L'UGAP accueille son premier projet open source de gestion de configuration : Rudder

15
16
déc.
2015
Communauté

UGAP

Rudder, déjà mentionné dans plusieurs dépêches sur LinuxFr.org lors des nouvelles versions majeures, est une solution open-source de gestion de configuration. Lancé en 2010, Rudder est aujourd'hui utilisé au sein de productions critiques, des serveurs financiers de la Caisse d'Épargne aux satellites d'Eutelsat, mais aussi dans l'industrie pharmaceutique et automobile.

Avec Rudder, Normation fait rentrer la première et unique solution de configuration management au catalogue de l'UGAP.

Qu'est-ce que l'UGAP ?

L'Union des Groupements d'Achat Public (appelée plus couramment UGAP) est la centrale d'achat dédiée aux institutions publiques françaises. Son objectif est de faciliter les achats de fournitures (à comprendre au sens large, c'est-à-dire du matériel aux services) de l’État. Toutes les branches du secteur public en bénéficient, les collectivités territoriales, le secteur hospitalier comme le secteur social.

Quel est l'intérêt concrètement ?

Dans le domaine public, aucun achat dont le montant est supérieur à 15 000 € 25.000 € (pour l'ensemble d'un même projet) ne peut être réalisé en dehors d'un appel d'offre. Ce système étant particulièrement complexe et coûteux en temps, l’État a mis l'UGAP à disposition de ses opérateurs pour faciliter la mise en œuvre de projets qui ne nécessitent pas de mise en concurrence publique. Le principal avantage de piocher parmi les produits et services référencés par l'UGAP réside donc en une procédure d'achat simplifiée, qui ne nécessite pas d'appel d'offre, quel que soit le montant d'achat.

Rudder à l'UGAP, qu'est-ce que ça change ?

Jusqu'à aujourd'hui, aucune solution de gestion de configuration open source n'étant présente au catalogue de l'UGAP. Or comme les institutions publiques privilégient en premier lieu les partenaires présents au catalogue de l'UGAP avant de se tourner vers un appel d'offre si aucune solution ne convient, ce sont surtout les éditeurs propriétaires présents au catalogue qui ont remporté ces projets. Aujourd'hui, l'open source vient jouer dans la même cour que les éditeurs propriétaires. En effet, les administrateurs système confrontés à un besoin d'automatisation de la gestion de leurs serveurs pour gagner en temps / stabilité et/ou pour prouver la conformité de leurs machines ont maintenant un outil open source à leur disposition : Rudder. Développé par Normation, éditeur open source, ils ont également à disposition un accompagnement de proximité, en France et en Français, ce qui n'est pas le cas de tous les projets open source de configuration management.

Référence

Première académie de France par ses effectifs avec près de 10% des effectifs scolarisés en France, l’académie de Versailles utilise Rudder depuis plusieurs années pour automatiser ses 400 serveurs et mesurer la conformité des configurations de son parc.

Comment en profiter ?

Normation organise régulièrement des journées d'introduction pratique à Rudder pendant lesquelles chacun peut mettre les mains sous le capot lors des ateliers. Il faut juste emmener son laptop et avoir de quoi lancer une VM (VirtualBox ou autre). Pour s'inscrire, 20€ de frais de participation sont demandés.

La prochaine session est le 14 janvier 2016.

  • # UGAP et logiciels libres

    Posté par . Évalué à 5.

    Jusqu'à aujourd'hui, aucune solution de gestion de configuration open source n'étant présente au catalogue de l'UGAP.

    Mais est-ce qu'il y a d'autres logiciels libres? Je vois Suse, mais j'aimerais bien pouvoir tous les voir.
    J'ai essaye (pas très longtemps) de trouver la liste des logiciels approuvés, mais je n'ai rien vu.
    Vu ce que permet l'UGAP, la transparence me semble indispensable.

  • # UGAP

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    L'UGAP, c'est surtout le moyen de faire des achats publics sans lancer un marché.
    Il y a d'autres solutions libres référencées : http://www.blue-mind.net/solutions/breve/blue-mind-souscription-et

    • [^] # Re: UGAP

      Posté par . Évalué à -9. Dernière modification le 20/12/15 à 18:08.

      … et c'est aussi le meilleur moyen de permettre à n'importe qui d'acheter n'importe quoi n'importe ou à n'importe quel prix grâce à l'argent de quelqu'un.
      Pourquoi pas.

  • # Et on laisse publier ça ?

    Posté par . Évalué à 10.

    Le fait de passer par l'UGAP amène simplement Normation à faire de son logiciel libre un logiciel propriétaire dans le cadre de l'UGAP CLAP CLAP bien joué; car de fait ce n'est pas la solution qui est référencée mais le prestataire. Aucun de nous ne pourra faire du support Rudder pour l'état désormais (moi personnellement je n'avais pas envie, mais vous peut-être).

    Ma société est référencée indirectement UGAP parce que nos clients publics nous y obligent, mais ça nous dégoutte bien, on préfère largement le jeux (des fois faussé aussi, on est pas chez les bisounours) des marchés publics. En plus ça rajoute deux intermédiaires (UGAP et un autre) qui se palpent 20% au passage. De fait nos prestations sont systématiquement plus chers via l'UGAP, vu qu'on a systématiquement refusé d'absorber dans nos coûts les marges de l'UGAP, mais les fonctionnaires et les élus sont tellement terrifiés par les marchés publics de nos jours que ça passe.

    • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 9.

      Merci pour ton commentaire, qui montre la subtilité de la chose. Effectivement, d'un point de vue des élus l'UGAP simplifie. Mais si c'est pour détruire les marges des prestataires, autant l'indiquer en gros : simplification UGAP = prix du produit + 20%.

      ⚓ À g'Auch TOUTE! http://agauch.online.fr

      • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 7.

        d'un point de vue des élus l'UGAP simplifie

        Du point de vue du contribuable, l'UGAP est vraiment trop cher.
        Incroyable qu'en brassant un tel volume de vente ils puissent être plus cher que les entreprises traditionnelles. Au moins sur l'informatique, je n'ai jamais eu besoin de regarder pour la papeterie.
        Surtout qu'ils ont (probablement) zéro impayés, zéro arnaques à la carte bancaire, etc.

        Cela dit, les marchés publics sont vraiment lourdingues, surtout pour une petite mairie qui va acheter 10 stylos et un ordinateur portable dans l'année.

      • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Exactement, surtout que UGAP = un appel d'offre entre plein de prestataire. Mais si tu es (en tant que fournisseur) présenté par tout les prestataires, tu es sur de gagner l'appel d'offre UGAP. Donc aucune raison de faire une remise, tu peux faire prix publiques. Donc généralement c'est plutôt 2x plus cher par l'UGAP…

    • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

      Posté par . Évalué à 9.

      Le fait de passer par l'UGAP amène simplement Normation à faire de son logiciel libre un logiciel propriétaire dans le cadre de l'UGAP CLAP CLAP bien joué; car de fait ce n'est pas la solution qui est référencée mais le prestataire.

      Que tu ne sois pas convaincu par le modèle de l'UGAP, je peux comprendre. Les arguments dans ce commentaire et les autres sont en effet pertinents. Mais de là à dire que l'action de Normation de s'inscrire à l'UGAP vise à "faire de Rudder un logiciel propriétaire" … !

      Le fait de vendre un service à travers l'UGAP ne change strictement en rien ni la licence ni les libertés des utilisateurs sur le logiciel couvert par ce service. L'idée que ça revienne à présenter un service sur un logiciel libre comme un logiciel propriétaire me laisse sans voix…

      Si quelqu'un dans une administration veut utiliser un logiciel libre et a besoin d'un accompagnement pour le mettre en prod, mais dont l'entité ne peut acheter que par l'UGAP (peu importe pourquoi il ne peut acheter que par l'UGAP - peut-être que son chef n'aime pas les marchés publics, peut-être que c'est la consigne du chef du chef etc - non, c'est pas normal, et non c'est pas idéal, on est d'accord, mais c'est comme ça), ça veut dire qu'on doit donc répondre qu'on est désolé, mais qu'il faut qu'il s'oriente vers un logiciel propriétaire ? Désolé, mais pour moi, promouvoir le libre, c'est pas ça.

      Et dénigrer un projet libre et une boite du libre ici comme tu le fais, ca ne va pas non plus aider à promouvoir le libre.

      Aucun de nous ne pourra faire du support Rudder pour l'état désormais (moi personnellement je n'avais pas envie, mais vous peut-être).

      Bien sûr que si. Apparemment, ta société est déjà référencée à l'UGAP en plus, alors tu n'as qu'un pas à faire pour le faire aussi.

    • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Le fait de passer par l'UGAP amène simplement Normation à faire de son logiciel libre un logiciel propriétaire dans le cadre de l'UGAP CLAP CLAP bien joué; car de fait ce n'est pas la solution qui est référencée mais le prestataire. Aucun de nous ne pourra faire du support Rudder pour l'état désormais (moi personnellement je n'avais pas envie, mais vous peut-être).

      Tout le monde peut faire du support, j'ai pas vu d'où vient l'exclusivité à laquelle tu fais référence.

      Par ailleurs, le logiciel reste libre, et toute société qui voudrait proposer une presta à moins de 15K€ n'aura pas besoin de passer ni par l'UGAP ni par un appel d'offre.

      Simplement, si j'ai bien compris le mécanisme, Normation étant référencé, il va de fait être privilégié lors de besoins de prestation sur Rudder… et ça me paraît a priori logique si Normation est l'éditeur, et encore plus sur du logiciel libre où le retour sur investissement de la R&D est plus difficile qu'ailleurs.

      Ma société est référencée indirectement UGAP parce que nos clients publics nous y obligent, mais ça nous dégoutte bien, on préfère largement le jeux (des fois faussé aussi, on est pas chez les bisounours) des marchés publics. En plus ça rajoute deux intermédiaires (UGAP et un autre) qui se palpent 20% au passage.

      20% de plus, absorbés par un établissement public industriel et commercial, appelé EPIC dans le jargon des connaisseurs. C'est pas non plus des dividendes reversés à des actionnaires (même si je t'accorde que ça ne veut pas dire que ce sont 20% judicieusement dépensés).

      De fait nos prestations sont systématiquement plus chers via l'UGAP, vu qu'on a systématiquement refusé d'absorber dans nos coûts les marges de l'UGAP, mais les fonctionnaires et les élus sont tellement terrifiés par les marchés publics de nos jours que ça passe.

      Pour connaitre plusieurs personnes dans mon entourage qui répondent plus ou moins régulièrement à des appels d'offres, je peux te dire qu'il n'y a pas que les élus à être terrifiés par les marchés publics.

      D'ailleurs, un de mes voisins de bureau était une société qui prend en charge la réponse à appels d'offres pour des sociétés privées. Dire que passer par l'UGAP coûte 20% plus cher, c'est ignorer le coût de rédaction d'une réponse à appel d'offre (côté entreprise) et le coût de traitement et gestion de l'appel d'offre (côté public).

      • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        toute société qui voudrait proposer une presta à moins de 15K€ n'aura pas besoin de passer ni par l'UGAP ni par un appel d'offre.

        La limite des 15 k€ est valable pour le cumul des dépenses similaires sur l'année (ou sur la durée des contrats s'ils sont supérieurs à 1 an, je ne sais plus). Par exemple acheter 10 k€ de stylos chez un vendeur, et 6 mois plus tard 10 k€ chez un autre, cela nécessite un marché.
        Idem pour les prestations informatiques, mais c'est rarement mis en œuvre.

        • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          cf plus bas, on est passé à 25kE

          Ensuite, au CNRS, le seuil est par laboratoire donc c'est bien plus souple qu'à l'université qui mutualise en global. En pratique, on évite très souvent les marchés.

          Il y a aussi la solution PUMA (CNRS) ou MAPA (université - bien moins pratique) qui va jusqu'a 130kE a peu près. C'est hyper simple, un titre, un blabla type cahier des charges mais pas forcément long, un délai de réponse et click envoyé ! J'ai fait cela par le passé par exemple pour un onduleur, rapide, en 15 jours l'affaire était réglée. Pas besoin de trois devis. S'il n'y a qu'un réponse au PUMA, il n'y a qu'une réponse.

          J'ai aussi fait cela pour certain 'gros' travaux nécessitant une visite sur site. Bref, le PUMA, mangé en ;-) (pas contre le MAPA universitaire est bien plus paperasse…. ce serait bien que sur ce sujet, ils délèguent au CNRS).

          Donc à mon sens, jusqu'à 130kE, il y a des procédures très rapides et vraiment légères et faciles à mettre en œuvre. Au delà, cela commence aussi à faire une somme et vis à vis du contribuable, c'est mieux de commencer a augmenter les gardes fous.

          • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            pour un onduleur, rapide, en 15 jours l'affaire était réglée

            Nous n'avons pas tout à fait la même définition de « rapide » :-)

            • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

              Posté par (page perso) . Évalué à 4.

              Je parle d'un onduleur tri-tri de 40KVA. Il te faut 1/2 journée pour préparer un peu le truc (forcément, tu n'y connais rien en cahier des charges onduleur) puis après publication, tu laisses 1 semaine pour répondre. Faut pas non plus abuser. Ensuite, il faut traiter les réponses, faire un tableau comparatif, creuser les points non clair en petit comité et annoncé le résultat. Les jours tournent vite surtout si tu n'est pas à 100% la dessus.

              De toute manière, un onduleur de cette puissance n'est jamais livré en 2 jours… Et il faut en plus pouvoir le brancher au départ ce qui chez nous avait demandé bien plus de temps ;-)

              Mais j'ai utilisé des PUMA pour des choses plus simple et plus rapide. Avec le PUMA, tu n'as pas le problème des trois devis (en fait tarif) mais tu ne fait pas non plus n'importe quoi. Comme personnellement, je pense toujours aux contribuables qui nous financent, je fait rarement un achat de 50k€ impulsif ;-) Quelques nuits de sommeil sont toujours une bonne chose…

              • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

                Posté par . Évalué à -7.

                Par curiosité je me demandais a quoi ca pouvais ressembler un onduleur 40KVA

                • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

                  Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                  à quoi ça pouvait ressembler un onduleur 40KVA

                  https://duckduckgo.com/?q=onduleur+40KVA&t=ffcm&iax=1&ia=images ;-)
                  soit : http://www.upspower.fr/1-low-frequency-ups-4a.html ou plutôt :
                  http://www.usinenouvelle.com/expo/onduleur-a-entree-triphasee-10-a-40-p297072.html

                  sans électricien certifié, l'installation ne sera pas faite, tu n'en verras effectivement pas très souvent…

                  • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

                    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                    Oui, effectivement, j'avais oublié ce point là. Il faut bien penser à mettre dans la clause du PUMA que la mise en route COMPRENDS le raccordement 400V de l'onduleur sur le tableau électrique. Sinon, la personne ne veut pas la faire et tu es repartis dans un cycle de plusieurs jours (semaines) pour arriver à trouver un électricien + l'installateur pour la mise en route. Avec cette clause, c'est son problème de trouver la personne ;-)

                    • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

                      Posté par (page perso) . Évalué à 2. Dernière modification le 22/12/15 à 02:22.

                      j'avais oublié ce point là.

                      o_O
                      c'est un défaut de conseil de ton prestataire.

                      Sinon

                      bin, non : n'étant pas spécialiste ça se règle séance tenante (si tu acceptes le devis présenté, oui, ya tout de même un peu d'«arnaque» à vue, mais bon…). Tu demandes une installation, le test qui va de soi est l'utilisation immédiate, validée après mise en route du système que tu as en charge (c'était un peu ta finalité et condition du paiement : que le système tienne la charge de bout en bout pour que tu l'utilises, condition sine qua non du réglement à 100% du paiement… tous les prestas étant au fait de l'objectif in fine).

                      Tu m'étonnes que tout le monde part dans le cloud avec ce que tu décris :-) (du verbe décrire et non décrier :p)

                      • [^] # Re: Et on laisse publier ça ?

                        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

                        c'est un défaut de conseil de ton prestataire.

                        J'avais oublié ce point là dans le sens, cette opération est assez ancienne… J'avais à l'époque bétonné dans le PUMA la mise en route du système dont le raccordement. Je me souviens que l'installateur ne voulait pas brancher le 400V sur l'onduleur mais lorsque je lui ai sortis le PUMA, il a bien du se résoudre à faire le branchement lui-même, le jour même, car il n'avait pas envie de revenir.

                        Après, effectivement, les clouds privés ont de l'avenir. Quand on voit la piètre qualité de nos services juridiques et la difficulté à avoir des installations froid qui tiennent la route et des équipes (et crédits) pour maintenir les bâtiments, on est parfois tenté de filer vers le privé ;-) Il y manque juste les liaisons RENATER ;-)

  • # Appels d'offre : la paranoïa

    Posté par . Évalué à 9.

    Dans le domaine public, aucun achat dont le montant est supérieur à 15 000 € (pour l'ensemble d'un même projet) ne peut être réalisé en dehors d'un appel d'offre.

    Dans les faits, même pour des montants inférieurs, on nous fait chier.

    L'exemple le plus bête que j'ai pu voir, c'est pour l'achat d'une boite de gâteaux et d'une bouteille de jus de fruit : un service financier a demandé à avoir des devis de trois autres magasins pour s'assurer qu'on avait bien acheté au moins cher. Pour une boite de gâteaux et une bouteille de jus de fruit !

    Je veux bien qu'il y ait eu des abus par le passé. Mais là, on est dans l'abus inverse et ce n'est pas mieux. Et l'UGAP, c'est la fausse solution, parce que pour tous les trucs qu'on peut trouver en magasin, c'est en moyenne 2 fois plus cher. Donc, ça détruit le principe même de l'appel d'offre qui vise à faire des économies. Heureusement qu'il y a des feintes pour acheter directement sans passer par l'UGAP ni par un appel d'offre.

    • [^] # Re: Appels d'offre : la paranoïa

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      un service financier a demandé à avoir des devis de trois autres magasins pour s'assurer qu'on avait bien acheté au moins cher. Pour une boite de gâteaux et une bouteille de jus de fruit !

      Il abuse de son pouvoir. Chez nous on a arrêté cela depuis longtemps, en fait depuis l'étude du CNRS qui a montré que tout achat commencé en consolidé à 75 ou 80€. Donc pour toute petite somme, l'idée est de gagner du temps homme ! L'université a un peu râlé mais globalement suivis (de toute manière, on se débrouille pour passer un max par le CNRS qui est pus souple (et ou on a des cartes bleues)).

    • [^] # Re: Appels d'offre : la paranoïa

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      pour l'achat d'une boite de gâteaux et d'une bouteille de jus de fruit : un service financier a demandé à avoir des devis de trois autres magasins pour s'assurer qu'on avait bien acheté au moins cher

      La loi, applicable dès le premier centime, indique qu'il faut s'assurer (donc démontrer) qu'on a bien fait jouer la concurrence. Dans la pratique, ça dépend sur qui on tombe.

      Dans la pratique (bis) on peut bricoler comme on veut.
      J'ai eu besoin de sélectionner un prestataire. J'en voulais un précis car il était de très bonne qualité, et pas plus cher que les autres.
      Je lui ai simplement demandé un devis, ainsi qu'à des prestataires nettement plus chers. Et hop, magie, celui que je voulais a été sélectionné.
      --> ce système ne change strictement rien pour celui qui veut tricher (disons 5% des cas). Sauf que ça coûte du temps dans 100% des cas
      --> idem pour le système d'appel d'offre. Mais ça coûte encore bien plus cher

      • [^] # Re: Appels d'offre : la paranoïa

        Posté par . Évalué à 8.

        Je pense que le problème central là dedans est très profond et tient en une phrase : l'administration ne fait pas confiance par défaut. Et donc, on préfère mettre en place une procédure chiante pour 100% des cas plutôt que de traiter les quelques abus qui arriveront. Et c'est comme ça à tous les étages. Or, on perdrait nettement moins de temps (et aussi sans doute d'argent) si on laissait quelques marges de manœuvre, et à contrôler après coup dans les cas suspects. L'énorme majorité des fonctionnaires est honnête, et donc, ça permettrait de détecter et dégager les malhonnêtes.

        • [^] # Re: Appels d'offre : la paranoïa

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          l'administration ne fait pas confiance par défaut. Et donc, on préfère mettre en place une procédure chiante pour 100% des cas plutôt que de traiter les quelques abus qui arriveront

          Le pépin est que ces procédures sont à 90% inefficaces (voir mes exemples).
          Je ne vois même pas comment le législateur a pu imaginer que ça changerait quoi que ce soit.

          L'énorme majorité des fonctionnaires est honnête

          À vue de nez le problème ne vient pas des fonctionnaires, mais des élus.
          Ces gens là ont, même dans une mairie de sous-préfecture, un pouvoir de nuisance important auprès des juges, forces de police, etc. En gros ils sont en mesure de faire partiellement la loi.
          Donc un fonctionnaire honnête qui veut dénoncer leurs pratiques est quasi-certain de foutre en l'air son existence.

        • [^] # Re: Appels d'offre : la paranoïa

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          Il me semble que contrôler à postériori n'est pas tenable parce qu'on ne peut pas sanctionner financièrement une personne qui aurait abusé (dans une certaine mesure). Imagine quelqu'un qui prendrait systématiquement des fournisseurs 15% plus cher que les autres. Soit tu arrive à prouver qu'il finance ses amis et là, il y a procès, mais si tu n'y arrive pas (et ce n'est pas forcément de l'abus de bien sociaux, ça peut être de l'incompétence, la flemme d'aller voir ailleurs…), l'argent supplémentaire sera dépensé sans rien.

          Après, je suis bien d'accord que la situation actuelle est mauvaise, mais je ne vois pas bien comment l'améliorer.

          « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

          • [^] # Re: Appels d'offre : la paranoïa

            Posté par (page perso) . Évalué à 4.

            Tu peux tourner le truc dans tous les sens, mais je répète : la « protection » mise en place via les mises en concurrence ne fonctionne pas. On peut acheter là où on le souhaite exactement comme s'il n'y avait aucune mise en concurrence.
            Donc ne pas la mettre en place permet d'économiser du temps et de l'argent. Dans 100% des cas, même lorsqu'il y a arnaque.

            • [^] # Re: Appels d'offre : la paranoïa

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              On peut acheter là où on le souhaite exactement comme s'il n'y avait aucune mise en concurrence.

              Là, je ne suis pas d'accord, ça limite le prix maximum en général (je ne dis pas qu'il n'y a pas d'exception), pas forcément le prestataire. Par contre, c'est très loin d'être optimal.

              « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

  • # Pinaillage

    Posté par . Évalué à 5.

    Légère rectification : le seuil au delà duquel il convient de faire une vraie mise en concurrence est passé à 25 000 € HT. (Lien décret)

  • # Sur l'intérêt de l'UGAP pour faire entrer le LL dans les administrations

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Je suis professionnellement, en tant qu'intendant de collèges et lycées, amené à faire des achats à l'UGAP, et c'est une bénédiction de pouvoir compter sur cette centrale d'achat. Faire un marché à procédure adaptée soi-même n'est pas si monstrueux comme travail, mais on n'est jamais certain de réussir son marché, et un marché raté, ça fait assez mal, j'ai encore quelque douleurs dans les côtes quand je repense à des trucs mal ficelés que j'ai pu commettre.

    L'existence de l'UGAP est une aubaine pour la communauté du Logiciel Libre, et je voudrais ici expliquer comment à mon avis. Il faut démontrer que les logiciels libres répondent aux besoins des utilisateurs, et le mieux, c'est d'y répondre cahier des charges en mains.

    Il faudrait que les SSLL prennent l'habitude de veiller les marchés publics, et ceux de la centrale d'achats en particulier, En effet, il n'est pas interdit de vendre un LL, n'est-ce pas ? Si l'UGAP fait un marché pour un traitement de texte, pourquoi ne pas répondre à 5 € "la licence" de Libre Office, pourquoi se gêner ? Bien entendu, il faut pouvoir offrir un peu de service derrière, mais ça c'est le cahier des charges de la consultation qui décrit ce qui est attendu. J'ai peur que le principal problème en la matière soit le caractère atomisé des SSLL du pays, très souvent des TPE qui ne pourraient pas répondre à un appel d'offres national, en termes de qualité de service offrable. La solution pourrait alors passer par des regroupements, des conventions/ententes/partages, des joint-ventures ?

    Il y a d'après moi des opportunités réelles de financer l'économie du LL, de placer des solutions libres dans tout un tas de machines de l'administration, et de faire rentrer le LL dans les pratiques, les mentalités, les catalogues.

    Et puis chaque marché obtenu par GAFAM est un échec pour nous, non ?

    Intendant, donc méchant, mais libre !

  • # UGAP et Linagora

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Vu en préparant une autre dépêche : « La mise au catalogue de l'UGAP des solutions Linagora fait aussi l'objet d'une présentation dans ce tour de France (…) Et puis, il y aura aussi des gens qui parleront du marché de l'UGAP, comment mettre en œuvre du logiciel libre sans appels d'offres, ça aussi c’était plutôt une grande victoire de cette année. » (source, novembre 2013, évoquant ce tour de France du libre).

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