Journal Pourquoi tout le monde en parle ?

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21
sept.
2026

Salutations,

Vous allez voir de quoi je parle.

Ne vous attendez pas à avoir la réponse à cette question en titre. J’ai mieux que ça : mon avis sur la question.

Allons droit au but, par le chemin tortueux de l’analogie.

L’analogique du tournevis et de la perceuse électrique. Ne moinssez pas tout de suite, vous allez tout comprendre.

Ni un tournevis ni une perceuse électrique ne sont des systèmes complexes. Cependant le tournevis est simple, son principe de fonctionnement largement compréhensible, les sous-jacents physiques intuitifs pour quiconque. On appuie, on tourne. Alors qu’une perceuse électrique, s’il est aisé de comprendre la fonction et le mode d’action, son fonctionnement, prenons celui du moteur électrique, exige des connaissances en électro-magnétisme, c’est « pas aussi simple ». On peut dire qu’un tournevis est plus simple qu’une perceuse électrique.

Si vous n’êtes pas d’accord avec cette affirmation cessez tout de suite la lecture et commentez directement, vous gagnerez du temps.

C’est plus simple pour une intelligence naturelle du type de celle qui nous équipe tous, humains, moules, cochons. L’intelligence bio-sourcée, développée patiemment par la nature.
Mais pour une IA, j’entends par là les IA conversationnelles, type ChatGPT, Gemini, Grök ou encore ChienGPT, mais pas que. Pour ces créatures artificielles, un tournevis et une perceuse électrique sont deux objets ayant un niveau strictement équivalent de complexité. Et c’est pas rien. Bien sûr qu’elles sont capables de vous fournir des explications plus précises, complètes, et infinies (littéralement) sur la complexité relative du tournevis et de la perceuse électrique, de vous proposer : « Voulez-vous connaître davantage sur la chignole au travers des âges ou bien trouver un vendeur de perceuses électriques près de chez vous ? »…

Mais à l’intérieur, de part leur conception, il n’y a pas de différence entre tournevis et perceuse, ou magasin, ou chignole. Ce ne sont que des mots, pas des concepts reliés à des émotions, un vécu, des sensations. À un esprit, une âme.

Il s’agit dans les deux cas d’un mot parmi d’autres au sein d’un « LLM », un « Large Language Model » ou « Énorme et gigantesque modèle de langage » en français (traduction personnelle). Ceci implique des différences tellement fondamentales que le qualificatif d’ « intelligence » est, si on prend du recul, un parfait contre-sens pour désigner ce dont on parle. Pourquoi « parfait » ? Parce qu’il permet de développer des imaginaires sur-réalistes.

La formulation canonique de la thèse que je soutiens est la suivante : L’IA n’est pas conne comme une valise sans poignée, mais conne comme une poignée de porte collée à une boîte à chaussures avec du dentifrice parfum loutre des bois, ou encore (et simultanément parfois) une poignée de valise, musicale et sans sucre ajouté, parfaitement montée sur la poche d’une cornemuse de compétition.

J’entends trois grands types de discours sur l’IA :

1) Les IA deviennent conscientes, elles sont capables de pirater tout ce qu’elles veulent. Faut tout arrêter maintenant pendant qu’il en est encore temps, l’IA peut nous tuer d’une minute à l’autre, ça se trouve nous sommes déjà mort ! « L’humanité assassinée par sa créature. »
2) Les IA font tout mieux que nous, une IA peut écrire un programme fonctionnel en quelques secondes à partir d’une définition sommaire. Nous entrons dans une nouvelle ère. Tout va changer. Les cancers pourraient être éradiqués, l’espérance de vie doublée voire triplée, sinon décuplée dès que nous maîtriserons l’implémentation de circuit-intégrés directement au sein du corps humain. « L’humanité augmentée par son propre génie ».

3) Les IA nous mènent à notre perte, elles polluent en consommant une énergie incommensurable, elles nous rendent encore plus demeurés que jamais, elles nous tueront à petit feu si les méga-feux nous épargnent. « L’humanité entamant sa longue agonie auto-infligée. »

Le discours un peu plus raisonnable et plus pertinent, à savoir le miens comme (presque) toujours :

0) L’IA est une autre façon d’exploiter les ordinateurs. Une façon envisagée dès les débuts de l’informatique, et que le savoir-faire technologique et les performances obtenues par la technique récente, associée à la quantité phénoménale d’information générée continuellement et tous azimuts, rendent possible et intéressant à mettre en œuvre de nos jours. « L’humanité continuée. »

L’IA est complètement stupide par essence. On a tendance à ne pas s’en rendre compte parce que notre intelligence n’a pas encore bien pris la mesure, et surtout la nature artificielle de sa stupidité.

L’adaptation constante à la connerie humaine, indispensable à la survie, réclame une part majeur de notre puissance intellectuelle. La compréhension de la « connerie probabiliste généralisée » et ses interactions avec la première est un défi que nous nous sommes lancé. Nous l’atteindrons !

Pas d’analyse, j’en demanderai vous en demanderez une à ChatGPT après, passons tout de suite aux exemples pour illustrer la conclusion ci-dessus.

La dague et le message

Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image (elle même générée par IA, est-ce bien utile de le préciser…). Il y a pas mal de trucs assez loufoques, mais un en particulier crève les yeux (pas littéralement évidemment ! vous aussi vous êtes cons ?). C’est pas évident pour une IA, qui sera néanmoins capable de fournir les explications de pourquoi c’est pas évident pour elle.

Deuxième exemple. J’aime les pentagones. Je demande donc à ChatGPT de me faire une belle illustration des quatre pentagones pavant le plan découverts par Marjorie Rice, une mathématicienne amateure.

Alors là, assez surpris fus-je, ChatGPT me dit en substance qu’il est vraiment nul en géométrie et qu’il est sûr de me décevoir, que j’ai tout intérêt à lui demander autre chose. C’est rare, normalement c’est plutôt par "la perfection" qu’il te présente tout ce qu’il fait.

Premier jet :

AVERTISSEMENT : c’est complètement faux

L’IA et la géométrie 1er jet

Deuxième essai :

C’est toujours aussi faux mais encore moins vraisemblable. Pourtant il a pris son temps et n’a probablement pas regardé à la quantité de banquise fondue.

L’IA et la géométrie 2e jet

Les quatre pentagones en question :

Marjorie’s pentagons

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marjorie_Rice#Travaux

  • # Ardisson fait des redifs ?

    Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0). Dernière modification le 22 septembre 2026 à 00:13.

    Ardisson fait des redifs ?

  • # Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

    Posté par  . Évalué à 9 (+8/-1).

    Claude Opus 5

    La dague est plaquée à plat sur le tronc [certain]. On la voit entièrement de profil, parallèle à l'écorce, du pommeau à la pointe. Une dague plantée dans un arbre a la poignée qui ressort vers l'objectif. Celle-ci n'est fichée nulle part et devrait tomber. Sa lame passe par-dessus la feuille au lieu de la transpercer, donc elle ne retient pas non plus la feuille. La pointe dépasse sous la feuille et s'arrête sur l'écorce sans y entrer.

    GPT 6

    L'épée est physiquement très étrange. Elle est représentée entièrement à plat contre le tronc, lame parallèle à l'écorce, tout en donnant l'impression qu'elle sert à planter le parchemin dans l'arbre. Si la pointe était réellement enfoncée dans le bois, l'épée devrait normalement former un angle avec le tronc et sortir vers l'observateur. Dans cette position, il faudrait un système de fixation invisible.

    Par contre les 2 disent que la main est anatomiquement étrange mais sans pouvoir dire où est le soucis. Claude dit même "pas de doigt en trop". Et les 2 ajoutent tout plein de choses sur la date en chiffre romain, le papier vs parchemin ou papyrus, les ombres, la tenue anachronique, le texte incohérent, …

    Pentagones

    (Claude Opus 5) Il a réfléchi pendant 7 minutes sans rien me donner, j'ai kill la session.

    (GPT 6) Il a commencé par générer une image qui semblait correspondre à la tienne. Avec un message du style "patientez je détaille l'image", et puis ça a été remplacé par "Nous sommes désolés, mais l’image créée est susceptible d’enfreindre nos règles relatives aux contenus. Si vous pensez qu’il s’agit d’une erreur, veuillez réessayer ou modifier votre prompt." J'ai insisté, il m'a rendu n'importe quoi. Des pavages sans pentagones…

    • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

      Posté par  (Mastodon) . Évalué à 7 (+5/-1). Dernière modification le 22 septembre 2026 à 07:53.

      En 18 secondes, Qwen3.8 interrogé par mon gégé préféré a répondu ça:

      $ cat ~/Téléchargements/DIkSOT9.png | gégé "que vois-tu d'anormal sur cette photo ?"
      Plusieurs points anormaux, typiques d'une image générée par IA :                                                                                                                                                                
      
       • Le texte du parchemin est illisible / faux (gibberish), avec des caractères qui ne forment aucun mot cohérent.                                                                                                               
       • La main de l'homme pointe mal : les doigts repliés sont anatomiquement douteux.                                                                                                                                              
       • Artéfacts d'interface superposés (« Faites glisser vers le haut… », horodatage 1:37:42) → c'est une capture d'écran d'un outil de recherche inversée, pas une photo brute.                                                   
      

      Pour les pentagones j'ai pas encore bossé la génération d'images en local…

      En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

      • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

        Posté par  . Évalué à 3 (+2/-1).

        GG Gégé :)

        "Ce n'est pas à l'état de tout savoir sur ses citoyens, mais au citoyen de tout savoir sur l'état."

      • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+11/-0). Dernière modification le 24 septembre 2026 à 08:29.

        Qwen 3.8 27b est spécialisé programmation. Gemma4 31b est plus généraliste. Du coup, lui, il voit le défaut du poignard :

        Le poignard et l'arbre : Le poignard semble "flotter" ou être fusionné de manière irréaliste avec le papier et l'écorce de l'arbre. Il n'y a pas d'ombre portée cohérente ni d'interaction physique réelle (comme un enfoncement dans le bois).
        Le texte du parchemin : Le texte est totalement illisible. Ce ne sont pas des lettres réelles, mais des formes qui imitent l'apparence d'une écriture ancienne (du "faux texte" typique des IA), ce qui rend le document sans signification.
        La main et le doigt : Si vous regardez attentivement le doigt levé de l'homme, sa morphologie est étrange et la jonction avec la main manque de naturel.
        L'élément d'interface : Il y a une superposition d'interface utilisateur (le texte "Faites glisser vers le haut…" et une vignette vidéo) qui ne fait pas partie de la scène, ce qui indique qu'il s'agit d'une capture d'écran d'une application ou d'un outil de recherche.
        Incohérence visuelle : Le contraste entre le réalisme du visage de l'homme et l'aspect "dessiné" ou artificiel du parchemin et du couteau crée un effet de montage maladroit.

        Par contre, pour les pentagones, Gemma 4 31b a essayé d'utiliser mon générateur d'image pour ça. Or ce n'est évidemment pas le bon outil : c'est fait pour faire prototyper de l'art, pas de la géométrie. Sur ce coup-là, Qwen 3.8 27b est plus pertinent : en bon programmeur, il pense tout de suite à écrire un programme. Et le résultat est là. Par contre, ça lui a pris looooonnnnngtemps, et, selon comment on voit ça, il a triché :-). Il a fait pas mal de recherches sur Internet, et il est tombé sur le Tiling Viewer de Jaap Scherphuis (en Java). Il s'en est ouvertement inspiré, et a fait un script en Python et matplotlib basé sur ses mêmes algorithmes :

        Le script

        Le résultat

        (tous ces tests ont été fait via Open WebUI)

    • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+15/-1).

      Pour la dague, je ne vois pas de problème : l'image montre bien l'ombre du clou qui l'accroche sur l'arbre au travers du parchemin. Quant à l'homme sexadactyle, si vous le trouvez anormal, peut-être vous faut-il un peu d'introspection pour travailler sur votre tendance au conformisme. Un peu de tolérance à la diversité que diantre.

      « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

    • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

      Posté par  . Évalué à 10 (+8/-0).

      C’est ce que je trouve inutile dans le journal. Il énonce des points pour arriver à sa conclusion qui se veut générales qui sont trop dans le détail. Ces points peuvent être mis en brèche si c’est pas aujourd’hui ce sera demain, voir il s’attend à un résultat discutable https://linuxfr.org/users/m4rotte/journaux/pourquoi-tout-le-monde-en-parle#comment-2033696

      Sa seule prémisse générique n’est pas étaillé : « Pour ces créatures artificielles, un tournevis et une perceuse électrique sont deux objets ayant un niveau strictement équivalent de complexité ». Je ne sais pas d’où il le sort, ce qu’il entend par une compréhension de la complexité et quel est l’effet de cette mauvaise compréhension.

      Du coup ben, c’est un énième journal qui se pleins de lui même « Pourquoi tout le monde en parle ? » : je sais pas pourquoi en avoir parlé et quel est l’argument apporté qui n’a pas était vu et revu ?

      Je pensais que le journal allait parler plus longuement de pavage, je suis un peu déçu.

      https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

      • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

        Posté par  (Mastodon) . Évalué à 4 (+3/-2).

        Je ne sais pas d’où il le sort

        Moi non plus.

        $ gégé "compare la complexité d'un tournevis et d'une perceuse électrique"

        TOURNEVIS (mécanique)
          Composants : ~3-5 (tige, pointe, manche, éventuellement ressort/embout)
          Énergie    : musculaire humaine
          Mécanisme  : levier + friction
          Fabrication: usinage simple, 1 matière dominante (acier)
        
        PERCEUSE ÉLECTRIQUE
          Composants : ~30-80+ (moteur CC/brushless, réducteur, pignon,
                        gâchette, batterie/câble, électronique de contrôle,
                        mandrin, carter plastique, ventilateur, ...)
          Énergie    : électrique → mécanique (conversion)
          Mécanisme  : moteur + transmission par pignons + frein/embrayage
          Fabrication: injection plastique, usinage métal, soudure,
                      assemblage électronique, calibration
        
        RATIO COMPLEXITÉ ≈ ×10 à ×30 (selon le modèle de perceuse)
        

        En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

        • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

          Posté par  . Évalué à 3 (+1/-1).

          Mais tu touches exactement ce à quoi je fais référence… L’IA peut tout à fait exprimer un « ratio de complexité », seulement intrinsèquement il s’agit dans les deux cas d’un résultat statistique, probabiliste. Une IA n’a pas de proprioception, d’historique émotionnel, de biais influencés par ceux-là, pas de dimension synesthésique, car pas de "sens" tout court.

          Si je te demande d’estimer le rapport de complexité entre un tournevis et une perceuse, le processus intellectuel, cognitif, ne sera pas le même que si je te demande d’estimer le rapport de complexité entre la vie et la mort. Pour une IA, si, dans les deux cas son approche est strictement la même.

          Pour l’intelligence véritable, humaine, il existe un émotionnel (notamment) qui a une influence sur le cognitif, l’IA n’a rien qui influence sa probabilistique.

      • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

        Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 24 septembre 2026 à 00:44.

        Tu apprendrais à un jeune enfant à se servir d’abord d’un tournevis ou d’abord d’une perceuse électrique (celle-ci serait-elle, à l’instar du tournevis, adaptée à un jeune âge) ?

        Par complexité j’entends une nécessité d’apprentissage plus importante, un plus grand nombre de paramètres à prendre en compte, un plus grand nombre d’organes/d’élément, de grandeurs physiques impliquées dans le fonctionnement.

        Hors des deux, tournevis ou perceuse, je peux en disserter tout également, avec autant de mots, par tout registre de langue. Voilà pourquoi j’affirme que « vu du LLM », les deux objets sont d’une complexité parfaitement équivalente. Sachant de plus qu’en terme de corpus constitué les deux sont probablement d’un même ordre de grandeur en terme de taille, de qualité globale, ils sont aussi lexicalement d’une complexité plus ou moins équivalente.

        Je pensais que le journal allait parler plus longuement de pavage, je suis un peu déçu.

        Je prendrai soin d’en remettre un peu dans chacun des mes prochains journaux sur l’IA ! Je suis heureux de te savoir seulement un peu déçu, et donc un peu satisfait quelque part. :)

        un énième journal qui se pleins de lui même « Pourquoi tout le monde en parle ? »

        C’est assez intéressant que tu interprètes mon titre non pas pour ce qu’il peut vouloir dire : « Je me pose la question de savoir pourquoi tout le monde en parle. », « Vous êtes-vous demandé pourquoi tout le monde en parle ? », « Pourquoi tout le monde en parle ? Je me propose de répondre à cette question. », que je ne qualifierai pas de « plainte », mais que tu suggères qu’il faudrait y en entendre une, comme si j’avais voulu dire : « Il n’y a aucune raison expliquant que les gens en parle, alors les gens ne devraient pas en parler. »

        J’ai du mal à dire si c’est lié à ma propension assez élevé à me plaindre en général, ou si c’est celle des journaux sur ce site. Les deux peut-être. ^^

        Et sans ironie, je trouve ton commentaire très constructif, alors merci.

        • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

          Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0).

          Hors des deux, tournevis ou perceuse, je peux en disserter tout également, avec autant de mots, par tout registre de langue. Voilà pourquoi j’affirme que « vu du LLM », les deux objets sont d’une complexité parfaitement équivalente.

          Je ne comprends sincèrement pas ça. Le fait d'utiliser plus de mots est un marqueur de complexité ? Je connais des gens qui peuvent passer des erreurs à parler tournevis (et d'autres heures à s'étriper sur le quel a leur préférence). J'ai pus regarder des heures de vidéos sur comment visser correctement du bois et sur quelle tête de vis est la meilleure, ça montre une complexité des vis ? Je préférerais donner à un enfant des torx ou hexagonale que du philipps pourtant plus classique (déjà parce que je veux pas du mal aux enfants).

          Si tu as l'impression qu'un LLM peut parler de tout d'un ton égal c'est vrai. C'est comme un éditorialiste dans les médias ou un gars sur les réseaux sociaux, tu peux tirer un sujet d'un chapeau et il pourra passer des heures à t'en parler comme s'il connaissait (virologie, climat, énergie, carburant,…).

          C’est assez intéressant que tu interprètes mon titre non pas pour ce qu’il peut vouloir dire

          Loi de Betteridge, si un titre est une question il répond négativement et si le pourquoi on en parle est pas évident c'est probablement que le sujet n'est pas si intéressant.

          https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

          • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

            Posté par  . Évalué à 5 (+2/-0). Dernière modification le 24 septembre 2026 à 23:13.

            Je ne comprends sincèrement pas ça. Le fait d'utiliser plus de mots est un marqueur de complexité ? Je connais des gens qui peuvent passer des erreurs à parler tournevis (et d'autres heures à s'étriper sur le quel a leur préférence). J'ai pus regarder des heures de vidéos sur comment visser correctement du bois et sur quelle tête de vis est la meilleure, ça montre une complexité des vis ? Je préférerais donner à un enfant des torx ou hexagonale que du philipps pourtant plus classique (déjà parce que je veux pas du mal aux enfants).

            Bah non justement, le nombre de mots ne fait pas la complexité. La complexité n’est pas réductible aux mots. Une IA est réduite à des mots ! À leur fréquence, leur proximité, etc…

            Toute IA ne verra qu’une image comme un ensemble de pixels, ou encore des ensembles de vecteurs, des fonctions associatives, des statistiques colorimétrique, de matrices de fonctions d’activation (pour le dire « simplement »…), que des objets verbalisables, mesurables. Pour une personne humaine c’est une source potentielle de sentiments, possiblement ineffable, plus ou moins conscients et pourtant sources d’influence sur l’ensemble du processus cognitif dans son entièreté.

        • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8 (+5/-0). Dernière modification le 24 septembre 2026 à 15:32.

          Tu apprendrais à un jeune enfant à se servir d’abord d’un tournevis ou d’abord d’une perceuse électrique (celle-ci serait-elle, à l’instar du tournevis, adaptée à un jeune âge) ?

          D'abord le tournevis, à partir de 3 ans. Un tournevis jouet, adapté à l'enfant. Un vrai tournevis, à partir de quoi, 4 ou 5 ans ? Ensuite la vrille à main, à 6 ans je dirais, puis la chignole à 7 ou 8 ans. Le tournevis ou la perceuse électrique pas avant au moins 10 ans. Même chose pour la scie à main par rapport à la scie sauteuse électrique.

          L'avantage avec les outils purement manuels sans démultiplication ou avec une démultiplication pas trop délirante, c'est que la puissance vient directement de la force motrice de l'utilisateur, avec un rapport de proportionnalité facile à appréhender, et avec un retour haptique direct. Par conséquent : bien moins de risques de se blesser. Si l'enfant commence à percer son doigt avec une vrille à main, il va s'arrêter bien avant de se blesser sérieusement.

          Avec un outil électrique, non seulement la puissance n'a plus rien à voir avec la force développée par l'utilisateur, mais en plus il n'y a aucun retour haptique. Il suffit s'appuyer sur un bouton pour se transpercer la main, voire pire.

          Je ne sais pas s'il s'agit de complexité, mais quoi qu'il en soit il y a des différences fondamentales là-dedans.

    • [^] # Re: Demandez à votre IA de prédilection si elle voit ce qui cloche dans cette image

      Posté par  . Évalué à 2 (+2/-3).

      Ils ont trouvé la dague en premier ? Et bien pas mal. Moi j’avais essayé avec le GPT de pauvre, le gratuit, qui doit être le 5 je crois. Il m’a sorti en premier la même remarque sur le texte incohérent.

      La main à six doigts, bah… je l’avais même pas vu tout de suite non plus perso :). Interroger sur cette histoire de main à six doigts l’IA explique que c’est une erreur semblable à beaucoup d’autres erreurs qu’elle commet. Qu’elle est devenu emblématique, mais n’a rien de spécial.

      Je pense que le fait que nous comptions en base 10 (la plupart du temps), soit 2×5, soit deux mains avec cinq doigts, et le fait que les mains à six doigts soient devenues presque symboliques des « erreurs artificielles », n’est pas une coincidence. C’est bien nous, humain, qui avons placé la main à six doigts des images générées par l’IA sur le devant de la scène, élevée comme illustration première du merdier, représentative de l’objet dont ce journal essaie de traiter, cette erreur artificielle, pour laquelle je ne trouve pas de meilleur terme mais pour laquelle je pressens une occupation importante de l’espace de la réflexion sur cette technologie.

      Pas vraiment étonnant cette permanence du concept « main », elle notre interface privilégiée avec la réalité depuis un temps infini, bien avant les yeux ou l’odorat, qui ne sont, malgré leur importance évidente, que des interfaces à sens unique. Elles sont sans possibilité d’action.

      (Claude Opus 5) Il a réfléchi pendant 7 minutes sans rien me donner, j'ai kill la session.

      Tu devais te déconnecter, je veux dire, tu t’es retrouvé dans l’obligation de mettre fin à la session ? J’aurais attendu au moins 24 heures je crois perso ! ^^

      "Nous sommes désolés, mais l’image créée est susceptible d’enfreindre nos règles relatives aux contenus. Si vous pensez qu’il s’agit d’une erreur, veuillez réessayer ou modifier votre prompt."

      C’est ce que je trouve des plus consternant cette censure tellement zélée des IA main stream… Comme j’ai pu expliquer à ChatGPT, qui a reconnu la pertinence de mon propos (comme souvent, je pense que la flagornerie est un élément présent “by design” pour maximiser le temps de cerveau disponible obtenu…) : une IA, un LLM plus précisément, ne pourra pas atteindre un résultat significatif dans son objectif de mimer l’intelligence humaine si on l’écarte de toute la part sombre de cette dernière. C’est tellement évident.

      Je te fais part de ce qui m’est venu en tête : l’image générée était un pavage en croix gammées ! ^

      Que l’image soit pas affichée direct, mais derrière un avertissement, voire impossible à visualiser si tu es mineur, ou non membre que sais-je encore, mais disponible quand même à celui ou celle qui accepte 1. d’être choqué, et 2. renonce à tout recours en justice lié au fait qu’il a eu à visualiser cette image, c’est quand même la base.

      D’ailleurs un système type crowdsource, une prise en compte des jugements exprimés dans les prompts en retours, par des humains donc, pourrait amener à une morale « propre » du LLM. Ce serait une morale à mon avis bien éloignée de la morale judéo-chrétienne et humaniste (ou confucéenne ou islamique…) la plus courante, bien qu’elle serait bien entendu issue de toutes celles-ci, de toutes ces morales que les humains établissent sans arrêt … Là, actuellement, les IA ont une pseudo morale "hard-coded" à base de "pas manger les enfants", "pas enculer les animaux", "pas se couper le bras volontairement pour le fun", "pas affirmer que le suicide c’est bien", etc, etc…
      Ça biaise complètement l’expérience, ça la rend totalement inutile si le but de l’expérience est d’apercevoir ce reflet de nous d’une dimension cosmique, préalable indispensable à une hypothétique transcendence de l’humanité. Autrement dit : de survivre à l’échelle de l’univers visible.

      « Comment ça ?! On ferme monsieur il faut partir ?!?? … GÉGÉ !!! TU REN REMET UN DEMIER!! »

      PS Et c’est en ceci que l’évolution nous surpasse : elle a fait des humains avec des mains de six doigts dans la réalité :)

  • # Mes deux centimes — 36 15 ma vie

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8 (+5/-0).

    Depuis presque un mois je redécouvre les LLM.

    Mes premiers essais les années passées me poussaient à croire à une vaste plaisanterie. Entre les images n'ayant rien à voir avec le prompt, et les réponses aussi sautes que grenues.

    Puis cet été, lors d'une discussion avec un doctorant, il tapote sur son téléphone puis m'envoie un courriel : son LLM avait récrit le code (très prosaïque) que je développais depuis deux semaines en quelques secondes… Du coup j'ai tenté à mon tour.

    • Traductions : mieux que bien. Le LLM traduit mes cours et me fait même remarqué les incohérences, en proposant des améliorations ou corrections souvent pertinentes.
    • Rédaction : en revanche il me semble que ces outils soient encore incapable de rédiger. Enthousiaste du résultat de la traduction, j'ai demandé à ce qu'il « améliore. » Erreur fatal. Le tout devient quasi inexploitable.
    • Ma conclusion : pour utiliser un LLM de manière productive, il faut avoir fait tout le travail intelligent, écrire assez précisément, et seulement ensuite envoyer ça au dactylo numérique qui est alors capable de vous mettre ça en forme mieux que vous ne le feriez vous-même, et en un claquement de doigt.

    J'aurais presque tendance à adhérer à cette conclusion :

    « L’IA est complètement stupide par essence. On a tendance à ne pas s’en rendre compte parce que notre intelligence n’a pas encore bien pris la mesure, et surtout la nature artificielle de sa stupidité. »

    Mais l'intelligence étant un objet assez délicat à définir, et force étant de constater que les LLM et autres réseaux de neurones peuvent produire des résultats qui ont toujours était associé à l'intelligence, j'aurais tendance à écrire plutôt :

    Les réseaux de neurones sont d'incroyables interpolateurs. Formés avec des masses inimaginables de données, et équipés d'une capacité de calcul considérable, ils sont des outils extrêmement performant pour essayer d'appliquer des solutions qui se déduisent par interpolation de leur corpus d'entraînement. Pour le reste…

    Encore un point. Pour ceux qui croient à l'AGI, au Skynet échappé de chez J. Cameron, ou je ne sais quelle faribole du même acabit, je ne peux que conseiller l'excellent billet de C. Doctorow sur le sujet. Sans être extrêmement technique, il explique parfaitement pourquoi et en quoi, l'accident OpenAI/Hugging Face , ne relève nullement de ces scénarios apocalyptiques vendus par les charlatans bonimenteurs de la côte ouest.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

    • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

      Posté par  . Évalué à 8 (+6/-1).

      Pour la question de l'intelligence, il n'y a pas de raisonnement à développer, tout est dans la définition. Si on admet l'existence potentielle d'une intelligence "artificielle", alors les LLM (l'ensemble modèle + prompt + base de données + tout ce qui vient avec) est "intelligent", il mime à merveille l'intelligence humaine et la dépasse dans plein de circonstances. Si par contre on ne réserve les termes "intelligence" et "conscience" qu'aux cerveaux constitutés de neurones biologiques qui ont accès au monde extérieur par des sens, alors par définion un modèle informatique ne peut pas posséder cette "intelligence". Je trouve que la deuxième position n'a aucun sens, puisque ça revient à définir l'intelligence d'une manière à ce qu'aucune machine ne puisse y accéder, la réponse est donc dans la définition. La nuance "artificielle" est fondamentale : les LLM sont des intelligences "artificielles", avec les limites que ça comporte.

      En fait, ils compensent l'absence de représentation mentale des sens par un corpus de connaissances. Ça n'est pas différent de la représentation qu'un aveugle peut se faire des concepts de "vert" et "rouge", ou de la représentation qu'on peut tous se faire d'un électron ou de la relativité générale. Je n'ai jamais "vu" ou ressenti la relativité générale, et pourtant je peux dire des choses dessus, comme un LLM. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un LLM ne puisse pas ressentir le goût d'une pomme change quoi que ce soit sur sa capacité à pondre du code ou traduire un livre.

      Est-ce que tout ce que dirait un aveugle de naissance sur la lumière et les couleurs serait stupide par essence, parce qu'il ne peut pas ressentir les sensations qui viennent de ses organes visuels? Ça me semblerait bien douteux. Ces arguments me semblent ad hoc, seulement motivés par l'idée obsessionnelle de nier par essence la possibilité que les modèles informatiques soient intelligents ou conscients. Ce n'est pas une négation par le raisonnement, c'est une négation par définition : seul un cerveau biologique peut être conscient, seule la perception à partir d'organes sensitifs biologiques peut générer de l'intelligence, etc. Pour la conscience, c'est discutable, pour l'intelligence, à mon avis, la réponse est assez claire : ces systèmes sont capables de simuler l'intelligence de manière indiscernable à ce que ferait une intelligence artificielle "vraie" quelle que soit la définition de l'intelligence artificielle "vraie" que vous choisissez; ils sont donc empiriquement (fonctionnellement) intelligents. Vous pouvez toujours penser qu'ils ne sont pas "mystiquement" intelligents (parce qu'il leur manquerait un truc un peu ésotérique, une étincelle de vie, un esprit magique, un truc comme ça), mais c'est juste un ingrédient irrationnel que vous ajoutez pour leur retirer quelque chose, et rien ne permet de penser que ce truc magique a une quelconque réalité.

      • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).

        Pas certain que la dichotomie que vous proposez couvre l'ensemble du spectre des définitions de l'intelligence. En revanche on ne peut qu'adhérer à votre seconde proposition (une définition excluant d'emblée tout autre intelligence qu'humaine ou animale n'aurait pas de sens). Mais une telle définition est-elle sérieusement envisagée par quiconque ? Elle est à ce point outrancière qu'il me semble qu'elle vienne même biaiser la perception qu'on pourrait avoir du reste du raisonnement exposé.

        « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

        • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

          Posté par  . Évalué à 9 (+6/-0).

          Je crois que j'ai eu tort de mettre ensemble le problème de l'intelligence et de la conscience, qui restent deux problèmes fondamentalement séparés. Ce n'est que mon avis, mais je n'ai pas d'opinion franche sur la conscience, et donc c'est plus difficile de débattre. Pour l'intelligence par contre, je suis frustré par la mauvaise foi de certains, qui me semblent nier l'évidence parce que la réalité ne colle pas avec leurs préconceptions.

          Pas certain que la dichotomie que vous proposez couvre l'ensemble du spectre des définitions de l'intelligence.

          C'est probablement vrai, mais il y a probablement une définition par personne…

          Mais une telle définition est-elle sérieusement envisagée par quiconque ?

          C'est clairement le cas pour la conscience. De nombreuses personnes, y compris des philosophes, lient la conscience avec le "ressenti" des sens, les "qualia". Une telle définition de la conscience semble organique par définition, et ne peut se concevoir en dehors d'un organisme biologique.

          L'exemple typique, c'est le sentiment de peur. Si on admet pour l'exercice de pensée que la peur est nécessaire à la définition d'une conscience (la peur de disparaitre, d'être débranché, la peur de faire une erreur aux conséquences fâcheuses, etc), alors tout va dépendre de la définition de peur. Si c'est une définition fonctionnelle, alors un ordinateur peut avoir peur. Si c'est une définition organique (par exemple, associée à des phénomènes hormonaux), alors par définition un ordinateur ne peut pas "ressentir" la peur.

          J'ai aussi l'impression qu'il y a énormément de restes de dualisme dans ces discussions. Si un être pensant est la conjonction d'un corps et d'un esprit, alors le corps est matériel, comme peut l'être un GPU ou un serveur, mais l'esprit est immatériel, animé d'une sorte de magie ou de "souffle de vie", qu'un ordinateur ne saurait posséder. Là encore, la réponse est dans la définition.

          Parmi les prémisses fondamentales à toute discussion, il y a l'adoption d'une posture fonctionnaliste : il faut que les propriétés émergentes dont on parle (la conscience, l'intelligence…) ne soient pas dépendantes de la nature de leur support ou des technologies sous-jacentes. Or, j'ai l'impression justement que toute discussion avec les tenants des LLM idiots part du supposé contraire : un ordinateur ne peut pas "ressentir", il ne peut pas "réfléchir", c'est "juste une machine". Dès le départ, la discussion est impossible.

          En tout cas, l'argument empirique le plus puissant à mon avis est le suivant : jamais dans l'histoire des sciences un point de vue vrai n'a pu survivre que par des redéfinitions constantes de ses définitions et des exceptions qui lui sont associées. En gros, quand c'est vrai, c'était vrai dès le début, et ça n'est jamais devenu vrai "d'une certaine façon" : quand on commence à dire "d'une certaine façon", alors c'est que ça devient faux, pas vrai. Or, la supériorité de l'intelligence humaine sur celle les machines ne peut rester vraie que si on change encore et encore la définition. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le summum de l'intelligence humaine était le jeu d'échecs, les grandes puissances rivalisaient pour y gagner de la même manière que la course à la lune était un objectif de dominance technologique. Et paf, dès que les ordinateurs ont réussi à battre les humains, d'un coup, le jeu d'échecs est devenu "évidemment" un exercice de calcul, l'intelligence était "bien au delà de ça". Les nouvelles frontières sont devenues la maitrise du langage : le test de Turing, la traduction automatique, la sémantique, etc; là encore, c'était évident qu'aucun ordinateur non-intelligent ne pourrait maitriser le langage humain. Et pouf les LLM de 2023 ont tout défoncé, alors on rechange complètement de définition : ah ah, c'est évident que les LLM ne font que simuler l'intelligence et la maitrise du langage alors que derrière il n'y a rien; non, le vrai critère d'intelligence c'est la pensée symbolique : les mathématiques; les LLM sont ridicules et ne peuvent faire une addition. Et crac 2026, les LLM médaille d'or aux plus difficiles concours de maths, des dizaines de problème d'Erdös résolus à partir de leur énoncé en langage naturel, les modèles utilisés par tous les mathématiciens pour les assister dans leurs recherche, et très récemment les progrès substantiels (et controversés) réalisés sur un des problèmes du siècle. Paf, re-changement drastique : ah ah, évidemment, avec du calcul, c'est trivial de résoudre des trucs comme ça… À ma connaissance, il n'y a pas (plus?) de nouvelle frontière très claire, mais ça va encore apparaitre, et ça va encore être défoncé, mais les défenseurs de la thèse du "perroquet stochastique" vont continuer à nier l'évidence. Moi ça me fatigue, il me semble que les LLM grand public ont absolument toutes les propriétés que le XXe siècle avait attribué à ce qu'on concevait comme une "intelligence artificielle", et il ne fait absolument aucun doute que ces trucs sont "intelligents". À leur manière, avec leurs défauts, avec les problèmes majeurs que leur généralisation fait peser sur nos sociétés et sur l'environnement, mais est-ce qu'il est même envisageable de prétendre que ces trucs ne sont pas des "IA"? L'objectif est-il d'attendre jusqu'à la dernière petite tâche anecdotique réservée aux humains avant d'admettre que le concept d'"intelligence" peut s'y appliquer? Ou alors encore une pirouette, "l'intelligence c'est sauter dans les feuilles mortes en automne et ressentir la nostalgie de l'hiver qui approche", ou une autre invention de mauvaise foi typiquement humaine sortie d'un orifice organique dont les machines sont dépourvues?

          • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+4/-1). Dernière modification le 22 septembre 2026 à 14:09.

            Dans ce cas là, appelons un chat un chat ;-) plutôt que de nommer indistinctement un LLM comme étant une IA — ce qui a tendance a lui prêter des qualités anthropomorphiques qu'il n'a pas (tu en fais la démonstration) — autant l'appeler autrement : robot traducteur, robot mathématiques, robot musicien… ou réseau de neurones (en fonction du corpus qui a permis de l'entraîner), ce que tu veux en fait.

            Ensuite, cela permet d'avoir une définition robuste et comparer effectivement là où le robot a un fonctionnement plus efficace que l'humain. C'est une méthode constructive, plutôt que d'évitement du sujet àmha.

            Après, cela permet d'identifier tous les termes « polémiques »

            • compréhension : par nature humain, capacité à dire « je ne sais pas » par exemple plutôt que d'inventer
            • créatif : le hasard peut être créatif ;-) par exemple, les ensembles de Mandelbrot, construction mathématique par excellence, c'est joli et en plus ça se retrouve dans la nature pour le coup :p
            • capacité à appliquer un algorithme : là je pense que l'informatique nous bat à plate couture ; le robot présente certains des défauts de l'humain et peut être moins efficace qu'un bon programme, tout comme un robot de construction automobile peut être plus efficace qu'un humain (pas de fatigue quoique… ya de la maintenance tout de même :p mais moins généraliste)

            et tout autre terme qui évite l'anthropomorphisme ou l'identifie en tant que tel, déjà ça réduira les propriétés prêtés à une IA à celles qu'elle présente vraiment ;-) (et il y en a déjà pas mal).

            • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

              Posté par  . Évalué à 7 (+5/-0).

              Historiquement, ça a été pendant longtemps la stratégie des chercheurs en …. artificielle.

              Au milieu des années 2000, de nombreux chercheurs en IA choisissent délibérément d’appeler leurs travaux autrement — par exemple informatique, apprentissage automatique, analytique, systèmes à base de connaissances, gestion de règles métier, systèmes cognitifs, systèmes intelligents, agents intelligents ou intelligence computationnelle — afin de montrer que leurs recherches mettent l’accent sur certains outils ou qu’elles ciblent un sous-problème précis. Même si cela s’explique en partie par l’idée que leur domaine diffère de l’IA, ces dénomminations aident aussi à obtenir des financements en évitant la stigmatisation liée aux promesses non tenues associées au terme « intelligence artificielle »[34].

              src : Hiver de l'IA

              De fait les LLM appartiennent à la recherche en Traitement automatique des langues

              (enfin, historiquement).

              Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

              • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0).

                c'est demain l'automne ;-)

                mais oui, reconnaissance vocale / reconnaissance parole (voice vs speech) c'est déjà plus précis et en plus cela fonctionne de mieux en mieux (la reconnaissance faciale pas encore…)

                pour le TALN, personne ne souhaite le retour de Zino< je pense :D

                L'avantage du terme de robot c'est que cela oblige à identifier la ou les fonctions qu'il remplit : on n'attend pas d'un robot cuiseur qu'il fasse la cuisine ;-) (et la vaisselle, ce serait bien, ainsi que le rangement…)

          • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).

            Globalement je serais assez d'accord avec vous, mais je crains certaines généralisations un peu hâtives (après, on est entre nous).

            « En tout cas, l'argument empirique le plus puissant à mon avis est le suivant : jamais dans l'histoire des sciences un point de vue vrai n'a pu survivre que par des redéfinitions constantes de ses définitions et des exceptions qui lui sont associées. En gros, quand c'est vrai, c'était vrai dès le début, et ça n'est jamais devenu vrai "d'une certaine façon" […] »

            Prenons l'un des concepts les plus fameux et les plus fructueux de la science au cours des 3 derniers millénaires : l'atome… Depuis le grain de matière insécable de l'antiquité, jusqu'à aujourd'hui, où les clans de chimistes, de physiciens de la matière condensée, et les physiciens atomiques (et diverses factions internes aux précédentes) ne sont pas toujours d'accord sur la définition, que de chemin parcouru…

            C'est juste un exemple frappant qui m'est venu en vous lisant, mais j'aurais tendance à m'inscrire strictement en faux vis-à-vis de cette proposition. Il me semble que les concepts soient bien souvent formulés de manière très floue, et plus ou moins progressivement raffinés jusqu'à prendre atteindre leur forme canonique ; et que partant votre raisonnement, ici, porte ici un certain caractère téléologique. Et pour cause, beaucoup de sciences fondamentales ayant atteint un développement canonique dès la premières moitié du XXe, nous autres, vivant au XXIe, avons surtout connu pléthore de concepts bien fixés et bien peu d'errements.

            « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

          • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

            Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

            il y a probablement une définition par personne…

            Et il y a qu’on ne conçoit l’intelligence qu’avec la sienne propre…

      • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

        Posté par  (Mastodon) . Évalué à 7 (+4/-0).

        il mime à merveille l'intelligence humaine

        Ce qu'on oublie souvent de reconnaître, c'est que nous les humains mimons beaucoup aussi en prenant appui sur notre histoire, culture et les réactions de nos contemporains. Notre cerveau est fait pour qu'on puisse survivre et prend donc plein de raccourcis pour prendre des décisions rapides. Ça explique par exemple beaucoup de nos travers, malheureusement complètement naturels, de xénophobie, racisme, etc.

        Exemple bête: dans pleins de sujets sociaux, il y a plein de trucs qui nous choquent maintenant qui étaient complètement acceptés il y a seulement une trentaine d'années. Pourtant on n'est pas massivement plus intelligents que nos parents. Et tout ça dépend du pays, de la culture, de la classe sociale dans laquelle on vit, parce que dans l'immmense majorité des cas, on ne fait que répêter ce que l'on a appris/internalisé/déconstruit. Les moments où on prend vraiment le temps de tenter de réléchir en toute objectivité sans être dans la réaction sont finalement très rare.

        • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

          Posté par  . Évalué à 10 (+9/-1).

          Ce qu'on oublie souvent de reconnaître, c'est que nous les humains mimons beaucoup aussi

          Ça me rappelle un documentaire que j'avais vu il y a longtemps, où un chimpanzé allumait un barbecue avec un briquet. Un ethnologique pédant commentait alors la scène, en relativisant l'intelligence de l'animal : il ne fallait pas oublier que même si le chimpanzé avait appris à utiliser un briquet par mimétisme, il avait fallu qu'un humain le lui donne, ce qui prouvait en quelque sorte que son intelligence était inférieure. Je suis tombé immédiatement d'admiration pour cet ethnologue surprenant qui, apparemment, avait inventé lui-même le feu et le briquet, et se fabriquait probablement ses propres briquets à partir d'éléments naturels.

          À trop vouloir se distinguer des animaux et des LLM, on finit facilement par raconter n'importe quoi sur l'intelligence humaine.

        • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

          Posté par  . Évalué à 5 (+2/-0).

          L'erreur serait peut être de croire que l'objectivité totale quand il s'agit de sa propre vie est complètement vain … On peut être le plus objectif possible quand il s'agit de question purement fondamentales comme les lois de l'univers, pour les questions politiques ses affects comptent bien évidemment. Et c'est pas parce qu'on est subjectif qu'on ne se soucie pas des autres humains ou du vivant, ça fait partie de la gamme des sensibilités humaines.

          La question de la réaction dans l'instant ou de l'objectivité c'est autre chose …

    • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

      Posté par  . Évalué à 3 (+0/-0).

      Pour ce qui est de la traduction, et surtout de la rédaction. C’est une question que je me pose et dont je pense que la réponse n’est pas évidente, et probablement différente selon les cas :

      Qu’est-ce qui est le plus pertinent : Écrire et se faire relire par l’IA, ce qui revient à la laisser, du moins à lui demander, de nous corriger, puis à nous de soumettre à nouveau, etc…. Ou bien, demander à l’IA d’écrire, et s’appliquer à relire très consciemment ce qu’elle génère, pour le corriger, puis pour lui demander de générer ceci ou cela à nouveau ?

      Peut-on passer d’une approche à l’autre dans le processus de rédaction, dont nous et seulement nous, auront à assumer le résultat ? L’une des approches est-elle plus adaptée que l’autre selon le cas ? Selon le cas pour nous ? Selon le cas en général ?

      • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+0/-0).

        Ma (très petite expérience) est que les LLM écrivent n'importe quoi et font au contraire (et généralement) des relecteurs de grande qualité. Et ma théorie (que je crois fondée et simple) pour l'expliquer est la suivante : Soit une fonction f(x) où x est un vecteur à N dimension (N plutôt grand). Si vous avez pour instruction de construire « une nappe de dimension 3 autour de f(x₀) » vous pouvez produire une (grande) infinité de choses très variées. En revanche construire la nappe f([1,2],[-3,4],[2-5],le reste des éléments de x₀) est une instruction précise qui pourra être éventuellement exécutée raisonnablement par le LLM sous aux moins les deux conditions suivantes : Le domaine ainsi défini doit faire parti de son corpus d’entraînement, et la fonction f doit être interpolable. La première instruction/métaphore correspond à laisser le LLM écrire à partir d'un prompt, la seconde, correspond à lui préciser point par point ce qu'il doit faire, en ne lui laissant construire que des éléments prédéterminés.

        « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

        • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

          Posté par  . Évalué à 6 (+3/-0).

          Je pense qu'on a aussi largement tendance à sous-estimer la technicité d'écrire un prompt efficace pour générer des documents. Mais c'est évident que si tu lui donnes une trame (un brouillon ou un plan), tu vas avoir un résultat qui est beaucoup plus en ligne avec tes attentes.

          Tu as aussi LLM et LLM. Il y a fort à parier que tu n'auras pas grand chose de convainquant avec la version de base d'un petit modèle, mais si tu as accès à des abonnements pro et des systèmes optimisés pour la rédaction, avec un prompt maison bien chiadé (j'imagine que c'est typiquement ce que font les cabinets de conseil et tous les trucs qui rédigent des rapports à la pelle), tu dois pouvoir obtenir des choses assez convainquantes.

          Et si tu préfères ta prose à celle d'un LLM, tant mieux, c'est quand même assez rassurant. Un expert humain amène quand même quelque chose, un peu de subjectivité ou d'expérience, qu'aucun robot n'aura jamais.

          Par contre, je ne suis pas convaincu par l'idée du corpus d'entrainement. Les LLM de pointe de 2026 n'ont plus grand chose à voir avec ceux de 2023, et leurs capacités d'extrapolation sont quand même assez remarquables dans pas mal de circonstances. Par contre ils peuvent se planter à des endroits où on ne les attend pas (par exemple, la géométrie, comme illustré dans ce forum). À un moment il se disait par exemple qu'ils n'avaient pas de modèle du monde physique et qu'ils échouaient systématiquement à des trucs élémentaires basés sur des situations faisant intervenir la gravité, les frottements, etc., mais c'est résolu depuis longtemps. Une question comme "pourquoi une banane ne peut pas tenir en équilibre alors que deux bananes le peuvent" donne une réponse quasi-parfaite même avec des petits modèles. Étonnamment, il est donc possible de construire une compréhension apparente du monde physique sur la base de simple mots.

          • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).

            Quand je mentionne les limites du corpus d'entraînement, j'envisage surtout le problème de créer du nouveau (par exemple la recherche). Il me semble que, sans être trop schématique, on puisse séparer les opérations pour ce faire en deux classes : appliquer des méthodes connues à un problème nouveau, et trouver de nouvelles méthodes. Je m'attend à et je crois lire ici des résultats phénoménaux des réseaux neuronaux pour la premières classe. Certains connaissent à peu près tout, et bien entraînés, avec de bonnes manières d'établir le succès ou l'échec, ils sont très productifs. Exemple : la résolution du problème de pavage qui avait fait les gros titres voici quelques temps, ou l'attaque sur hugging face. En revanche s'il faut innover… il me semble que le communiqué sur la résolution du problème de mécanique des fluides discuté très récemment soit également éloquent : des chercheurs sont crédités pour la méthode découverte et les prompteurs ont « juste » (ça n'en est pas pour autant autre chose qu'un exploit remarquable) fait tourner leur bousin à fond pour trouver la manière d'arriver à l'appliquer.

            NB : j'écris en béotien, pendre ce qui précède comme une simple opinion.

            « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

            • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

              Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

              la résolution du problème de pavage qui avait fait les gros titres voici quelques temps,

              Peut-être avais-je à l’époque rien compris mais je ne crois pas que la manière dont ils avaient mis à profit la puissance de calcul des ordinateurs à leur disposition, constituait une manière beaucoup plus basique que la reproduction d’un réseau neuronal avec apprentissage. D’ailleurs sur quel corpus auraient-ils entraîné une IA pour tenter de découvrir une réalité inconnue de l’humanité ? C’est à vérifier mais je crois que leur approche tenait plus de la force brute pure, de la méthode de Monte-Carlos, pour écarter le plus gros de candidats. Et seulement ensuite, parmi les candidats restant, leur intelligence, leurs automatismes acquis, leurs intuitions, leur imagination, et, probablement la fusion de toutes ces qualités a pu leur permettre de démasquer ces polygones particuliers.

          • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

            Posté par  . Évalué à 8 (+6/-0).

            Je pense qu'on a aussi largement tendance à sous-estimer la technicité d'écrire un prompt efficace pour générer des documents. Mais c'est évident que si tu lui donnes une trame (un brouillon ou un plan), tu vas avoir un résultat qui est beaucoup plus en ligne avec tes attentes.

            Je pense que "écrire un prompt" est une vision limité de ce que peut être de travailler avec un LLM. L'idée qu'on sort de sa tête un prompt plus ou moins évolué et qu'à l'envoi le llm réponde ce qu'il faut marche globalement mal.

            Je sais que c'est pas ici que ce que je vais dire va être entendu, mais le fait qu'on parle plus vraiment de prompt engenering mais de contexte management n'est pas juste du marketing. Le prompt est une part du contexte, mais il n'est pas le seul et en fait le prompt c'est plus vraiment un prompt mais un échange qui amène plus de contexte aussi alimenté par le code existant et ton "harness", l'ensemble de la conf que tu as fait et qui servent à alimenter ce contexte (les skills, les tools,…)

            https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

            • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

              Posté par  (Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).

              Je plussoie ce commentaire très fort.

              C'est d'ailleurs ce que je trouve le plus intéressant avec ces trucs : Personnellement, je passe beaucoup de temps à étudier les sessions passées, en me demandant "qu'est-ce qui a fait patiner le modèle à ce moment là ?", "Quel contexte manquant a fait qu'il est parti sur cette fausse piste ?", "là je vois qu'il a utilisé des moyens de contournement alambiqué, quel tool il lui a manqué ?".
              "Là je vois qu'il a rempli son contexte avec du bruit, comment faire pour que seule l'information pertinente lui soit exposée ?"
              Qu'est-ce que je peux ajouter au system prompt, user prompt, skill, avec quel accès, quelle description pour suggérer sa lecture au moment pertinent…

              Bon, pour ça, il faut un harness qui ne cache rien à ses utilisateurs et qui lui laisse la liberté de le tordre dans tous les sens (pi.dev), et un modèle qui ne cache pas sa chain of though comme le fait gpt (Deepseek).

  • # Traite de l'information.

    Posté par  . Évalué à 5 (+6/-1).

    Je me suis pris une volée de bois vert (plusieurs en vrai) quand je poussais que c'était une conséquence logique du traitement de l'information, absolument prévisible et même régulièrement fantasmée.

    Que ce soit fait par des ultra-capitalistes qui couperaient la Terre en deux s'ils le pouvaient, que les données aient été volées et que l'illusion soit loin d'être parfaite, ce sont deux points qu'il faut améliorer, mais ça ne fait pas de l'IA un outil plus débile qu'un autre.

    Hâte que ça puisse tourner en local, librement, pour pas cher, tout en ayant des usages ciblés…et facilement, si possible en étant alimenté par un traitement de l'information plutôt qu'une traite illégale.

  • # Oui

    Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

    Titre de l’image

    c'est superbe Merci :)

    et une IA n'y arrive pas ?
    Hahaha, trop bon

    "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

    • [^] # Re: Oui

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-0). Dernière modification le 23 septembre 2026 à 08:20.

      Ouais, moi je le fais les yeux fermés ! Je l'avais fait longtemps avant Marjorie Rice, si j'avais su que ça intéresserait d'autre gens je l'aurais partagé …

    • [^] # Re: Oui

      Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0). Dernière modification le 23 septembre 2026 à 09:30.

      Du coup je ne connaissais pas Marjorie Rice. J'ai trouvé ce jolie article en anglais https://www.quantamagazine.org/marjorie-rices-secret-pentagons-20170711/

      N'étant pas formée aux mathématiques elle inventa sa propre notation. Elle a découvert 4 des 15 façons de paver le plan avec des pentagones en "gribouillant" dans sa cuisine. Son approche a été d'exprimer les contraintes aux coins et d'ensuite voir si un nouveau pentagone pouvait correspondre ou pas.

    • [^] # Re: Oui

      Posté par  (Mastodon) . Évalué à 6 (+3/-0). Dernière modification le 23 septembre 2026 à 09:55.

      En local avec flux2, j'ai eu droit à un joli hors sujet (oui, parce que c'est joli quand même).

      Quatre hexagone dans lesquels il y a des pentagones différents. Les couleurs sont le bleu, le rouge et le beige.

      Je lui ait demandé "illustration des quatre pentagones pavant le plan découverts par Marjorie Rice".

      En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

      • [^] # Re: Oui

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 23 septembre 2026 à 11:23.

        et il y a possibilité d'avoir une explication des choix faits et en quoi le résultat est le mieux qui puisse être produit ? Tu aurais le même résultat en imposant de respecter le théorème des 4 couleurs ?

        • [^] # Re: Oui

          Posté par  (Mastodon) . Évalué à 3 (+0/-0).

          je ne sais pas trop j'avoue m'y connaître encore moins en diffusion qu'en LLM… pour les LLM tu as accès aux phases 'thinking', mais là dans le cadre d'une diffusion je ne pense pas.

          En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

  • # Mmmh

    Posté par  . Évalué à 8 (+7/-0).

    L’intelligence bio-sourcée, développée patiemment par la nature.

    Autant "bio-sourcée", je suis d'accord. Autant "développé patiemment", non. La réalité, c'est plutôt en mode "brute-force aveugle et laborieux"… Étant bien entendu que l'on parle du réseau de neurones, pas de son entrainement.

    • [^] # Re: Mmmh

      Posté par  . Évalué à 6 (+3/-0).

      en mode "brute-force aveugle et laborieux"

      Oui mais ça prend du temps quand même, ça demande de la patience la force-brute à un moment. ^

      Très bonne remarque. Patiemment fait un peu penser à méticuleux, précis, contrôlé…

      En plus j’ai un autre problème avec cet adverbe (patiemment) dans ma phrase, parce qu’il sous-entend que la nature, l’univers quoi, pourrait faire preuve d’une qualité mentale, comportemental. Je vais m’en dire deux mots, je vais le sentir passer !

      Inutile et dangereux les adverbes, 90% du temps ils servent à rien, quand ils ne pourrissent pas la phrase carrément.

      • [^] # Re: Mmmh

        Posté par  . Évalué à 5 (+2/-0).

        À ma connaissance, on ne comprends pas bien les pressions de sélection sur l'intelligence. Il semble très peu probable que l'intelligence en tant que telle soit inconditionnellement favorable, puisque peu d'espèces ont évolué dans cette direction. Disons que le coût énergétique et métabolique d'avoir un cerveau un peu plus gros est probablement, dans la plupart des contextes, plus important que le bénéfice qu'un individu peut en tirer.

        Pourquoi les primates, et l'Homme en particulier, semblent avoir été dans une situation où le développement des facultés cognitives a été avantageux? L'avantage doit être énorme, pour supplanter la mortalité liée aux accouchements de bébés qui coincent leur grosse tête. Le plus probable est donc que l'intelligence soit liée à la compétition entre humains—résoudre des problèmes sociaux dans un environnement où les autres humains sont aussi intelligents-- plutôt qu'à résoudre des problèmes de survie dans la nature. Notre gros cerveau sert à être meilleur que les autres humains, à accéder à plus de ressources à leur détriment dans un contexte social complexe.

        • [^] # Re: Mmmh

          Posté par  . Évalué à 3 (+0/-0).

          un contexte social complexe

          C’est ça. Le cerveau de l’humain a atteint une complexité suffisante pour qu’émerge le langage, ce fût le moment de bascule. Le langage fît naître un phénomène éthologique remarquable nommé « méga-renforcement encéphalique inter-individuel fulgurant » ou MREIIF dans les populations de grands singes. Et en un, peut-être deux, claquements de pouce opposé qu’ils s’étaient sortis du boulard ils surfaient sur les routes de Babel-oueb. Le futur était là, maintenant il n’est plus ou bien ailleurs.

        • [^] # Re: Mmmh

          Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

          Notre gros cerveau sert à être meilleur que les autres humains, à accéder à plus de ressources à leur détriment dans un contexte social complexe.

          Moui, ou alors notre gros cerveau nous sert également à coopérer efficacement avec les autres humains.

          Le plus probable est donc

          C'est une hypothèse mais pas du tout la plus probable et elle me paraît simpliste. Ou du moins pas suffisante. D'ailleurs le "contexte social complexe" n'est pas l'apanage des seul humains. Il doit y avoir de ça et d'autres choses, comme la coopération ainsi que la transmission des apprentissages pour ne pas repartir de zéro. Ces trucs se sont cumulés pour parvenir à cette anomalie d'espèce malade capable de s'auto-détruire (on repassera pour "la nature fait bien les choses".)

          • [^] # Re: Mmmh

            Posté par  . Évalué à 3 (+0/-0).

            Moui, ou alors notre gros cerveau nous sert également à coopérer efficacement avec les autres humains.

            En effet, j’allais chipoter mais je préfère te remercier pour la remarque. Après réflexion ce serait même d’abord la coopération, via la communication complexe permise par le langage, qui est la fonction première, la cause et la conséquence du développement unique de cet organe chez l’humain. Avant la compétition inter-individuelle.

            Je crois d’ailleurs qu’on peut affirmer que la coopération nécessite plus souvent de faire appel aux fonctions supérieures du ciboulot que la domination et la soumission ne le font. Celles-ci reposant nettement plus sur les fonctions inférieures, les instincts, les fonctions primitives.

            le "contexte social complexe" n'est pas l'apanage des seul humains.

            Tu penses à une ou des espèces en particulier ?

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