Journal Fédérer la promotion des Logiciels Libres dans le supérieur ?

Posté par (page perso) . Licence CC by-sa
13
13
mar.
2011

Bonjour,
Je suis actuellement étudiant en classe préparatoire scientifique en 2e année à l'ISEN Toulon et comme dans de nombreuses écoles d'ingénieurs, les clubs étudiants sont très présents et la participation à des activités associatives est obligatoire dans le cadre de la formation.
Plutôt que d'aider des projets avec peu d'intérêt, j'ai décidé avec des partenaires de fonder une association pour promouvoir le Logiciel Libre dans l'établissement (et aux alentours), c'est le CILL : Club de l'ISEN sur les Logiciels Libres.

Seulement j'aimerais aller plus loin et collaborer avec d'autres associations du même style dans leurs établissements respectifs. Et je vais expliquer pourquoi.

Pourquoi le supérieur ?

Ici je parle de toute étude supérieure existante en France ou à l’étranger : école d'ingénieurs, de commerce, universités et autres. Souvent ces établissements ont une vie étudiante assez forte avec de nombreuses organisations formées par ses occupants pour différents buts, et ceci même de manière obligatoire selon les formations.

Plutôt que d'aider un projet inintéressant, pour vous, pourquoi ne pas promouvoir les logiciels qu'on aime tant ?

Mais surtout, ici il n'est pas question comme au collège/lycée à savoir promouvoir les Logiciels Libres auprès des décisionnaires, bien qu'on puisse faire cela, ici on vise les étudiants.

Car contrairement au lycée et collège par exemple, je pense que l'élève n'est pas assez mûr pour comprendre l'enjeu des Logiciels Libres entièrement et cela est normal. De plus, ces élèves ne visent pas forcément des études liées à l'informatique de près ou de loin ou des postes de décisionnaires.

Or c'est cela l'objectif, convaincre ces étudiants l'importance de la philosophie du Libre. Peut être que dans le lot se trouve le futur PDG de EDF par exemple. Ces personnes pourraient avoir une grande importance dans leur futur métier et orienter le choix d'entreprises ou ne serait-ce faire avancer des Logiciels Libres de son domaine de travail. Après tout c'est comme ça que des générations de graphistes ont réussi à obtenir des licences chers de Photoshop par exemple auprès de leur entreprise car ils sont formés dessus.

Certains étudiants, surtout ceux liés à l'informatique, utiliseront les Logiciels Libres dans leur métier ou secteur d'activité : administrateur système, développeur, embarqué, etc. Souvent la formation initie d'ailleurs à au moins l'usage d'un Logiciel Libre (comme GNU/Linux notamment avec du développement en Shell ou pour le réseau, etc.) mais rarement avec la philosophie qui l'accompagne. Comment un étudiant s'il doit modifier le Logiciel Libre peut-il participer à son évolution sans comprendre comment fonctionne la plupart des projets libres ? Comment peut-il comprendre qu'en développant ou utilisant des formats fermés il peut tuer un écosystème de logiciels et gêner du monde ? Comment un étudiant peut comprendre que la neutralité du Net est en danger et qu'il aidera peut être certaines entreprises à le faire ?

Je pense que l'enjeu est là, faire comprendre les étudiants qu'ils joueront plus tard un rôle sur l'évolution de la société et de l'informatique. Connaitre les enjeux du Libre, de l’interopérabilité, de la neutralité du Net, du problème des brevets, etc. est important.

Quelles actions peuvent être faits en ce sens ?

Il y a vraiment beaucoup de possibilités d'actions, et je vais en citer quelques unes en cours de mon côté et d'autres réalisables.

Tout d'abord en communiquant beaucoup, les établissements ont souvent des tableaux d'affichages pour les associations étudiantes voire un journal de l'école et une liste de diffusion pour communiquer. Utiliser ces moyens de communications, sans tomber dans l'excès peut permettre de sensibiliser des étudiants sur de nombreux sujets décrits plus haut et les inviter à se documenter si ça les intéresse.

Réaliser une install party dans l'établissement, je sais que certains organisent des évènements de ce genre voire plus grand (comme les JM2L de l'an passé à Poyltech'Nice) ou même dans les environs. Votre présence dans l'établissement peut permettre aux LUGs aux alentours de vous aider à réaliser de tels évènements et en retour vous pouvez assister à leurs manifestations.

Dans les écoles d'ingénieurs ou universités avec de l'informatique, il est possible de créer et fournir des documents pour favoriser leur aide dans le développement de Logiciels libres. Pourquoi pas leur proposer d'être payé l'été à aider via le Google Summer of Code plutôt que de travailler à McDo ? Ou même de participer dans le cadre de leurs études ou stages directement à certains projets. Par exemple, dans le cadre d'un hackfest de Fedora-fr, mon association va créer des documents à cet effet pour permettre aux gens de l'extérieur dont les étudiants à s’initier à la participation aux projets libres de différentes manières. Pourquoi ne pas convaincre des étudiants en langue, dans l'optique de finir traducteur, de traduire des Logiciels Libres ? Les possibilités sont larges.

Je trouve le supérieur assez souple avec les ressources informatiques, bien plus que le collège / lycée pour ma part. Par exemple impossible de sensibiliser mon lycée sur le Logiciel Libre afin d'avoir des postes en double boot par exemple ou même des logiciels potables (à savoir mieux que IE6 comme navigateur web). Ici tous les ordinateurs sont en double boots par défaut dans l'optique de la formation et le responsable informatique a accepté de nous voir pour voir en quoi des effets peuvent être faits en ce sens encore. C'est un assez grand classique mais cela pourrait avoir un bon impact.

L'objectif est donc d'établir des liens entre des initiatives, car les possibilités sont nombreuses et les documents potentiellement intéressants considérables en la matière. J'ai vu assez peu de clubs étudiants qui font cela, les rares que j'ai pu trouver sont sans doutes morts pour la plupart vu la faible activité affichée. Pourquoi ne pas fédérer cela, comme les juniors entreprises par exemple, avec une association nationale (loi 1901) qui aide la gestion des associations locales (mais des associations de facto pour des questions administratives lourdes) ? Ceci étant donc un exemple de possibilités en ce sens.

Sur ce, j'aimerais avoir vos avis sur la question, en espérant avoir donné des idées à certains étudiants ici. :)

  • # FedeRez

    Posté par . Évalué à  4 .

    Salut,
    ce que tu cherches est ici.

  • # bon courage

    Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

    Il y a de l'idée, mais comme tu le décris si bien, il y a du boulot à faire. C'est du long terme tout ça. Mais toutes les initiatives sont bonnes à prendre.

  • # Les profs plutôt que les étudiants

    Posté par (page perso) . Évalué à  3 .

    Il me semble plus important de convaincre les professeurs de la plus value des logiciels libres. Ils ont une influence beaucoup plus importante sur les étudiants que les associations d'étudiants. Ils ont une crédibilité beaucoup plus importante que la plupart des associations. Les professeurs donnent des cours, mais sont aussi chargés d'encadrer et de promouvoir des travaux de fin d'étude, des thèses, des recherches, etc. Ils ont aussi une plus grande influence dans l'institution; par exemple la création des cursus ou la sélection du matériel pour les salles informatiques. Les professeurs ont une pérennité très longue. Ils peuvent donc convaincre des générations d'étudiants.

    Les associations d'étudiants aussi sympathiques soient-elles sont un passage non obligé. Elles regroupent en général des gens déjà largement conscientisés à telle ou telle cause. Leurs moyens sont limités et la disponibilité de leurs membres également. Il convient d'être efficace et efficient.

    En ce qui concerne les « futurs décideurs », il me semble qu'il y a une énorme différence entre un certain militantisme étudiant et le « réalisme » professionnel. J'ai déjà entendu de très nombreuses fois: « les logiciels libres, c'est sympa, mais bon, on est plus étudiant. Ici c'est le monde de l'entreprise. Nous sommes des professionnels, il y a de vrais enjeux ». (Le réalisme est le concept clé et non motivé pour invalider ce qui n'est pas dans la pensée dominante) En général, les associations étudiantes continuent à avoir une influence que lorsqu'elles apportent une mise en réseau profitable, ce qui est rarement le cas pour des associations thématiques.

    Je te recommande de focaliser ton énergie à convaincre les institutions supérieures – à travers le corps académique – du bien fondé de l'utilisation des logiciels libres. Bien entendu, fédérer d'autres associations est encore mieux.

    http://www.quaremme.be/

    • [^] # Re: Les profs plutôt que les étudiants

      Posté par (page perso) . Évalué à  1 .

      Le problème c'est que les professeurs sont plus difficiles à convaincre et que c'est encore moins évident. Bien sûr qu'on peut le faire en plus, mais en tout cas j'ai eu une assez mauvaise expérience du lycée / collège à ce propos.

      Puis, je ne suis pas sûr que les élèves changent d'avis en entreprise. Si tu regardes bien, sur ce site notamment, tu as des gens qui refuseraient un poste dans certaines entreprises (car contraire à notre éthique) et qui font des efforts pour utiliser un maximum de Logiciel Libre au boulot (avec plus ou moins de succès mais qui ne tente rien n'a rien).

      Après je suis d'accord avec toi aussi.

      • [^] # Re: Les profs plutôt que les étudiants

        Posté par (page perso) . Évalué à  4 .

        Ce n'est pas aussi difficile que tu le crois. À Polytech'Nice Sophia, nous avons des professeurs qui aimeraient beaucoup passer à des alternatives libres (ou au moins laisser les étudiants travailler sur le système d'exploitation de leur choix), mais ne le peuvent pas à cause de contraintes (principalement le temps pour adapter le cours à de nouveaux logiciels).

        L'argument qui fait mouche, ce sont les licences, surtout si elles sont tordues. Pour les logiciels Matlab et Goldwave versus Scilab et Audacity (voir ce journal ), les licences sont assez contraignantes. Bon, aussi le corps enseignant n'est pas très à l'aise avec le concept de logiciels libres. Mais pour ce qui est de passer à une autre alternative, c'est comme pour Direct3D versus OpenGL chez ID Software, ça manque de temps.

        L'autre argument, c'est une sorte d'anti-Windows primaire : des étudiants ingénieurs en science informatique suppriment la partition Windows (l'année dernière un tiers des étudiants l'ont fait). Certains logiciels propriétaires de la fenêtre ne se contentent ni de Wine ni d'une machine virtuelle… Les logiciels multiplate-forme sont souvent des logiciels libres.

        Commentaire sous licence LPRAB - http://sam.zoy.org/lprab/

      • [^] # Re: Les profs plutôt que les étudiants

        Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

        Les personnes qui hantent LinuxFr ne sont pas représentatives de tous les informaticiens. Ils sont – en général – convaincus et ont un souci de partage de leur connaissance sur les logiciels libres. Un certain nombre d’informaticiens utilisent des logiciels libres pour des motifs purement techniques, d’autres parce qu’ils y sont forcés. Bref, la frange des informaticiens suffisamment militants pour refuser un job pour leurs convictions est rare.

        Il me semble que s’adresser aux profs n’est pas spécialement difficile. Il existe des moyens très différents pour les toucher. Par exemple, les « avis pédagogiques » – rétroactions des étudiants sur les cours, je ne sais pas si ça existe en France –, dans le cadre des journées thématiques ou des portes ouvertes. Bien entendu, plus on arrive avec des solutions clés en main, plus il y a de chances qu’elles soient bien reçues (à la condition que cela soit perçu comme un choix, pas comme une exigence).

        Je le répète, il y a un intérêt très important à avoir la direction (les dirigeants de l’institution et les professeurs) acquise à sa cause. L’ensemble des activités s’en trouvera largement facilité (mise à disposition de locaux, de matériel, voire d’encadrement). Cela assure également la pérennité de la démarche et son plus grand rayonnement.

        http://www.quaremme.be/

  • # Une super initiative

    Posté par (page perso) . Évalué à  1 .

    Ton projet et l'action de Federez sont très encourageants.
    Je suis universitaire en sciences humaines et je remarque plusieurs choses :
    - GNU/Linux est surtout connu par les étudiants d'informatique, qui semblent tous être en dual boot. Pour mes camarades (tous Win$ ou MacOS), le manchot = geek/prise de tête, et les softs libres, c'est quand t'as pas de sous ou que tu connais pas le torrent.
    - Pourtant, FireFox ou OpenOffice équipent tous les PC de la fac (grâce à des associations extérieures). Pour les étudiants, il s'agit d'alternatives en terme d'investissement, pas en terme de principe.
    - Notre responsable informatique ne sensibilise pas à l'usage du libre. Quant aux enseignants, leur manque de connaissance informatique est sans doute rhédibitoire.

    Debug the Web together.

  • # Comment sensibiliser

    Posté par . Évalué à  1 .

    Je sais que ce sujet a été mainte fois débattu, mais pour des étudiants, voilà les points que j'avance :
    - pas de virus -> pas de perte de données ou d'ordinateur qui se met à ramer et protection de la vie privée
    - une fois installé, le système est stable et ne risque pas de planter la veille du rendu du super devoir
    -basé sur des standards -> pérennité des données
    -les bureaux virtuels pour ordonner son espace de travail. En général, on a plusieurs devoirs à rendre la même semaine et ça permet d'avoir un bureau clean
    -la superposition des fenêtres. Pour s'inspirer d'un texte s'est génial
    -bureau sémantique (nepomuk) pour retrouver ses données
    -apprentissage de windows = courbe de type logarithme, linux = courbe de type exponentiel. Un peu plus lent au début, mais après possibilités quasi-infinies
    Ensuite, je parle du libre et de sa philosophie. Et oui, la majorité des gens veulent un avantage technique et même si le côté philosophique leur plaît, c'est pas pour autant qu'ils vont changer.

    En général, j’enchaîne sur la protection de la vie privé sur internet si je les ai pas perdus.

    Ce qui bloque : la suite microsoft office

Suivre le flux des commentaires

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.