Journal Modèle économique de la mode... transposable en informatique?

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6
28
mai
2010
Johanna Blakely, analyste, a tenu une conférence récemment sur les notions et concepts de copyright, trademark, plagiat, etc, et leur impact sur l'innovation et la compétitivité.

Une petit slide de 61 pages, qui tente de nous démontrer que copyright et plagiat ne sont pas forcement mauvais, mais permettent de stimuler l'innovation et la compétitivité

http://www.learcenter.org/html/projects/?cm=ccc/fashion

est-ce une démonstration convaincante qui pourrait s'appliquer au logiciel?

Il y est dit que la compétition favorise l'émulation et la créativité, et permet d'avancer et d'évoluer de manière tout aussi compétitive que dans les autres domaines. De plus, dans ce cas précis, c'est souvent le nom qui permet/peut faire la différence.

Pour elle, les vertus de la copie sont:
- Démocratisation de l'objet
- Etablissement de tendance plus rapide
- Introduit une notion d'obsolescence
- Accélère l'innovation et la création

Le slide 56 est très intéressant, puisqu'il montre les revenus généré par les secteurs en fonction de leur importance en IP. Et bien sur, les films, les livres et la musiques génèrent le plus bas revenu globale avec une IP importante.

P.S. On y voit un beau Tux sur le slide 49 :D
  • # IP !

    Posté par . Évalué à 10.

    Quelle maladresse de laisser ainsi le flou sur le sens de ces deux lettres...

    IP pour Intellectual Property, j'ai mis un moment avant de comprendre, alors je le dis à tout le monde :
    IP = Propriété Intellectuelle.

    Donc en gros le tableau page 56 mis en avant par Tiwaz montre une courbe des revenus générés par chaque industrie en fonction de la quantité de propriété intellectuelle qui la concerne.

    En premier et en très gros, la nourriture, très peu de propriété intellectuelle, quasiment aucune jusqu'aux semences OGM, n'importe qui peut copier une recette et proposer la même chose que son voisin sans restriction. La propriété intellectuelle entre par le biais des marques et du marketing, mais ça reste peu limitatif pour la concurrence.
    Très très gros revenus : pas loin de 1000 milliard de dollars au USA en 2007.

    En second, l'automobile, nettement plus de brevets, mais encore très peu, globalement tout les constructeurs proposent les mêmes options, tout se fait sur l'image de marque, mais la concurrence ne se fait pas dans les tribunaux.
    900 milliards de dollars aux USA en 2007, presque aussi gros que la bouffe !

    Ca chute ensuite drastiquement, mais la mode où tout l'idée de la présentation est de dire que la copie est possible, et donc la propriété intellectuelle faible, génère dans les 250 milliards de dollars aux USA en 2007.

    A la fin on a les films, les livres et en dernier la musique. Trois domaines où chaque « création » est sur-protégée, on serre la vis de partout, on réglemente, etc... Surtout depuis Internet c'est du délire. Ben les revenus totaux n'ont pas l'air d'excéder environ 100 milliards de dollars aux USA en 2007.


    En résumé, l'idée derrière tout ça, c'est que de laisser libre cours à la copie, au plagiat, ne tue pas une industrie, au contraire. Au niveau de la mode, les créateurs proposent des produits outrageusement hors de prix, mais on retrouve les idées chez des « sous-marques » qui copient éhontément, à des tarifs abordables pour le commun des mortels. Et donc la mode se répand, est accessible à tous, ce qui fait que les créateurs en haut de la chaîne se voient conforté dans leur position de maîtres de la mode, et engrangent aussi les bénéfices sur le produit de luxe. On paye la marque, on paye le créateur, et au final ils sont très content d'être copiés : ça augmente leur notoriété et ils peuvent se contenter de faire du luxe sans se soucier de faire de l'abordable.


    Il n'y a pas de secret, si l'architecture PC est aujourd'hui l'essentiel de toute la micro-informatique c'est parce que c'était libre et librement copiable, plagiable à l'infini sans contraintes. IBM a créé, le reste du monde a produit. IBM reste la grosse marque, on achète chez IBM (entre autre) pour la qualité, on paie la marque, même si je trouve que c'est moins vrai en informatique. Le serveur SUN est extrêmement réputé par exemple, et des clients peuvent demander explicitement d'avoir du SUN, alors qu'un cluster de PC peut faire mieux, moins cher, en consommant moins.


    Les standards *ouverts* se répandent ce n'est pas une grande nouvelle.
    Mais ici on le voit de façon appliquée dans un domaine qui n'a rien à voir avec l'informatique, qui vit selon ses règles, et qui vit bien : la mode.


    Depuis pas mal d'années j'ai l'impression que les centres commerciaux se transforment en magasins de fringues. Quand j'étais môme, il y avait des magasins très divers, de jeu, de bricolage, des papeteries, plein de trucs, dans les gros centres commerciaux.
    Aujourd'hui pour trouver un bout de ficelle ou un tube de colle il faut aller dans le supermarché rayon bricolage Les magasins sont des magasins de bouffe et de fringues, le reste est négligeable, un opticien par-ci par-là, une boutique de bibelots débiles, la librairie est aussi entrée dans le supermarché...

    Comme quoi la mode ça marche du tonnerre !
    Et plus de librairies, plus de magasins de musique, plus de magasins de vidéos, plus de magasins d'art. tout est entré dans les grandes surface, rayon bouquins, DVD, CD, hop, c'est là qu'on trouve. Il n'y a plus de boutiques spécialisées. Alors que pour les fringues, il y en a partout partout, ça pullule tellement que je n'y comprend jamais rien et que je suis incapable de m'acheter un caleçon à la Défense !
    Mais je suis aussi presque incapable de trouver un tube de néoprène : il faut aller à Auchan, et se payer les kilomètres de queue...
    Et pourtant il y a un rayon fringue dans les grandes-surfaces, mais il ne bouffe pas les petits magasins.


    Yth.
    • [^] # Re: IP !

      Posté par . Évalué à 2.

      Merci, je n'avais pas autant de temps, et pas une aussi belle plume pour écrire tout ce que tu dis là. Bref, le journal est dans le commentaire maintenant.
    • [^] # Re: IP !

      Posté par . Évalué à 7.

      Question, il tient compte dans son calcul de la "nécessité" des produits en question ?

      Parce qu'entre bouffe et cinéma, par exemple, on peut pas se passer de la bouffe, et forcément ça se ressent dans les chiffres avec au moins une borne inf de budget bouffe, et pareil pour la voiture, c'est pas très surprenant que le cinéma engrange moins d'argent.

      C'est pas pour faire mon rabas joie, mais si il ne tient pas du tout compte de ce genre d'effets, le raisonnement m'a l'air un peu bancal ...
      • [^] # Re: IP !

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        En même temps on peut vivre de "sex, drug and rock'n'roll" ... bon pas longtemps, mais c'est suffisant, après c'est que des reprises.

        "It was a bright cold day in April, and the clocks were striking thirteen" - Georges Orwell

    • [^] # Re: IP !

      Posté par . Évalué à 2.

      Le serveur SUN est extrêmement réputé par exemple, et des clients peuvent demander explicitement d'avoir du SUN, alors qu'un cluster de PC peut faire mieux, moins cher, en consommant moins.
      Ce qui est évidemment archi faux.
      • [^] # Re: IP !

        Posté par . Évalué à 1.

        Heu, tu peut développer? pas que je ne soit pas d'accord, mais je ne comprend pas ce qui est faut : que le cluster de PC peut faire mieux ou que les serveurs SUN sont réputés?
        • [^] # Re: IP !

          Posté par . Évalué à 3.

          C'est faux que les clusters de PC peuvent faire mieux qu'un serveur SUN, moins cher et surtout en consommant moins. Tout dépend de ce qu'on lui fait faire.
    • [^] # Re: IP !

      Posté par . Évalué à 2.

      Je ne voudrais pas me faire l'avocat du diable mais le seul domaine qui traite de l'immatériel et avec lequel les copies ne coûtent rien est le moins rémunérateur.
      De là à dire qu'on pourrait inverser le raisonnement pour justifier l'usage de la PI, il n'y a qu'un pas.

      Il y a tellement d'autres arguments qui démonte facilement l'intérêt de la PI

      Je vous invite plutôt à piocher dans l'histoire comme ici
      http://www.euro92.com/acrob/lemennicierbrevets.pdf
      • [^] # Re: IP !

        Posté par . Évalué à 4.

        Justement, j'ai l'impression que l'idée défendue ici c'est que cette surcharge de propriété intellectuelle freine justement les gains.

        Les vêtements sont de plus grande nécessité que la musique ou les livres, oui, mais beaucoup de gens se contentent de peu, deux pantalons, quelques t-shirts, trois chemises, deux paires de chaussures à pas cher et solide, ça peut faire un budget très réduit par an.
        Et les sous non dépensés en vêtements peuvent l'être en « culture », en particulier livres, films et musique.

        Il pourrait y avoir un budget culture et divertissement (hors jeux vidéo, c'est vraiment un cas particulier) plus important que le budget vêtements.
        Ce n'est pas le cas. Loin de là.

        Le matériel mis en œuvre pour la fabrication de l'objet CD, DVD, livre, est de l'ordre de grandeur de celui nécessaire aux vêtements. Je parle bien ici de fabrication et non de création.
        Ici on explique que pour ce qui est de la mode, la copie et le plagiat se font allègrement et dans le bonheur général. Le fabricant pompe les idées où il veut sans rien demander ni devoir à qui que ce soit, et se contente de fabriquer, pour certains à très bas prix, et vendent. Et cette copie fait vivre les créateurs, les grandes marques, parce qu'ils sont la référence, donc ce que les gens souhaitent avoir, par image. Le fait d'être copié donne de la valeur !


        Si il n'y avait pas de propriété intellectuelle sur par exemple les livres, nul doute que des imprimeurs à bas prix en produiraient plein pour vraiment pas cher. Qualité de l'objet plus basse, disponibilité plus élevée. Le choix des titres à éditer se ferait simplement en regardant comment se débrouillent les grandes enseignes, le livre qui plaît, hop, plagié, copié, répliqué, disponible, lu encore plus !
        Je crois que la thèse présentée ici c'est de dire que cet état de fait serait profitable à toute l'industrie du livre, y compris les « créateurs » qui profiteraient de la notoriété accrue de leurs produits les plus copiés. Et auraient l'image de marque de celui qui est à l'origine.

        Ca ne marche pas si simplement que ça, les domaines ne sont pas directement transposables, et dans ce qu'on appelle la "culture", les vrais créateurs ne sont pas les plus rémunérés, c'est l'industrie qui l'est, très flagrant pour la musique en particulier. Mais le système complet est moisi pour la musique, et il n'est pas prêt de changer, parce que les puissants ont un paquet de pognon.
        Mais ça marche quand même déjà un peu : combien de petits groupes inconnus font des petits concerts dans des bars, où ils jouent et chantent des chansons d'autres personnes ? Il est fort probable que la SACEM vienne leur pourrir la vie et leur pomper des sous, et si ce n'était pas le cas les petits groupes en vivraient peut-être plus aisément, et donc il y en aurait plus, et donc on irait plus facilement voir un concert au bar du coin.
        Et quoi ? Et bien on découvrirait des chansons qui nous étaient peut-être inconnues, et on irait voir un peu l'auteur, le créateur, pour aller lui acheter directement ses CDs, ou assister à ses concerts.
        C'est ce qui se passe avec le téléchargement, c'est une thèse aussi très discutée, et à mon avis très vraie : plus un auteur est "piraté", plus il est répandu, et a priori plus il gagne de sous. enfin ça devrait être le cas si le système n'était pas pourri jusqu'au trognon...

        Quel autre moyen de convaincre ton voisin, un ami, de la famille, que tel artiste vaut le coup que de lui faire voir, écouter, lire une de ses œuvres, et sans payer le moindre centime à qui que ce soit ? Ca a toujours fonctionné ainsi, aujourd'hui c'est un fonctionnement planétaire et débridé, ce qui gène énormément les structures en place. Ca ne devrait pas. Si elles suivaient le modèle économique de la mode, elles vivraient des conséquences de ces plagiats.


        Bref, tout ça se discute, mais pour ce qui est des revenus générés, la "culture", ici livre, musique et films, pourrait très largement dépasser la mode, le budget alloué par les gens à ces deux domaines pourrait être en faveur de la culture plutôt que des vêtements. De même les gens pourraient acheter bien plus de livres, de CD ou de DVD en achetant une clio au lieu d'un 4x4, les budgets pourraient s'inverser.
        Ce n'est pas le cas, et il est bien possible que l'accessibilité soit un frein.
        La musique c'est casse-couille, on est emmerdé par un support peu pratique : le CD, ou par des supports informatiques merdiques et plein de DRM, qui ne permettent pas d'écouter son machin sur son iPod et son auto-radio à la fois sans se faire chier comme un fou. Ca ne donne pas envie d'acheter.
        Personne ne vient nous emmerder avec les fringues : on achète ce qu'on veut où on veut, on profite des soldes, on achète des marques plagiat ou originales, et on en fait ce qu'on veut, même les porter sous la douche, alors qu'on veut nous faire chier quand on siffle un refrain sous cette même douche !


        Et c'est tout le principe du logiciel libre : copiez tant que vous voulez, faites comme vous voulez, faites-en ce que vous voulez, distribuez comme vous le souhaitez, gagnez des sous avec ça si vous en êtes capable. L'origine d'un logiciel est unique : il est presque toujours plus intéressant de contribuer à améliorer l'outil initial plutôt que de repartir de son côté : les cas de fork sont vraiment très rares.
        Les retombées positives arrivent donc réellement sur les créateurs, et ça peut leur permettre d'en vivre, même si l'équilibre n'est pas forcément évident à trouver, mais ça c'est à cause de la jeunesse du secteur.

        L'article nous explique en gros (à nous lecteurs de LinuxFR) que le domaine de la mode fonctionne sur le principe du logiciel libre, et que ça marche du tonnerre pour eux depuis bien longtemps.
        Plutôt encourageant pour notre avenir de libristes non ?


        Yth.
        • [^] # Re: IP !

          Posté par . Évalué à 2.

          Bref, tout ça se discute, mais pour ce qui est des revenus générés, la "culture", ici livre, musique et films, pourrait très largement dépasser la mode, le budget alloué par les gens à ces deux domaines pourrait être en faveur de la culture plutôt que des vêtements. De même les gens pourraient acheter bien plus de livres, de CD ou de DVD en achetant une clio au lieu d'un 4x4, les budgets pourraient s'inverser.

          Sauf que je vais plus facilement draguer avec des belles fringues et une grosse voiture qu'avec une pile de DVD !

          L'importance (relative) des signes extérieurs de richesse, la nécessité dont on parle plus haut, la santé ou l'idéologie (c'est plus cher mais c'est bio/écolo) sont autant de facteurs qu'ils faudrait prendre en compte pour avoir un raisonnement tout à fait juste. Et il doit exister d'autres facteurs auxquels je n'ai pas pensé...

          Bon, je rajoute un peu d'eau dans le vin, mais même comme ça ça reste un bon cru. D'ailleurs, si je veux être juste avec moi-même le coup du « c'est plus cher mais c'est bio/écolo » c'est un peu du même ordre que « c'est plus cher, mais c'est la marque/la qualité/l'auteur original ».

          Bref, il est difficile de comparer des secteurs si différents, mais l'analyse reste tout de même intéressante...
          • [^] # Re: IP !

            Posté par . Évalué à 4.

            Ben tu peux séduire avec de la culture.
            Et elle va se trouver dans le cinéma, la littérature, la musique, entre autre.

            Tout dépend de tes centres d'intérêts, et de ceux de la personne que tu cherches à séduire, mais crois-moi, ma femme, je ne l'ai pas séduite avec une grosse voiture ou des fringues Coco Chanel.

            Ca pourrait remplacer, l'équilibre pourrait se faire ailleurs, et le budget vêtements passer derrière le budget culture. Ca pourrait être le cas.
            Mais ce n'est pas ce qui semble le plus important dans notre société, c'est sûr, où l'apparence a pris beaucoup de poids.
            Ca aussi ça pourrait changer, ça a changé vers la situation actuelle, elle ne restera pas ainsi indéfiniment elle non plus. Mais qu'est-ce qui prendra la relève ? Bonne question...

            J'utilise le conditionnel partout, ce sont des choses qui pourraient arriver. Elles n'arriveront pas d'un coup de baguette magique, elles se feront peut-être au fil du temps, selon les évolutions de la situation sociale dans notre pays. Elles iront peut-être dans d'autres direction. Les jeux vidéos, exclus de la présentation, sont un budget à part et qui a complètement explosé en vingt ans, il est apparut, et il est devenu énorme. Je ne sais pas à combien il se monte en proportion des autres chiffres donnés dans la présentation. Mais même quelqu'un comme moi dont les livres se comptent à quatre chiffres, j'ai dépensé plus en console et jeux qu'en bouquins cette année...

            Comme quoi les tendances peuvent changer radicalement en l'espace de vingt ans.
            Et je pense aussi qu'une industrie qui sait bien se mettre en valeur peut réussir à faire changer les choses.

            Autant dire qu'avec la politique actuelle des majors de la musique, c'est mort pour que ce secteur augmente d'importance dans nos budgets personnels et dans un avenir proche... Je ne connais personne pour qui la consommation de CD audio augmente réellement.
            Et pourtant la consommation de musique augmente elle, énormément grâce à internet et au téléchargement !
            Je pense même qu'on peut affirmer que la musique est un secteur qui devrait profiter énormément d'internet, et être en pleine explosion. Les gens n'ont jamais autant écouté et aussi varié : on a beaucoup de radios très diverses, aussi bien hertziennes que web, et tout les artistes du monde entier sont à portée de quelques clics ! Les clips sur youtube et cie, tout est à portée de main, il suffit de la tendre, il n'y a aucune barrière. Et pourtant ils prétendent se casser la gueule. si ça c'est pas la preuve qu'ils sont totalement à côté de la plaque...


            Yth.
  • # Aucun rapport avec la choucroute

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    J'ai entendu une fois je ne sais plus où une phrase sympathique sur la peinture :

    On commence par copier puis un jour on fait une erreur et on crée une œuvre originale (la phrase n'était peut être pas tourné dans ce sens exactement mais l'idée est là).

    Bref pourquoi je parle de peinture ? Parce qu'un logiciel c'est sensiblement la même chose. Prenons un traitement de texte : on va commencer par copier ce qui existe déjà et qui marche bien car après tout on est qui pour dire que les mecs qui vendent des millions de licences sont des abrutis qui ne savent pas faire une interface correctement ? Puis un jour on est assez mature pour commencer a ajouter des fonctions que les autres n'ont pas et à ce moment là notre traitement de texte joue dans la cours des grand.

    Maintenant imaginons que le traitement de texte qu'on commence à écrire et qui pour le moment est aussi fantastique qu'un gedit sachant mettre le texte en gras ou italique tombe sous le coup des brevet :
    Microsoft te demande de payer 5$ par version vendu parce que tu utilise le gras, Adobe te demande 3$ parce que tu as une fonction permettant à la souris d'aller cliquer sur un bouton, Apple te demande 6$ parce que la touche tab fonctionne, Toto Corp te demande 10$ parce que tu ose permettre l'enregistrement du travail dans un fichier et IBM te demande 4$ parce que tu utilise un algorithme dans une fonction obscure permettant de passer le logiciel dans plusieurs langue à la volé qui est trop proche dans son fonctionnement qu'un algorithme à eux qu'il utilisent dans une caisse enregistreuse.

    Voilà ton logiciel commence son existence avec une taxe de 24$ pour des brevets idiots que tu dois fournir pour chaque copie distribué qu'elle soit vendu ou donné à titre gracieux. Autant dire que tout logiciel, qu'il soit libre ou non, payant ou gratuit, ne peut pas survivre à ça.
    • [^] # Re: Aucun rapport avec la choucroute

      Posté par . Évalué à 1.

      J'execre quand on compare l'informatique et l'automobile, mais c'est le genre de raisonnement facilement transposable pour une fois...

      Le quidam moyen serait moyennement ravi qu'un constructeur X doive payer l'obole au constructeur Y pour quelquechose d'aussi trivial que le passage de code à plein phares par le truchement d'un bitonio en plastique ...

      Que le constructeur X soit sympathique ou pas, on ne pourrait s'empecher d'avoir un pincement au coeur, surtout en sachant que cette obole conditionne le prix de vente du véhicule de la marque X.
      • [^] # Re: Aucun rapport avec la choucroute

        Posté par . Évalué à 2.

        Le quidam moyen serait moyennement ravi qu'un constructeur X doive payer l'obole au constructeur Y pour quelquechose d'aussi trivial que le passage de code à plein phares par le truchement d'un bitonio en plastique ...

        Il me semble (mais je peux me tromper), que ça a été effectivement le cas : les interrupteurs allumage/extinction des phares,clignotants, etc .... ont été inventés je crois par Citroën, et les autres constructeurs ont du payer.

        C'est peut-être une légende, mais la maintenant j'ai pas le temps de vérifier.
        • [^] # Re: Aucun rapport avec la choucroute

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Qu'appelles-tu interrupteurs ?
          Si c'est quasi l'ensemble des commandes de contrôle (essuie-glaces avant/arrière, clignotant droite/gauche) sur un seul levier grâce à un principe de commandes à tourner sur ce levier, oui c'est Citroën ; et Renault s'en est passé jusqu'à ce que le brevet arrive à expiration : sur une Renault , il y avait tout simplement un levier pour les essuie-glace et un autre pour le clignotant, l'un derrière l'autre.
          En contrepartie, Renault avait un brevet sur le "satellite de commande de la radio" pour la commande au volant (monter/baisser le son, changer de station...) sans avoir à tendre le bras vers la radio, bin pareil les Citroën s'en passaient jusqu'à l'expiration du brevet...
          Résultat, à l'époque, bin au client de faire son choix sur ce qu'il préférait mais il ne pouvait pas tout avoir :/
          • [^] # Re: Aucun rapport avec la choucroute

            Posté par . Évalué à 2.

            Ce qui va plutôt dans le sens de la présentation : les cas de brevets comme ça existent, mais sont assez rares : on les connais c'est bien la preuve que c'est plus l'exception que la règle !

            Et en plus, ils ont pu patiemment attendre que le brevet expire pour copier ensuite à loisir.

            Donc les restrictions dues à la propriété intellectuelle dans le domaine de l'automobile semble bien être très réduites, en comparaison d'autres domaines.

            Yth.
            • [^] # Re: Aucun rapport avec la choucroute

              Posté par (page perso) . Évalué à 4.

              Donc, si tout va dans le sens de la présentation, que les industries de la "culture" ne nous fassent pas chier en soudoyant nos élus - le fameux rapport galo dont on parle en ce moment, à l'origine c'est Fourtoux de univers sale. - puisqu'ils sont justement dans le cas ou la PI est la plus forte, ils vont donc gagner des milliards.

              Pas la peine de légiférer comme des gangster, il suffit qu'ils attendent que ça tombe.

              Non : le truc c'est que la "production", ca rapporte plus rien aux occidentaux puisqu'ils font cela dans les pvd pour 2 cts d'euros , il faut trouver un truc pour continuer à engraisser sans bosser, et la PI c'est la nouvelle marotte. Mais socialement c'est une merde, IRL tout leurs raisonnement à la con, ca marche pas.

              Quand tu es obligé de taper sur la gueule du consommateur, c'est que ton business model il est merdique, point final. In fine, les gens ne respectent que ce qui est respectable.
  • # Les logiciels "opensource" et le copyright

    Posté par . Évalué à 1.

    Dans l'exposé en question, fort intéressant au demeurant, j'ai tiqué quand la dame, à propos des logiciels libres/opensource (je suppose qu'elle les met dans le même panier), dit en gros : "Les logiciels OpenSource ? Ils ont décidé de se passer de toute notion copyright"... et ça n'a pas loupé : un beau fil de discussion est apparu sur Slashdot pour expliquer que ce n'était pas tout à fait vrai : les licences logicielles (les licences libres y compris) mettent en avant différents droits ("rights") de reproduction ("copy"). "copyright", littéralement. Il n'y a guère qu'en mettant une "œuvre" dans le domaine public que toute notion de "droit" disparait (peut ou, surtout, ne peut pas... faire telle ou telle chose avec l'œuvre).

    Le débat est ouvert... avec comme introduction anglophone cet extrait :
    http://news.slashdot.org/comments.pl?sid=1664680&cid=323(...)
  • # bénéfices != revenus

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    Je prends les exemples contenus dans la présentation.

    1000 milliards de revenus (chiffre d'affaire) pour la nourriture. Combien de bénéfice (marge) ? Et partagé entre combien de personnes ?

    100 millions de revenus pour "la culture". Combien de bénéfice (au moins autant que pour la bouffe)... partagé entre beaucoup moins de personnes.

    Donc la propriété intellectuelle génère plus de bénéfices.
    J'ai bon ?
    • [^] # Re: bénéfices != revenus

      Posté par . Évalué à 2.

      Je dirais non !

      Il y a très peu de grands groupes dans le monde qui génèrent des bénéfices dans l'agro-alimentaire. La majorité des personnes produisant la nourriture ne font pas de gros bénéfices.

      Ex: Danone / producteur de lait.

      Pour moi la répartition est la même. Certain se goinfre et ce n'est que très rarement le réalisateur de la tâche.
    • [^] # Re: bénéfices != revenus

      Posté par . Évalué à 3.

      A mon avis, Danone, Kraft Food, ils ont quelques ordres de grandeur de plus qu'un Universal Music...

      C'est du lourd, du très très très lourd les grosses entreprises dans l'alimentaire.
      Discret, mais bien plus puissant et bien plus riche que toutes les compagnies s'engraissant dans la musique ou le cinéma.
      Danone a un résultat net en 2007 de 1,8 milliards d'euros.
      A titre de comparaison, Total a un résultat net en 2009 de 7,8 milliards d'euros.

      Ils jouent dans la même cours. et dans cette cours là, tu ne trouve pas EMI, Sony BMG, Universal Music... Ce n'est juste pas le même ordre de grandeur.

      Le chiffre d'affaire 2007 de Universal Music est de 4,8 millions d'euros ! Ridicule en comparaison des 15 milliards de Danone. Négligeable...

      Alors oui, il y a énormément de bénéfices dans l'agro-alimentaire.
      Ils ne vont juste pas dans la poche des producteurs, c'est tout...


      Yth.
      • [^] # Re: bénéfices != revenus

        Posté par . Évalué à 2.

        Ouhlà, j'ai même été chercher plus loin, Danone c'est petit, Kraft Food c'est deux fois plus gros, et surtout Nestlé c'est 75 milliards d'euros de chiffre d'affaire, avec 7,5 milliards d'euros de bénéfices...

        Yth.
        • [^] # Re: bénéfices != revenus

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Je crois que vous ne comprennez pas le truc.

          Pour chaque centime de CA agro-alimentaire, il y a moins de bénéfice que pour chaque centime de CA "culture".
          En plus de cela, le bénéfice est partagé entre moins de personnes pour la partie "culture".
          • [^] # Re: bénéfices != revenus

            Posté par . Évalué à 2.

            Et puis il sépare artificiellement pleins de domaines qui sont liés.
            Economiquement, universal music fait partie du groupe vivendi, qui pèse ~25 Milliards, et qui comprend aussi des télécoms et de la gestion d'eau.
            Socialement, séparrer les vêtements d'un coté et la culture de l'autre n'a aucun sens, pareil pour la nourriture.
            Tout ça, c'est de la culture. La différence, comme dans les bénéfices dont tu parles, est dans les moyens de production, de diffusion et d'utilisation, et c'est pour ça que les différents bizness modèles ne sont pas comparables ou exportables à d'autres secteurs.
  • # TEDx talk

    Posté par . Évalué à 1.

    Alors vu que personne ne l'a fait dans les commentaires (ou alors j'ai pas vu) je vais mettre en lien la conf d'où sont tirés les transparents. C'est donc à TEDx à l'USC (Université de Californie du Sud) que ca a été fait.

    http://www.ted.com/talks/lang/eng/johanna_blakley_lessons_fr(...)
    avec sous titre en anglais pour ceux qui veulent (désolé, il semble pas que le français soit déjà en ligne)
    Je peux pas dire ce que ca vaut, je viens de le lancer...

    Pour info et pour ceux qui ne connaissent pas TED, c'est une des meilleurs séries de conf au monde sur tous les sujets. avec toute les vidéos en ligne. Et TEDx sont des évènement organisés indépendamment de la conf TED principale.

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