Deux webinaires à propos de l'interopérabilité logicielle pour les circuits courts

Posté par  (site Web personnel) . Édité par Pierre Jarillon et Benoît Sibaud. Modéré par Benoît Sibaud. Licence CC By‑SA.
7
12
avr.
2021
Internet

Le Data Food Consortium (DFC) organise deux webinaires pour présenter ses réponses à la mise en relation des plateformes de distribution alimentaire en circuits courts¹ :

  1. le mardi 13 avril 2021 de 11h à 12h : "Enjeux de l'interopérabilité et intérêt d'un langage numérique commun pour les circuits courts" ;
  2. le mercredi 28 avril de 11h à 12h : "Démonstration du prototype MonCataLog du Data Food Consortium".

N'avez-vous pas déjà été frustré par le manque de collaboration entre logiciels ? Comme lorsque vous souhaitez synchroniser des données ou des opérations entre des applications qui ne sont pas prévues pour : quel casse-tête !

Pour pallier ce problème, il est nécessaire de définir un standard : une même "langue". Celui-ci permettra aux applications qui l'implémentent de fonctionner ensemble. Le HTML est par exemple spécifié dans un standard rédigé par le World Wide Web Consortium (W3C). C'est un langage qui permet de consulter les sites web depuis tous les navigateurs qui l'implémentent (ce que vous faites actuellement :).

Le Data Food Consortium travaille depuis plusieurs années au développement d'un nouveau standard pour répondre aux problématiques de distribution alimentaire en circuits courts. En effet, les producteurs qui distribuent via plusieurs plateformes en ligne sont confrontés à des problèmes comme "les saisies multiples, la complexité de gestion des stocks, les coopérations commerciales manquées ou encore l’absence de mutualisation logistique".

Ce nouveau standard repose sur des technologies libres et innovantes comme le web sémantique et l'authentification par délégation. Son approche décentralisée fait de cette solution une garante de la souveraineté des données. De plus, le standard n'est pas réservé à la distribution mais peut être utilisé pour d'autres applications. Dans ce cas, de nouvelles ontologies² seront à utiliser mais la couche technique pourra rester la même.

Pour ma part, j'aimerais implémenter cette solution dans une appli web de gestion de paniers AMAP³. Pour synchroniser par exemple les produits que les maraîchers utilisent dans différentes applications (ERP, planification, etc). Sans cette synchronisation les maraîchers sont condamnés à recopier leur catalogue de produits dans toutes leurs applications sans possibilité de relier des opérations (comme générer des fiches de récolte dans une application A à partir d'une planification gérée par une application B par exemple).

Je me suis intéressé au DFC en cherchant des solutions techniques pour que l'application que je commence à développer puisse collaborer avec d'autres. Plus générique que la compatibilité, l'interopérabilité nous permet de réaliser des "méta-applications", loin des monolithes et des x API à implémenter pour pouvoir être compatible avec x applications.

L'interopérabilité c'est aussi un rêve. Celui d'une informatique de collaboration où l'utilisateur est libre de connecter les applications de son choix pour satisfaire ses besoins à sa manière. C'est probablement le rêve que partage Tim Berners Lee, l'inventeur du web et du web sémantique. Nombre de questions sont soulevées par cette idée. Si le sujet vous intéresse voici deux dates pour l'approfondir (inscriptions gratuites et recommandées) :

  1. le mardi 13 avril 2021 de 11h à 12h : "Enjeux de l'interopérabilité et intérêt d'un langage numérique commun pour les circuits courts" (vulgarisation) ;
  2. le mercredi 28 avril de 11h à 12h : "Démonstration du prototype MonCataLog du Data Food Consortium" (technique).

Lecoqlibre, développeur indépendant, sympathisant du DFC

¹ Circuit court : Les circuits courts désignent les circuits de distribution les plus directs entre producteurs et consommateurs. Ils comptent au maximum un seul intermédiaire.

² Ontologie : Façon de modéliser un domaine en identifiant les concepts y afférant, en les organisant les uns par rapport aux autres, en identifiant les propriétés qui les relient et enfin en désignant les objets qui les représentent (ref. 1). Modèle informatique partagé par une communauté d'utilisateurs, c'est le résultat d'un processus de modélisation décrivant le consensus atteint par ces utilisateurs (ref. 2).

³ AMAP : Association de Maintien de l'Agriculture Paysanne (voir miramap.org).

Bibliographie :
- ref. 1 : Du web des documents au web sémantique, de Nicolas Delestre et Nicolas Malandain, éditions KLOG.
- ref. 2 : Les ontologies en agriculture, de Catherine Roussey et all, CNRS, Université Lyon 1

Aller plus loin

  • # Zoom & YouTube

    Posté par  . Évalué à 4 (+3/-0).

    Il semble que les webinaires seront réalisés via Zoom et YouTube; les options libres et plus respectueuses des participants (BigBlueButton, Galene, …) ont-elles été considérées ?

    • [^] # Re: Zoom & YouTube

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3 (+3/-0).

      C'est assez déstabilisant de se dire que le thème est l'interopérabilité logicielle, mais tout ça se passe sur des plateformes qui ne vont pas dans ce sens. Globalement, ils n'abordent que le côté technique finalement sans se soucier de l'aspect "morale" (ou philosophique) alors que le contenu de leur discours est en plein dedans. Bref, je suis perdu.

    • [^] # Re: Zoom & YouTube

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 1 (+1/-0).

      Oui cela a été considéré bien sûr, le DFC a connaissance de ces outils… Je serai pour qu'on les utilise moi aussi ! Pour le moment je pense que nous n'avons pas les toutes les connaissances en interne. La partie technique de ces webinaires a été réalisée par un partenaire (RMT).

      Pour ma part, le dernier webinaire auquel j'ai assisté était organisé par Mobicoop sur Jitsi et PeerTube (de souvenir). Génial ! Mais impossible de me connecter, la vidéo se bloquait toute les 5 secondes sans qu'on puisse la relancer… Il y a eu énormément de problèmes pour beaucoup de personnes.

      Bref, si vous avez les connaissances et le temps pour venir assurer un tel dispositif avec des outils libres, chouette, venez nous aider !

      Pour que les logiciels soient libres, et le reste aussi !

  • # Enregistrement vidéo du premier webinaire disponible

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 1 (+1/-0).

    Pour celles et ceux qui souhaiteraient voir ou revoir le premier webinaire sur l'Enjeux de l'interopérabilité et intérêt d'un langage numérique commun pour les circuits courts, la vidéo est disponible ici :

    https://www.youtube.com/watch?v=MUqcqLzAsWY

    Environ une centaine de participants (total).

    Pour que les logiciels soient libres, et le reste aussi !

  • # bilan premier visionnage.

    Posté par  . Évalué à 1 (+1/-0).

    Le passage à l'échelle des circuits-courts sans passer par l'intégration derrière une même organisation, me motive fortement. J'apprends donc avec grand intérêt l'initiative du DFC.

    J'ai pas bien compris la "disqualification" du choix d'une API. J'espère que le deuxième séminaire m'éclairera davantage.

    J'ai entendu un contre-sens, pour moi, dans une des dernières interventions, au sujet de la différence entre opensource et logiciel libre… Mais l'intervenante avouait ne pas être spécialiste du sujet et je pourrais bien être corrigé moi même sur ce sujet sur ce site.

    Bon courage à tous les participants à cette initiative en tous cas.

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