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: Linus Torvalds : le marché du bureau a déjà commencé

Posté par Clément Canonne (page perso, ). Modéré le 09 novembre 2004.
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Preston St. Pierre, de Linux Times, interview Linus Torvalds par email

Dans cette interview, Linus Torvalds livre des détails à propos de ses préférences en programmation, descend (qui a dit "encore" ?) le Hurd en flammes et donne quelques conseils à quiconque souhaite se lancer dans un projet logiciel. Il explique également vers quoi s'oriente le développement du noyau ("toujours plus ou moins la même chose" ;-)

> Lire la suite (54 commentaires, moyenne: 2,9).   [dépêche : 5736 caractères]

Preston : Depuis un certain temps, votre vie est dédiée au noyau Linux. Si vous n'en étiez plus le mainteneur, quelle sorte de projet souhaiteriez-vous commencer (jeux, applications, autre noyau, outils de développement, etc) ?

Linus Torvalds : J'aime être proche du matériel, et faire de beaux graphismes (comme dans les jeux ou les interfaces graphiques) n'est pas mon point fort ; je travaillerais donc probablement sur des outils de développement, ou quelque chose de similaire. En fait, le seul projet sur lequel j'ai réellement passé du temps l'année dernière (excepté le noyau, bien sûr) a été ce logiciel de vérification des sources qui effectue de la vérification de type étendue pour le noyau. Donc, plutôt un outil de développement.

Preston : Quel est votre langage de programmation interprété préféré, et pourquoi ?

Linus Torvalds : Éh. Je ne touche pas beaucoup aux interpréteurs. Le seul que j'ai fini par utiliser consciemment (c'est à dire ne faisant pas partie des scripts de quelqu'un d'autre) est en fait le shell. Ce n'est pas que je n'aime pas les langages comme perl et python, mais juste que j'ai tendance soit à écrire en C, soit à faire des choses *si* simples que le shell me convient largement. Je dois admettre que j'ai un léger faible pour le Basic, mais ça fait près de 20 ans que je n'en ai pas fait. Mais c'est avec cela que j'ai commencé, donc ce sera toujours un peu spécial ;-)

Preston : Quels conseils donneriez-vous aux personnes se lançant dans un grand projet open source ? Qu'avez-vous appris en gérant le noyau Linux ?

Linus Torvalds : Personne ne devrait se lancer dans un "grand projet". Vous commencez avec un petit projet, trivial, et vous ne devriez pas vous attendre à ce qu'il prenne de l'ampleur. Si c'est le cas, vous verrez trop grand, et penserez que votre projet est plus grand qu'il ne l'est réellement. Ou pire, vous pourriez être effrayé par tout le travail qui vous attend. Donc, commencez petit, et pensez aux détails. N'ayez pas une vision globale. Si cela ne résoud pas les besoins immédiats, vous avez certainement poussé la conception trop loin.Et ne vous attendez pas à ce que les gens viennent spontanément vous aider. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Vous avez besoin dans un premier temps de quelque chose de semi-fonctionnel, et alors les autres vont dire "eh, ça marche *presque* chez moi", et s'impliqueront dans le projet. Et s'il y a bien une chose que j'ai apprise de Linux, c'est que les projets ont leur propre vie, et qu'il ne faut pas essayer de leur imposer votre vision trop fortement. La plupart du temps, c'est que vous faites fausse route, et si vous n'êtes pas souple et prêt à entendre l'avis des autres (et à changer de cap s'il s'avère que que votre vision du projet n'était pas viable), vous n'obtiendrez jamais rien de bon. En d'autres mots, soyez disposé à admettre vos erreurs, et ne comptez pas obtenir un résultat énorme en peu de temps. Cela fait 13 ans que je travaille sur Linux, et je m'attends à continuer un certain temps encore. Si je m'étais attendu à ce que Linux prenne ces proportions, je n'aurais jamais commencé. Il a démarré petit et insignifiant, et c'est comme ça que je l'avais conçu.

Preston : Du point de vue d'un utilisateur, quels avantages voyez-vous à Linux par rapport à Hurd ? Pensez-vous que Hurd puisse éventuellement devenir aussi populaire que Linux ?

Linus Torvalds : Je pense que Hurd est mort. On a vu plus haut pourquoi. Ce projet a de grandes ambitions, et les développeurs ont oublié les détails, et ont refusé de l'admettre quand ils se sont trompés. Ainsi, le projet s'est essoufflé, et n'a *toujours* pas pris la peine de regarder la réalité en face. Mais il se peut que je me trompe. Je n'ai réellement pas suivi le développement de Hurd du tout, et peut-être que le projet a désormais plus les pieds sur terre, et s'intéresse plus à avoir quelque chose qui marche qu'au "design". Et est moins pompeux.

Preston : Quand pensez-vous que Linux prendra des parts de marché à Microsoft, sur le domaine du bureau ?

Linus Torvalds : Oh, je pense que cela a déjà commencé, c'est juste lent. Vous ne réalisez pas à quel point c'est lent, sauf si vous avez suivi la progression de Linux ces dix dernières années. Les gens semblent s'attendre à ce qu'il soit soudainement "assez bon", et décolle comme une fusée, mais ce n'est pas comme cela que ça marche. Linux devient petit à petit meilleur, et les gens se tournent vers lui petit à petit. Si je regarde les dix années écoulées, et que je pense à ce que Linux était alors, je ris un peu sous cape. Le bureau d'aujourd'hui est légèrement meilleur qu'il ne l'était il y a un an, mais vous ne voyez pas *réellement* la différence sauf si vous revenez encore beaucoup en arrière.

Preston : Comment vous paraît votre nouveau travail à OSDL, en tant que contributeur à plein de temps de Linux ?

Linus Torvalds : Ça marche pas mal. Je travaille chez moi, et OSDL fournit les infrastructures nécessaires à ce que je développe sans avoir à me soucier de détails. Juste comme je l'aime ;-)

Preston : Quel est le dernier fait en date dans le développement du noyau ?

Linus Torvalds : Oh, toujours plus ou moins la même chose. Se préoccuper des pilotes, modifier les interfaces pour rendre plus difficile de coder des bugs par erreur, et se tenir à jour sur le nouveau matériel et les nouvelles idées. Le noyau est définitivement en voie de maturité, en ce sens qu'un tas des nouvelles choses *vraiment* excitantes sont dans l'espace utilisateur, et que le noyau est parfois juste appelé à rendre plus facile leur utilisation ...

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Le journal associé

Posté par lordcow () le 09/11/2004 à 17:46. (lien). Évalué à 2.

https://linuxfr.org/~yojik77/15760.html(...)

Le journal est un peu vieux, j'imagine que c'est la traduction francaise qui a déclenché la modération de la dépèche.

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Je est un autre.

Pas tout à fait d'accord

Posté par governator () le 09/11/2004 à 18:21. (lien). Évalué à 1.

Certes, le "bureau" sous linux reste marginal par rapport à Windows ou MacOs mais je trouve que l'évolution est plus rapide que Linus ne le dit.
Je suis l'évolution de KDE depuis 1998 et ces deux dernières années ont été très riches. Il ne manque selon moi qu'un peu de maturité et quelques applications commerciales phares (en attendant des équivalents libres aussi avancés) comme le duo Photoshop/Illustrator ou la suite Macromedia par exemple pour convaincre définitivement les décideurs récalcitrants.

Linux reste, pour le moment, moins ergonomique

Posté par bax42 () le 10/11/2004 à 11:54. (lien). Évalué à 1.

Je suis un grand utilisateur de linux. Mais force est de constater que pour le moment. Les plateformes Linux sont encore "difficile" à utiliser pour l'utilisateur seul à la maison.

Certe il existe des distribs aussi facile à installer qu'un windows (la mandrake par exemple) et presque aussi facile à configurer (tjs la mandrake en fait).

Mais des points phare comme :

- Les connexions ADSL reste aléatoire sous linux. En france par exemple les utilisateurs de sagem fast800 sont légion. L'installation sous linux reste hasardeuse sur beaucoup de distrib (même sur mandrake). Oui je sais vous avez tous un linux, et vous avez tous fait rpm -ivh (ou urpmi , ou apt, ou yum) et hop tout a fonctionné à merveille sans rien faire. Je ne dois pas avoir de chance, mais toute les personne à qui j'ai justement dis que c'etait super facile on eut des soucis.

- Les jeux. Je pense que les mêmes détracteurs me diront qu'on peut parfaitement jouer sous linux (ou mac Os X). Oui surement ... mais comme d'habitude, je dois avoir des connaissance venant de mars qui ne trouvent pas leur compte sur les jeux portés nativement sous Linux et pour qui les magouille wine restent obscures.

- L'uniformisaton de l'interface graphique. Oui le pekin moyen utilise une interface graphique. Et malheureusement, en passant de l'une à l'autre, il perd souvent ses repère au niveau des racourcis claviers, des menus etc... Il en vas de même avec les applications importante comme OOo, les navigateurs (moz,FireFox,Konkeror etc ...)

Voila, j'oublis certainement des choses, mais globalement, Linux reste moins "plaisant" pour l'utilisateur final à la maison qu'un Win machin.

Je dis bien, à la maison et utilisateur final.

Car je suis certain par contre, que pour les sociétés, Celle qui on un service informatique du moins, pourraient passer à Linux sur le poste de travail.

Pourquoi, parceque la plus part du temps les applications utilisé existe sous linux (oui il existe des appli proprio win32, ben pour celle la on garde des win). Parceque il y a un service informatique pour venir refaire le rpm -ivh du bon truc s'il manque un rpm, ou le /etc/rc.d/machin si un service est oublié. Bref des gens pour "aider/accompagner" l'utilisateur final.

Linux plus facile à installer ?

Posté par CrEv (page perso, ) le 10/11/2004 à 19:04. (lien). Évalué à 3.

Je ne sais pas si certains d'entre vous ont installé un win xp mais je trouve que sur ce point Linux est larement plus près que microsoft (ba oui, si on veut dire que linux est plus près pour le bureau, il faut bien comparer à quelque chose...)

L'interface d'installation de Win XP pro (j'ai jamais essayé les autres) est une horreur face à une mandrake (et surement fedora ou suze, mais je ne connais pas trop)
Evidement, pour "monsieur tout le monde" il y a les cds de restauration habituellement vendu avec les ordis qui sont une catastrophe (ecrasement de toutes les données par exemple...) mais bon, si le but était de faire le max de choix par défaut, je pense que ce serait également possible sous linux, il suffit de tout choisir à la place de l'utilisateur.
Pour win xp pro, installation pas loin du mode texte, utilisation de fdisk (avec une pseudo interface), une horreur comparée à une mandrake et son outil de partitionnement par exemple.

Alors oui, on entend souvent que linux supporte difficilement les périphériques en tout genre, que ça ne marche jamais, ...
J'ai un portable (un vieux, c'est vrai). Lorsque je l'ai acheté, pour mn boulot j'ai du passé à win 2k -> carte graphique non supportée, 640x480 en 256 couleurs...
Sous linux à la meme époque (mdk 7.2) carte supporté parfaitement, en tout cas mieux car rien à faire.
Bon ok, l'opengl était misérable, mais sous windows les drivers n'existaient pas au dela de win98...

Alors oui, il reste des progrès à faire sur l'intégration de nombreux périphériques, non pas sur leur support même si des progrès sont réalisable, mais surtout sur leur "utilisabilité" par le commun des mortels n'y connaissant rien...

A côté de ça, je trouve que linux est en avancesur de nombreux domaines.
Par exemple, grâces aux LL, on peut installer facilement n'importe quelle application en sachant simplement se servire d'un menu et de cliquer, chose autremenet plus compliqué sur un autre os...

Donc voila, Linux est peut-etre pas encore près pour le grand public à en croire pas mal, mais peut-être est-ce aussi le public "mononeuronal windowsien" qui n'est pas près ...

Le regard des autres

Posté par Loïc Jaouen () le 10/11/2004 à 22:16. (lien). Évalué à 4.

C'est pas que Linux qui pose problème, mais aussi le regard des autres:

- j'achète un modem/wifi/clavier/...; la boite ne mentionne pas Linux,
pas de drivers fournis pour Linux

- je téléphone au support de mon FAI, après avoir prononcé "Linux", il faut
commencer par prouver que la panne ne peux être dûe à l'OS

- je fais du télé-paiements, ma banque ne supporte que IE

- je veux une machine 64bits avec un soit disant RAID matériel, dieu seul sait si
l'install de Linux me prendra 30 minutes ou 3 jours (si c'est un risque que je
peux me permettre en tant que particulier, l'incertitude du coût est intolérable
en milieu professionel)

- j'achète un serveur (pourtant sur le catalogue identique à celui acheté la semaine
d'avant) et je ne sais pas si le même noyeau (cuit maison) tournera aussi dessus
(la réponse était non dans le cas rarissime que j'ai en tête)

Et pourtant, même dans ces cas de figures, les progrès sont fulgurant, on peut acheter des PC certifiés pour une distribution de Linux, le banques font des efforts pour les browsers alternatifs, les FAI fournissent du matos qui tourne sous Linux!
Les géants sont en marche, les certifications et les standards vont bon train.

Mais c'est clair que quand ça fait 13 ans que tu bosse sur un truc tu peux commencer à trouver le temps long et te dire que ça avance lentement.

NB: c'est clair que pour le cas du PC certifié Lindows, RH ou Suse, ce n'est ni le PC ni la distribution que je veux... mais je ne peux en vouloir au monde entier pour le fait que je suis un chieur.

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