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Eben Moglen est le concepteur juridique de la GPL. À l'origine informaticien de haut niveau, il a recommencé ses études pour faire du droit quand il a fallu trouver des solutions pour développer une informatique libre.

C'est lui qui a rédigé la GPL avec RMS. Il est maintenant professeur d'histoire du droit à Columbia. C'est sans aucun doute une des grandes figures des logiciels libres avec ESR, RMS et quelques autres.

La conférence est vraiment très intéressante même si elle est un peu longue, mais les interventions de Moglen sont tellement rares que c'est un plaisir de pouvoir un peu en profiter !

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Voilà quelqu'un qui va dans le détail de son argumentation et qui connait aussi bien les sujets techniques que les sujets juridiques. N'hésitez pas à prendre le temps de la lire tranquillement, ça repose la tête et ça change des trolls sur SCO !

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« professeur d'histoire du droit à Columbia » ou professeur de droit

Posté par gnap gnap (page perso, ) le 28/02/2004 à 15:29. (lien). Évalué à 7.

Le propos de Moglen, sans surprise, est interessant. Par contre, ce qu'il fait ici n'est pas de l'histoire, du moins pas de l'histoire telle qu'elle est pratiquée de nos jours.


Ce paragraphe « Free software is an attempt to use the 18th century principles for the encouragement of the diffusion of knowledge to transform the technical environment of human beings. And as Jonathan says, my own personal opinion on the subject is that the early going in our experiment has worked out pretty well. », sous couvert de fausses nuances, et parfaitement flou et ne correspond en rien à une analyse historique. Tout d'abord parce que c'est flou, et le flou c'est l'absence de rigueur qui permet de raconter tout et n'importe quoi - s'il précisait de quelles idées il parle, il serait obligé de justifier son propos, ce qui est loin d'être une tache aisée. Aussi, il parle de son expérience personnelle pour la raison qu'il n a rien d'autre à offrir (pas d'analyse sérieuse corroborant l'idée exprimée) et ça n'est pas non plus rigoureux.


Le propos suivant est, de même, particulièrement flou « Free software, of which the operating system kernel called Linux is one very important example among thousands, free software is the single greatest technical reference library on Planet Earth, as of now.». Mon anglais n'est pas assez parfait pour jouer de toutes les nuances, mais il me semble que dans greatest, par rapport à biggest, il y a un net jugement de valeur, non ? Ce qui est un avis, quelque chose qui n'est pas scientifiquement rigoureux. Aussi, les formules choc « de tout temps » , « la plus ceci », « le moins cela » sont généralement des belles blagues qui ne tiennent la rampe que du fait de l'ignorance : car il est peu douteux en histoire qu'il y a plus de choses que l'on ignore que de choses que l'on sait, et tenir des propos de cette nature oublie cela, ces propos sont donc candidats à la poubelle dès lors que le savoir croit sur le sujet.

Et la justification « The reason I say that is that free software is the only corpus of information fixed in a tangible form, through which anyone, anywhere, can go from naivete to the state of the art in a great technical subject -- what computers can be made to do -- solely by consulting material that is freely available for adaptation and reuse, in any way that she or he may want. » ne peut séduire que dans une optique partisane, reposant sur beaucoup d'a priori : le libre est loin à l'heure actuelle de satisfaire toutes les demandes en informatique ; le propriétaire peut satisfaire à des attentes en matière informatique même si l'on peut contester ses methodes de développement et de publication.

Pour le reste, il s'exprime surtout en avocat et porte parole de la FSF, et il reussit très bien cet exercice. Mais pour la qualification d'historien du droit, il y aurait bien trop à redire, trouvant dans tout ceci des problèmes méthodologiques que j'estime graves. Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'inventer de se créer des stars et qu'il est préférable de se contenter de reconnaitres aux acteurs importants du libre les talents qu'ils ont vraiment (en l'occurence, le droit et la représentation publique). Il n'est pas nécessaire de nous créer un sénat aux titres aussi ronflants qu'inadaptés...

Bon ensuite, il est vrai qu'il est fréquent que des gens débordent d'une science à une autre, en particulier avec l'histoire qui est facilement à la croisée des chemins. Mais comprenons bien qu'un juriste qui tate le droit dans une perspective historique n'est pas un historien du droit. A Strasbourg, il y a quelques années, les étudiants en première année de DEUG d'histoire à l'UMB et ceux en première année de DEUG de droit à l'URS avaient tous au programme un cycle de cours sur les institutions de la Rome dite républicaine : il est pourtant évident que si les sujets se récoupent, les problématiques, les approches, les questions posées, ne sont que rarement de même nature.

Re: Retranscription d'une conférence de Eben Moglen à Harvard sur SCO, le droit des brevets et la démocratie.

Posté par LoX () le 28/02/2004 à 18:53. (lien). Évalué à 1.

RMS je connais... Richard M. Stallman.
Mais ESR, c'est qui ?

Re: Retranscription d'une conférence de Eben Moglen à Harvard sur SCO, le droit des brevets et la démocratie.

Posté par Anonyme () le 01/03/2004 à 17:38. (lien). Évalué à 1.

Si je résume sa vision (de ce que j'en comprends) :

Le mouvement du logiciel libre a gagné. Il reste à faire un peu
pour pas perdre, mais c'est pas très dur. SCO c'est de
la broutille.

Il reste à "libérer" le matériel. Les gens n'ont pas encore
une idée de liberté quand ils pensent au matériel. Et là c'est
plus dur, notamment à cause de "l'informatique de confiance"
qui risque d'arriver et de bloquer tout avant que le changement
conceptuel ne soit arrivé.

Mais c'est jouable.

Le plus dur va être de libérer les canaux. Tout le monde
pense qu'il faut réguler les émissions de signaux (à cause
des interférences). Mais techniquement, ça tend à ne plus
être un problème, donc aucune raison à ce qu'on ne puisse
pas libérer ça aussi.

Mais là c'est très dur, parce que c'est pas Microsoft ou
Disney qu'il s'agit de combattre.

C'est ce que je retiens du message de Moglen :
un combat pour la liberté, mené par les défenseurs
de la liberté, qui sont dans le cas présent les
hackers de tout poil.

C'est un combat pour l'émancipation des individus
de la tutelle des autorités, pour la liberté d'accès
au savoir et d'échange de ce savoir, sans devoir
en référer à de quelconques "gardiens du temple".

Je vise juste ? Vous en pensez quoi ?

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