Sortie de Tryton 3.8

Posté par (page perso) . Édité par Lucas, tankey, azerttyu, ZeroHeure, Benoît Sibaud, Nicolas Évrard, dovik et palm123. Modéré par tankey. Licence CC by-sa
18
9
nov.
2015
Bureautique

La version 3.8 de Tryton (fork entièrement libre d'Odoo aka OpenERP) vient de sortir après 6 mois de développement. Tryton est une plate-forme de développement d'applications pour entreprise (progiciel de gestion intégré ou PGI dit aussi ERP) sous licence GPLv3+. Elle est livrée avec un ensemble de modules qui couvrent un large éventail des besoins d'une entreprise. De plus, ses modules peuvent être étendus au besoin.
Tryton
Cette version contient pour la première fois sao (nommé d'après la lune de Neptune), le nouveau client web basé sur jQuery et Bootstrap. Il utilise les techniques de design web adaptatif .

Comme d'habitude la migration depuis les versions précédentes est supportée de base.

Sommaire

Les clients

Un client Web SAO

Un besoin récurrent émis par les utilisateurs de Tryton était d'avoir un client web accessible sans installation. Pour rappel, le comportement standard est un logiciel client léger installé localement sur les postes des utilisateurs.

Grâce à un projet de financement participatif, l'équipe Tryton de B2CK a pu prendre le temps nécessaire au développement d'un tel client nommé SAO. Pour la petite histoire, le nom provient comme tous les autres noms du projet d'une lune de Neptune.
Le client web a pour objectif d'être strictement compatible avec le client existant, c'est-à-dire qu'il doit avoir le même comportement, le même rendu des vues (pour éviter de devoir les vérifier sur chaque client) et utiliser le même protocole de communication. De plus, les deux bases de code des clients ont des structures similaires afin d'en simplifier la maintenance.

Voici une comparaison de la même vue depuis sao et tryton:

sao vente
Sao en pleine vente

tryton vente
Tryton en pleine vente

Un client natif plus accessible

Le client suit maintenant les recommandations de GNOME pour l'accessibilité.
Pour ce faire, le client a subi quelques changements pour être un peu plus textuel et moins reposer sur un code couleur. Ainsi, au lieu d'avoir les champs devenant rouges quand ils ne sont pas valides, un message d'erreur dans une boite d'information est présenté avec un texte explicatif.
Tous les champs sont correctement liés à leurs labels, les lecteurs d'écran peuvent fournir une description correcte.
Un mode de navigation par tabulation a été ajouté. Ce mode passe systématiquement sur les champs non-éditables pour faciliter la lecture.
Il y a encore quelques améliorations possibles, les personnes intéressées peuvent suivre le sujet via le rapport de bug 3459.

Le client web tente lui aussi de respecter les recommandations de la « Web Accessibility Initiative » du W3C.

Le serveur

Base de données

Bien que PostgreSQL reste la base de donnée de référence pour Tryton, un travail de portabilité a été réalisé. C'est ainsi qu'un module pour le support de Oracle a pu être publié grâce à la paramétrisation des noms de table (Oracle a une limite très basse) et une syntaxe générique à la python-sql pour les contraintes.
Il est possible de définir sur les champs relation Many2One le type de recherche à utiliser (soit une jointure soit une sous-requête). L'un ou l'autre peut être meilleur en fonction des tailles des tables.
Les clés étrangères présentes dans toutes tables, qui pointaient vers la table d'utilisateur pour enregistrer le créateur et le modificateur, ont été supprimées pour des raisons de performance. Elles ont été remplacées par l'interdiction de supprimer un utilisateur. Il faudra désactiver les utilisateurs à l'avenir.
Les schémas PostgreSQL sont maintenant pris en charge, ce qui permet d'avoir plusieurs instances de Tryton partageant certaines tables.

Éditions

Les éditions sont basées sur relatorio qui utilise des OpenDocuments comme modèle. Dans la version précédente, il était possible de définir le style du document en dehors de celui-ci. Cette fonctionnalité a été retirée car peu utile dans la pratique.
Un nouveau type d'état pour les « wizards » permet de lancer une édition beaucoup plus simplement.
L'éditeur « richtext » a été revu complètement afin d'utiliser un sous-ensemble de HTML (avant c'était un dérivé du langage « markup » de GTK) ce qui a facilité son implémentation dans sao et permet l'inclusion du résultat plus facilement dans un OpenDocument.

Traductions

Cette version est la première réalisée en utilisant une instance de Pootle, ce qui a accéléré le nombre de contributions. Maintenant, Tryton est traduit de base dans 18 langues.
De plus, il est désormais plus facile de gérer la surcharge de traductions depuis un module personnalisé grâce à la prise en charge du sous-répertoire locale/override. Ceci permet de clairement distinguer les traductions légitimes du module et les surcharges.

Liste des modules fournis par défaut

Cette section détaille la liste des modules principaux fournis avec Tryton, ainsi que leurs nouveautés. Les modules sont présentés par catégorie, chaque catégorie pouvant être composée de plusieurs modules.
Des modules complémentaires non fournis par Tryton peuvent être trouvés sur l'index de paquets Python.

Tiers

Cette catégorie est composée de modules permettant de tenir un carnet d’adresse des tiers. Le carnet peut être exporté au format vCard et est accessible via CardDAV. Il est également possible d'enregistrer tout type de relations entre les tiers.

Cette version apporte les améliorations suivantes :

  • la langue d'un tiers dépend désormais de l'entreprise de l'utilisateur ;
  • une liste générique d'identifiants remplace le champ TVA.

Produits

Les modules produits gèrent le catalogue des produits qui peuvent être du service, des biens ou des actifs. En plus des paramètres comptables (prix de revient, compte d'achat et de ventes, taxes etc.), il est possible de définir les mesures d'un produit (tailles et poids) ainsi qu'un ensemble de propriétés configurable par catégorie.

Les améliorations de cette version sont :

  • la suppression des erreurs silencieuses lors de conversion d'unités de mesures incompatibles ;
  • l'ajout du volume aux autres mesures du produit.

Comptabilité

Tryton gère la comptabilité standard mais aussi analytique, les factures clients et fournisseurs, les taxes et les actifs. La relance des clients est disponible via des procédures à plusieurs niveaux. Les paiements sont pris en charge avec entre autre plusieurs versions du protocole SEPA, notamment la version CFONB pour la France. Il contient aussi les deux modes de comptabilité de stock perpétuelle : continentale et anglo-saxonne. Tryton gère également les dépôts clients.

Les améliorations suivantes ont été apportées :

  • un nouveau document permet d'enregistrer les coûts de débarquement et de les répartir sur une sélection de livraison en fonction de deux méthodes: « Par valeur » ou « Par poids » ;
  • un nouveau rapport montrant le journal des paiements en liquide sur une période donnée a été ajouté. Ce rapport est utile pour vérifier les caisses ;
  • la comptabilité française génère le Fichier des Écritures Comptables ;
  • l'assistant de génération de paiements permet de choisir une date (autre que le jour actuel par défaut) ;
  • les comptes de dépenses et revenus par défaut peuvent être configurés depuis la configuration de la comptabilité ;
  • les dates des relevés peuvent être rectifiées après le postage de ceux-ci.

Achats

Ce module permet de gérer la liste des achats en cours ou passés ainsi que les coûts de livraisons.

Cette version apporte les nouveautés suivantes :

  • la date de livraison indique désormais avant la livraison la date prévue puis la date à laquelle les biens ont été reçus ;
  • les déplacements de stocks peuvent être annulés depuis la vue des achats sans avoir besoin de créer une réception fournisseur ;
  • les demandes d'achats dont la quantité arrondie est de zéro sont quand même créées afin de permettre à l'utilisateur d'acheter.

Ventes

Les modules ventes permettent de gérer la liste des ventes et des opportunités en cours ou passées. Ils contiennent toutes une série d'outils tels que les listes de prix, le coût de livraison et l'ajout de produits extra, automatiquement en fonction de critères. Il y a aussi des contrôles de limite de crédit du client ou de la disponibilité du stock des produits vendus.

Les nouveautés pour ces modules sont les suivantes :

  • Il est possible d'enregistrer les plaintes des clients et de les traiter via un retour de vente ou une note de crédit ;
  • le module de promotion permet d'appliquer une promotion sur l'ensemble de la vente suivant des critères définis, mais uniquement si le résultat est en faveur du client ;
  • la date de livraison indique désormais, avant la livraison effective, la date prévue puis la date à laquelle les biens ont été délivrés au client ;
  • il maintenant possible d'avoir un tiers de livraison différent du tiers facturé. Cette fonctionnalité fait que Tryton prend maintenant complètement en charge les dépôts de livraison des deux points de vues ;
  • le dépôt de livraison se décompose désormais en deux mouvements distincts, en passant par un emplacement de dépôt temporaire.

Stock

Ce module permet de gérer les stocks comprenant, entre autres, la gestion des livraisons et réceptions, des lots, le réapprovisionnement, les prévisions, la date d'expiration etc. tout en étant multi-entrepôt.

Les nouveautés de cette version comprennent la possibilité de :

  • faire calculer le coût moyen d'un produit en rejouant tous ses mouvements ;
  • configurer un lieu de retrait différent du lieu de stockage pour les entrepôts ;
  • configurer un lieu d'approvisionnement interne pour chaque entrepôt, qui est utilisé par défaut pour tous les produits de cet entrepôt ;
  • d'éditer sans restrictions beaucoup plus de champs des mouvements, ces restrictions se sont avérées non nécessaires ;
  • d'ajouter des lignes d'inventaire pour lesquelles la quantité attendue est calculée ;
  • de créer des mouvements brouillon sur des emplacements de type vue, l'emplacement devra être préciser pour pouvoir changer l'état du mouvement ;
  • d'utiliser les lots dans les inventaires.

Production

Ce module permet de gérer les ordres de production ainsi que les BOM associées.

Transporteurs

Ces modules permettent de définir les tarifs des transporteurs. Deux méthodes sont disponibles :

  1. en fonction d'un pourcentage de la valeur des biens ;
  2. en fonction du poids.

Commissions

Ces modules gèrent l'application et la rétribution par commission des agents de ventes.

Projets

Les métriques dans l'arbre des projet ont été grandement améliorées via des agrégations et de meilleures requêtes. Les principales améliorations des modules projets sont :

  • une barre de progression a été ajoutée pour les projets et les tâches, ainsi qu'un total qui correspond à la somme des sous éléments ;
  • une nouvelle méthode de génération de facture se basant sur la progression du projet a été ajoutée ;
  • il est désormais possible de lier les lignes d'achats à un projet, qui seront ajoutées aux coûts du projet ;
  • l'arborescence des projets est maintenant distincte de l'arborescence des tâches des feuilles de présence ;
  • le prix affiché dans la liste utilise le même nombre de décimales (configurable) que sur la fiche produit.

Feuille de présence

Les modules de feuille de présence collectent le temps passé par chaque employé sur les tâches définies.

Le principal changement de cette version est que le coût de l'employé (qui peut évoluer au cours du temps) est enregistré sur la ligne de présence ce qui permet de calculer plus efficacement le coût total d'une tâche.

  • # Un livre d'utilisation

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    Je pense que la disponibilité en librairie (mais aussi en ligne) d'un livre d'explication et d'usage serait bienvenu et rassurerait les utilisateurs, comme les décideurs pour choisir Tryton. Cela pourrait aussi inspirer d'autres auteurs (si le livre est en CC-BY-SA)

    Une campagne de financement collaboratif pourrait être ici aussi un bon soutien.

    Et ce livre pourrait aussi être traduit dans plusieurs langues (po4a peut servir pour maintenir la synchro des traductions)

    Mes 2 centimes.

    npettiaux

  • # Merci beaucoup

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    J'ai oublié l'essentiel : merci beaucoup pour le boulot et l'info. Et bravo.

    Aussi : des micros vidéos / tutoriels comme pour les tutoriels Jolla pourrait aider. Tous les utilisateurs peuvent avec leurs smartphones et des outils simples sur windows/mac/gnulinux qui enregistrent la session faire cela et contribuer à un pool de vidéo.

    La liste des thèmes à proposer pourrait être faire dans un wiki

    Merci

    npettiaux

  • # ERP ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    On ne peut pas encore parler vraiment d'ERP mais plutôt de logiciel de gestion commerciale car la partie gestion de production n'est pas encore présente. C'est un sacré morceau à faire, de même que la partie informatique décisionnelle (BI).
    Quand la gestion de production sera à la hauteur d'un ERP comme https://www.sylob.com/ et la partie BI à la hauteur d'un outil comme http://global.qlik.com/fr, alors ce sera un superbe outil libre. Mais le chemin est encore long.

    • [^] # Re: ERP ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 3. Dernière modification le 09/11/15 à 12:16.

      C'est un peu dur. Il y a une gestion de production mais qui , il est vrai, est un assez légère. D'ailleurs un travail est en court pour implémenter les « routing » et les « work ».
      Pour le BI, Tryton peut afficher des graphiques ainsi que les lier à une sélection (un exemple est visible sur la demo dans « Feuille de présence / Rapports / Heures par travail ». Par contre, les requêtes doivent être définies dans le code (peuvent être générique grâce à python-sql).

      • [^] # Re: ERP ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 2. Dernière modification le 09/11/15 à 14:10.

        Mais non, ce n'est pas parce que la partie gestion de production et BI ne sont pas encore prêtes que le reste n'est pas excellent, loin de là. J'attends avec impatience que ces parties soient aussi bien développées que le reste.

  • # Projet loi de finances 2016

    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

    Salut,

    Vous devriez vous intéresser au projet de loi de finances 2016 en France qui, article 34, impose des conditions d’inaltérabilité aux logiciels de comptabilité et de facturation avec entrée en vigueur au 1er janvier 2018.

    Donc, oui, ça veut bien dire qu’il sera en France interdit d’utiliser un logiciel libre de comptabilité, facturation ou caisse enregistreuse (ces logiciels sont également concernés)

    On se bouge avec Baptiste Carvello sur le sujet, si la communauté Tryton pouvait y consacrer des énergies pour nous aider, ça serait top. N’hésitez pas à me contacter

    • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      Donc, oui, ça veut bien dire qu’il sera en France interdit d’utiliser un logiciel libre de comptabilité, facturation ou caisse enregistreuse (ces logiciels sont également concernés)

      Pas du tout, cela signifiera que chaque binaire généré à partir du code source (qui soit libre ou pas), devra être approuvé par l'administration.

      Ce genre d'obligations concernent des tas de secteurs d'activités dont l'aéronautique, et cela ne prive nullement la possibilité d'utiliser un logiciel libre.

      • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        Pas du tout, cela signifiera que chaque binaire généré à partir du code source (qui soit libre ou pas), devra être approuvé par l'administration.

        Et quid d’une modification ? D’un binaire différent qui tourne ?

        La rencontre avec Bernard Roman, député du Nord, confirme que si le logiciel peut être modifié, alors on tombe sous le joug de la notion d’inaltérabilité.

        Les propositions de Scil sont d’abandonner cette notion d’inaltérabilité et de rompre la co-responsabilité en cas de modification sur un logiciel libre.

        • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Et quid d’une modification ? D’un binaire différent qui tourne ?

          Suffit de le refaire qualifier, comme pour toute certification ?
          La notion de logiciel certifié existe dans des tas de secteurs depuis des décennies. Et des LL sont dedans, exploitables et certifiés. Et si tu modifies le LL, comme tout autre logiciel, tu repasses les certifications et autres procédures.

          Cela a un coût, cela limite la fréquence de mise à jour. Personne ne dira le contraire. Mais cela n'interdit pas d'utiliser des LL…

        • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

          Posté par . Évalué à 4.

          Et quid d’une modification ? D’un binaire différent qui tourne ?

          Il doit à mon avis être possible de réduire au minimum le code à certifier et avoir des programmes qui gravitent autour qui sont moins critiques mais qui évoluent plus rapidement.

          Les logiciels sous licence GPL forcent leurs utilisateurs à respecter la GPL (et oui, l'eau, ça mouille).

    • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      Pour mémoire, la discussion a été commencée dans un fil de discussion d'une dépêche précédente.

      Tentative de synthèse des infos échangées :

      • le projet de loi de finance 2016 français et son article 38 « Mesure visant à lutter contre la dissimulation de recettes à la TVA : utilisation obligatoire d'un logiciel de caisse ou système non frauduleux »
      • la question du coût de l'accès aux documents
      • la question du coût de la certification à repasser en cas de modification (et du délai de livraison, dû à la re-certification)
      • coût à reporter -> disparition des solutions purement gratuites
      • la certification en elle-même s'annoncerait compliquée car il est plus facile d'être conforme à quelque chose (un protocole, un format), testable, que de monter que l'on ne fait pas quelque chose (tricher sur des lignes comptables)
      • responsabilité partagée entre l’utilisateur et l’éditeur : l’éditeur serait tenu de fournir une copie de sa certification NF ou un document de conformité basé sur un modèle fourni par l’administration.
      • modification prévue de l'article 1770 duodecies, entraînant que la détention de logiciel non certifié serait punie d'amende. : « Le fait, pour une personne assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée, de ne pas justifier, par la production de l'attestation ou du certificat prévu au 3° bis de l'article 286, que le ou les logiciels de comptabilité ou de gestion ou systèmes de caisse qu'elle détient satisfont aux conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage des données prévues par ces mêmes dispositions est sanctionné par une amende de 5 000 € par logiciel de comptabilité ou de gestion ou système de caisse. »
      • le seul moyen d'avoir des écritures non modifiables serait de les rendre non répudiables, via un tiers de confiance
      • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

        Posté par . Évalué à 3.

        « utilisation obligatoire d'un logiciel de caisse ou système non frauduleux »

        Waow ! Est-ce que la loi en question explique qu'il est interdit de faire quelque chose d'interdit ?

        le seul moyen d'avoir des écritures non modifiables serait de les rendre non répudiables, via un tiers de confiance

        Ça ne pourrait pas être fait par un blockchain ?

        Les logiciels sous licence GPL forcent leurs utilisateurs à respecter la GPL (et oui, l'eau, ça mouille).

    • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Je te propose dans parler sur http://groups-fr.tryton.org/. Personnellement, je ne suis pas Français et donc je n'ai pas vraiment de moyen d'agir.
      Sinon Tryton possède des contraintes qui empêchent l'utilisateur de modifier par exemple un mouvement comptable posté. Je ne pense pas qu'il soit possible de faire plus sans l'intervention d'un tiers de confiance comme le dit @oumph.

    • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

      Posté par (page perso) . Évalué à -1. Dernière modification le 09/11/15 à 15:48.

      Donc, oui, ça veut bien dire qu’il sera en France interdit d’utiliser un logiciel libre de comptabilité, facturation ou caisse enregistreuse (ces logiciels sont également concernés)

      Quand les gens arrêterons de FUDer/troller, ça fera du bien pour ceux qui essayent de gérer les vrais soucis derrières ces changements législatifs.
      La, tu participes simplement à noyer les problèmes sous du bruit, car c'est bien du bruit que tu fais (car tu racontes n'importe quoi), du bruit qui fait que les gens suceptible d'écouter s'enfuient quand ils entendent "open source" (oh non encore un qui raconte n'importe quoi… Sera la première réaction).

      Ca a déjà été discuté dans d'autres dépêches, sinon (avec la même remarque sur le FUD de certains).

      Maintenant :

      Vous devriez vous intéresser au projet de loi de finances 2016 en France qui, article 34, impose des conditions d’inaltérabilité aux logiciels de comptabilité et de facturation avec entrée en vigueur au 1er janvier 2018.

      Démontre comment le libre ne pourrait pas être compatible avec ça.
      Libre ne veut pas dire GPLv3 (la, tu aurais raison… Mais bon, ça serait moins "vendeur" que de constater qu'une seule licence a un petit problème et non pas le libre).

      Edit : argh, oumph a fait la synthèse, ça m'apprendra à laisser trainer.

      • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

        Posté par (page perso) . Évalué à 0.

        Quand les gens arrêterons de FUDer/troller, ça fera du bien pour ceux qui essayent de gérer les vrais soucis derrières ces changements législatifs.
        La, tu participes simplement à noyer les problèmes sous du bruit, car c'est bien du bruit que tu fais (car tu racontes n'importe quoi), du bruit qui fait que les gens suceptible d'écouter s'enfuient quand ils entendent "open source" (oh non encore un qui raconte n'importe quoi… Sera la première réaction).

        Je me suis dit ça aussi au départ. Je suis allé rencontrer mon député qui a validé la lecture sur l’interdiction du logiciel libre.

        L’exemple est clairement la loi sur les caisses Horeca en Belgique, avec un système de boîte noire

        • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Je me suis dit ça aussi au départ. Je suis allé rencontrer mon député qui a validé la lecture sur l’interdiction du logiciel libre.

          Mouais, l’avis d'un seul député qui n'est pas juriste ne veut pas dire grand chose.
          Le texte en lui même ne bloque pas l'usage des LL.

          • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            Mouais, l’avis d'un seul député qui n'est pas juriste ne veut pas dire grand chose.

            Contrairement à l’avis éclairé d’un commentateur sur LinuxFr.

            • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              Contrairement à l’avis éclairé d’un commentateur sur LinuxFr.

              Qui connait la définition du LL et qui ne voit aucune contre-indication.
              Pour la seule et bonne raison que beaucoup de LL sont employés dans des domaines où le phénomène de certification existe depuis longtemps et que cela n'empêche nullement leur utilisation dans un tel contexte.

            • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              yves viole la loi.
              Maintenant, à toi de me démontrer que tu ne la violes pas.
              Du moins, c'est la logique de "présumé coupable" que tu as, et contre ça personne ne peut rien faire.

              Ce qui n'est pas interdit est légal, c'est la base de la loi, et j'attends donc toujours que ceux qui pensent que c'est interdit le démontre plus que par un fantasme (car on ne doit pas lire la même chose : des certifications, ça n'a rien de nouveau et ça n'a jamais interdit le LL) ou un parlementaire pressé de se débarrasser d'un citoyen (et la meilleure façon de s'en débarrasser est de lui dire de vive voix seulement "oui oui vous avez raison").

              • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

                Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 10/11/15 à 19:44.

                Je ne comprends pas trop où tu veux en venir.

                Pour les logiciels open-source de gestion de caisse, ce projet de loi complique la diffusion en introduisant une chaine de responsabilité, qui rend la certification obligatoire. Les modèles économiques basés sur ces logiciels - justement parce qu'ils sont libres - s'en trouvent de facto complexifiés.

                En cas de souci, un projet comme Pastèque ou Dolibarr va plier et casser. Les éditeurs de logiciels de POS non libres (donc avec des ressources permettant la certification) deviennent inconturnables, et les open-sources doivent "au mieux" investir de l'argent.

                Dans les faits, ca sent la mise à mort sur l'autel des solutions proprios: une position fragilisée sur la confiance accordée au produit, un investissement conséquent pour les certifications, et un des avantages de l'open source - la forte adaptabilité - qui est diminué devant les investissements complémentaires.

                Pour moi c'est plutôt un enterrement de 1ere classe des softs de POS libres, et plus généralement de toutes les solutions comportant la saisie d'un règlement et laissant la possibilité d'adapter le code a ses besoins, compte tenu de l'ouverture de ces logiciels sur les aspects techniques (la forte hackabilité).

                • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

                  Posté par (page perso) . Évalué à 4. Dernière modification le 10/11/15 à 20:16.

                  non libres (donc avec des ressources permettant la certification)

                  Voila sans doute le problème de compréhension : tu associe deux choses (libre et "pas de sous") qui n'ont rien à voir.

                  Je n'ai jamais dit que les gens ne pouvant pas payer la certification pourraient avoir la certification (c'est un peu con comme phrase non?), j'ai juste dit que le libre n'a rien à voir avec ça.
                  Du non libre qui n'a pas de "ressources permettant la certification" (ça existe, tu en doutes vraiment?) a le même problème.
                  Du lire qui a des "ressources permettant la certification" (ça existe, tu en doutes vraiment?) n'aura pas le problème.

                  Bref, merci de démontrer que ça n'a rien à voir avec le libre, et que ce qui dérange est bien autre chose (que les gens ne pouvant pas payer une certification ne pourront pas diffuser, libre ou pas).
                  Moins "vendeur" sans doute comme problème… (parce que bon, des certifications obligatoires, ça n'a rien de nouveau dans plein d'autres domaines)

                  et les open-sources doivent "au mieux" investir de l'argent.

                  Oh malheur, il faut respecter la loi et investir! Oui, et?
                  Et c'est quoi le rapport encore avec l'open source?

                  Sérieux, il faudrait arrêter d'associer le libre à la pauvreté, ce n'est pas comme ça qu'on pourra faire comprendre que le libre est viable, et du coup Microsoft peut se faire accueillir à l’Élysée sans problème, les défendeurs du libre disant eux-même que le libre ça pue c'est du pain béni pour Microsoft et compagnie.

                  Pour moi c'est plutôt un enterrement de 1ere classe des softs de POS libres,

                  J'attends toujours une démonstration de lien entre libre et impossibilité de faire certifier.

                  • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

                    Posté par . Évalué à 1.

                    J’ai l’impression que l’un des problèmes principaux que va rencontrer le processus de certification est la garantie d’inaltérabilité, càd comment s’assurer que jamais le programme n’a été altéré pour permettre des trucages.

                    Le fait que beaucoup de solutions libres soient développées dans des langages interprétés les rend particulièrement vulnérables à ça (même si on peut aussi modifier un binaire, ça fixe la barrière plus haut).

                    En gros : comment garantir, sur un programme libre fourni en langage de script, qu’aucune altération n’a eu lieu tout au long de l’utilisation du produit ?

                    À ma connaissance, aujourd’hui rien ne le permet. Dans tous les cas, si on veut garantir quelque chose, il faut que l’utilisateur n’ait pas les droits « root », ce qui quelque part est à l’opposé de la philosophie du libre (et dans une certaine mesure interdit par la gplv3).

                    Cela dit, comme dit par Michel, la solution la plus intelligente passe probablement par un « core » restreint certifié, et une bonne partie de code autour sur lequel l’utilisateur final a toujours toute liberté.

                    • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

                      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                      il faut que l’utilisateur n’ait pas les droits « root », ce qui quelque part est à l’opposé de la philosophie du libre (et dans une certaine mesure interdit par la gplv3).

                      Encore une fois, le libre ne se limite pas aux copyleft qui veut que tout produit livré soit hackable.
                      Je n'ai jamais dit que ça ne limitait pas les gens voulant de la GPLv3, j'ai dit que j'attendais qu'on me démontre que le libre est impacté. Qu'on me démontrer que les produits GPLv3 sont impacté ne démontre pas que le libre est impacté (ce n'est pas parce que Volskwagen ne peut plus vendre de voiture aux USA qu'on ne peut plus vendre de voitures dans le monde de manière générale).

                      "La philosophie du libre", on lui fait dire un peu ce qui nous arrange quand ça nous arrange.
                      En pratique, elle n'existe pas en dehors des 4 libertés (et aucune des 4 libertés ne dit qu'il faut les droits root) et surtout elle ne dit pas qu'elles sont supérieures à la loi (qu'un logiciel libre qui permet de tuer soit interdit ne dit pas que le libre est interdit, et ce n'est pas horrible pour le libre).

                      Cela dit, comme dit par Michel, la solution la plus intelligente passe probablement par un « core » restreint certifié, et une bonne partie de code autour sur lequel l’utilisateur final a toujours toute liberté.

                      Par exemple.

                      • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

                        Posté par . Évalué à 1.

                        J'aimerais qu'on m'explique en quoi ce serait incompatible avec la GPLv3.

                        Qu'est-ce qui empêche l'utilisateur de modifier les sources et de recréer une version inaltérable ? Même s'il faut repasser une certification ou un agrément pour utiliser cette modification ce n'est pas interdit il me semble ?

                        • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

                          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                          La GPLv3 oblige à devoir permettre l'exécution de binaire modifié sur la plateforme livrée (anti-TiVo), ce qu'interdirait la loi (qui veut faire de TiVo un obligation das ce cas).
                          La GPLv2 ou tout autre licence libre connue n'ont pas cette restriction (pas pour rien que même Linus a dit que ça puait un peu comme restriction dans la GPLv3)

                          • [^] # Re: Projet loi de finances 2016

                            Posté par . Évalué à 2.

                            Non la loi n'interdit pas l'utilisateur de modifier le binaire (autrement plus personne ne peut faire de mise à jour après l'installation initiale), mais ne l'autorise que sous condition, c'est très différent. L'utilisateur peut également modifier le programme GPLv3 sans respecter les conditions, mais il ne pourra pas utiliser le résultat de son utilisation dans des documents officiels.

                            TiVo interdit toute modification de leur appareil, et c'est sans condition.

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