Une banane normale (pas cultivée à proximité d'un accident nucléaire émet environ 15Bq. Et une banane c'est environ 100 grammes. On arrive donc à 150Bq par kilo.
Les myrtilles très contaminées sont donc 20 fois plus radioactives qu'une banane normale (note: cette conversion est approximative, parce que les Bq ne se convertissent pas directement en Sieverts, ça dépend du type de rayonnement et de l'isotope, je suppose que ce n'est pas forcément du potassium dans les myrtilles).
Si on mange 100g de ces myrtilles (sélectionnées pour être les plus contaminées du lot) au petit déjeuner, on doit donc arriver autour de 2 µSv, c'est à dire quelque part entre une randonnée sur le plateau du Colorado et une radio des dents. Ou encore, l'équivalent de l'utilisation d'un écran cathodique pendant 2 ans.
De plus, en cherchant les articles de recherche correspondants, je lis ici que la limite pour les myrtilles en Europe est à 600 Bq/kg et pas 1200 comme indiqué par Reporterre, est-ce que cela a changé depuis 2021? Et les produits mesurés sont bien en dessous de cette limite, autour de 250Bq/kg pour les plus contaminés. Pas très loin d'une banane, donc.
ça fait combien, 3000 Becquerels par kilo de myrtille? C'est dangereux?
Ce n'est pas le propos de l'article et utiliser cette idiotie de dose équivalente en bananes pour tenter de discréditer le propos est d'autant plus malhonnête.
Tu sais bien que ce qui compte ce n'est pas la dangerosité d'une portion de myrtilles mais l’accumulation quotidienne d'aliment contaminés (radioactivité, pesticides, métaux lourds, etc.)
Wikipedia donne d'ailleurs une conversion en Sierets pour l'ingestion: 1 Becquerel de Cesium 137 = 12 nSv. Donc, 300 Becquerels pour 100 grammes de myrtilles très contaminées = 3.6 µSv. Comme ça, on peut se reporter directement au graphique de XKCD, sans passer par la case des bananes. C'est un peu plus élevé que mon approximation précédente.
Je ne cherche pas à discréditer quoi que ce soit, je suis juste embêté face à des chiffres donnés sans contexte et sans ordre de grandeur, pour des unités que je ne suis (heureusement) pas habitué à manipuler. Ça me semble important pour comprendre les enjeux.
Je fais le même genre de calcul quand on annonce un budget en millions ou en milliards d'euros à l'échelle d'un pays; souvent, calculer le montant par habitant m'aide à me faire une idée plus claire de ce que ça représente.
Et donc oui, après avoir fait ce petit calcul, on peut en conclure que ce n'est pas la dangerosité d'une portion de myrtilles qui est dangereuse. La question de l'"effet cocktail" peut effectivement se poser, mais, à ma connaissance, c'est difficile d'avoir des informations fiables là-dessus. Et ça ne me semble pas être le sujet de l'article non plus, d'ailleurs.
Oui mais ce n'est pas un article scientifique. Les valeurs indiquées sont juste là pour montrer comment on arrive à commercialiser des produits dont la radioactivité dépasse allègrement les seuils institutionnels.
La question de l'"effet cocktail" peut effectivement se poser, mais, à ma connaissance, c'est difficile d'avoir des informations fiables là-dessus. Et ça ne me semble pas être le sujet de l'article non plus, d'ailleurs.
Une radiographie de temps en temps pour contrôler ton état de santé c'est tout à fait acceptable. En faire une tous les jours (un bol de myrtille à tous les petits déjeuners), ce n'est vraiment pas recommandé. Dans tous les cas il vaut mieux appliquer le principe de précaution. Et non ce n'est pas du tout le sujet de l’article ;)
Les remarques de pulkomandy sont tout à fait raccord avec le sujet de l’article, qui est de faire peur au sujet du nucléaire en étant complètement flou sur les chiffres et les effets réels de ce qui est avancé, ce qui est très exactement le fond de commerce de Reporterre sur le sujet du nucléaire.
C’est dommage, il y aurait beaucoup à dire sur le sujet des normes et de leur tripotage par les industries, mais encore faudrait-il le faire avec honnêté et volonté d’informer le public, pas de lui faire peur.
« Et non ce n'est pas du tout le sujet de l’article ;) »
Moi aussi, il m'avait semblé que le sujet de l'article ne tournait pas autour des becquerels des champignons, mais était sensiblement centré sur les faillites institutionnelles --- enquêtes bâclées, communications trompeuses, absences d'études, etc --- et le palliatif de courageuses initiatives individuelles (parfois au prix d'une carrière par exemple). Au final des thèmes qui ne devraient pas manquer de faire écho sur un site potentiellement fréquenté par des libristes, qui savent à quelle point les institutions se détournent aisément des intérêts citoyens pour servir ceux d’oligopoles (depuis les imprimantes, jusqu'aux nuages).
Dans tous les cas il vaut mieux appliquer le principe de précaution
C'est une obligation légale en France mais il n'est presque jamais appliqué, que ce soit pour les affaires concernant les pesticides, le nucléaire, les pfas, les zones ZFE, etc. Depuis le retour de la droite en 2017, il n'existe plus de ministère de l'écologie; en macronie, c'est open bar pour les lobbys industriels/agricoles.
Charte de l'environnement
LOI constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l'environnement
Article 5. Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en oeuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/charte-de-l-environnement
Pour la limite de radioactivité, c’est en réalité très compliqué parce que ça dépend :
De l’aliment lui-même et de sa destination (aliment pour nourrisson, produit laitier, aliment liquide, autres aliments principaux, aliments « de moindre importance », eau, etc).
Du type d’isotope (strontium, iode, plutonium et transneptuniens, autres radionucléides à période courte, radon, tritium…)
La vraie information est qu'on peut mélanger des myrtilles trop radioactives avec d'autres qui ne le sont pas si on reste en moyenne sous les seuils.
Personnellement ça me choque.
Moi aussi. Sans m'y connaître en sécurité nucléaire, je trouve le passage des micro becquerels aux milli becquerels, façon xkcd, un peu trompeur. Ça fait paraître ce genre de manipulations plus bénigne qu'elles ne le sont. Si on prend d'autres paramètres de notre environnement et qu'on les modifie d'un facteur, ne serait-ce que deux, on se rend vite comptait que les équilibres biologiques basculent parfois très vite : température, taux de d'oxygène dans l'air, flux lumineux en provenance du Soleil, quantité de nourriture…
La vraie information est qu'on peut mélanger des myrtilles trop
radioactives avec d'autres qui ne le sont pas si on reste en moyenne sous les seuils.
Personnellement ça me choque.
Est-ce vraiment un problème ?
Est-ce qu'il y a une différence entre :
A. un panier contenant 1 myrtille de 0Bq et 1 myrtille de 10 Bq
B. un panier contenant 2 myrtilles de 5Bq ?
Je prends un panier A, je presse les myrtilles en bouillie A.
Je prends un panier B, je presse les myrtilles en bouillie B.
Maintenant je te donne un verre de bouillie A et un verre de bouillie B.
Comment peux-tu savoir lequel est lequel ? Quelle mesure/expérience tu peux mener pour les distinguer ?
M'est avis qu'en mangeant l'un ou l'autre des deux paniers, on prend le même risque.
Après tout, si deux atomes se désintègrent dans mon estomac, mon ADN ne va pas savoir si ils viennent tous les deux de la même myrtille ou de deux myrtilles différentes.
Le risque est le même, mais dans un cas (ou tu as une myrtille très radioactive au milieu d'autres qui ne le sont pas), il aurait pu être éliminé complètement (en triant et en ne commercialisant pas du tout les myrtilles contaminées, plutôt que de les mélanger aux autres).
Même si le risque de problème de santé est faible, c'est dommage oe ne pas l'éliminer. Surtout que dans le concensus actuel sur la mesure des dégâts des radiations, on considère qu'il n'y a pas de dose anodine: une accumulation de petites doses (du genre, manger des kilos de myrtilles chaque annéee) pourrait avoir autant d'effet qu'une grosse exposition aux radiations d'un seul coup.
On manque de données (là encore, heureusement) pour être tout à fait certains que c'est le bon modèle. Certains défendent une approche considérant que les petites dosës font des petits dégâts facilement réparés par les mécanismes de défense du corps, et donc sans effet d'accumulation.
D'autres théories vont même plus loin en disant que les petites doses de radiations stimulent l'immunité naturelle et auraient donc un effet positif. Mais là, on bascule vite dans la pseudoscience financée par des gens qui ont probablement un stock de myrtilles radioactives à écouler.
Le risque est le même, mais dans un cas (ou tu as une myrtille très radioactive au milieu d'autres qui ne le sont pas), il aurait pu être éliminé complètement (en triant et en ne commercialisant pas du tout les myrtilles contaminées, plutôt que de les mélanger aux autres).
Ok. Donc si je comprends bien le problème n'est pas d'être capable de respecter le seuil en panachant deux types de myrtilles. Le problème est le seuil.
Ce que tu demandes réellement est de baisser le seuil. Ça peut être argumenté; je n'ai rien contre. Mais il faut bien le dire en ces termes et non camoufler «il faut baisser le seuil légal» en «il faut interdire le panachage». Explicite est mieux que implicite.
Mais attention toutefois qu'il ne faudrait pas mettre des seuils tellement bas qu'il deviendrait plus efficace de mettre des règles sur la formation en escalade des poseurs de panneaux solaires sur toits : dès qu'on remarque qu'il y a plus d'installateurs de PV qui meurent en se cassant la binette en tombant d'un toit que de personnes qui meurent des myrtilles ukrainiennes, je crois qu'on peut dire que le seuil est bon. (ou alors je commencerais à soupçonner que ce que l'auteur a vraiment dans dans la tête n'est pas un soucis de santé publique mais autre chose)
Posté par Voltairine .
Évalué à 2 (+1/-1).
Dernière modification le 26 avril 2026 à 07:54.
Très mauvaise analogie.
La probabilité qu'un professionnel tombe d'un toit est la même à chaque fois qu'il y monte.
La probabilité de développer une maladie augmente à chaque exposition à la radioactivité (et aux toxiques en général).
Si en tout on remarque que, malgré l'effet d'accumulation, le nombre de victimes de myrtilles est moindre que le nombre des chutes de toits, on doit être bon.
Quoi qu'il en soit mon point n'est pas d'absolument comparer l'un et l'autre, mais de faire remarquer que :
Le problème soulevé est le seuil, pas le panachage.
Si on veut baisser les seuils, il faut quand même se donner une limite raisonnable.
Si on accepte que X personnes meurent en tombant d'un toit sans demander qu'on augmente la sécurité des travailleurs, alors il n'y a pas de raisons si évidentes de se choquer que X personnes meurent en mangeant des myrtilles ukrainiennes.
C'est juste une analogie pour donner une notion de "seuil raisonnable". Sinon on peut utiliser l'équivalent banane. On peut demander que la radioactivité (mesurée en Sv) d'un panier de fruits doit toujours être au max la radioactivité d'un panier de bananes bio de même poids.
Si tu as d'autres idées de comment définir un seuil raisonnable, mes oreilles sont grandes ouvertes. Ne dis juste pas "zéro" ;)
Bref, avant de parler de baisser les seuils, il faudrait discuter ce qu'on entendrait par un seuil "raisonnable".
Le seuil est un mécanisme légal pour éviter un souci de santé publique.
Imaginons un scénario dif#érent: quelqu'un a sous la main un stock de césium 137 pur dont il ne sait pas quoi faire. Pour s'en débarrasser, il décide d'en verser un petit peu dans chaque lot de bouillie de myrtilles, de façon à être toujours pile en dessous du seuil. On est d'accord, c'est parfaitement légal et probablement sans danger (le seuil étant choisi de façon prudente).
Est-ce qu'on peut quand même dénoncer le fait que éthiquement et moralement, c'est quand même pas super?
En quoi le problème est différent lorsqu'il swagit de diluer un stock de myrtilles contaminées avec dwautres lots? D'un point de vue légal et sanitaire c'est toujours ok. D'un point de vue moral et éthique, ça ne me semble pas mieux.
Le seuil de sécurité est une limite faite pour protéger les consommateurs, ce n'est pas un objectif optimal à atteindre.
J'avais déjà lu ce genre d'histoire avec le mélange de viandes bovines plus ou moins contaminées à l'ère soviétique. Je dirais que dans ce cas il peut y avoir une raison valable pour faire ça (ressources limitées) mais qu'on peut bien se passer de myrtilles radioactives au petit déjeuner.
Le seuil de sécurité est une limite faite pour protéger les consommateurs, ce n'est pas un objectif optimal à atteindre.
Je double-plussoie.
Parce que un seuil doit être pensé de façon à pouvoir être dépassé sans danger.
Il y a toujours un moment où tout va aller mal en même temps : une mauvaise décision prise juste au moment où la météo ne va pas et que par malchance le responsable est en vacances.
Si on veut éviter 10, il ne faut pas mettre le seuil à 9.9, mais à 5.
Corollaire : Si on veut éviter 10 et qu'on met le seuil à 5, le jour où tout va mal et qu'on arrive à 7, on a la confirmation que le seuil était bien pensé. Par contre il ne faut pas se dire (en tout cas pas automatiquement) « on va mettre le seuil à 3 pour éviter de dépasser 5 ».
# Jouons avec les unités
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 9 (+10/-4).
Comme souvent dans leurs articles, Reporterre balance des chiffres sans mettre aucun contexte.
ça fait combien, 3000 Becquerels par kilo de myrtille? C'est dangereux?
Pour faire simple, prenons l'unité de référence, la dose équivalente en bananes.
Une banane normale (pas cultivée à proximité d'un accident nucléaire émet environ 15Bq. Et une banane c'est environ 100 grammes. On arrive donc à 150Bq par kilo.
Les myrtilles très contaminées sont donc 20 fois plus radioactives qu'une banane normale (note: cette conversion est approximative, parce que les Bq ne se convertissent pas directement en Sieverts, ça dépend du type de rayonnement et de l'isotope, je suppose que ce n'est pas forcément du potassium dans les myrtilles).
Si on mange 100g de ces myrtilles (sélectionnées pour être les plus contaminées du lot) au petit déjeuner, on doit donc arriver autour de 2 µSv, c'est à dire quelque part entre une randonnée sur le plateau du Colorado et une radio des dents. Ou encore, l'équivalent de l'utilisation d'un écran cathodique pendant 2 ans.
De plus, en cherchant les articles de recherche correspondants, je lis ici que la limite pour les myrtilles en Europe est à 600 Bq/kg et pas 1200 comme indiqué par Reporterre, est-ce que cela a changé depuis 2021? Et les produits mesurés sont bien en dessous de cette limite, autour de 250Bq/kg pour les plus contaminés. Pas très loin d'une banane, donc.
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par Voltairine . Évalué à -1 (+3/-6).
Ce n'est pas le propos de l'article et utiliser cette idiotie de dose équivalente en bananes pour tenter de discréditer le propos est d'autant plus malhonnête.
Tu sais bien que ce qui compte ce n'est pas la dangerosité d'une portion de myrtilles mais l’accumulation quotidienne d'aliment contaminés (radioactivité, pesticides, métaux lourds, etc.)
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 10 (+10/-2).
Je prend les repères que je peux.
A priori il s'agit surtout du Cesium-137 ici.
Il ne semble pas s'accumuler dans l'organisme humain, il est éliminé au bout de quelques mois.
Wikipedia donne d'ailleurs une conversion en Sierets pour l'ingestion: 1 Becquerel de Cesium 137 = 12 nSv. Donc, 300 Becquerels pour 100 grammes de myrtilles très contaminées = 3.6 µSv. Comme ça, on peut se reporter directement au graphique de XKCD, sans passer par la case des bananes. C'est un peu plus élevé que mon approximation précédente.
Je ne cherche pas à discréditer quoi que ce soit, je suis juste embêté face à des chiffres donnés sans contexte et sans ordre de grandeur, pour des unités que je ne suis (heureusement) pas habitué à manipuler. Ça me semble important pour comprendre les enjeux.
Je fais le même genre de calcul quand on annonce un budget en millions ou en milliards d'euros à l'échelle d'un pays; souvent, calculer le montant par habitant m'aide à me faire une idée plus claire de ce que ça représente.
Et donc oui, après avoir fait ce petit calcul, on peut en conclure que ce n'est pas la dangerosité d'une portion de myrtilles qui est dangereuse. La question de l'"effet cocktail" peut effectivement se poser, mais, à ma connaissance, c'est difficile d'avoir des informations fiables là-dessus. Et ça ne me semble pas être le sujet de l'article non plus, d'ailleurs.
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par Voltairine . Évalué à 1 (+4/-5).
Oui mais ce n'est pas un article scientifique. Les valeurs indiquées sont juste là pour montrer comment on arrive à commercialiser des produits dont la radioactivité dépasse allègrement les seuils institutionnels.
Une radiographie de temps en temps pour contrôler ton état de santé c'est tout à fait acceptable. En faire une tous les jours (un bol de myrtille à tous les petits déjeuners), ce n'est vraiment pas recommandé. Dans tous les cas il vaut mieux appliquer le principe de précaution. Et non ce n'est pas du tout le sujet de l’article ;)
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 7 (+7/-2).
Les remarques de pulkomandy sont tout à fait raccord avec le sujet de l’article, qui est de faire peur au sujet du nucléaire en étant complètement flou sur les chiffres et les effets réels de ce qui est avancé, ce qui est très exactement le fond de commerce de Reporterre sur le sujet du nucléaire.
C’est dommage, il y aurait beaucoup à dire sur le sujet des normes et de leur tripotage par les industries, mais encore faudrait-il le faire avec honnêté et volonté d’informer le public, pas de lui faire peur.
La connaissance libre : https://zestedesavoir.com
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . Évalué à 7 (+4/-0).
Moi aussi, il m'avait semblé que le sujet de l'article ne tournait pas autour des becquerels des champignons, mais était sensiblement centré sur les faillites institutionnelles --- enquêtes bâclées, communications trompeuses, absences d'études, etc --- et le palliatif de courageuses initiatives individuelles (parfois au prix d'une carrière par exemple). Au final des thèmes qui ne devraient pas manquer de faire écho sur un site potentiellement fréquenté par des libristes, qui savent à quelle point les institutions se détournent aisément des intérêts citoyens pour servir ceux d’oligopoles (depuis les imprimantes, jusqu'aux nuages).
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par Maderios . Évalué à 3 (+1/-0).
C'est une obligation légale en France mais il n'est presque jamais appliqué, que ce soit pour les affaires concernant les pesticides, le nucléaire, les pfas, les zones ZFE, etc. Depuis le retour de la droite en 2017, il n'existe plus de ministère de l'écologie; en macronie, c'est open bar pour les lobbys industriels/agricoles.
Charte de l'environnement
LOI constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l'environnement
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+3/-2).
Pour la limite de radioactivité, c’est en réalité très compliqué parce que ça dépend :
Bref, un chiffre sorti comme ça du chapeau sans source, ça n’a aucune valeur.
La connaissance libre : https://zestedesavoir.com
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par EdLeH (site web personnel) . Évalué à 6 (+4/-0).
La vraie information est qu'on peut mélanger des myrtilles trop radioactives avec d'autres qui ne le sont pas si on reste en moyenne sous les seuils.
Personnellement ça me choque.
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . Évalué à 4 (+1/-0).
Moi aussi. Sans m'y connaître en sécurité nucléaire, je trouve le passage des micro becquerels aux milli becquerels, façon xkcd, un peu trompeur. Ça fait paraître ce genre de manipulations plus bénigne qu'elles ne le sont. Si on prend d'autres paramètres de notre environnement et qu'on les modifie d'un facteur, ne serait-ce que deux, on se rend vite comptait que les équilibres biologiques basculent parfois très vite : température, taux de d'oxygène dans l'air, flux lumineux en provenance du Soleil, quantité de nourriture…
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par LaurentClaessens (site web personnel) . Évalué à 5 (+5/-2).
Est-ce vraiment un problème ?
Est-ce qu'il y a une différence entre :
A. un panier contenant 1 myrtille de 0Bq et 1 myrtille de 10 Bq
B. un panier contenant 2 myrtilles de 5Bq ?
Je prends un panier A, je presse les myrtilles en bouillie A.
Je prends un panier B, je presse les myrtilles en bouillie B.
Maintenant je te donne un verre de bouillie A et un verre de bouillie B.
Comment peux-tu savoir lequel est lequel ? Quelle mesure/expérience tu peux mener pour les distinguer ?
M'est avis qu'en mangeant l'un ou l'autre des deux paniers, on prend le même risque.
Après tout, si deux atomes se désintègrent dans mon estomac, mon ADN ne va pas savoir si ils viennent tous les deux de la même myrtille ou de deux myrtilles différentes.
Ou alors il y a quelque chose qui m'échappe ?
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+2/-2).
Le risque est le même, mais dans un cas (ou tu as une myrtille très radioactive au milieu d'autres qui ne le sont pas), il aurait pu être éliminé complètement (en triant et en ne commercialisant pas du tout les myrtilles contaminées, plutôt que de les mélanger aux autres).
Même si le risque de problème de santé est faible, c'est dommage oe ne pas l'éliminer. Surtout que dans le concensus actuel sur la mesure des dégâts des radiations, on considère qu'il n'y a pas de dose anodine: une accumulation de petites doses (du genre, manger des kilos de myrtilles chaque annéee) pourrait avoir autant d'effet qu'une grosse exposition aux radiations d'un seul coup.
On manque de données (là encore, heureusement) pour être tout à fait certains que c'est le bon modèle. Certains défendent une approche considérant que les petites dosës font des petits dégâts facilement réparés par les mécanismes de défense du corps, et donc sans effet d'accumulation.
D'autres théories vont même plus loin en disant que les petites doses de radiations stimulent l'immunité naturelle et auraient donc un effet positif. Mais là, on bascule vite dans la pseudoscience financée par des gens qui ont probablement un stock de myrtilles radioactives à écouler.
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par LaurentClaessens (site web personnel) . Évalué à 2 (+1/-1).
Ok. Donc si je comprends bien le problème n'est pas d'être capable de respecter le seuil en panachant deux types de myrtilles. Le problème est le seuil.
Ce que tu demandes réellement est de baisser le seuil. Ça peut être argumenté; je n'ai rien contre. Mais il faut bien le dire en ces termes et non camoufler «il faut baisser le seuil légal» en «il faut interdire le panachage». Explicite est mieux que implicite.
Mais attention toutefois qu'il ne faudrait pas mettre des seuils tellement bas qu'il deviendrait plus efficace de mettre des règles sur la formation en escalade des poseurs de panneaux solaires sur toits : dès qu'on remarque qu'il y a plus d'installateurs de PV qui meurent en se cassant la binette en tombant d'un toit que de personnes qui meurent des myrtilles ukrainiennes, je crois qu'on peut dire que le seuil est bon. (ou alors je commencerais à soupçonner que ce que l'auteur a vraiment dans dans la tête n'est pas un soucis de santé publique mais autre chose)
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par Voltairine . Évalué à 2 (+1/-1). Dernière modification le 26 avril 2026 à 07:54.
Très mauvaise analogie.
La probabilité qu'un professionnel tombe d'un toit est la même à chaque fois qu'il y monte.
La probabilité de développer une maladie augmente à chaque exposition à la radioactivité (et aux toxiques en général).
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par LaurentClaessens (site web personnel) . Évalué à -1 (+0/-3). Dernière modification le 26 avril 2026 à 08:31.
Si en tout on remarque que, malgré l'effet d'accumulation, le nombre de victimes de myrtilles est moindre que le nombre des chutes de toits, on doit être bon.
Quoi qu'il en soit mon point n'est pas d'absolument comparer l'un et l'autre, mais de faire remarquer que :
Si on accepte que X personnes meurent en tombant d'un toit sans demander qu'on augmente la sécurité des travailleurs, alors il n'y a pas de raisons si évidentes de se choquer que X personnes meurent en mangeant des myrtilles ukrainiennes.
C'est juste une analogie pour donner une notion de "seuil raisonnable". Sinon on peut utiliser l'équivalent banane. On peut demander que la radioactivité (mesurée en Sv) d'un panier de fruits doit toujours être au max la radioactivité d'un panier de bananes bio de même poids.
Si tu as d'autres idées de comment définir un seuil raisonnable, mes oreilles sont grandes ouvertes. Ne dis juste pas "zéro" ;)
Bref, avant de parler de baisser les seuils, il faudrait discuter ce qu'on entendrait par un seuil "raisonnable".
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 8 (+6/-1).
Le seuil est un mécanisme légal pour éviter un souci de santé publique.
Imaginons un scénario dif#érent: quelqu'un a sous la main un stock de césium 137 pur dont il ne sait pas quoi faire. Pour s'en débarrasser, il décide d'en verser un petit peu dans chaque lot de bouillie de myrtilles, de façon à être toujours pile en dessous du seuil. On est d'accord, c'est parfaitement légal et probablement sans danger (le seuil étant choisi de façon prudente).
Est-ce qu'on peut quand même dénoncer le fait que éthiquement et moralement, c'est quand même pas super?
En quoi le problème est différent lorsqu'il swagit de diluer un stock de myrtilles contaminées avec dwautres lots? D'un point de vue légal et sanitaire c'est toujours ok. D'un point de vue moral et éthique, ça ne me semble pas mieux.
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par ted (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-0).
Je plussoie.
Le seuil de sécurité est une limite faite pour protéger les consommateurs, ce n'est pas un objectif optimal à atteindre.
J'avais déjà lu ce genre d'histoire avec le mélange de viandes bovines plus ou moins contaminées à l'ère soviétique. Je dirais que dans ce cas il peut y avoir une raison valable pour faire ça (ressources limitées) mais qu'on peut bien se passer de myrtilles radioactives au petit déjeuner.
Un LUG en Lorraine : https://enunclic-cappel.fr
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par EdLeH (site web personnel) . Évalué à 6 (+4/-0).
Si on les mélange avec des céréales au cadmium, ça va.
[^] # Re: Jouons avec les unités
Posté par LaurentClaessens (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).
Je double-plussoie.
Parce que un seuil doit être pensé de façon à pouvoir être dépassé sans danger.
Il y a toujours un moment où tout va aller mal en même temps : une mauvaise décision prise juste au moment où la météo ne va pas et que par malchance le responsable est en vacances.
Si on veut éviter 10, il ne faut pas mettre le seuil à 9.9, mais à 5.
Corollaire : Si on veut éviter 10 et qu'on met le seuil à 5, le jour où tout va mal et qu'on arrive à 7, on a la confirmation que le seuil était bien pensé. Par contre il ne faut pas se dire (en tout cas pas automatiquement) « on va mettre le seuil à 3 pour éviter de dépasser 5 ».
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