Journal Comment j’ai abandonné Debian...

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62
14
fév.
2017

Cher Nal,

J’ai commencé Debian à l’époque de la Potato, année 2000. À l’époque dans mes 9 m² de Fleming (Orsay), je luttais sur mon DX4-100. Un mec sur l’IRC est arrivé dans mon cagibi, a mis une disquette et l’installation se fit. (j’appris plus tard ce qu’est le PXE)

Et voilà, j’étais converti !

J’ai essayé bon nombre d’autres distributions connues Mandriva, Red Hat, CentOS, Ubuntu, SUSE, Arch Linux et des moins connues : Sourcemage. À chaque fois, je suis revenu sur Debian. Nous avons la chance sous GNU/Linux de ne pas avoir un modèle imposé. Une distribution, un gestionnaire de fenêtres, le courant doit passer rapidement. Si l’on se sent à l’aise, alors « use it! », comme dit l’arbitre au rugby.

Cet amour dura 16 ans.
Début 2016, en discutant avec un confrère, j’ai découvert NixOS. Ma curiosité me pousse à regarder, à essayer. Le principe est vraiment bizarre pour moi :

  • une configuration du système dans un fichier ou deux…
  • un /etc en lecture seule, mais je déclare comment mes hôtes ?

C’est quoi ce délire ?! Ah, non, c’est pas un délire, c’est vraiment un GNU/Linux avec une configuration dans un fichier ! Tout y est : montage de systèmes de fichiers, hôtes, utilisateurs, paquets logiciels, configuration sshd, services…

Et puis, en l’utilisant, je m’y sens bien :

  • la possibilité de sauvegarder la configuration système sur un fichier, direct dans mon GitLab chez Framasoft ;
  • faire des retours sur un instantanné quand on a tout foiré ;
  • plus besoin de se dire : « Où est ce satané fichier de conf ? », « Merde, qu’est‐ce que j’ai modifié ? » Si au début, c’est déroutant, la centralisation de la configuration devient vite un atout ;
  • un soft à installer sur un utilisateur ? « nix-env -i » et c’est parti. Plus besoin de passer par le super utilisateur root ou sudo.

Je n’ai pas encore regardé de près la création des paquets, mais quand la définition de paquets est bien lisible avec le format Nix…

NixOS, faut aimer, c’est spécial. Testé, accepté ou rejeté, mais faites vous plaisir !

  • # Ça ressemble à Arch ?

    Posté par . Évalué à 2 (+3/-3).

    Décrit de la sorte, ça rappelle Arch il y a quelques années. Ça donne envie d'essayer :)

    • [^] # Re: Ça ressemble à Arch ?

      Posté par . Évalué à 6 (+6/-1).

      AFAIK, ça va beaucoup plus loin que Arch avec le rc.conf (je suppose que c'est ce à quoi tu faisais référence). Le principe du rc.conf central se retrouve par exemple chez FreeBSD, mais de ce que l'on m'a dit de NixOS, c'est presque tout le système, y compris les logiciels & daemons, qui sont contrôlés depuis un fichier centralisé. Je n'ai malheureusement pas encore trouvé le temps de tester ça sérieusement, mais si ça marche vraiment, je me demande si couplé à ansible + lxc, ça ne permettrait pas de remplacer docker pour l'aspect déploiement automatisé et reproductible.

  • # La même, mais en different

    Posté par (page perso) . Évalué à 10 (+15/-0).

    2000, dans mes 30 m carrée de campagne (le salon de mes parents, j'avais 14 ans ;) j'ai installé une debian sur l'ordinateur familiale. Je n'ai jamais réussi à finir l'installation, alors j'ai installé une gentoo : que de souvenirs, la compilation de openoffice et xorg pendant 24 heures. J'ai gardé cette gentoo sur cet ordinateur puis les suivants jusqu'en 2009 où je suis passé à arch, presque aussi souple, mais largement moins contraignant.

    Mi 2016 je découvre nix, la solution à tous mes problèmes. Nix c'est un gestionnaire de package qui peut s'installer sur n'importe quelle distribution, je l'ai fais sur arch au départ. Il permet d'installer en parallèle différentes version de packages dans des environnements indépendants. C'est très pratique pour développer quand ton produit dépend de llvm 3.5, que ton temps libre avec haskell dépend de LLVM 3.7 et que ta distribution est packagée autour de de llvm 3.9. Sous arch, c'est soit tu build ton produit, mais t'as pas les outils llvm récent, soit tu as des outils récent, mais tu ne build pas le produit et quoi qu'il arrive tu ne fais pas de haskell ;) Et puis mes collègues sont sous ubuntu, suse, ubuntu (une autre), nos makefile de build devenant dramatiquement complexes … Avec nix, il suffit d'une petite description de dépendance et tu build de façon identique entre plusieurs machines.

    Un petit exemple :

    λ skolem ~ → nix-shell -p gcc49                                                                        ~
    
    [nix-shell:~]$ cc --version
    gcc (GCC) 4.9.4
    
    λ skolem ~ → nix-shell -p gcc5                                                                         ~
    
    [nix-shell:~]$ cc --version
    gcc (GCC) 5.4.0
    
    λ skolem ~ → nix-shell -p gcc6                                                                         ~
    
    [nix-shell:~]$ cc --version
    gcc (GCC) 6.3.0
    

    Pour la création de paquet, c'est assez trivial (une fois que t'as compris les blagues), c'est globalement un fichier .nix qui contient la nom, et les commandes pour build. J'ai convertis mes packets AUR d'archlinux vers nix en quelques minutes (Et j'en avais une bonne cinquantaine).

    Tout ça c'est juste nix, le gestionnaire de paquet (qui s'install aussi sur n'importe quelle distribution, macOS et plus ou moins windows), mais qu'en est il de nixos ?

    J'ai essayé et c'est la distrib de toutes mes machines depuis 2 mois.

    La documentation est mauvaise, voir inexistante et on rencontre certains problèmes étonnant, je n'arrive toujours pas à faire tourner gdm ou je perd le réseau à chaque mise à jour système, mais au final j'apprécie la configuration centralisée.

    On prend vite l'habitude de travailler différemment. Je n'ai presque plus de paquets installée au niveau système, j'ai pleins de profile différents en fonction de ce que je veux faire à un instant t, jouer (un profile avec wine / steam / … ), bosser (un profile avec mes outils de dev et les dépendances spécifique à mon travail), m'amuser (un profile avec haskell). Ma femme a sa session et l'administre comme elle veux en installant ses propres paquets.

    En résumé je suis super satisfait de nix (le gestionnaire de paquet). Pour Nixos, je lui laisse une chance plus importante, mais j'avoue que pour mes besoin ce n'est pas forcement une tuerie, je ne suis pas administrateur système, je réinstalle peu de machine. Mais c'est vrai que c'est tout de même confortable, si je change de machine, j'ai juste besoin de copier mon /etc/nixos/configuration.nix et de cloner les fichiers de config de mon home, et j'ai la même config. En fibre optique, c'est l'affaire de quelques minutes pour recommencer à travailler, vécu il y a une semaine à la mort prévisible de mon ordinateur portable, le nouveau est arrivé, 10 minutes plus tard je lancais des tests pour le boulot.

    • [^] # Re: La même, mais en different

      Posté par . Évalué à 3 (+1/-0).

      J’ai eu un parcours un peu différent, avant 2000, je ne me souviens plus trop ce que j’essayais comme distribution, j’installais juste Linux…

      En 2003 j’ai une gentoo sur mon PC et une RedHat sur mon routeur (c’est la seule distribution qui me permet d’installer ma carte RNIS sans prise de tête).
      Mi 2016, j’ai abandonné gentoo pour debian. La raison, c’est que sans avoir jamais réinstallé depuis 2003, je me trainais encore des fichiers de config historique qui avait bougé, que je n’avais pas déplacé au bon moment, j’ai vécu le passage en multi version de python, le passage 64-32 avec les lib 32 vers le multi-arch… mais comme ça a été fait progressivement en fonction des paquets, je me suis pris la tête et j’ai laissé des tares dans mon système.

      Debian n’étant plus aussi obsolète qu’avant, c’est, je trouve, un bon compromis. J’avais regardé Nix-OS, mais ce qui m’a arrêté c’est la peur d’avoir un truc complexe lors de certaines mise à jour.

      Si on pouvait avoir des paquets avec des dépendances différentes : kdevelop avec git mais pas svn ni cvs… firefox avec WebM mais pas H264. C’est certainement possible, mais je n’ai pas trouvé en utilisant nix-env chez moi.

      Y-a-t-il des HOWTO sur nix-env ? Je n’avais pas trouvé la doc claire pour faire certains choix.

    • [^] # Re: La même, mais en different

      Posté par (page perso) . Évalué à 2 (+1/-0).

      Il permet d'installer en parallèle différentes version de packages dans des environnements indépendants. C'est très pratique pour développer…

      là tu as presque réussi à me convaincre, je jongle avec différentes VM, mais je trouve ça un peu lourd parfois. J'ajoute NixOS à ma liste de trucs à tester !

    • [^] # Re: La même, mais en different

      Posté par . Évalué à 10 (+10/-1). Dernière modification le 14/02/17 à 12:05.

      La documentation est mauvaise, voir inexistante et on rencontre certains problèmes étonnant, je n'arrive toujours pas à faire tourner gdm ou je perd le réseau à chaque mise à jour système, mais au final…

      Point de "mais", c'est critique, voire décisif! Pas de documentation de qualité, voire pas du tout, qui plus est sur un système au paradigme complètement différent. C'est un "no go!" pour moi.

      Je suis de la même génération que vous mais je ne peux plus me permettre - et je n'en ai plus l'envie d'ailleurs - de beta tester des distro/OS. Je préfère arriver après la guerre dans ce cas-ci.

      Quant à Debian, c'est dommage de la quitter quand celle-ci est quasi irréprochable* et aussi stable depuis au moins la version 6. Il y a bien des points que je voudrais voir améliorer mais pas au point de changer de distro.

      Merci de votre retour.

      * bon, il y a bien eu ce satané bug de Dracut et la root sur LVM, l'image initrd créée se faisait sans la règle udev pour LVM et DeviceMapper mais à part, je n'ai eu aucuns soucis.

    • [^] # Re: La même, mais en different

      Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+2/-0).

      Dis comme ça, j'ai vraiment l'impression que nix a des années d'avances devant flatpak du coup.

      svn is the IE6 of version control

  • # Nix(OS) : bien plus encore !

    Posté par . Évalué à 9 (+9/-0).

    Tu oublies la possibilité de rollback ta configuration ou tes mises à jour quand ça ne te plaît pas, l'atomicité des changement de configuration et de mises à jour, le package manager (Nix, disponible en standalone) qui permet l'installation de paquets par utilisateur … Bref, que du bon ! Je l'utilise depuis plusieurs mois et c'est que du bonheur.

  • # et GNU Guix ?

    Posté par . Évalué à 7 (+5/-0).

    Avez-vous essayé GNU Guix, le gestionnaire de paquets/la distro ? Se veut la continuité de NixOS (c'est la continuité pour le mainteneur en tout cas) et utilise uniquement Guile Scheme (ce qui est consistant et offre un vrai langage). Selon une discussion on pourrait avoir les deux mondes en installant Guix et en important les paquets de NixOS. Apparemment NixOS propose des paquets non-free et pas Guix.

  • # NixOS is now using systemd by default !

    Posté par . Évalué à 3 (+6/-3).

    Donc à priori, elle n'a que des qualités cette distribution. Je vais garder un œil dessus…

  • # Nix, trop révolutionnaire pour moi

    Posté par . Évalué à 5 (+4/-0).

    J'étais hyper intéressé par Nix, mais j'ai assez vite déchanté à cause du coté "c'est une révolution, alors changeons tout".

    Je n'ai pas essayé NixOS, j'ai utilisé Nix pour pouvoir faire tourner un logiciel sur mon Arch et sur une vielle redhat. D'un point de vue technique c'est tout simplement super. J'ai pu compiler et tester sur ma machine, transférer le logiciel et ses dépendances sur la redhat et tout exécuter !
    Ce qui m'a beaucoup gêné, c'est qu'un paquet ne s'appelle pas un paquet, on n'"install" pas un logiciel, etc. Le comble c'est le tableau de traduction "erreur Nix" vers "erreur compréhensible par un humain". Les développeurs ne voulant pas simplifier les messages d'erreurs car l'outil ferait moins révolutionnaire…

    C'était il y a 6 mois, peut-être que les mentalités ont changées ?

    La technologie est super, mais je ne crois peu dans le projet. Peut-être que le salut viendra de Guix, ou d'une distribution majeure qui embrasserait ce principe ?

  • # Histoire...

    Posté par . Évalué à 2 (+5/-5).

    J'ai commencé Debian à l'époque de la Potato, année 2000. A l'époque dans mes 9m² de Fleming(Orsay), je luttais sur mon DX4-100.

    Un DX4-100 de 1994 en 2000 ? À l'époque des Pentium II voire III ?

    J'ai du mal à y croire…

    "Quand certains râlent contre systemd, d'autres s'attaquent aux vrais problèmes." (merci Sinma !)

    • [^] # Re: Histoire...

      Posté par . Évalué à 1 (+0/-0).

      mon Dx4-100 était ma seconde machine. A l'époque, j'étais une âme perdue, ma machine principale disposait d'un windows pour jouer à CS :)

    • [^] # Re: Histoire...

      Posté par . Évalué à 2 (+3/-1).

      De mémoire j'avais encore mon DX2/66 4Mo en 1999. Ca coutait un bras à l'époque les PCs, ça ne se changeait pas si souvent :)
      Il tenait la marée sous Redhat 4 d'ailleurs. Par contre pour la compilation du noyau je pleurait à côté du Pentium 100 de mon cousin :)

    • [^] # Re: Histoire...

      Posté par (page perso) . Évalué à 10 (+9/-1).

      En 2000 l’ordinateur sur lequel je programmais en C K&R avait encore un 8086 d’AMD. Pour coder j’utilisais un éditeur modal nommé « ted », on tapait les commande en bas de l’écran, je ne me souviens plus de la syntaxe mais pour écrire un fichier il suffisait d’une lettre et du nom du fichier. Mon premier microsoft Word, sous DOS, que j’utilisais encore en 2000, était lui aussi un éditeur modal. L’éditeur de texte de Works pour DOS n’était déjà plus un éditeur modal donc je ne l’utilisais pas). Cet ordinateur, un Amstrad PC 2086-S, était installé avec DOS 3.3 je crois, et Windows 2.07 (sûr).

      Vers 2002 je suis passé à Windows 3.1 sur un 386. Je codais toujours avec le même compilateur K&R mais avec le edit.com que j’avais copié collé sur disquette depuis une installe de WinXP. Un jour à l’école quelqu’un m’a demandé avec quoi je programmais en C, il a cité des noms que je ne connaissais pas, probablement Visual Studio, mais je ne me souviens plus, c’était un nom inconnu pour moi, j’ai répondu « oh non j’utilise cc » (oui, j’ai vraiment dit ça). En 2003 je me suis acheté une calculatrice Voyage 200 de Texas Instrument, pour me servir d’ordinateur portable. J’avais accès à un ordinateur WinXP et j’avais une appli compatible outlook sur ma calculatrice pour mon agenda et des trucs comme ça. J’ai créé ma première adresse mail chez Yahoo sur une borne en accès libre station Denfert-Rochereau à Paris, en 2003. C’était avant qu’ils ne passent ces bornes de Windows à un probable Linux (trahi par la présence d’X11).

      C’est là en 2003 que j’ai commencé à toucher le C ANSI, à cause de TIGCC (sur l’ordinateur WinXP auquel j’avais accès). J’avais touché un peu l’assembleur z80 vers ces années-là juste avant que je remplace ma TI83+ par ma Voyage 200 (qui m’a fait faire aussi un peu de 68k, mais très peu), mais ces choses-là ne se faisaient pas encore sur mon ordinateur personnel, qui était toujours cette vieille pizza box avec ce 386 de 20MHz. Mon TPE pour le bac portait sur l’intelligence artificielle, en plus de ma présentation j’avais programmé en C pour ma Voyage 200 un morpion en niveau de gris avec un solveur qui n’avait pas de stratégie prédéfinie mais reproduisait mes coups quand ils étaient bon (forme basique d’apprentissage).

      Vers 2004 j’ai eu un ordi avec un pentium 4 dedans et WinXP, j’y ai mis mon compilateur K&R, ainsi que TIGCC. En 2005 j’y ai installé Linux et j’ai tout de suite adopté vim qui me semblait si familier à cause de ted. Je voulais y installer une Gentoo mais un ami m’avait passé un set de CD de Mandriva avec un manuel « parce que c’est mieux pour les débutants ». Ça n’a pas duré une semaine. Le jour de mon anniversaire, j’avais 18 ans, je ne savais pas comment éjecter facilement le CD c’était gênant, alors le lendemain j’ai installé Gentoo depuis le stage 1. Quelque mois après j’avais besoin d’un meilleur ordinateur portable, donc j’ai acheté mon premier Thinkpad, c’était un ultraportable, peut-être un 240 je ne sais plus, il y avait un pentium 2 dedans, on était en 2005. J’en étais très fier et il répondait exactement à mon besoin.

      J’y ai tout d’abord installé FreeBSD. La Debian de l’époque ne s’installait même pas, alors que même des trucs exotiques comme Solaris s’installaient sur ce portable. J’ai gribouillé le CD Debian d’un grandiloquent « staaaaaaaaable » très ironique à cause de cela. J’ai finalement switché ce portable sur Slackware, à l’époque avec Dropline GNOME. En fouinant un carton chez Surcouf, j’ai chopé une carte mère compatible AMD64 à 20€ et je me suis débrouillé pour l’équiper. J’avais un triple écran trouvé dans la rue. C’était la grande époque de Slamd64. et je compilais E17 depuis les sources avec un script perso (que j’ai dû modifier lorsque le dépôt est passé ce CVS à SVN). Je suis passé alors à E17 (enfin, 16.9999999…), sous Slackware et Slamd64, avec un script perso que j’ai dû modifier lorsque le dépôt est passé de CVS à SVN. C’est à ce moment que j’ai acquis mon Commodore 64.

      En 2007 j’ai renouvelé mon ordinateur portable avec un autre Thinkpad, un X22, équipé d’un pentium 3 et de 640 Mo de ram (wouhou). Tout comme mon précédent Thinkpad, je pouvais aller en cours en métro en n’ayant sous le bras qu’une chemise en carton qui contenait le dit ultra portable. J’ai beaucoup ri plus tard quand Apple a sorti son mac book air avec sa pub dans une enveloppe. Mon entourage me connaissait déjà comme celui qui prenait le métro avec son ordi dans une simple chemise cartonnée, avec deux feuilles de papier. La carte graphique, équipée de 8Mo, ne pouvait pas faire tourner les jeux OpenGL en 24 bit, il fallait être en 16 bit uniquement pour l’accélération, ou alors ne pas jouer. Je faisais du Java sur Eclipse et du Oracle sur cet ordinateur portable à l’école, ça marchait super bien.

      Jusqu’en 2008, mon « site perso » était autohébergé sur un serveur équipé d’un rutilant Cyrix 6x86 (et de la ram en EDO). OpenBSD s’y portait à merveille.

      En 2008, j’ai eu des changements dans ma vie et je ne pouvais garder que ce portable. J’ai donc abandonné ma Slamd64 et le PC fixe 64 bit qui allait avec. J’ai cherché une distribution qui ne me demande pas de mettre les mains dans le cambouis parce que je pourrais pas, un autre ami m’a conseillé Arch en me disant que c’était comme Gentoo mais avec des paquets binaires. En fait la logithèque était tellement pauvre (même avec AUR) que j’ai abandonné très très vite. En quelques jours. J’ai finalement installé une Ubuntu parce que c’était ce que j’installais à tout le monde depuis plusieurs années déjà. Et puis comme ça je me disais que ce serait plus facile pour donner conseil aux autres vu que j’aurai pas le temps de fouiner, « eating your own dog food » qu’ils disent.

      J’ai gardé ce Thinkpad avec pentium 3 comme ordinateur principal jusqu’en 2010. Il marchait très très bien, mais je voulais faire du 64 bit à nouveau, du multi cœur, et tâter la virtualisation. J’ai donc remplacé cet ordinateur portable avec un autre Thinkpad, un X61 Tablet, avec écran tactile, stylet Wacom et tout, et un Core 2 duo dedans. J’ai prêté celui avec le Pentium 3 à un proche qui s’en est servi sous Linux (avec beaucoup de bonheur) jusqu’en 2014 par là. Comme tous les Thinkpad que j’ai eu dans les mains, il était d’occasion, ce qui signifie que je me servais encore d’un Pentium 3 sur ma machine principale quand un Thinkpad avec Core 2 duo inside se trouvait déjà d’occasion à pas cher.

      Ah oui, anecdote, j’avais acquis un OLPC XO-1 via le programme Give One Get One quelques années plus tôt, vers 2008 par là, avec dedans un AMD Geode GX anémique à 433MHz (un dérivé de Cyrix, on ne change pas une équipe qui gagne) et 256Mo de ram à 133MHz et 1Go de mémoire Flash. Il m’a servi d’ordinateur principal pendant au moins six mois je ne sais plus pour quelle raison, délaissant le Thinkpad X22. Je suivais des cours avec, j’allais en vacance avec…

      Ceci est la copie d’écran de mon bureau en 2007, sous Windows 3.1, dont je me servais encore pour certaines tâches, mais c’était la toute fin pour moi, j’avais déjà mieux à côté :

      Win 3.1

      Je m’étais amusé à dessiner des icônes donc y a plein de programmes sur la copie d’écran qui ne servent à rien, mais dont j’étais fier d’avoir dessiné une icône pour. Ah oui, vous avez là la trace d’un antivirus de Microsoft, nommé MS-AV pour Microsoft AntiVirus, c’est un antivirus qui date des années 80. Vous noterez le logiciel de base de donnée « Paradox » de Borland ainsi que le logiciel de lecture de radio FM via une carte ISA. Vous noterez aussi dans la barre de titre de fenêtre l’icône de notification de l’organiseur « Sidekick ». Notez le PC-Tools de la fin des années 80. Le fond d’écran avait été dessiné par moi et mon frère sous Paint depuis un autre ordinateur qui faisait tourner Win 98 (pas SE) sur un Pentium 2. Je n’ai pas fait beaucoup de QuickBasic, j’étais seulement fier de mon icône, il ne pouvait souffrir la comparaison face à mon compilateur K&R des années 80.

      Par ailleurs, je connais quelqu’un qui gère toujours son carnet d’adresse sur une base Informix des années 80. Lors du passage à Vista il m’a fallu importer des bouts de FreeDOS dans Windows pour garder son programme utilisable. Jusqu’au mois dernier je faisais tourner, sous Wine, un service de base de donnée qui n’était déjà que porté à moitié pour Windows 2000 (et dont l’installeur ne tourne pas complètement sous Wine à cause de bout de 16 bit dedans), service de base de donnée qui était critique pour la production et la diffusion quotidienne d’une radio FM… Enfin, ce serveur tourne toujours pour consultation et les utilisateurs ont chacun sur leur poste une machine virtuelle avec un client pour consultation de l’ancien système si nécessaire, c’est juste que depuis un mois il ne sert plus à la production ni à la diffusion.

      Un DX4-100 en 2000 ? J’utilisais encore un 8086 à cette époque, ses 8Mz me suffisait, et je ne sais pas quelle était la capacité de sa « File Card » en ISA, mais c’était plus qu’il ne m’en fallait ! Il y avait dessus un lecteur de disquette simple densité compatible avec le reste du monde, c’était très bien. Je suis passé au 386 (et aux disquettes double densité) en 2002… C’était ma machine principale, la plus performante, et largement suffisante pour mes besoins ! C’est à dire geeker, coder… J’avais encore un Pentium 3 dans ma machine principale en 2010, l’ordi d’appoint était celui avec le Geode précité. Un DX4-100 en 2000 ? Je trouve ça hyper crédible.

      Je n’ai pas touché au 486 ni à Windows 95 parce que j’utilisais encore un 386 avec Windows 3.1 quand le 486 et Windows 95 étaient déjà obsolètes. J’avais un 8086 en 2000, il faut dire.

      ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

      • [^] # Re: Histoire...

        Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+1/-0).

        -c’était un ultraportable, peut-être un 240
        +c’était un ultraportable, peut-être un 570

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      • [^] # Re: Histoire...

        Posté par . Évalué à 7 (+5/-0). Dernière modification le 16/02/17 à 10:05.

        Un DX4-100 en 2000 ? Je trouve ça hyper crédible.

        C'est plutôt l'exception qui est très loin d'infirmer la "règle" que tout le monde ou presque en 2000 était passé à la gamme Pentium ou équivalent.

        Même en 2007, plus personne n'avait Windows 3.1, ni Windows 95. Bon par contre pas mal de gens avaient encore Windows 98 quelques années auparavant (raison pour laquelle Microsoft avait étendu le support de Windows 98 jusqu'en 2006).

        Histoire informatique très intéressant et unique, ceci dit ! Je sais pas comment tu as fait pour utiliser un Pentium 3 à la fin des années 2000 lorsque le Web était déjà bourré de Javascript inutile le rendant quasi inutilisable sur ce genre de configuration. Dur. :/

        Perso en comparaison j'ai l'impression d'avoir toujours été "sur la vague" :
        - Dragon 32 dans les années 80
        - Amiga 600 / AtariST 512STF au début des années 90
        - PC à base de CPU Cyrix (équivalent Pentium) et carte S3 Trio + 3DFX Voodoo 1 en 96
        - PCs à base de Pentium 3 et de cartes Voodoo 3 / GeForce 256 peu après (pour grands mes frères en premier, comme d'habitude :D )
        - laptop ASUS avec un Core2Duo et un GPU intégré GeForce aux environs de 2007
        - d'autres configs modernes et inintéressantes depuis (comme un PC de jeu avec un Core i7 6700K + GeForce GTX 1070 et 16 Go de RAM depuis quelques mois)

        Je garde toujours la config suivante à côté (que je trouve plus intéressante, mais que j'utilise forcément moins vu son obsolescence aujourd'hui) :
        - Intel Pentium 3 @ 800 Mhz sur CM ASUS P2B-F, GeForce 4 Ti4200 sur port AGP2X, Disque Dur Hitachi 160 Go, 512 Mo de RAM, 3DFX Voodoo 2, Sound Blaster AWE64, Windows 98 SE / XP

        C'est fou comme nombre de jeux ne veulent fonctionner que là dessus. Et puis une Sound Blaster, c'est quand même plus chic qu'un vulgaire chip audio intégré à la carte mère dont on ne sait même pas le nom et qui n'a même pas de banque de sons ni capacités de synthétisation MIDI FM (ah, l'OPL3…!)

        "Quand certains râlent contre systemd, d'autres s'attaquent aux vrais problèmes." (merci Sinma !)

        • [^] # Re: Histoire...

          Posté par . Évalué à 3 (+2/-0).

          J'ai eu un 486DX2/66 de 1995 à 2015 (la carte contrôleur de disque dur qui a lâché — ce n'était pas forcément intégré à la carte mère à l'époque).
          Acheté avec Windows 3.1, en double boot avec Linux à partir de 1998. Ça a été mon seul PC jusqu'en 2004, et c'est devenu un PC secondaire ensuite. J'ai donc utilisé windows 3.1 jusqu'en 2015 (certes que 2-3 fois seulement par an les 5 dernières années). J'ai remplacé ce PC avec une vieille carte mini-itx EPIA_je_ne_sais_plus_quoi sur laquelle j'ai installé FreeDOS en double boot avec Linux, je n'ai pas jugé utile de réinstaller windows.

        • [^] # Re: Histoire...

          Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+1/-0).

          Je sais pas comment tu as fait pour utiliser un Pentium 3 à la fin des années 2000 lorsque le Web était déjà bourré de Javascript inutile le rendant quasi inutilisable sur ce genre de configuration.

          La clé c’est la mémoire, et avec 640Mo je n’étais pas trop mal équipé, c’était même beaucoup pour un Pentium 3. Et puis c’était un moment de ma vie très déconnecté¹. J’ai fait très peu de web entre juin 2008 et je ne sais plus quand en 2010, ça compte beaucoup. Pour le web, 640M suffisait encore mi-2008. Par contre je confirme que vers 2014 par là, 2Go devenait déjà limite-limite. Hier mon Firefox faisait 8Go… /o\

          ¹J’ai été sans téléphone portable entre fin 2008 et fin 2009, puis j’ai récupéré un Rx 80 Pico. J’ai été sans accès à internet (autrement que "chez des gens" ou "au boulot") entre fin 2008 et facile mi 2010. Ça ne m’a pas empêché de consulter DLFP pendant tout ce temps bien sûr. :-)

          ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

  • # ... où la routine dans le couple

    Posté par . Évalué à 10 (+13/-1).

    @Katyucha :

    Quand on aime, on compte pas… mais 16 ans de vie commune, ça use, c'est vrai. On a beau avoir été en harmonie l'un et l'autre, si une belle plantureuse passe par là — NixOs ou une autre — on est tenté par la différence et la fraîcheur de la nouveauté et ça fait vite tourner la tête.

    C'est humain Katyucha, mais c'est trop bête. Allez, fait pas l'con ! C'est qu'une aguicheuse ! Reviens !

  • # Salutations

    Posté par . Évalué à 2 (+2/-0).

    Salut Katyucha,

    Ce message n'a pas grand intérêt, mais je ne résiste pas à la tentation de te saluer car moi aussi j'ai découvert Debian dans les années 99-2000 à Flem (Bat. J)… IRC, flem, tout ça, que de souvenirs !
    Bien à toi,

    Sylvain (Red)

  • # NixOS je ne connais pas Nix, bof.

    Posté par . Évalué à 2 (+0/-0).

    La documentation de Nix est plutôt mal organisée donc dès qu'on sort de l'utilisation de base ça devient vite très compliqué donc bof: j'ai fini par me recompiler a la main le gcc dont j'avais besoin.

    Le principe de Nix parait sympa mais l'implémentation bof: 1) la doc 2) le DSL.

    GUIX parait intéressant pour résoudre (2), après est-ce que la doc est meilleure?

  • # Configuration sur un seul fichier ou deux.

    Posté par (page perso) . Évalué à 2 (+1/-0).

    Si je peux me permettre (en usage pûrement serveur j'entends), j'ai lâché l'affaire avec les distro GNU/Linux à la maison, y en avait partout on ne comprenait plus rien .. entre les systemd et les /etc/rc.d/ … bref trop bordélique pour ma petite tête.

    Va faire un tour du côté de FreeBSD, la distro la plus carré qu'il m'ait été donné de toucher depuis fort fort lointain un seul fichier à configurer /etc/rc.conf et /etc/pf.conf (pour le magique et magnifique Packet Filter). Et terminer.

    pkg update/install pour les logiciel, et freebsd update/upgrade pour le system de base (Oui c'est deux choses distin

    Après en desktop oui j'entends ça peut être un peu brutal tout de même …

    • [^] # Re: Configuration sur un seul fichier ou deux.

      Posté par (page perso) . Évalué à 5 (+3/-0).

      un seul fichier à configurer /etc/rc.conf et /etc/pf.conf (pour le magique et magnifique Packet Filter). Et terminer.

      terminer, terminer… apparemment faut aussi apprendre une nouvelle arithmétique, c'est pas rien

      • [^] # Re: Configuration sur un seul fichier ou deux.

        Posté par . Évalué à 2 (+1/-0).

        C'est peut-être parce que ce n'est pas de l'arithmétique mais de l'algèbre de Boole :
        1 et 1 = 1 ;)

      • [^] # Re: Configuration sur un seul fichier ou deux.

        Posté par . Évalué à 2 (+0/-1).

        Ou alors il voulait dire qu'il n'y avait qu'un seul rc.conf dans /etc, par opposition à des distros où il y en aurait un dans /etc, un dans /var, pourquoi pas un autre dans /home, dans des distros dont j'ignore l'existence et qui gagneraient à ne pas être plus connues que ça?

      • [^] # Re: Configuration sur un seul fichier ou deux.

        Posté par (page perso) . Évalué à 1 (+0/-0).

        Je réponds avec du retard mais peut importe.

        On sent clairement que vous n'avez jamais touché à une BSD pour troller aussi vainement.

        Toute la configuration se fait dans /etc/rc.conf (service au démarrage, option du noyau, configuration réseau, définition des jails au boot, etc etc .), ce n'est pas comme sous GNU/Linux ou pour arrêter/démarrer un service au boot par exemple faut utiliser update-rc ou checkconfig j'en sais trop rien enfin en fonction de si tu utilises systemd ou l'ancien system init, puis proportionnellement à la force du vent et ta version d'OS, bref un foutoir sans nom.

        Pour FreeBSD /etc/rc.conf et fin de chantier, y a juste /etc/pf.conf pour la partie firewalling en plus (qui enterre complétement iptable en passant, pas besoin de rajouter de verrues façons fail2ban).

        Bref FreeBSD c'est simple et carré, j'invite tout le monde à switcher vers cet OS, vous ne le regretterez pas.

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