Il me manque probablement des éléments de compréhension, mais en l’état, je trouve que l’article y va un peu fort. LaSuite.coop est présentée comme un gardien de l’outil, rôle que l’état ne saurait tenir. Les arguments sur le fait qu’on n’a pas la garantie que l’état risque de ne pas continuer l’effort me parlent, mais en même temps y a-t-il des indices sur le fait que l’état ne maintient effectivement pas la chose dans la durée ? Est-ce que l’état a déjà abandonné l’effort ? Ça m’étonnerait, il vient de commencer ! Du coup, le jugement me parait prématuré.
Cette section mentionne Tchap comme exemple, en disant que le maintien est voté chaque année. Je n’ai pas vérifié comment ça marche vraiment et c’est vrai que dit comme ça, ça fait un peu peur. Mais en même temps, Tchap est bien un contre-exemple : c’est une solution qui, manifestement, tient dans le temps !
J’ai l’impression que l’article passe son temps à essayer de justifier l’existence de LaSuite.coop sous un angle légitimité et je trouve ça un peu inquiétant. Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu présenter LaSuite.coop comme une garantie de pérennité dans le cas où l’état laisserait effectivement tomber, sans pour autant essayer de montrer que ça va se casser la gueule avec un argumentaire séduisant mais peut-être bancal ?
Les deux questions qui suivent naturellement c’est :
Comment, effectivement, LaSuite.coop compte garantir concrètement la pérennité de l’outil ? Si le “producteur” (la DINUM, donc) baisse les bras, est-ce que LaSuite.coop saura récupérer le côté production / maintenance ? Comment ? Ça suppose une expertise qui nécessite, il me semble, de mettre les mains dans le code dès aujourd’hui à travers de contributions : est-ce que LaSuite.coop va contribuer au code ? Il est question dans l’article framasoft d’embaucher une personne dédiée à la qualité du code, c’est un bon début mais ça parait un poil léger.
Quels sont les rapports entre LaSuite.coop avec les équipes de la DINUM ? La question est en fait posée dans l’interview Framasoft, mais la réponse est formulée en terme de rôles, pas de communications et d’échange. Ça m’inquiète un peu. Est-ce que LaSuite.coop a tenté un rapprochement avec la DINUM ? Est-ce que la DINUM ignore les solicitations ? Naïvement, je m’attends à ce que la réussite de ce projet dépende d’un minimum de coopération.
Autant je suis convaincu sur l’angle « il faut une structure telle que LaSuite.coop pour distribuer et vendre l’outil" : ce n’est pas le rôle de l’état, qui est de fournir des outils à ses agents. Autant le positionnement global de l’ensemble qui me laisse perplexe. C’est peut-être juste une question de comm'.
J’ai l’impression qu’il faudrait passer de « Nous sommes légitimes, regardez, c’est pas possible que l’état maintienne l’outil qu’il produit ! » et chercher à décrédibiliser l’investissement public long terme à « Nous, on est une structure juridique adaptée à la distribution de la suite numérique développée par la DINUM parce qu’elle ne le fait pas elle-même parce que ce n’est pas son rôle. On est bien positionnés pour distribuer et assurer le support parce que [nous sommes expert·e·s en tant que contributeurs important sur ce code] ou [grâce à notre partenariat / communication privilégiée avec la DINUM notamment pour les questions pointues]. Ça me semblerait plus vertueux et plus solide.
Il y a même un angle intéressant que je n’ai pas vu apparaître : je crois avoir vu une interview de quelqu’un de la DINUM bossant sur la Suite : ils refont en interne parce qu’ils ne veulent pas avoir à partir de solution existantes lourdes et complexe à adapter péniblement aux cas d’usages précis, ils préfèrent repartir de zéro pour maîtriser complètement les outils et les concevoir pour coller parfaitement aux cas d’usages depuis le début. Que fait la LaSuite.coop de ça ? Est-ce qu’elle va adapter les outils aux cas d’usage de ses clients qui seront peut-être un peu différents de l’administration publique ? Quelle est la vision de ce côté ?
J’espère que ces inquiétudes seront vites dissipées. En tout cas, mes vœux de réussite, on a besoin de solutions européennes libres dans le domaine.
1) un logiciel open source développé par un seul acteur peut présenter un risque (je dis bien peut), si ce dernier décide d'arrêter le développement,
…
mais le risque est pire avec un logiciel fermé, dont l'unique proprio décide d'arrêter les frais ou d'augmenter la licence, ou si l'acteur coule. En plus on a vu récemment que ce dernier peut même forcer un changement de matériel pour continuer à l'utiliser.
2) Pour des raison légale (et absurde) l'état ne pourrait pas vendre l'hébergement de la suite a des acteurs particuliers. La réponse est de créer une entité juridique qui n'est pas l'état.
Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent
Posté par vpinon .
Évalué à 2 (+0/-0).
Dernière modification le 16 juillet 2026 à 12:20.
Est-ce que ça ne se fait pas déjà que des structures publiques vendent sur le secteur marchand ?
Me vient en tête l'exemple de l'IGN qui vend des cartes… ou tous les instituts de recherche qui peuvent vendre des études ou de l'accès à des équipements de labo à des entreprises ?
Oui, effectivement, on peut penser aussi à l'électricité, les transports, la poste ou le téléphone, même quand c'était entièrement public. En fait il y a plein de services que l'état vend. Pourquoi ces choses et pas La Suite en effet ?
Je ne connais pas bien les tenants et les aboutissants sur le sujet, mais ça m'intéresse donc si quelqu'un a des trucs à partager sur le sujet, n'hésitez pas.
Beaucoup de ces organismes ont basculé sous le statut d'EPIC.
Dans le cas présent, celui du Logiciel, je trouve la voie suivie très pertinente. Elle est bien expliquée d'ailleurs dans l'article: entre raison, obligation et logique vis à vis du parti pris du logiciel libre (la structure coopérative qui en résulte en est le meilleur exemple).
Je trouve ça rafraichissant :)
D'un point de vue "durabilité", 600 000 fonctionnaires utilisent la suite au quotidien avec un objectif affiché de 2 millions. Je ne me fais donc pas trop de soucis.
Sur ce même blog, il y a cet article au sujet de l'incubateur beta.gouv.fr (cette page donne un aperçu de ce qui est abandonné -à la fin-, en test, en service etc)
C'est une évidence que certains de ces outils vont disparaitre et que d'autres ont vocation à rester pérenne.
"Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard
# « Ce que l’État produit, il ne parvient pas à le tenir dans la durée »
Posté par raphj (site web personnel) . Évalué à 8 (+6/-0).
Il me manque probablement des éléments de compréhension, mais en l’état, je trouve que l’article y va un peu fort. LaSuite.coop est présentée comme un gardien de l’outil, rôle que l’état ne saurait tenir. Les arguments sur le fait qu’on n’a pas la garantie que l’état risque de ne pas continuer l’effort me parlent, mais en même temps y a-t-il des indices sur le fait que l’état ne maintient effectivement pas la chose dans la durée ? Est-ce que l’état a déjà abandonné l’effort ? Ça m’étonnerait, il vient de commencer ! Du coup, le jugement me parait prématuré.
Cette section mentionne Tchap comme exemple, en disant que le maintien est voté chaque année. Je n’ai pas vérifié comment ça marche vraiment et c’est vrai que dit comme ça, ça fait un peu peur. Mais en même temps, Tchap est bien un contre-exemple : c’est une solution qui, manifestement, tient dans le temps !
J’ai l’impression que l’article passe son temps à essayer de justifier l’existence de LaSuite.coop sous un angle légitimité et je trouve ça un peu inquiétant. Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu présenter LaSuite.coop comme une garantie de pérennité dans le cas où l’état laisserait effectivement tomber, sans pour autant essayer de montrer que ça va se casser la gueule avec un argumentaire séduisant mais peut-être bancal ?
Pour le coup, je trouve l’article source (interview de Framasoft) plus solide.
Les deux questions qui suivent naturellement c’est :
Autant je suis convaincu sur l’angle « il faut une structure telle que LaSuite.coop pour distribuer et vendre l’outil" : ce n’est pas le rôle de l’état, qui est de fournir des outils à ses agents. Autant le positionnement global de l’ensemble qui me laisse perplexe. C’est peut-être juste une question de comm'.
J’ai l’impression qu’il faudrait passer de « Nous sommes légitimes, regardez, c’est pas possible que l’état maintienne l’outil qu’il produit ! » et chercher à décrédibiliser l’investissement public long terme à « Nous, on est une structure juridique adaptée à la distribution de la suite numérique développée par la DINUM parce qu’elle ne le fait pas elle-même parce que ce n’est pas son rôle. On est bien positionnés pour distribuer et assurer le support parce que [nous sommes expert·e·s en tant que contributeurs important sur ce code] ou [grâce à notre partenariat / communication privilégiée avec la DINUM notamment pour les questions pointues]. Ça me semblerait plus vertueux et plus solide.
Il y a même un angle intéressant que je n’ai pas vu apparaître : je crois avoir vu une interview de quelqu’un de la DINUM bossant sur la Suite : ils refont en interne parce qu’ils ne veulent pas avoir à partir de solution existantes lourdes et complexe à adapter péniblement aux cas d’usages précis, ils préfèrent repartir de zéro pour maîtriser complètement les outils et les concevoir pour coller parfaitement aux cas d’usages depuis le début. Que fait la LaSuite.coop de ça ? Est-ce qu’elle va adapter les outils aux cas d’usage de ses clients qui seront peut-être un peu différents de l’administration publique ? Quelle est la vision de ce côté ?
J’espère que ces inquiétudes seront vites dissipées. En tout cas, mes vœux de réussite, on a besoin de solutions européennes libres dans le domaine.
[^] # Re: « Ce que l’État produit, il ne parvient pas à le tenir dans la durée »
Posté par fearan . Évalué à 4 (+1/-0).
En fait le problème est double.
1) un logiciel open source développé par un seul acteur peut présenter un risque (je dis bien peut), si ce dernier décide d'arrêter le développement,
…
mais le risque est pire avec un logiciel fermé, dont l'unique proprio décide d'arrêter les frais ou d'augmenter la licence, ou si l'acteur coule. En plus on a vu récemment que ce dernier peut même forcer un changement de matériel pour continuer à l'utiliser.
2) Pour des raison légale (et absurde) l'état ne pourrait pas vendre l'hébergement de la suite a des acteurs particuliers. La réponse est de créer une entité juridique qui n'est pas l'état.
Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent
[^] # Re: « Ce que l’État produit, il ne parvient pas à le tenir dans la durée »
Posté par raphj (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0). Dernière modification le 16 juillet 2026 à 08:37.
Je ne sais pas si c'est absurde. Ça me parait pas mal que l'état ait une logique non marchande / de service public pur. En tout cas ça se défend.
Ça me parait être une bonne réponse. Mon inquiétude porte sur comment cette entité est présentée / positionnée dans ce cas précis.
[^] # Re: « Ce que l’État produit, il ne parvient pas à le tenir dans la durée »
Posté par vpinon . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 16 juillet 2026 à 12:20.
Est-ce que ça ne se fait pas déjà que des structures publiques vendent sur le secteur marchand ?
Me vient en tête l'exemple de l'IGN qui vend des cartes… ou tous les instituts de recherche qui peuvent vendre des études ou de l'accès à des équipements de labo à des entreprises ?
[^] # Re: « Ce que l’État produit, il ne parvient pas à le tenir dans la durée »
Posté par raphj (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).
Oui, effectivement, on peut penser aussi à l'électricité, les transports, la poste ou le téléphone, même quand c'était entièrement public. En fait il y a plein de services que l'état vend. Pourquoi ces choses et pas La Suite en effet ?
Je ne connais pas bien les tenants et les aboutissants sur le sujet, mais ça m'intéresse donc si quelqu'un a des trucs à partager sur le sujet, n'hésitez pas.
[^] # Re: « Ce que l’État produit, il ne parvient pas à le tenir dans la durée »
Posté par Luc-Skywalker . Évalué à 3 (+1/-0).
Météo France (qui vend des prévisions spécialisées), le SHOM (qui vend des carte marines entre autre), les Ports Autonomes (ils portent bien leurs noms: ils n'ont de compte à rendre qu'à l’État), le CEREMA (qui vend du logiciel ultra spécialisé par ex), le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (mais qui met aussi en œuvre La Base de Données Nationale des Bâtiments) etc etc
Beaucoup de ces organismes ont basculé sous le statut d'EPIC.
Dans le cas présent, celui du Logiciel, je trouve la voie suivie très pertinente. Elle est bien expliquée d'ailleurs dans l'article: entre raison, obligation et logique vis à vis du parti pris du logiciel libre (la structure coopérative qui en résulte en est le meilleur exemple).
Je trouve ça rafraichissant :)
D'un point de vue "durabilité", 600 000 fonctionnaires utilisent la suite au quotidien avec un objectif affiché de 2 millions. Je ne me fais donc pas trop de soucis.
Sur ce même blog, il y a cet article au sujet de l'incubateur beta.gouv.fr (cette page donne un aperçu de ce qui est abandonné -à la fin-, en test, en service etc)
C'est une évidence que certains de ces outils vont disparaitre et que d'autres ont vocation à rester pérenne.
"Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard
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