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Dépêche modérée par

: Censure partielle de la Loi sur la Confiance dans l'Économie Numérique (dite LEN)

Posté par yojik77 (). Modéré le 16 juin 2004.
Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi avoir censuré une disposition de la loi sur la confiance dans l'économie numérique (LEN), sur la prescription des infractions de presse sur internet, et émis une réserve d'interprétation sur la responsabilité des hébergeurs.

Le Conseil constitutionnel a estimé que le législateur « a méconnu le principe d'égalité » en allongeant le délai de prescription des infractions de presse pour les sites internet et pas pour les médias traditionnels.

Concernant la responsabilité des prestataires techniques sur les contenus qu'ils hébergent, le Conseil constitutionnel a considéré que celle-ci ne pouvait être engagée que si « le caractère illicite de l'information dénoncée (est) manifeste ou qu'un juge en (a) ordonné le retrait ».

NdM. : merci à tous ceux qui ont proposé des dépêches. Liens supplémentaires : articles Libération, Le Monde, VNUnet et Neteconomie.com.

> Lire la dépêche (73 commentaires, moyenne: 3,1).  

Si la satisfaction serait un premier mouvement assez naturel, un travail de lecture plus approfondi est nécessaire.

La décision du Conseil, d'une rare brièveté, ne censure que le dispositif particulièrement scandaleux de l'extension de responsabilité pénale pour les délits de presse sur Internet. Les dispositions relatives à la responsabilité des hébergeurs ne sont, elles, pas annulées, mais font l'objet d'une "réserve d'interprétation" (point 9 : "ont pour seule portée"). C'est à dire que le Conseil limite par avance la marge d'appréciation des Tribunaux : c'est une sorte d'adoucissement a posteriori du texte de la Loi.
Cela ne doit pas faire oublier non plus le reste de la Loi qui est validée .

C'est donc la jurisprudence judiciaire qu'il faudra examiner avec comme première précision à attendre la question de la protection de la correspondance privée électronique (point 3).
Le deuxième point à surveiller est le sens que les juridictions donneront à la formule « information dénoncée comme manifestement illicite », ces informations que devront retirer directement les hébergeurs, sans attendre l'intervention d'un juge.

Dans tous les cas, au-delà des récriminations récurrentes sur la disparition de l'Internet gratuit, c'est la liberté sur Internet qui est aujourd'hui un enjeu démocratique mondiale.

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

cool

Posté par snurpsss () le 16/06/2004 à 08:50. (lien). Évalué à 11.

c 'est plutot une bonne nouvelle il me semble non ?

J adore : (au sujet de l'Email )
"Il s'agit «d'une disposition purement technique qui n'a aucune conséquence sur la définition de la correspondance privée», telle que l'a déjà édictée la jurisprudence."

Si c est purement technique qu est ce que ca viens foutre dans la lois ?
Si ca n a aucune influence sur la notion de correspondance privée que ca soit BIEN précisé .

On a gagné une bataille...

Posté par Jean-Nicolas Bès (page perso, ) le 16/06/2004 à 09:30. (lien). Évalué à 6.

... mais on a pas gagné la guerre.

Par "manifestement illicite", je pense qu'il parlent de contenus correspondants à de la pédophilie ou du racisme. Je pense que la diffamation n'en fait pas partie. Je ne veux pousser personne à faire de la diffamation (sémal).

Néanmoins, pour ce qui est de la correspondance privée, le problème reste entier. Ai-je raté un épisode?
Les ordinateurs de la planète sont-ils condamnés à utiliser 90% de leur CPU à faire tourner GPG?

Copié/collé de mon commentaire d'un journal

Posté par jmfayard () le 16/06/2004 à 09:30. (lien). Évalué à 7.

Le site des décideurs, pressés ou non, a un bon article qui apporte des précisions sur le manifestement illicite :
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39157007,00.htm(...)

La réserve du Conseil redonne au juge français une certaine latitude: «Ces dispositions ne sauraient avoir pour effet d'engager la responsabilité d'un hébergeur qui n'a pas retiré une information dénoncée comme illicite par un tiers, si celle-ci ne présente pas manifestement un tel caractère ou si son retrait n'a pas été ordonné par un juge». Selon l'explication du Conseil en conférence de presse, cela désigne avant tout les contenus incitant à la haine raciale ou à caractère pédophile. Cette réserve fera sans doute plaisir aux associations, comme Iris, la LDH, Odebi ou la FIL. Tout comme aux parlementaites PC et PS, car ils tenaient à ce que les mots «manifestement illicites» soient employés pour qu'un tiers puisse dénoncer un hébergeur.

[...]

[cet amendement avait été refusé à l'époque par Nicole Fontaine] car il «exclurait les contenus pour lesquels la propriété intellectuelle n'aurait pas été respectée». Or, disait la ministre, «la lutte contre la contrefaçon fait partie des préoccupations du ministère de l'industrie.» Ce principe avait aussi été retenu par le Forum des droits pour l'internet (FDI) dans une recommandation bien plus ancienne, en février 2003... Le Conseil, même de manière indirecte, inflige donc à l'industrie du disque un sérieux camouflet.


La réserve de la phrase en gras me paraît être un net progrès. Certes, il ne s'agit que que d'une conférence de presse (pas de valeur légale donc), mais il me semble que par ce biais, le CC va influencer dans le bon sens la future jurisprudence.

Pas aussi rassurant que ca...

Posté par elmax () le 16/06/2004 à 09:40. (lien). Évalué à 5.

Voir les commentaires d'IRIS http://www.iris.sgdg.org/info-debat/comm-decisionCC0604.html(...) au sujet de cette decision. La censure et partielle, et ne s'oppose pas au fait qu'on laisse aux hebergeurs le soin de prendre des decisions (censure) relevant normalement de la justice.

Loi

Posté par Ramón Perez (page perso, ) le 16/06/2004 à 10:26. (lien). Évalué à 7.

Ca veut dire quoi tout ça ?
Que les députés et les sénateurs font passer des lois anticonstitutionnelles ?
Donc qu'ils ne font pas correctement leur boulot ?
Qu'ils ne respectent pas leur "cahier des charges" ?

Il faut comprendre que c'est un exemple de plus qui montre que les politiques français sont à la solde d'entreprises privées, ou alors juste que notre braves politiciens sont débordés de travail et votent parfois sans prendre le temps de réfléchir ?