Haiti : la cartographie libre OSM montre sa puissance

Posté par (page perso) . Modéré par Christophe Guilloux.
Tags : aucun
29
18
jan.
2010
Communauté
Le tremblement de terre qui vient de détruire Port-au-Prince - l'une des plus grandes catastrophes qui soit - a révélé l'importance de la cartographie libre via OpenStreetMap OSM et la puissance d'un mouvement libre.

OSM associe code en logiciel libre et données cartographiques libres. Issu des communautés du logiciel libre, tout comme Wikipédia ou d'autres mouvements de culture libre, OSM a montré une fois de plus sa pertinence ces derniers jours, durant cette tragédie haïtienne. En effet, quelques heures après la catastrophe, en deux jours, des internautes ont créé à partir de photos de satellites et de plans anciens, une carte complète de Port-au-Prince, incluant les centres de secours, les campements et toutes les indications permettant aux ONG de s'organiser. Cette carte est libre d'usage et tenue à jour en temps réel.

La vidéo montre comment la cartographie collaborative et bénévole a déjà été utilisée lors de précédentes catastrophes naturelles. La cartographie est un problème pour les pays pauvres qui n'ont pas les ressources pour tenir à jour une cartographie détaillée et pour les pays riches qui utilisent des structures archaïques et n'ont pas su se mettre à l'heure d'Internet.

OSM est un magistral exemple de la bonne utilisation des technologies libres du 21ème siècle.

Une autre initiative intéressante est celle qui a permis de sauver les DNS : la communauté informelle des administrateurs système s'en est chargée en dehors de toute procédure officielle et de toute autorité.
  • # intéressant...

    Posté par . Évalué à 3.

    C'est un bel élan de solidarité, ça fait plaisir.

    Mais est-ce vraiment utilisé sur le terrain ? Pour l'instant, je n'ai vu aucune preuve, aucun retour d'ONG disant qu'ils ont utilisé OSM sur place et que ça facilite leur logistique.

    Quelqu'un a des infos ?
    • [^] # Re: intéressant...

      Posté par . Évalué à 5.

      C'est indiqué dans l'article de ecrans.fr (1er lien) :

      Le Programme Alimentaire Mondial a déjà repris le plan de Port-au-Prince pour dresser un état des lieux détaillé des bâtiments détruits ou abîmés ainsi que des camps dressés

      En suivant un des liens de l'article (si ma mémoire est bonne car j'ai lu l'info il y a quelques jours depuis un autre site), tu peux voir la carte diffusé par l'ONG à ses hommes sur le terrains.
    • [^] # Re: intéressant...

      Posté par (page perso) . Évalué à 6.

      Autant que je puisse voir d'ici, les exports au format Garmin semblent être appréciés, ainsi que les exports du genre MapOSMatic ou Walking Papers. Il semble aussi que plusieures organisations utilisent OSM comme couche de données dans leur GIS.
  • # racolage

    Posté par . Évalué à -1.

    Le libre a-t-il vraiment besoin de faire du racolage autour de ce drame pour faire sa promotion ?
    • [^] # Re: racolage

      Posté par . Évalué à -3.

      +1
      J'ai trouvé ça assez moche sur pas mal de blogs, voire "odieux". Là ici c'est présenté de manière plus précise quand même, mais sur un blog c'était juste la progression : "regardez pour vous consoler toute la ville a été cartographiée en quelques jours"
    • [^] # Re: racolage

      Posté par . Évalué à 10.

      Faut croire que oui..
      Après, est-ce qu'il est plus indécent de dire "Regardez comme nos outils aident bien les gens dans la galère, c'est grâce aux avantages intrinsèques du modèle collaboratif du libre", ou bien "On est pétés de thunes donc on file 200 000€ histoire d'avoir l'air gentils"?

      THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

    • [^] # Re: racolage

      Posté par (page perso) . Évalué à -8.

      +1 aussi
      Et puis quelle priorité donne-t'on entre sauver les DNS et sauver des vies ?!
      • [^] # Re: racolage

        Posté par . Évalué à 7.

        A quoi bon rester en vie alors?
      • [^] # Re: racolage

        Posté par (page perso) . Évalué à 10.

        La question est franchement idiote. Les gens qui ont travaillé à permettre le fonctionnement du DNS ne seraient pas allés sur place « sauver des vies ». Ils n'auraient d'ailleurs pas pu, vues les extrêmes difficultés de transport. Et ça n'aurait certainement pas été une bonne idée, Haïti a besoin de spécialistes en déblaiement et de médecins, pas d'informaticiens (rappelez-vous que, lors d'une catastrophe, chaque personne qui vient « aider » coûte : il faut la loger, la transporter et la nourrir. Il ne faut donc faire venir que des gens très experts, qui apportent une aide significative, et surtout pas des amateurs, même pleins de bonne volonté.)

        À Port-au-Prince, le journaliste Carel Perdre informe toute la planète, notamment via son flux Twitter. Faudrait-il qu'il déblaie les débris, plutôt ? Non, il est journaliste, il fait le travail pour lequel il est expert, c'est ça qui est utile. Même chose pour les gérants de serveurs DNS.

        La question aurait été moins idiote s'il y avait eu à faire un arbitrage, un choix entre partir déblayer et rester à reconfigurer des DNS. Mais ce choix n'existe pas.
        • [^] # Re: racolage

          Posté par (page perso) . Évalué à 10.

          Internet a permis de faire un travail de terrain sans être sur le terrain, sans coûter de ressources sur place et certainement mieux, plus rapidement et plus économiquement que si on avait dépêché sur place des dizaines de géomètres.
          Ceux qui ont travaillé sur le sujet ont apporté une aide à distance qui n'interférait avec aucune priorité des sauveteurs.
    • [^] # racolage ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      Le terme racolage n'est sans doute pas approprié, pour autant je trouve qu'il est idiot de condamner ces initiatives.

      Tous ceux qui ont œuvré pour mettre à jour les données ne méritent pas notre mépris, bien au contraire, ils méritent le même respect que ceux qui ont donné de l'argent à des ONG. Le travail fait représente sans aucun doute une aide précieuse pour la logistique et c'est un élément essentiel dans l'intervention des ONG.

      C'est d'autant plus important que dans le cas présent on est vraiment dans un état préoccupant du fait de la perte des structures gouvernementales et des autres (je pense notamment aux structures Onusiennes). Les données étant libres, chacun peut ensuite les utiliser, les analyser, les compiler (dans l'espoir que ça optimise le travail des ONG)

      Si ça peut servir également à démontrer que les communautés du LL ne sont pas juste composées de hackers méchants (sic) piratant sans vergogne les disques des gentilles stars, ce n'est pas plus mal.
      • [^] # Re: racolage ?

        Posté par . Évalué à 2.

        Le terme racolage n'est sans doute pas approprié, pour autant je trouve qu'il est idiot de condamner ces initiatives.

        Je trouve aussi le terme «racolage» trop fort et inapproprié. Toutefois la relation que suggère la dépêche est délicate à traiter... J'aurais souhaité davantage de subtilité dans la formulation, par exemple, peut-être...

        Si ça peut servir également à démontrer que les communautés du LL ne sont pas juste composées de hackers méchants (sic) piratant sans vergogne les disques des gentilles stars, ce n'est pas plus mal.

        Je pense que c'est ça le plus important -- par rapport à la critique de cette dépêche, bien entendu.
        • [^] # Re: racolage ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 8.

          Je trouve que dans la "pub" faite pour OSM beaucoup de gens ont oublié un message important qui est qu'on peut aider sans être pompier, sauveteur, médecin, militaire, "riche qui peut donner des sous aux ONG", etc.

          Là on montre quand même qu'un simple informaticien ou même une personne lambda motivée peut apporter facilement une aide utile sans qu'on l'ai soupçonnée. Indirectement les gens qui ont fait les cartes ont sauvé des vies.

          Si ça peut donner des envies à des gens qui pensent ne pas pouvoir faire grand chose c'est tant mieux!
      • [^] # Re: racolage ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        Personnellement, ce n'est pas à l'initiative d'OSM que j'applique le terme de racolage (je la trouve très bien cette initiative), mais j'avoue avoir été limite choqué par le ton de cette dépêche qui est très racoleuse: «puissance du mouvement libre», «OSM a montré une fois de plus sa pertinence», «OSM est un magistral exemple de la bonne utilisation des technologies libres du 21ème siècle». Si ça c'est pas racoleur comme phrases!

        PS: Pourquoi mes premières guillemets ouvrantes française («) sont passées ainsi que les fermantes (») mais pas les ouvrantes («) suivantes?

        PS2: Bon, comme les guillemets anglaises (") ne passent pas non plus, je remet les française et on verra bien ce que ça donne.
    • [^] # Re: racolage

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Hmm, je trouve que c'est fort de café là quand même.
      Il est nullement question de racolage à mes yeux mais plutôt de montrer ce qu'il est possible de faire avec des données et des formats de données libres de droits.

      Cet article ne fait que mettre en lumière une initiative fort louable qui permet d'aider de manière concrète la logistique et l'organisation des secours sur place.

      Quel mal y a-t-il à parler de cela?
      Où est la partie racolage?

      Vraiment, je ne comprend pas cette critique.
    • [^] # Re: racolage

      Posté par . Évalué à 5.

      s/racolage/tapage/

      Une carte à jour permet de faire énormément de choses sur le terrain sans perdre de temps, s'organiser, tracer des voies pour le transport du matériel et des hommes, mettre en place des QG et lieu de vies. Une carte actualisée est cruciale.

      Alors oui, affirmer que le modèle libre permet de monopoliser des ressources en peu de temps afin aider le travail sur le terrain est important à souligner. Idem pour les personnes qui prennent la décision d'agir afin que le pays ne tombe pas dans un black-out numérique total.

      L'effet loupe se fera moins sentir dans les média moins libristes si c'est ça qui te dérange.

      The capacity of the human mind for swallowing nonsense and spewing it forth in violent and repressive action has never yet been plumbed. -- Robert A. Heinlein

    • [^] # Re: racolage

      Posté par . Évalué à 9.

      Y a pas de racolage, y a des faits. Avoir un secours efficace c'est avant tout avoir une infrastructure opérationnelle. Le "matériel" (sens service militaire) est primordial, il ne s'agit pas de débarquer en super-héros, un sac de riz sur l'épaule, pour clamer que notre pays fait le maximum. Les Américains ont une véritable culture du "matériel" ce qui les rends si forts en zone. Lorsque de nombreux pays ont encore une culture commando "la bite et le couteau".

      Lorsque AZF a pété à Toulouse, cela ne s'est que peu sû, mais de nombreux radio-amateurs se sont bougés pour remettre d'aplomb les relais radio, sans lesquels les secouristes n'auraient pû s'organiser. Ca à l'air tout con, comme ça, mais n'empêche que la meilleure organisation sans infrastucture n'est rien, ou pas grand chose.

      Que les ONG utilisent OpenStreeMap prouvent certainement, oui, la force de la mobilisation qui peut être créer par un mouvement comme le "libre". Avouons quant même qu'obtenir des meilleures cartes, et plus vite, que celles distribuées par les états-majors pose question... M'enfin bon.
  • # Mais comment-ont ils fait?

    Posté par (page perso) . Évalué à 0.

    Je me demande qui a contribué à cet afflux soudain de données. Des membres d'ONG sur place? Des gens qui ont pris des données qu'ils avaient dans un placard et qui les ont rajoutées?
    J'imagine mal des foules de bénévoles se rendre sur place pour acquérir de nouvelles données dans cette situation.
    • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

      Posté par . Évalué à 6.

      t'as pas lu l'article...
      Ils ont fait çà à partir des photos satellite d'un satellite (GeoEye ou un truc comme çà) qui est passé sur la zone pour voir l'étendue des dégats.

      Ils ont tracés les rues et placés les camps de réfugiés grâce à ces photos.
      • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

        Posté par . Évalué à 5.

        Oui, suite au tremblement de terre, plusieurs satellites ont été pointés sur Haïti.

        http://www.e-alsace.net/index.php/smallnews/get?newsId=2167
        • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

          Posté par . Évalué à 1.

          faudra qu'on m'explique comment ils font pour "pointer" un satellite...
          • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

            Posté par . Évalué à 10.

            Ils demandent à un geek, lunettes, chemise à fleur, photo de pin-up sur l’écran, qu’il envoie le satellite. Des lignes de codes abscons défilent en vert sur fond noir. Deux secondes plus tard une image affreusement pixellisée s’affiche à l’écran. Ils lui demandent pourquoi on n’y voit rien. L’autre rappelle que c’est sans compter sur ses compétences, tout en parlant il arrange ça en quelques froissements de doigts sur deux ou trois¹ claviers.

            Plus sérieusement, on parle bien de pointer, pas d’envoyer un satellite de l’autre côté de la terre. Ça on sait faire, Hubble il pointe au pif-o-métrique ?

            ¹ S’il utilise une version améliorée d’emacs.
            • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

              Posté par . Évalué à 2.

              certes mais encore ? j'avais bêtement dans l'idée qu'on attendait que le truc à observer passe devant le sat... Hubble pareil... ça me semble le plus simple, logique et fiable (on sait toujours où est quel satellite et dans combien de temps il va passer devant le truc à observer...

              après quoi, si on le pointe ça marche comment concrètement ? on attend qu'il passe pas trop décalé par rapport au truc à mater et on modifie l'angle de vue ? il a des 'tites fusées aux fesses pour bouger tout seul comme R2-D2 ?
              • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

                Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                ça dépend de l'orbite du satellite.

                Si il est géostationnaire, il ne bouge pas. Si il pouvait imager (ce n'est pas le cas, ils sont bcp trop loin) il ferait 1 seule zone.

                Les satellites de météo ou d'observation (espions toussa) sont sur des orbites bien plus basses et font le tour de la terre en quelques heures. Comme leur orbite est faite pour ne pas suivre toujours le même trajet, ou qu'elle n'est pas selon un méridien, il se trouve que dans le référentiel terrestre, il bouge :)

                Après, y'a plus qu'à compter avec un peu de chance et le nb de satellites.

                Par exemple, il a été construit 3 hubble. (télescope Rytchey chrétien de 1m de diamètre je crois) 1 est vers l'espace. 2 sont vers le sol et pas à la même altitude. Autant te dire que si tu as une crotte de nez, les américains peuvent la voir (la résolution est de 10 cm pour ceux-ci. (désolé j'ai pas le temps de chercher la source de mon calcul mai sje dois pouvoir retrouver ça)
                • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

                  Posté par . Évalué à 4.

                  Tous les satellites météo ne sont pas en orbite basse. Par exemple, Météosat, c'est du GEO.

                  Mais à part ça, ok.

                  Tous les nombres premiers sont impairs, sauf un. Tous les nombres premiers sont impairs, sauf deux.

                • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

                  Posté par . Évalué à 1.

                  [HS]

                  Au fait je t’ai envoyé un mail (enfin un mail à la première adresse vue sur le site de pymecavideo) et un message privé pour la détection de forme dans Pymecavideo, mais comme je n’ai pas eu de réponse je te relance :)

                  Ça s’est amélioré depuis la dernière fois, en faisant la prévision avec un vecteur vitesse on tombe en-dessous de 2 secondes pour chacune des vidéos simples disponibles avec le source (pour la balle de tennis en vélo j’ai un début de semblant de trajectoire, mais après il se foire irrémédiablement).

                  La fft n’a aucun intérêt pour un petit motif (dans mes tests à la hache, à 64 pixel pour le motif à reconnaître on commence à avoir un léger avantage pour la fft, s’il est plus petit l’algo. simple est plus rapide — la valeur par défaut est à 16 ou 32, je ne sais plus).

                  Ah! et j’ai modifié ça pour en faire une classe.
                • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

                  Posté par . Évalué à 4.

                  Autant te dire que si tu as une crotte de nez, les américains peuvent la voir (la résolution est de 10 cm pour ceux-ci.

                  Et ben, ça en fait une sacrée…
              • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

                Posté par . Évalué à 5.

                Après rapide recherche sur wikipedia, soit un système de propulsion plus ou moins classique (les ptites fusées) sinon des « roues inertielles ou roue à réaction » (il y a peut-être un terme français plus adapté) — http://en.wikipedia.org/wiki/Reaction_wheels — et, au moins pour les satellites d’observation, il faut pouvoir contrôler l’orientation de façon précise sans avoir à attendre (imaginez si les satellites d’observation de la Terre se mettait à danser la lambada… il ne pointerait pas souvent le sol).

                Pour les satellites astro. soit ils fonctionnent en mode balayage (on couvre tout ou partie du ciel), soit en mode pointé (on choisit à l’avance ce qu’on veut observé), dans le dernier cas je suppose qu’on essaie un minimum de sauvegarder l’énergie en préparant la liste des objets observés à l’avance en fonction de l’angle qu’ils font entre eux.
          • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

            Posté par . Évalué à 8.

            faudra qu'on m'explique comment ils font pour "pointer" un satellite...

            Un opérateur a devant lui une mappemonde sur laquelle il définit des scènes de prises de vue. Un algo convertit ces scènes en guidage que doit suivre ce satellite.
            Le satellite utilise des roues à réaction (on fait tourner les roues dans un sens pour que le satellite tourne dans l'autre, c'est le principe de conservation du moment cinétique) pour suivre ce guidage, et modifier ainsi en roulis et en tangage son attitude par rapport au nadir.
            Les données sont ensuite envoyées au sol et traitées.
            Ces images sont prises de travers, et on doit les redresser ; il faut les localiser précisément, etc.

            ­La faculté de citer est un substitut commode à l'intelligence -- Somerset Maugham

    • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      > Je me demande qui a contribué à cet afflux soudain de données.

      Ce sont les fournisseurs d'imagerie satellite qui ont charitablement publiées des photos explicitement libres de droits pour les usages humanitaires liés à la crise - c'est à dire entre autres la cartographie nécessaire à l'organisation des secours. Les images de fournisseurs tels que GeoEye ont une résolution de cinquante centimètres - on peut y détecter des détails tels que des tentes ou distinguer une voiture d'un camion et savoir si un bâtiment est intact, partiellement effondré ou effondré. Sans ces données, le projet ne serait pas allé bien loin.

      > Des membres d'ONG sur place?

      Pas tellement. Par exemple, le jeu de données Ithaca/WFP (des ONG) sur l'évaluation des dommages a été versé à OSM, mais il ce sont des données collectées par l'interprétation d'images satellites.

      > Des gens qui ont pris des données qu'ils avaient dans un placard et qui les ont rajoutées?

      Oui, aussi. Un certain nombre de cartes libres de droits existaient (par exemple les cartes de la CIA qui sont dans le domaine public) mais en raison du manque d'intérêt pour Haïti elle n'ont jamais été exploitée. Comme la cartographie de Haïti a soudainement pris beaucoup d'intérêt, elles ont été précipitamment sorties du placard, ainsi qu'un tas d'autres sources de données.

      • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Merci de ces précisions fort pertinentes. Elles le sont d'autant plus que je sais que tu as participé à ce travail. Bravo.
        • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          Ma contribution fut infime par rapport à celle d'un paquet d'autres - mais je leur transmettrai le compliment !
          • [^] # Re: Mais comment-ont ils fait?

            Posté par (page perso) . Évalué à 3.

            Ne sois pas aussi modeste !

            C'est la somme de toutes ces petites contributions qui permet de créer quelque chose qui dépasse de loin ce que chacun aurait été capable de faire tout seul.
            C'est ce que nous faisons, que ce soit pour wikipedia, OSM, Cooker, Debian, traduc.org, dans un GULL ou dans notre voisinage. C'est un travail de fourmi et nous sommes ces fourmis. C'est aussi comme ça que nous pouvons faire de grandes choses.
  • # Bidouille DNS du .HT : une vraie bonne idée ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Ainsi donc, la « communauté informelle » des admins a décidé « en dehors [...] de toute autorité » de changer la configuration des serveurs du ccTLD .ht, et ce, dans le but de garantir la continuité des services. C'est louable, certes, mais très franchement, je trouve la méthodologie un peu limite : la zone était apparemment configurée pour expirer dans quinze jours. Je pense que deux semaines auraient largement suffi pour rétablir un minimum de communications, au moins assez pour passer un coup de fil au hostmaster du .ht et lui demander « voulez-vous qu'on mette en place un serveur primaire pour vous à l'extérieur du pays le temps que le votre puisse être rétabli ? » plutôt qu'agir indépendamment juste parce que c'était possible techniquement.

    Dans ce cas précis, il est fort probable que les admins du .ht ne voient pas d'inconvénient à cette intervention non autorisée, mais elle crée un précédent fâcheux : elle indique qu'il existe des conditions (pas bien définie) où des gestionnaires techniques peuvent outrepasser l'autorité qui leur a délégué leurs attributions. À moins de bien définir les limites d'une telle intervention, il y a un risque de dérives : si les Talibans venaient à gagner des élections et décidaient de fermer les domaines du .af, les administrateurs des secondaires pourraient-ils en venir à ne pas suivre les mises à jour de la zone ? Seraient-ils justifiés de le faire ?

    Envoyé depuis mon PDP 11/70

    • [^] # Re: Bidouille DNS du .HT : une vraie bonne idée ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      Tout a fait d'accord.
      Je ne vois pas moi même l'urgence a effectuer une telle manip.
    • [^] # Re: Bidouille DNS du .HT : une vraie bonne idée ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Je pense que deux semaines auraient largement suffi pour rétablir un minimum de communications, au moins assez pour passer un coup de fil au hostmaster du .ht et lui demander « voulez-vous qu'on mette en place un serveur primaire pour vous à l'extérieur du pays le temps que le votre puisse être rétabli ? » plutôt qu'agir indépendamment juste parce que c'était possible techniquement.

      Sauf qu'apparemment, Internet a permis à beaucoup de gens d'avoir des nouvelles car toutes les autres moyens de communications sont HS (tout le monde n'a pas un téléphone satellite et la poste risque d'avoir du retard).

      « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

      • [^] # Re: Bidouille DNS du .HT : une vraie bonne idée ?

        Posté par (page perso) . Évalué à -2.

        Bah ils les auraient eu de toutes façons : les .ht n'auraient pas cessé de fonctionner avant 15 jours, et de toute manière, les nouvelles sont diffusées pour la plupart par des sites ayant des domaines dans les gTLD habituels (.com, .net, etc.). Là, il s'est agi de prendre une décision d'ordre administratif (qui est la source autoritaire des domaines .ht) sur la base d'une hypothétique impossibilité à joindre l'admin sous 15 jours. Si on avait juste tenu une copie de la zone sous la main pour l'activer au dernier moment s'il était vraiment impossible de parler au hostmaster (ou si on lui avait parlé et qu'il avait dit oui), alors je n'aurais vu aucun problème à la manip'.

        Envoyé depuis mon PDP 11/70

    • [^] # Re: Bidouille DNS du .HT : une vraie bonne idée ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      C'est un travail de sauvegarde, une solution de secours.

      Les réponses sont dans le blog de Bortzmeyer :
      - En l'absence de toute communication avec les gérants du .HT...
      - Les seules personnes pouvant décider, à Port-au-Prince, étant injoignables...
      - Le délai est de deux semaines

      Je pense que les haïtiens ont assez d'urgences à traiter sur le terrain sans s'occuper de celle-là qui pouvait être traitée depuis l'extérieur. Ils reprendront la main quand ils le pourront... dans quelques mois ?

      Internet n'est plus un gadget, il est devenu un moyen de communication indispensable. Ce drame l'a prouvé.
      • [^] # Re: Bidouille DNS du .HT : une vraie bonne idée ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Je pense que les haïtiens ont assez d'urgences à traiter sur le terrain sans s'occuper de celle-là qui pouvait être traitée depuis l'extérieur. Oui, c'est le point le plus important : même si on pouvait appeler à volonté les administrateurs du .HT (on ne le peut pas), je ne pense pas que cela aurait été une bonne idée que de les harceler avec ce genre de décisions quand ils ont tant à faire.

        Comme souvent avec les crises humanitaires, c'est dans deux mois, quand l'intérêt médiatique aura disparu et que les donneurs ne se manifesteront plus, que commencera le travail le plus difficile : la reconstruction (et, dans le cas du .HT, le retour de ce domaine dans le pays). C'est là qu'il faudra être vigilant, pas lors des réactions d'urgence (où on fait ce qu'on peut avec des informations incomplètes).
  • # joli coup de projecteur pour OSM

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    avec ce joli coup de projecteur, un ami abandonne son projet en cours de carte des séismes de la côte d'Azur avec Google Maps pour le faire sous OSM. Il n'y a pas à dire, un peu de pub pour le libre, ça fait du bien :-)
  • # rester modeste

    Posté par . Évalué à 2.

    Je pense que la contribution de la communauté OSM est utile et importante mais il faut bien voir qu'elle a surtout été rendue possible que par l'autorisation d'utilisation des images du satellite Geoeye qui a une résolution de 50 cm.

    c'est donc bien à une collaboration et à une réaction rapide de certains producteurs d'imagerie satellite sollicités par la communauté OpenStreetMap que l'on doit cette carte.

    j'ai suivi par ailleurs les productions du Sertit. http://sertit.u-strasbg.fr/SITE_RMS/2010/01_rms_haiti_2010/0(...)

    Le Sertit a travaillé jusqu'au 16 avec des images Spotimage anciennes (résolution de 2,50 m) ou du satellite ALOS (résolution de 10 m) et seulement depuis le 17 avec les images Geoeye. et je n'ai pas vu que Spotimage ait mis a disposition ses images mais peut-être n'a-t-elle pas été sollicitée.

    Le travail est un peu comparable, la licence libre et l'interactivité en moins.

    Reste donc à voir si les applications pour GPS et la carte OSM actualisée en temps réel a une vraie pertinence auprès des logisticiens sur le terrain.

    Est-ce que dans le cas de catastrophes de ce genre les militaires n'ont pas des ressources cartographiques précises qu'ils peuvent mettre à disposition ?
    • [^] # Re: rester modeste

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      Les militaires ont les satellites d'observation mais une photo prise par un satellite n'est pas directement utilisable. Le nom des rues, des places, des bâtiments publics... n'est pas indiqué.
      Ce travail est long et demande beaucoup de main-d'œuvre qualifiée. C'est là que OSM a pleinement montré son intérêt.
    • [^] # Re: rester modeste

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      > je n'ai pas vu que Spotimage ait mis a disposition ses images
      > mais peut-être n'a-t-elle pas été sollicitée.

      J'ai contacté Spotimage le 14 Janvier, et ils m'ont en substance répondu que leur contribution a lieu dans le cadre de la Charte Internationale "Espace et Catastrophes Majeures".

      Voici le texte de leur réponse :

      -------------------------------------------------------------------------------------------------------
      Spot Image travaille en étroite collaboration avec le CNES dans le cadre de la Charte Internationale "Espace et Catastrophes Majeures".

      Lors du déclenchement de cette dernière, comme cela est actuellement le cas pour le tremblement de terre sur Haïti, notre société peut être sollicitée afin de mobiliser la ressource satellitaire nécessaire aux sécurités civiles afin qu’elles puissent intervenir sur le terrain dans les meilleurs délais et puissent prendre les décisions les plus adéquates.

      Le principe est le suivant : les sécurités civiles déclenchent la Charte Internationale "Espace et Catastrophes Majeures", la ressource de Spot Image est sollicitée et Spot s’engage à programmer pendant une période limitée prédéfinie le satellite afin d’acquérir une image de crise. Il peut également être fourni une image d’archive si cette dernière se révèle pertinente.

      Vous trouverez des informations concernant notre engagement et notre rôle en cliquant sur le lien suivant : http://www.spotimage.com/web/121-charte-risques.php
      -------------------------------------------------------------------------------------------------------

      Mais un peu plus tard, une image en résolution 2.5m a été mise en ligne à http://www.spotimage.com/web/en/3077-haiti-earthquake-spot-5-image-of-port-au-prince-on-google-earth.php - mais seulement au format KML de Google Earth.

      > Le travail est un peu comparable, la licence libre et l'interactivité en moins.

      Oui, nettement plus bureaucratique... C'est la manière Européenne.
  • # Et d'un coup de baguette magique

    Posté par . Évalué à 1.

    OpenStreetMap se transforma en Wikipedia.

    Notre chère chaine d'information iTélé nou apprends que des internautes se sont regroupés pour cartographier la capitale. Des internautes qui contribuent pour une fois à quelque chose, ça ne peut être que Wikipedia bien entendu...
  • # Informations en vrac sur l'état de l'Internet à Haïti

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    Le point d'échange Internet, situé sur la colline de Boutillier, fonctionne toujours et vient d'être ravitaillé en carburant, le point le plus critique : cf. le témoignage de son responsable en [http://mailman.nanog.org/pipermail/nanog/2010-January/017274(...)]

    Une réflexion intelligente de Bill Woodcock, un des coordinateurs de l'aide au fonctionnement du réseau, en [http://mailman.nanog.org/pipermail/nanog/2010-January/017326(...)].

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