Journal mapbox n'est plus libre, vive maplibre

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jan.
2021

Une info dans le monde de la cartographie que je n'ai pas vu passer ici:

La société Mapbox a décidé de passer à une licence proprio/restreinte dans sa V2:
* "Version v1.13 of mapbox-gl-js and earlier are licensed under a BSD-3-Clause license"
* d'après ce que j'ai compris, le code de la V2 s'appuie de manière obligatoire sur les APIs Rest de la société mapbox, ce qui est assez restrictif de mon point de vue.

Une initiative de fork a été lancé, nommée "maplibre".

dépo git accessible ici: https://github.com/maplibre/maplibre-gl-js

Cette initiative est tout à fait louable pour poursuivre l'initiative libre initiée par mapbox, et permettra de prendre en compte des demandes différentes de celle que la société mapbox prenait en compte.

Le plus intéressant de mon point de vue sera de proposer des solutions d'utilisations de données/API Rest non mapbox.

Pour faire un peu de pub, OpenIndoor n'utilise aucune API Rest mapbox, mais uniquement des datas OpenStreetMap, ou bien privées mais qui sont OSM-compliant d'un point de vue format/convention sur le format de données.

Démo ici: https://app-sandbox.openindoor.io/index.html?country=france#map=17.74/-1.70302/48.12035/-146/64/0

  • # Amazon

    Posté par  . Évalué à 2.

    • [^] # Re: Amazon

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 1.

      peut-être lié

      Autrement dit, la licence dit "pour tous les usages" tant que tu n'utilises pas "pour tous les usages", un classique certes :).

  • # L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10.

    Ça a l'air d'être une mode de draguer le monde de l'open source pour se faire connaître, puis de le quitter pour le "tradi" fermé une fois que la boite est connue.
    Il y a matière à réflexion, sur comment passer de "vous êtes bankable tant qu'on a besoin de se faire connaître" à "on ne peut pas partir sans perdre ce qu'on a gagné avec l'open source".

    Bon, déjà le prendre du bon côté : l'open source a une valeur certaine, juste pas toute la chaîne du business, il ne reste "que" à apprendre à garder dans l'open source ceux qui ont profité de la pub de l'open source.

    • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

      Posté par  . Évalué à 9.

      (sans me prononcer moi-même sur le sujet)

      Un des employés de Mapbox s'est exprimé sur le passage en proprio il y a 26 jours ici : https://news.ycombinator.com/item?id=25348131

      Un des commentateurs cite la phrase "Mapbox proudly embraces our open source roots" présente sur leur site. L'employé répond qu'il a écrit ce paragraphe et qu'il est d'accord avec la décision de changer la licence de Mapbox GL JS. Le commentateur répond qu'il est d'accord avec les entreprises choisissant de faire du non libre, mais qu'il trouve qu'avec la fermeture d'un projet open source avec une communauté active, la pilule est dure à avaler.

      L'employé répond :

      I won't get into all the context, but I think we should consider whether a community without contributors is a community. GL JS never had major active contributors outside of the company, and there are no self-funded webgl experts with lots of time who are ready to maintain a fork.

      OSS, we hoped, was about enabling people and unlocking people's ability to collaborate. It turns out that in 2020, it's mostly helping companies and getting nothing in return. That's not a dynamic you can build a sustainable business on.

      Traduction :

      Je ne vais pas rentrer dans tous les détails, mais je pense qu'on devrait juger si une communauté sans contributeurs est une communauté. GL JS n'a jamais eu de contributeur majeur actif hors de l'entreprise, et il n'y a pas d'expert WebGL indépendant avec beaucoup de temps prêt à maintenir un fork.

      Nous avions espéré que l'open source permettait aux gens de collaborer. Il se trouve qu'en 2020, ça consiste surtout à aider des entreprises et ne rien recevoir en retour. Ce n'est pas une dynamique sur laquelle vous pouvez construire une activité commerciale viable.

      • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 9.

        Nous avions espéré que l'open source permettait aux gens de collaborer.

        Beaucoup pensent en effet ça sur le libre. Et il faut réussir à inverser l'idée, et rappeler que l'open source n'a rien à voir avec la collaboration (on peut faire de l'open source tout en refusant la collaboration, comme on peut faire de la collaboration en refusant l'open source) mais s’intéresse à fournir à celui qui reçoit les 4 libertés du libre (= celui qui reçoit est au centre et peut devenir indépendant que celui qui fournit ne répond pas à la demande, et celui qui fournit n'est pas du tout au centre).

        Perso sur mes projets open source je dois avoir 0.1% de code extérieur à ceux que je paye, et je considère que l'open source est pour mes utilisateurs et leurs libertés (y compris de me quitter si je ne fais pas comme il faut), la collaboration n'est pas interdite mais pas nécessaire à ce choix.

        Bref, c'est sans doute une très grande incompréhension, entretenue aussi par pas mal de libristes qui mélangent les 2 (je lis/entends souvent parler de "communauté de développeurs" dans les événements libristes), sur le fait que le libre est pour celui qui reçoit et pas celui qui fournit.

        • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

          Posté par  . Évalué à 6. Dernière modification le 04/01/21 à 16:03.

          Ça reste le cas pour certains projets.

          Le noyau linux, les BSD, des projets comme kubernetes, etc…Alors après il ne faut pas non plus se leurrer dans le mot communauté de developpeurs. Ce n'est pas parce que le développement est mis en commun que ces developpeurs sont en majorité de gentils individuels désintéressés et philantropes. La plupart sont payés par leur employeur pour cela. Et il faut atteindre une masse critique pour avoir de nombreux contributeurs. Mediainfo, ça reste du marché dit "de niche". Un outil comme Jenkins qui est utilisé partout, et bien plus gros en terme d'audience comme de renommé, n'a que 648 contributeurs différents et seulement 45 d'entre eux ont proposés des commits depuis début 2020. Pour la plupart des petits projets, il y a moins de contributeurs réguliers mais plutôt un patch ou un pull request occasionnelle quand un bug fâcheux a été rencontré par un des utilisateurs et que par chance ça tombe sur quelqu'un qui sait coder et se sortir les doigts du cul. Mais ça ne va pas dire que cette personne va devenir un contributeur régulier et donc un membre d'une communauté.

          Cela-dit pour certains projets même si ça amène peu de code direct le fait d'avoir une communauté d'utilisateur permet d'avoir plus de feedback en terme de découverte de bug et peut-être de les découvrir avant qu'un client payant du support ne le rencontre. Ça reste une forme de contribution et ce n'est pas forcément inintéressant même si le côté communautaire est moins dans le developpement du code et plus dans le fait que le logiciel est facile et gratuit à obtenir, ce qu'on peut faire sans open-source.

        • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

          Posté par  . Évalué à 7.

          Rappeler que l'open source n'a rien à voir avec la collaboration

          "Rien à voir" c'est fort quand même. Rien à voir avec les licences, ok. Mais c'est quand même un truc très présent dans la culture FLOSS. Au-delà des licences il y a des piliers de "la communauté" (lol) comme La Cathédrale et le Bazar qui parlent de "Cette manière de développer des logiciels, par la coopération d'une multitude de développeurs".
          Ce qu'il faudrait rappeler c'est que ce n'est ni automatique, ni obligatoire. Comme libre != gratuit. Et que si on souhaite constituer une communauté il y a un certain nombre de choses à mettre en place en plus d'une licence libre.

          • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

            Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 5. Dernière modification le 04/01/21 à 16:34.

            Mais c'est quand même un truc très présent dans la culture FLOSS.

            C'est justement ce genre de "lien" que je critique : je connaissais le communautaire bien avant le FLOSS. Le FLOSS n'a pas inventé le communautaire.
            C'est orthogonal, des projets ont les deux, d'autres un seul des deux, d'autres aucun.

            Et que si on souhaite constituer une communauté il y a un certain nombre de choses à mettre en place en plus d'une licence libre.

            Pas en plus! Tu peux avoir du communautaire sans libre.
            - Tu veux un retour, tu essayes de constituer une communauté de développeurs (libre non nécessaire)
            - Tu veux choper les gens qui réclament de la liberté, tu fournis en libre (communautaire non nécessaires)

            de "Cette manière de développer des logiciels, par la coopération d'une multitude de développeurs".

            Je ne trouve rien qui parle de ça dans la définition du libre (les 4 libertés).
            Un jour, il faudra crever l'abcès et arrêter de mettre dans le libre des choses en plus que la définition, ou changer la définition (au risque de voir que l'idée qu'on certains du libre n'a rien à voir avec la masse des gens faisant du libre :-p ).

            "Rien à voir" c'est fort quand même.

            Ca n'a rien à voir car le choix se fait sur 2 lignes complètement distinctes, dans la stratégie de ton projet (qui a sans doute bien plus de ligne de choix : asso ou entreprise, langage de programmation, etc). Ce qui n’empêche pas plein de projets de marcher du fait des 2 (ou plus) lignes et non une seule.


            vis à vis de leur réponse, je comprend que le libre était une monnaie d'échange pour des développeurs gratos, ça n'a pas marché et ils arrêtent, c'est compréhensible du fait qu'ils ont peut-être voulu attirer le dev gratos (en plus de pub gratos) comme ça et que ça n'a pas marché. Et justement, il faut à un moment profiter de ces tentative des entreprises d'avoir du gratos pour dire que le libre est une condition élémentaire pour les utilisateurs et pas une monnaie d'échange.

            • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

              Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 4.

              On peut voir "du dev gratos" comme de la mutualisation de compétences.

              On peut voir du "dev gratos" comme un échange de bons procédés (mise à disposition de travail de r&d gratuitement contre retours).

              Il me semblait avoir lu qqpart que c'était lié au fait que de gros acteurs exploitaient sans rétribution et que économiquement ce n'est simplement pas tenable.

              Ce dernier point me semble t'il est tout à fait compréhensible (y compris pour arrêter de faire du libre), et est indépendant de "se faire une communauté sur le dos du libre et ensuite fermer le code".

              Par ailleurs il me semble que mapbox est contributeur de nombreux modules libres disponible indépendamment de leur solution.

              • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

                Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 7. Dernière modification le 05/01/21 à 07:38.

                […] que de gros acteurs exploitaient sans rétribution et que économiquement ce n'est simplement pas tenable

                Oui, c'est l'excuse sortie plusieurs fois pour fermer. Pour information, "économiquement pas tenable" est l'excuse tout aussi utilisée pour le travail au noir, déverser des produits chimiques dans une rivière, tuer des travailleurs faute de sécurité suffisante et j'en passe.

                Et justement, je dis qu'il faut changer cette mentalité : que le libre ne soit pas simplement une variable d'ajustement (on se fait connaître en laissant das libertés mais quand celles-ci deviennent utiles on ferme car le succès gagné ne part pas), mais une condition nécessaire à un succès qui continue.

                En d'autres mots, il faut que le libre devienne équivalent à une obligation légale.

                Ce dernier point me semble t'il est tout à fait compréhensible

                C'est que tu n'as pas compris que le libre est justement pour que les autres aient la liberté de faire ce que tu penses légitime d'interdire, ça fait partie des 4 libertés (faire ce que tu veux de ce que tu as reçu).

                Oui, le libre fait chier, le libre t’empêche d'interdire ce qui t'emmerde que les autres fassent.
                Il faut donc que ceux qui ne veulent pas laisser ces libertés soient pas bien vues.

                Par ailleurs il me semble que mapbox est contributeur de nombreux modules libres disponible indépendamment de leur solution.

                Oui, classique, comme Google et compagnie : faire en libre ce qui n'est pas bankable mais garder le bankable. Perso, je m’intéresse toujours au bankable, désolé :).
                Que des boites fassent du libre en non bankable est un petit plus.
                Que des boites fassent du libre en bankable est un gros plus.
                Et pour moi, c'est subjectif certes, il faut que les boites qui font un gros plus soient plus reconnues dans la communauté du libre que les boites qui font un petit plus. Mais surtout que celles qui faisaient un gros plus puis ont font un petit aient le succès du petit plus (perdre l'aura qu'ils ont récupéré du gros plus en libre), ce qui n'est pas le cas aujourd'hui (du coup c'est bénéf à fond de commencer par du libre pour se faire connaître puis fermer).

                Pas simple, mais il faut trouver une méthode pour que le libre devienne une condition nécessaire.

                • [^] # Re: L'open source tant qu'il y a besoin de se faire connaître, mais après...

                  Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 8.

                  Oui, c'est l'excuse sortie plusieurs fois pour fermer.

                  Parfois c'est vrai et parfois non. Il y a des marchés qui sont tellement corrompus que tu ne peux pas y aller / y rester si tu respectes les règles légales et l'éthique. La corruption, le lobbying, la concurrence déloyale, l'espionnage industriel, ce n'est pas juste dans les livres.

                  Une entreprise n'a pas vocation à changer les règles du jeu mais à assurer sa viabilité économique. Si tu veux changer les règles du jeu, il faut faire de la politique.

                  En d'autres mots, il faut que le libre devienne équivalent à une obligation légale.

                  Ça serait idéal ; mais regarde : le gouvernement a publié un référentiel général d'interopérabilité et il est le premier à ne pas le respecter. Pourquoi attendre d'une entreprise qu'elle fasse mieux ?

                  Ce dernier point me semble t'il est tout à fait compréhensible

                  C'est que tu n'as pas compris que le libre est justement pour que les autres aient la liberté de faire ce que tu penses légitime d'interdire, ça fait partie des 4 libertés (faire ce que tu veux de ce que tu as reçu).

                  Ce que tu n'as pas compris, c'est que MapBox a choisi de mettre en place une stratégie s'appuyant sur du logiciel libre pour différentes raisons. Que cette stratégie ne répond pas à ses attentes et qu'ils changent. Il n'est pas question d'interdire de faire quoi que ce soit à qui que ce soit : c'est juste un changement de stratégie.

                  Le fait de dire "ils ont fait exprès de choisir une stratégie en s'appuyant sur du libre pour gagner de la notoriété et maintenant qu'ils ont cette notoriété ils arrêtent" ce n'est pas un fait. En tout cas je n'ai rien lu qui aille dans ce sens. C'est une hypothèse qui se tient, et qui ne se tient ni plus ni moins que "ils ont choisi une stratégie en s'appuyant sur du libre pour développer un bien commun tout en gagnant correctement leur vie et ça ne répond pas à leurs attentes et ils changent donc de stratégie". La différence, c'est que dans un cas c'est un changement de stratégie à dessein tandis que dans l'autre cas c'est du pragmatisme de gestion d'entreprise.

                  Par exemple, si tu as une rentabilité 2 fois moindre que tes concurrents, c'est une chose à prendre en compte, et c'est une position qui est difficilement tenable sur le long terme.

                  Oui, le libre fait chier, le libre t’empêche d'interdire ce qui t'emmerde que les autres fassent.

                  Le libre ne fait pas chier ; le libre implique des choses et comme tu le dis ça n'empêche pas d'interdire. Je ne vois à aucun endroit MapBox dire "le libre nous fait chier, on arrête" mais "la nouvelle version ne sera pas en libre". C'est un choix stratégique. Point.

                  Il faut donc que ceux qui ne veulent pas laisser ces libertés soient pas bien vues.

                  Là on est 100% d'accord (sauf si ta cible c'est MapBox. Parce qu'à ma connaissance, il n'y a pas de + contributeur dans le domaine de la cartographie, donc tirer sur MapBox, c'est contre-productif).

                  Il y a un sacré travail sur le sujet, auprès des entreprises utilisatrices, auprès des politiques … et auprès des libristes eux-même. On peut faire un sondage pour savoir combien de libristes préfèrent Chrome à Firefox par exemple. Ou qui préfèrent acheter chez Amazon que ailleurs. Chacun a de bonnes raisons de favoriser ceux qui devraient être moins bien vus.

                  Par ailleurs il me semble que mapbox est contributeur de nombreux modules libres disponible indépendamment de leur solution.

                  Oui, classique, comme Google et compagnie : faire en libre ce qui n'est pas bankable mais garder le bankable. Perso, je m’intéresse toujours au bankable, désolé :).
                  Que des boites fassent du libre en non bankable est un petit plus.
                  Que des boites fassent du libre en bankable est un gros plus.

                  Je m'intéresse au bankable aussi. Ce n'est pas la majorité des cas (le nombre de pro techno google ou pro amazon dans les colonnes de LinuxFR est symptômatique de cela : la libération du bankable n'est pas la priorité absolue, même pour les libristes)

                  Et pour moi, c'est subjectif certes, il faut que les boites qui font un gros plus soient plus reconnues dans la communauté du libre que les boites qui font un petit plus. Mais surtout que celles qui faisaient un gros plus puis ont font un petit aient le succès du petit plus (perdre l'aura qu'ils ont récupéré du gros plus en libre), ce qui n'est pas le cas aujourd'hui (du coup c'est bénéf à fond de commencer par du libre pour se faire connaître puis fermer).

                  Pas simple, mais il faut trouver une méthode pour que le libre devienne une condition nécessaire.

                  Je suis bien d'accord avec toi. Et je ne vois pas vraiment de solution, en particulier parce que « les libristes » eux-même ont un positionnement qui est discutable par rapport à cela. (et je ne parle pas des visiteurs de nos stands Tracim sur les événements qui critiquent notre position d'entreprise ou le mode de gouvernance d'Algoo sous prétexte qu'on devrait être une SCOP voire une association de bénévoles pour vraiment respecter le libre)

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