Journal Pour un vote électronique fiable

Posté par .
Tags : aucun
0
23
août
2006
Le sujet du vote électronique est régulièrement l'occasion de vastes tro^W débats entre pseudo-progressistes partisan de l'adoption la plus rapide possible des nouvelles technologies de l'information afin de faire progresser la démocratie (plus de participation, scrutins plus fréquents), et pseudo-conservateurs, en fait bien souvent des gens un peu mieux renseignés qui savent qu'il est très difficile de prouver qu'il n'y a pas eu de fraudes lors d'une élection utilisant des machines à voter.

Les discussions qui ont fait suite à un récent article d'Agoravox ( http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12569 ) ont fait émerger de nombreuses solutions plus ou moins réalistes de sécurisation du vote électronique. Le problème, c'est qu'en général, cela ne fait pas avancer le schmilblick d'un poil, car au prochain article sur le sujet, les discussions repartiront de zéro... enfin bref Agoravox n'est pas le lieu le plus adapté pour élaborer un système fiable.

Il doit par ailleurs déjà exister de nombreuses publications à ce sujet dans les revues scientifiques. Je vais tâcher de pousser plus à fond mes recherches de ce côté là.

Mais j'aime bien l'idée de la conception vivante en communauté. C'est pour ça je me demande s'il n'existe pas un Wiki, dont le but serait d'une part d'élaborer des procédures de vote garantissant telle ou telle propriété, preuves à l'appui, avec toutes les critiques dans les commentaires de la page, et d'autre part de collectionner diverses preuves d'impossibilité (prouver que A et B simultanément sont impossibles dans un système S respectant C, par exemple).

J'ai trouvé ce site : http://wiki.ael.be/ qui parle de démocratie dans la société de l'information, mais ça n'a pas l'air trop orienté technique. En connaissez vous d'autres ?
Si ce n'est pas le cas, pensez-vous que ce serait une bonne idée de créer ce Wiki ?

PS : je ne souhaite pas lancer ici de débat sur le vote électronique... à moins que vous sachiez me démontrer l'ineptitude totale de la chose en moins de 10 lignes de français, auquel cas j'abandonne complètement ce projet ! Non, l'idée serait plutôt un débat sur comment organiser un débat constructif. Un méta-débat, en quelque sorte. Alors, on vote ?
  • # mes deux cents

    Posté par (page perso) . Évalué à 7.

    Pour autant que je sache, il y a deux choses qu'il faut distinguer:
    1) le vote sur une machine au bureau de vote;
    2) le vote par Internet.

    D'autre part, le vote devrait être anonyme et vérifiable par chacun. Il me semble que c'est possible à l'heure actuelle pour (1), via des machines à voter qui donnent des tickets chiffrés, cf. D. Chaum Secret-Ballot Receipts: True Voters-verifiable Elections. A ma connaissance, il n'existe pas à l'heure actuelle de protocole ayant ces propriétés pour (2).
    • [^] # Re: mes deux cents

      Posté par . Évalué à 9.

      Oui oui, je n'ai volontairement pas fait de distinction ni parlé des différentes solutions possibles car tout ça peut-être traité dans le wiki.

      Par exemple, il est évident que le vote depuis chez soi par internet ne peut pas garantir la non-influence du vote (car tu as la possibilité de voter devant l'influenceur, que l'influence soit due à un flingue ou à des biffetons). Mais ça ne veut pas dire que le vote à distance est stupide. Il pourrait tout de même servir pour des sujets peu sensibles, ou qui par nature doivent être publics.

      Pour le vote avec une machine au bureau de vote, on peut a priori mettre la machine dans l'isoloir et la propriété est plus facile à garantir. C'est un exemple.

      Je pose plus une question de méthodologie là : comment s'organiser pour arriver à la conception d'un système fiable ? Car il ne me semble pas qu'un seul système en production actuellement ne mérite ce qualificatif.

      Ensuite viendra la question de comment faire la publicité de notre bébé. Publier dans une revue scientifique, pour commencer, et après ? Trouver des oreilles d'élus réceptifs. Travailler avec les partis politiques. Mener des campagnes de sensiblisation, etc.
    • [^] # Re: mes deux cents

      Posté par . Évalué à 3.

      Il y a un problème de plus au vote par internet que l'on ne pourra jamais résoudre parce que ce n'est pas un problème technologique. C'est qu'un vote doit se passer de façon isolé, mais dans un lieu publique pour être sûr qu'il n'y a pas contrainte.
      En effet, dans un isoloire, la femme qui frappe son mari n'aurra aucun moyen de controler ce qu'il fait dans l'isoloire, alors que chez elle, elle pourra le forcer à voter comme elle veut.
      Pour cette raison, le vote a distance est une mauvaise idée.
      Ensuite, le tout est de savoir si l'on accèpte et dans quelle proportion ce genre d'incidence.
      • [^] # Re: mes deux cents

        Posté par . Évalué à 3.

        C'est ce que je viens de dire ;-), juste au dessus !
        • [^] # Re: mes deux cents

          Posté par . Évalué à 3.

          j'ai mis trop de temps à l'écrire, et j'ai pas vérifié la présence de nouveau commentaire avant de poster.
          Je propose de faire un patch pour que quand on poste un commentaire qui affiche tout les commentaires qui ont été écrit depuis la création du commentaire.
          • [^] # Re: mes deux cents

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            J'ai proposé exactement ça au début de l'année sur le système de suivi... vous pouvez votez pour ;-)
            Je n'ai malheureusement pas le temps en ce moment d'étudier le code de Templeet et proposer un patch...

            https://linuxfr.org/tracker/421.html

            Excusez l'absence d'accents dans mes commentaires, j'habite en Allemagne et n'ai pas de clavier francais sous la main.

            • [^] # Re: mes deux cents

              Posté par . Évalué à 2.

              En même temps, j'ai dis ça a moitié sur le ton de la plaisanterie.
              En effet, je pense que c'est une fonctionnalité qui pourrait être intéressante, mais si mettre trop de fonctionnalité, va finir par monstrueusement alourdir la bête et je trouve les pages de linuxfr de plus en plus longue à s'afficher.
              Donc dans ce cas, oui, ce serait pratique, mais en même temps, c'est faisable à la main, donc je ne suis pas vraiment pour alourdir le site pour ça et je préfère garder les ressources pour des choses que je ne peux pas faire moi-même.
              • [^] # Re: mes deux cents

                Posté par . Évalué à 2.

                En fait, je viens d'aller sur ton lien, et c'est vrai que le principe de mettre juste un lien vers le commentaire serait peut-être un bon compromis car ça ne prendrait peut-être pas trop de ressources. J'ai donc voté quand même pour, à voir en rapport à ce que ça peut couter sur le chargement de la page.
      • [^] # Re: mes deux cents

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Elle peut le frapper jusqu'à qu'il aille faire une demande de vote par procuration au tribunal le plus proche.

        Et après elle contrôle le vote...
        • [^] # Re: mes deux cents

          Posté par . Évalué à 2.

          putain mais c'est pas con ça.
          Tu sais que j'y avais jamais penser.

          Ce qu'elle va dérouiller ce soir ! ;-)

          Plus sérieusement, c'est un truc qui je trouve peut remettre en cause le principe de la procuration.
          • [^] # Re: mes deux cents

            Posté par . Évalué à 1.

            En réalité non : en effet, on n'a le droit que d'un nombre limité de procurations par personne (1 ou 2 je crois).
            Donc ça n'exclue pas le cas des femmes qui battent leur mari, mais ça exclue carrément les traffics d'influence à grande échelle.
            Style : l'UMP a détourné assez de millions pour soudoyer les quelques dizaines de milliers d'électeurs suffisants pour qu'ils votent FN au lieu de PS afin d'avoir un second tour Sarko-Le Pen. Ça, ça ne marchera pas.
            • [^] # Re: mes deux cents

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              Il suffit d'avoir la liste des membres de FN, de soudoyer des citoyens pour qu'ils donnent procurations à ces membres FN, et voilà le tour est joué!

              Bon je ne suis pas sûr qu'on arrive à des dizaines de milliers et ça risque de ce voir... n'empêche ce n'est pas techniquement impossible!

              Dans les situations "normales";
              - je suis sous influence quelconques, je rentre dans l'isoloir, je peux mettre ce que je veux vu que le vote est secret... donc bon ils ne sauront jamais ce que j'ai mis dedans. Je peux me faire soudoyer et voter n'importe quoi

              Dans les situations de procuration:
              - on m'influence pour que je donne une procuration... et là je ne peux rien faire


              On ne peut pas répondre "en réalité ça ne se passe pas comme ça", peut être qu'il y a aucune personne qui a été forcé de faire une procuration. Il n'en reste pas moins que c'est une faille exploitable dans le système.
              • [^] # Re: mes deux cents

                Posté par . Évalué à 3.

                Il y a comme une hiérarchie de risque.
                Vote à distance > vote par procuration > vote dans l'isoloir
                Il faut voir où on place la barre de l'acceptable, sachant que le risque nul n'existe pas.
                • [^] # Re: mes deux cents

                  Posté par . Évalué à 2.

                  ou sinon, le plus simple est de supprimer le vote. De toute façon, à quoi ça sert, c'est tous des pourris.

                  ok => []
          • [^] # Re: mes deux cents

            Posté par (page perso) . Évalué à 1.

            Il n'y a pas de clauses du genre "raison de l'absence" ?

            un quartier "ouvrier" (sous-entendu qu'a pas un rond) dont 30% des électeurs partent en vacances au bahamas en plein mois de bourre, c'est visible. (remarquez qu'un nombre élevé de procuration tout court c'est visible...)
            • [^] # Re: mes deux cents

              Posté par (page perso) . Évalué à 1.

              Le site service-public.fr nous donne de précieuses infos sur le sujet :


              Le vote par procuration permet de se faire représenter, le jour d'une élection, par un électeur de son choix.

              L'électeur choisi (le mandataire) doit :
              * être inscrit dans la même commune que la personne donnant procuration (le mandant), mais pas obligatoirement dans le même bureau de vote,
              * ne pas avoir reçu plus de deux procurations, dont une seule établie en France.

              Conditions à remplir. Le mandant doit soit :
              * avoir des obligations professionnelles le tenant éloigné de son bureau de vote le jour du scrutin ou le plaçant dans l'impossibilité de s'y rendre,
              * soit être dans l'impossibilité de se déplacer le jour du scrutin en raison de son état de santé, d'un handicap, ou en cas d'assistance à une personne malade ou infirme,
              * soit suivre une formation le tenant éloigné du lieu de vote le jour du scrutin,
              * soit avoir quitté sa résidence pour prendre des vacances (condition valable quelque soit la position socio-professionnelle : salarié, retraité, étudiant..),
              * soit être inscrit sur les listes électorales d'une autre commune que celle de la résidence principale.


              Et sur les pièces justificatives à fournir :

              Pièces à fournir

              Un justificatif d'identité (carte nationale d'identité, passeport, permis de conduire...). Il conviendra également d'indiquer les coordonnées (nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance) du mandataire.

              Depuis décembre 2003, il n'est plus demandé d'autres pièces justificatives.

              Toutefois, une attestation sur l'honneur mentionnant le motif pour lequel le vote ne peut être effectué personnellement peut être demandée par l'autorité instruisant la demande.
  • # Recul démocratique

    Posté par . Évalué à 3.

    je connais ce site : http://www.recul-democratique.org/ mais je ne l'ai jamais vraiment exploré.

    Quand aux scientifiques qui se posent la question, un des chercheurs de mon labo d'informatique se bat pour se faire entendre, mais c'est assez difficile (mais elle a quand même été citée dans Charlie Hebdo, la classe :).
  • # Article d'Agoravox

    Posté par (page perso) . Évalué à 7.

    J'aime bien l'article d'Agoravox car pour une fois, on ne parle pas que de l'aspect technique de la sécurité.

    Je suis contre le vote électronique. Je pense qu'il est possible d'aboutir à un vote électronique sûr. Ce n'est donc pas pour le problème de sécurité en soi que je suis contre. Mais parce qu'on confisque un droit aux citoyens: le droit de vérifier par eux-mêmes qu'il n'y a pas eu tricherie. On confisque ce droit pour le donner à des experts. Il faudrait alors posséder des connaissances en informatique, mathématiques ou cryptographiques pour vérifier le scrutin. Or je pense que tous les électeurs devraient avoir le droit de vérifier par eux-mêmes les 6 critères d'un vote sûr [1]:

    1. Seules les personnes autorisées à voter peuvent voter.
    2. Personne ne peut voter plus d'une fois.
    3. Personne ne peut déterminer pour qui quelqu'un d'autre a voté.
    4. Personne ne peut dupliquer le vote de quelqu'un d'autre. (il s'avère que cette exigence est la plus difficile à remplir)
    5. Personne ne peut modifier le vote de quelqu'un d'autre sans être découvert.
    6. Tous les votants peuvent vérifier que leur vote a bien été pris en compte sans nécessiter de connaissances particulières.

    Avec le système traditionnel, chaque citoyen peut vérifier ces 6 points.

    [1] Les 6 critères que je cite viennent du libre «Cryptographie Appliqué» de Bruce Schneier, ISBN: 2711786765
    • [^] # Re: Article d'Agoravox

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      Je rajoute un autre critère:

      7. Il faut qu'il soit impossible à un électeur de prouver pour qui il a voté. Ceci dans le but d'éviter l'achat de votes.

      Encore un critère qui est garanti par le vote traditionnel.
      • [^] # Re: Article d'Agoravox

        Posté par . Évalué à 2.

        C'est sur ce genre de critères que j'aimerais établir/recenser une liste de théorèmes.

        As-tu lu le fameux Cryptographie appliquée de Schneier ?

        Il m'intéresserait de savoir s'il traite ce sujet en profondeur, et s'il est déjà bien fourni en théorèmes d'impossibilité et en exemples de protocoles de vote prouvés respectant tel et tel critère.

        Connais-tu d'autres références que Schneier ? Il me semble que le domaine de Schneier est avant tout la crypto (à moins que je me trompe), et peut-être pourrait-on trouver mieux comme "ponte" du vote électronique ?
        • [^] # Re: Article d'Agoravox

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          J'ai parcouru Cryptographie appliquée, pas en entier car c'est un gros pavé de 800 pages mais il y a une partie d'une dizaine de pages (de mémoire, je suis pas sûr du nombre de pages) sur le vote électronique. Il commence par énumerer les 6 critères que j'ai cité (j'ai un peu modifié le critère numéro 6, voir mon billet [1]), puis il énumère des algorithmes de vote d'abord simple avec une autorité centrale, qui respectent peu de critères. Puis d'autres algorithmes avec deux autorités centrales, ce qui fait que ces deux autorités sont obligés de s'associer si elles veulent toutes les deux tricher. Il y a d'autres algorithmes de vote décentralisés, puis à la fin un algorithme décentralisé qui respecte tous les critères. Cependant cet algorithme ne marche pas au passage à l'échelle car il faut que l'électeur numéro 1 envoie un message à l'électeur numéro 2, du 2 au 3, etc. jusqu'à l'électeur numéro n, et faire plusieurs tours comme ça avec des chiffrements et déchiffrements à chaque fois.

          Il n'y a pas de théorème d'impossibilité de système de vote sous telle ou telle conditions. Si ça existe, je suis aussi intéressé!

          Le livre se place un peu du point de vue du chercheur en cryptographie, ce qui est très bien pour comprendre les algorithmes, mais ne parle pas énormément du côté humain du vote. Par exemple, tous ces algorithmes marchent en faisant la supposition que tous les électeurs maîtrisent la crypto et les maths et sauront par conséquent détecter que quelqu'un triche. Le critère que j'ai rajouté (il faut pouvoir vérifier sans nécessiter de connaissances particulières) n'est pas présent dans le livre.

          Je n'ai plus le livre sous la main, donc ce que je dis est sans doute déformé par mes souvenirs. Je ne connais pas d'autres livres qui parlent du vote électronique.

          Sinon, je conseille la lecture du site http://www.poureva.be/ qui dit notamment qu' «il ne s’agit pas de refuser la technologie à tout prix (il existe notamment des systèmes de lecture optique des bulletins ’papier’) mais bien de garantir que l’électeur puisse contrôler valablement le déroulement des opérations électorales.»

          [1] http://alban.apinc.org/blog/index.php/2004/10/27/23-le-vote-(...)
    • [^] # Re: Article d'Agoravox

      Posté par . Évalué à 2.

      Mais parce qu'on confisque un droit aux citoyens: le droit de vérifier par eux-mêmes qu'il n'y a pas eu tricherie. On confisque ce droit pour le donner à des experts. Il faudrait alors posséder des connaissances en informatique, mathématiques ou cryptographiques pour vérifier le scrutin.

      Il faut néanmoins être un fameux expert en ubiquité pour pouvoir vérifier les critères 1, 2, 3, 4, et 5 avec un système de vote traditionnel ou électronique, sur une élection nationale dans un pays plus grand que le Vatican.
      • [^] # Re: Article d'Agoravox

        Posté par . Évalué à 2.

        Elles sont garanties par le système de vote traditionnel, tant qu'aucun vice de forme n'a lieu.

        Mais bon, c'est toujours comme ça avec les propriétés formelles : on démontre qu'elles sont vraies dans une certaine modélisation idéale de la réalité. Tant que la réalité n'a pas moyen de s'écarter significativement de cet idéal, cela suffit.

        Ainsi ces propriétés tiennent globalement en France, sauf cas pathologiques, mais sans doute moins en RdC ! (enfin on verra ce qu'on racontera au journal !)
      • [^] # Re: Article d'Agoravox

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        Mais parce qu'on confisque un droit aux citoyens: le droit de vérifier par eux-mêmes qu'il n'y a pas eu tricherie. On confisque ce droit pour le donner à des experts. Il faudrait alors posséder des connaissances en informatique, mathématiques ou cryptographiques pour vérifier le scrutin.


        Il faut néanmoins être un fameux expert en ubiquité pour pouvoir vérifier les critères 1, 2, 3, 4, et 5 avec un système de vote traditionnel ou électronique, sur une élection nationale dans un pays plus grand que le Vatican.


        Je te l'accorde, le vote traditionnel n'est pas parfait. Ces critères me semblent être ce vers quoi il faut tendre, dans l'idéal.

        Cependant, mon argument était qu'il ne faut surtout pas perdre les garanties que l'on a actuellement avec le vote traditionnel lors du passage au vote électronique. C'est pourquoi je pense qu'il est important de donner ces critères car ils peuvent être évidents dans le cadre du vote traditionnel mais pas dans le vote électronique. Je ne veux pas que le vote électronique occasionne un retour en arrière sur certains de ces critères (ou un autre pas encore identifié) parce qu'il semblait tellement naturel et évident qu'on n'ait pas pris la peine de le mentionner.

        Maintenant, sur le problème de l'ubiquité...

        Oui effectivement, le vote traditionnel ne permet pas de tout vérifier car on ne peut pas être partout à la fois. Cependant, il permet deux choses qui me semblent importantes:

        1/ Il permet de vérifier dans son bureau de vote que tout se déroule correctement. Certes, on ne vérifie pas tous les bureaux de vote, mais en vérifier un seul est mieux que de n'en vérifier aucun. On peut ensuite vérifier que les résultats que l'on a constaté sur place correspondent aux résultats publiés ensuite. On peut aussi vérifier que la somme des résultats publiés correspondent aux résultats définitifs. Si un nombre important de personnes font de même dans les autres bureaux de vote, cela forme un système plus sûr, bien qu'on n'ait pas de garantie sur les résultats des autres bureaux de vote, d'où l'importance de mon second point

        2/ Il permet aux citoyens de s'associer entre personnes qui se font mutuellement confiance pour se répartir la tâche de vérifier plusieurs bureaux de vote. Bien sûr, le système de comptage officiel est là pour ça, cependant on a le droit de ne pas avoir confiance au système de comptage officiel et de choisir les personnes avec qui on a confiance pour se répartir la tâche. Ce qui est d'ailleurs effectué par les partis politiques: chaque parti politique envoie une personne dans chaque bureau de vote afin de vérifier que tout se déroule correctement. La liberté de faire une "verification distribuée" me semble importante et c'est quelque chose qui ne faut pas perdre si on passe d'un système de vote à un autre.
    • [^] # Re: Article d'Agoravox

      Posté par . Évalué à 2.

      Sinon que penses-tu de la proposition du dénommé Vincent, dans le début des commentaires de l'article d'Agoravox ?

      (je parle de la proposition, au commentaire 133826, consistant à attribuer des numéros aux différentes choix seulement au début du vote, afin qu'il soit impossible qu'une machine soit pipée en faveur d'un candidat choisi à l'avance)

      Le fait que l'astuce soit rudimentaire fait que tout le monde à confiance dans le système. Le compte pourrait ne pas être fiable à 100%, mais il n'y a pas, a priori, moyen de faire une machine avantageant plutôt un choix qu'un autre, rendant l'exigeance n°6 moins indispensable.
      ...
      ...
      ...
      Et là, je me rends compte que c'est faux. En effet, on peut imaginer des machines avec un biais statistique gênant : une machine augmentant l'écart type afin de favoriser le candidat n°1, ou bien l'inverse, qui favoriserait les petits candidats. Heureusement, en lançeant des tests sur des échantillons de taille significative, on peut facilement repérer ce genre de biais statistique (par sa nature même !).
      On peut imaginer d'autres types de dysfonctionnement : inversion de scores, etc...
      Mais quoiqu'il en soit, cela aura raisonnablement un effet sur le résultat du vote que si ça modifie certains scores à une échelle statistique, c'est à dire si un pourcentage perceptible de votes a été changé. Ainsi, ici, le seul défaut méthodologies de test logiciel, celui de ne pas examiner exactement tous les cas, ne nous gènera pas si on vérifie la machine à voter par un jeu de test de taille "suffisante", car on pourra garantir avec une certitude de 99,99% qu'aucun vote n'a été modifié (ou que moins de 0,01% l'ont été).

      Enfin ces tests sont faciles à réaliser, mais encore faut-il que dans la procédure, on prévoie de laisser des observateurs indépendants faire joujou avec les machines juste avant le vote pour les vérifier ! Tests qu'on pourrait, et devrait faire, même dans un système sans l'astuce des numéros tirés au sort.
      • [^] # Re: Article d'Agoravox

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Sinon que penses-tu de la proposition du dénommé Vincent, dans le début des commentaires de l'article d'Agoravox ?


        Je pense que quelque soit le système, il faut définir un cahier des charges de ce qui est un bon système de vote. Le bon système de vote sera différent s'il s'agit d'un vote présidentiel direct ou d'un vote d'une loi à l'assemblée nationale car les critères seront différents (l'un doit etre publique et l'autre secret). Par exemple, les votes définitifs à main levée sans compte-rendu formel à l'assemblée nationale me dérangent car il est impossible de savoir qui a voté quoi.

        Sur les 3 points du commentaire 133826 (par Vincent (IP:xxx.x5.77.192) le 22 août 2006 à 15H30 sur http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12569 ):

        1/ A propos de la décentralisation: la décentralisation n'est pas pour moi un objectif en soi. Elle n'est utile que dans la mesure où elle permet de mieux respecter certains critères du cahier des charges et Vincent ne dut pas quelle type de fraude la décentralisation est censée éviter. Il est tout à fait possible que la décentralisation soit plus sure. Mais il ne faut pas pour autant dire que puisque c'est décentralisé, c'est plus sur. Si ce sont les memes machines de vote avec le meme logiciel de vote qui est installé partout, cela fait tout de meme très centralisé ;-) Mais ce n'est pas un mal en soi.

        2/ A propos de l'affichage en temps réel: je suis contre pour deux raisons. D'abord la raison énoncé par Vincent: l'anonymat du vote. Personnellement, cela ne m'inspire pas confiance de voir les chiffres en temps réel: d'un point de vue psychologique, cela fait comme un scrutin publique, meme si ce risque est amoindri par les astuces de Vincent. Je pense qu'un bon système de vote doit rester simple. Et la deuxième raison, c'est que ce système peut amener des effets pervers... se déplacer au dernier moment en fonction des résultats... ça me fait un peu peur.

        3/ Vincent fait une supposition sur la nature du fraudeur: il veut favoriser un candidat au détriment d'un autre. Peut-etre que le fraudeur veut juste détruire le système démocratique et donc associer un numéro à un candidat ne me semble pas forcement une bonne idée car ça complique le système. Et puis, comme tu le disais, il y a l'attaque statistique. Si on a fait des sondages avant, on sait à peu près les résultats d'avance et donc rétablir l'association entre les numéros et les candidats.

        Pour répondre à la conclusion de Vincent: oui, les fraudes existent aussi avec le vote traditionnel. Cependant, j'ai la conviction qu'il est plus difficile de frauder à grande échelle avec le vote traditionnel qu'avec le vote électronique. Et à propos de son hypothèse où le vote électronique est sur à 100%: je suis quand meme contre, car comme je l'ai dit, ce n'est pas la sureté qui me dérange le plus, c'est de désaisir le citoyen moyen du droit de vérifier par lui-même le déroulement de l'élection.
    • [^] # Re: Article d'Agoravox

      Posté par . Évalué à 2.

      Je ne comprends pas le point n°4 et la remarque qui l'accompagne
      ("Personne ne peut dupliquer le vote de quelqu'un d'autre. (il s'avère
      que cette exigence est la plus difficile à remplir)").

      Faut avoir les yeux de Superman, ou il y a une subtilité qui
      m'échappe ?

      La gent féminine, pas la "gente", pas de "e" ! La gent féminine ! Et ça se prononce comme "gens". Pas "jante".

      • [^] # Re: Article d'Agoravox

        Posté par . Évalué à 4.

        C'est une question de rejeu au sens cryptographique du terme, je pense.
        Si par exemple on fait un vote par internet, et que tu arrives à intercepter le paquet du vote de M. Dupont, que la teneur du vote est chiffrée, mais que tu peux changer la provenance en remplaçant l'identifiant de Dupont par le tien, tu arriveras à voter comme M. Dupont.
        Maintenant, je ne vois pas trop l'intérêt de faire ça.
        En quoi pouvoir dupliquer un vote met-il en jeu la sécurité du scrutin ?

        Réponse : sans doute dans le bouquin de Schneier ;-)
        • [^] # Re: Article d'Agoravox

          Posté par . Évalué à 2.

          que la teneur du vote est chiffrée, mais que tu peux changer la provenance en remplaçant l'identifiant de Dupont par le tien, tu arriveras à voter comme M. Dupont.
          Il suffirais pas simplement de chiffrer avec un clé qui tient en compte l'identifiant ?
          par exemple clé = ripemd160(identifiant+clé établis lors de la session de mr dupont) mod 2048) ?
        • [^] # Re: Article d'Agoravox

          Posté par . Évalué à -1.

          Peut-être pour voter comme M Dupont à la place de Mme Michu : il peut être impossible de voter directement à la place de Mme Michu, mais d'utiliser le vote de M Dupont pour y "glisser" le vote de Mme Michu.

          Ça devient interressant si M Dupont, c'est moi, car évidemment je sais pour qui je vote, donc en récupérant la séquence de vote on pourrait la modifier pour faire croire que c'est Mme Michu qui vote.

          A priori on peut faire ça en respectant les 5 autres règles :
          1. Seules les personnes autorisées à voter peuvent voter : ok, puisque je peux voter.
          2. Personne ne peut voter plus d'une fois : vrai je vote à la place de Mme Michu
          3. Personne ne peut déterminer pour qui quelqu'un d'autre a voté. ok
          5. Personne ne peut modifier le vote de quelqu'un d'autre sans être découvert : pas de modif, juste un nouveau vote, donc c'est bon
          6. Tous les votants peuvent vérifier que leur vote a bien été pris en compte sans nécessiter de connaissances particulières.ok

          Mais bon, je dis peut-être des bétises...
      • [^] # Re: Article d'Agoravox

        Posté par . Évalué à 2.

        Ne s'agit-il pas de compter plusieurs fois le même bulletins ? Ce qui peut se faire avec des bulletins papier et une urne transparente.
  • # La machine est une boite noire

    Posté par . Évalué à 3.

    Le probléme des votes électronique, c'est que la machine est une boite noire. On ne sait pas son état d'initialisation, ni comment son pris en compte les choix et encore moins la fiabilite. L'electronique ca tombe en panne.
    Je ne crois que en une urne transparente, dont on peut verifier le remplissage et le depouillage.
    En gros, c'est comme le logiciel libre. Tout le monde peut verifier le fonctionnement, tu ne verifie jamais le fonctionnement, mais si tu veux, c'est possible.
    • [^] # Re: La machine est une boite noire

      Posté par . Évalué à 2.

      On est bien d'accord. Cela dit ça ne prouve pas qu'on ne peut pas trouver de bon système électronique.

      Et quand on y pense, qu'on ait trouvé ce système traditionnel avec tant de bonnes propriétés, ça tient presque du miracle !

      Bon, maintenant, quand on y pense, que les humains existent aujourd'hui tels qu'ils sont ça tient du miracle aussi, mais si tel n'avait pas été le cas nous ne serions pas là pour en parler aujourd'hui.

      Pour ce qui est dus système traditionnel, peut-être que nous n'avions pas pensé à tout ça lors de sa conception, mais que maintenant que nous y sommes habitués, cela nous semble impensable de se priver de certains de ses avantages (même si on peut en obtenir d'autres !).

      Si nous ne pouvions en effet pas préserver toutes les bonnes propriétés dans le vote électronique, il s'agirait alors de savoir si les avantages obtenus justifient la perte occasionnée. Pour l'instant, j'aurais tendance à penser que non... mais qui sait avec quelques astuces tenant du miracle, nous arriverons peut-être à un compromis satisfaisant.
      • [^] # Re: La machine est une boite noire

        Posté par . Évalué à 1.

        Et quand on y pense, qu'on ait trouvé ce système traditionnel avec tant de bonnes propriétés, ça tient presque du miracle !


        Non, c'est de l'évolution.
        • [^] # Re: La machine est une boite noire

          Posté par . Évalué à 2.

          Peut-être ;-)

          Tu es sûr que ce n'est pas de l'Intelligent Design, plutôt ? :-p

          Non sinon, ça pourrait être intéressant de savoir comment on en est arrivé là et s'il a fallu beaucoup de tâtonnements.

          Comment étaient organisés les votes dans les 4 premières républiques françaises ?
  • # Qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?

    Posté par . Évalué à 1.

    Sur les idées de Vincent:
    1) Contrôle décentralisé des additions entre bureaux de vote : c'est déjà comme ça dans le système actuel. Cela suppose que le résultat de chaque machine soit sincère.

    2) Afficher les résultats en cours d'élection ne se fait nulle part. Je n'ai jamais réfléchi à la raison, mais il me semble que ça générerait des comportements bizarres, comme le dit Blop Nabla, par exemple du type «attendons le dernier moment pour avoir une chance de faire basculer le résultat par mon vote à moi».

    Côté fraude, on pourrait organiser de la vente de vote avec un tel système:
    - un premier sous-chef vote en premier, et relève le nombre de voix du chef,
    - une brochette d'électeurs achetés votent d'affilée,
    - un deuxième sous-chef vérifie si le nombre de voix du chef a correctement été incrémenté... sinon punition collective.

    Un logiciel fraudé pourrait modifier tous les compteurs quand il n'y a personne dans l'isoloir. C'est typiquement le cas au moment où le président du bureau de vote "ouvre l'urne électronique", c'est à dire active la machine pour un vote. L'électeur est alors devant lui.

    3) Pour une ergonomie correcte, ça me parait difficile que la machine n'affiche pas le nom du candidat.

    Vincent dit "à l’aide d’une somme de contrôle, on peut montrer qu’il n’a pas été altéré d’un scrutin à l’autre". Où est le programme qui calcule le checksum (cryptographique il faut espérer) ? C'est un bout du logiciel qu'on contrôle ? Il est sur une clé USB branché dans un port dont on ne sait rien du firmware ni du driver qui le contrôle ?

    Vincent dit aussi "chaque commune pouvant interroger le terminal d’une autre". En gros, soit le terminal est intègre et il dit qu'il l'est, soit il est compromis et il ment.

    J'ai l'impression que quoi qu'on imagine, on revient tôt ou tard à cette question : qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?
    • [^] # Re: Qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?

      Posté par . Évalué à 2.

      Sur les idées de Vincent, une seule avait éveillé mon intérêt : celle de tirer au sort juste avant le vote quelle touche de la machine représente quel candidat.
      Mais je me suis rendu compte (plus haut dans les commentaires de ce journal), que si ce système empêchait de piper à l'avance en faveur d'un candidat désigné par son nom, il n'empêche pas un pipage en faveur des plus gros scores par exemple, ou des plus faibles.
    • [^] # Re: Qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?

      Posté par . Évalué à 2.

      qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?
      Un fpga avec juste une rom , un clavier et un écran. Le tout dans un boitier plexi.
      Les sources de la machine seront releaser , le moyen de compilation et le compilateur serait open source.
      La source de controle (md5 sha1 ...)
      pouvoir vérifier que c'est normal
      Un utilisateur lambda pourrait venir avant le début du vote et mettre le programme qu'il a vérifier avec ses yeux à lui chez lui puis compiler en regardant les sources du compilo dans la machine, pour peu que la source de controle soit identique.
      vérifier qu'on ne triche pas dans le décompte
      Si on ne peut réussir à avoir une source de controle identique, on pourra déposer une demande de recompilation, et demander à un organisme indépendant de vérifier la somme / proposer une nouvelle somme de controle avec le modus operandi qui va bien

      Ca devrais etre aussi sur que le systeme actuel (qui dis qu'il y a pas des doubles fond bien caché dans les urnes actuelles ? on ne sors pas toujours les bulletins devant les electeurs ....)
      • [^] # Re: Qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?

        Posté par . Évalué à 2.

        Ca devrais etre aussi sur que le systeme actuel (qui dis qu'il y a pas des doubles fond bien caché dans les urnes actuelles ?

        D'où l'obligation d'urnes transparentes (depuis 1990 (? ou 91, 92 ?) (seulement) en France).

        on ne sors pas toujours les bulletins devant les electeurs ....)

        Ils sont sortis devant ceux qui sont présents (au moins les assesseurs qui sont obligatoirement de plusieurs bords).
        • [^] # Re: Qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?

          Posté par . Évalué à 2.

          D'où l'obligation d'urnes transparentes (depuis 1990 (? ou 91, 92 ?) (seulement) en France).
          Regarde quelques tours de magie ;)
          Bien qu'elle soit transparente, ca n'empeche pas tout (bon ok faut etre quand meme d'un sacré niveau mais ...)

          Ils sont sortis devant ceux qui sont présents (au moins les assesseurs qui sont obligatoirement de plusieurs bords).
          Je pensais surtout à un commentaire paru ici meme (il y a fort longtemps je l'avoue) qui disais 'je suis resté pour aider après l'élection...
          Alors ils ont sortis les bulletins devant nous , ils les ont tous amené dans une pièce où l'on pouvait pas les voir , et sont revenus avec les tas par tables'
          donc obligatoirement != ce qui ce fait .
          Alors peut etre que ce 'ils' sont finalement de plusieurs partis toussa , mais ca ne change pas au fait qu'entre les faits et le 'il faudrait' il y a quelque fois quelques distances.

          Ensuite la solution que j'ai proposé reste évidemment perfectible, je n'ai pas la prétention d'avoir 'la' solution , c'était plus une piste qu'autre chose.
          • [^] # Re: Qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?

            Posté par . Évalué à 3.

            Bien qu'elle soit transparente, ca n'empeche pas tout (bon ok faut etre quand meme d'un sacré niveau mais ...)

            C'est sûr si tu vois Gérard Majax s'approcher de l'urne...
          • [^] # Re: Qu'y a-t-il réellement dans la machine à voter ?

            Posté par . Évalué à 2.


            Alors ils ont sortis les bulletins devant nous , ils les ont tous amené dans une pièce où l'on pouvait pas les voir , et sont revenus avec les tas par tables'


            C'est une faute et c'est suffisant pour faire annuler le résultat du bureau par un tribunal administratif... à condition de le prouver bien sûr ... mais là soit les responsables de l'acte sont de bonne fois et admettent qu'ils ont fait ainsi et qu'ils se sont donc trompés, soit ils mentent et c'est un tout autre problème
  • # Que definire par vote electronique ?

    Posté par . Évalué à 1.

    Vous parlez tous du vote electronique mais on ne sais pas trop ce que vous mettez dans cette expression...

    S'agit-il de comptage electronique ? (dans ce cas un simple code bar sur un bulletin de vote suffit).

    S'agit-il d'isoloir electronique ? (dans ce cas, vous pouvez produire un exemplaire papier du vote)

    Dans ces deux cas, le seul ajout est une facilite de comptage. Je ne vois aucun defaut si tant est que l'on respecte quelque petit point.

    S'agit-il de vote a distance ? (dans quel condition ?) Dans ce cas on tombe sur de nombreux probleme difficilement soluble (et deja enonce).

    Le plus gros aport serait la gestion des listes electorales (qui n'a pas besoin d'etre liee au vote mem) qui pourrait permettre de voter dans n'importe quel bureau de vote. Je ne sais pas quel probleme ca pourrait apporte mais je pense pas qu'il y aurait plus de probleme que le systeme de gestion des listes actuelles (qui a fait voter les morts deja ? :p).

    PS: Aldoo, la these ca avance ? RETOURNE BOSSER :p
    • [^] # Re: Que definir par vote electronique ?

      Posté par . Évalué à 1.

      Arf y'a pas de bouton "modifier", je viens de me rendre compte de la faute de frappe dans le titre :p
    • [^] # Re: Que definire par vote electronique ?

      Posté par . Évalué à 2.

      Ça avance molo... peut-être que je devrais changer de sujet et choisir le vote électronique à la place ! Et toi, ça va ?

      Les machines à voter peuvent avoir pour avantage la réduction des coûts (papier, personnel, etc.), et des délais. Ce sont de petits avantages a priori, donc on ne peut pas accepter qu'ils soient échangés avec de gros inconvénients.

      Le vote à distance ouvre lui, au contraire, des possibilités immenses, mais il est encore plus compliqué de prouver quoique ce soit, et on sait mêmes que certaines propriétés sont impossibles.

      Généraliser le vote à distance n'aurait un sens, à mon humble avis, que si on ajoutait de nouveaux votes avec des enjeux moins importants que ceux d'aujourd'hui. Un tel système ne peut remplacer l'isoloir pour les élections importantes.

      Cela dit, mon projet de wiki concerne tout cela à la fois. L'objectif est d'obtenir à la fin une conclusion claire : "non ça ce n'est pas possible", "ça oui, mais sous telle et telle condition", qui servirait de base solide pour un lobbying pro ou anti vote électronique (en fonction du sens des conclusions !).
      • [^] # Re: Que definire par vote electronique ?

        Posté par . Évalué à 2.

        que si on ajoutait de nouveaux votes avec des enjeux moins importants que ceux d'aujourd'hui.
        En gros une sorte de référundum 'sondage' non ?
        • [^] # Re: Que definire par vote electronique ?

          Posté par . Évalué à 2.

          Ouais, si on veut, un sondage exhaustif et sécurisé. Moi je pense que c'est plus proche du vote que du sondage. En plus, dans l'esprit, il s'agirait de prendre une décision, et non de donner un avis qui n'engage personne.

          Mais ce n'est une question de vocabulaire.
  • # open vote

    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

    il y un regroupement américain pour établir les spécifications d'une machine à voter open source mais le site est hs et le cache de google montre qu'il a été défacé

    l'adresse du site:
    http://open-vote.org
    le site défacé chez google: http://66.249.93.104/search?q=cache:MXm2TC0nbEcJ:open-vote.o(...)
    • [^] # Re: open vote

      Posté par . Évalué à 1.

      open-vote.org ne me semble plus actif depuis très longtemps. Il existe par contre OVC (Open Voting Consortium http://www.openvotingconsortium.org/).

      Faute de financements, leur projet n'avance guère.

      Comme beaucoup de machines américaines récentes, la sécurité repose sur une trace papier vérifiée par l'électeur. L'open source est là pour la transparence, pas pour la sécurité.
    • [^] # Re: open vote

      Posté par . Évalué à 2.

      En fait, mon avis va faire tache ici, mais je ne pense pas que l'open source soit la solution au problème. Ça pourrait certainement intervenir à un moment, mais tant que le hardware reste une boîte noire, t'as beau mettre du libre dedans...
      (ceci dit, quelqu'un dans ces commentaires a parlé d'une solution à base de FPGA... peut-être qu'il faudrait voir ça de plus près !)

      De plus il reste la question délicate de la vérification du compilateur (et par récurrence du compilateur qui a compilé ce compilateur, etc.).

      Sinon, il existe d'autre manières de contrôler un système qu'ouvrir le code : tests intensifs, redondance des machines...
      (s'il y a un domaine ou faire du test est efficace, c'est bien le vote électronique : en effet, on ne cherche pas une fiabilité à 100%, mais juste que le résultat ne soit pas faussé à une échelle statistique significative)

      M'enfin ça ne mange pas de pain d'ouvrir tout le soft qui intervient dans le système de vote. Ne serait-ce que pour dire : "voyez, je n'ai rien à cacher !", même si c'est de la poudre aux yeux, car refuser l'accès au code pour un système censé inspirer la confiance, c'est mal barré.
      • [^] # Re: open vote

        Posté par . Évalué à 1.

        En fait, mon avis va faire tache ici, mais je ne pense pas que l'open source soit la solution au problème.

        Non pas tant que ça. C'est vrai que c'est le premier réflexe des militants du Logiciel Libre. Mais j'ai distribué un tract dans ce sens aux dernières RMLL - http://www.recul-democratique.org/Tract-distribue-aux-Rencon(...) - et personne n'a même tenté de me convaincre que c'était la solution.

        Il y avait déjà eu débat à l'occasion du Forum e-democratie 2005. Les organisateurs y ont lancé un appel « Pour une démocratie électronique libre », mais ont voulu à tout prix y mentionner le vote électronique. Fortes réactions, par exemple : http://www.couchet.org/blog/index.php?2005/09/28/65-le-logic(...) Dans le séance de lancement, Roberto Di Cosmo, venu parler de logiciel libre, n'a parlé que de vote électronique (il s'en inquiète depuis longtemps: http://www.dicosmo.org/Papers/Specif-3-3.pdf ). Cet appel est tombé aux oubliettes.

        Les tests ne peuvent détecter que des bugs, pas des fraudes qui peuvent être conditionnées par une date, voire activées le jour de l'élection par un "cheat code".

        La redondance, ce serait faire voter l'électeur deux fois ? Parce que si c'est dispatcher à deux logiciels différents à partir d'un logiciel qui gère l'interface avec l'électeur, ça ne change rien.

        Les solutions avec FPGA, j'imagine que l'idée est de faire une machine à voter sans logiciel. Il a du en exister dans le passé. Mais comment contrôle-t-on que le FPGA est le bon, et n'a pas été remplacé par une version "partiale" ? Et quel électeur peut faire ce contrôle ?

        C'est vrai qu'un peu de transparence ne ferait pas de mal. Même les rapports d'agrément des machines à voter sont secrets.
        • [^] # Re: open vote

          Posté par . Évalué à 2.

          Tests : en effet, il peut y avoir des paramètres cachés qui ne se déclenchent que le jour J... il faudrait un moyen d'être sûr de pouvoir réinitialiser toutes les mémoires de la machine ce jour-là (pas évident !).

          Pour éviter un "cheat code", on pourrait limiter (mécaniquement) les entrées du système, en forçant une alternance de "autorisation" (bouton situé hors de l'isoloir), "vote" (boutons situés dans l'isoloir). Bref, l'alphabet d'entrée permis mécaniquement serait quelque chose de la forme (aV)* où V est l'ensemble des votes. Il faudrait aussi, pour bien faire, introduire un certain hasard dans l'ordre de passage des votants pour éviter qu'une coalition de votants successifs puissent entrer le cheat code. C'est très compliqué, et je me demande si on ne peut pas passer le code même au travers ce brouillage aléatoire, justement en utilisant un protocole de canal bruité... pas évident évident tout ça.

          Par redondance, j'entends l'utilisation simultanée de plusieurs machines à voter d'origines différentes, avec un seul périphérique d'entrée (mécanique à mécanisme apparent pour qu'il soit clair qu'il n'y a pas d'entourloupe à ce niveau là).

          Pour les FPGA : je n'y connais pas grand chose, mais existe-t-il des fpga munis d'une puce qui exporte une somme de contrôle visible ? Si c'est le cas, toute personne désireuse de vérifier le système pourrait entrer son propre code et vérifier que ça ne change pas la somme de contrôle. Faudrait voir ce que la personne qui a eu cette idée avait derrière la tête.
  • # Recul-Democratique.org

    Posté par . Évalué à 2.

    @Pierre Muller : j'ai feuilleté ton site qui m'a l'air très documenté et propose de nombreux liens utiles.

    Si je lance mon projet je pense qu'il va falloir qu'on travaille ensemble, ne serait-ce pour que je ne duplique pas bêtement le contenu de ton site.

    Je pense que ce qui pourrait distinguer les deux serait :
    - là ou R-D.org propose beaucoup de liens, mon wiki devra avoir une présentation plus synthétique, avec du contenu directement sur le site qui je l'espère deviendra plus une référence qu'un annuaire (référent). Néanmoins il faudra quand-même quelques liens vers les grands sites qui traitent du sujet (R-D.org, par exemple !)
    - R-D.org a un message qui est "méfiez vous !". Mon projet devra avoir une présentation plus neutre. Ses articles démontreront des faits par 1+1=2 mais pourra être cité par des sites plus orientés (c'est un des objectifs).
    - R-D.org s'intéresse à ce qui se fait effectivement dans le monde, et aux prises de positions des différents acteurs. Pour mon projet, tout cela peut-être cité, mais à titre anecdotique seulement.

    Au fond mon projet serait un espèce de mini-wikipédia dédié à la technique du vote électronique, du moins pour une grosse partie du site. En effet, je n'exclus pas non plus que certains articles soient des essais plus "littéraires" sur l'éthique du vote électronique. Ces essais seront d'ailleurs nécessaires pour justifier la liste des bonnes propriétés attendues d'un système de vote électronique.

    Mon projet ne prétend pas forcément réinventer la roue. Réussir à répertorier l'état des connaissances serait déjà génial. Cela dit c'est en répertoriant qu'on se rendra compte qu'il y a des trous à combler. Peut-être qu'on pourra alors envisager un appel aux spécialistes pour ce faire (si le site est attrayant, vu le nombre d'universitaires qui se sont impliqués dans le débat, je crois que ça peut intéresser du monde !).

    Pour ce qui est du style, vu que l'objectif est de fournir des bases techniques aux argumentaires, il faudra réussir le pari d'être à la fois rigoureux (de vraies preuves mathématiques) et à la fois accessible aux personnes désirant rédiger des argumentaires (donc pas forcément des mathématiciens ou des informaticiens).

    Une autre question que je n'arrive pas à trancher : celle de la langue. Le français serait la solution de facilité : je parle français, et les gens que je connais aussi, et c'est en France que je veux voir les choses bouger avant tout, même si c'est un peu égoïste ! Choisir l'anglais pourrait un peu brider ma plume, même si c'est surmontable, et surtout pourrait refroidir aussi les gens que je souhaite intéresser, mais ça aurait l'avantage de pouvoir attirer des compétences du monde entier et de faciliter le contact avec la communauté scientifique internationale de manière générale.
    • [^] # Re: Recul-Democratique.org

      Posté par . Évalué à 1.

      Oui, il faut évidemment se coordonner, et au minimum débattre et commenter les textes qu'on lit, par exemple au moyen d'une liste de discussion (qui existe déjà), ou d'un Wiki/blog.

      A propos du message et de l'orientation de R-D.org, il faut savoir qu'on prépare de grands changements... jusqu'au nom même du site. Avec le nom actuel et certains éléments du site, on braque d'emblée certaines personnes, et pas forcément les plus bornées. On va essayer d'être plus analytique, du genre : vous voulez faire du vote électronique ? Essayez de le faire bien, et on va vous démontrer que c'est loin d'être simple.

      On va s'organiser pour agir efficacement, car il faut agir contre ce qui est en train d'arriver. Les machines à voter mises en place sont absolument invérifiables. Le vote par Internet, comme celui de juin, est hors de tout contrôle. Même si on imaginait comment faire le vote électronique parfait, on sent bien que ça aurait de bonnes chances de foirer dans les grandes largeurs lors de la mise en pratique.

      Concernant ton projet, je lis que tu prépares une thèse. Tu dois donc connaître comment communiquent les universitaires, et peut être te destines-tu à la recherche. Est-ce que les chercheurs n'ont pas déjà leurs canaux de communication bien établis ? Notamment, la publication est très codifiée. La communauté des chercheurs peut-elle vraiment communiquer largement avec le reste du monde ? Donc, j'ai des doutes sur la possibilité de créer des écrits de niveau universitaire (et surtout qu'ils soient reconnus comme tels). Par contre, structurer et indexer la connaissance produite ne me semble fait exhaustivement par aucun site existant.

      On aimerait nous aussi faire ce travail d'indexation, mais le temps nous manquera probablement pour le faire de façon détaillée. On va déjà améliorer grandement la page "liens". Par contre, je ne pense pas que notre futur site puisse servir de répertoire (ou de laboratoire de création) à tous les projets de vote électronique imaginés. Cela brouillerait le message qui est d'insister sur l'opinion majoritaire des spécialistes qui se résume à peu près ainsi:
      - les machines à voter nécessitent l'impression d'une trace papier. Et encore... il vaut mieux leur préférer des scanners de bulletins.
      - le vote par internet n'est pas en état de sortir des laboratoires.

      Quant à la langue, je m'aperçois que ça prend beaucoup de temps de rédiger un texte rigoureux en anglais, et de le traduire sans ambiguité. Mon anglais est pourtant potable, mais je viens de rédiger un article en anglais de seulement deux pages, et ça m'a pris un temps fou.
  • # Pourquoi changer un système qui fonctionne ?

    Posté par . Évalué à 3.

    Au risque de paraître agressif à ceux pour qui c'est un éventuel futur débouché professionnel, je ne vois pas du tout quel besoin on a de passer au vote électronique. Et toutes les expériences de vote électronique menées jusqu'ici tiennent à mon avis du gadget et me révulsent.

    Notre système me semble tout à fait adapté aux besoin d'un pays comme la France (c-a-d avec une densité permettant à tout le monde d'être assez proche d'un bureau de vote, ainsi le vote n'est pas non plus une charge) : fiable, rapide, et ce que j'appellerais "républicain".

    La fiabilité : avec un sytème électronique on n'aura JAMAIS la fiabilité du vote papier.
    -Sur le nombre, il existera toujours un risqus de coupure électrique / crash disque / perte de connexion / autre accident imprévisible,
    -Avec du papier, comment se tromper involontairement (faut quand même le faire exprès pour mettre 2 bulletins différents dans l'enveloppe ou gribouiller dessus) ? Sur écran, c'est pas pareil.
    -Les isoloirs garantissent une vraie confidentialité. Ben ouais, le tissu c'est opaque, et c'est tout ce dont on a besoin.
    -dans les pays où des fraudes arrivent, plus le système de vote est complexe polus il est facile aux fraudeurs de le détourner, avec un minimum d'intervention humaine, l'étape voyante (voyez les machines à voter aux Etats-Unis). Du papier, de l'encre et des urnes transparentes : impossible de faire plus simple.

    Alors on va me sortir "rahhh, ça consomme du papier"
    Ce à quoi je répondrai que 1/ ça se recycle et 2/ les forêts ça se replante.

    C'est aussi rapide, à tel point que je vois mal ce que l'électronique apporterait (vous en connaissez des masses, des pays où on a les résultats définitifs le soir même ?)
    Ce qui m'amène au côté institutionnel de l'organisation du vote, au moins aussi important que le reste.
    Aller voter, c'est signifier physiquement son appartenance à la communauté politique.
    Participer au dépouillement, ça responsabilise, parce que personne d'autre que nous ne peut le faire. Ce "niveau zéro de la politique" est infiniment plus utile au fontionnement de la république que toutes les petites phrases prononcées depuis 1958. C'est une prise de responsabilité, dont on pourrait utilement s'inspirer pour tout le reste.
    Ca serait une grosse erreur que de déléguer le fondement de notre édifice politique à des machines.

Suivre le flux des commentaires

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.