"EDF évalue la facture totale à plusieurs millions d'euros, 2 500 personnes et 200 entreprises seront mobilisées. 40% des opérations seront réalisées par des entreprises locales, promet l'énergéticien français.
Pendant cet arrêt, une pièce importante de l'EPR sera changée, l'imposant couvercle d'acier qui recouvre la cuve du réacteur, là où est placé le combustible nucléaire. La pièce est défectueuse depuis l'origine et il s'agit de l'un des épisodes marquant de ce chantier calvaire."
Posté par lolop (site web personnel) .
Évalué à 9 (+9/-2).
Dernière modification le 26 septembre 2026 à 20:00.
Et aussi « C'est une opération réglementaire, puisque chaque nouveau réacteur doit subir cette première visite complète, 30 mois après sa mise en route. »
Au moins c'est pas un arrêt d'urgence suite à des défauts critiques…
Votez les 30 juin et 7 juillet, en connaissance de cause. http://www.pointal.net/VotesDeputesRN
Pendant cet arrêt, une pièce importante de l'EPR sera changée, l'imposant couvercle d'acier qui recouvre la cuve du réacteur, là où est placé le combustible nucléaire.
Quand on pense qu’en cas de défaut d’une pièce importante d’un aéronef(*), il reste cloué au sol, on comprend bien que quoiqu’on en dise, la sûreté nucléaire n’est qu’une vaste fumisterie…
(*) un de mes collègues est pilote instructeur de planeur, et il est difficile d’imaginer voir ce que ça demande en paperasserie pour avoir le droit de les maintenir en vol.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
L'objectif est-il de protéger les passagers de l’aéronef en cas de défaut conduisant à la chute ? En prévoyant qu'un tas suffisamment volumineux de paperasse puisse faire matelas amortisseur ?
on comprend bien que quoiqu’on en dise, la sûreté nucléaire n’est qu’une vaste fumisterie…
L'ASN et l'IRSN seront heureuses d'apprendre qu'elles sont des vastes fumisteries.
Il y a eu plusieurs années de travail d'Areva et des autorités de régulation pour mesurer les conséquences de ce défaut et déterminer la conduite à tenir.
On parle d'une pièce conçue pour une durée de vie de 60 ans qui va être changée au bout de 18 mois car l'acier présente des taux de carbone de 0,32% dans certaines zones au lieu de 0,22%.
Posté par PhRæD .
Évalué à -8 (+1/-11).
Dernière modification le 27 septembre 2026 à 14:07.
Était-il si catastrophique que ça d’attendre qu’un nouveau couvercle soit prêt quand les délais promis au lancement du projet avaient déjà été totalement enfoncés ?
Je propose que désormais on ne gonfle les pneus de tous les trains d’atterrissage de tous les aéronefs qu’à 90 % (ou à 110 %, au choix) pendant 2 ans, parce qu’après tout, respecter les limites prévues du matériel n’a pas l’air si grave que ça.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
Était-il si catastrophique que ça d’attendre qu’un nouveau couvercle soit prêt quand les délais promis au lancement du projet avaient déjà été totalement enfoncés ?
C'est une longue et vieille histoire qui parle "d'anomalie", manière élégante de minimiser la gravité du problème, alors que c'est une malfaçon : le taux de carbone requis dans l'acier n'a pas été respecté par le fabricant de la cuve et cette dernière est donc fragilisée.
"fin 2014, Areva NP a découvert une anomalie de fabrication de l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville.
Cette anomalie remet en cause certaines caractéristiques mécaniques de l’acier de ces composants, notamment sa ténacité, c’est-à-dire sa capacité à résister à l’amorçage d’une fissure en cas de défaut préexistant."
En 2015, Areva NP a proposé une démarche de justification pour démontrer la suffisance de la ténacité de l’acier du couvercle et du fond de la cuve. Cette démarche a fait l’objet d’une instruction conjointe de l’IRSN et de la Direction des équipements sous pression nucléaires (DEP) de l’ASN, et d’un examen par le Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pressions nucléaires (GP ESPN) le 30 septembre 2015. L’ASN a ensuite pris position et considéré acceptable, dans son principe, la démarche de justification proposée par Areva NP."
"Fin 2016, Areva NP a transmis le dossier d’analyse des conséquences de l’anomalie du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR. Areva NP conclut à l’aptitude au service des deux composants."
"Ce dossier a fait l’objet d’une analyse conjointe ASN DEP – IRSN, dont les conclusions ont été présentées les 26 et 27 juin 2017 au GP ESPN. De leur instruction, l’ASN DEP et l’IRSN concluent que, si Areva NP a démontré l’aptitude au service du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, des dispositions de suivi en service doivent être mises en œuvre pour contrôler périodiquement ces équipements durant le fonctionnement de l’installation (durée de fonctionnement prévue de 60 ans)."
"A ce stade, la faisabilité de ces contrôles apparaît acquise pour le fond de la cuve. Il n’en est pas de même pour le couvercle : à défaut de pouvoir les réaliser, l’ASN et l’IRSN considèrent que le remplacement de ce couvercle devrait être réalisé au premier arrêt pour rechargement du réacteur (VC1)."
À un moment il faut arrêter les comparaisons foireuses et les hypothèses basées sur rien du tout – alors qu’en plus ici les données sont accessibles au public.
Ici le prix et la complexité de ce couvercle ont fait que, face à un écart de norme, au lieu de se dire simplement « on le change », on a fait une étude pour savoir si on devait le changer maintenant, ou plus tard mais dans pas trop longtemps (la solution choisie), ou encore plus tard, ou si en fait ça va les normes étaient tellement larges que ça ne devrait pas poser de problème. Chose qu’on ne fait pas en aviation générale pour des questions de cout.
Mais pour comprendre ça, il faut être capable de comprendre qu’on ne gère pas un prototype d’industrie lourde (quelle qu’elle soit) comme un moyen de transport construit en série, ce qui curieusement ne semble pas évident pour tout le monde.
D’ailleurs ce genre de vérification est l’un des buts des visites décennales des centrales en France : vérifier si la centrale est réellement en état de continuer 10 ans de plus, ou pas – l’autre grand but étant de mettre à jour les systèmes de sécurité au niveau, par exemple suite aux retours d’expérience de Tchernoby et Fukushima.
Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com
Posté par Maderios .
Évalué à -2 (+3/-7).
Dernière modification le 27 septembre 2026 à 16:55.
il faut être capable de comprendre qu’on ne gère pas un prototype d’industrie lourde (quelle qu’elle soit) comme un moyen de transport construit en série
Et donc, on met le paquet en remplaçant au plus vite la pièce maîtresse qui présente un défaut de sécurité. On comprend qu'il était politiquement difficile de reporter une fois de plus la mise en service vu les 12 ans de retard et le surcoût x6 par rapport au devis initial.
Non mais déjà le plan et le devis initial c'était n'importe quoi et tout le monde le savait dès la signature du devis.
Ça fait partie des choses très bien expliquées dans de rapport Folz d'octobre 2019 (33 pages très accessibles et très claires). Le projet a dérivé – comme n'importe quel prototype – et il y a eu des problèmes – idem – mais pas dans ces proportions, pas selon une estimation vaguement réaliste du truc.
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Posté par symp .
Évalué à 2 (+2/-2).
Dernière modification le 27 septembre 2026 à 19:48.
Merci de démontrer si clairement que la question nucléaire est, décidément, loin de ne soulever que des aspects techniques, que les ingénieur·e·s ne sont pas les seul·e·s, avec leurs chiffres et leurs certitudes, à avoir voix au chapitre (surtout quand ils et elles ont été formé·e·s comme des marteaux incapables de concevoir que certains problèmes ne sont pas des clous) et, enfin, que les questions simplement… politiques ne sauraient être renvoyées au second plan.
Le gros avantage c’est qu’ici la sûreté n’a pas été abandonnée au profit des couts et délais, notamment grâce au fait qu’elle est piloté par une entité indépendante avec un vrai pouvoir de coercition (contrairement par exemple à ce qu’on peut trouver dans l’industrie générale, cf Lubrisol et tant d’autres exemples ; ou parfois dans l’aéronautique, cf Boeing). C’est d’ailleurs ce qui explique en partie les écarts aux annonces d’origine.
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Pour que ce soit bien clair: l'arrêt dutréacteur au bout de 30 mois était prévu quoi qu'il arrive, indépendament du défaut du couvercle. Il s'agit de vérifier que tout se passe bien après quelques temps de fonctionnement et qu'il n'y a pas eu de hroblème non détecté lors de la construction, que les composants ne vieillissent ou s'usent pas de façon prématurée, etc.
Vu que le réacteur est arrêté pour cette procédure de contrôle tout à fait normale, autant en profiter pour changer le couvercle non conforme à la spécification par la même occasion.
Conclusion: tout se passe comme prévu avec l'extrême prudence habituelle de l'industrie nucléaire, grâce à laquelle il s'agit d'un des secteurs de l'industrie les plus sûrs, en tout cas si on compare dans le domaine de la production d'énergie (chiffres un peu anciens vers 2000, mais ça n'a pas énormément changé depuis malgré une catastrophe et une poignée d'incidents dont on a beaucoup entendu parler).
Mais pour comprendre ça, il faut être capable de comprendre qu’on ne gère pas un prototype d’industrie lourde (quelle qu’elle soit) comme un moyen de transport construit en série, ce qui curieusement ne semble pas évident pour tout le monde.
Sympa la condescendance…
Contrairement à ce que vous pensez, ce commentaire dessert votre discours : on se serait attendu à bien plus de précaution si on ne savait pas vraiment comment construite une centrale radioactive de ce type !
Je retiens donc que plus c’est potentiellement dangereux et gros, plus on peut passer outre les règles de sûreté « parce que quand même, on sait gérer les gros projets». Juste ahurissant.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
Mais dans quel univers "nommer une commission d'experts et faire des analyses détaillées pour vérifier exactement ce qu'on peut faire ou non" c'est "passer outre les règles de sécurité" ?!
Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com
Ben peut-être parce que c’est douteux comme procédé de ne pas respecter le cahier des charges fixé préalablement au projet.
Ça peut s’appeler pompeusement « commissions d’experts », en quoi ces experts peuvent contredire les autres experts qui avaient abouti à ces choix. Parce qu’on imagine bien que les chiffres à respecter ne sortaient pas du chapeau de n’importe qui.
Est-ce que les concepteurs étaient (si) mauvais ? Et dans quels autres cas une « commission d’experts » ou autre instance adhoc a-t-elle décidé de ne pas respecter le cahier des charges initial ?
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
Ça peut s’appeler pompeusement « commissions d’experts », en quoi ces experts peuvent contredire les autres experts qui avaient abouti à ces choix.
Je trouve ça marrant ce genre de discussion qui peuvent durer des heures alors que l'info se trouve en quelques minutes sur le site de l'ASN.
C'est pas une commission d'experts qui a contredit la première à partir des mêmes données.
Il y a eu un programme d'essais et d'analyses sur des pièces produites à l'identique pour vérifier leur tenue.
En plus de ces tests les procédures d'exploitation ont été renforcées puisque des vérifications périodiques de l'état du fond de cuve ont été ajoutées.
Les antinucléaires sortent régulièrement des FUD, donc prenez avec beaucoup de recul leurs discours. C'est flagrant quand on regarde leurs 5 articles par semaine sur l'arrêt des réacteurs nucléaires pendant les vagues de chaleur. Le petit manuel de désinformation est suivi à la lettre.
Il y a eu un programme d'essais et d'analyses sur des pièces produites à l'identique pour vérifier leur tenue
On en revient donc à la pertinence du cahier des charges : a-t-il été écrit sans faire lesdits tests ?
Vous pouvez fanfaronner, il y bien un dilemme insoluble :
soit ceux qui produisent le cahier des charges sont compétents et alors on ne comprends pas bien comment il est possible de justifier qu’on puisse revenir sur leurs choix ;
soit ils ne le sont pas, et alors ça fait très peur…
Que ça soit des institutions (Nasa avec les désastres évitables des navettes, SNCF avec le déraillement mortel sur la LGV Est), ou plus petits avec Ocean gate, dans tous les cas, il n’y avait pas à douter, « on » sait ce qu’on fait.
Sans avoir forcément de connaissance précises du sujet, il doit être possible de questionner les méthodes.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
Dans le cas de l'EPR: il y a eu une erreur qui a conduit à une pièce non conforme au cahier des charges (pourcentage de carbone plus élevé que ce qui était demandé).
Donc je comprend pas le commentaire. Le cahier des charges demandait un truc, la pièce produite ne répondait pas à ce qui était demandé. Ensuite se pose la question "est-ce que c'est grave" et dans ce cas la réponse est: pour le fond de cuve, non, parce qu'on peut surveiller sa dégradation et intervenir lorsque ce sera nécessaire. Pour le couvercle, oui un peu, parce que on ne peut pas l'inspecter aussi facilement. Cependant, la conséquence est seulement un vieillissement accéléré, ça ne mettait pas en danger le fonctionnement de la centrale pendant les 30 mois d'essai.
Donc, mise en place d'un plan pour remplacer la pièce défectueuse au moment opportun sans retarder encore la mise en service et sans prendre de risque inutile.
La méthode me semble plutôt la bonne, précisément celle qui fait que on aboutit pas à une désintégration de navette, un déraillement de TGV, ou une implosion de sous-marin.
La transparence sur les problèmes fait par contre que tout le monde est au courant du moindre souci, ce qui donne l'impression qu'il y a tout le temps des problèmes.
Je sais pas comment ça se passe chez vous, moi dans les logiciels que j'écrit, ça arrive aussi assez régulièrement qu'il y aie des bugs. Cela se traite avec un processus de relecture de code, de test et de validation, ainsi qu'avec un peu de réactivité pour corriger les problèmes qui sont passés au travers et qui surviennent en production. Fort heureusement, je ne travaille pas sur des réacteurs nucléaires ou autre systèmes pouvant mettre en danger la vie de personnes. Sinon, ce process de développement et de test serait bien différent pour réduire beaucoup plus la probabilité de problèmes en production ainsi que leurs conséquences. Vous avez une solution pour écrire du code sans bug du premier coup? Pour écrire un cahier des charge qui prend en compte absolument toutes les inconnues dès le début? Je pense que ça intéresse pas mal de monde si c'est le cas.
Cependant, la conséquence est seulement un vieillissement accéléré, ça ne mettait pas en danger le fonctionnement de la centrale pendant les 30 mois d'essai.
Donc, mise en place d'un plan pour remplacer la pièce défectueuse au moment opportun sans retarder encore la mise en service et sans prendre de risque inutile.
Ce que vous décrivez est exactement le syndrome du cygne noir : on considère ne pas prendre de risque inutile, donc on déroge à la règle fixée au départ, voire pire, on arrive pas à imaginer qu’il puisse y avoir un problème. Par exemple, selon Wikipédia « Pourtant, TEPCO avait fait dès 2008 des simulations relatives à la possibilité qu'un tsunami de 15 mètres de haut puisse toucher la centrale mais n'avait pris aucune mesure, jugeant la probabilité que cela arrive quasi nulle ». On connait ce que la réalité a fait de cette probabilité quasi-nulle.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
Je ne vois pas le rapport entre le défaut de couvercle de l'EPR de Flamanville (qui n'a pas subi d'incident, seulement un remplacement préventif au bout de 2 ans pour une pièce risquant de vieillir prématurément à cause d'un défaut de fabrication constaté bien avant qu'il y aie un problème - pas d'un défaut de conception) et la centrale de Fukushima. Du coup je ne suis pas bien le raisonnement.
Quant aux cygnes noirs, y
leur population est estimée entre 300000 et 500000 individus. Ils sont donc moins rares que d'autres espèces d'oiseaux menacées, et beaucoup plus facile à trouver que les accidents nucléaires.
Le rapport, c’est que nous avons eu beaucoup de chance que ce fameux couvercle n’ait pas été sollicité au-delà des contraintes qui ont été jugées suffisantes pendant ces 2 années. Et pourtant, rien qu’entre la situation géopolitique et climatique, ce ne sont pas les risques que tout ne se passe pas comme prévu qui manquent.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
Ça dépend, la spécification initiale a peut-être calculé des caractéristiques pour que le couvercle puisse résister aux contraintes ciblés sur la durée prévue (50 ans ?) malgré le vieillissement. L'analyse du défaut par des experts a peut-être fait apparaître que cela réduisait cette durée "sûre" à 10 ans (chiffre au hasard) et qu'on était donc safe sur 18 mois.
Tu dénigres le travail d'un organisme de sûreté que j'ai connu super exigeant et tatillon à l'époque où j'ai travaillé sur les centrales N4. Alors, certes, c'était il y a 35 ans et les choses ont pu changer mais il faudrait avoir des arguments plus pointus que les cygnes noirs.
# extrait
Posté par Maderios . Évalué à 3 (+5/-4).
[^] # Re: extrait
Posté par lolop (site web personnel) . Évalué à 9 (+9/-2). Dernière modification le 26 septembre 2026 à 20:00.
Et aussi « C'est une opération réglementaire, puisque chaque nouveau réacteur doit subir cette première visite complète, 30 mois après sa mise en route. »
Au moins c'est pas un arrêt d'urgence suite à des défauts critiques…
Votez les 30 juin et 7 juillet, en connaissance de cause. http://www.pointal.net/VotesDeputesRN
[^] # Re: extrait
Posté par Pol' uX (site web personnel) . Évalué à -10 (+2/-15).
Merci Bolloré !
Adhérer à l'April, ça vous tente ?
[^] # Re: extrait
Posté par PhRæD . Évalué à -10 (+6/-19).
Quand on pense qu’en cas de défaut d’une pièce importante d’un aéronef(*), il reste cloué au sol, on comprend bien que quoiqu’on en dise, la sûreté nucléaire n’est qu’une vaste fumisterie…
(*) un de mes collègues est pilote instructeur de planeur, et il est difficile d’imaginer voir ce que ça demande en paperasserie pour avoir le droit de les maintenir en vol.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: extrait
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . Évalué à 3 (+5/-5).
L'objectif est-il de protéger les passagers de l’aéronef en cas de défaut conduisant à la chute ? En prévoyant qu'un tas suffisamment volumineux de paperasse puisse faire matelas amortisseur ?
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace
[^] # Re: extrait
Posté par Nicolas Boulay (site web personnel) . Évalué à -2 (+1/-6).
Ce ne sont pas 3 reacteurs idendiques, donc les series ne sont pas arreté.
"La première sécurité est la liberté"
[^] # Re: extrait
Posté par LoupSolitaire . Évalué à 10 (+16/-3).
L'ASN et l'IRSN seront heureuses d'apprendre qu'elles sont des vastes fumisteries.
Il y a eu plusieurs années de travail d'Areva et des autorités de régulation pour mesurer les conséquences de ce défaut et déterminer la conduite à tenir.
On parle d'une pièce conçue pour une durée de vie de 60 ans qui va être changée au bout de 18 mois car l'acier présente des taux de carbone de 0,32% dans certaines zones au lieu de 0,22%.
[^] # Re: extrait
Posté par PhRæD . Évalué à -8 (+1/-11). Dernière modification le 27 septembre 2026 à 14:07.
Était-il si catastrophique que ça d’attendre qu’un nouveau couvercle soit prêt quand les délais promis au lancement du projet avaient déjà été totalement enfoncés ?
Je propose que désormais on ne gonfle les pneus de tous les trains d’atterrissage de tous les aéronefs qu’à 90 % (ou à 110 %, au choix) pendant 2 ans, parce qu’après tout, respecter les limites prévues du matériel n’a pas l’air si grave que ça.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: extrait
Posté par Maderios . Évalué à 2 (+4/-4).
C'est une longue et vieille histoire qui parle "d'anomalie", manière élégante de minimiser la gravité du problème, alors que c'est une malfaçon : le taux de carbone requis dans l'acier n'a pas été respecté par le fabricant de la cuve et cette dernière est donc fragilisée.
source: https://recherche-expertise.asnr.fr/savoir-comprendre/surete/lanomalie-fabrication-couvercle-fond-cuve-lepr
https://recherche-expertise.asnr.fr/savoir-comprendre/surete/decouverte-lanomalie-sur-couvercle-fond-cuve-lepr-flamanville
[^] # Re: extrait
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+6/-2).
À un moment il faut arrêter les comparaisons foireuses et les hypothèses basées sur rien du tout – alors qu’en plus ici les données sont accessibles au public.
Ici le prix et la complexité de ce couvercle ont fait que, face à un écart de norme, au lieu de se dire simplement « on le change », on a fait une étude pour savoir si on devait le changer maintenant, ou plus tard mais dans pas trop longtemps (la solution choisie), ou encore plus tard, ou si en fait ça va les normes étaient tellement larges que ça ne devrait pas poser de problème. Chose qu’on ne fait pas en aviation générale pour des questions de cout.
Mais pour comprendre ça, il faut être capable de comprendre qu’on ne gère pas un prototype d’industrie lourde (quelle qu’elle soit) comme un moyen de transport construit en série, ce qui curieusement ne semble pas évident pour tout le monde.
D’ailleurs ce genre de vérification est l’un des buts des visites décennales des centrales en France : vérifier si la centrale est réellement en état de continuer 10 ans de plus, ou pas – l’autre grand but étant de mettre à jour les systèmes de sécurité au niveau, par exemple suite aux retours d’expérience de Tchernoby et Fukushima.
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[^] # Re: extrait
Posté par Maderios . Évalué à -2 (+3/-7). Dernière modification le 27 septembre 2026 à 16:55.
Et donc, on met le paquet en remplaçant au plus vite la pièce maîtresse qui présente un défaut de sécurité. On comprend qu'il était politiquement difficile de reporter une fois de plus la mise en service vu les 12 ans de retard et le surcoût x6 par rapport au devis initial.
[^] # Re: extrait
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+3/-2).
Non mais déjà le plan et le devis initial c'était n'importe quoi et tout le monde le savait dès la signature du devis.
Ça fait partie des choses très bien expliquées dans de rapport Folz d'octobre 2019 (33 pages très accessibles et très claires). Le projet a dérivé – comme n'importe quel prototype – et il y a eu des problèmes – idem – mais pas dans ces proportions, pas selon une estimation vaguement réaliste du truc.
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[^] # Re: extrait
Posté par wilk (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+4/-1).
Du coup on se rapproche à nouveau pas mal de la fumisterie.
[^] # Re: extrait
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+1/-0).
Toute la partie prix et délais était une vaste fumisterie, oui.
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[^] # Re: extrait
Posté par symp . Évalué à 2 (+2/-2). Dernière modification le 27 septembre 2026 à 19:48.
Merci de démontrer si clairement que la question nucléaire est, décidément, loin de ne soulever que des aspects techniques, que les ingénieur·e·s ne sont pas les seul·e·s, avec leurs chiffres et leurs certitudes, à avoir voix au chapitre (surtout quand ils et elles ont été formé·e·s comme des marteaux incapables de concevoir que certains problèmes ne sont pas des clous) et, enfin, que les questions simplement… politiques ne sauraient être renvoyées au second plan.
[^] # Re: extrait
Posté par LoupSolitaire . Évalué à 5 (+5/-1).
Les gens qui annoncent des délais aberrants et ceux qui contrôlent la sécurité et délivrent les autorisation d'exploitation ne sont pas les mêmes.
[^] # Re: extrait
Posté par wilk (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+0/-0).
Le problème est que les deux sont étroitement liés. La sûreté dépend en grande partie des moyens qu'on lui donne.
[^] # Re: extrait
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+5/-1).
Le gros avantage c’est qu’ici la sûreté n’a pas été abandonnée au profit des couts et délais, notamment grâce au fait qu’elle est piloté par une entité indépendante avec un vrai pouvoir de coercition (contrairement par exemple à ce qu’on peut trouver dans l’industrie générale, cf Lubrisol et tant d’autres exemples ; ou parfois dans l’aéronautique, cf Boeing). C’est d’ailleurs ce qui explique en partie les écarts aux annonces d’origine.
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[^] # Re: extrait
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 10 (+9/-1).
Pour que ce soit bien clair: l'arrêt dutréacteur au bout de 30 mois était prévu quoi qu'il arrive, indépendament du défaut du couvercle. Il s'agit de vérifier que tout se passe bien après quelques temps de fonctionnement et qu'il n'y a pas eu de hroblème non détecté lors de la construction, que les composants ne vieillissent ou s'usent pas de façon prématurée, etc.
Vu que le réacteur est arrêté pour cette procédure de contrôle tout à fait normale, autant en profiter pour changer le couvercle non conforme à la spécification par la même occasion.
Conclusion: tout se passe comme prévu avec l'extrême prudence habituelle de l'industrie nucléaire, grâce à laquelle il s'agit d'un des secteurs de l'industrie les plus sûrs, en tout cas si on compare dans le domaine de la production d'énergie (chiffres un peu anciens vers 2000, mais ça n'a pas énormément changé depuis malgré une catastrophe et une poignée d'incidents dont on a beaucoup entendu parler).
[^] # Re: extrait
Posté par PhRæD . Évalué à -6 (+2/-10).
Sympa la condescendance…
Contrairement à ce que vous pensez, ce commentaire dessert votre discours : on se serait attendu à bien plus de précaution si on ne savait pas vraiment comment construite une centrale radioactive de ce type !
Je retiens donc que plus c’est potentiellement dangereux et gros, plus on peut passer outre les règles de sûreté « parce que quand même, on sait gérer les gros projets». Juste ahurissant.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: extrait
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+4/-1).
Mais dans quel univers "nommer une commission d'experts et faire des analyses détaillées pour vérifier exactement ce qu'on peut faire ou non" c'est "passer outre les règles de sécurité" ?!
Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com
[^] # Re: extrait
Posté par PhRæD . Évalué à -5 (+1/-8).
Ben peut-être parce que c’est douteux comme procédé de ne pas respecter le cahier des charges fixé préalablement au projet.
Ça peut s’appeler pompeusement « commissions d’experts », en quoi ces experts peuvent contredire les autres experts qui avaient abouti à ces choix. Parce qu’on imagine bien que les chiffres à respecter ne sortaient pas du chapeau de n’importe qui.
Est-ce que les concepteurs étaient (si) mauvais ? Et dans quels autres cas une « commission d’experts » ou autre instance adhoc a-t-elle décidé de ne pas respecter le cahier des charges initial ?
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: extrait
Posté par LoupSolitaire . Évalué à 7 (+7/-1).
Je trouve ça marrant ce genre de discussion qui peuvent durer des heures alors que l'info se trouve en quelques minutes sur le site de l'ASN.
C'est pas une commission d'experts qui a contredit la première à partir des mêmes données.
Il y a eu un programme d'essais et d'analyses sur des pièces produites à l'identique pour vérifier leur tenue.
En plus de ces tests les procédures d'exploitation ont été renforcées puisque des vérifications périodiques de l'état du fond de cuve ont été ajoutées.
Les antinucléaires sortent régulièrement des FUD, donc prenez avec beaucoup de recul leurs discours. C'est flagrant quand on regarde leurs 5 articles par semaine sur l'arrêt des réacteurs nucléaires pendant les vagues de chaleur. Le petit manuel de désinformation est suivi à la lettre.
[^] # Re: extrait
Posté par PhRæD . Évalué à -3 (+1/-6).
On en revient donc à la pertinence du cahier des charges : a-t-il été écrit sans faire lesdits tests ?
Vous pouvez fanfaronner, il y bien un dilemme insoluble :
Que ça soit des institutions (Nasa avec les désastres évitables des navettes, SNCF avec le déraillement mortel sur la LGV Est), ou plus petits avec Ocean gate, dans tous les cas, il n’y avait pas à douter, « on » sait ce qu’on fait.
Sans avoir forcément de connaissance précises du sujet, il doit être possible de questionner les méthodes.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: extrait
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 10 (+10/-1).
Dans le cas de l'EPR: il y a eu une erreur qui a conduit à une pièce non conforme au cahier des charges (pourcentage de carbone plus élevé que ce qui était demandé).
Donc je comprend pas le commentaire. Le cahier des charges demandait un truc, la pièce produite ne répondait pas à ce qui était demandé. Ensuite se pose la question "est-ce que c'est grave" et dans ce cas la réponse est: pour le fond de cuve, non, parce qu'on peut surveiller sa dégradation et intervenir lorsque ce sera nécessaire. Pour le couvercle, oui un peu, parce que on ne peut pas l'inspecter aussi facilement. Cependant, la conséquence est seulement un vieillissement accéléré, ça ne mettait pas en danger le fonctionnement de la centrale pendant les 30 mois d'essai.
Donc, mise en place d'un plan pour remplacer la pièce défectueuse au moment opportun sans retarder encore la mise en service et sans prendre de risque inutile.
La méthode me semble plutôt la bonne, précisément celle qui fait que on aboutit pas à une désintégration de navette, un déraillement de TGV, ou une implosion de sous-marin.
La transparence sur les problèmes fait par contre que tout le monde est au courant du moindre souci, ce qui donne l'impression qu'il y a tout le temps des problèmes.
Je sais pas comment ça se passe chez vous, moi dans les logiciels que j'écrit, ça arrive aussi assez régulièrement qu'il y aie des bugs. Cela se traite avec un processus de relecture de code, de test et de validation, ainsi qu'avec un peu de réactivité pour corriger les problèmes qui sont passés au travers et qui surviennent en production. Fort heureusement, je ne travaille pas sur des réacteurs nucléaires ou autre systèmes pouvant mettre en danger la vie de personnes. Sinon, ce process de développement et de test serait bien différent pour réduire beaucoup plus la probabilité de problèmes en production ainsi que leurs conséquences. Vous avez une solution pour écrire du code sans bug du premier coup? Pour écrire un cahier des charge qui prend en compte absolument toutes les inconnues dès le début? Je pense que ça intéresse pas mal de monde si c'est le cas.
[^] # Re: extrait
Posté par PhRæD . Évalué à -2 (+2/-6).
Ce que vous décrivez est exactement le syndrome du cygne noir : on considère ne pas prendre de risque inutile, donc on déroge à la règle fixée au départ, voire pire, on arrive pas à imaginer qu’il puisse y avoir un problème. Par exemple, selon Wikipédia « Pourtant, TEPCO avait fait dès 2008 des simulations relatives à la possibilité qu'un tsunami de 15 mètres de haut puisse toucher la centrale mais n'avait pris aucune mesure, jugeant la probabilité que cela arrive quasi nulle ». On connait ce que la réalité a fait de cette probabilité quasi-nulle.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: extrait
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+3/-1).
Je ne vois pas le rapport entre le défaut de couvercle de l'EPR de Flamanville (qui n'a pas subi d'incident, seulement un remplacement préventif au bout de 2 ans pour une pièce risquant de vieillir prématurément à cause d'un défaut de fabrication constaté bien avant qu'il y aie un problème - pas d'un défaut de conception) et la centrale de Fukushima. Du coup je ne suis pas bien le raisonnement.
Quant aux cygnes noirs, y
leur population est estimée entre 300000 et 500000 individus. Ils sont donc moins rares que d'autres espèces d'oiseaux menacées, et beaucoup plus facile à trouver que les accidents nucléaires.
[^] # Re: extrait
Posté par PhRæD . Évalué à -1 (+1/-4).
Le rapport, c’est que nous avons eu beaucoup de chance que ce fameux couvercle n’ait pas été sollicité au-delà des contraintes qui ont été jugées suffisantes pendant ces 2 années. Et pourtant, rien qu’entre la situation géopolitique et climatique, ce ne sont pas les risques que tout ne se passe pas comme prévu qui manquent.
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: extrait
Posté par mahikeulbody . Évalué à 6 (+5/-1).
Ça dépend, la spécification initiale a peut-être calculé des caractéristiques pour que le couvercle puisse résister aux contraintes ciblés sur la durée prévue (50 ans ?) malgré le vieillissement. L'analyse du défaut par des experts a peut-être fait apparaître que cela réduisait cette durée "sûre" à 10 ans (chiffre au hasard) et qu'on était donc safe sur 18 mois.
Tu dénigres le travail d'un organisme de sûreté que j'ai connu super exigeant et tatillon à l'époque où j'ai travaillé sur les centrales N4. Alors, certes, c'était il y a 35 ans et les choses ont pu changer mais il faudrait avoir des arguments plus pointus que les cygnes noirs.
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