisé pour publier des contrefaçons. Autrement dit, Claude Michu est traité différemment de Youtube Google, et ça c'est mal (c'est contraire au principe, sur Internet, selon lequel chaque machine connectée est équivalente aux autres). Il y a globalement un laisser-aller de la justice par rapport aux infractions commises via Internet, une infantilisation totale des internautes. Le journaliste qui insulte quelqu'un dans un journal papier a droit a un procès, l'internaute qui le fait dans un commentaire du Figaro se fait discrètement censuré, voire on ne fait rien. Pourtant les deux exercent cette sacrée "Liberté d'Expression", au même titre, en publiant leur opinion à la vue de tous.

        Et d'un autre côté on outrepasse de plus en plus de libertés, au profit exclusif de la lutte contre la contrefaçon.

        Et l'opposition aux délires des ayants-droits tombe dans ce piège, en défendant souvent une "anonymisation" d'Internet dont on mesure mal les effets pervers. Au lieu de faire d'Internet un état de droit où la loi du peuple s'applique, où les libertés sont protégées, où chacun peut exercer l'immense pouvoir que permet Internet, et supporte les grandes responsabilités qu'un tel pouvoir implique.

        THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

        • [^] # Re: C'est faux.

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          • pas de logs, plateforme condamnée,

          Une question que je me suis toujours posée : et si le log fourni contient un IP farfelue (située en Chine, hop), plateforme condamnée ou pas?

          Parce que bon, si j'avais une plateforme "pirate", la première chose que je ferai est de pourrir les logs au cas où on me les demande, plutôt que de les détruire et me faire condamner.

          • [^] # Re: C'est faux.

            Posté par . Évalué à 2.

            Surtout qu'entre un bon log et un mauvais log, bah le mauvais log, il est pas vide, il est mauvais.

            "La première sécurité est la liberté"

          • [^] # Re: C'est faux.

            Posté par . Évalué à 2.

            Ah ben tu peux jouer à ça. Sauf que si par extraordinaire la Chine coopère avec la justice française, et qu'il apparaît que l'utilisateur de l'@IP en question n'a rien à voir avec la chose reprochée, tu risques probablement une saisie de ton matériel (vu qu'en tant qu'hébergeur tu as fourni des informations bizarres à la justice) puis d'être inculpé pour entrave à la justice s'il apparaît que tu falsifies tes logs. Y'a un risque, donc.

            En fait, ce que tu évoques c'est surtout la possibilité d'envoyer vers une "destination poubelle" la responsabilité d'une infraction, en profitant du fait qu'Internet est mondial et que les pays n'ont pas tous les mêmes lois.

            THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

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