Faire un don ! | | style | statistiques | contactez-nous | plan | lettre d'information

Liens connexes

Dépêche modérée par

Dépêche éditée par

Articles : Régulation du net : un projet de décret inquiétant

Posté par tekool (page perso, ). Modéré le 13 février 2007.
Justice
Le 31 janvier 2007, Philippe Bas, Ministre délégué à la Famille, a annoncé la création d’une Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne, officiellement destinée à classer les contenus accessibles depuis les téléphones mobiles (« tous publics », « déconseillé aux moins de douze ans »...) [1]
Le 7 février, la Ligue ODEBI divulguait un projet de décret « créant la Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne », visant un champ d'application bien plus large que la protection de l'enfance et les contenus des services multimédia mobiles.[2]
Ce jour, l'APRIL, membre du conseil d'orientation du Forum des Droits sur Internet, qui avait déjà exprimé publiquement ses inquiétudes sur ce projet,[3] a publié un communiqué de presse [4] et un avis argumenté. [5]
L'APRIL a appelé dans son communiqué, et via candidats.fr, les candidats à la présidentielle 2007 ou leur entourage à prendre position publiquement sur le projet de décret dont la signature est imminente. J'en profite pour vous inviter à signer la déclaration candidats.fr si vous ne l'avez pas encore fait.

Mise à jour : « Dans un document confidentiel, que s'est procuré lemonde.fr, le Forum des droits sur l'Internet (FDI) déplore l'absence de concertation (...). Le FDI qualifie le projet de "construction 'baroque', par certains aspects inquiétante", son "objectif de régulation excédant la seule préoccupation de protection de l'enfance annoncée au préalable". »

> Lire la dépêche (53 commentaires, moyenne: 3,1).  

L''APRIL critique le fait que le champ d'intervention de la commission souhaitée par le gouvernement soit extensible au-delà de la stricte protection de l'enfance, qui est ici, pour l'association, instrumentalisée. L'APRIL s'inquiète que cette commission puisse faire peser de nouvelles contraintes sur tous les acteurs français de l'internet, sans que ces contraintes n'aient été adoptées par voie législative ou réglementaire. L'APRIL dénonce également le mécanisme choisi pour les nominations dans les termes suivants :

Pour l'APRIL, ce projet « montre une volonté de reprise en main par l'État de la régulation de l'internet compte tenu notamment de la présence massive au sein de la nouvelle commission des représentants des pouvoirs publics dans cette commission, et du fait que les 14 personnalités qualifiées y siégeant sont désignées exclusivement par arrêté du Premier ministre, pour cinq ans, transformant donc ces nominations en choix politique, et encore plus si elles ont lieu à proximité d'élections nationales. (...) Par ailleurs, les quatre ''représentants'' des professionnels et des usagers siégeant au sein du comité des différends chargé d'interpréter les recommandations et éventuellement de sanctionner les professionnels ne les respectant pas, seront nommés par un second arrêté, parmi les membres déjà nommés par le premier arrêté, ce qui constitue un deuxième filtre politique particulièrement sensible, puisque ce comité sera chargé, en quelque sorte, de rendre une forme de justice. »

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

umpf

Posté par ultimat () le 13/02/2007 à 09:05. (lien). Évalué à 3.

Le résultat de tout ca va, à mon avis, dépendre des FAI, des sites d'infos et compagnie a vouloir le précieux label.

Si personne ne veut être estampillé "gouvernement compliant", la commission ne servira a rien, puisqu'elle n'a de pression que sur les adhérents à leur label.

De ce que je comprend, pour que leur commission marche, il faut :
* informer le grand public qu'il y a un label rouge sur les sites gentils
* donner le label aux sites pour qu'ils affichent un gros logo

A mon avis les internautes ne regardent pas en bas de la page pour voir si le site possède le logo du label. Pour preuve y a le logo linux sur le site de free, c'est pas pour autant que les freenautes sont tous sous linux :)


Ils voudraient pas nous laisser souffler 5 minutes ?

Posté par Sigmatador () le 13/02/2007 à 09:09. (lien). Évalué à 10.

LEN, DADVSI, projet de loi relatif à la modernisation de la diffusion audiovisuelle, maintenant ca, c'est moi qui est l'impression que le rythme de la bigbrotherisation s'accélère ces dernières années où ca a toujours été comme ca ?

En tout cas ca devient sacrément fatiguant à la longue... surtout pour au final toujours voir ce genre de loi passer dans l'urgence sans réel débat.

Tiens j'en profite pour placer une image que j'aime beaucoup:
ttp://static.zebishop.com/blog/images/drmea9.jpg

Sans vouloir faire de démagogie, ca représente pas mal l'impression que j'ai actuellement de notre démocratie, dès qu'on à la possibilité de faire passer un truc en douce qui, soyons clairs va à l'encontre des intêrets des citoyens, ils s'en donnent à coeur joie, mais attention c'est pour mieux annoncer en grandes pompes des promesses électoralistes qui ont autant de chances d'aboutir que moi de devenir un jour ministre.

Où est le vrai problème ?

Posté par Raphaël SurcouF (Jabber id, page perso, ) le 13/02/2007 à 09:47. (lien). Évalué à 0.

Encore une commission nationale pour stocker des proches des hommes politiques qui ne servira à rien, faute de moyens. C'est en effet bien là un sport de chiraquiens (dont Philippe Bas reste encore l'un des derniers membres, jusqu'aux prochaines législatives à mon avis) que de créer des commissions et autres Haute Autorité à la pelle alors même que les nombreuses institutions déjà existantes n'ont pas toujours les moyens requis pour remplir leurs missions...
En outre, il s'agit là d'établir un "label" qui ne représente pour l'instant rien de concret, je ne vois pas pourquoi l'APRIL monte encore une fois sur ses grands chevaux... J'aimerais bien qu'on m'explique. Il ne faudrait pas confondre déontologie avec ordre moral : tout père ou mère d'enfants peut en effet craindre que ces derniers soient confrontés à des textes, images ou vidéos qui seraient choquantes pour leurs jeunes âges. Le problème est-il peut-être dans le fait qu'on introduit trop tôt dans leur cycle de vie l'apparition des médias ? Après tout, il suffit de se promener dans la rue pour voir une fille en string à l'affiche...

[+] Rapport avec l'April ?

Posté par Zorro () le 13/02/2007 à 12:35. (lien). Évalué à -1.

Je me demande bien en quoi ce décret menace le logiciel libre.
Je conçois qu'un membre du Forum des Droits de l'Internet soit vexé que ce Forum n'ait pas été consulté, mais quand même, je pensais que l'April s'engageait pour quelque chose qui menaçait le libre.

Sinon, ben ce projet ne me surprend pas outre mesure. La droite prend des mesures qui sont de droite, c'est bien pour ça qu'elle a été élue.
C'est sûr que c'est plus rigolo de casser la web-campagne du PS, comme ça, de tels projets de droite pourront continuer à croître et à embellir.

De toute façon, je pense que sur ce coup-là, on joue un peu les Cassandre. C'est un projets bidon et des labels bidons, qui n'auront aucune influence, pas plus que les labels net+sûrs, icra, site référencé cnil, ou je ne sais quelles autres âneries qu'on voit de temps en temps.

[+] Commission de déontologie=Big brother

Posté par vat () le 13/02/2007 à 17:15. (lien). Évalué à -1.

J'ai supprimé le point d'interrogation (inutile) du titre de mon journal qui évoquait le même problème:
http://linuxfr.org/~vat/23768.html

C'est vrai que le sujet aurait du être mieux présenté. L'audimat aurait certainement été meilleur.
Je copie ici ce que je disais en commentaire :
"Ceci est à rapprocher de l'offensive menée actuellement contre l'art contemporain et ses supposées "dérives", sous la pression d'associations droitières. La France paraît seule dans ce combat d'un autre âge.
On ne parle pas encore d'art ou de web "dégénéré", mais ça pourrait venir."

Ce n'est pas un hasard si cette idée est en train de sortir. Il s'agit, pour le parti au pouvoir, l'UMP+Sarkozy, de conquérir des voix d'extrême-droite, de donner des signaux et des gages aux nostalgiques d'un soi-disant "ordre moral du passé".

http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=9939
http://www.paris-art.com/edito_detail-andre-rouille-170.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kiki_Lamers
http://www.liberation.fr/culture/218153.FR.php

Et ça...

Posté par TeraHertZ () le 13/02/2007 à 22:09. (lien). Évalué à 1.

... ça n'est pas un exemple de vérrouillage de la liberté d'expression, non, non! pfff
Il est clairement là le but, les momes ne sont qu'une excuse.

On ferait mieux d'agir, pendant que les vannes sont encore ouvertes.

La peur

Posté par Mimoza () le 14/02/2007 à 13:16. (lien). Évalué à 4.

Ce que l'on ne controle pas nous fait peur ... ce qui nous fait peur doit être interdit ...

En gros c'est ca, l'internet est un espace de (pseudo)liberté et bien sur cela est une épine dans le pied des dirigeant, car dans cette espace on pourrait se cultivé et découvrir la face caché des choses ...

Communiqué IRIS

Posté par tekool (page perso, ) le 14/02/2007 à 16:10. (lien). Évalué à 4.

« Amendement Fillon » 2.0 : au secours, la « déontologie » de l'expression publique revient !

L'association IRIS (Imaginons un réseau Internet solidaire) a pris connaissance d'un projet de décret créant une « Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne » [1]. Les missions et prérogatives de cette commission rappellent étrangement les dispositions principales du texte de l'article 15 de la loi de réglementation des télécommunications, telle qu'adoptée par le Parlement le 18 juin 1996 [2]. Introduites à l'époque sous le nom d'« amendement Fillon », ces mesures furent censurées par le Conseil constitutionnel le 23 juillet 1996 [3].

IRIS dénonce cette nouvelle tentative d'atteinte aux libertés fondamentales, en particulier à l'exercice de la liberté d'expression publique en ligne. Que la censure administrative soit confiée au Conseil supérieur de la télématique en 1996 ou à une Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne en 2007, ou que le gouvernement procède aujourd'hui par décret plutôt que par la loi, ne change au fond pas grand-chose. Il s'agit toujours de réglementer et contraindre l'expression publique utilisant les réseaux électroniques, au mépris des libertés fondamentales, en échappant chaque fois un peu plus aux règles de la démocratie et de l'État de droit.

La suite : http://www.iris.sgdg.org/info-debat/comm-deontologie0207.htm(...)

[+] Responsabiliser

Posté par Macsim (Jabber id, page perso, ) le 15/02/2007 à 17:51. (lien). Évalué à -4.

Je me demande si il ne serait pas plus judicieux que les FAI posent cette simple question aux nouveaux abonnés:
- "Qui seront les utilisateurs de ce forfais ?"

- Si c'est la maman qui prend un compte pour son enfant qui sera le seul à s'en servir les FAI pourraient appliquer des filtres sur ce compte.
- Si des adultes sont susceptible de se servir de ce compte les FAI pourraient donner un compte user/pass "Web illimité" pour les parents et un compte "Web light" pour les enfants.
- Si ce n'est qu'un adulte alors web illimité tout court.

L'enfant qui retombe sur un site peu fréquentable (qui à dit microsoft ?) se verrait demander un user/pass (qu'il n'est pas censé avoir) pour passé le filtre.

Maintenant la protection des enfants sur internet nécessite aussi beaucoup d'implication de tous les acteurs, les FAI qui fournissent le moyen d'accéder aux contenu, les industries porno qui pourraient avoir l'obligeance de n'afficher du contenu QUE quand l'user à payer pour avoir l'accès. Les parents qui doivent surveiller l'utilisation d'internet par leur enfant. Laisser un enfant seul sur internet c'est comme le laisser seul dans la rue, il peut retomber sur des bonnes soeurs ou sur charles manson.

Extrait d'un billet paru sur le blog des rédacteurs du journal Politis

Posté par tekool (page perso, ) le 16/02/2007 à 10:43. (lien). Évalué à 2.

« Chassez là par la porte, elle revient par la fenêtre. La censure, ou plutot la régulation des services de communication au public en ligne, est de retour. (...) Un nouveau "machin", comme on disait au temps des "affaires Altern", succédant à un autre "machin" mort-né, le CCI Conseil Consultatif de l’Internet, qui se propose de réguler les contenus et les acteurs du net. Un "machin" qui laisserait le FDI sur la touche, et dont on ignore avec quels moyens il fonctionnera. Un "machin" tombé du ciel, tellement que mêmes les professionnels n’ont pas été consultés. Un machin qui contient, comme ses prédécesseurs, les germes d’une possible censure de l’information et de l’expression en ligne, si... (...)

Côté association d’usagers, l’UNAF n’est pas franchement ravie non plus : "si on voulait instaurer un régime à la chinoise, on ne ferait pas autrement" ironise Jean Pierre Quignaux, responsable de la mission “Nouvelles Technologies médias et politiques Familiales” à l'UNAF, qui trouve le procédé pas pédagogique du tout, et qualifie d’"illusoire une régulation par le sommet". »

http://www.pour-politis.org/spip.php?article186

Communiqué Reporters sans frontières

Posté par tekool (page perso, ) le 16/02/2007 à 17:58. (lien). Évalué à 2.

Reporters sans frontières s’inquiète du projet de "commission de déontologie" pour les services de communication en ligne

http://www.rsf.org/article.php3?id_article=21029

Extrait :

"L’organe créé par ce décret n’est pas uniquement consultatif, puisqu’il aura la possibilité d’accorder et de retirer des labels de confiance aux services de communication en ligne, notamment aux hébergeurs de sites et de blogs, aux fournisseurs d’accès Internet et aux opérateurs de téléphonie mobile. Or, nous considérons que le périmètre d’action de cette commission, dont tous les membres sont nommés par la Premier ministre, n’est pas assez clairement défini. Nous craignons que ce texte ne pousse les prestataires de services à censurer abusivement leurs contenus pour préserver leur label. Nous l’avons dit et répété lors des débats sur la Loi sur la confiance dans l’économie numérique (LCEN) : il est dangereux de faire peser sur des fournisseurs de services la responsabilité de réguler les contenus auxquels ils donnent accès. Nous comprenons l’importance de protéger les mineurs de contenus dangereux, mais il nous semble que ce texte va bien au-delà de ce problème et nous insistons sur les effets pervers de cette réglementation, que le gouvernement semble vouloir adopter dans l’urgence."

Le FDI inquiet face à une construction baroque

Posté par tekool (page perso, ) le 20/02/2007 à 11:49. (lien). Évalué à 1.

Dans un document confidentiel, que s'est procuré lemonde.fr, le Forum des droits sur l'Internet (FDI) déplore l'absence de concertation ayant présidé à la rédaction d'un projet de décret portant création d'une "Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne". Le FDI qualifie le projet de "construction 'baroque', par certains aspects inquiétante", son "objectif de régulation excédant la seule préoccupation de protection de l'enfance annoncée au préalable".


http://lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-868923@51-83(...)

Revenir en haut de page