Le prix Turing 2008 pour Barbara Liskov

Posté par . Modéré par j.
8
12
mar.
2009
Presse
À 69 ans, la professeure Barbara Liskov du MIT remporte la plus prestigieuse des récompenses en informatique. Largement considéré comme équivalent à un prix Nobel, le prix Turing est décerné chaque année par l'Association for Computing Machinery à une ou plusieurs personnes dont les contributions à l'informatique sont particulièrement brillantes.

Comme beaucoup de chercheurs de premier plan, Barbara Liskov a contribué à plusieurs domaines de l'informatique, principalement :
  • les langages de programmation, en particulier avec le support de la programmation répartie ;
  • la théorie des types, où elle a défini une nouvelle notion de type dérivé (T est un type dérivé de S si toute propriété prouvable sur les objets de S est prouvable sur les objets de T) ;
  • les bases de données, en particulier orientées objet ;
  • l'algorithmique répartie avec tolérance aux défaillances, et en particulier les plus difficiles de toutes ces défaillances : les processus byzantins.
NdM: Un grand merci à oyp pour le journal à l'origine de la dépêche. Sur ces quatre points, c'est sans doute le dernier qui est le moins connu. On parle d'algorithmique répartie lorsque l'on écrit un algorithme fonctionnant non pas sur une seule machine, mais sur plusieurs machines reliées par un réseau de communication. C'est déjà amusant à ce stade, mais là où le sujet prend tout son intérêt, c'est lorsque l'on permet aux machines de tomber en panne, comme dans la vraie vie.

On distingue plusieurs niveaux de défaillances :
  • les pannes par arrêt définitif (crash) : la machine s'arrête sans prévenir en plein milieu d'un calcul. Si le système est asynchrone, comme les réseaux informatiques (si on ne leur ajoute pas de dispositif pour contourner le problème), un joli théorème (Fischer, Lynch, Paterson 1985) nous indique qu'il n'est pas possible de résoudre dans ce cadre même un problème simple comme celui du consensus, dans lequel les machines doivent se mettre d'accord pour décider la même valeur ;
  • les pannes par arrêt et redémarrage ;
  • les défaillances transitoires : la mémoire des machines et le contenu des canaux du réseau peuvent être modifiés arbitrairement. Ceci modélise par exemple les modification de la mémoire par des phénomènes physiques dus, par exemple, aux rayons cosmiques ou à une température trop élevée. Les techniques habituellement utilisées dans ce cadre sont la redondance modulaire et l'autostabilisation ;
  • les défaillances byzantines. Introduites par Lamport, Pease et Shostak en 1982, elles modélisent la situation dans laquelle un processus (une machine) se comporte arbitrairement, sans tenir compte de son programme, comme un traître dans le système. Leur origine remonte à un problème posé par la NASA, qui voulait des algorithmes aussi fiables que possible pour piloter ses appareils volants. Les défaillances byzantines sont, bien entendu, particulièrement difficiles à tolérer. L'algorithme de consensus byzantin le plus connu est sans doute Paxos (Lamport 1998), utilisé entre autres dans les bases de données de Google.

C'est pour l'ensemble de son œuvre que Barbara Liskov a été récompensée. L'ACM note ses contributions fondamentales aux langages de programmation, aux techniques de mise au point de logiciels et à l'algorithmique répartie. Ces deux derniers points sont à la fête ces derniers temps, puisque l'année dernière le domaine mis en valeur était le model-checking. En tous cas, nul doute que c'est un grand jour pour le génie logiciel, à tous les sens du terme.
  • # Juste une petite note

    Posté par . Évalué à 2.

    Si certains font des recherches après avoir lu cet article sur l'algorithmique répartie. Lorsque qu'il s'aggit des données qui se corrompent sur le réseau, l'une des première technique de redondance c'est les codes cycliques redondants (cherchez CRC).

    En tout cas bravo à elle. Pour toutes ses contribution à l'informatique actuelle.

    Les logiciels sous licence GPL forcent leurs utilisateurs à respecter la GPL (et oui, l'eau, ça mouille).

    • [^] # Re: Juste une petite note

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      À ma connaissance, CRC est surtout utilisé au niveau du lien (niveau 2 OSI). Dans la classification académique, c'est donc une problématique de réseau. En algorithmique répartie, en général, on suppose que les couches 1 à 4 (transport) ont fait de leur mieux et on exploite le résultat.
      • [^] # Bin et ZFS alors?

        Posté par . Évalué à 2.

        >À ma connaissance, CRC est surtout utilisé au niveau du lien (niveau 2 OSI).

        ZFS a fait beaucoup de pub sur son utilisation des checksums de 'bout en bout' donc je dirais qu'il y a une amorce d'évolution de ne plus limiter au niveau 2 les checksums..
        • [^] # Re: Bin et ZFS alors?

          Posté par . Évalué à 3.

          ZFS n'utilise pas les "checksum" mais plutot du code correcteur pour son auto-healing.
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Code_correcteur
          Un checksum ne fournissant que l'état des données, et non le moyen de les rectifier. Tu peux demander à un réseau de renvoyer les donnés, mais difficilement à un utilisateur de réécrire ses données sur le disque :)
          • [^] # Re: Bin et ZFS alors?

            Posté par . Évalué à 1.

            Les CRC sont des code redondants, leur objectfis est de s'autocorriger.

            Les logiciels sous licence GPL forcent leurs utilisateurs à respecter la GPL (et oui, l'eau, ça mouille).

  • # Vive la médaille Fields

    Posté par (page perso) . Évalué à 8.

    Toutes ces médailles récompense des chercheurs, en général assez (voire très/trop) agé. En fin de carrière... voir en retraite. On récompense un chercheur alors que souvent, on devrait récompensé, son équipe, ses collaborateurs, ses thèsards... Un chercheur ne fait souvent pas grand chose seul.

    Une des rares médailles intéressante est la médaille Fields car on ne peut l'avoir qu'avant 40 ans. Cela pousse la jeunesse. Ce sont les jeunes qui ont besoin d'avoir un coup de pousse pour entamer une 'seconde' carrière.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Médaille_Fields

    Au dela de 60 ans, donner une médaille permet d'interviewé les médaillés à propos de tout et de n'importe quoi dans les médias, comme si un spécialiste technique était forcément un bon sociologue, un bon historien...

    Vive le recrutement de jeune chercheur permanent et indépendant ;-)
    • [^] # Re: Vive la médaille Fields

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      >>> Une des rares médailles intéressante est la médaille Fields car on ne peut l'avoir qu'avant 40 ans. Cela pousse la jeunesse.

      Une des conséquences c'est aussi le fait qu'Andrew Wiles (qui a prouvé le dernier théorème de Fermat) n'a pas eu la médaille Fields. Il était trop vieux de quelques mois et ainsi il n'a pas pu recevoir la plus haute distinction des mathématiques.
      Un peu ballot non ?
      • [^] # Re: Vive la médaille Fields

        Posté par . Évalué à 8.

        Il n'avait qu'à pas glander pendant ses 40 premières années. Bien fait pour lui.

        Tous les nombres premiers sont impairs, sauf un. Tous les nombres premiers sont impairs, sauf deux.

        • [^] # Re: Vive la médaille Fields

          Posté par . Évalué à 3.

          Il me semble même qu'il avait fait une erreur dans sa première démonstration. Si il avait eu bon du premier coup, il l'aurait la médaille Fields!
          • [^] # Re: Vive la médaille Fields

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            Il aura pas tout perdu. Comme le comité Fields avait un peu les boules de ne pas pouvoir lui décerner la médaille ils ont inventé une nouvelle récompense spéciale, rien que pour lui. La Plaque d'argent de l'Union Mathématique Internationale !
            Oui le nom fait un peu cheap mais bon....

            http://emis.math.ca/mirror/ICM98/TU-Presse/pi183e.htm
            • [^] # Re: Vive la médaille Fields

              Posté par (page perso) . Évalué à -4.

              N'empêche, ce cas montre typiquement ce que je déteste dans les mathématiques : Wiles a passé un temps très important pour apporter la preuve d'un truc qui ne sert strictement à rien...

              Bon, je suis un peu mauvaise langue, peut-être cela sera utile un jour, comme beaucoup de choses en mathématique qui ne l'était pas au début, mais tout de même... Faut avoir rien d'autre à faire...

              Je suis content de pas être mathématicien ;) déjà que je trouve qu'il y a déjà trop de math dans l'informatique ^^
              • [^] # Re: Vive la médaille Fields

                Posté par . Évalué à 2.

                <mode caricature>
                Quand un astronome ne comprend pas une chose, il demande à un physicien s'il n'a pas une particule de derrière les fagots qui pourrait résoudre son problème.

                Lorsqu'un physicien ne comprend pas une chose, il demande à un mathématicien s'il n'a pas un théorème de derrière les fagots qui pourrait résoudre son problème.
                </mode caricature>

                Voilà une utilisation pratique des mathématiques.

                Et puis il faut arrêter de chercher absolument une utilisation pratique à la science et de décréter que comme telle recherche ne sert à rien maintenant, il faut arrêter les frais (ou la dénigrer dans ton cas). Résoudre un problème sur lequel nombre de personnes se sont cassés les dents est très gratifiant.

                PS : L'informatique c'est des mathématiques dès que tu creuses un tant soit peu.
                • [^] # Re: Vive la médaille Fields

                  Posté par . Évalué à 3.

                  Résoudre un problème sur lequel nombre de personnes se sont cassés les dents est très gratifiant.

                  C'est aussi une bonne heuristique pour savoir là ou il y a des choses intéressantes à trouver ... qui peuvent être n'importe quoi vu qu'on ne sait pas résoudre le problème, et donc potentiellement avoir des applications très intéressante et des répercussions qui vont bien au delà de la résolution initiale du problème en elle même.


                  Quelle intérêt à résoudre un problème que l'on sait déja résoudre ? Si il est déja résolu, il n'y a (probablement) plus grand chose à chercher, et plus grand chose à trouver ...
                  • [^] # Re: Vive la médaille Fields

                    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

                    Quelle intérêt à résoudre un problème que l'on sait déja résoudre ? Si il est déja résolu, il n'y a (probablement) plus grand chose à chercher, et plus grand chose à trouver ...
                    Complétement faux. Il y a une différence entre prouver un théorème (i.e. résoudre un problème) et comprendre de manière approdondie un problème.
                    L'exemple typique est celui de la classification des groupes finies. (au niveau application, il s'agit de comprendre des objets ayant des propriétés de symmétries très compliqués, comme des crystaux par exemple). Cette classification est l'un des sommets des résultats en algèbre du 20ème siècle. Malheureusement, la preuve totale fait 5000 pages.
                    Il y a donc de nombreuses personnes qui travaillent encore dessus avec comme objectif de réduire le nombre de page. Si tu réussis, cela signifie que tu as compris quelque chose qui avait échappé aux autres avant, et c'est donc loin d'etre débile.
                • [^] # Re: Vive la médaille Fields

                  Posté par . Évalué à 4.

                  merci Nicolas Sarkozy pour ta démarche utilitaire de la science.
                  • [^] # Re: Vive la médaille Fields

                    Posté par . Évalué à 2.

                    Je dois avouer avoir été tenté de faire ce genre de remarque. Car c'est clairement la vision de la science de l'actuel gouvernement.
              • [^] # Re: Vive la médaille Fields

                Posté par (page perso) . Évalué à 3.

                >>> Wiles a passé un temps très important pour apporter la preuve d'un truc qui ne sert strictement à rien...

                Pour l'honneur de l'esprit humain.
      • [^] # Re: Vive la médaille Fields

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Wiles a mis plus de temps que prévu pour finir sa démonstration... Ensuite, cela reste une médaille et ce n'est pas parce que tu ne l'obtiens pas, que tu es une brèle !

        Je pense que Wiles n'a plus besoin de médaille pour s'assurer un second soufle.

        Cette barre des 40 ans n'a pas empêché Lions (père) d'être un très grand mathématicien, plus doué que Lions (fils) d'après certain. Or c'est le fils qui a eu la médaille Fields.
        • [^] # Re: Vive la médaille Fields

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Lions (père) d'être un très grand mathématicien, plus doué que Lions (fils) d'après certain. Or c'est le fils qui a eu la médaille Fields.

          Oui certains diront que le fils l'a reçu (en partie) gràce à l'influence du père...
          Cependant, il faut avouer que le fils était pas mauvais non plus, le nombre d'articles sur mathscinet avant 94 (date où il reçoit la médaille fields) parus dans des bonnes revus (types comptes rendus de l'école normale) est très impressionant.

          Si le père n'a pas reçu la médaille, il a quand meme "reçu" un institut de math à son nom.
    • [^] # Re: Vive la médaille Fields

      Posté par . Évalué à 5.

      Pour qu'une récompense ait de la valeur, il faut savoir si la découverte a révolutionné son domaine ou a contribuer significativement au développement de ce dernier. Et pour savoir cela, il faut du recul que l'on a uniquement avec le temps. Ainsi, pour qu'une récompense est vraiment de la valeur, il faut du temps avant de la décerner. Le délai ne me dérange donc pas.

      Je situerai le problème plus à un autre niveau (que tu as abordé succinctement) : le fait que les principales récompenses soient décerner à des personnes et non à des groupes.

      Aujourd'hui, la connaissance est si spécialisée, certains instruments si titanesques (l'exemple le plus flagrant est le LHC), que les découvertes sont bien plus une affaire de groupes que d'individu.

      A mon avis, les principales récompenses mettent de côté bien trop de monde (je pense notamment à Jean-Claude Chermann) et qu'elles occultent un aspect de la science qui fait que les découvertes sont également une affaire de société et d'époque. Car une découverte voit le jour également parce que les scientifiques à l'origine de cette dernière sont sur un bon "terreau" si je puis dire.
      • [^] # Re: Vive la médaille Fields

        Posté par . Évalué à 2.

        Le problème dans le cas précis du LHC, est qu'il faudrait récompenser les designers du dispositif expérimental. Mais les découvertes qui sont faites, les mises en évidence de particules nouvelles sont souvent le fait d'un ou deux chercheurs, qui auront eu l'idée de lancer le faisceau à telle énergie et l'autre à telle autre énergie avec une densité de particules égale à ceci ou cela, ou qui auront effectué tout le travail de dépouillement sur telles données délaissées par les équipes d'expérimentation... Dans ce cas, il ne me paraît pas incroyable que sur un projet comme le LHC (j'y ai travaillé, pendant la phase de démantèlement du LEP et de mise au point des différents détecteurs Atlas, LHCb ou CMS), on ait dans le futur des Nobels à un lauréat.
        Le prix Nobel de Carlo Rubbia en 1984 est dû principalement au fait qu'il a dirigé l'expérience qui a mis en évidence les bosons W+, W- et Z0 et confirmé leurs masses prédites par le modèle standard de l'interaction électrofaible. Pourtant dans son discours inaugural il a associé toutes les couches de gestion du CERN et de la gestion du SPS/UA1. Pourtant, il l'a mérité par son travail personnel, par son idée de transformer (avec ses solutions technico-théoriques) un simple synchrotron "créateur" de faisceaux de protons en collisionneurs proton anti-proton.
        Il y aura tjs des individualités même dans des projets pharaoniques tels le LHC, le LMJ ou autre SLAC. Et c'est ce qui est beau en sciences, et on aura tjs besoin de récompenser les individualités qui auront su driver l'imagination de foule d'autres chercheurs.

        :)
        • [^] # Re: Vive la médaille Fields

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          > on aura tjs besoin de récompenser les individualités qui auront su driver l'imagination de
          > foule d'autres chercheurs.

          Je suis d'accord et très souvent, les chercheurs récompensés associe leurs équipes. Cela pourrait être un peu plus officiel.

          Sinon, il y a certes des individualités mais je reste profondément convaincu que beaucoup de trouvaille aurait été faites avec d'autres individualités a peu près à la même époque. Prenons un exemple connu, la relativité restreinte longtemps attirbué à Einstein que Poincarré avait déjà montré et qui aurait été montré... C'était dans l'air du temps.

          Idem pour Carlo Rubbia, il a eu la chance d'avoir son idée et d'être au bon endroit au bon moment. Mais un autre l'aurait eu avec cette machine sous la main et cette envie d'avoir ces bosons à l'époque. Celui qui trouvera le Boson de Higgs aura le Nobel demain, mais si l'un le trouve, l'autre l'aurait aussi trouvé.

          Certaines idées géniales sont arrivés un peu hors contexte et on mis un temps fou pour être intégrer : le théorème de Fermat en est un exemple, la théorie du Chaos initié par Poincarré qui a ensuite dormi plus de 60 ans. Un superbe résultat peu connu est l'analyse non standard, théorie peu connu et pourtant géniale :

          http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_non_standard

          Elle démontre en 1960 grace a Abraham Robinson que les infiniments petits 'existent', qu'ils sont mathématiquement acceptable et utilisable. La revanche de Leibniz sur Newton en somme. En 1977, Nelson rend l'analyse non standard plus proche de la vision des physiciens.

          Très peu d'enseignant savent cela et beaucoup disent encore que les infiniments petits sont un truc de physiciens qui marchent mais que pour faire des Math, faut faire du Cauchy (Il existe Epsilon....).

          Bref, je m'égare... En mécanique des fluides, il y a l'effet Papillon mais cela ne nous empêche pas de voir des modèles sur plusieurs décennies. Avec ses plus de 4 milliards de particules, l'Homme est peut être un fluide intéressant à suivre ;-)
          • [^] # Re: Vive la médaille Fields

            Posté par . Évalué à 4.

            Pour Poincaré (avec un seul 'r') et la relativité, il faut éviter de faire du chauvinisme. Poincaré a obtenu les mêmes résultats qu'Einstein en partant d'une démarche simplement mathématique et de son propre aveu, Einstein en mérite bien plus la paternité, parce qu'il avait compris le sens de la théorie au niveau physique contrairement à son homologue français, qui au mieux trouvait ça particulier. De plus, Einstein n'a jamais été récompensé pour ses travaux sur la Relativité, et personne à part lui, n'a construit la théorie de la Relativité Générale, nullement perçue par Poincaré à son époque.
            Il faut quand même rendre à César ce qui appartient à César, personne à part Einstein n'avait compris la Relativité, même si Lorentz et Poincaré avaient atteint les mêmes résultats mathématiques en partant des équations de Maxwell.

            Pour ce qui est de l'analyse non standard, c'est très intéressant, mais il n'y a au premier abord aucune différence avec Cauchy, si ce n'est en termes de représentation, et de formulation: les résultats sont les mêmes :)
            • [^] # Re: Vive la médaille Fields

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              Pour la relativité générale, il a bénéficié de l'aide de Marcel Grossmann (un mathématicien) qui l'a aidé à formuler certaines idées. Einstein ne maitrisait pas les mathématiques nécessaires pour formuler la relativité générale (Variété différentielle, calcul tensoriel et géométrie (pseudo)-Riemannienne), ce qui est normal puisque ces mathématiques étaient à peine existantes à son époque. Grossmann connaissait ces concepts émergeant et il contribua de manière non-négligeable au développement de la relativité générale.
            • [^] # Re: Vive la médaille Fields

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              >>> personne à part lui, n'a construit la théorie de la Relativité Générale

              La formulation exacte des équations de champs de la Relativité Générale vient de Hilbert :
              http://en.wikipedia.org/wiki/Relativity_priority_dispute#Did(...)

              Mais on est d'accord que c'est juste leur formulation mathématique qui est de Hilbert....99% du travail de compréhension vient de Einstein.
              • [^] # Re: Vive la médaille Fields

                Posté par (page perso) . Évalué à 3.

                La formulation exacte des équations de champs de la Relativité Générale vient de Hilbert :
                Ce n'est pas ce que dit l'article sur wikipedia et c'est probablement faux.

                - Einstein a présenté la formulation correcte des équations le 26 Novembre 1915.
                - Le 20 Novembre 1915, Hilbert a envoyé un manuscript pour publication, qui ne sera publié qu'en 1916, et qui, dans la version publiée, contient aussi les bonnes équations (ainsi qu'une note indiquant que cette formulation a été trouvé avant par Einstein).
                -le 18 Novembre 1915, Einstein envoie une lettre à Hilbert, le remerciant de lui avoir fait parvenir son manuscript (probablement le meme manuscript qu'Hilbert a envoyé pour publication 2 jours après).

                Le biographe d'Einstein, Albrecht Folsing, a pensé que, puisque l'article d'Hilbert a été envoyé 6 jours avant qu'Einstein ait présenté les équations correctes et puisqu'Einstein l'a remercié quelques jours auparant pour lui avoir fait parvenir un autre manuscript, il se peut que ce manuscript contenait la formulation des équations correctes et qu'Einstein ait pu s'en inspirer, et meme si ce n'est pas le cas (vu la difficulté pour lire un tel ouvrage en si peu de temps), qu'Hilbert ait précédé Einstein de 6 jours.

                Cependant, un article paru dans la revue Science en 97 affirme le contraire et donne de très forts arguments contre les théories de Folsing. En effet, les auteurs ont retrouvé le manuscript qu'Hilbert a envoyé le 20 Novembre. Il ne comporte pas les bonnes équations et il est très différent de l'article final, celui qui sera publié en 1916 (mais marqué de la date de l'envoie i.e. 20 Novembre 1915).

                De plus, le biographe Albrecht Folsing aurait mal interprété la lettre qu'Einstein envoie le 18 Novembre à Hilbert, Einstein ne l'aurait pas remercié pour son manuscript (en dehors du ton de politesse nécessaire à l'époque) mais lui dit que ce manuscript, c'est limite du plagiat de ses articles précédents.

                Pour conclure, Hilbert a toujours attribué la découverte de la relativité générale (et méme des équations) à Einstein, il semble peut probable qu'il aurait renoncé à sa priorité.

                En revanche, la contribution d'Hilbert, c'est d'avoir montré que les équations d'Einstein peuvent etre dérivé d'un principe de moindre action (formulation Lagrangienne), une manière mathématique très élégante (et ayant des implications importantes) de dériver les équations.
            • [^] # Re: Vive la médaille Fields

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              Je sais bien qu'Einstein a fait une formulation physique alors que Poincaré avait une formulation mathématiques. En gros, Einstein a retourné le problème et celui-ci est devenu bien plus clair. Je ne dis pas qu'Enistein est un manchot. Je dis que c'est dans l'air du temps et qu'un autre l'aurai trouvé.

              Pour ce qui est de la relativité générale, c'est un gros boulot qu'Einstein a mené en leader effectivement. On oublie deux choses : après la relativité générale, il a voulu poursuivre dans la même voie et s'est cassé les dents et personne ne l'a suivit. La relativité générale pose des équations qui ne peuvent être résolues car il y a une inconnué de trop. A été posé un principe de normalité mais celui-ci n'a pas de base vraiment solide à par qu'il marche et que sinon, on ne sais pas résoudre les équations !

              Il est très difficile de remettre en cause la relativité générale, quasiment tous les physiciens s'y opposent et pourtant elle "emmerde" tout le monde. Je connais un chercheur qui a une théorie ou il retrouve a un chouya près la relativité générale (périhélie de Mercure...) mais étant seul et vu la complexité des calculs, cela avance lentement.

              Aussi belle soit-elle, la relativité générale reste une théorie.

              Sinon, les détracteurs de l'Analyse non standard nous disent que cela ne sers à rien car tous les résultats démontré en analyse non standard peuvent l'être en analyse standard. Certes, c'est un des résultats de Robinson. Mais c'est négliger qu'avec de nouvelles méthodes et de nouveaux concepts, on ne puisse trouver plus facilement certaine démonstration, théorème, méthode, résultat... La physique se comprends bien mieux avec des infiniments petits qu'avec des epsilon de Cauchy.
    • [^] # Re: Vive la médaille Fields

      Posté par . Évalué à 3.

      N'importe qui a fait un peu de recherche doit savoir qu'elle n'a pas fait tout ça toute seule et que probablement les dernières années elles a plus donné des pistes et fait un travail "d'encadrement" que fait l'implémentation des programmes, testée directement les idées ou écris les articles ...

      Cependant, je pense que le rayonnement de la médaille dépasse largement ce cadre, et que tous ceux qui ont travaillé avec elle doivent se sentir flattés par cette médaille.

      N'importe qui a travaillé avec ce genre de personne sait qu'en général il suffit de passer assez peu de temps avec elles à travailler sur son problèmes pour savoir qu'ils comprennent ta problématique et donnent des pistes de recherche intéressantes. Genre le thésard en première année qui galère a essayer de comprendre son sujet de thèse et qui rencontre son directeur de thèse ... ça fait tout bizarre.

      Ou le vieux chercheur dans une conférence qui te résume et te donne un aperçu de tout un domaine dans des termes simples en une ou deux heures ...

      C'est toujours intéressant de rencontrer ce genre de personnage, certe tu sais qu'ils travaillent à plus "haut niveau", avec pleins de gens, mais tu sens qu'en général ce n'est pas pour rien et qu'ils ne sont pas là par hasard.

      Avoir travaillé dans autant de domaines différents c'est pas donné à tout le monde ... Bon, quand elle a commencé c'était différent.
  • # Très bon article sauf...

    Posté par (page perso) . Évalué à 9.

    J'ai beaucoup apprécié cet article sauf une faute de français. Il faut écrire le professeur Barbara Liskov..
    On ne doit pas confondre le genre de la personne et le genre de la fonction, n'en déplaise à un ministre en jupons qui n'était pas bien dans sa peau.
    D'ailleurs on dit une sentinelle et c'est presque toujours un homme et à l'opéra, une basse est toujours un homme.

    Si on admet qu'une femme et un homme puissent faire le même métier, appelons le métier de la même façon. Ce sera beaucoup plus égalitaire et bien moins ridicule que de faire de grossières fautes de français.
    • [^] # C'est plus compliqué que ça...

      Posté par . Évalué à 4.

      http://www.academie-francaise.fr/langue/index.html

      mais en gros c'est ça. Dans le cas qui nous intéresse, c'est avant tout un titre.
      • [^] # Re: C'est plus compliqué que ça...

        Posté par . Évalué à 1.

        Comme d'habitude, l'académie prétend tout savoir. Et tant pis pour Racine, qui a déjà féminisé le mot ministre il y a quelques siècles...
        cf http://www2.hec.ca/qualitecomm/chroniques/femini/racine.html

        La langue française a existé avant les académiciens. Elle continue à évoluer indépendamment d'eux, malgré qu'ils en aient.
        • [^] # Re: C'est plus compliqué que ça...

          Posté par . Évalué à 5.

          On ne peut être que d'accord sur l'aspect évolutif d'une langue, et sur les effets néfastes d'une politique normative sur un idiome. Cependant, tu sembles avoir du mal avec certaines "institutions" au point de leur faire dire ce que tu veux (ou pas) entendre. Ce ne sont que des "conseils", contrairement à une certaine "ministre" qui a _imposé_ certains usages que nous qualifierons de trop en avance sur leur époque. Personnellement, je dis indifféremment les deux, mais je n'écris pas "professeure" parce que ça fait mal aux yeux. D'ailleurs une féminisation honnête de ce terme aurait abouti à l'affreux euphoniquement "professeuse", comme on a ravisseur/ravisseuse. Mais évidemment, ce mot, professeure, a été inventé pour faire plaisir à certains. Et ce ne sont certainement pas en majorité des femmes qui l'auraient demandé. :)

          Tes propos sont tout aussi normatifs que des discours de vieux qui _parlent_ cette langue depuis infiniment plus de temps que toi, qui en ont connu bien plus d'évolutions, mais qui visiblement selon toi, ne parlent plus cette langue depuis que Boileau et Racine sont morts. Faut voir à modérer ces propos et à pas taper tout ce qui se déplace en déambulateur sous prétexte d'une inadéquation au monde d'aujourd'hui.

          Cimer et bisous.
    • [^] # Re: Très bon article sauf...

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Oui, je sais ce qu'en disent nos amis les francophones de 1802, entre une tentative de remplacer un mot estranger par un néologisme fumeux et une entrée dans leur dictionnaire dont la sortie est prévue quelque part entre celle de Hurd 7.0 et celle de Duke Nukem Forever. Mais ce genre de "fautes" a un mérite important : celui de faire parler. Je te remercie donc de ta contribution :-D

      En français moderne, on a généralement tendance à accorder selon le sens et non selon la grammaire. En général, les gens disent que la basse de l'opéra est grand et fort plutôt que grande et forte. Les francophones de 2009 ont la syllepse facile, et l'extension à des expressions comme la ministre ou la professeure en est une suite logique.

      Ce genre de choses n'est d'ailleurs pas réservé au français. Pour l'anecdote, j'habite actuellement en Israël, où l'expression traditionnelle בעלי ("mon mari", qui signifie à la base "mon propriétaire") est de plus en plus souvent remplacée chez les jeunes par אישתי ("mon homme"). On peut trouver que c'est, au choix, une horreur qui foule au pied les traditions multimillénaires ou une adaptation de la langue aux comportements modernes.
      • [^] # Re: Très bon article sauf...

        Posté par (page perso) . Évalué à 6.

        En français moderne, on a généralement tendance à accorder selon le sens et non selon la grammaire. En général, les gens disent que la basse de l'opéra est grand et fort plutôt que grande et forte. Les francophones de 2009 ont la syllepse facile, et l'extension à des expressions comme la ministre ou la professeure en est une suite logique.

        Moui, mais professeur est un nom et non un adjectif. Il n'y a pas lieu de l'accorder. Les amis masculistes, demandons à être traîtés comme des persons (masculin pluriel de personne ! Ah non... ) comme les autres.
    • [^] # Re: Très bon article sauf...

      Posté par . Évalué à 2.

      Tout à fait d'accord. Il s'agit là d'une erreur que l'on voit couramment.

      Certaines fonctions et titres (éventuellement honorifiques ou protocolaires) sont incarnés par une personne qui peut-être de sexe masculin ou féminin. On ne traite généralement que ces deux cas...

      Or, il est particulièrement commun de voir les titres ou fonctions au masculin. C'est tout simplement parce-qu'il s'agit d'une réminiscence du neutre relatif à la fonction ou au titre, neutre qui se traduit majoritairement par le masculin en français.
      Ainsi on parle de docteur, professeur, chambellan, écrivain, ministre, maire, etc.

      Pour faire la distinction, on dira par exemple Madame le Maire. Puis, citant sont nom, Madame Unetelle, on s'y référera en parlant d'elle (pour désigner la personne humaine) ou de lui (pour désigner la fonction représentée).

      Mais il existe tout aussi bien des fonctions, tout en étant au féminin, sont incarnés potentiellement par un homme: une vigie, une estafette, une sentinelle, pour le domaine militaire.
      Notons qu'on en est arrivé parfois à quelques situations cocasse, typiquement comme dans l'armée, où un subordonné pouvait se voir dire Monsieur à son supérieur qui pourtant est une femme.

      Quant à avoir des hommes obtenir le titre de sage-femme, oui cela est possible, on parlera parfois de " maïeuticien " [ http://fr.wiktionary.org/wiki/maïeuticien ] selon le terme originel.
      Eh oui, car là c'est au tour de l'homme de vouloir masculiniser le titre. :-)

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