Premières rencontres africaines des logiciels libres

Posté par  (site Web personnel) . Modéré par Florent Zara.
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oct.
2004
Communauté
Les Premières rencontres africaines des logiciels libres se sont déroulées à Ouagadougou (Burkina Faso) du 27 septembre au 7 octobre.

Elles étaient présidées par les ministres burkinabè et sénégalais des Postes et Télécommunications, et organisées par l'Agence intergouvernementale de la Francophonie et l'Association africaine des utilisateurs de logiciels libres (AAUL).

Le thème était « Mise en ½uvre du plan d'action SMSI (Sommet mondial sur la société de l'information) de Genève en Afrique : contribution des logiciels libres ».

« Il n'est pas envisageable de réaliser l'objectif d'accès universel pour tous à la société universelle de l'information en ne favorisant pas l'usage des logiciels libres » (ministre burkinabè Thiombiaono).

On notera aussi que « Ouagadougou abrite les 5 et 6 octobre 2004 un atelier national de réflexion sur l'élaboration du plan d'action du programme de partenariat entre les départements chargés de l'éducation et Microsoft. »

Merci à la liste africa_net pour les informations.

Aller plus loin

  • # ADEN

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 6.

    Voici le lien vers le site d'un projet du ministère français des Affaires étrangères annoncé au SMSI en décembre dernier et dont la description contient « Il s'adresse en premier lieu à la société civile africaine et favorise l'utilisation des logiciels libres. » :-)

    http://www.africaden.net(...)

    http://www.africaden.net/article.php3?id_article=26(...) pour la description
  • # comment on fait

    Posté par  . Évalué à -5.

    pour poster sur linuxfr il faut attendre le déluge ?
  • # Petite correction

    Posté par  . Évalué à 1.


    Elles étaient présidées les ministres burkinabè et sénégalais des Postes et Télécommunications, et organisées par l'Agence intergouvernementale de la Francophonie et l'Association africaine des utilisateurs de logiciels libres (AAUL).


    Je pense qu'il manque un "par" avant "les ministres"
  • # Filiation

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 5.

    Ces rencontres sont la conséquence directe de l'invitation de de délégués africains aux RMLL à Bordeaux en 2002.

    J'y ai rencontré plusieurs informaticiens qui ne bénéficiaient d'aucune ligne haut débit pour charger.
    nous avons été quelques un à leur envoyer des cdroms.
    • [^] # Re: Filiation

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 6.

      Ces rencontres doivent en grande partie leur existence à Pierre Ouedraogo, un bordelais originaire du Burkina Faso. L'INTIF (Institut francophone des Nouvelles Technologies de l'Infomation et de la Formation) est grâce à lui un promoteur très important des logiciels libres en Afrique.
      Nous lui devons aussi le colloque d'Abidjan de novembre dernier : http://linuxfr.org/2003/11/22/14652.html(...)
    • [^] # Re: Filiation

      Posté par  . Évalué à 10.

      Ces rencontres sont la conséquence directe de l'invitation de de délégués africains aux RMLL à Bordeaux en 2002.

      Je vais le dire cruement, mais faut pas exagérer non plus.

      Le programme de développement des logiciels libres de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie, via son Institut pour les Nouvelles Technologie de l'Information et la Formation (INTIF, basée à Bordeaux), date de 1999. Les délégations africaines sont venues à _toutes_ les RMLLs, depuis les premières en 2000 et, pour autant que je sache, sur invitation (et financement) de l'INTIF.

      Loin de dire que les RMLLs n'ont pas eu d'impact sur leur programme et leurs actions, puisque ces rencontres ont été à chaque fois le prétexte à un rassemblement qui a permis le développement général de leur réflexion, conjointement avec d'autres participants (malheureusement très peu nombreux), et de partage d'expérience. Mais des rassemblements, ils en ont eu bien d'autres, durant lesquels se sont prises des décisions importantes et sont nées des initiatives majeures. Il me semble donc plus que prétentieux d'attribuer aux RMLLs un lien direct de cause à effet (i.e. paternité et filiation) au sujet des RALLs. Je sais que je vais en choquer certains, mais cela me semble être un fait, leur combat n'a pas eu besoin des RMLLs pour exister et se mettre en place.

      Par exemple, quand j'ai donné ma première formation pour la Francophonie en 2001 à Lomé, on parlait déjà de fonder l'AAUL et de monter un évènement panafricain (qui deviendra les RALLs) pour la promotion du logiciel libre.

      Ce que je veux souligner au travers de ce ch'tit coup de gueule, c'est que le développement du logiciel libre en Afrique est une initiative africaine, et donc un projet complètement approprié par eux, et non la conséquence d'un évènement européen agrémenté d'une généreuse charité des riches bien pensant que nous sommes... Et surtout que ce combat va bien au delà du "le LL c'est bien, le proprio c'est maaal" qui pose le logiciel libre comme une fin, mais constitue un enjeux majeur du développement économique de ces pays parce que le logiciel libre y constitue un _outil_ au service du développement et de l'appropritation des nouvelles technologies.

      Comme le souligne Pierre Jarillon, cet évènement, ainsi que beaucoup d'autres (conférences, ateliers de formation) sont le fruit du travail de titan effectué par les gens de l'INTIF, et en particulier Pierre Ouédraogo dont je tiens à saluer l'action. Ces deux semaines passées à Ouagadougou ont encore montré la motivation et la résolution de ces africains pour l'adoption des logiciels libres, face aux programmes de "d'aide au développement" poussé par les grosses firmes informatiques. Et ce refus de se laisser aller à la facilité pour défendre leur vision ne rend leur combat que plus admirable.

      Au delà de cette mise au point peut-être un peu brutale, j'ai apprécié les RMLLs auxquelles j'ai participé et je recommande l'évènement, qui me semble un rassemblement important, voire incontournable en Europe pour le logiciel libre, qui peut se vanter d'être le point de départ de pas mal d'initiatives.

      J'y ai rencontré plusieurs informaticiens qui ne bénéficiaient d'aucune ligne haut débit pour charger. nous avons été quelques un à leur envoyer des cdroms.

      Là par contre, la situation s'est clairement améliorée avec la pose d'une fibre haut-débit qui fait le tour de l'Afrique jusqu'à l'Inde. Les pays côtiers arrivent à avoir des sorties avec des débits honorables. Les pays à l'intérieur des terres s'en sortent un peu moins bien (forcément), mais ça va. Reste que l'accès à Internet reste un luxe, tout comme l'accès à l'informatique tout court dans des payes où le matériel coûte nettement plus cher qu'ici. Il est donc vrai que la fourniture de CDROM (les lecteurs de DVD restent très rares) de distributions et de logiciels divers (genre OpenOffice.org parce que c'est gros) mais aussi et surtout de documentation (sous forme électronique ou papier) sont des gestes appréciables et appréciés, et doivent être encouragées. Envoyer 100 CDROM à une université ou un LUG africain coûte bien peu de choses par rapport à ce que ça peut engendrer là-bas.



      PS : l'avis exprimé ici est purement personnel et ne saurait représenter l'avis de qui que ce soit d'autre cité ou non...
      • [^] # Re: Filiation

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 6.

        J'approuve les dires de Cedric Blancher. Toutefois, je nuancerai son avis sur le rôle des RMLL. En 2000, les RMLL ont été à l'origine de l'AAUL : http://lsm2000.abul.org/program/topic03/aull_fr.html(...)
        Cette année là, les africains étaient pour la plupart à la recherche de logiciels gratuits. Ils sont repartis avec des logiciels libres. Je crois y avoir contribué et c'est une grande satisfaction.

        Depuis, les RMLL sont toujours un lieu de rencontre pour les africains, mais ce n'est pas le seul et c'est heureux. Actuellement, comme le dit très bien Cédric, ce sont les africains qui ont pris leur destin en mains. Ils le font bien et l'INTIF avec Pierre Ouedraogo et Augustin Ido leur apporte une aide précieuse. L'élite des pays africains a maintenant pris conscience des enjeux. Les Africains sont maintenant très méfiants quand on leur apporte une "aide" qui les rend dépendants.

        Ce qui est amusant, c'est que Microsoft semble faire ses présentations en même temps que les évènements relatifs au logiciel libre. C'était déjà arrivé en novembre 2003 à Abidjan. À la sortie les participants étaient invités par les membres de l'Ai3L à regarder le soir même l'émission sur les logiciels libres.
  • # Avenir

    Posté par  . Évalué à 5.

    L'avenir des LL passera par les pays émergents et les pays en voie de développement. Encore faut-il que ce type de manifestation soit plus nombreuse.

    En tout cas, le développement de LL est un acte solidère formidable et un transfert de compétences gratuit et sans contraintes pour ces pays.

    Bravo et vive les LL !
    • [^] # Re: Avenir

      Posté par  . Évalué à 3.

      Pas d'accord, c'est l'avenir des pays émergents, et en voie de développement qui est en jeux, et non l'inverse...
      Le combat n'est pas le même que chez nous, il doit pouvoir favoriser une partie du développement des ces pays par le biais de l'utilisation des LL, et notre devoir est de le permettre le plus rapidement possible, en leur offrant le maximum d'autonomie.
      Ne pas reproduire les erreurs passées et présentes, ne leur jettons pas des CDROMS par voie aérienne en leur demandant de se débrouiller.... (parallèle un peu osé entre les aides alimentaires et le problème qui nous concerne, mais qui "image" bien ma pensée)

      L'enjeu est beaucoup plus humain que logiciel... AMHA.

      ++
      • [^] # Re: Avenir

        Posté par  . Évalué à 5.

        Pas d'accord, c'est l'avenir des pays émergents, et en voie de développement qui est en jeux, et non l'inverse...

        Agree, mais avec un bémol.

        Le LL n'est pas une fin en soit, mais un moyen d'accéder de manière durable aux technologies de l'information. Soit. Ceci étant, son avènement devient un objectif intermédiaire, et donc quelque part un but à court terme parce qu'il est contesté et mis en concurrence par les programmes de boîtes comme Microsoft via son programme de "don de logiciel"[1] qui vise aussi bien les ONG que les pays en voie de développement. L'accord que vient de signer le Burkina Faso avec Microsoft* (cf. Microsoft Authorized Refurbisher Program et Fresh Start Program), montre bien que le logiciel libre doit être défendu, même en temps que moyen, pour assurer un accès libre et équitable à ce savoir, parce que pour ce que j'ai vu de cet accord, il est loin d'être aussi sympa que ce que proclame les sites Web et est surtout très loin d'être gratuit et dénué de contre-parties...

        ne leur jettons pas des CDROMS par voie aérienne en leur demandant de se débrouiller

        Plusieurs facteurs sont nécessaires : un apport de savoir initial qui permet de lancer des formations locales, du matériel et du logiciel pour travailler, et évidemment des structures pour gérer et orchestrer le tout. C'est le but des programmes comme celui de l'INTIF qui axent sur plusieurs plans :

        . favoriser la formations d'associations locales de type LUG pour permettre la diffusion du LL
        . la formation initiale de haut niveau des ingénieurs en charge des infrastructures actuelles impliqués dans le développement du LL, de manière à ce qu'ils puissent d'une part déployer le LL sur leurs infra et d'autre part retransmettre leur savoir et former à leur tour d'autres personnes
        . la diffusion de logiciel à travers les LUG
        . la mise à disposition de matériel commun sous forme de mise en place de LABTIC (labo info avec machines, serveur et accès Internet) pouvant être utilisés à des fins de formation, en libre service, etc.

        Le tout pour permettre la mise en place d'infrastructures s'appuyant sur le LL et de plate-formes de formation locale permettant une diffusion autonome des connaissances. Cela marche très bien en Côte d'Ivoire qui compte plusieurs FAIs ayant migré leur système de facturation/authentification vers du LL et une association (AI3L) qui propose des formations à ses adhérents dans son LABTIC d'Abidjan (labo qui sert aussi aux étudiants de l'école qui l'héberge).

        L'Afrique francophone compte aujourd'hui une douzaine de LABTIC qui servent de point de départ à la diffusion du LL, et donc à l'appropriation des nouvelles technologies par ces pays émergeant.


        * Les clauses de cet accord étant publiques, il serait intéressant que quelqu'un le mette en ligne, qu'il puisse être analysé.


        [1] Microsoft Software Donation Program : http://www.microsoft.com/mscorp/citizenship/giving/apply/donations.(...)
    • [^] # Re: Avenir

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3.

      Je suis d'accord avec toi.

      Dans les pays en développement les logiciels propriétaires (que je ne citerais pas) ne sont pas encore suffisament implantés pour créer un besoin ou faire croire à une "normalité" des licences restrictives et propriétaires.

      Les logiciels libres ont donc une chance de se faire une place au soleil dès le départ (sans mauvais jeux de mots ^_^) étant donnés que les arguements anti-LL habituels ne sont plus valables:
      - formation: que ce soit sur LL ou logiciel proprio, tout le monde par quasiment de zero. Il ne s'agit d'une migration mais d'une installation. En plus, la documentation très riches des LL devrais permettre une intégration plus rapide.
      - compatibilité du matériel/driver: aujord'hui cela tient à 99% de FUD, mais je ne pense pas que les pays émergents soit des marchés porteurs pour les cartes graphiques à + de 400¤/pièce et autres matériel dernier cris. Je dirais même que la souplesse en terme de besoin de puissance joue clairement en faveur des LL.
      - le FUD aura du coup moins de prises sur le publique

      Je rajouterais que la transcription vers les langues local aura plus de chance de se faire rapidement et efficacement par la Communauté et la mise à disposion des codes source que par des boîtes à but purement lucratif au code sources fermés.

      Enfin en terme de coût, les formations éliminées des bilans, les logiciels libres ont un avantage sérieux.

      Je pense qu'on devrais voir un vrai équilibre entre ces deux "mondes" s'établir qui reflétera plus justement les qualités et les défauts des deux systèmes.
      • [^] # Un avis local

        Posté par  . Évalué à 2.

        Il ya en réalité dans ces pays ( Au sénégal par exemple ) un probléme de communication, autant sur les logiciels propriétaires que sur le libre.

        Pour donner un exemple, cette rencontre africaine des logiciels libres, je l'ai apprise sur linuxfr.org, pourtant je travaille dans une grande entreprise sénégalaise, dans le département Réseaux et serveurs Unix/Linux.
        Pour dire, il n'y aucune communication qui est faite dessus localement.

        Pour en revenir à la situation içi, les grands noms du monde des logiciels propriétaires qui ont compris cette situation, sont quand même déjà bien installés et de façon "pernicieuse".
        Ils financent "silencieusement" beaucoup de petites écoles informatiques et des formations à leurs logiciels propriétaires bien évidemment .
        Sans compter les nombreuses autres Certifications "machin et bidules".

        On a ainsi une une importante génération de techniciens informatiques ( sans généraliser toute fois ) pour qui un résau , c'est synonyme d'équipements CISCO et de commandes "show access-lists 130 " etc.

        Mais , il est vrai que les logiciels libres semblent étres acceuillis plutôt favorablement.
        Je pense que s'ils franchissent le cap de l'intégration aux programmes d'étude de ces écoles. Ils pourront s'imposer assez vite.
        • [^] # Re: Un avis local

          Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 2.

          ... cette rencontre africaine des logiciels libres, je l'ai apprise sur linuxfr.org, ....

          Ce qui veut dire que linuxfr.org est un bon moyen de communication ! ;-)

          Pour dire, il n'y aucune communication qui est faite dessus localement.

          La communication, telle qu'on la conçoit dans le monde libéral où nous vivons nécessite des sommes d'argent considérables que le consommateur paie en final. Cela impose des structures pour gérer ces coûts. Nous n'avons rien de tout ça et je ne crois pas que ce soit souhaitable.

          La communication passe par chacun de nous et par nos relations. Quand parmi elles, on peut trouver un journaliste, c'est le bonheur !
          • [^] # Re: Un avis local

            Posté par  . Évalué à 3.

            En fait , pour "la communication locale", cela s'adressait surtout à nos délégations locales .
            Car si notre ministre en personne s'est déplacé ( voir le premier lien ) , on peut penser qu'il y aurait eu, ne cerait ce qu'une affiche, ou un flash à la télé ou la radio. Ce qui aurait permis d'entendre parler des logiciels libres "officiellement" au sénégal.
            mais en fait il y a eu un certain silence radio sur l'événement !

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