Journal Hadopi et effet de bord

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17
7
oct.
2010
Je viens de lire cette nouvelle "Logiciels sécurisation Hadopi : méfiez-vous des fausses labellisations" sur le site http://www.linformaticien.com/Actualit%C3%A9s/tabid/58/newsi(...)

D'une part, ils ont parfaitement raison de mettre en avant les risques de faux label.
Mais, ce qui me choque le plus, c'est le mode de fonctionnement de ces fameux logiciels de sécurisations. Ils auront la possibilité d'enregistrer tout ce qui se passe sur nos machines (« Le logiciel va faire une journalisation des activités. Elle se fait sous forme de deux fichiers : chiffré et non-chiffré », explique Christophe Painset. ).
Officiellement, il n'y aura que les ip de stockées, mais leur mode de fonctionnement ressemble énormément à celui des keylogger et autre malware
.
Donc, en gros, la majorité des personnes ne connaissant pas trop la sécurisation des systèmes va utiliser ce produit, fortement mis en avant par la communication (propagande ?) du gouvernement, et laisser potentiellement libre accès à toutes leur informations personnelles ! De la photo de vacances à la dernière commande passée sur un site ! Mais qui exploite les données de ce logiciel ? L'Etat ? Les groupes commerciaux ?

Il ne faut pas rêver, en absence d'une contre information (propagande), il est très facile de faire croire à M. Lambda (ou Mme Michu) que pour ça tranquillité il est indispensable d'installer le logiciel machin !
Finalement, dans l'Hadopi, le pire n'est peut-être pas ce qui est apparent, mais la volonté de surveiller en profondeur tout le monde.
Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

Bonne journée
  • # Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

    Posté par (page perso) . Évalué à 9.

    >>> Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

    Non, tu n'es pas paranoïaque. Le lobby des majors a été accueilli à bras ouvert par les hommes politique parce que c'est un moyen pour ces derniers de pousser pour des mesures de filtrages et de contrôles.

    Maintenant, essayons de voir plus loin. Internet est-il un espace de non droit ?
    La réponse est évidemment non, donc comment faire respecter ces droits ?

    Et là, c'est le drame. Le contrôle systématique et le filtrage est l'idée qui parait la plus immédiate, la plus simple... et la seule qui vient à l'esprit. Même si ce filtrage est imparfait, ca permettrait à une majorité de rester dans les clous.

    La difficulté de l'affaire Hadopi est qu'on est à la frontière de 2 droits fondamentaux: Le respect des droits d'auteurs et le respect de la liberté individuel. A la base, il y a un comportement incivique de la part des internautes ( le partage illégale de fichiers), c'est ce comportement qui a énervé les majors et qui permet aujourd'hui aux politiciens des politiques sécuritaires anti-républicaines.
    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      La difficulté de l'affaire Hadopi est qu'on est à la frontière de 2 droits fondamentaux: Le respect des droits d'auteurs et le respect de la liberté individuel.

      Euh... On n'est pas du tout à la frontière. La loi permet à la personne lésée de porter plainte, et ce depuis le début d'Internet.
      Alors, qu'ils assument et portent plainte contre leur client avec la grosse artillerie (ou déjà, qu'ils portent plainte contre ceux qui affichent qu'ils violent au maximum la loi DADVSI qu'ils ont fait voter).
      Si ils pensent que c'est trop cher à faire, il peuvent faire autre chose : proposer des fichier audio et vidéo légaux qui répondent aux besoin des gens (qualité, langues, prix...). Tu as déjà réussi à acheter un fichier vidéo numérique en 1080p non horriblement compressé anglais+français pour l'audio et les sous-titres? Je n'ai jamais réussi en offre légale, pas contre je sais que ça existe en offre illégale.

      Le respect des droits d'auteurs a lui aussi bon dos.
      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

        Posté par . Évalué à 5.

        Vivant en Allemagne je n’ai suivi l’affaire HADOPI que de loin. Je continue cependant de trouver aberrant l’argument que l’absence d’offre légale justifie les téléchargements illégaux. C’est d’ailleurs ce genre de comportement répréhensible trop fréquents qui justifie ce type de loi très limite.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 10.

          Je continue cependant de trouver aberrant l’argument que l’absence d’offre légale justifie les téléchargements illégaux

          Mais par contre il est aberrant de considérer que le partage est illégal. Même si la loi le dit, c'est la loi qui est mauvaise, et elle doit être remise en cause.

          De la même manière que la loi sur la propriété foncière a été remise en cause lors de l'invention des avions : http://www.wikilivres.info/wiki/Culture_libre/Introduction

          À l’époque où les frères Wright inventaient l’avion, la loi américaine stipulait que le propriétaire d’un terrain était non seulement propriétaire de la surface de son terrain, mais de tout le sous-sol, jusqu’au centre de la Terre, et de tout l’espace au-dessus, « jusqu’à l’infini. » Depuis des années, les érudits s’étaient demandé comment interpréter au mieux l’idée que des droits de propriété terrestres puissent monter jusqu’aux cieux. Cela signifiait-il que vous possédiez les étoiles ? Pouviez-vous poursuivre les oies en justice, pour violations de propriété volontaires et répétées ?

          Puis vinrent les avions et, pour la première fois, ce principe de la loi américaine -- profondément ancré dans notre tradition, et reconnu par les plus importants juristes de notre passé -- prenait de l’importance. Si ma terre s’étend jusqu’aux cieux, qu’advient-il quand un avion d'United Airlines survole mon champ ? Ai-je le droit de lui interdire ma propriété ? Ai-je le droit de mettre en place un accord d’autorisation exclusive au profit de Delta Airlines ? Pouvons-nous organiser des enchères pour déterminer la valeur de ces droits ?

          En 1945, ces questions donnèrent lieu à un procès fédéral. Quand des fermiers de Caroline du Nord, Thomas Lee et Tinie Causby commencèrent à perdre des poulets à cause d’avions militaires volant à basse altitude (apparemment, les poulets terrorisés se jetaient contre les murs du poulailler et en mouraient), ils portèrent plainte au motif que le gouvernement violait leur propriété. Bien entendu, les avions n’avaient jamais touché la surface du terrain des Causby. Mais si, comme l’avaient déclaré en leur temps Blackstone, Kent et Coke, leur terrain s’étendait « vers le haut jusqu’à l’infini », alors le gouvernement commettait une violation de propriété, et les Causby voulaient que cela cesse.

          La Cour suprême accepta d’entendre le cas des Causby. Le Congrès avait déclaré les voies aériennes publiques. Mais si le droit de propriété s’étendait réellement jusqu’aux espaces célestes, alors la déclaration du Congrès pouvait très bien être anticonstitutionnelle, car elle constituait une expropriation sans dédommagement. La Cour reconnut que « selon l’ancienne doctrine les droits de propriété foncière s’étendent jusqu’à la périphérie de l’univers. » Mais le Juge Douglas n’avait pas la patience d’écouter l’ancienne doctrine. En un simple paragraphe adressé à la Cour, il annula des centaines d’années de droit foncier :

          [La] doctrine n’a pas sa place dans le monde moderne. L’espace aérien est public, comme l’a déclaré le Congrès. Si ce n’était pas vrai, n’importe quel opérateur de vols transcontinentaux serait exposé à des plaintes sans nombre, pour violation de propriété. Le sens commun se révolte à cette idée. Donner raison à des revendications privées sur l’espace aérien entraînerait une paralysie des lignes aériennes, compromettrait profondément leur développement et leur contrôle dans l’intérêt public, et reviendrait à privatiser un bien qui a vocation à être public.

          « Le sens commun se révolte à cette idée. »

          C’est comme ça que la loi fonctionne en général. Pas souvent de façon aussi abrupte et impatiente, mais en définitive, c’est comme ça qu’elle fonctionne. C’était le style de Douglas de ne pas tergiverser. D’autres juges auraient noirci des pages et des pages pour arriver à la même conclusion, que Douglas fit tenir en une seule ligne : « le sens commun se révolte à cette idée ». Mais qu’elle tienne en quelques mots ou en plusieurs pages, le génie particulier d’un système de droit commun comme le nôtre est que la loi s’adapte aux technologies de son époque. Et en s’adaptant, elle change. Des idées qui un jour semblent solides comme le roc sont friables le lendemain.

          Ou du moins, c’est ainsi que les choses se passent quand il n’y a personne de puissant pour s’opposer au changement. Les Causby n’étaient que des fermiers.

          blog.rom1v.com

        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par . Évalué à 6.

          De mon point de vue ça ne justifie pas, ça explique "juste" son ampleur.

          >C’est d’ailleurs ce genre de comportement répréhensible trop fréquents qui justifie ce type de loi très limite.
          Marrant en Espagne l'approche est différente, en Suisse aussi

          Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par . Évalué à 3.

            En Allemagne, l'implémentation d'HADOPI a été suivi de très près et les majors ont aussi essayé d'obtenir une loi identique.

            Heureusement pour nous, une telle loi violerait la constitution et un changement de celle-ci est plus qu'improbable car même si le FDP (les libéraux au pouvoir) est corruptible et très à l'écoute de leur sponsors, un tel virement de bord les feraient disparraître du parlement aux prochaines élections.
          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par . Évalué à 5.

            En Espagne, comme en Suisse, les juges ont bizarrement considéré que des choses publiques étaient privées.

            En Espagne, ils assimilent le P2P à un échange privé. Pourtant, c'est un moyen de publication. Il n'y a aucune différence entre un fichier proposé depuis /var/www, et un fichier proposé depuis ~/.aMule/Incoming. Dans les deux cas, celui qui partage met à la disposition du monde entier le fichier, suffit de lui parler le bon protocole.

            Donc, faut croire qu'en Espagne, n'importe qui peut publier une oeuvre sans autorisation des ayants droits. Ou alors (plus probable), que les juges ont cru que le P2P était privé, ce qui n'est pas le cas.

            En Suisse, c'est la collecte d'adresses IP publiées par les utilisateurs qui est interdite. C'est un peu fort de café, quand même: les gens publient sur un réseau l'information "moi, depuis l'IP www.xxx.yyy.zzz, je partage ce fichier." Et on considère que relever cette adresse IP est une atteinte à la vie privée.
            Si Kevin me dit "Viens voir mon blog sur kevin.dyndns.org, je donne mon avis", est-ce que le fait de noter l'URL dans mes marques-pages est aussi une atteinte à sa vie privée, en Suisse?
            C'est une donnée publiée volontairement par les utilisateurs, et nécessaire au fonctionnement du système. Est-ce à dire que les utilisateurs de P2P se portent mutuellement atteinte à la vie privée?

            Apparemment, le baratin qui explique que le P2P est un échange privé (donc légal, tout ça) rencontre du succès. Dommage, c'est juste faux. C'est une publication.

            THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par . Évalué à 7.

              Pour la suisse, je parlais plus du fait que télécharger c'est bon, uploader c'est s'attirer les foudres des ayant droits.

              > En Espagne, ils assimilent le P2P à un échange privé.
              Non pas un échange un usage privé !

              La jurisprudence espagnole dit que "télécharger et partager de la musique sur Internet n’était pas illicite tant que cela est réalisé à des fins personnelles, et donc sans but lucratif."

              http://www.ecrans.fr/Espagne-Viva-peer-to-peer,6036.html

              Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

              • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                Posté par . Évalué à 4.

                Il faut aussi voir le contexte global, je pense que c'est important pour pouvoir se faire un jugement. L'Espagne n'est pas ou peu productrice d'oeuvres (comme l'Italie elle a sû tuer son cinéma d'opinion. A la différence de la France et de l'Angleterre où il s'agit presque d'une seconde nature, quoi qu'en France, depuis qq années ça semble être dur dur... bref).
                L'Espagne n'a donc presque à rien à perdre avec le piratage. Par contre cela peux lui rapporter.

                Cela, malheureusement je le crains, place un gros bémol sur le possible portage d'une telle solution chez nous, et de manière plus globale.

                Les Etats Unis sont de gros producteurs, mais eux avaient un intérêt différent dans le piratage : répendre leur modèle partout grâce à l'outil culturel, tant pis pour les dégats colatéraux temporaires, c'est bien moins important comme objectif. Aujourd'hui que même a Kaboul ils sont bourrés à la star-académie, c'est bon, ils peuvent combattre le piratage chez eux.

                Voilà, mes deux cents. Je pense que malheureusement la position espagnole n'a absolument rien à voir avec une quelconque reflexion sur les échanges, le droit à la copie privée, le droit à la vie privée, et le mélange privé-global que permet le réseau. C'est juste une position pragmatique selon un cadre économique et culturel local.
                • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                  Posté par . Évalué à 3.

                  Tu remarqueras que c'est un juge, et non un gouvernement qui a posé cette jurisprudence.

                  Alors tu peux toujours lui donner une portée économique, mais je doute que le juge ait été aussi loin dans son raisonnement.

                  > Cela, malheureusement je le crains, place un gros bémol sur le possible portage d'une telle solution chez nous, et de manière plus globale.
                  Marrant ça, c'est pas la position de Godar, qui est, il me semble, il poil plus dans le système.
                  Nous avons en France des taxes et des obligations pour certaines entreprise de contribuer à la "création française"; (canal+,TF1... et aussi, les FAI)
                  Et pour quel résultat...

                  Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

                  • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                    Posté par . Évalué à 3.

                    Je suis bien d'accord sur le second point (le premier me semble assez anecdotique dans la mesure où un juge entérine un accord tacite sur lequel les politiques sont bien trop peureux pour intervenir, bref là je déborde sur le jugement personnel).

                    Bien d'accord donc, mais ce n'est plus tout à fait la même chose. Tu nous entraine (à raison) sur le terrain de l'application, de ses bénéfices. Nous sommes déjà, là, au delà, d'un jugement sur l'échange entre particuliers quelque soit la nature de l'échangé, mais bien sur la problématique de la mise en oeuvre d'une 'juste' intervention de la force publique pour une répartition équitable, rôle abandonné par les distributeurs et en passent de l'être par les producteurs.
                    a titre personnel je ne vois pas d'oppositiion entre la méthode de financement de la diversité culturel (avec intervention du marché, même) et d'une part le respect des licences, puis d'autres parts les méthodes de contrôle et de contraintes au respect de ces licences.

                    Si je puis me permettre un grossier racourci, au final c'est toujours l'indivdu qui paye. que cet individu le soit en tant que citoyen ou en tant que consommateur, cela revient au même d'un point de vue technique. La question se situe plus (selon moi) sur l'organisation de cela. (comme tu le soulignes des leviers existent déjà... mais pour quel résultat ? "camping" ? supaire)
                • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                  Posté par . Évalué à 3.

                  >répandre leur modèle partout grâce à l'outil culturel, tant pis pour les dégats colatéraux >temporaires, c'est bien moins important comme objectif

                  Ouais bon, les américains sont parfois prosélytes, viva la démocratie américaine, d'accord, mais je suis pas sûr qu'ils aient fondamentalement envie, de manière générale, que le reste du monde ressemble aux États-Unis.

                  À mon avis, l'influence forte des USA dans les médias en Europe, Amérique du Sud et Moyen-Orient en tout cas doit pouvoir s'expliquer autrement (volonté de dominer l'espace médiatique par exemple) que par une volonté de prosélytisme culturel. Même si je ne nie pas qu'ils puissent être très fier de leur pays par ailleurs.
              • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                Posté par . Évalué à 2.

                Non pas un échange un usage privé !

                Ok, donc en Espagne ils considèrent que, si je loue un dédié chez OVH, avec un nom de domaine du genre "telecharger-gratuitement.es", que je fous en vrac pour 100 Go de films et musique, ça reste un "usage privé" tant que je rentabilise pas l'investissement?

                Même si n'importe qui peut venir se servir?

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                • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                  Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                  Tu peux tenter. Après il faut bien voir qu'on parle de jurisprudence et lorsque tu joues avec la jurisprudence te n'es pas sûr de gagner. Elle s'applique à un cas précis, dans un domaine précis et peut varier (surtout pour une jurisprudence récente faite par une première instance).
                  De plus si tu habites en France et que tu proposes du téléchargement via l'Espagne la justice Française peut te poursuivre.
                  • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                    Posté par . Évalué à 3.

                    "De plus si tu habites en France et que tu proposes du téléchargement via l'Espagne la justice Française peut te poursuivre. "

                    Tu es sur de ca ?
                    Pour moi, l'acte a lieu dans un pays différent, c'est la loi du pays ou a lieu l'acte qui compte.

                    Pour faire une comparaison, c'est comme si moi, francais, j'allais aux pays bas pour fumer du cannabis, et que la justice francaise me dise "oui mais tu habite en france donc on va te mettre en prison parce que c'est interdit". Bah non, les joints je les ai fumés là ou s'etait autorisé, je n'ai rien fait d'illégal sur le sol francais, la justice francaise n'a rien à y redire.

                    Cela dit, je ne suis pas juriste, donc je ne suis pas sur de moi, c'est pour ca je te demande si tu es sur de toi (et si tu as une source à citer au passage).
                    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                      Posté par . Évalué à 3.

                      Sauf que ton fumage de joint n'a pas d'effet en France, à la différence du fait de proposer des oeuvres sur Internet (qui reste encore accessible depuis la France).

                      Quoi que: on peut aussi considérer que les stupéfiants sont interdits à cause des risques sanitaires (payés par la collectivité), auquel cas il y a un impact en France. Le "fumeur de joint" achète son cancer aux Pays Bas et le fait soigner en France, pour schématiser.

                      Tu remarqueras aussi que, depuis quelques années, la France poursuit les relations sexuelles avec des mineurs commis à l'étranger, ainsi que la pornographie impliquant des mineurs, quand bien même les faits soient légaux dans le pays concerné.

                      http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&fi(...)

                      Mais il s'agit de faits autrement plus graves que le fumage de DVD ou le téléchargement de cannabis.
                      Quoi que, cette loi ne fait pas la distinction entre le viol de gamins de 10 ans en Thaïlande et une relation consentie entre une allemande de 14 ans et un français de 18 ans, la limite retenue étant l'âge légal en France (15 ans).

                      THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

                    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

                      «Pour faire une comparaison, c'est comme si moi, français, j'allais aux pays bas pour fumer du cannabis, et que la justice française me dise "oui mais tu habite en France donc on va te mettre en prison parce que c'est interdit". Bah non, les joints je les ai fumés là ou c'était autorisé, je n'ai rien fait d'illégal sur le sol français, la justice française n'a rien à y redire.»

                      Pour faire un parallèle plus correct avec le serveur de téléchargement en France, c'est plutôt comme si tu vendais du cannabis depuis la France… pour n'importe où (parce que c'est pas un nom de domaine espagnol qui empêche les français d'y aller). Pour le coup du nom de domaine espagnol, on va dire que tu ne fais ta publicité qu'en Hollande, là où la consommation du cannabis est légale.
                      Alors, est-ce que tu trouves toujours bizarre que la justice française puisse te choper à proposer des films plus ou moins à destination de l'Espagne ?

                      It's a fez. I wear a fez now. Fezes are cool !

            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par . Évalué à 2.

              En Suisse, c'est la collecte d'adresses IP publiées par les utilisateurs qui est interdite. C'est un peu fort de café, quand même: les gens publient sur un réseau l'information "moi, depuis l'IP www.xxx.yyy.zzz, je partage ce fichier." Et on considère que relever cette adresse IP est une atteinte à la vie privée.

              Oui mais non.

              Le tribunal fédéral a statué il y a peu sur le fait qu'une adresse IP était une "donnée sensible" (je crois que peu de monde pourrait trouver quelque chose à redire sur ce point), et qui tombait sous le coup de la loi fédéral sur la protection des données. Cette décision de justice à conclue l'affaire Logistep, société qui collectait des adresses IP afin de confondre des auteurs de téléchargements illégaux, avant de les revendre aux majors et autres ayant droits.

              Or la loi fédérale sur la protection des données (LPD) régit de multiples aspects de la collecte des données personnelles. Notamment:
              - Art 4, al. 3: "La collecte de données personnelles, et en particulier les finalités du traitement, doivent être reconnaissables pour la personne concernée."
              - Art 4, al. 4: "Le maître du fichier a l’obligation d’informer la personne concernée lorsqu’il collecte des données sensibles ou des profils de la personnalité la concernant, que la collecte soit effectuée directement auprès d’elle ou auprès d’un tiers".

              Le fait que l'intéressé dévoile publiquement ses données personnelles ou non n'a pas d'incidence. Un privé n'a pas le droit de créer un fichier à partir de données sensibles qui n'ont pas été fournies dans ce but explicite.

              Excusez du peu!

              Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve que ça c'est quand même de la protection des données qui tient la route. Ce n'est ni laxiste, ni trop strict, c'est juste du pur bon sens.

              De plus, la LPD régit également la maintenance des fichiers, et garantit un droit de consultation, rectification et suppression des informations collectées sur les données transmissibles à des tiers.

              Toutes ces restrictions sont bien sûr incompatibles avec le businness model de sociétés telle que Logistep qui devront aller voir ailleurs... (ils vont déménager en allemagne je crois).

              La LPD est l'un des uniques trucs sympa dans notre petit pays qui est trop souvent victime d'un populisme ultra-sécuritaire galopant. Ne tapez pas dessus SVP, on l'aime.
              • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                Posté par . Évalué à 2.


                Le fait que l'intéressé dévoile publiquement ses données personnelles ou non n'a pas d'incidence. Un privé n'a pas le droit de créer un fichier à partir de données sensibles qui n'ont pas été fournies dans ce but explicite.

                Ouais, faut être avocat pour s'auto-héberger, quoi. Ou alors, rediriger /var/log/apache2 vers /dev/null, c'est plein d'IP de gens qui ont pas été prévenus.

                Et si on garde des logs de son soft de P2P, on risque d'être ennuyé aussi?

                THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

                • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                  Posté par . Évalué à 2.

                  Ouais, faut être avocat pour s'auto-héberger, quoi. Ou alors, rediriger /var/log/apache2 vers /dev/null, c'est plein d'IP de gens qui ont pas été prévenus.

                  Et si on garde des logs de son soft de P2P, on risque d'être ennuyé aussi?

                  La LPD ne s'applique pas aux données personnelles qu'une personne physique traite pour un usage exclusivement personnel et qu'elle ne communique pas à des tiers (art. 2).

                  Si demain tu vends des fichiers de logs à un journaliste sans en avoir averti tes clients, là tu auras un problème.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 9.

          (...) l’argument que l’absence d’offre légale justifie les téléchargements illégaux.

          Ca ne justifie rien, ça explique seulement. Très grosse différence entre les deux mots. C'est illégal, point. Reste à comprendre pourquoi les gens le font pour pouvoir corriger le tir, plutôt que de faire l'autruche et continuer à aller dans le mur.

          C’est d’ailleurs ce genre de comportement répréhensible trop fréquents qui justifie ce type de loi très limite.

          Ils peuvent mettre toutes les lois qu'ils veulent et même condamner à mort les vilains téléchargeurs, tant qu'il n'y aura pas d'offre correcte, les gens utiliseront les moyens modernes qu'ils peuvent même si c'est illégal. Si les vendeurs refusent de vendre, je vois mal comment les acheteurs peuvent acheter.
          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par . Évalué à 2.

            Et ben non, ça justifie tout, et ton post le prouve bien.

            Écouter de la musique n'est pas un droit fondamental, ni même un droit tout court. Si aujourd'hui c'est tellement ancré dans les esprits qu'il faut absolument écouter de la musique (et pas n'importe laquelle, la leur), ce n'est absolument pas à cause des consommateurs. Ils ne sont pas nés avec un besoin quasi-permanent d'écouter de la musique.

            Non, si les gens raffolent d'artistes nuls au point de pirater leurs musique, c'est bien la faute au majors : si on lave le cerveau des consommateurs en leur disant d'écouter, ils vont le faire. Et on ne peut pas reprocher à quelqu'un hypnotisé pour écouter de la musique d'écouter de la musique à n'importe quel prix. Les consommateurs sont les victimes, pas les contrefacteurs.

            Avant, ce besoin était comblé par la radio. Mais depuis, la radio à largement disparu... C'est dommage, de bonnes radios auraient pu tuer le piratage...
            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par . Évalué à 3.

              Zénitram a fait une différence entre expliquer et justifier. Il dit qu'il faut s'attendre à ce que en l'absence d'offre légale valable, le téléchargement fonctionne aussi bien. (D'ailleurs c'est vrai que certains trucs que j'écoute ne se trouvent simplement pas facilement dans le commerce).

              En dessin ça donne ça: http://vidberg.blog.lemonde.fr/2010/10/04/les-editeurs-encou(...)

              Il n'a donc pas dit que la musique est un droit fondamental, ce qui relève à ce moment d'un discours pour légitimer l'écoute de la musique, malgré les moyens répréhensibles, il dit juste que c'est un usage répandu, et qu'en l'absence d'offre légale valable, on peut comprendre (pas justifier) que des moyens alternatifs soient utilisés.

              Ensuite je laisse tomber tes commentaires méprisants sur la musique que les gens écoutent, et sur leur supposée incapacité de réfléchir, à mon avis mal fondée. Il existe des tas de musiques qui ne sont pas riches de la même manière, et des bons artistes même commerciaux et très connus. Ok, le système ne favorise pas vraimentà mon avis non plus la qualité à tous les coups, ça ne veut pas dire qu'elle est nulle pour autant.

              Enfin, je sais pas si tu utilises souvent le mode aléatoire qui permet d'avoir ta propre radio, ce qui peut être très agréable.
            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par . Évalué à 2.

              Et on ne peut pas reprocher à quelqu'un hypnotisé pour écouter de la musique d'écouter de la musique à n'importe quel prix. Les consommateurs sont les victimes, pas les contrefacteurs.
              Zut alors, on m'a fait croire que les gens, une fois majeurs, étaient responsables de leurs actes.

              Et sinon, depuis qu'on nous bassine avec l'iPad, faut en voler un maximum dans les magasins, même si on n'en a pas l'utilité?

              C'est un comportement de gamin, ça. Et si les gens adoptent massivement un comportement de gamin, c'est normal qu'en retour on se retrouve avec des lois "pédagogiques" pour leur taper sur les doigts, non?


              Avant, ce besoin était comblé par la radio. Mais depuis, la radio à largement disparu..

              Bizarre, quand j'allume un récepteur FM y'a toujours des antennes qui causent. Et y'a pleiiiin de webradios sur Internet. L'offre en radio elle est là, et elle est abondante.

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              • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                Posté par (page perso) . Évalué à 5.

                Et sinon, depuis qu'on nous bassine avec l'iPad, faut en voler un maximum dans les magasins, même si on n'en a pas l'utilité?

                Tu confonds vol et contrefaçon. Dans un cas, une personne est lésée, dans l'autre non (voir gagne au change, publicité gratuite, et contrairement à ce qu'ils veulent faire croire une musique contrefaite n'est pas une vente perdue).

                Si tu commences à mélanger les deux, tu perds toute crédibilité dans l'argumentation.

                De plus, imagine que ton iPad en vente nécessite de faire des heures de queue pour pouvoir l'acheter officiellement, que cet iPad en vente soit abimé à tous les coups, alors qu'à côté de la queue il y a des cartons d'iPad parfaits avec un mot "si vous volez cet iPad, on ne perd rien car sa construction est gratuite pour nous", crois-tu que les gens continueront à sagement faire la queue? (quoique, c'est un mauvais exemple, les Apple-addict sont capables de rester dans la queue pour quand même filer la thune à Steve)
                • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                  Posté par . Évalué à 3.

                  Tu confonds vol et contrefaçon.
                  Ce n'est pas le sujet: ton argumentation portait sur l'accoutumance (la dépendance) des internautes au contenu des majors, et au fait qu'il était "normal" qu'ils enfreignent la loi pour y accéder. Et j'y réponds en expliquant que les gens sont libres de choisir d'autres contenus (une autre culture) que celle-là, d'autant plus que les artistes qui la produisent leur déclarent la guerre.

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                  • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                    Ce n'est pas le sujet

                    Oh si c'est le sujet : tu bases ton jugement sur l'idée de vol, alors que la contrefaçon est autre chose : personne ne perd rien.
                    Et je n'ai jamais parlé de normalité, j'ai juste expliqué que c'est normal qu'une personne n'achète pas si on ne lui vend pas ce qu'elle cherche, et que c'est tout aussi normal qu'elle prenne ce qui est disponible quand c'est simple.

                    Et j'y réponds en expliquant que les gens sont libres de choisir d'autres contenus (une autre culture) que celle-là,

                    Ils sont aussi libre de ne pas croire l'état qui dit vouloir leur faire la guerre sans la faire réellement, et ils sont libre de ne pas se compliquer la vie surtout quand ça ne fait de mal à personne. Le problème entre le vol et la contrefaçon, c'est que l'être humain comprend que le vol c'est mal car une personne est lésée, mais personne n'a réussi encore à expliquer comment on cause du tord à quelqu'un en faisant une contrefaçon (on n'aura pas filé de fric, puisqu'il a refus de vendre ce que l'acheteur cherche, pas de perte dans la réalité)

                    et au fait qu'il était "normal" qu'ils enfreignent la loi pour y accéder.

                    Encore une fois, explication n'est pas justification. Si tu ne cherches pas à comprendre pourquoi ils le font, tu ne risque pas de changer leur comportement.
                    J'aimerai que les gens refusent de "consommer" quand l'artiste ne veut pas vendre, pour faire décoller les autres, mais ce que j'aimerai ou ce que tu aimerais ne change absolument rien au comportement des autres. Ce n'est pas en disant ce que tu aimerais que tu changeras quoique ce soit, on s'en fou de toi, on s’intéresse à ceux qui contrefont, et eux ne vont pas changer de comportement juste parce que l'artiste dit que c'est pas bien.
                    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                      Posté par . Évalué à 2.

                      j'ai juste expliqué que c'est normal qu'une personne n'achète pas si on ne lui vend pas ce qu'elle cherche, et que c'est tout aussi normal qu'elle prenne ce qui est disponible quand c'est simple.
                      L'idée c'est de rendre les choses moins "simples" avec Hadopi.

                      Le problème entre le vol et la contrefaçon, c'est que l'être humain comprend que le vol c'est mal car une personne est lésée, mais personne n'a réussi encore à expliquer comment on cause du tord à quelqu'un en faisant une contrefaçon
                      C'est la publication qui pose problème, pas le fait de récupérer une copie.
                      Et là, le lien est plus facile à faire: en publiant, tu crées une concurrence sauvage par rapport au produit payant. Autrement dit, tu proposes gratuitement ce que d'autres veulent vendre et qu'ils ont financé.

                      J'aimerai que les gens refusent de "consommer" quand l'artiste ne veut pas vendre, pour faire décoller les autres, mais ce que j'aimerai ou ce que tu aimerais ne change absolument rien au comportement des autres. Ce n'est pas en disant ce que tu aimerais que tu changeras quoique ce soit, on s'en fou de toi, on s’intéresse à ceux qui contrefont, et eux ne vont pas changer de comportement juste parce que l'artiste dit que c'est pas bien.

                      Oui, il faut chercher à comprendre. Mais, justement, je tiens la dépendance au contenu des majors pour une cause du tipiakage. Autrement dit, s'arrêter à "votre business model est dépassé, innovez!" c'est ne pas regarder le problème de fond, à savoir le fait que les gens sont persuadés d'avoir "besoin" de telle ou telle oeuvre. J'inclus ça dans la compréhension du comportement, ça vient même au début, comme cause première.

                      THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

                    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                      Posté par . Évalué à 2.

                      > mais personne n'a réussi encore à expliquer comment on cause du tord à quelqu'un en faisant une contrefaçon
                      Si les peines sont si lourdes (300000€ d'amendes et 3 ou 5 ans de taule je ne sais plus) c'est bien que le législateur considérait que ça causait du tort.

                      Pour beaucoup, c'était des copies de piètre qualité et parfois même dangereuse. Ce qui faisait très mal à l'image de marque, et comme en plus c'était vendu, on pouvait penser que l'argent aurait pu aller dans les poches du vrai vendeur.

                      Ici ce n'est clairement pas le cas

                      Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

                      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                        Si les peines sont si lourdes (300000€ d'amendes et 3 ou 5 ans de taule je ne sais plus) c'est bien que le législateur considérait que ça causait du tort.

                        Pas du tout : c'est juste bien que le législateur voulait faire plaisir à qui les finance. Si il pensait que ça causait du tord, tout le monde serait déjà en prison.

                        Pareil pour DADVSI, loi votée mais jamais appliquée alors que les gens sont allé voir la police dire qu'ils violaient la loi, les flics ont dit qu'on se foutait de leur gueule à venir les voir pour ça.

                        Bref, une loi, ça ne veut pas dire du tout que le législateur pense que c'est dangereux, il faut regarder si la loi est appliquée pour le savoir. Et la, on voit toute la dangerosité de la contrefaçon...
                        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                          Posté par . Évalué à 2.

                          Pareil pour DADVSI, loi votée mais jamais appliquée alors que les gens sont allé voir la police dire qu'ils violaient la loi, les flics ont dit qu'on se foutait de leur gueule à venir les voir pour ça.

                          Va leur dire que tu publies sur Internet des centaines de fichiers protégés par les droits d'auteur, tu verras si c'est pareil que DADVSI.


                          Bref, une loi, ça ne veut pas dire du tout que le législateur pense que c'est dangereux, il faut regarder si la loi est appliquée pour le savoir. Et la, on voit toute la dangerosité de la contrefaçon...

                          Ça dépend aussi des orientations et des priorités que reçoivent la justice et la police. Avant Hadopi il y a eu des procès pour contrefaçon envers des internautes. Mais ça nécessite des démarches très lourdes: collecter des indices sur les réseaux de P2P, faire une requête auprès des FAI, perquisitionner l'internaute, fouiller son disque dur. Méthodes qu'on réserve en général à des délits ou crimes autrement plus graves. Ce n'est pas étonnant que les juges d'instruction et la police n'étaient pas du tout motivés pour faire tout ça, juste pour des fichiers, alors qu'ils le font pour des cas de terrorisme, de menaces de mort, de crimes pédophiles..

                          D'où l'idée de Hadopi, simplifier la procédure pour lui donner une "légèreté" en rapport avec la gravité de l'infraction commise. En massacrant la présomption d'innocence au passage, et en montant finalement, quand même, une usine à gaz. Mais qui ne s'occupera que de ça, donc qui ne sera pas concernée par l'encombrement de la justice régulière.

                          THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

                • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.<

                  Posté par . Évalué à 2.

                  De plus, imagine que ton iPad en vente nécessite de faire des heures de queue pour pouvoir l'acheter officiellement, que cet iPad en vente soit abimé à tous les coups, alors qu'à côté de la queue il y a des cartons d'iPad parfaits avec un mot "si vous volez cet iPad, on ne perd rien car sa construction est gratuite pour nous", crois-tu que les gens continueront à sagement faire la queue?

                  Pour répondre à ta comparaison:
                  Si c'est interdit de le voler, et vu qu'un iPad n'a rien de strictement indispensable (y'a même mieux pour moins cher), je trouverais certes idiot qu'on les empêche de voler un truc gratuit, mais plus idiot encore qu'ils paient 5€ par mois pour les voler quand même.

                  THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.j

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              Écouter de la musique n'est pas un droit fondamental, ni même un droit tout court.

              Pourtant il est écrit dans notre constitution « La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture » (d'où des médiathèques avec livres, CD, DVD).
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          Juste pour information, j'aimerai que le "piratage" cesse : que chacun paye le prix des vidéo et audio, des logiciels, et ce serait la chute du marketing viral utilisé par les vendeurs, sans effet de volume grace au piratage, ça laisserai plus d'espace pour les artistes et développeurs qui font du libre.

          Mais je sais que ça ne se passe pas comme ça, que les gens continueront de pirater plutôt que de regarder à côté, juste parce que c'est... possible de le faire. Et aucune loi ne changera ça, tellement les gens ne trouvent pas anormal de "pirater" sans rien voler (juste de la contrefaçon), question de mentalité... Et les majors n'ont pour le moment trouvé aucune façon de culpabiliser les gens, ils font même tout le contraire!
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par . Évalué à 6.

          je continue cependant de trouver aberrant l’argument que l’absence d’offre légale justifie les téléchargements illégaux.

          quand on veut acheter un DVD et qu'on voit dessus qu'il a été criblé de "dispositifs anti-copie" qui m'empêcheront de le lire comme bon me semble (depuis Linux, depuis Haiku ou autre) et qui pose des questions quand à la relecture possible dans quelques années sur des systèmes actuellement autorisés, et bien cela n'encourage pas à procéder à cet achat (je ne dis pas qu'il faut le copier par un autre moyen).

          Only wimps use tape backup: real men just upload their important stuff on megaupload, and let the rest of the world ~~mirror~~ link to it

          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par . Évalué à 2.

            Ça encourage à acheter des DVD dont les auteurs n'ont pas décidé de les rendre illisibles.

            THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par . Évalué à 6.

              Bon ça fait plusieurs fois de suite que tu dis que c'est la faute des consommateurs s'ils consomment mal. J'imagine que tu défends les slogans du style vote with your wallet ou acheter, c'est déjà voter. Et j'aurais plutôt tendance à être d'accord avec toi.

              Mais il y a quand même quelque chose qui me choque, c'est qu'on a beaucoup d'œuvres de très bonne qualité (ou pas d'ailleurs) qui sont protégées par des licences, copyrights, beaucoup trop restricitfs.

              En d'autres termes, je suis d'accord avec toi pour dire que si jamais la question de la licence était prioritaire, on devrait laisser tomber les contenus trop protégés.

              Mais personnellement, je ne sais pas si je suis lobotomisé ou pas, il reste que ça me ferait mal au cœur de ne plus écouter certaines musiques parce que leur auteur est trop con pour éviter de me criminaliser quand je l'écoute.

              Et en soi, rayer de la carte du catalogue accessible de manière légitime autant de musiciens et de morceaux d'un coup a un côté contre-productif pour la création. Si on n'a plus le droit d'utiliser les anciens pour créer, il faut réinventer la roue parfois.
    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Hello,

      à propos d'Internet et du droit (et de leur respect), je t'invite à lire Lawrence Lessig, notamment son livre "Code v2" (http://pdf.codev2.cc/Lessig-Codev2.pdf ).

      Globalement, le droit n'est pas l'unique levier qui s'exerce sur Internet, il y en a au moins 3 autres: la technique, la norme sociale et le marché. Ces 4 leviers interagissent ensemble sur Internet mais également les uns sur les autres.

      Dans Hadopi, on se rend compte que les forces économiques qui n'ont pas eu assez de prise directe sur Internet, ont dévié leur action sur un autre levier: celui du droit.

      En revanche, la norme sociale tend plutôt à aller à l'encontre du marché: le téléchargement illégal tend à être plutôt reconnu (cf les efforts du concept de licence globale) et n'est pas forcément perçu comme un truc qui "met en péril". Disons que peu de personnes ont un discours qui soutient que le téléchargement illégal est un crime qu'il faut absolument empêcher (disons qu'ils sont peu entendus). De même, la technique (P2P et autres technologie de téléchargement) n'était pas vraiment du côté du marché non plus.

      Tout ça pour dire quoi ? Bof, rien de particulier ! Juste qu'il y a plus que le droit d'auteur et la liberté individuel qui influent sur Internet...
    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par . Évalué à 3.

      > La difficulté de l'affaire Hadopi est qu'on est à la frontière de 2 droits fondamentaux: Le respect des droits d'auteurs et le respect de la liberté individuel.

      Hou la, il va bien falloir revoir légèrement de droit d'auteur. Actuellement on a un système absurde qui donne un délai qui cours à partir de la mort de l'auteur, là ou les droit de représentation ne courent qu'à partir du moment de la représentation.
      Je ne suis absolument pas contre accorder à un auteur, s'il le souhaite, un monopole d'exploitation sur son œuvre, mais dans les limites du raisonnable 10 ans s'il ne produit plus rien 20 s'il continue de produire.

      > A la base, il y a un comportement incivique de la part des internautes
      Non a la base il y a un déséquilibre flagrant entre ce que propose les majors et ce que veulent les gens. Et quand tu vois que ces même majors veulent le prolonger jusqu'à 90 ans après la mort de l'auteur, faudrait se demander qui est vraiment incivique.
      Qu'ensuite qu'une grande partie de ces gens aient un comportement incivique ne viens qu'en conséquence du premier.

      Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

        Posté par . Évalué à 7.

        Non a la base il y a un déséquilibre flagrant entre ce que propose les majors et ce que veulent les gens.
        Non, il n'y a pas de déséquilibre: les gens veulent ce que les majors proposent.

        Ils sont prêts à enfreindre la loi pour l'avoir.
        Ils sont prêts à payer un VPN pour l'avoir.
        Ils sont prêts à changer de FAI et à aller chez Free, pour l'avoir.
        Ils sont prêts à faire tourner le spyware Hadopi dans une machine virtuelle, pour l'avoir.

        Les majors ont bien raison de fixer des prix aussi élevés: les gens veulent leur contenu. Ils achètent quand ils n'ont pas le choix. Y'a une réelle demande.

        Vivement que les droits d'auteurs soient respectés sur Internet, afin que les artistes qui ne se foutent pas de la gueule du monde, et proposent une offre moins "foutage de gueule", en utilisant des licences plus adaptées au monde moderne, ne soient pas en concurrence avec un vrac de "truc des majors gratuits."

        Ça commence à devenir plaisant de faire du P2P légal, quand on pense aux gens qui doivent se payer un VPN parce qu'ils ont décidé de faire du P2P illégal. :P

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        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par . Évalué à 1.

          > Ils sont prêts à enfreindre la loi pour l'avoir.
          à l'origine les gens assimilaient cela à la copie privée. Comme les échanges de cassettes dans la cours ou les prêt de CDs ensuite enregistré sur cassettes.

          La loi a été modifié pour que ce soit assimilé à de la contrefaçon, qui est une loi pas du tout adapté, car elle est étudier pour punir des ventes de biens matériels, bien souvent de qualité moindre, et pouvant porter atteinte à l'image de marque d'une entreprise.
          Ici nous avons des échanges de biens immatériels, généralement de qualité identique.

          Par ailleurs contrairement au libéralisme dont on nous vente les mérites, nous avons des monopoles qui perdurent au delà de la vie, qui permet de vendre à des prix beaucoup plus élevés que le coût de production.
          La prohibition aux US n'a jamais empêché la vente d'alcool.

          vouloir interdire une pratique devenue courante est absurde.

          Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par . Évalué à 5.

          Ca c'est le trucqui me révulse le plus : les gens achetant un tuyau VPN (pour contourner au passage la restriction déjà existante que bien peu, à part ici, ont dénoncés : le filtrage des newsgroups). Faut vraiment être un sale connard pour acheter du pirate. C'est le summum de la saloperie. Bon en même temps si tu dis ça devant un collègue qui lui même achète son tuyau à pirates, forcément ça va te causer des soucis...

          L'étape suivante sera le retour de l'interdiction d'utilisation des méthodes de chiffrement pour les particuliers. Seules seront autorisées les méthodes des vendeurs de services... Petit à petit la nouvelle démocratie se construit. démo je sais pas... cratie avec ss ça marche aussi.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Hello,

          Non, il n'y a pas de déséquilibre: les gens veulent ce que les majors proposent.
          Par rapport à ce que je disais plus haut, une bonne question à se poser c'est pourquoi ?

          Pourquoi les gens veulent ce que les majors proposent ?

          Après tout, il existe des "éléments" culturels libres comme de la musique, des images, des vidéos, de l'art graphique et numérique (le code),etc... Pourquoi, malgré la présence réelle de ces matériaux en nombre (consultez wikimedia commons pour trouver des images, ou encore dogmazic ou jamendo pour la musique, etc...) et en qualité, les gens veulent le produit des majors, avec son lot de restrictions (formats, qualité, pas d'échange possible) et de réglementation contraignante (DRM, DADVSI, LCEN, HADOPI) ?

          Un élément de réponse est "le poids de la norme sociale": c'est parce que les produits des majors sont largement diffusés par des canaux multiples et variés qu'ils deviennent des éléments de partage entre les gens. Dans la vie réelle, pas mal de personnes peuvent se retrouver autour d'une chanson connue et échanger dessus (j'aime bien, c'est cool ou c'est nul): ils ont tous au moins entendu cette musique une fois et ils savent qu'elle est connue. En revanche, lorsque je parle de Brad Sucks et de sa musique libre, qui au passage est très bien, tout le monde se pose la question: "mais qui est Brad Sucks ? Je ne le connais pas."

          Pourquoi les gens veulent télécharger la dernière série à la mode outre-atlantique: c'est parce qu'il y a un consensus plutôt large pour dire que cette série elle est bien !

          Quelquechose me dit que les majors passent du temps (et du fric) pour influencer cette norme sociale (qui a dit téléréalité, matraquage publicitaire, opérations de com gratuite, etc... ?)...
          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par . Évalué à 3.

            Pour les séries, à la mode ou pas, il faut quand même reconnaître que l'offre en dehors des séries américaines est plutôt pauvre en comparaison. On a vite fait le tour des séries françaises, je connais quelques séries anglaises, mais en regard avec la production américaine ça fait pâle figure.

            Pour la musique on pourrait aussi faire la comparaison, déja tu fermes la porte à tous les "classiques" et la quasi totalité des vieux trucs, pour citer combien de noms ?
            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par . Évalué à 3.

              ah? pourtant les anglais font de vraie séries
              * Doctor Who
              * Merlin
              * Life on Mars (vraiment excellente)
              * Torchwood (oui bon... ok)
              * inspecteur barnaby
              * shameless
              * spaced, vraiment excellente

              et encore c'est celle qui me viennent rapidement à l'esprit, et qui ont même traversé la manche pour la plupart.

              Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

              • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                Posté par . Évalué à 2.

                Ça contredit pas ce que j'ai dit :)
                • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                  Posté par . Évalué à 2.

                  je ne sais pas, mais en qualité, et en quantité, je regardes plus de série anglaise que française, et pas beaucoup plus d'américaine que d'anglaise des usa, récemment j'ai regardé
                  stargate, startrek (ça ne me rajeunit pas), battlestar Gallactica, heroes, dead like me (quoique je me demande si c'est pas canadien...), futurama, doctor house.

                  J'aurais envie de regarder the big bang théory et Oz

                  En terme de nombre ça ne dépasse pas beaucoup les anglaise, et en qualité...
                  ben ça dépend des séries, mais la moyenne anglaise (pour celle cités) me semble plus élevé, mais c'est purement subjectif.

                  En France on a quoi de bien comme série?

                  Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

                  • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

                    Posté par . Évalué à 2.

                    Aux US, t'as des chaines à péages misent beaucoup sur certaines séries pour exister, comme HBO.

                    À part Oz, qui est effectivement une bonne série, on peut aussi citer The Shield, The Wire, des séries comme la série "Rome" aussi, des classiques comme 6 feet under ou Les Sopranos. Breaking Bad est aussi très bien, et t'en as des tas d'autres. En quantité je pense qu'on est carrément pas dans le même ordre de grandeur, et en qualité t'en as pas forcément pour tous les gouts mais t'as de quoi intéresser plusieurs genre de publics.

                    En série anglaise je ne peux que te conseiller "The IT crowd" dans le genre geekerie.
    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par . Évalué à 7.

      « [...] 2 droits fondamentaux: Le respect des droits d'auteurs et le respect de la liberté individuel. »

      HUMPFFFF… Préviens avant de sortir des énormités de ce genre !
    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      Maintenant, essayons de voir plus loin. Internet est-il un espace de non droit ?
      La réponse est évidemment non, donc comment faire respecter ces droits ?


      Bah les majors peuvent faire respecter leurs droits. Ils l'ont déjà fait mais ça demande une intervention de la police pour chercher des preuves et un procès. C'est cher et ce n'est pas très populaire. Hadopi c'est juste une machine à punition massive parce que « la justice est trop lente ».

      D'ailleurs ça me fait rire lorsqu'on parle d'internet zone de non droit lorsque dans Hadopi 1 on pouvait se faire condamner sans aucune preuves, sans débat contradictoire et sans l'intervention d'un juge !

      il y a un comportement incivique de la part des internautes ( le partage illégale de fichiers)

      Tu es en train de dire que le partage est incivique. Il faut qu'on soit arrivé dans une société en bout de logique pour considérer qu'on doit rémunérer un auteur après ça mort et que partager de la culture c'est incivique.
      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        >>> intervention de la police pour chercher des preuves et un procès.

        Les procès ciblés des pirates par les majors ont déjà eu lieu, mais ca n'a aucun impact sur l'effet de masse. Le problème reste entier.

        >>> que partager de la culture c'est incivique.

        Ca part du postulat que les produits fournit par les majors est de la culture, j'aurais tendance à trouver ça faux. Pour moi, ce sont des biens de divertissement. Mais bon, on s'égare :-)
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 5.

          mais ca n'a aucun impact sur l'effet de masse

          Si les majors voulaient un effet sur la masse ils auraient dû proposer des offres légales attrayantes. Non ils ont préféré se reposer sur leurs acquis et faire 2-3 procès en espérant que ça fasse peur… quelle brillante stratégie.

          Pour moi, ce sont des biens de divertissement

          C'est quoi la différence entre la culture et le divertissement ?
          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par (page perso) . Évalué à 7.

            C'est quoi la différence entre la culture et le divertissement ?
            Je ne saurais pas donner de définition, mais je sais faire la différence:
            Si une personne "avec qui tu aimerais aller plus loin" te propose une sortie culturelle, c'est mort pour "aller plus loin". Si elle te propose une sortie divertissante, c'est déjà nettement mieux parti.

            Tu vois, c'est très différent :-)
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par . Évalué à 2.

          ">>> intervention de la police pour chercher des preuves et un procès.

          Les procès ciblés des pirates par les majors ont déjà eu lieu, mais ca n'a aucun impact sur l'effet de masse. Le problème reste entier."


          Toujours est-il que les majors avaient déja les moyens juridiques de faire respecters leurs droits.
          Mais plutot que de faire appliquer la loi existante, on prefere en refaire une autre par dessus.
          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par (page perso) . Évalué à 3.

            C'est parfaitement hypocrite.

            En dehors de tous aspects image et communication, si les majors avaient l'intention de porter plainte, la justice n'aurait pas les moyens de traiter l'ensemble des plaintes possibles.
          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par . Évalué à 8.

            Plus grave, il me semble que ce système introduit une dissymétrie dans le système judiciaire. Les majors ont maintenant la capacité technique de pénaliser à tour de bras le grand public, alors que les class actions ne sont pas autorisées.

            Une certaine catégorie de grosses boites a les moyens maintenant d'envoyer des particuliers devant une procédure pénale sans engager de frais proportionnels (les coûts de traitement des demandes par les FAI étant supportés par l'état je crois), ce qui reste interdit dans le sens contraire.
    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Maintenant, essayons de voir plus loin. Internet est-il un espace de non droit ?

      Internet n'est pas un espace mais un réseau qui s'étend dans un espace morcelé sous diverses juridictions.

      Donc la réponse à ta question est évidemment que ta question est absurde. Dans le même genre, as-tu arrêté de battre ta femme ?

      La difficulté de l'affaire Hadopi est qu'on est à la frontière de 2 droits fondamentaux: Le respect des droits d'auteurs et le respect de la liberté individuel.

      C'est bien pratique de mettre arbitrairement des notions sur des piédestal de « droits fondamentaux, et hop, on interdit toute discussion sur le sujet.

      Je ne vois pas la difficulté dans le choix entre liberté d'expression et attribution de monopoles économiques. Pour citer un auteur qui était favorable à la notion de droit d'auteur (ce qui, rappelons le, n'a jamais était le cas de tous les auteurs) :

      « Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n'est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous ».

      Victor Hugo.

      à la base, il y a un comportement incivique de la part des internautes ( le partage illégale de fichiers)

      Et demain si on invente la machine à multiplier les pains, il sera incivique de l'utiliser pour donner à manger aux gens sans rien donner aux boulangers qui ont fait les pains qu'on a multiplié ?

      À la base il y a surtout un comportement incivique dans la redistribution des richesses. Ce n'est pas que des industriels, sous couverts de l'intérêt de quelques auteurs qu'ils ont mis sous leur coupe, qui devraient avoir droit d'obtenir des moyens de contribuer à la société, mais tous les citoyens.

      Avec ton type de raisonnement, je pourrait tout aussi bien dire que c'est ce comportement incivique des industriels qui oblige les citoyens à agir comme il le font.
      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

        Posté par . Évalué à 3.

        + 1 bien sûr, mais Victor Hugo est avant tout un grand retourneur de veste, professionnel, parfait, brossant toujours dans le sens du poil. (à part sur la question de la peine de mort)

        Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous

        OK ok, mais complétons :

        La liberté de chacun s'arrête là où celle de l'autre commence, à égalité.
        Si "le droit public" revient finalement à tuer "le droit de l'écrivain", que vont finir par partage ce "public" ? Rien, que dalle, peau d'zob. Et là, la gpl est quant même une excellente réponse.

        mes deux cents.
      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        >>> attribution de monopoles économiques

        Quel monopole ? La musique libre existe. La musique en CC existe. Dans tout les cas, la question d'un monopole n'a rien à voir avec un acte de téléchargement d'une œuvre sans autorisation. Tu réagis comment quand une entreprise viole la licence GPL ?

        >>> "blabla" Victor Hugo.

        Il le dit, Le livre, comme livre, appartient à l'auteur. Victor donne le droit d'exploitation à l'auteur. Après, si tu prends le temps d'écrire une autre livre reprenant les mêmes idées, tu as le droit. Copier bit à bit une musique de lady gaga ne rentre pas dans le domaine de l'accroissement du bien culturel mais uniquement d'un acte de consommation bête et méchant.

        >>> la machine à multiplier les pains...

        Tu utilises une analogie malhonnête en confondant bien matériel et immatériel. Un classique du débat sur le téléchargement illégal, en général utilisé par l'autre partie.

        >>> il y a surtout un comportement incivique dans la redistribution des richesses.

        Le téléchargement illégal est donc un acte militant et politique ? C'est de la foutaise ! Les gens "piratent" parce qu'ils le peuvent. Avant Hadopi et l'ensemble des débats, beaucoup ne savaient pas qu'ils n'avaient pas le droit de le faire. Maintenant, ils le savent, certains continuent, d'autres non.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Quel monopole ?

          Celui que le droit d'auteur confère aux industrielles par l'intermédiaire des auteurs. Le fait qu'on puisse détourner la loi pour transformer un monopole en omnipole pérenne ne change pas le fait qu'à la base la loi est faite pour encourager la monopolisation des biens culturelles et à travers eux, la monopolisations d'autres biens économiques et sociaux.

          Tu réagis comment quand une entreprise viole la licence GPL ?

          D'abord si on ne veux pas tomber dans l'exagération fantasmagorique, on parle d'infraction et pas de « violation ». La GPL n'est qu'une maigre compensation face à l'existence du droit d'auteur.

          Tu utilises une analogie malhonnête en confondant bien matériel et immatériel. Un classique du débat sur le téléchargement illégal, en général utilisé par l'autre partie.

          Je crois que cette distinction d'immatériel c'est de la foutaise. L'électricité qui transporte/stocke de l'information n'est pas immatérielle. Elle est certes bien moins encombrante et offre des possibilités de traitement bien plus rapide pour tout un tas de tas de tâche, mais elle n'est pas dénué de support physique.

          Bien sûr que l'analogie habituellement utilisé est malhonnête, mais pas parce qu'on a deux situations fondamentalement différentes, mais des possibilités technologiques différentes.

          L'argument fallacieux ce n'est pas tant de comparer la pomme à une série de bits sur un disque dur, que de dire que puisqu'on a besoin de règle pour gérer l'usage de la première il en faut des similaires pour la seconde.

          La subtilité, si je puis dire, c'est que nos moyens de reproductions, les technologies que nous pouvons appliquer à l'un, nous ne pouvons pas l'appliquer à l'autre. La différence n'est donc pas dans les objets, mais dans nos moyens de manipulation des objets.

          J'avais déjà écrit à ce sujet dans un essai : http://www.culture-libre.org/wiki/Sur_les_MTI#.C3.80_propos_(...)

          Les gens "piratent" parce qu'ils le peuvent.

          Les gens dupliquent de l'information public parce qu'il existe des technologies abordable pour le faire. S'il existait des technologies abordable pour transformer un tas de sable en choucroute ou n'importe quel plat à l'aide d'une machine programmable, les gens utiliserait ces machines. Et ils pourraient même s'échanger les programmes de leurs plats préférés par internet.
          • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            >>> si on ne veux pas tomber dans l'exagération fantasmagorique, on parle d'infraction et pas de « violation ».

            LE site officiel de la FSF est http://gpl-violations.org/ donc maintenant, tu peux répondre à la question.

            >>> Je crois que cette distinction d'immatériel c'est de la foutaise.

            Ok, tu as encore une théorie qui va l'encontre de 99,9999% de la planète. Le coût marginal d'un mp3 p2pisé est de quasiment zéro.

            >>> Les gens dupliquent de l'information public parce qu'il existe des technologies abordable pour le faire.

            Ca reste un délit. Les gens peuvent aussi voler un CD à la Fnac, Pourquoi ils ne le font pas ? Parce que 1) ils peuvent se faire attraper, 2) Ils savent que c'est mal.

            HADOPI est exactement ça, chopper un max de gusse pour faire de la pédagogie de masse. Oui, c'est con, oui, c'est mal fait. Mais les gens a qui appartiennent les œuvres ont le droit de faire respecter leur droit. Libre a toi de lobbytiser l'assemblée pour changer la loi.
            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              LE site officiel de la FSF est http://gpl-violations.org/ donc maintenant, tu peux répondre à la question.

              Gni???
              - Le site que tu pointes n'est pas du tout, mais alors vraiment pas, un site officiel de la FSF. Il est créé et maintenu par Harald Welte, indépendamment de la FSF. Le seul lien entre Harald Welte et la FSF est la remise de nomination par exemple : http://gpl-violations.org/news/20080401-fsf_award.html
              - Harald Welte n'est pas francophone, et le français n'est pas encore langue universelle, le nom du site est donc en anglais. "violation" en anglais se traduit plutôt par "transgression". OK, "violation" en français existe, et colle aussi puisque c'est l'action de transgresser une loi), mais prendre exemple sur un site en anglais pour argumenter sur du français est quand même très bof.

              Mais les gens a qui appartiennent les œuvres ont le droit de faire respecter leur droit.

              Alors pourquoi ne le font-il pas? Depuis le début d'Internet, les lois les protègent, mais bizarrement ils n'ont pas voulu faire respecter leurs droits. Quelques bon procès, des sommes à payer astronomiques, et la pédagogie sera faite. Ah zut, on vient de me dire dans l'oreillette que la pédagogie à coup de procès retentissant et des millions de $ (a peu près pareil en Euros) sur des milliers de personnes, ça n'a eu aucune pédagogie, il faut être un peu con pour penser qu'un mail perdu dans une boite aux lettres non lue ou une petite lettre recommandée aient plus d'effet que la menace de procès et des millions à payer.

              Ceci dit, c'est déjà mieux que DADVSI, les détenteurs des droits ont fait une loi précédente pour faire respecter leur droit et ne l'ont jamais utilisé, la au moins quelques mails sont partis. Il manque quand même la partie pédagogie, le mail faisant rire car parle de sécurisation de sa ligne et pas trop de piratage (c'est con de pas avoir pu faire passer une loi sur le piratage directement hein...), et l'état transgresser les droits d'auteurs à tour de bras (faudrait leur couper la connexion à eux aussi non? La loi ne s'appliquerai pas pour tous?)

              Non, sérieux, si ils avaient voulu faire passer une loi qui protège les ayants droits, ils auraient déjà commencé par rendre automatique la sanction, comme ça a été proposé par le parlement, bizarrement l'HADOPI s'arroge le droit de ne pas poursuivre à la tête du client. Et par parler de piratage et non de non-sécurisation de sa ligne que personne n'associerait au piratage si la communication faite par HADOPI n'essayait pas de lier les deux. Ce qui est sanctionné par HADOPI n'est pas le piratage, mais la non sécurisation de sa ligne, rien à voir avec les ayant droit, qui ont toujours la même loi qu'avant.
            • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

              Posté par (page perso) . Évalué à 0.

              Le coût marginal d'un mp3 p2pisé est de quasiment zéro.

              Zéro quoi ? Watt (consommation électrique des machines en réseau) ? Bits (bande passante) Heure/homme (conception, maintenance et utilisation des logiciels et matériels) ?

              Un coût faible est n'est pas un coût nul.

              Cela étant dit, il y a quelques siècles le coût d'une duplication d'une information par l'humain était bien plus grande qu'aujourd'hui, c'est certain.

              Le coût de duplication d'un objet d'échelle humaine reste importante avec nos technologies modernes, sinon tout le monde s'autoriserait à dupliquer les choses qui lui plaise, comme ils le font pour l'information numérisée.

              Ca reste un délit. Les gens peuvent aussi voler un CD à la Fnac, Pourquoi ils ne le font pas ? Parce que 1) ils peuvent se faire attraper, 2) Ils savent que c'est mal.

              Il ne s'agit pas de voler mais de dupliquer un objet. Si les gens ne vont pas à la Fnac dupliquer ce qui les intéresse avant de repartir avec leurs objets dupliqués, c'est parce qu'ils n'ont pas de machine à dupliquer de tels objets.

              La seule chose qu'une duplication peut retirer au détenteur de l'objet initial, c'est une éventuelle exclusivité. Hors l'exclusivité, c'est l'exclusion, et les gens savent qu'engendrer de l'exclusion là où elle peut être évité c'est mal.
    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par . Évalué à 2.

      Je suis tout à fait d'accord avec toi, même s'il ne faut pas négliger une certaine bourrinade de la part des politiques, ils ne sont quand même pas tombés de la dernière pluie, et si on nous a propulsé sur le devant de la scène quelques charlots ou charlottes, il n'en demeure pas moins que les décideurs ont a disposition des rapports solides, de gens compétents.
      Alors ?
      Alors, pendant qu'on nous amuse avec une loi inapplicable, qui ne sert à rien et qui côute du fric, l'essentiel est en fait, de faire passer dans l'ombre tout un tas de petites ou grosses mesures beaucoup plus pernicieuses, voire dangereuses.
      Quelques indications de tendance: ACTA négocié clandestinement et révélé par accident, l'antienne répétée de la nécessité du filtrage pour lutter contre les méchants pédophiles, la découverte de fichiers clandestins et illégaux utilisés par la gendarmerie, la CNIL peu à peu vidée de toute substance bien qu'elle n'ait jamais pu inquiéter grand monde, etc etc
      Et ceci est identique dans la plupart des pays, aux USA on renforce le Patriot Act et les militaires préconisent la mise en place de plusieurs internet en fonction du sérieux et de l'aspect stratégique. Voilà des nouvelles qui vont droit au coeur des grandes démocraties comme la Chine, l'Iran ou la Russie !
      Je pense que la prochaine étape en France sera l'interdiction de chiffrement sans autorisation, régime qu'on a quand même connu, rappelons l'interdiction de PGP jusqu'en 96 (considéré comme arme de guierre!), et il n'est libéré que depuis seulement 6 ans; on va dire que c'était une expérience, qu'à présent il y a la menace terroriste et en plus les anti HADOPI qui en profitent, bref le temps est peut être de revenir à un système d'autorisation préalable pour ne pas facher les entreprises.
      Mais c'est vrai quoi, si vous n'avez rien à cacher, qu'est ce que ça peut vous faire que le net soit filtré ou le courrier controlé !
      On a vraiment plus qu'un pied dans ce qui nous inquiétait en 1977 (excusez l'age) quand on faisait de grosses réserves sur le rapport d'un certain Minc, à quoi on nous répondait que c'était un scénario irréaliste.
      La preuve !
      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

        Posté par . Évalué à 2.

        Je ne pense pas que l'interdiction du chiffrement soit à l'ordre du jour, pas qu'ils n'en ont pas envie, mais qu'ils doivent laisser les entreprise la possibilité de pouvoir le pratiquer, et un certain nombre d'entreprise étrangère aussi.

        Tu ne peux pas référencer toutes les adresses nécessitant une sécurisation.
        Si j'ai envie d'acheter un zaurus du Japon, je n'ai d'autre choix que d'utiliser un site japonais et au moment du paiement c'est en https.

        Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

    • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

      Posté par . Évalué à 2.

      >et la seule qui vient à l'esprit

      Faux, faux et archifaux. Pour empêcher un délit, tu as le choix entre tout contrôler à l'avance (et les technologies du numérique permettent clairement une augmentation du contrôle donc du pouvoir par les dirigeants), et sanctionner après le délit.

      Souvent, il y a un mix des deux: on prévient par des politiques de contrôle, et on sanctionne le non-respect des consignes, mais la limite varie fortement sur où s'arrête le contrôle et où commence la sanction.

      Ici, à propos de régulation d'Internet, comme je pense que le contrôle systématique a priori est une vraie saloperie, je défends de sanctionner a posteriori le respect des lois (sanctionner comment est un autre débat).

      Ici, le problème que je vois n'est pas entre le respect des droits d'auteurs et le respect de la liberté individuelle, mais dans la délimitation de ce qui est considéré comme de la vie privée ou pas. Je considère que la vie privée des gens est l'espace où ils font ce qu'ils veulent, et qu'une absence de vie privée au sens où l'État la contrôle directement et systématiquement est le signe d'un État totalitaire. Désolé d'être libéral.

      Et pour le coup, ce que je vois est la mise en place par un gouvernement français de moyens de contrôle des techniques de communication de ses citoyens. Ça n'est pas directement totalitaire, mais c'est poser les moyens techniques du totalitarisme en place.

      Et c'est cette mise en place de moyens de contrôle qui rognent sur la vie privée que je trouve dangereuse. Je me fous des lobbys du cinéma ou des pédos-nazis, que je considère qu'on peut défendre ou condamner autrement, pour ma part.
      • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        >>> le contrôle systématique a priori est une vraie saloperie,

        Je suis parfaitement d'accord sur le contrôle.

        >>> je défends de sanctionner a posteriori le respect des lois (sanctionner comment est un autre débat).

        Le problème est qu'on a affaire à une fraude de masse et unitairement peu grave (téléchargé un fichier illégalement n'a jamais tué quelqu'un). Il a été démontré que la justice traditionnelle ne permettait pas de faire respecter les droits d'auteurs à une population d'internaute fradeuse et nombreuse (30% ? plus ? moins ?)

        >>> la vie privée des gens est l'espace où ils font ce qu'ils veulent

        Euh, non. ta définition est parfaitement inexacte. Même chez toi, volé fermé et dans une cage de faraday, la loi s'applique et ne te permet pas de faire ce que tu veux.

        >>> Faux, faux et archifaux.
        Je ne vois aucune contradiction avec mon message ci-dessus dans ce que tu raconte.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par . Évalué à 2.

          >Euh, non. ta définition est parfaitement inexacte.

          La vie privée est une partie de ta vie que tu ne rend pas accessible aux autres. En un sens, ce que tu appelle vie privée est évidemment relatif à face à qui tu gardes le secret.

          Un individu qui a un travail avec un patron, sa vie privée sera par exemple ce qu'il raconte avec sa femme. Mais ce qu'il raconte avec sa femme sera plus facilement connu de ses amis.

          Au niveau du droit:

          Vis-à-vis de l'état, tu as une vie privée quand l'état ne sait pas tout le temps ce que tu es en train de faire, dire, penser. Dès lors, si tu commets des actes délictueux dans cet espace privé et que tu arrives à les camoufler à l'État, tu ne seras pas condamné.

          Sinon, tu peux d'office fliquer les gens dans leur lit pour savoir l'âge de leur partenaire, puisque les gens n'ont pas le droit de coucher avec n'importe qui (cf l'âge) selon la loi.

          Et en Espagne par exemple, en déclarant que ça relevait des échanges privés entre personnes, le peer-to-peer, la conséquence directe est que le gouvernement ou d'autres n'ont pas le droit de surveiller ces échanges, parce que la vie privée est un droit constitutionnel protégé dans leur pays comme le notre d'ailleurs.

          >Je ne vois aucune contradiction avec mon message ci-dessus dans ce que tu raconte.

          Relis ce que j'ai dit:
          >>et la seule qui vient à l'esprit
          Ça faisait référence à la phrase: Le contrôle systématique et le filtrage est l'idée qui parait la plus immédiate, la plus simple... et la seule qui vient à l'esprit.

          Or je conteste justement ce point que le verrouillage a priori du réseau (=contrôle systématique du réseau) soit le seul possible pour faire respecter la loi.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par . Évalué à 2.

          >ne te permet pas de faire ce que tu veux

          Ici, peut-être rectifier le te permets, et distinguer entre capacité physique et autorisation légale.

          Physiquement, tu peux te permettre de battre ta femme. Ça n'en est pas moins interdit. Cependant tant que personne ne te dénonce, tu as fait ce que tu voulais, ça t'était physiquement permis, mais pas légalement.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Le problème est qu'on a affaire à une fraude de masse et unitairement peu grave (téléchargé un fichier illégalement n'a jamais tué quelqu'un). Il a été démontré que la justice traditionnelle ne permettait pas de faire respecter les droits d'auteurs à une population d'internaute fradeuse et nombreuse (30% ? plus ? moins ?)

          Quand la fraude devient vraiment de masse il faut alors se demander ce que l'on appelle fraude. la fraude est définie par la loi, et la loi est un l'ensemble de règles auxquelles se conforment les gens pour rendre possible leur vie en société. Quand un gros morceau de société de retrouve accusé de fraudes par des minoritaires qui ont la loi pour eux, où est la fraude ? Pour terminer avec des mots plus clairs que les miens, je colle une citation qu'il me semble que j'ai trouvé la première fois sur LinuxFr :

          Au lieu de s’ériger contre une société civile en mouvement et de brider les nouvelles formes d’organisation productives ou créatrices, les droits de propriété intellectuelle doivent évoluer en fonction de la nouvelle donne technologique, de l’apparition de nouveaux acteurs et de nouveaux usages. Faute de quoi le discours sur la contrefaçon et la défense de la propriété intellectuelle apparaîtra de plus en plus comme la langue de bois d’un temps qu’on croyait révolu, celui où « le peuple avait par sa faute perdu la confiance du gouvernement », où « ce n’était qu’en redoublant d’effort qu’il pouvait la regagner » et où les autorités s’interrogaient avec Bertolt Brecht, sur la solution : « Ne serait-il pas plus simple alors de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »

          — Guilhem Fabre, Professeur à l'Institut Universitaire de France, spécialiste international de la contrefaçon. Rapport sur la contrefaçon. À paraître.
        • [^] # Re: Je suis probablement un peu paranoïaque mais il y a de quoi.

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Le problème est qu'on a affaire à une fraude de masse et unitairement peu grave (téléchargé un fichier illégalement n'a jamais tué quelqu'un).

          Ah parce qu'un téléchargement de masse peut tuer ?


          Il a été démontré que la justice traditionnelle ne permettait pas de faire respecter les droits d'auteurs à une population d'internaute fradeuse et nombreuse (30% ? plus ? moins ?)


          Il n'y rien qui a été démontré mais on a bien vu que les industrielles refusent systématiquement les solutions réalistes comme la licence globale, préférant s'embarquer dans le montage d'usine à gaz à l'inefficacité courut d'avance mais mettant en place des moyens de contrôle digne d'un état totalitaire.
  • # Le logiciel Hadopi est impossible

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    En plus, réaliser un logiciel de sécurisation^Wcontrôle tel que défini par l'Hadopi est impossible :
    http://blog.rom1v.com/2010/08/le-logiciel-hadopi-est-impossi(...)

    blog.rom1v.com

  • # Il n'y a pas de téléchargement illégal

    Posté par . Évalué à -1.

    Rhoo mais hé ho...

    Le téléchargement illégal n'existe pas. Le mot, ou le sens de la phrase n'est pas correct. En effet, il y un téléchargement, et pis c'est tout. Maintenant, le contenu téléchargé est légal ou pas, c'est selon. Selon quoi? c'est simple:

    - si j'ai un jour payé les droits de regarder (ou écouter ou encore interragir) le contenu qui est téléchargé.

    Imaginons que j'aie vu à la télévision "Le grand Bleu" (ben quoi, pas un bon exemple?). J'ai payé lors de mon visionnage le droit de le regarder. De l'enregistrer aussi, afin de pouvoir le regarder en famille, et uniquement en famille, et ce où que je sois (je peux avoir déménagé). Mais je n'ai pas le droit d'en faire une copie pour qq d'autre. J'ai le droit d'en faire 36 copies mais rien que pour moi. Mais pas de chance, mon vidéo foutu. J'ai toujours une cassette vhs (ou pas, c'est la mm chose). De toutes façons, un jour j'ai payé les droits pour le regarder. Donc, si je le télécharge de n'importe quelle manière (père to père (voir pire to pire)), Fais Toi Prier (èf thé pé) voir hache thé thé pé (http on sais jamais), je suis en droit de le faire.

    Par contre, mon voisin qui n'a jamais eu de télévision, l'a jamais vu... donc lui il n'a pas droit de l'avoir (et même s'il a loué un jour la cassette, voir dvd, il n'avait le droit que pour le moment de la location). Lui sera donc un voleur alors que moi non.

    C'est là dessus qu'il faut agir... Enfin, c'est mon avis, et je le partage.

    Mais non, le téléchargement illégal n'existe pas. Le téléchargement existe ou n'existe pas. La légalité sur les bits, je connais pas.

    Pour ceux qui disent que j'ergote, voir poil-de-cute (je sais c'est un nouveau verbe), ben c'est exactement ce que fais une loi...

    Et je n'ai pas 16 ans dans mon slip blanc.

    Amicalement vôtre.
    • [^] # Re: Il n'y a pas de téléchargement illégal

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      >>> j'aie vu à la télévision "Le grand Bleu", j'ai payé lors de mon visionnage le droit de le regarder

      HAHA

      >>> si je le télécharge de n'importe quelle manière (P2P)

      Sauf que le P2P, tu redistribue aussi, ce qui te place du mauvais coté de la barrière.

      >>> La légalité sur les bits, je connais pas.

      Aucun, donc la GPL n'existe pas, puisqu'elle protège des bits.

      >>> Et je n'ai pas 16 ans dans mon slip blanc.

      Dommage, ca aurait été une bonne excuse pour la pauvreté de ton raisonnement.

      Tu vis dans un drôle de fantasme.
      • [^] # Re: Il n'y a pas de téléchargement illégal

        Posté par . Évalué à 1.

        Il est vrai que le P2P me place comme émetteur. Néanmoins, je n'émet que pour ceux qui ont payés les droits. Pour les autres, ce n'est pas ma faute, bien que la suite du raisonnement pour les bits... à suivre

        La légalité sur les bits, revenons y. La GPL protège le code, c'est à dire l'ensemble des bits qui forment ce code. Par contre, lorsque je télécharge, c'est bit par bit... Le moment ou je télécharge... Une fois le téléchargement terminé, là, d'accord, j'ai un ensemble. Et c'est cet ensemble, qui sera le contenu. Ce ne sera que le contenu qui sera en ma possession. La possession sera légale ou pas.

        Ce n'est pas parce que j'ai une voiture qui me permet de faire du 200 km/h que je dois systématiquement, avant le début du mois, payer une amande, ou alors, on m'enlève ma voiture parce qu'elle peut dépasser la réglementation en vigueur... mais alors... non, j'arrête le raisonnement. J'ai une voiture Point. Je dépasse les limitations, je me fais prendre... je paye les pots cassés. Idem le téléchargement. Je télécharge la grande vadrouille... Si j'ai un jour... voila.

        Je télécharge le dernier film pas encore sorti au cinéma --> une fois le film chargé complètement, je me fais prendre --> paf le chien. Pendant que je télécharge... non

        Je suis pour que tous les acteurs soient payés. Aussi bien les artistes, que les metteurs en scène, régisseur, gros magnas, raf, même combat. Tous doivent être rémunéré.

        Payer 2 fois pour une même chose non. Voila en quoi ma logique s'insère (et sincère, elle l'est).
        • [^] # Re: Il n'y a pas de téléchargement illégal

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          >>> la suite du raisonnement pour les bits... à suivre

          Non, c'est clos, c'est du nawak. Ton raisonnement ne tient pas du tout. Pour info, on attend pas qu'un cambrioleur a dévalisé la totalité d"une banque pour l'arrêter.

          >>> J'ai une voiture Point. Je dépasse les limitations, je me fais prendre.je paye les pots cassés.

          Tu as une liaison internet, tu télécharge illégalement, tu te fais prendre, tu paye les pots cassés. c'est la même logique.

          >>> Payer 2 fois pour une même chose non.

          Voilà la réalité de ton raisonnement. Tu es dans un simple rapport de consommateur qui a la possibilité de grugger le système. Au lieu de télécharger des œuvres d'artistes qui veulent te les vendre. , tourne toi vers les œuvres libres. rien que dans le domaine public, tu y trouvera les plus grand écrivains.
          • [^] # Re: Il n'y a pas de téléchargement illégal

            Posté par . Évalué à 2.

            >> Tu as une liaison internet, tu télécharge illégalement, tu te fais prendre, tu paye les pots cassés. c'est la même logique.

            Le seul problème, c'est que les personnes qui se feront prendre ne seront pas nécessairement coupable. Cela se retrouve actuellement avec les radars de feu tricolores : lorsqu'un véhicule prioritaire demande le passage, la personne devant le feu s'avance et grille le feu, d'où une superbe photo ! Mais a-t-elle enfreint la loi ? Non, elle n'a fait que laisser passer un véhicule prioritaire, par contre elle est puni ! Hadopi c'est pareil. Ce n'est pas le fait de vouloir protéger les droits d'auteurs et associé qui pose problème, mais la façon de le faire, uniquement par un système répressif qui ne propose aucune alternative viable. Actuellement en France, les lois ne sont faites que pour réprimer et limiter de plus en plus les libertés au non d'une soit-disante amélioration de notre sécurité (cf LOPPSI).
            • [^] # Re: Il n'y a pas de téléchargement illégal

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              >>> Cela se retrouve actuellement avec les radars de feu tricolores

              apparthé et FUD, les radars de feu prennent 2 photos à un bref intervalle. ce qui permet de constituer l'infraction.

              >>>qui pose problème, mais la façon de le faire

              Comme dit plus haut, à part avec un filtrage qui sera efficace sur le grand public, tu proposes quoi pour que les gens ne téléchargent pas illégalement ?
              • [^] # Re: Il n'y a pas de téléchargement illégal

                Posté par . Évalué à 2.

                Oui mais cela ne permet pas de voir le véhicule prioritaire.
                La seule solution est d'aller voir la gendarmerie/police/pompier pour avoir une preuve qu'il y avait un véhicule prioritaire, payer (pour pouvoir faire une réclamation) et attendre.
  • # Logiciel de sécurisation et virtualbox

    Posté par . Évalué à 1.

    Bonjour,
    si j'ai bien compris l'intérêt de ce mouchard, c'est que si on l'installe alors on ne risque pas de se faire couper sa connexion internet si il n'a rien relevé.
    Donc je me demande si en installant ce mouchard sur un Windows qui tourne dans une virtualbox, ça ne contourne pas ce mouchard. Il me semble que le mouchard ne va analyser que le trafic qui aura lieu depuis le Windows dans la virtualbox mais si a côté de ça, on fait tourner aMule ou ktorrent à tout va, il ne devrait rien voir passer. Je me trompe ?
    • [^] # Re: Logiciel de sécurisation et virtualbox

      Posté par . Évalué à 5.

      Tu te trompes.

      Et peu importe que l’abonné ait ou non installé un logiciel de sécurisation labellisé. Le déroulement hoquetant d'Hadopi 1 et 2 a fait qu’aujourd’hui, l’installation d’un tel software pourra donc ne pas suffire à l’abonné pour démontrer son innocence. Pourquoi ? Car juridiquement l’installation d’un tel logiciel labellisé n’est pas dans les éléments constitutifs de l’infraction. « Il n’y a pas de lien dans la loi entre l’envoi des mails et la labellisation des moyens de sécurisation » nous confiait Mireille Imbert Quaretta, présidente de la CPD, en marge d'une conférence de presse à la Hadopi.

      http://www.pcinpact.com/actu/news/59170-hadopi-preuve-contre(...)

      L'intérêt de ce mouchard, c'est de rapporter à la Hadopi l'usage qu'ont les internautes de leur ordinateur et de leur réseau. Ça ne rapporte strictement rien à l'internaute, à part la fierté de collaborer pour le bien de la patrie.

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