Modification du code des marchés publics italien imposant l’usage du logiciel libre

Posté par (page perso) . Édité par Davy Defaud et Florent Zara. Modéré par j. Licence CC by-sa
49
7
sept.
2012
Communauté

Le parlement italien a voté le 7 août 2012 une modification du code des marchés publics stipulant que :

L’acquisition de logiciel propriétaire n’est autorisée que dans le cas où une analyse comparative, technique et économique, aura démontré l’impossibilité d’adopter des solutions open source ou toute autre solution déjà développée (à un coût inférieur) au sein de l’administration publique.

Cette modification ne peut qu’encourager fortement l’utilisation des logiciels libres dans l’administration publique italienne, et devrait servir d’exemple au nouveau gouvernement français pour prendre une initiative similaire, 13 ans après la proposition de loi du sénateur Laffitte qui proposait, de manière encore plus radicale, l’interdiction du logiciel propriétaire à partir de 2002 dans l’administration française, et qui avait suscité 337 (!) commentaires sur LinuxFr.org.

  • # italien ou Italie ?

    Posté par . Évalué à 9.

    Le titre me fait tiquer : est-ce le CMP en italien (donc des marchés publics exprimés dans une autre langue (cas des marché ouverts à l'Europe/l'international ?) ne sont pas concernés ou est-ce le CMP en Italie, qui a été modifié ?

  • # open source ou toute autre solution déjà développée (à un coût inférieur) au sein de l’administrati

    Posté par . Évalué à 6.

    Ou alors l'administration italienne va tout faire avec du logiciel propriétaire maison au lieu d'utiliser des applications et composants du marché.

    Il est comment le marché des SSII en Italie ?

    BeOS le faisait il y a 15 ans !

    • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      Il n'y a aucun intérêt à faire du propriétaire maison par rapport à faire du libre maison, quand on travaille sur un secteur non concurrentiel, ce qui est le cas de l'administration de l'État.

      • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

        Posté par (page perso) . Évalué à 8.

        M'est avis qu'il y aura toujours le sentiment de sécurité basé sur l'obfuscation. "Si les pirates chinois du FBI ne peuvent pas voir le code, alors ils ne pourront pas le cracker."

        Je vois mal une institution administrative comprendre que cette sécurité est toute relative.

        Il y a peut-être aussi la liberté de pouvoir coder sans se soucier de la qualité, puisque personne ne pourra le voir.

        Il y aura peut-être également la possibilité d'utiliser des briques logicielles propriétaires, non compatibles avec d’éventuelles briques GPL.

        • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

          Posté par . Évalué à 7.

          Il y aura peut-être également la possibilité d'utiliser des briques logicielles propriétaires, non compatibles avec d’éventuelles briques GPL.

          Ou l'inverse : du code interne qui mélange GPL, LGPL, aGPL, BSD, sans s'emmerder avec les licences.

          THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

          • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

            Posté par (page perso) . Évalué à 8.

            Il n'y a aucune difficulté à mélanger allègrement les différentes licences, même si on les mélange, pourvu que ce que l'on diffuse a une licence compatible (et que les licences utilisées soient compatibles entre elles, ce qui est le cas pour les *GPL et *BSD).
            Par contre, publier un logiciel libre, le maintenir, créer une communauté et simplement faire une revue du code pour voir si rien de sensible ne sort, ça prend un temps très loin d'être négligeable. Sans parler que la plupart du temps le code interne est tellement sur mesure qu'il sera inutilisable sans modifications ou généralisations.
            Publier du libre dans les services publics, cela ne se fait généralement qu'à la demande d'un des développeurs sensible au libre et se fait très rarement sur son temps de travail.

      • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

        Posté par . Évalué à 5.

        Y a-t-il intérêt à faire du libre quand on est le seul utilisateur possible de son logiciel ? (ex: logiciel de comptabilité publique ou autres applications très verticales)

        BeOS le faisait il y a 15 ans !

        • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Y a-t-il intérêt à faire du libre quand on est le seul utilisateur possible de son logiciel ? (ex: logiciel de comptabilité publique ou autres applications très verticales)

          Il y a beaucoup de chance qu'un autre organisme publique (ministère, région, état…) puisse l'utiliser.

          « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

          • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

            Posté par (page perso) . Évalué à 3.

            Ce qui voudrait donc dire qu'un autre organisme peut payer pour l'utiliser :)

          • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

            Posté par . Évalué à 4.

            Prenons CASSIOPEE, le logiciel maison du Ministère de la Justice qui gère les affaires pénales ( http://www.justice.gouv.fr/justice-penale-11330/cassiopee-un-meilleur-partage-de-linformation-22455.html )

            Aucun autre ministère ne peut le réutiliser.
            Je doute que d'autres états puissent l'utiliser sauf à adopter le Code de Procédure Pénale français.
            Le concevoir de manière générique et adaptable au droit d'autre pays aurait augmenté la complexité du projet à un point tel qu'il n'aurait probablement pas pu aboutir.

            C'est un peu pareil pour Chorus ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Chorus_(logiciel) ) qui a muté à partir d'un progiciel non libre : il y a de la mutualisation interministérielle, mais sauf à adopter la LOLF, aucun autre pays ne pourrait l'utiliser.

            Peut-être l'opportunité de "faire du libre" pour l'état réside-t-elle dans la contribution à des composants systèmes ou de middleware libres réutilisables par l'administration et le secteur public.

            BeOS le faisait il y a 15 ans !

            • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

              Posté par (page perso) . Évalué à 5.

              Je ne m'y connais pas assez dans ces domaines pour savoir s'il y a assez de similarités ou non mais par exemple. Mais ce n'est pas parce qu'il y a une loi spécifique que c'est un système unique, il y a, par exemple, des chances qu'une grosse partie de la LOLF soit en fait une application de directive européenne et que donc n'importe quel pays européen puisse l'utiliser sans trop de modification.

              « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

      • [^] # Re: open source ou toute autre solution déjà développée

        Posté par . Évalué à 2.

        Je pense que tout logiciel développé à la demande d'une administration d'état, devrait, autant que possible, être dans le domaine public, vu que c'est développé avec de l'argent public. Mais, bien souvent, on doit faire appel à une société de développement tierce qui ne donne pas le choix de la licence, et ne donne même pas forcément accès au code source!

  • # Bien, mais l'obligation....

    Posté par . Évalué à 5.

    Ce qui est assez gênant, c'est la notion d'obligation. Il y a des domaines où il y a du libre mais où son utilisation est trop complexe. Je pense notamment à Open/Libre Office. Je l'ai beaucoup utilisé pour ma licence.
    De plus, pas grand chose est dit sur l'utilisation de standards, qui eux forcent à une interopérabilité effective.
    Arrivé en master, j'ai vraiment touché ses limites : dès que l'on a besoin de la gestion de quelques chapitres, d'une pagination, d'un index, certes, les fonctions sont dispo, mais trop compliquées à utiliser par rapport à MS office. Du coup, je suis passé sous Latex, impensable pour toute une administration.
    Exemple simple : une administration a bossé 20 ans sous excel. Appel d'offre : lire les fichiers historiques. On repart sur du MS Office, parce qu'aucune autre suite ne saurait exécuter les macro VBA. Le portage des macro? Ça coute un bras, rien que pour tester… Loi contournée, CQFD.
    Notez aussi que l'open-source ici n'est pas un but mais un moyen : l’État italien est en mauvaise situation financière, et grappille toutes les sources d'économies possibles. L'open-source contribue ici à l'austérité, ce qui est assez paradoxal…

    • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

      Posté par (page perso) . Évalué à 0.

      Pourquoi Latex serait impensable pour une administration ? C'est impensable (comme ça l'est partout d'ailleurs) parce qu'on ne veut pas former les gens à Latex alors qu'on veut bien les former à word, excel, OOo, etc. Pourtant je suis convaincu que ça ne couterait pas plus cher. Le vrai changement serait de séparer le fond et la forme et de permettre aux utilisateurs de se focaliser vraiment sur le fond et laisser la forme à l'ordinateur.

      • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

        Posté par (page perso) . Évalué à 10.

        Latex n'est pas une solution. Même si on met de côté sa complexité, il a tout un tas de défauts dans un domaine non scientifique : typiquement, mettre une image à un endroit précis sur une page, c'est la merde (normal c'est pas fait pour). Alors dans le domaine scientifique, on a l'habitude d'avoir des références vers les figure et ça va bien. Mais si c'est pour faire un formulaire, un dépliant ou que sais-je, ça ne marche juste pas.

        Bref, Latex fait très bien ce pour quoi il a été crée. De là à remplacer toutes les utilisations d'un traitement de texte, je ne suis pas convaincu.

        Puis bon, l'autre chose, c'est que c'est juste illusoire d'apprendre Latex à tous ceux qui bossent dans une administration. Ca demanderait des heures et des heures de formation et je suis même pas sûr que ça réduise les problèmes (les gens vont appeler le support pour savoir comment faire tel ou tel chose en Latex).

      • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

        Posté par . Évalué à 3.

        La courbe d'apprentissage de Latex fait que pendant looooongtemps son utilisateur dépense plus d'énergie mentale sur le formalisme Latex qu'ils n'en concédaient à la forme sous Word.

        BeOS le faisait il y a 15 ans !

      • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Le vrai changement serait de séparer le fond et la forme et de permettre aux utilisateurs de se focaliser vraiment sur le fond et laisser la forme à l'ordinateur.

        Dans l'absolu c'est ce que fait déjà Latex. Mais pour aller plus loin, on obtient des résultats vraiment intéressants avec txt2tags. Il y a sûrement d'autres langages de balisage pour faire la même chose, mais celui-là est vraiment bien fait.

    • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

      Posté par (page perso) . Évalué à 9.

      hello,

      Arrivé en master, j'ai vraiment touché ses limites : dès que l'on a besoin de la gestion de quelques chapitres, d'une pagination, d'un index, certes, les fonctions sont dispo, mais trop compliquées à utiliser par rapport à MS office.

      Moi, pour faire la même chose, j'utilise le modèle de rapport de mon ministère sous Open/LibreOffice: ça offre tout ce que tu cites et c'est déjà pré-réglé avec les styles, l'index et la table des matières automatiques, la gestion automatique des chapitres. Et effectivement, s'il me fallait retrouver comment on fait pour mettre en place ces éléments, ça me prendrait du temps. Mais j'avoue que le modèle utilisé évite complètement de se poser ces questions.Résultat: il est massivement utilisé par près de 2000 agents ( à la louche).

      A noter que je suis aussi bien démuni pour faire la même chose avec MS-Office !

    • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

      Posté par . Évalué à 10.

      Contre-argument sur le LibreOffice moins bon que MS Office :

      On pourait imaginer que l'État Italien embauche des développeurs LibreOffice, pour développer les fonctions qui intéressent les administrations italiennes et autres utilisateurs. Si plusieurs états s'y mettent, on va rapidement arriver à quelque chose de bien, accessible à tous par dessus le marché.

      En étant un brin idéaliste, on pourrait même penser à un service de l'état, spécialement conçu pour développer les logiciels libres les plus couramment utilisés par les citoyens. Un système du genre serait véritablement d'utilité publique, pourvu qu'il soit bien géré…

      • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

        Posté par . Évalué à 3.

        Et oui !

        Si MS-Office a aujourd'hui toutes les qualités qu'on peut lui concéder, c'est grâce aux milliards que ses utilisateurs du monde entier ont donnés à Microsoft.

        BeOS le faisait il y a 15 ans !

        • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          c'est grâce aux milliards que ses utilisateurs du monde entier ont donnés à Microsoft.

          Il existe des chiffres pour l'Europe, la France et l'Espagne.
          C'est sur http://pjarillon.free.fr/redac/ms-cout.html
          Les chiffres ne sont pas très récents, mais comme la situation est stable, ils n'ont pas dû beaucoup changer. Si vous pouvez actualiser ces chiffres, je me ferais un plaisir d'intégrer vos travaux ou de les citer.

          • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

            Posté par . Évalué à 4.

            Ta page est un amas de conneries non-fondees, et l'a toujours ete.

            Exemple simple: l'affirmation que MS detient la plupart des anti-virus, il faut vraiment etre sacrement incompetent ou de sacrement mauvaise foi pour sortir une anerie pareille.

      • [^] # Re: Bien, mais l'obligation....

        Posté par (page perso) . Évalué à 6.

        On pourait imaginer que l'État Italien embauche des développeurs LibreOffice, pour développer les fonctions qui intéressent les administrations italiennes et autres utilisateurs. Si plusieurs états s'y mettent, on va rapidement arriver à quelque chose de bien, accessible à tous par dessus le marché.

        C'est ce que font des villes allemandes et suisses http://www.h-online.com/open/news/item/Improved-OOXML-support-for-LibreOffice-and-OpenOffice-1644571.html

        « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

  • # Sauf si ...

    Posté par . Évalué à 2.

    Très sympa l'idée. Mais je pense que l'administration publique italienne est aussi efficace que celle de nos contrées pour utiliser le "sauf si". J'ai moi-même utilisé ce genre de formule quand je bossais à la fac. Par exemple, je vois déjà venir la notion de coût de formation qui prouvera que le prix de la licence n'est finalement pas si élevé sur le coût global.

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