Journal La distribution Mandriva rendue à la communauté

Posté par . Licence CC by-sa
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23
18
mai
2012

Bonjour, Nal.

Hier, Jean-Manuel Croset, Président du directoire de Mandriva SA, a annoncé le retour de Mandriva Linux à la communauté.

Comme l'annonce sur le blog de Mandriva le précise, ils souhaitent que "la distribution puisse évoluer au cœur de et sous la bienveillante responsabilité de la communauté".
Ils annoncent aussi qu'un groupe de travail, composé de représentants de la communauté, est déjà créé afin de définir l'organisation de la nouvelle entité.

C'est une bonne nouvelle !
Par contre, à l'instar de mon précédent billet sur LibreOffice/OpenOffice, on peut se poser de la question du devenir de Mageia.
Cette distribution est en effet un fork de Mandriva, créée à la base car les membres de la communauté ne faisaient pas confiance à la société Mandriva pour gérer correctement la distribution et ne voulaient pas dépendre de fluctuations économiques.

Je rappelle aussi que la distribution Mageia devrait sortir en version 2 mardi prochain.

  • # Ne pas vendre la peau de la distrib avant de l'avoir tuée ...

    Posté par . Évalué à 10.

    "Dans plusieurs mois", "structure indépendante", et groupe de travail en cours de création, qui ensuite réfléchira à ladite structure.

    Je pense que c'est un poil vague pour enterrer Mageia tout de suite, quand même …

    • [^] # Re: Ne pas vendre la peau de la distrib avant de l'avoir tuée ...

      Posté par . Évalué à 7.

      Ce qui serait quand même bien, au moins du point de vue des utilisateurs restants, serait une fusion des deux communautés… ce qui ne sera pas facile vu le passif !

    • [^] # Re: Ne pas vendre la peau de la distrib avant de l'avoir tuée ...

      Posté par (page perso) . Évalué à 9.

      surtout quand on connait l'état de la communauté de contributeurs autour de Mandriva, l'état de l'infrastructure, et le travail que ça représente que de monter une structure indépendante. On a la chance de pouvoir faire ça facilement en France ( 1/2 mois pour monter une assoce ), mais si on regarde LibreOffice et TDF, ça a pris du temps ( et le plan était en gestation depuis 3/4 mois avant l'annonce ).

      Donc dans l'histoire OO/LO, je dirais plus que Mandriva est comme Openoffice :
      - structure commercial (mdv, oracle/openoffice) vs non commercial ( mga, libreoffice)
      - don à la communauté ( comme oracle/openoffice )
      - communauté initiale qui est parti bosser de son coté ( comme TDF ), suite à des changements de management
      - présence d'une autre structure commerciale ( ie IBM pour openoffice, Rosa pour Mandriva ) qui continue à se baser sur le produit non forké, et qui finance la libération du produit, et présence d'une part de la communauté.
      - article de temps en temps sur "$PROJET n'est pas mort"

      Et comme LibreOffice, un effort de nettoyage a été le premier truc fait par la communauté mageia.
      Et j'ajouterais que pour le moment, on voit pas Mandriva dans http://www.documentfoundation.org/supporters/ ( mais c'est sans doute parce que Mandriva avait à l'époque d'autres chats à fouetter ).

      Des gens peuvent tirer les conclusions sur l'avenir, même si je doute fort qu'un exemple soit généralisable. Mais il y a très clairement 2 ans d'avance en terme de développement de structure en faveur de Mageia, et ce qui ressort des 5 minutes de discussions au FOSDEM autour du sujet lors de l'assemblée général, c'est qu'avant de donner un accord pour participer à une fondation, il faut savoir ce qui est prévu et ce que ça apporte, sous quel conditions. Il est donc prématuré de parler de rapprochement sans avoir plus d'infos. Des contacts ont eu lieu, mais rien de plus. Et sauf erreur de ma part, Mageia a un planning à tenir en terme de release pour le moment, et pour le mois prochain.

    • [^] # Re: Ne pas vendre la peau de la distrib avant de l'avoir tuée ...

      Posté par . Évalué à 6.

      Bonjour,

      Mandriva sur distrowatch, ce jour, est la 26 ème position alors que Mageia "talonne" Debian.

      Certes, ce classement vaut ce qu'il vaut. C'est à dire peut être pas grand chose.
      Mais quand même !!!!

  • # Médisance

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    C'est pour mettre à jour Mandriva à moindre frais, avant de la refermer à la communauté à nouveau ?

  • # Revue de presse

    Posté par (page perso) . Évalué à 7.

    • [^] # Re: Revue de presse

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      C'est surtout l'inertie humaine en marche : Mandriva est là depuis longtemps, ça lui donne un poids, avec plus de blogueurs abonnés, etc.

      ⚓ À g'Auch TOUTE! http://agauch.fr

  • # Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Pardonnez-moi si je me trompe, mais il me semble que le contrôle de RedHat sur Fedora se résume à payer des développeurs et laisser la méritocratie faire le reste.
    Donc ils n'ont en fait pas vraiment de contrôle, mais leur intérêt est suffisamment représenté pour la distro ne les "plante" pas d'un point de vue business.

    Pourqoi Mandriva ne suivrait pas ce modèle avec Mageia? Tout ce dont ils ont besoin, c'est que la charte Mageia garantisse plus ou moins la possibilité d'une extraction d'une distro business pour Mandriva, et je ne serais pas surpris que ce soit déjà dans le cahier des charges.

    • [^] # Re: Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

      Posté par . Évalué à 6.

      Pardonnez-moi si je me trompe, mais il me semble que le contrôle de RedHat sur Fedora se résume à payer des développeurs et laisser la méritocratie faire le reste

      Ils payent un grosse partie des devs a plein temps, ce qui leur donne un gros pouvoir de decision sur la partie technique. Entre un contributeur sur son temps libre et un pro paye a plein temps, je te laisse deviner qui aura le dernier mot dans la majorite de cas. (Ex: compte le nombre de dev Redhat au Fedora Engineering Steering Committee.)

      Pour la partie legale, c'est entierement controle par Redhat.

      Enfin au niveau gestion, ils nomment le Fedora Project leader, employe de Redhat et ont le boulot est en particulier de gerer les relations entre Redhat et Fedora (donc le jour ou ca va plus dans leur sens, ils peuvent faire ce qu'ils veulent). Il a un droit de veto sur toutes les decisions. Par ailleurs, ils ont 4 places sur 9 de reservees dans le Fedora Project Board. Et pour l'instant sur les 5 places elues, on compte une personne chez Redhat, ce qui leur donne la majorite.

      Bref, au jour le jour ca fonctionne effectivement comme une meritocratie parce que Redhat c'est pas des debiles et ils savent que ca marche mieux comme ca tant que les choses vont dans leur sens.

      Apres, parler de meritocratie pour une organisation avec un roi en haut qui le jour ou les choses ne lui plaisent plus (tout le monde espere que ca ne sera jamais le cas) peut decider de couper les tetes qui depassent, je suis pas sur que ca soit le terme approprie.

      • [^] # Re: Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        En même temps, être FPL est un travail à temps plein, il y a beaucoup de voyage et de réunion et c'est épuisant.
        Les alternatives seraient :

        • la communauté nomme le FPL et RH l'embauche pas. C'est moins efficace, car il n'est pas libre de faire ce qu'il veut pour cause de manque de temps. RH peut sponsoriser des déplacements, mais payer tout n'est pas faisable ( exemple, l'assurance à l'étranger, payer un pc, etc ). Un montage via une fondation serait faisable, mais les histoires de fondation, faut faut voir mon commentaire plus bas ( bien que ça serait une solution plus idéal, je pense ).

        • la communauté nomme le FPL, et RH l'embauche, puis à la fin du mandat, RH le vire. En dehors d'être juridiquement compliqué ( faire des cdd d'un an, c'est moyen ), c'est pas très motivant, et ça règle pas le souci car le mec est salarié. mais c'est presque plus proche du fonctionnement d'un homme politique.

        • la communauté nomme le FPL, et RH doit le garder à vie. Donc à la fin du mandat, le mec est salarié, et si il y a aucun poste en interne, ou que c'est une buse fini, bah, c'est à RH de payer pour le garder ou le virer. Et comme le mec est toujours salarié RH, ça change rien au final sur la question de l'indépendance.

        Ceci dit, si tu penses que ça pose souci, tu peux en parler sur les listes, et si assez de gens en prennent conscience, ça va changer. Je pense que tout le monde est conscient que c'est non idéal, mais que c'est un compromis acceptable pour tous.

        Tu verrais les choses comment ?

        • [^] # Re: Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

          Posté par . Évalué à 4.

          Tu verrais les choses comment ?

          Dans l'optique de Redhat, les contributeurs a Fedora savent que c'est controle par Redhat (malgre la comm') mais que ce n'est pas du tout dans l'interet de Redhat d'essayer de passer en force (la subtilite marche beaucoup mieux et on evite de braquer la communaute). Par consequent ca ne pose pas vraiment de probleme et il ne faut surtout rien changer.

          Dans l'optique d'une distribution vraiment communautaire, il faudrait une fondation avec un financement diversifie et qui puisse payer son propre management, PR, legal, etc. Evidemment c'est pas vraiment dans l'interet de Redhat (ils veulent garder le controle), ils ont deja essaye dans le passe et ca a dure moins d'un an et vu l'image de Fedora ca prendra du temps avant de trouver d'autres entreprises interessees pour contribuer au financement.

          Ceci dit, si tu penses que ça pose souci, tu peux en parler sur les listes

          Aller poster sur les listes, a moins d'etre un contributeur depuis longtemps avec un gros pouvoir de decision, ca sera considere comme du troll et rejete par la majorite des contributeurs (et un peu a raison).

          Au final, c'est ceux qui font le boulot qui ont le controle, en l'occurence ceux qui sont payes a plein temps par Redhat. C'est un peu illusoire de penser que ca puisse changer a part en apparence tant que Redhat injectera autant d'argent dans Fedora.

          • [^] # Re: Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

            Posté par (page perso) . Évalué à 4.

            Le vrai souci est en effet que vu tout ce que Red Hat investit dans Fedora, ça va être dur de trouver une boite qui va mettre autant d'argent. Canonical aurait pu faire ce choix. HP, Dell, Intel pourrait le faire. Oracle aurait pu le faire. Mais non. Donc la faute à qui ? À RH d'avoir lancé le projet et d'avoir réussi à faire de l'argent avec le libre, poussant les autres à ne pas venir, ou d'avoir pris les gens compétents pour qu'ils puissent bosser à temps plein sur ce qu'ils aiment faire ?
            Ou aux autres boites de pas avoir investit autant ?

    • [^] # Re: Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      Alors je pense que tu te trompes un peu sur la relation Fedora/RH, car RH paye plus que des développeurs ( des gens pour la doc, pour l'infra, le matos, des juristes ).

      Et RH a aussi le controle du nom de domaine et de la marque, même si des tentatives ont été fait pour séparer les deux. Le souci est que vu ce que RH investit dans Fedora, une entité séparé a fait tiquer certains fiscalistes ( "alors donc, vous payez des gens pour bosser sur un produit pas à vous, et cette entité vous fourni un produit gratuitement pour faire du business ?" ), et l'équipe en charge de ça ( les impots ) chez RH n'est pas confortable avec l'idée de faire une forme d'évasion fiscal.

      C'est pour ça que fedora-fr ( à l'époque l'assoce francaise, maintenant borsalinux-fr ) a eu le choix entre soit avoir le droit d'utiliser la marque, ou des financements ( les 2 en même temps étant vu comme une forme d'évasion fiscale cf plus haut, et RH veut éviter ça pour des questions de couts et d'image, ( image qui se répercute sur le cours de l'action, donc sur l'indépendance de la boite )). Le souci étant bien sur que le message a pu être interprété par "changer de nom ou on vous file plus d'argent". De même, fedora-ev, une entité allemande, a choisi la dissolution.

      De même, la loi sur les marques est tel que tu ne peux pas ne pas défendre ta marque sans la perdre ( ie sinon quelqu'un peut dire "non mais la, il y a eu violation de l'usage, et il y a pas eu de défense, donc je ne suis pas attaquable" ), donc RH ne peux pas céder la marque si facilement. De surcroit, c'est quelque chose qui compte dans les "assets" ( je suis pas sur de la traduction, actif ? ) de la société, ce qui rends la chose délicate ( ie, ça dépend du board d'actionnaires, ça vaut un peu d'argent, et les bénéfices pour la boite de la cession de la marque sont loin d'être évident, vu que RH utilise la marque Fedora sur son site, sur sa communication, etc ).

      Donc la situation n'est si simple. Ensuite, il faut aussi se souvenir que le chemin vers l'état actuel a été long ( genre : http://lwn.net/Articles/83360/ ), et que ça n'est pas arrivé en un jour ( et qu'il y a toujours des efforts à faire ). Et en effet, Fedora est bien plus ouverte qu'au début, et plus d'une fois des décisions ont été prises par Fedora que RH n'aurait pas prise sur RHEL ( exemple, RHEL fourni Flash, et les équipes se font chier à maintenir la compatibilité autant que possible, alors que Fedora va upgrader X dans la version stable, même si ça casse les drivers proprios nvidia, etc ).

      Par exemple, le choix même des noms "spherical cow" ou "beefy miracle" est un truc que la plupart des départements marketings du monde aurait bloqués. Et en effet, l'ouverture est trés bonne, les gens poussant à ce que les choses soient discutés, documentés, tout fait de façon ouverte.

      Et j'aurais tendance à dire que la prochaine étape dans l'ouverture d'une distro, c'est la facilité de fork. IE, si quelqu'un n'est pas content, est ce qu'il peut prendre toute l'infra, tout le travail ( genre, choper tout le wiki, tout le bugtracker ) et refaire le projet dans le coin. Mais je m'égare ( et je radote aussi ).

      Pour en revenir à mageia, oui, être corporate friendly peut faire parti des objectifs. par exemple, s'attacher à séparer clairement le libre du pas libre est un exemple ( car si tu sépares pas les 2, tu pousses l'examen des licences et le risque juridique sur les boites, et la plupart vont pas aimer, ou vont pas faire gaffe ). De même, avoir un planning prévisible, une structure juridique neutre, etc. Et les sociétés font parti de l'écosystème ( cf https://wiki.mageia.org/en/Commercial_vendors ), et des boites commencent à s'y intéresser
      https://ml.mageia.org/l/arc/council/2012-03/msg00127.html ( "Mageia ecosystem - new comer" ). Il y a encore du travail de ce coté, mais c'est plus par manque de temps qu'autre chose, comme bien souvent.

    • [^] # Re: Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

      Posté par . Évalué à -3.

      Pourquoi pas une solution RedHat/Fedora

      Mandriva a toujours fuit Red Hat/Fedora, c'est sa façon d'exister.

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