Les capitalistes politiques vont surtout en profiter pour dire qu'il faut remplacer ces plantations de pins par des plantations de panneaux solaires, l'électricité va rapporter bien plus que des bouts de bois 🤣
Alors pour le coup, les panneaux solaires ça peut être intéressant au-dessus des canaux d'irrigation et des mégabassines pour limiter les problèmes d'évaporation. Voir même au-dessus de cultures qui finalement n'aiment pas trop l'excès de soleil. Ou encore au-dessus de bâtiments ou de parkings (ou bientôt dans les aéroports. Ou enfin sur des sites pollués dont on ne peut rien faire d'autre (par exemple 15MW à Toulouse sur l'ancien site AZF, d'anciennes mines d'uranium ou de charbon, …
Est-ce que vous vous êtes déjà promenés en forêt landaise? C'est un sol de saole qui a en plus été rendu acide par les aiguilles de pin. C'est effectivement une forêt industrielle, les arbres sont bien alignés, régulièrement espacés et poussent bien droit. Je l'ai déjà traversée à vélo, soit une centaine de kilomètres en ligne droite (dans un couloir brise-feu) sans rien voir d'autre.
Les pins maritimes sont la seule espèce à pouvoir prendre racine dans ces conditions. On trouve parfois quelques zones où il y a de la terre exploitable pour faire pousser autre chose, mais on est bien loin de pouvoir semer une forêt "naturelle" ou mieux équilibrée.
Alors oui, replanter à l'identique n'est pas un super plan. Mais quelles sont vos autres propositions? Restaurer le "Sahara Français" avec des marais et du sable?
Le sujet de l'exploitation forestière du pin maritime ou de l'assainissement des marais est souvent évoqué.
Une autre cause de la plantation massive du pin maritime est la fixation des dunes qui a motivé sa plantation dès la fin du XVIIIe siècle. Sans cette plantation les dunes auraient continuer d'avancer et le sable à se répandre sur des centaines de km. Et comme déjà dit que pousserait-il sur ce sol très pauvre, le même sable des dunes ?
Donc c'est la même forêt en gros depuis 200 ans, par contre beaucoup de choses ont changées.
Les semis de pins sont caricaturaux, les rangs sont espacés d'un passage de débroussailleuse (rare) et à touche touche dans le rang. Une bonne part du pin part en pâte à papier contrairement à avant où c'était uniquement du bois d'œuvre, donc les pins sont bons à couper plus tôt, 30 ans.
La conséquence c'est que le territoire est plus souvent occupé par des pins trop jeunes, trop serrés, proies idéales du moindre incendie même avec des circonstances défavorables, au moins tant que le houpier n'est pas suffisamment haut pour être un peu à l'abri d'un feu de broussailles de taille d'un mètre ou un mètre 50. Il y a un taux de survie de 20 % après un incendie si le houpier est brûlé je suppose que sur les pins âgés ce taux de survie est plus important. De plus les pins âgés couvrent le sol d'aiguilles ce qui bien que combustible diminue le développement des broussailles.
L'abandon progressif du gemmage depuis les années 60 n'est pas sans conséquences, forêts moins parcourues, chemin moins entretenus ou qui disparaissent complétement, parefeux idem, les pompiers en sont réduits à attendre le feu sur les routes goudronnées dans certains cas, et à combattre le feu dans des points difficilement accessibles. L'âge idéal d'un pin pour le gemmage serait après 30 ans, de 30 à 60 ans. Donc en plus des revenus de coupe il y avait des revenus de gemmage, mais c'est fini, concurrence de résines étrangères et probablement surtout pour l'utilisation principale de la térébenthine, la peinture où elle est remplacée par du white spirit.
Les pins ont brûlé cet été, ils brûleront probablement encore à l'avenir. L'habitat, les habitants et leur mode de vie ont aussi changé, ce n'était pas rare qu'il y ait des vaches, un cochon, des poules des jardins potagers, pour les vaches il faut des près, les cochons il faut les nourrir, les poules et les jardins font aussi des zones peu sensibles au feu. Tout cela protégeait un peu mieux les maisons isolées, les hameaux ou les villages des incendies. Il y avait eu quand même des dizaines de morts dans les années 1950.
Et j'ajouterai aussi le climat, avant il y avait couramment juillet, août des températures supérieures à 30°, mais ce n'était pas en continu ni la majorité. Cette année c'est le contraire, c'est les journée inférieures à 30° qui sont rares, et on a tapé les 30° déjà en mai (jamais vu) puis en juin.
On nous dit que tout va bien du coté des sommes allouées à la lutte incendie, hum hum …
Bref dire qu'en gros c'est la même forêt qu'il y a 200 ans, c'est à la fois un peu vrai et complétement faux. Oui c'est une forêt de pins mais rien n'est pareil, ni son exploitation, apparition de la pâte à papier, disparition du gemmage, les habitants et leur mode de vie ont aussi évolué comme partout ailleurs.
Wikipedia me dit qu'un pin maritime peut vivre 500 ans, si vous en trouvez un centenaire déjà ce sera pas mal, je n'en ai jamais vu et pourtant je ne suis pas loin. Il y a d'autres essences qui peuvent pousser et qui poussent (difficilement) plus on s'éloigne du littoral, des chênes châtaigner et probablement bien d'autres, le pin n'est pas l'ennemi, c'est celui qui se débrouille le mieux de cet habitat.
Commentaire visiblement très informé puisque vous semblez bien proximal de la zone en question. Merci. Mais sauriez vous sourcer l'affirmation récurrente de votre intervention ? À savoir que le pin maritime serait la seule espèce adaptée au biotope local. Des arbres non résineux qui poussent dans des sols pauvres et drainants, qui supportent des chaleurs importantes, et susceptible de retenir des sables, il en existe tant.
Dans un reportage sur un reboisement après de précédents incendies, le maire mentionnait une lisière de chênes vert et liège avant les pins maritimes, en bordure des routes, pour limiter les départs de feu.
Donc "seule", non, d'autres espèces peuvent pousser. Mais jusqu'ici j'ai surtout vu mentionner des choix d'avoir majoritairement du pin maritime au final néanmoins.
Je suis tout à fait d'accord avec ce point de vue qu'il y a d'autres espèces qui seraient bien adaptée même si une formulation que j'ai employé peut laisser penser le contraire. J'habite effectivement en bordure de cette région j'ai un 1km à faire pour trouver ce sol sablonneux, je n'ai pas d'autres sources d'information que d'y vivre. Pas de sources mais un exemple qui précisera cette phrase ambigüe:
«Il y a d'autres essences qui peuvent pousser et qui poussent (difficilement)» - c'est difficilement dans le sens à croissance plus lente relativement à des sols plus riches.
J'ai l'exemple donc de peupliers carolins qui sont des hybrides à croissance rapide, normalement c'est 25 ans, dans ce sol des landes, ils sont bien arrivés mais au bout de 50 ans.
Ce n'est qu'un exemple et je me garderai bien de généraliser. D'autres que moi sont bien plus compétents pour trouver le meilleur équilibre. Dans cet équilibre il y a l'adaptation de l'espèce, mais aussi le paramètre économique. Si les incendies viennent à se multiplier, la rentabilité sera nulle et le glissement vers d'autres essences de bois se fera tout naturellement. La sylviculture c'est du long terme ce que l'on voit aujourd'hui est le résultat de décision qui ont été prises il y a des années ou même des décennies. Si les paramètres changent la forêt évoluera aussi. L'idée d'un panachage est quand même dans beaucoup de têtes, un panachage serait plus résilient rapport aux incendies mais pas seulement c'est aussi recommandé pour les scolytes et peut-être d'autres parasites ou maladies.
le pin n'est pas l'ennemi, c'est celui qui se débrouille le mieux de cet habitat.
Les pins n'ont pas poussé naturellement, ils ont été plantés par les humains pour gagner de l'argent.
S'il faut replanter (ce que je trouve absurde dans la mesure où cette région gagnerait à redevenir ce qu'elle était, une zone humide), il existe bien d'autres espèces d'arbres adaptés à cet environnement et au risque incendie, dont les chênes verts et les chênes lièges mais ils ne "rapportent" pas aux propriétaires, c'est une vision forestière sur le long terme. Le mieux serait de nationaliser cette zone et de lui donner le statut de ZNIEFF, "Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique". On peut rêver… https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_naturelle_d%27int%C3%A9r%C3%AAt_%C3%A9cologique,_faunistique_et_floristique
Cet été d'autres forêts ont brûlé dans d'autres régions des cultivées et non cultivées, des forêts de pins ou d'autres essences.
C'est un double euphémisme de parler de zone humide, c'est une zone de la taille d'une région bordée par l'Adour, la Garonne et l'océan (la cote d'argent fait plus de 200km) et humide, très humide je dirais plutôt marécageuse par endroit. La page wikipedia est assez bien faite sur les différents aspects de cette région et les différentes forêts qui l'ont occupée au cours du temps.
Il y a un assainissement artificiel par des fossés, mais celui-ci est limité par la faiblesse ou l'absence de relief. Il y a bien persistance de zone humides de lagunes voir ici une carte de ces lagunes, forcément le réseau routier évite autant que possible ces zones :
Posté par Maderios .
Évalué à 5 (+4/-1).
Dernière modification le 16 août 2026 à 19:55.
Mais quelles sont vos autres propositions?
Celle des scientifiques: laisser faire la végétation. A moduler selon le milieu, les essences. En tous cas pour moi, se débarrasser des résineux serait un bon début pour éviter de nourrir les futurs incendies. Ensuite laisser pousser naturellement les arbres qui peuvent pousser, laisser revenir l'eau, les zones humides comme c'était le cas avant le 19°siècle.
Si favoriser la diversité des essences serait une démarche plutôt vertueuse pour le développement, la résistance et la résilience des forêts, les modes d’action pour y parvenir ne se valent pas tous. Pour le forestier de formation que je suis, couper une forêt – même en monoculture – pour en replanter une, n’est pas une solution. D’autant plus qu’il a été montré que les vieilles forêts sont plus fonctionnelles que les plantations (Begovic et al. 2023, Hua et al. 2022). Il faudrait au contraire miser, à chaque fois que c’est possible, sur la régénération naturelle pour une transition plus en douceur. https://www.canopee.ong/3-questions/3-questions-a-xavier-morin-a-propos-des-forets-melangees/
…, ça brûle moins que dans les années 80 en dans le sud européen : lire page 180 du rapport annuel de l’office européen des feux de forêt. La tendance des surfaces brûlées (jusqu’à 2024) est clairement à la baisse. Ce qui peut être confusant, c’est que la taille des incendies augmente. Ça brûle moins, mais beaucoup d’un seul coup, ce qui marque les esprits (à raison).
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
Serait-ce en partie explicable parce que les techniques de surveillance et d'extinction seraient plus efficaces : beaucoup d'incendies sont efficacement maîtrisés (ça brûle moins) ; mais quand ça dégénère, ce seraient à cause de les conditions propices à des incendies de très grande ampleur ?
# On a bien retenu la leçon
Posté par Bernie . Évalué à 6 (+5/-0).
C'est marrant comme on retient bien les leçons :
J'ose espérer que personne n'ira dire "on ne savait pas", même si ça ne console pas des pertes subies :/
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par Maderios . Évalué à 5 (+3/-0).
Ce million d’hectares de pins partira en fumée, tôt ou tard et ce grâce aux
fainéantspolitiques qui n'ont pas le courage de légiférer en suivant les recommandations des scientifiques.https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/incendies-et-feux-de-foret/incendies-en-gironde/l-argent-public-a-servi-a-replanter-essentiellement-du-pin-maritime-en-gironde-l-epineuse-question-de-la-reconstruction-des-forets-devastees-par-les-incendies_8132825.html
[^] # Bis repetita placens
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).
Mais, bien au contraire ! Nos politiques légifèrent avec ardeur.
Si la préfiguration de notre bien aimé Nicolas Sarkozy su créer ce problème pas si original dans les Landes, bien avertis du danger de la chose par des décennies d'expérience, ses successeurs affairistes volontaristes ont su copier l'expérience avec une mise à l'échelle dramatique. Ici, la farce est racontée dans le détail. Ce qui est remarquable, c'est la qualité de cette tartufferie. Si au XIXe on vendait ouvertement ça comme une mise en exploitation industrielle, nos législateurs/arnaqueurs ont trouvé le moyen de placer l'opération derrière le paravent du reboisement et de la sauvegarde écologique de la planète. Qui n'a jamais été sollicité pour participer de quelques centimes à la plantation d'un arbre ? ou carrément pour investir dans l'économie verte ? La conséquence : les plus vastes incendies de mémoire d'humain. À coté, nos Landes font figures de feu de broussailles.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par Fernando . Évalué à 2 (+1/-0).
Les
capitalistespolitiques vont surtout en profiter pour dire qu'il faut remplacer ces plantations de pins par des plantations de panneaux solaires, l'électricité va rapporter bien plus que des bouts de bois 🤣[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 9 (+6/-0).
Alors pour le coup, les panneaux solaires ça peut être intéressant au-dessus des canaux d'irrigation et des mégabassines pour limiter les problèmes d'évaporation. Voir même au-dessus de cultures qui finalement n'aiment pas trop l'excès de soleil. Ou encore au-dessus de bâtiments ou de parkings (ou bientôt dans les aéroports. Ou enfin sur des sites pollués dont on ne peut rien faire d'autre (par exemple 15MW à Toulouse sur l'ancien site AZF, d'anciennes mines d'uranium ou de charbon, …
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+2/-0). Dernière modification le 16 août 2026 à 12:00.
Est-ce que vous vous êtes déjà promenés en forêt landaise? C'est un sol de saole qui a en plus été rendu acide par les aiguilles de pin. C'est effectivement une forêt industrielle, les arbres sont bien alignés, régulièrement espacés et poussent bien droit. Je l'ai déjà traversée à vélo, soit une centaine de kilomètres en ligne droite (dans un couloir brise-feu) sans rien voir d'autre.
Les pins maritimes sont la seule espèce à pouvoir prendre racine dans ces conditions. On trouve parfois quelques zones où il y a de la terre exploitable pour faire pousser autre chose, mais on est bien loin de pouvoir semer une forêt "naturelle" ou mieux équilibrée.
Alors oui, replanter à l'identique n'est pas un super plan. Mais quelles sont vos autres propositions? Restaurer le "Sahara Français" avec des marais et du sable?
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par Fernando . Évalué à 1 (+1/-1).
Des panneaux solaires 🤣
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par Voltairine . Évalué à 9 (+7/-0). Dernière modification le 16 août 2026 à 16:35.
C'est faux il y a d'autres espèces adaptées : le chêne tauzin, le chêne liège, l'érable champêtre, le charme, etc.
https://arborescence-elagage40.fr/quelles-essences-darbres-sont-adaptees-aux-landes/
Il est d'ailleurs souligné dans le line que des chênes auraient dû être replantés autour des habitations après le grand incendie de 1949.
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par remico . Évalué à 8 (+7/-0).
Le sujet de l'exploitation forestière du pin maritime ou de l'assainissement des marais est souvent évoqué.
Une autre cause de la plantation massive du pin maritime est la fixation des dunes qui a motivé sa plantation dès la fin du XVIIIe siècle. Sans cette plantation les dunes auraient continuer d'avancer et le sable à se répandre sur des centaines de km. Et comme déjà dit que pousserait-il sur ce sol très pauvre, le même sable des dunes ?
Donc c'est la même forêt en gros depuis 200 ans, par contre beaucoup de choses ont changées.
Les semis de pins sont caricaturaux, les rangs sont espacés d'un passage de débroussailleuse (rare) et à touche touche dans le rang. Une bonne part du pin part en pâte à papier contrairement à avant où c'était uniquement du bois d'œuvre, donc les pins sont bons à couper plus tôt, 30 ans.
La conséquence c'est que le territoire est plus souvent occupé par des pins trop jeunes, trop serrés, proies idéales du moindre incendie même avec des circonstances défavorables, au moins tant que le houpier n'est pas suffisamment haut pour être un peu à l'abri d'un feu de broussailles de taille d'un mètre ou un mètre 50. Il y a un taux de survie de 20 % après un incendie si le houpier est brûlé je suppose que sur les pins âgés ce taux de survie est plus important. De plus les pins âgés couvrent le sol d'aiguilles ce qui bien que combustible diminue le développement des broussailles.
L'abandon progressif du gemmage depuis les années 60 n'est pas sans conséquences, forêts moins parcourues, chemin moins entretenus ou qui disparaissent complétement, parefeux idem, les pompiers en sont réduits à attendre le feu sur les routes goudronnées dans certains cas, et à combattre le feu dans des points difficilement accessibles. L'âge idéal d'un pin pour le gemmage serait après 30 ans, de 30 à 60 ans. Donc en plus des revenus de coupe il y avait des revenus de gemmage, mais c'est fini, concurrence de résines étrangères et probablement surtout pour l'utilisation principale de la térébenthine, la peinture où elle est remplacée par du white spirit.
Les pins ont brûlé cet été, ils brûleront probablement encore à l'avenir. L'habitat, les habitants et leur mode de vie ont aussi changé, ce n'était pas rare qu'il y ait des vaches, un cochon, des poules des jardins potagers, pour les vaches il faut des près, les cochons il faut les nourrir, les poules et les jardins font aussi des zones peu sensibles au feu. Tout cela protégeait un peu mieux les maisons isolées, les hameaux ou les villages des incendies. Il y avait eu quand même des dizaines de morts dans les années 1950.
Et j'ajouterai aussi le climat, avant il y avait couramment juillet, août des températures supérieures à 30°, mais ce n'était pas en continu ni la majorité. Cette année c'est le contraire, c'est les journée inférieures à 30° qui sont rares, et on a tapé les 30° déjà en mai (jamais vu) puis en juin.
On nous dit que tout va bien du coté des sommes allouées à la lutte incendie, hum hum …
Bref dire qu'en gros c'est la même forêt qu'il y a 200 ans, c'est à la fois un peu vrai et complétement faux. Oui c'est une forêt de pins mais rien n'est pareil, ni son exploitation, apparition de la pâte à papier, disparition du gemmage, les habitants et leur mode de vie ont aussi évolué comme partout ailleurs.
Wikipedia me dit qu'un pin maritime peut vivre 500 ans, si vous en trouvez un centenaire déjà ce sera pas mal, je n'en ai jamais vu et pourtant je ne suis pas loin. Il y a d'autres essences qui peuvent pousser et qui poussent (difficilement) plus on s'éloigne du littoral, des chênes châtaigner et probablement bien d'autres, le pin n'est pas l'ennemi, c'est celui qui se débrouille le mieux de cet habitat.
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . Évalué à 4 (+1/-0).
Commentaire visiblement très informé puisque vous semblez bien proximal de la zone en question. Merci. Mais sauriez vous sourcer l'affirmation récurrente de votre intervention ? À savoir que le pin maritime serait la seule espèce adaptée au biotope local. Des arbres non résineux qui poussent dans des sols pauvres et drainants, qui supportent des chaleurs importantes, et susceptible de retenir des sables, il en existe tant.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par Benoît Sibaud (site web personnel) . Évalué à 4 (+1/-0).
"Seule" non. (je ne suis pas juri
^Wécopaysageoforestogirondin)Ici sur les incendies et lesparasites :
https://www.ici.fr/nouvelle-aquitaine/gironde-33/sainte-helene/en-gironde-la-filiere-du-bois-s-organise-contre-le-nematode-du-pin-8986367
"La coopérative cherche donc à replanter, mais intelligemment, pour protéger aussi les pins d'un autre fléau qui les menace : le nématode du pin. (…) les professionnels ont décidé d'installer des lisières protectrices autour des pins maritimes"
Dans un reportage sur un reboisement après de précédents incendies, le maire mentionnait une lisière de chênes vert et liège avant les pins maritimes, en bordure des routes, pour limiter les départs de feu.
Donc "seule", non, d'autres espèces peuvent pousser. Mais jusqu'ici j'ai surtout vu mentionner des choix d'avoir majoritairement du pin maritime au final néanmoins.
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par remico . Évalué à 5 (+4/-0).
Je suis tout à fait d'accord avec ce point de vue qu'il y a d'autres espèces qui seraient bien adaptée même si une formulation que j'ai employé peut laisser penser le contraire. J'habite effectivement en bordure de cette région j'ai un 1km à faire pour trouver ce sol sablonneux, je n'ai pas d'autres sources d'information que d'y vivre. Pas de sources mais un exemple qui précisera cette phrase ambigüe:
«Il y a d'autres essences qui peuvent pousser et qui poussent (difficilement)» - c'est difficilement dans le sens à croissance plus lente relativement à des sols plus riches.
J'ai l'exemple donc de peupliers carolins qui sont des hybrides à croissance rapide, normalement c'est 25 ans, dans ce sol des landes, ils sont bien arrivés mais au bout de 50 ans.
Ce n'est qu'un exemple et je me garderai bien de généraliser. D'autres que moi sont bien plus compétents pour trouver le meilleur équilibre. Dans cet équilibre il y a l'adaptation de l'espèce, mais aussi le paramètre économique. Si les incendies viennent à se multiplier, la rentabilité sera nulle et le glissement vers d'autres essences de bois se fera tout naturellement. La sylviculture c'est du long terme ce que l'on voit aujourd'hui est le résultat de décision qui ont été prises il y a des années ou même des décennies. Si les paramètres changent la forêt évoluera aussi. L'idée d'un panachage est quand même dans beaucoup de têtes, un panachage serait plus résilient rapport aux incendies mais pas seulement c'est aussi recommandé pour les scolytes et peut-être d'autres parasites ou maladies.
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par Maderios . Évalué à 4 (+2/-0).
Les pins n'ont pas poussé naturellement, ils ont été plantés par les humains pour gagner de l'argent.
S'il faut replanter (ce que je trouve absurde dans la mesure où cette région gagnerait à redevenir ce qu'elle était, une zone humide), il existe bien d'autres espèces d'arbres adaptés à cet environnement et au risque incendie, dont les chênes verts et les chênes lièges mais ils ne "rapportent" pas aux propriétaires, c'est une vision forestière sur le long terme. Le mieux serait de nationaliser cette zone et de lui donner le statut de ZNIEFF, "Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique". On peut rêver…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_naturelle_d%27int%C3%A9r%C3%AAt_%C3%A9cologique,_faunistique_et_floristique
https://avimed.cefe.cnrs.fr/veg_alberes.htm
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par remico . Évalué à 2 (+1/-0).
Cet été d'autres forêts ont brûlé dans d'autres régions des cultivées et non cultivées, des forêts de pins ou d'autres essences.
C'est un double euphémisme de parler de zone humide, c'est une zone de la taille d'une région bordée par l'Adour, la Garonne et l'océan (la cote d'argent fait plus de 200km) et humide, très humide je dirais plutôt marécageuse par endroit. La page wikipedia est assez bien faite sur les différents aspects de cette région et les différentes forêts qui l'ont occupée au cours du temps.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Landes_de_Gascogne
Il y a un assainissement artificiel par des fossés, mais celui-ci est limité par la faiblesse ou l'absence de relief. Il y a bien persistance de zone humides de lagunes voir ici une carte de ces lagunes, forcément le réseau routier évite autant que possible ces zones :
https://atlas-des-paysages.landes.fr/spip.php?article239
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par Maderios . Évalué à 5 (+4/-1). Dernière modification le 16 août 2026 à 19:55.
Celle des scientifiques: laisser faire la végétation. A moduler selon le milieu, les essences. En tous cas pour moi, se débarrasser des résineux serait un bon début pour éviter de nourrir les futurs incendies. Ensuite laisser pousser naturellement les arbres qui peuvent pousser, laisser revenir l'eau, les zones humides comme c'était le cas avant le 19°siècle.
https://reporterre.net/Fauche-et-paturage-des-coupe-feu-naturels-Paturage-et-fauche-plutot-que-des-Canadair-la
[^] # Re: On a bien retenu la leçon
Posté par oau . Évalué à 5 (+3/-0).
Laisser faire ? La nature n'a pas besoin de nous pour trouver un passage.
# Pour autant, et contre-intuitivement…
Posté par PhRæD . Évalué à 3 (+1/-0).
…, ça brûle moins que dans les années 80 en dans le sud européen : lire page 180 du rapport annuel de l’office européen des feux de forêt. La tendance des surfaces brûlées (jusqu’à 2024) est clairement à la baisse. Ce qui peut être confusant, c’est que la taille des incendies augmente. Ça brûle moins, mais beaucoup d’un seul coup, ce qui marque les esprits (à raison).
« Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »
[^] # Re: Pour autant, et contre-intuitivement…
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . Évalué à 6 (+3/-0).
Serait-ce en partie explicable parce que les techniques de surveillance et d'extinction seraient plus efficaces : beaucoup d'incendies sont efficacement maîtrisés (ça brûle moins) ; mais quand ça dégénère, ce seraient à cause de les conditions propices à des incendies de très grande ampleur ?
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace
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