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: Bidouiller iPhone nuit gravement à la santé d'Apple

Posté par Malicia (page perso, ). Modéré le 28 juillet 2010.
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La loi américaine gouvernant entre autres l'interdiction de contournement des DRM, le Digital Millennium Copyright Act (DMCA), prévoit que le bureau américain de la propriété intellectuelle, rattaché à la bibliothèque du Congrès, établit sur proposition tous les trois ans une liste d'exemptions, des cas précis et d'actualité dans lesquels les citoyens ne peuvent pas être poursuivis en cas de contournement de DRM.

Cette liste vient d'être mise à jour, avec notamment la permission de hacker l'iOS (le système des technologies Apple iPhone, iPod Touch, et iPad), procédé plus connu sous le nom de jailbreak, et bien entendu très peu apprécié d'Apple.

> Lire la suite (21 commentaires, moyenne: 4,3).   [dépêche : 7799 caractères]

Comme vous le savez sans doute, le contournement des DRM (Digital Rights/Restrictions Management, appelés en français mesures techniques de protection, ou encore menottes numériques) est régi aux États-Unis par le Digital Millennium Copyright Act (DMCA). Il a été adopté voilà plus de dix ans (en 1998) et la directive européenne EUCD (en 2001) est sa déclinaison pour le Vieux Monde. Cette loi et cette directive sont issues d'un traité international appelé WCT (WIPO Copyright Treaty) datant de 1996 dont un des articles impose aux pays l'ayant signé de créer des lois visant à empêcher le contournement de DRM. La France, ne voulant pas rester en arrière, et devant bien se conformer à l'EUCD, avait créé la loi mythique DADVSI (en 2006), inapplicable et inappliquée. Suite à la requête en annulation contre le décret du 23 décembre 2006 déposée par l'April (le 21 février 2007), le Conseil d'État avait rétabli dans les faits l'exception de contournement à des fins d'interopérabilité, assurant ainsi un cadre juridique pour les auteurs, distributeurs et utilisateurs de Logiciel Libre.

Le DMCA prévoit que le bureau américain de la propriété intellectuelle, rattaché à la bibliothèque du Congrès, établit tous les trois ans une liste d'exemptions, des cas précis et d'actualité dans lesquels les citoyens ne peuvent pas être poursuivis en cas de contournement de DRM. La révision de cette liste en 2010 a été l'occasion pour l'Electronic Frontier Foundation (EFF), organisation américaine de défense des libertés numériques, de venir argumenter contre Apple, pour une exemption permettant aux utilisateurs de smartphones de contourner les protections qui les empêchent d'installer les logiciels qu'ils souhaitent sur leurs téléphones.

En effet, Apple a tellement bien verrouillé ses productions que cela a failli en arriver au crêpage de chignon avec Adobe ou à d'autres situations ridicules. Cette situation est devenue problématique à tel point qu'Apple a eu droit à une enquête d'entrave à la concurrence menée par la Federal Trade Commission (FTC).

Plus concrètement, l'iPhone vérifie les signatures numériques de chaque élément logiciel exécuté, et n'accepte que les logiciels autorisés par Apple. Pour contourner ces restrictions imposées par le constructeur, les gens font du jailbreak et ainsi peuvent utiliser leurs téléphones comme bon leur semble, que l'application qu'ils souhaitent installer soit autorisée ou non par le constructeur.

Le débat juridique entre l'EFF et Apple occupe les pages 77 à 105 du document qui liste et justifie les exemptions [PDF, 262 pages]. L'EFF ayant eu gain de cause, sont maintenant exempts de poursuites dans le cadre du DMCA (paragraphe B page 77) les dispositifs anti-DRM suivants :

« Computer programs that enable wireless telephone handsets to execute software applications, where circumvention is accomplished for the sole purpose of enabling interoperability of such applications, when they have been lawfully obtained, with computer programs on the telephone handset. »

(Traduction : « Les programmes informatiques qui permettent à des combinés téléphoniques sans fil d'exécuter des logiciels, quand ce contournement est accompli dans le seul but de permettre l'interopérabilité de ces logiciels, quand ils ont été obtenus légalement, avec des programmes informatiques présents sur le téléphone portable. »)

La présente exemption s'applique donc à tous les téléphones de type smartphone tels l'iPhone, mais pas (pas encore ?) à la tablette iPad. Bien évidemment Apple, qui considérait que la restriction imposée par le DMCA jusque là était positive, a fait une déclaration expliquant combien il est dangereux d'utiliser des iPhones ayant subi un jailbreak, parce que cela peut gravement nuire à la « great experience » qu'un iPhone non débloqué vous assure. À croire qu'utiliser un smartphone verrouillé provoque des sensations inouïes…

Avant que tout le monde ne saute au plafond de joie, il ne faut pas perdre de vue que si le jailbreak est autorisé par cette modification, toutes les actions qui en découlent ne le sont pas, notamment pas le contournement des DRM des fichiers qui peuvent être stockés sur l'appareil.

Par ailleurs, si les quatre autres exemptions retenues sont intéressantes (voir la liste III en pages 1 et 2 du document), celles qui ne le sont pas le sont tout autant (liste IV, juste en dessous).

Exemptions retenues :
Exemptions rejetées :
D'autres développements concernant les DRM se sont produits ces jours. La suite au prochain épisode.

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Meme si La guerre n'est pas fini ...

Posté par eastwind (Jabber id, ) le 28/07/2010 à 18:47. (lien). Évalué à 7.

c'est déjà une belle bataille de remporté ..

Merci à l'EFF !!!

C'est un bel exemple que les choses peuvent bouger , avec de la volonté et de la perseverance :)

Concernant les ebooks

Posté par Sébastien PAUSET () le 28/07/2010 à 19:36. (lien). Évalué à 4.

Contournement des protections des ebook qui ont comme effet secondaire d'empêcher la lecture audio ou braille (et tant pis pour les malvoyants).

non, justement, le contournement des DRM est possible si à des fins d'accessibilité.

j'ai vu divers articles à ce propos, notamment :
http://www.clubic.com/smartphone/actualite-354930-usa-gouver(...) (en fin d'article)

--
-- Seb

j'ai ri

Posté par William Briand () le 28/07/2010 à 21:27. (lien). Évalué à 6.

>À croire qu'utiliser un smartphone verrouillé provoque des sensations inouïes…

bof bof

Posté par Jiel (page perso, ) le 28/07/2010 à 22:45. (lien). Évalué à 7.

C'est bien, mais pourquoi s'embêter à « jaibreaker » un iPhone alors qu'il existe des smartphones plus ouverts tels le N900 ?

Mode chauve

Posté par julo4lfr () le 29/07/2010 à 10:21. (lien). Évalué à 4.

La traduction de "wireless telephone handsets" est plus "combinés téléphoniques sans fil" et pas "téléphones portables sans fil " (qui est un peu pléonasmique).
Avec cette traduction , les fixes sans fil seraient aussi concernés : faudrait vérifier.

oui!

Posté par Abby () le 10/08/2010 à 18:10. (lien). Évalué à 1.

Je suis tout a fait d'accord avec ethtezahl, mieux vaudrait s'orienter directement vers un outil plus ouvert au lieu de se lancer dans des bidouilles...

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