Matériel libre : état des lieux après l’échec de la campagne de financement Talos

26
23
fév.
2017
Matériel

La campagne de financement participatif d’une carte mère ATX complètement libre basée sur OpenPOWER a échoué. Timothy Pearson, de Raptor Engineering, principal artisan de cette campagne, en tire un certain nombre d’enseignements, et dresse un tableau, plutôt sombre de la situation, qui fait écho aux journaux d’eingousef « Point d’étape sur le matériel et nos libertés » 1re partie et 2e partie.

Certaines pistes d’action sont également proposées, dont le financement participatif d’un module BMC libre pour cartes mères ASUS KGPE-D16.

La deuxième partie de dépêche contient une version française du texte de Raptor Enineering publiée, bien sûr, avec son autorisation.

NdM. : ce contenu est sous licence CC BY-NC-SA 4.0.

Sommaire

« Alors que Talos™ affale les voiles et que les ressources de développement sont affectées à d’autres projets, explorons la situation de l’informatique contrôlée par l’utilisateur et la signification de l’échec du financement de Talos™ pour le futur proche.

À quoi s’attendre

La communauté du logiciel libre en général a peu d’expérience directe avec le type de verrouillage matériel aujourd’hui présent sur tous les systèmes informatiques dominants. Comme nous l’avons exploré dans une précédente mise à jour, à la différence du matériel conçu et commercialisé avant 2013, tous les matériels informatiques modernes dominants opèrent, et pour toujours, sous le contrôle direct du fournisseur, sans aucun moyen d’en rendre le contrôle complet au propriétaire physique de la machine (contrôle de la « racine de confiance », possibilité de modifier le produit pour qu’il fonctionne selon les souhaits de son propriétaire, etc.). Au cours de l’année 2016, nous avons eu des aperçus de ce que cela signifie pour la société, depuis les thermostats Revolv désactivés à distance et volontairement par leur véritable propriétaire, le fournisseur, au Samsung Note 7 partiellement désactivé par une mise à jour à distance pour des raisons de responsabilité, aux affirmations non vérifiées que les clés secrètes de l’Intel® Management Engine seraient mises en vente dans les cercles criminels, jusqu’au gouvernement des États‐Unis qui poursuit D-Link en particulier à cause de l’attaque DDoS lancée en octobre depuis des objets connectés. Le plus intéressant est que cette poursuite judiciaire, par sa cible, reconnaît implicitement que les produits, que les gens pensaient avoir acquis de plein droit, ne sont en fait ni plus ni moins qu’une location à long terme, avec toutes les implications financières sur la liberté, sur la vie privée, associées à la location et non la possession d’un appareil. Pour finir, la tendance actuelle en informatique est, dans les faits, de faire passer l’hyperviseur et/ou le noyau dans le micro‐logiciel principal de la plate‐forme. Dès lors que c’est fait dans des systèmes contrôlés par le fournisseur, le logiciel libre sera réduit à un ensemble d’outils en espace utilisateur, à la façon de ce qui s’est passé sur les iPhones débridés ou sur les appareils Android. Avec le temps, des licences pourront même être exigées pour exécuter certains outils en espace utilisateur, quand les outils libres entreront en concurrence avec des offres commerciales sur la même plate‐forme. La seule façon d’échapper à ce futur est de soutenir financièrement le développement de matériel contrôlé par l’utilisateur, quelles que soient les sociétés qui en proposent à un moment donné.

Frise chronologique des architectures et événements liés au contrôle du matériel par l’utilisateur

Pour résumer, nous approchons rapidement (et dans certains pays nous les avons déjà atteints) des futurs si clairement décrits, mais si souvent ignorés, par George Orwell et Richard Stallman. Un état d’apathie s’est répandu et, comme dans la fable de la grenouille, qui dans une marmite ne réagit pas avant d’être cuite, nous nous sommes tous accoutumés à voir notre vie privée envahie de façon permanente et pernicieuse, juste pour économiser un peu d’argent. Bien que la frugalité soit normalement une qualité, portée à l’extrême, elle devient une folie car elle conduit à la violation de droits humains de base. L’absence d’action pour contrer ces tendances augmente quotidiennement les barrières à l’entrée dans les industries technologiques. Cela condamne les travailleurs du secteur technologique à trimer sous le contrôle de grandes entreprises qui peuvent s’offrir l’accès exclusif aux types de matériel et de logiciel nécessaires à concevoir de nouveaux produits commercialement viables. D’ailleurs, pour travailler dans les métiers de l’ingénierie aux États‐Unis, il vous est interdit de jamais revenir au type de travail que vous faisiez pour votre employeur après avoir quitté votre emploi. Il est vital, à la fois pour garantir l’innovation future et pour s’assurer d’une juste rémunération du travail réalisé dans les domaines techniques, que les outils nécessaires à la conception de nouveaux produits restent accessibles aux PME aussi bien qu’aux individus.

Il existe un autre coût caché des matériels contrôlés par le fournisseur : de lourds dommages environnementaux. En s’assurant du contrôle des produits du berceau au cercueil, les fournisseurs éliminent efficacement une étape majeure du recyclage, la « réutilisation ». Les produits technologiques sont particulièrement difficiles à réutiliser du fait de l’obsolescence rapide des logiciels qu’ils utilisent. Cependant, dans le cas des matériels contrôlés par l’utilisateur, de nombreuses personnes ont trouvé des moyens d’insuffler une nouvelle vie à de vieux appareils. Cela se fait typiquement en remplaçant le logiciel privateur originel par un logiciel libre qui ajoute des fonctionnalités ou restaure d’une façon ou d’une autre l’utilité de l’appareil, parfois dans un rôle totalement différent de celui prévu à l’origine par le fournisseur ! Le contrôle par le fournisseur implique qu’une fois le logiciel obsolète, l’appareil doive être jeté ou recyclé, impactant là encore l’environnement, car la plupart des appareils sont brûlés pour récupérer les traces d’or et d’autres substances précieuses.

Finalement, tandis que nous évoluons vers une société post vie privée, financée par la publicité, un coût final devient apparent. Une expression française dit, « si c’est gratuit, vous êtes le produit » ; en gros, « si vous ne payez pas, vous n’êtes pas le client ; vous êtes le produit qu’on vend. » Plutôt que d’être considéré comme un individu doté de raison, chacun est réduit à un produit qui peut être exploité à volonté et pour toute fin. Alors que les gens se rendent compte que chacune de leurs pensées, de leurs actions, de leurs conversations, de leurs relations sont enregistrées et analysées, un effet de sidération naît, détruisant les fondements même de la société démocratique. Les idées nouvelles ou non dominantes sont non seulement ignorées, mais supprimées par les individus qui les produisent, pour des raisons de sécurité personnelle ou pour des gains financiers immédiats. Nous le voyons déjà dans plusieurs pays, dans lesquels des services fondamentaux de la vie moderne, comme l’électricité ou l’accès à Internet, sont maintenant utilisés pour s’immiscer de force dans les détails les plus intimes des actions et des pensées d’une personne. Il est vital que les individus reprennent le contrôle de la technologie avant qu’elle ne devienne rien d’autre qu’une laisse complexe et envahissante servant à assujettir les individus à un contrôle externe — même si cela signifie dépenser plus, ou faire sans le dernier gadget tant qu’une version contrôlée par l’utilisateur n’est pas disponible.

Idées inapplicables

Durant la campagne de financement Talos™, nous avons vu proposer nombre de solutions inapplicables. Une des réponses les plus fréquentes a été de simplement abandonner tout matériel moderne, et de continuer à utiliser des appareils ridiculement dépassés et peu puissants, jusqu’à ce qu’ils cessent d’être disponibles. Bien que cela soit une réaction néo‐luddiste parfaitement naturelle, cela conduira inévitablement à une extinction quasi complète de tout logiciel libre non commercial, et les logiciels libres communautaires perdront peu à peu toute pertinence pour la majorité de la population. Par exemple, combien de personnes veulent encore utiliser des logiciels de BBS par modem ou des traitements de texte en mode console ? La majorité de l’offre de logiciels libres actuelle sera dédaignée avec le même « et alors ? » dans une ou deux décennies si elle n’est pas continuellement développée ; rester immobile dans un océan de changement n’est pas une solution, cela condamnera ceux qui choisissent exclusivement l’informatique rétro à une position de plus en plus faible et inaudible dans la société moderne.

Une réponse moins courante, mais toute aussi inapplicable, est d’essayer par les moyens législatifs de forcer les fournisseurs à produire à bas prix des matériels contrôlés par les utilisateurs. Une telle intervention serait une des plus grandes interventions de réglementation du marché depuis plusieurs décennies et il est extrêmement improbable qu’elle survienne jamais. En fait, avec les récentes décisions de la FCC, on voit exactement le contraire ; il est exigé des fournisseurs qu’ils verrouillent tout contrôle par les utilisateurs des applications sans fil, officiellement pour le bien général. Quand la communauté se tourne alors vers des articles du marché « gris » parallèle pour contourner ces réglementations, plutôt que de payer plus cher pour développer des produits sûrs qui répondent à la réglementation au niveau matériel et non logiciel, cela renforce l’idée populaire que le contrôle par l’utilisateur n’est nécessaire que pour des activités illégales, rendant plus improbable encore l’apparition de matériels informatiques contrôlés par l’utilisateur pour le plus grand nombre.

Une troisième réponse a été d’essayer d’appliquer les modèles de développement des logiciels libres au développement de matériel libre. De prime abord, cela peut semble une bonne idée, jusqu’à ce que vous creusiez un peu et considériez les facteurs qui permettent au logiciel libre de prospérer et de converger vers des solutions optimales dans de nombreux cas. En résumé, cela ne marche pour le logiciel que par l’application des principes de marché à un produit avec un important vivier de talents expérimentés, avec des barrières à l’entrée quasi nulles, des coûts d’itération quasi nuls, un délai de mise sur le marché rapide et des coûts très faibles pour tester une nouvelle idée ou une nouvelle configuration. Dans un tel environnement, dans lequel mener un projet dans une direction radicalement nouvelle et expérimentale ne coûte que du temps et quelques dollars d’électricité, les variantes abondent et, en conséquence, le marché est libre de sélectionner les meilleures fonctionnalités de chaque branche et de mener le produit principal dans une direction optimale — l’intervention humaine n’est pas nécessaire pour « prédire » si une idée marchera ou non, comme c’est le cas dans la plupart des systèmes de planification centralisée. À l’inverse, le développement matériel dispose d’un maigre vivier de talents, au niveau de compétence très variable, souffre de barrières à l’entrée très élevées, de coûts d’itération très élevés, d’un long délai de mise sur le marché, et tester de nouvelles idées nécessite que les coûts d’itération et de barrières à l’entrée soient payés à l’avance. En conséquence, le développement de matériel tombe souvent dans un modèle de planification centralisée, avec les individus les plus forts qui sélectionnent les voies dont ils pensent qu’elles seront correctes et profitables, et le marché n’est pas en capacité de converger vers une solution optimale. Nous avons déjà assisté à cela avec RISC-V et certaines de ses décisions de conception les plus déconcertantes, ou des ses fonctionnalités étrangement manquantes (par exemple, l’absence d’IOMMU et de cache de niveau 3 dans toutes les implémentations actuelles, l’ajout d’instructions vectorielles à la Cray, mais l’absence de standardisation des instructions SIMD orientées médias, etc.) ; d’après notre expérience directe, le modèle de développement du logiciel libre ne peut pas être étendu au développement matériel étant donné les contraintes actuelles et prévisibles des technologies de fabrication de matériel. Si un changement fondamental dans les technologies de fabrication advenait, qui réduirait les coûts d’itération à presque rien, et, plus important, réduirait à presque rien les barrières à l’entrée alors, et alors seulement, les modèles de développement du logiciel libre s’appliqueraient au matériel. En attendant, la conception de matériel informatique demeure le pré carré de sociétés ayant à la fois la capacité financière pour entrer sur le marché et les connaissances techniques nécessaires pour garder un projet à plusieurs millions sur les rails et éviter que les itérations ne le conduise aux oubliettes pour raisons financières.

Solutions temporaires

Tout d’abord, il faut noter qu’à ce stade les premiers moyens pour conserver du matériel libre disponible sont financiers. Les jours où un programmeur solitaire ou un groupe de codeurs amateurs pouvaient changer le monde ont disparu depuis longtemps, principalement à cause du verrouillage du matériel discuté plus haut. Si vous avez une grande expérience du matériel bas niveau et des micro‐logiciels, ne travaillez pas déjà pour les quelques entreprises qui ont besoin de ces compétences, avez des réserves d’argent pour acquérir du matériel contrôlable par l’utilisateur mais aujourd’hui fermé et êtes prêts à donner beaucoup de temps à la cause du matériel libre, il y a des projets où vous pouvez faire la différence. Si vous ne répondez pas à cette description, la meilleure contribution que vous pouvez faire est financière, auprès des quelques firmes restantes qui acceptent d’envisager créer ou travailler sur du matériel libre.

Individus

Pour lors, la meilleure façon d’agir pour les individus est de soutenir ces quelques sociétés qui, comme Raptor Engineering, vendent encore du matériel livré directement avec le contrôle par l’utilisateur. Nous proposons deux offres distinctes ; une version pour le bureau et une version serveur, soit dans un format ATX standard, avec jusqu’à douze cœurs Opteron Piledriver et 64 Gio de mémoire vive DDR3, soit dans un format serveur SSI EEB avec jusqu’à 32 cœurs Opteron Piledriver et 128 Gio de mémoire vive DDR3. Un projet de développement d’une unité de gestion à distance (BMC) libre pour ces cartes mères est en cours et nous sollicitons un financement participatif de la communauté. S’il vous plaît, participez, si vous êtes intéressés par ce travail.
En achetant auprès d’un vendeur de systèmes contrôlés par l’utilisateur, non seulement vous soutenez directement le travail de développement nécessaire pour conserver disponible le matériel contrôlé par l’utilisateur, mais vous montrez aussi qu’il existe un marché pour de tels systèmes et que leur développement représente un investissement rentable pour le futur.

Organisations et entreprises

Pour les organisations et les entreprises qui utilisent des serveurs et des logiciels libres, la meilleure façon d’agir est d’acheter du matériel OpenPOWER contrôlé par l’utilisateur et de rappeler à IBM et à votre revendeur que les raisons de votre choix d’OpenPOWER tiennent au fait que le matériel est complètement contrôlé par l’utilisateur. Raptor Engineering est aussi disposé, sous contrat, à « libérer » des systèmes OpenPOWER existants de vendeurs logiciels fermés, comme le S812LC ; si vous souhaitez explorer cette option, contactez‐nous avec le modèle et le fournisseur que vous voudriez voir libéré. Notez qu’au contraire des systèmes x86 plus anciens, le BMC fait partie intégrante du processus de démarrage sur OpenPOWER, et qu’utiliser un micro‐logiciel BMC non libre sur des machines OpenPOWER comporte les mêmes risques qu’utiliser un micro‐logiciel système propriétaire sur des machines x86.

Solutions à long terme

Pour les équipementiers OEM et ODM

Pour les fabricants d’équipement d’origine (OEM et ODM), l’utilisation de puces ARM64 ou POWER et la prise de licences de technologies spécifiques à Talos™, comme FlexVer™ et LPC Guard™, vous permettront d’offrir des produits avec un niveau de sécurité encore supérieur à celui qui prévaut sur les systèmes à gestion centralisée sur x86. Ce niveau de sécurité supérieur a des applications non seulement pour la protection de la propriété intellectuelle, mais fournit aussi aux industries de défense l’assurance essentielle que le contrôle demeure exclusivement aux mains du propriétaire de la machine, et pas dans celles du fournisseur, et qu’il n’y a aucune porte dérobée, intentionnelle ou non, qui attende d’être exploitée par l’adversaire. Raptor Engineering a des années d’expérience dans le développement de micro‐logiciels de bas niveau et peut créer une solution micro‐logicielle réellement libre pour votre nouveau produit basé sur ARM64 ou sur POWER, vous permettant de bénéficier des avantages commerciaux et de communication liés à une auditabilité totale, pour un coût fixe, raisonnable et non récurrent. Pour des exemples de notre travail, voyez la prise en charge des AMD Family 15h avec l’initialisation de la mémoire vive DDR3 dans coreboot, ainsi que nos portages de coreboot sur les ASUS KFSN4-DRE, ASUS KCMA-D8, ASUS KGPE-D16 et Lenovo T400.

Pour les éditeurs de logiciels, nous pouvons vous aider à porter vos applications vers POWER, vous permettant de bénéficier des avantages uniques d’un des processeurs les plus puissants sur le marché d’aujourd’hui, ou vers ARM64, vous permettant de bénéficier des avantages de l’informatique verte dans les centres de données.

Raptor Engineering est reconnaissante d’avoir eu l’opportunité de mener cette campagne et voudrait remercier la communauté pour tout le soutien reçu durant cet effort de presque un an. Nous ne recevrons aucun des fonds engagés sur cette campagne de financement participatif. Si vous avez déjà fait une précommande d’un processeur POWER8 via Crowd Supply, vous serez complètement remboursé. Si vous avez engagé des fonds sur un produit Talos™, vous n’avez pas été, et ne serez pas, débité.

Nous ne continuerons pas le développement des systèmes Talos™, cependant nous sommes disposés à licencier certaines parties de la technologie Talos™, comme FlexVer™, à d’autres fournisseurs. Nous restons très impliqués dans OpenPOWER et affirmons que la plate‐forme OpenPOWER reste le meilleur futur viable pour le développement de logiciels libres. Nous continuerons notre migration de x86 vers POWER8 et POWER9, et continuerons à contribuer des correctifs en retour à tous les projets logiciels libres qui nécessitent des modifications pour fonctionner correctement sur systèmes OpenPOWER.

Enfin, nous pourrions démarrer dans un futur proche une nouvelle plate‐forme basée sur OpenPOWER, hors financement participatif, à travers Raptor Computing Systems. Alors, restez à l’écoute ! »

  • # Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

    Posté par . Évalué à 10 (+18/-5).

    D'ailleurs, pour travailler dans les métiers de l'ingénierie aux États-Unis, il vous est interdit de jamais revenir au type travail que vous faisiez pour votre employeur après avoir quitté votre emploi.

    C'est absolument et totalement faux. Moi et la plupart des gens que je connais avons changé de boite et travaillons souvent sur le même genre de choses que l'on faisait avant. Notre boite précédente le sait et s'en fout totalement.

    La loi change par état, et pour que ton employeur précédent puisse te poursuivre il faut un certain concours de circonstances (connaitre en détails les futurs projets de la boite, etc…) qui font que cela ne s'applique réellement qu'aux gens haut placés genre directeur d'un groupe de dizaines de gens ou plus haut, ou alors les vrais pontes techniques vu qu'ils se promènent souvent dans les meetings ou toute la stratégie sur des années est discutée.

    Les idées nouvelles ou non dominantes sont non seulement ignorées, mais supprimées par les individus qui les produisent, pour des raisons de sécurité personnelle ou pour des gains financiers immédiats.

    Et la marmotte… Non mais sérieusement faut arrèter de raconter n'importe quoi pour essayer de convaincre les gens de ton point de vue hein… C'est non seulement totalement faux, mais ce l'est de manière tellement flagrante que tout ton article passe à la poubelle dans ma tête, tu as perdu toute crédibilité. Il n'y a jamais eu autant de créativité dans l'industrie informatique qu'en ces dernières années, que ce soit au niveau HW ou SW.

    • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

      Posté par (page perso) . Évalué à 7 (+6/-1).

      Sans aller jusqu'à tout mettre à la poubelle, je me dis surtout que cette expérience et les qq autres sur le matériel libre montrent juste que la maitrise totale et absolue d'un équipement n'est qu'une caractéristique appréciable parmi d'autres pour un produit et que c'est TRES loin d'être un saint graal pour la grosse majorité des consommateurs… Et visiblement, le manque de liberté du matériel actuel ne semble pas gêner grand monde…

      Les jours où un programmeur solitaire ou un groupe de codeurs amateurs pouvaient changer le monde ont disparu depuis longtemps, principalement à cause du verrouillage du matériel discuté plus haut.

      Si c'est toujours largement possible mais pas sur le plan du matos. Le matériel est devenu un consommable (pour le meilleur ou pour le pire) et c'est devenu un marché de masse qui ne peut être bouleversé que par un énorme apport d'argent. Ce qui exclut d'office les popols dans un garage effectivement…
      Mais les possibilités de bouleverser le monde existent toujours dans le logiciel et on a pas fini d'en voir le bout…
      Et puis je me dis que pour bouleverser un marché, faut pas essayer de refaire ce qui existe déjà avec juste un détail qui change, ça n'a pas de sens. Il faut faire un truc vraiment nouveau, pas une resucée de carte mère en moins bien.

    • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

      Posté par . Évalué à -6 (+1/-8).

      Il n'y a jamais eu autant de créativité dans l'industrie informatique qu'en ces dernières années, que ce soit au niveau HW ou SW.

      est en train de s'étouffer de rire xD (moi je trouve que l'écosystème a sacrément ralenti depuis qu'il y a des brevets sur tout même le PQ des chiottes, en plus la corruption ça n'aide franchement pas l'innovation)

      • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

        Posté par (page perso) . Évalué à -3 (+0/-5).

        Pour poser un brevet, il faut qu'il y aie une innovation. Donc, le fait qu'il y aie plein de brevets déposés en ce moment, c'est plutôt bon signe pour l'innovation. Indépendamment du débat "pour ou contre les brevets logiciels".

        • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

          Posté par . Évalué à 1 (+2/-1). Dernière modification le 24/02/17 à 17:08.

          Non car aujourd'hui les brevets sont posé sans innovation ou du moins pour des choses mineur "au cas ou". Si je pose un brevet sur la construction d'un cabanon au fond de ton jardin à cause du côté pratique de mettre les outils ailleurs.. tu ne peux plus construire de cabanon et moi, il y a très peu de chance que ce brevet me serve a quelques chose un jour. C'est le principe des entreprises que l'on appel "patent-troll"…

          • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

            Posté par (page perso) . Évalué à 8 (+6/-0).

            Par définition un brevet pour être valide ne doit pas découler simplement de ce qui est connu par une personne étant à l'état de l'art du domaine. C'est la définition même du brevet.

            Par contre oui, beaucoup d'offices du brevet ne sont pas très regardants ou réellement compétents sur la question et laissent passer des choses. Mais au tribunal tu peux les faire invalider les brevets pour cette raison.

            Le soucis principal dans l'architecture des mécanismes des brevets est justement les offices des brevets eux mêmes qui ne sont pas omniscients et qui n'ont même pas forcément un grand intérêt à être exigeants pour valider un brevet. Si un brevet est invalidé après, ils ne sont absolument pas inquiétés. Ce qui laisse la possibilité de déposer des brevets pour tout et n'importe quoi et rend nécessaire la justice pour éclaircir cela (mais la justice cela prend du temps et des sous).

            C'est le principe des entreprises que l'on appel "patent-troll"…

            Les patent trolls pourraient mourir si effectivement les compagnies allaient au bout des procédures judiciaires pour invalider les brevets qu'elles détiennent (la majorité n'étant pas valables). Mais cela demande du temps et cela coûte cher. Mais en soit elles sont en torts.

            Après note qu'en France, si au bout de 5/10 ans (la durée maximale de validité d'un brevet est de 25 ans de souvenir) tu n'as rien fait de ton brevet, le brevet expire. Cela limite justement ce genre de choses. Outre le fait qu'en UE les brevets logiciels n'existent pas ce qui limite fortement la possibilité des patents trolls sur notre continent (même si cela existe).

            • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

              Posté par (page perso) . Évalué à 2 (+0/-1).

              Les patent trolls pourraient mourir si effectivement les compagnies allaient au bout des procédures judiciaires pour invalider les brevets qu'elles détiennent (la majorité n'étant pas valables). Mais cela demande du temps et cela coûte cher. Mais en soit elles sont en torts.

              Non, parce qu'au milieu de la masse de brevets invalide, il peut y en avoir un qui est jugé valide et là, en plus d'avoir perdu des sous à te battre contre les moulins, tu te prends un sacré retour pour violation de ce brevet là et ça finance la boîte pour continuer son business douteux pendant longtemps.

              « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

    • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

      Posté par . Évalué à 2 (+1/-0).

      Sur la difficulté de travailler dans l'industrie du matériel après la rupture d'un contrat de travail, Timothy Pearson (l'auteur du texte original) cite les éléments suivants, clause de non concurrence issus de contrats de travail communs aux Etats-Unis :

      I acknowledge that all work performed by me is on a “work for
      hire” basis, and I hereby do assign and transfer and, to the
      extent any such assignment cannot be made at present, will assign
      and transfer, to the Company and its successors
      and assigns all my
      right, title and interest in all Developments that (a) relate to the
      business of the Company or any customer of or supplier
      to the
      Company or any of the products or services being researched,
      developed, manufactured or sold by the Company or which may be used
      with such products or services
      ; or (b) result from tasks assigned to
      me by the Company;
      or (c) result from the use of premises or
      personal property (whether tangible or intangible) owned, leased or
      contracted for by the Company (collectively, Company-Related Developments)
      and all related patents, patent applications, trademarks and
      trademark applications, copyrights and copyright applications, and
      other intellectual property rights in all countries and territories
      worldwide and under any international conventions (“Intellectual
      Property Rights”).

      En gros, tout travail dérivé de l'expérience acquise, en tout cas tout travail lié à l'activité de l'employeur, ou de ses clients, ou de ses fournisseurs, ou lié aux produits vendus, développés, objet de recherche par l'employeur, ou même tout produit qui pourrait être utilisé avec ces produits ou services…

      Ce qui, reconnaissons le, est assez extensif ! Je pense qu'en France une telle clause serait considérée comme léonine (abusive et non applicable), mais je suis inculte en droit du travail américain, et j'ai l'impression de Timothy parle d'expérience…

      • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

        Posté par . Évalué à 2 (+1/-0).

        On a tous cela dans nos contrats ici. Rien de nouveau, tout ce que cela dit est que tout ce que tu fais pendant que tu es employé par cette boite appartient à la boite. Cela n'inclut évidemment pas ce que tu fais après avoir été employé par eux ou avant. Il y a souvent aussi une clause de "moonlight" qui permet à l'employé de bosser sur son temps libre sur un truc sans rapport avec l'activité de la boite et ne pas avoir à donner les droits.

        • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

          Posté par . Évalué à 1 (+1/-0).

          J'ai jamais compris cette histoire qu'en temps que développer ce que tu développe sur ton temps libre (chez toi et sans le matériel de l'entreprise) appartient à l'entreprise pour qui tu travaille.

          • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

            Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+2/-0).

            un article de Joel Spolky qui explique bien l'enjeu pour les entreprises :
            https://www.joelonsoftware.com/2016/12/09/developers-side-projects/

            En gros, ça s'applique surtout aux métier "créatifs" où l'idée peut survenir à n'importe quel moment de la journée. L'entreprise veut juste s'assurer que tu ne vas pas essayer de récupérer la paternité en prouvant que telle idée révolutionnaire tu l'as eu en prenant ta douche le matin, donc pas sur ton temps de travail.

          • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

            Posté par . Évalué à 1 (+0/-0).

            Ce n'est pas le cas. Selon le contrat :

            Si je bosses à Amazon, et que demain je crée un traitement de texte sur mon temps libre (bref un truc qui ne concurrence rien de ce que fait Amazon), sans utiliser les ressources d'Amazon, le truc est à moi.

            Si je bosses à Amazon, et que demain je crée un service de stockage en ligne sur mon temps libre, alors il appartiendra à Amazon, sauf si j'ai demandé un accord de moonlighting qui a été accepté (et dans ce cas précis il serait probablement rejeté).

    • [^] # Re: Ne pas raconter n'importe quoi non plus...

      Posté par . Évalué à -1 (+0/-1).

      C'est vrai qu'on voit que des innovation en ce moment : des pages gavées de javascript qui servent à rien, facebook, netflix et surtout le PQ triple épaisseur…

  • # Merci pour la pub

    Posté par . Évalué à 4 (+6/-2).

    Je ne connaissais pas Raptor Engineering, mais j'avoue être perplexe sur le papier de cette boîte. C'est juste un papier corporate qui glorifie cette entreprise, non ? Alors autant, je suis tout à faire convaincu de l'importance de coreboot et c'est bien qu'une entreprise mais était-ce bien nécessaire de récupérer cette publicité pour Raptor Engineering ? D'autant plus qu'aucune solution concrète, achetable réellement n'est évoquée dans cette dépêche.

    Je ne trouve pas cette publi-information pertinente.

    • [^] # Re: Merci pour la pub

      Posté par . Évalué à 3 (+2/-0).

      Certes, c'est un côté indéniable du papier, et je ne sais pas si Raptor Engineering est un modèle. Néanmoins les points évoqués me semblent malgré tout pertinents, et les compétences consacrées au matériel libre m'ont semblé suffisamment rares pour passer outre ce côté autopromotion et "le monde est contre moi"… Peut-être est-ce que je me trompe, et peut-être y a-t-il d'autres initiatives intéressantes de ce type ? En connaissez-vous ?

      • [^] # Re: Merci pour la pub

        Posté par . Évalué à -2 (+0/-2).

        On est ici parce que l'on aime le libre et que l'on veux le connaitre donc j'aime ce genre de pub pour les entreprises qui le promeuvent. (Je trouverais ça insupportable d'avoir de la PUB Intel…)

        C'est une terrible réalité bien difficile à expliquer au commun des mortel… Quand j'explique que j'ai acheté un "A20-OLinuXino-LIME2 de chez Olimex" comme PC parce qu'il est libre même dans le milieu informatique on ne comprends pas pourquoi je n'ai pas acheté un Raspberry PI.

        • [^] # Re: Merci pour la pub

          Posté par . Évalué à 3 (+3/-0).

          Je comprends pas trop ton point de vue. La carte Olimex utilise un chip A20 de chez AllWinner avec un GPU Mali400. Ni AllWinner ni le GPU de chez ARM ne sont particulièrement "libre-friendly". J'ai moi même un Pine64 basé sur le A64 du même fabricant avec le même GPU et franchement, les perfs ne sont pas terribles et pour l'instant on est toujours locké sur le kernel d'origine, la procédure de boot est pour le moins obscure … bref je ne n'en suis pas satisfait.

          A coté de cela, le Raspberry-pi 3 (et maintenant 2 aussi) utilise un cortex A53, dispose d'une bonne bande passante RAM, le GPU est certes ancien mais les drivers open-sources sont presque finis (en tous cas fonctionnel), le mécanisme de boot est documenté, tout comme le reste de la plate-forme.

          Ce serait juste le schéma du PCB de Olimex qui serait libre ? c'est léger comme argument commercial, non ?

  • # Ha la licence pas logique...

    Posté par (page perso) . Évalué à 9 (+14/-7). Dernière modification le 24/02/17 à 10:08.

    En plus de la critique de pasBill pasGates bien pertinente car ça fait juste Calimero "tout le monde est contre moi", je note que la licence du texte est non libre, ce qui est amusant quand on lit que c'est une complainte sur le manque de liberté…

    Pas sûr que de se complaire dans la vue négative sur le monde aidera à motiver les gens à dépenser des sous, surtout si on commence à parler de "le libre c'est important" tout en faisant l'inverse.

    • [^] # Re: Ha la licence pas logique...

      Posté par . Évalué à 2 (+0/-0).

      Je pense que, comme beaucoup de gens, le monsieur fait une différence entre la technique (matériel, logiciel, documentation, etc.), et ce qui relève de l'opinion (ce qui est le cas ici, non ?).

  • # Samsung

    Posté par . Évalué à 0 (+1/-2). Dernière modification le 24/02/17 à 13:03.

    C'est violent ton histoire avec les Samsung Note 7, merci d'avoir partagé.

    PS : c'est une belle "anti-pub" pour le matos militaire étranger, imagine ton pays achète des tourelles de défenses Samsung que l'entreprise peut stopper à distance xD (faut utiliser du Belge, on n'a jamais fait mieux que la FN :D )

    • [^] # Re: Samsung

      Posté par . Évalué à -1 (+1/-2).

      Ou des sous-marins sous Windows…

      • [^] # Re: Samsung

        Posté par . Évalué à 0 (+0/-1).

        wiresharker un sous marin : le fantasme :D

        Il y a aussi un blindé de transport de troupe autonome qui tourne sous dobe, les concepteurs se la pétait avec dans "armes du futur" en le contrôlant avec une manette de Xbox (j'espère que le F35 dont vient de se doter la Flan…Belgique n'est pas soumis a cette logique si non bonjour le gaspillage de thune).

  • # Économies

    Posté par (page perso) . Évalué à 4 (+2/-0).

    nous nous sommes tous accoutumés à voir notre vie privée envahie de façon permanente et pernicieuse, juste pour économiser un peu d’argent

    Je ne suis pas du même avis.
    Dans le secteur des nouvelles technologies, le matériel « encadré » par le fabricant est la norme. Il n'existe aucune alternative « un peu plus chère », donc ce n'est pas un problème d'argent de la part de l'acheteur.

    Dans certains cas il existe des trucs libres, mais soit horriblement chers (donc ce n'est pas « économiser un peu » qui pose problème), soit horriblement limités (l'économie pécuniaire n'est pas non plus la source du problème). Et le combo cher+limité existe également (un téléphone avec des caractéristiques limitées qui coûte 1000 € n'est pas achetable par des humains normaux).

  • # Pistes de développement

    Posté par . Évalué à 2 (+2/-1). Dernière modification le 26/02/17 à 16:44.

    C'est intéressant. D'une part, on a le développement d'une architecture libre qui avance doucement et d'un autre côté, la limite pour que ce développement prospère comme le logiciel libre est le coût de fabrication (en infrastructures et en temps).

    Il y a quelques années, j'avais cherché si certains avaient essayé de graver leurs propres transistors. De multiples sites reprenait en cœur le discours des fondeurs : c'est impossible à moins de disposer de salles blanches coûtant des millions d'euros. Pourtant si on commençait avec la finesse de gravure d'il y a trente ans, c'est bien supérieur à la taille d'une bactérie. Une telle salle blanche est donc accessible à une PME voire un particulier. À ma connaissance, seule Jeri Ellsworth a essayé à graver ses propres transistors et elle a réussi.

    Pendant plusieurs siècles, l'imprimerie a nécessité une infrastructure inaccessible pour le grand public. Aujourd'hui, une imprimante laser coûte moins de 100 €. On peut graver des CD et DVD et même imprimer en 3D pour un coût qui devient abordable pour les particuliers. Combien de temps avant qu'on puisse s'acheter son graveur de puces électroniques ?

    Cette signature est publiée sous licence WTFPL

    • [^] # Re: Pistes de développement

      Posté par . Évalué à 4 (+2/-1).

      Bon, je vais te briser un rêve:

      Les salles blanches d'il y a 30ans sont encore là, et elles sont en prod. Tous les circuits ne sont pas des processeurs dernier cri. Il reste plein de puces non rentables sur techno avancées à produire.

      Par contre, ces fabs nécessitent de grosses équipes d'ingénieurs et techniciens pour faire tourner la prod et maintenir les machines. La microfabrication, c'est incroyablement complexe et requiert des spécialistes dans des procédés techiques très pointu.
      Je ne crois pas qu'il existe ne serait-ce qu'une personne au monde capable de te faire ton circuit seule dans la fab.

      Alors
      "à la portée des PME": non, pas du tout rentable. Suicidaire.
      "à la portée d'un particulier": à part pour avoir son musée perso, totalement vain!

      • [^] # Re: Pistes de développement

        Posté par . Évalué à -4 (+0/-3).

        … tu ferais mieux de te taire !

        http://www.usine-digitale.fr/editorial/kalray-reinvente-le-processeur-embarque.N193570

        http://www.kalrayinc.com/

        Oui en France on produit d’excellente puce !

        • [^] # Re: Pistes de développement

          Posté par . Évalué à 5 (+3/-1).

          Dans l'article que tu cites (et que je connaissais déjà):

          Fabriqué en gravure de 28 nm chez le taïwanais TSMC

          28nm, c'est pas une techno d'il y a 30ans, et, TSMC, c'est juste la plus grosse fonderie indépendante du monde.

      • [^] # Re: Pistes de développement

        Posté par . Évalué à 3 (+1/-0).

        Je pense que tu devrais refaire l'expérience. En achetant les wafer sur ebay, tu peux produire 35000 puces en 150nm pour 60000€. Le prix augmente de manière à peu près raisonnable et proche de linéaire jusqu'à 45nm, par contre le prix de la commande minimal augmente lui aussi de manière linéaire. Ca reste donc une question de volume.Mais la loi de Moore continue de diminuer ces prix…

        Maintenant qu'est ce qu'on peut mettre dans un tel package. Un dual core Risc à 150MHz sans optimisation pour du 150nm et probablement jusqu'à 250MHz avec un petit effort (question de volume). En 45nm, et bien on titille le GHz…

        De plus, on peut utilisé des fpga aujourd'hui pour facilement développer et tester ce genre de design. Par contre, les board bas prix de dev ne sont pas orienté pour le développement de Soc en général, du coup faut se méfier et regarder si on accès directement aux sorties (USB, HDMI, Ethernet…).

        La raison du pourquoi du comment c'est possible…si tu pars sur un design prouvé sans brevet et avec linux qui fonctionne dessus, même si c'est à basse fréquences, tu peux le donner au fab et ca les intéresse, car elles peuvent en faire ce qu'elle veulent derrière. Sans compter qu'il y a pas mal de fab en Asie qui sont en sous production, donc le marché à évoluer et ca va plutôt dans le bon sens.

  • # Bullshit !

    Posté par . Évalué à 4 (+2/-0).

    Sérieusement qui a les moyens de payer aussi chère une solution libre ? C'est juste un plan sans queue ni tête des le départs. 100€ pour du hardware d'un constructeur inconnu qui me dit que c'est libre, je suis près à prendre le risque. Plusieurs milliers d'euros, Nop !

    Je pense que tenter de reproduire le même business modèle du consumer électronique mais juste en prenant des composant plus libre fournit par les même société qui font les versions non libre, n'arrivera à rien. C'est pas leur priorité et les volumes sont trop petit.

    Le projet Risc-V tente une approche différente, mais ils font aussi pas mal d'erreurs et pas forcément comme celle présenté dans l'article. Tout d'abord le design fondation orienté et pas logiciel libre avec des gros red flags sur les brevets d'une possible implémentation. Mais même si ca c'était clarifié, le vrai problème, c'est la fragmentation du logiciel. Pas de norme pour le boot, yeah, un noyaux et un bootloader par version de cpu ! Même l'user space va être compliqué à unifier… Sans compter aussi l'approche universitaire, Risc parfait et on ajoute à postériori les instructions compact parce qu'on a des problèmes de performances. Il faudra bien une décennie avant que le Risc-v soit utilisable comme plateforme (globalement, ils font les mêmes erreurs que arm…).

    Du coup, quand on part de se point de vue, clairement on a le droit d'être défaitiste et de se dire qu'il n'y a rien qui va sortir.je pense que c'est faux.c'est juste que le point de départ est mal placé.

    Il faut une architecture performante, supporté par linux et gcc, sans brevet ni aucune grosse société active dessus. C'est bien dans les années 90, il y a eu pas mal d'architecture qui ont subit un mauvais sort économique. Je pense en particulier aux alpha de dec et aux super Hitachi.

    Je ne connais aucune société qui tente avec l'alpha, mais c'est probablement juste parce que le marché n'est pas la. Pour le super Hitachi, il y a la société SEI qui a libéré sous licence bsd un compatible SH2 nommé j2 et un son petit frère le j1. Le tout sans brevet et qui boot direct sur un linux upstream (ils ont rajouté le support du device tree et normalisé le boot pour avoir le même noyaux sur toute leur board).

    Ils ont déjà des clients et travaille à une board a 100€ pour dev sur fpga dans l'objectif de faire des asic (ca prend plus de temps, car ils ne peuvent pas la prioritise face aux clients qui payent déjà). Cette board a trois puces: un fpga, un contrôleur pour le boot et un contrôleur USB pour des raison d'énergie. Pour l'instant, ces deux dernières ne sont pas libre. Mais avec le temps et des volumes connus, elles pourront toutes les deux être progressivement remplacé par des Soc a base de j-core.

    De plus leur roadmap est plutôt clair et suis la disponibilité des brevets. Ainsi en fin d'années, le j3 sortira avec une mmu et sera compatible avec le sh4. Il aura probablement aussi une fpu, mais suivra le standard IEEE plutôt que ce que faisait le sh4. Le j4 est prévu comme une évolution multi issue du j3 et sera probablement pour la fin de l'année prochaine. Enfin, ils attendront 2020 pour faire le j64 qui sera une évolution 64 bits du jeu d'instruction sh comme x86_64 fut une évolution du x86_32. Il est a noté qu'ils se focalisent sur une architecture basse consommation d'énergie, du coup, ils n'ont aucun plan pour implémenter quoique ce soit de prédictif.

    De mon point de vue, je pense que c'est une approche plus sûre.Rome ne s'est pas construit en un an et avoir des étapes utiles et vendeuses avant de faire un monstre comme celui proposé par talos , me semble nécessaire ! Et il y a plein de technos qui vont se libéré dans les dix ans: wifi,3g,…

    • [^] # Re: Bullshit !

      Posté par . Évalué à 3 (+2/-0).

      Je ne suis pas sûr de te suivre : d'une part le projet n'était pas si irréaliste que ça, d'autre part ses objectifs me semblent très différents des initiatives que tu mets en avant (en passant, merci de me les faire découvrir :-) ).

      Sur l’objectif tout d'abord : il s'agissait de produire une carte mère entièrement libre (tous les firmwares, y compris celui du BMC), et dont les schémas sont disponibles. Par ailleurs, cette carte proposait des mécanismes de type "Trusted computing", mais dont les clés de chiffrement racine étaient maîtrisées par l'utilisateur. Cette carte pour CPU OpenPOWER permettait d'obtenir des performances comparables (égales ou supérieures selon les cas d'utilisation) à celles de serveurs haut de gamme actuels basés sur les CPU Intel (Xeon), avec des capacités mémoire de plusieurs centaines de Go. Cet objectif est clairement réaliste : de telles cartes mères existent chez Tyan ou IBM (http://www.tyan.com/Barebones_TN71-BP012_BSP012T71V14HR-4T-3 par exemple). Mais elles ne sont pas libres, leur firmware n'est pas auditable ni modifiable…

      Sur le côté réaliste du projet et des prix, force est de constater que le projet a échoué. Néanmoins les prix annoncés étaient cohérents : autour de 10000€. Un serveur Intel de ce type coûte plusieurs milliers d'euros, idem sous POWER8, et c'était le prix proposé. Le surcoût "libre" était quasiment nul. Ceci dit, pour pouvoir lancer ce genre de production, il faut un volume suffisant. La cible était de 1000 cartes mères, et 100 environ ont été pré-commandées. La cible n'était pas tant les particuliers (très) fortunés (quoique, certains s'achètent bien des TV HD top moumoute à plusieurs milliers d'euros aussi !) que les entreprises (ayant des enjeux de sécurité fort, dans la défense, les technologies de pointe, le libre (RedHat, …) …) ou les organisations à but non lucratif (FSF, Mozilla, etc…).

      En résumé, il s'agissait de produire un serveur au logiciel entièrement libre, contrôlé par l'utilisateur (clés de chiffrement et de contrôle de l'OS), gérable en datacenter (BMC), avec des performances actuelles. Ça me semble assez différent des projets que tu décris, et personnellement je regrette cet échec.

    • [^] # Re: Bullshit !

      Posté par . Évalué à 1 (+0/-0).

      Dans une autre direction, je viens de tomber là-dessus : http://www.cnx-software.com/2017/03/03/system76-starling-pro-arm-server-powered-by-2-cavium-thunderx-64-bit-processors-sells-for-6400-and-up/

      Je ne sais pas si le matériel (les firmware) est entièrement libre ou pas…

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