Dans le monde réel, y a-t-il vraiment besoin de l'accélération liée au crédit ?
Le crédit n'accélère pas l'économie, il crée la croissance en permettant l'investissement. C'est mécanique, si l'investissement te rapporte plus que le taux de ton crédit, tu gagnes du pognon. Ton raisonnement à base de temps, c'est juste parce que tu ne parles pas d'un investissement (quelque chose qui te rapporte de l'argent).
Le bon exemple, ça serait : si j'achète une voiture, je peux avoir un job loin de chez moi qui me rapporte plus que le RSA. Du coup, l'achat d'une voiture est un investissement, et tu as intérêt à l'acheter, même à crédit. Par contre, l'achat d'un canapé n'est pas un investissement, et tu as intérêt à ne pas l'acheter de toutes manières (et encore moins à crédit).
Après, c'est sûr que l'argument de SimCity, c'est un argument massue. Je pense que même les économistes resteraient bouche bée.
Il ne vient pas des dépots, il est créé (et détruit quand remboursé, sauf les interêts).
Il me semble qu'il est créé quand il est dépensé, plutôt. Quand on te prête 1000€, on crédite 1000€ sur ton compte, et tu dois 1000€ à la banque. Dans le cas le plus simple, tu achètes un ordi à 1000€ à un commerçant qui est dans la même banque que toi, et hop, le jeu d'écriture fait que c'est maintenant lui qui a 1000€ sur son compte. Ensuite, c'est tout une chaine de confiance entre banques et particuliers qui se met en place, et qui accepte de dire que de voir 1000€ sur un compte c'est comme si on avait vraiment 1000€. Jusqu'à ce que quelqu'un sorte du système, demande 1000€ en liquide par exemple, et là, la banque doit transformer ces 1000€ en «vrai argent».
Oui, l'OCDE est une officine d'extrême gauche bien connue pour manipuler les chiffres
Les chiffres de l'OCDE sont bons, c'est ton raisonnement qui est faux.
Et toi, tu nous fais tout un raisonnement pour expliquer qu'en payant moins d'impôts, les riches en payent plus (en proportion).
Je fais tout un raisonnement pour prouver que tu as tort de dire que la réforme bénéficie plus aux riches qu'aux pauvres. La réforme bénéficie à tout ceux qui payent des impôts, et proportionnellement plus aux classes moyennes qu'au 10e décile. Le chiffre de 65% est juste, c'est le raisonnement que tu tiens derrière qui est faux.
Le nombre de tranche d'impôts et surtout le taux de la tranche supérieure n'ont pas cessé de baisser depuis des décennies mais tu affirmes sans frémir qu'après cette superbe réforme, l'impôt sera plus redistributif.
La tranche supérieure a augmenté depuis 2004, donc ça n'est pas vrai. Globalement, il n'y a pas d'évolution de la redistribution de l'IR depuis plus de 30 ans. Le taux d'imposition réel diminue pour les très hauts revenus, mais ça n'évolue que très peu.
Qui manipule ?
Quel que soit le point de vue que tu souhaites défendre, tu ne peux pas prétendre avoir raison sur le fond en ayant tort sur la forme. En l'occurrence, si tu décides de baisser l'IR, tu peux baisser les tranches que tu veux, faire ce que tu veux, tu feras toujours gagner plus aux riches qu'aux pauvres. Pour inverser les chiffres bruts (et pas propotionnels au revenu), il faudrait augmenter le taux d'imposition des plus riches. Là, je te l'accorde, c'est une décision politique, mais ça n'était pas l'option retenue par le gouvernement.
Ton raisonnement, ce n'est pas que la réforme fiscale du gouvernement bénéficie aux riches, c'est que toute baisse d'impôts bénéficie aux riches. C'est trivial, non? C'est un programme politique, la redistribution via des hausses d'impôts. C'est juste que ce programme n'est pas très populaire…
Dans cette situation, je te propose le deal suivant : je te prête 100 zorgluf au 31 décembre et tu me rends 100 zorgluf au 1er janvier. Un prêt à un taux d’intérêt nominal de 0%.
Deal ou pas deal ?
Ton exemple sur un jour n'a pas vraiment de sens. Inverse le truc, tu me prêtes 100 le 1er janvier, je te rends 100 le 31 décembre. Tu m'as prếté de quoi acheter 100 carambars, et je te rends de quoi acheter 110 carambars. Pour moi, c'est équivalent à un prêt à 10%. Si j'avais besoin de cet argent, alors ça peut être intéressant pour moi. Si je n'en avais pas besoin, évidemment que non, puisque c'est toujours le cas quand on emprunte de l'argent. Pour toi, l'opération est neutre. Tu es aussi riche à la fin que si tu ne m'avais rien prếté, puisqu'au 31 décembre, tu peux t'acheter 110 carambars dans les deux cas. Tu aurais pu garder ton argent.
Comme tu as une bonne bouille, je te fais un prix d’ami. Je te prête 100 zorgluf au 31 décembre et tu me rends 95 zorgluf au 1er janvier. Taux d’intérêt nominal négatif !
Deal ou pas deal ?
Toujours pareil, inverse les dates, autrement c'est un prêt à 10% journalier. Donc on part toujours sur une déflation à 10%, le premier janvier j'emprunte de quoi acheter 100 carambars, et le 31 décembre je te rends l'équivalent de 104.5 carambars. Mais en plus j'ai de quoi m'acheter 5.5 carambars, j'ai donc gagné 1 carambar dans l'affaire. Donc deal, évidemment! Prête-moi 1 milliard, je les met au chaud, et je te rends moins à la fin de l'année!
Maintenant, de ton point de vue, l'opération est débillissime. Tu me prêtes de quoi m'acheter 100 carambars, et je te rends l'équivalent de 104.5 carambars… Sauf que si tu ne m'avais pas prêté de l'argent, tu aurais maintenant 110 carambars! En me prêtant de l'argent, tu as donc perdu du pouvoir d'achat en carambars.
Donc voila, une monnaie déflationniste, c'est hyper-dangereux, rien ne peux marcher. Le seul comportement rationnel est de ne surtout rien dépenser, et éventuellement de prêter de l'argent à des taux positifs, taux qui va s'additionner au taux de déflation pour le calcul du coût des crédits, ce qui risque de rendre les crédits irremboursables (plus ça va, plus les salaires diminuent, moins on peut rembourser, jusqu'au point de non-retour où au fil des mois la dette augmente malgré les remboursements!!). L'économie est complètement bloquée et l'argent ne circule pas.
C'est sans commune mesure, et surtout, c'est du gâchis intégral ; toute cette puissance de calcul ne sert quasiment à rien et les ressources dépensées auraient pu être utilisées pour quelque chose d'utile.
qui favorisent clairement les détenteurs de capital, c'est-à-dire les patrons.
Arlette Laguiller, sors de ce corps! Sérieusement, on peut se permettre de distinguer les actionnaires et les dirigeants d'entreprises? Autrement c'est du n'importe quoi.
L'OCDE a montré que 46% des baisses d'impôts décidés allaient profiter aux 10% les plus riches de notre pays.
… qui payent beaucoup plus que 46% de l'impôt, donc ils y gagnent moins que les autres! Exemple typique de manipulation de chiffres. Prenons l'impôt sur le revenu, 78% de l'IR est payé par le 10e décile (les 10% les plus riches). Imaginons que l'IR total soit de 100 Mrds. Le 10e décile paye 78 Mrds, les autres déciles (surtout le 9e et le 8e en fait) payent les 22 Mrds qui restent. Tu décides de faire 10 Mrds de baisse, et 64% de ces 10 Mrds (donc 6.4 Mrds) bénéficient au 10e décile. Reste donc 3.6 Mrds pour les déciles suivant. Résultat, le 10 décile paye donc 78-6.4 = 71.6 Mrds d'IR, et les autres déciles 18.4 Mrds ( = 90 Mrds, le compte est bon). Après la réforme, le 10e décile contribue à 71.6/90 = 80% de l'IR. L'impôt est donc devenu plus redistributif, puisque les riches payent en proportion plus que les autres.
Ce n'est pas un hasard, c'est un choix conscient.
Très certainement.
Et ce n'est certainement pas le fruit de discussions entre personnes qui ne sont pas d'accord.
J'imagine que si. C'est juste que ces discussions n'ont probablement pas fait intervenir de démagogues qui font semblant de ne pas savoir compter.
C'est l'exemple parfait de choix idéologique, quasi dogmatique.
Rendre l'impôt plus progressif est en effet idéologique.
On ne peut pas condamner un type de violence sans considérer l'autre type de violence.
Je pense avoir la faiblesse de préférer un type de violence plutôt qu'un autre. Ton truc, ça peut amener à légitimer la violence physique avec un raisonnement de type "deux faux font un vrai", et je n'irais pas dans ce sens.
Sans compter qu'il serait délirant de considérer que la violence sociale a remplacé la violence physique. Il y a un ou deux siècles, non seulement le monde était beaucoup plus violent physiquement, mais il était aussi beaucoup plus violent socialement (pas de droit du travail, esclavage ou servitude, absence totale d'ascenceur social, pas d'égalité devant la loi, etc).
Et puis c'est où la limite pour la violence sociale? Quand tu auditionnes 5 personnes pour un job, 4 devront en chercher un autre, ils vont être déçus et se sentir rejetés. Quand tu te fais draguer, parfois tu vas dire non (enfin, j'imagine), est-ce que le partenaire déçyu ne va pas se sentir socialement violenter? Parfois, il y a des gens qui doivent se faire virer, parce qu'ils picolent, parce qu'ils ne viennent plus au travail, parce que l'usine ferme, parce que ce qu'ils savent faire n'a plus de valeur pour la société. C'est violent, mais pour moi c'est totalement indépendent du code du travail. Tu peux accompagner les changements de la société pour essayer de minimiser les effets délétères de ces changements, mais tu ne peux pas faire de loi qui empêche le monde de changer. Et j'ai l'impression que c'est ce qui est en train de se passer ; un fossé se creuse entre ceux dont l'activité ou les compétences sont valorisables pour la société, et ceux dont les compétences ne sont pas valorisables. Ce n'est pas juste, mais aucune loi miraculeuse ne pourra y remédier. Et dans ce cadre, l'idée que ça ne puisse être que la pénurie de main d'œuvre qui pourra créer les conditions dans lesquelles les salariés seront en position de force pour négocier n'est pas a priori stupide, surtout quand on voit avec quelle facilité il est possible de tourner autour du code du travail pour en éviter les contraintes.
Comme des euros ou des dollars ? Tu trouves quelqu’un pour t’en prêter, et tu lui rends plus tard avec intérêts ?
Ouais, donc du coup, je ne vois comment les banques pourraient disparaitre, puisque c'est exactement ce qu'elles font. Sauf que bon courage pour trouver quelqu'un pour te préter dans une monnaie en déflation constante! Je te prête 100 Bt et tu m'en rends 90 dans 1 an? Quel est mon intérêt de te les prêter?
Qu’est-ce que tu entends par là ?
Je veux dire, le principe de la blockchain (les algos qui permettent la sécurisation d'une information partagée). Il y a quand même un gros travail et une vraie innovation derrière cette technologie.
la fin des paradis fiscaux, des doubles comptabilités, du blanchissement d'argent sale.
J'ai l'impression que c'est exactement le contraire. On est en train de se débarrasser peu à peu du secret bancaire, et les crypto-monnaies sont une aubaine pour le blanchiment, le marché noir, la corruption, etc.
la faillite des banques, des organismes de crédit et autres intermédiaires
Par quel miracle? Comment tu fais pour emprunter en Bitcoins?
la fin de l'inflation et de l'émission de monnaies par les états, pour réduire leur dette
C'est déja le cas en Europe, du fait de la politique de la BCE. Pas besoin d'artifice monnétaire pour ça. De toutes manières, une inflation contrôlée est souhaitable puisqu'elle incite à la circulation monnétaire (mieux vaut acheter aujourd'hui que d'attendre demain). Les monnaires comme le Bitcoin sont (fortement) déflationnistes, et sont blocantes pour l'économie (tout le monde garde sa monnaie). Techniquement, le Bitcoin n'est pas viable comme monnaie, parce que dépenser en Bt a un coût. C'est plus comme l'or, c'est un instrument spéculatif ou de réserve (en cas de coup dur), pas une monnaie au jour le jour.
des systèmes de prélèvement de TVA, taxes, impôts automatisés
Heureusement que les impôts sont un peu plus compliqués que de prélever un forfait fixe sur les rentrées d'argent sur un compte… Sans compter que tu peux avoir autant de comptes Bt que tu souhaites, et que si l'anonymat est levé, n'importe qui peut tout connaitre de tes transactions financières.
une accélération folle des échanges commerciaux
Pas attendu le Bitcoin…
De toutes manières, la futurologie est par définition foireuse. Les cryptomonnaies seront ce qu'elles seront : peut-être un feu de paille, peut-être un instrument de spéculation financière supplémentaire, peut-être un système généralisé de traffic d'argent et de blanchiment… Mais elles ne sont rien de plus qu'une monnaie électronique, qui a un coût réel et un coût environnemental plusieurs ordres de grandeurs supérieurs aux réseaux bancaires traditionnels.
À mon avis, le seul truc intéressant et innovant avec les cryptomonnaies, c'est la blockchain. L'aspect "monnaie", c'est totalement foireux ; c'est lent, inefficace, archi-anti-écologique, obscur, coûteux… bref, c'est un instrument financier, construit au profit de leur concepteur, et au détriment de leurs utilisateurs.
Les anglais ont ecoute, sans reflechir, les mensonges des brexiters
Tu as vu à quel point c'est compliqué de tenir un discours raisonnable à l'heure actuelle? Pour un politique, dire «les choses sont plus compliquées qu'elles ne le sont», «nous allons construire sur ce qu'a fait le gouvernement précédent», «il faut accepter de diminuer notre niveau de vie», c'est un suicide politique. Il faut être dans l'invective, il faut être toujours d'accord sur le fait que la situation actuelle est inacceptable, qu'il existe des solutions simples à mettre en œuvre, que tout s'explique parce que c'est de la faute de l'Europe / des étrangers / des puissances de l'argent.
des entreprises (surtout la petite PME du coin)) sont coulées
Honnêtement, si une entreprise est coulée à cause d'un mois de bazar, c'est quand même qu'elle était sub-claquante. Entre les mouvements sociaux, les aléas climatiques, politiques, économiques, législatifs, les faits divers, les décisions des autres entreprises concurrentes ou partenaires, une entreprise est toujours plus ou moins soumises à des trucs imprévisibles.
C'est toujours plus facile d'accuser un facteur extérieur que des problèmes internes à l'entreprise.
Pour des putains de raisons de politicard
Ça ne veut pas dire grand chose, et la "politique" n'est pas un gros mot. Mais oui, c'est d'une bêtise totale, tout un tas d'acteurs avaient envie d'en découdre avec violence pour des raisons politiques ou d'affichage, puis simplement pour avoir envie de gagner ou de ne pas perdre la face. Mais bon, il ne faut pas trop dédouaner "la rue", qui sous prétexte de refuser de se faire imposer des trucs par le gouvernement, se fait facilement manipuler par d'autres organisations qui ne sont pas forcément plus recommandables et qui ont simplement besoin de mouvements sociaux pour exister.
les deputes de l'opposition ne font pas leur boulot en etant de facon systematique en opposition a TOUT!
En même temps, ça n'est pas tout à fait vrai. Il y a pas mal de lois qui sont votées à l'unanimité, ou au moins à une large majorité. C'est souvent des trucs techniques, des résolutions de problèmes évidents, ou des lois sur lesquelles tout le monde est à peu près d'accord. Les gros clashs politiques, ça arrive sur des lois médiatisées, sur lesquelles les partis (du moins les partis historiques) sont en quelque sorte d'accord pour clasher officiellement. Et dans ce cas, oui, c'est débillissime, tout le monde est contre, on dépose 10000 amendements pour ralentir les débats… pire, on se lève, et on gueule des débilités dans l'hémicycle (!?!). Les raisons pour lesquelles notre démocratie accepte ce genre de pitreries sont très mystérieuses à mes yeux, je pense que certains pensent que la fin justifie les moyens (on est contre la loi X, et du coup, on trouve acceptable que les députés qui sont contre la loi X se livrent à des pratiques lamentables pour retarder un vote inéluctable).
Utiliser la pression de la rue de facon systematique c'est empeche le discours democratique
Je dirais "manipuler" la pression de la rue, plutôt. Par exemple, la loi travail est surtout une refonte technique du code du travail, qui va retirer un certain nombre de prérogatives aux organisations syndicales au profit d'une négociation directe avec les salariés. C'est donc un jeu politique que d'essayer de convaincre les uns ou les autres que telle version du code du travail est mieux comme ci ou comme ça, mais ça n'est pas très surprenant que les syndicats y soient opposés (le contraire aurait été étrange). D'un autre côté, le gouvernement va vanter les mérites de la démocratie directe dans les entreprises (étonnamment, pas de progrès sur la démocratie directe hors des entreprises :-) ). Les discussions techniques en coulisses ont déja eu lieu, on va avoir droit à un petit coup de cinoche dans la rue où chacun va montrer ses biceps et évaluer ses forces (c'est à dire, compter le nombre de pékins qu'on arrive à rallier sur le motif de "vous êtes en train de vous faire entuber" sans rentrer trop loin dans les discussions techniques, parce que vous comprenez, l'ouvrier, il est assez intelligent pour comprendre qu'il faut manifester pour défendre ses droits, mais il ne faut pas trop lui en demander et laisser aux syndicats la tâche de décider quand il faut défendre ses droits ou pas). Donc hop, cinoche, manifs, CRS, re-manifs avec des casseurs (oh la la les méchants casseurs on ne sait pas d'où ils viennent), et re-CRS avec des flashballs et des batons, et tout le monde rentre chez soi avec l'impression qu'on a bien joué son rôle, en accusant l'autre d'avoir été méchant et que l'histoire saura bien montrer qui était les gentils au final.
Bah, en plus, il y a à boire et à manger partout. Par exemple, Le Figaro publie (de très loin) les meilleurs articles de vulgarisation scientifique de la presse quotidienne. Ça ne veut pas dire que les pages politiques sont particulièrement intéressantes, mais n'empêche.
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Journal social agenda.
Évalué à 9.
Dernière modification le 13 septembre 2017 à 09:21.
Ça n'est pas si évident que ça. On a été élevés dans cette idéologie du débat comme idéal de la démocratie, mais en quoi est-ce que ces débats sont constructifs? À la télé, un débat, c'est deux monologues parallèles entre des gens qui sont par construction d'une mauvaise foi indécrottable, et qui utilisent tous les artifices de la rhétorique (y compris tout un tas de raisonnements fallacieux) pour convaincre les citoyens. À ce jeu là, on n'arrive pas à grand chose. Regarde les discussions sur cette page : on est dans le hooliganisme politique le plus total.
Du coup, Mélenchon, pour sûr, fait vivre le "débat" et crée des vrais clans, fermés, hyper-motivés, voire quasiment fanatiques. C'est vraiment un esprit de hooligan : on a perdu parce que l'arbitre était vendu, parce que le vent était dans le mauvais sens, les supporters d'en face sont des débiles et ne comprennent rien, etc. Personnellement, je ne me reconnais absolument pas dans ce genre de comportement, et dans ce hold-up intellectuel qui consiste à faire croire que de gueuler plus fort que les autres a une quelconque légitimité. Quand tu organises une discussion constructive pour régler un problème, au boulot, en famille, entre voisins, n'importe, et que quelqu'un arrive en gueulant, en renversant les chaises, en hurlant qu'il est hors de question qu'il se laisse faire et que les autres sont des enfoirés, bah c'est un boulet. Il va empêcher une prise de décision sereine parce qu'il a une attitude qui n'est ni constructive, ni respectueuse, et ce, qu'il ait raison ou tort sur le fond. La démocratie, c'est aussi une manière de vivre ensemble et de se respecter, ainsi que d'accepter les décisions sur lesquelles on n'est pas forcément d'accord.
De mon point de vue, un débat n'est possible et constructif que si les parties en place ont le souhait de comprendre les arguments des autres, et sont ouverts à la possibilité de changer d'avis. Si on n'est pas dans ces conditions, alors c'est juste du théatre. C'est mon analyse, et elle ne vaut que ce qu'elle vaut, mais je pense que le refus de ce théatre est la seule raison du succès de Macron et de ceux qui partagent sa méthode de travail (certains députés d'autres partis, CFDT, etc). Derrière le théatre s'organisent de vrais échanges et de vraies négociations entre gens qui s'accordent sur une méthode de travail, et ce sont eux qui sont les vrais décideurs.
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Journal social agenda.
Évalué à 6.
Dernière modification le 12 septembre 2017 à 09:26.
Je te renvoie au Programme du Conseil national de la Résistance où il est écrit…
Ah moi aussi je veux des médias indépendents, et qu'il fasse beau tout le temps, et que le pognon pousse sur les arbres. Ça ne coûte rien, de vouloir.
Un exemple au hasard, un journaliste qui aurait un truc négatif à dire sur Apple…
Je ne comprends pas où tu veux en venir, tu prétends qu'il est impossible de dire des trucs négatifs sur Apple? Personnellement, j'ai l'impression de n'entendre que des trucs négatifs sur Apple. Ils ne payent pas leurs impôts, ils se font des marges démentielles, leurs produits ne sont pas de bonne qualité, ils sont beaucoup trop chers, ils sont fabriqués par des esclaves enfants chinois, ils ne sont pas réparables, ils sont l'exemple même de l'obsolescence programmée… et ça, c'est dans les fils d'actualité grand public, genre Google News. On vit dans un monde où on ne passe pas une journée sans entendre un truc négatif sur Apple. Qu'est-ce que quelques médias impliqués dans des conflits d'intérêt peuvent changer à ça? Tu voudrais carrément qu'on n'entende plus parler d'Apple?
Punaise tu es tellement lobotomisé que tu te dis que tu as les mêmes intérêts.
Tant que tu ne comprendras pas que les gens qui ne pensent pas comme toi ne sont pas tous des crétins lobotomisés, tu n'arriveras pas à avancer. Tu veux renverser la table? Désolé, tu n'es pas tout seul. Il y a des gens qui sont encore en train de manger, d'autres qui ont leur assiètte vide et qui espèrent avoir quelque chose, d'autres qui n'ont rien à manger mais qui ont à picoler, et d'autres qui préfèrent être assis devant une assiètte vide que par terre avec une assiètte vide. Tu vis dans une société où, tant pis pour toi, les gens prétendent être malheureux mais ne le sont pas tant que ça. Mets-toi dans la tête qu'ils ne sont pas des crétins asservis, ce sont des gens comme toi, qui ont leurs espoirs, leurs principes, leurs analyses de la situation, leurs intérêts à défendre et leurs projets d'avenir. Peut-être même que certains d'entre eux comprennent mieux que toi la situation, certains ont une bonne compréhension de l'économie, d'autres de la politique, d'autres des médias. Certains sont riches, certains sont pauvres, certains sont intelligents et certains ne sont pas très malins. Mais ils ne partagent pas ton analyse. Tu ne comprends pas pourquoi ils ne la partagent pas, et tu préfères penser qu'ils sont tous débiles et que tu détiens la vérité. Tu sais qu'ils pensent exactement la même chose de toi?
Non, vivre dans une démocratie où les médias sont en conflit d'intérêt permanent, ça ne me convient pas. Mais la démarche contraire, qui revient à prétendre que les médias sont corrompus et qu'il existe un grand complot entre les chaines de TV, de radios, la presse écrite, et une sorte de nébuleuse financiairo-économico-politique, ça me convient encore moins. Donc bon, quitte à choisir, je préfère les médias actuels à pas de médias du tout.
Et puis bon, je n'accroche pas au discours du mensonge collectif. On peut reprocher aux médias de développer avec entrain les faits divers (tornades, enlèvements d'enfants…), de manquer d'esprit critique envers les communications politiques, etc., mais je pense que les médias ont leur propre logique, qui revient avant tout à offrir ce que le public veut qu'on lui offre, et pas ce que les politiques ou je ne sais quel financier voudrait qu'on lui offre. On peut par exemple prendre l'exemple de l'insécurité, qui a été (justement) critiqué sous l'ère Sarkozy : les médias attisent le sentiment d'insécurité en rapportant quotidiennement des faits divers qui ne sont pas représentatifs de la vie normale. Mais sous Hollande, c'était pareil, et sous Macron, c'est pareil ; on ne parle que de terrorisme, de patrouilles de police armées, etc. Mais pourtant, la com du gouvernement actuel est définitivement optimiste vis-à-vis des problèmes d'insécurité et de terrorisme ; on voudrait que l'économie batte son plein, que les touristes reviennent, que les gens consomment. Quel intérêt de rabacher encore et toujours ces sujets anxiogènes? C'est le seul intérêt des médias. Donc bon, le grand complot…
Et de l'autre un Mélenchon dépeint comme le grand méchant loup.
Bah, quand ton programme se base en partie sur la dénonciation de la collusion entre les médias et des gens pas fréquentables, tu ne peux pas non plus t'attendre à attirer la sympathie des journalistes. Tu peux trouver que ça prouve ton point de vue si tu veux, mais tu ne peux pas avoir les deux.
Sur le fond, la neutralité journalistique me semble en paradoxe total avec la qualité de l'info. Une info de qualité, c'est par exemple une analyse et une remise en contexte des déclaration des politiques : plutôt que de relayer bêtement la com des partis, on attend des bons journalistes qu'ils vérifient les faits, les chiffres, et éventuellement ne relayent pas les opérations de coms sans contenu. Du coup, on va leur reprocher de privilégier certains partis, certains discours, etc. Parce que oui, tous les politiques racontent des des co**ries, mais certains nettement plus que d'autres.
J'ai un peu l'impression que pour quelqu'un comme Mélanchon, les médias constituent surtout un moyen facile d'éviter la contradiction et de maitriser complètement sa communication. L'argument de la communication directe (par les réseaux sociaux ou par n'importe quel moyen qui ne passe pas par les "médias"), c'est du pain béni pour les communicants : on peut réciter sa propagande sans risquer d'être filtré, contredit, ou mis devant ses contradictions.
Tu détournes habilement le sujet, mais je pense que tu as tort sur le fond. Les mathématiques fournissent évidemment des raisonnements et des résultats qui peuvent être utiles en informatique, et même éventuellement, parfois, dans la pratique quotidienne de la programmation (typiquement, en algorithmique).
Mais je ne sais pas si tu as fait semblant de mal comprendre là où je voulais en venir, ou si je ne m'étais pas exprimé clairement. La question qu'on discutait, c'était de dire que la vectorisation était une manière intuitive en mathématique d'aborder un problème, et que les gens qui considéraient une boucle FOR plus intuitive qu'un calcul vectorisé avaient, en gros, un problème de formation. Or, c'est à mon avis faux. Très souvent, la pensée mathématique est catastrophique en programmation. En calcul numérique, l'utilisation de la définition mathématique est souvent une très mauvaise idée : pour calculer une intégrale, une dérivée, ou même simplement une variance, "penser mathématique" ne mène qu'à des algos inefficaces.
Bref, le fait que certaines applications des mathématiques soient utiles en algorithmique n'invalide absolument pas le fait que quand on code dans la plupart des langages (qui sont destinés à produire des logiciels et pas des démonstrations mathématiques), on doit avant tout penser aux aspects informatiques des problèmes (efficacité de l'algorithme en temps et en mémoire, gestion des arrondis, évolutivité, modularité et clarté du code). Dans ce cadre, les maths sont un outil, et pas un état d'esprit.
Ils choisissent surtout n'importe quoi qui permet d'instiller le doute auprès du grand public. Il ne s'agit absolument pas d'un débat, scientifique ou pas, il s'agit d'une entreprise de propagande et de désinformation, basé sur des outils de communication.
Plus tous les trucs enterrés et bien conservés… Si on garde des traces de l'activité de l'Homme de Cro-Magnon alors qu'ils n'étaient que quelques familles de chasseurs-cueilleurs, je pense qu'il n'y a aucun doute qu'on trouve des traces de la civilisation "moderne" pendant plusieurs millions d'années… Les chiffres avancés sont assez fantaisistes et ne considèrent, j'imagine, que des traces vaguement visibles. Il est évident que dans 25000 ans, on va pouvoir tomber sur une rue pavée ou un parking souterrain en creusant un peu.
Quelques accidents climatiques ne sont pas des preuves de réchauffement ; tout au plus des indices.
En face de certains bistros, il y a des universités, et dans les universités, il y a des gens qui travaillent sérieusement sur de telles questions ; il existe par exemple une discipline scientifique qui s'appelle "Statistiques des valeurs extrêmes" et qui permettent d'aller un peu plus loin que les platitudes habituelles.
Le choix, ça pourrait être de coder avec des retours par valeur et de laisser le compilo gérer, ce qu'il fait plutôt bien quand le code est clair. En tout cas, c'est ce que j'ai tendance à faire à mon niveau.
Mais bon, j'avoue que je surestime souvent les capacités du compilo à faire des trucs intelligents, notamment pour la gestion de la mémoire. Par exemple, quand on a une fonction qui alloue de la mémoire, fait un traitement, et désalloue la mémoire, appeller la fonction n fois dans une boucle for réalloue et désalloue n fois la mémoire, ce qui me semble assez abérrant. Moi ça me file des boutons en C++11 de refiler des pointeurs vers de la mémoire libre en paramètre des fonctions ou de passer des gros objets par références non-constantes, j'ai l'impression que c'est du mélange crado de paradigmes. Étrangement, ce genre de code est beaucoup plus performant dans certains langages de haut niveau qui vectorisent les appels de fonction.
je ne vois pas comment ça peut tomber dans un comportement non défini.
Je me suis peut-être mal exprimé, mais je n'ai jamais eu de problème avec le comportement du code, seulement avec le temps d'exécution (donc je ne parlais pas du tout de comportement non-défini). Mon problème, c'est que le temps d'exécution du code compilé avec un niveau d'optimisation agressif par le compilo n'était pas compréhensible (tout du moins par moi), avec des temps d'éxécution qui variaient substantiellement et visiblement de manière chaotique en fonction de l'ordre et du nombre de tests conditionnels.
Par exemple, optimiser ton architecture pour exploiter au maximum la taille des lignes de cache, c'est du haut, ou du bas niveau?
Pour moi, c'est du très bas niveau. Classiquement, dans mon domaine de recherche (biologie/bio-info), tu n'as aucune idée de la machine sur laquelle ton code va tourner (ça va de ton portable à un gros calculateur, en passant par des clusters pas homogènes). Bref, très difficile d'écrire du code spécifique pour une machine.
ce qui a le mérite d'être plus explicite, je dirais
Bof, des pointeurs à poil en C++ moderne…
Je suis curieux, as-tu la possibilité de nous montrer un exemple?
Pas évident sans refiler tout un tas de code imbittable. De mémoire, ça ressemblait à des tentatives d'éviter des multiplications par zéro:
double result = fun1();
const bool is_a_zero = (a==0.);
const bool is_b_zero = (b==0.); // + the same for is_c_zero etc.
if (!is_a_zero) {
for (unsigned int i = 0; i < BIGSTUFF; i++)
result += a*fun2(i);
}
if (!is_b_zero) {
for (unsigned int i = 0; i < BIGSTUFF; i++)
result += b*fun3(i);
}
C'est simplifié mais c'est l'idée. Les variables a et b sont lues dans un fichier de paramètres (donc inconnues du compilo). Je ne me rappelle plus exactement des résultats, mais en fonction des valeurs du couples is_a_zero et is_b_zero, on se retrouvait à préférer les versions avec test ou sans test sans vraiment de logique. Ça me faisait penser à un compilo qui prévoit un certain nombre de combinaisons de branches, mais pas toutes (sur quelle base? Aucune idée). Du coup, quand on passe par une combinaison de branchements prévue, ça va vite, mais quand la combinaison n'est pas prévue, il faut se taper une série de tests conditionnels, et c'est lent ; ça irait plus vite de faire les multiplications par zéro.
J'en ai conclu que le résultat de telles optimisations était au mieux inégal, et au pire imprévisible.
Non, quand tu as fait des maths, la manière la plus naturelle d'éviter une boucle FOR, c'est de vectoriser ton calcul. Sinon, tu fais du C pur.
Le lien entre les maths et la programmation est ténu, en plus d'être souvent dangereux. L'idée d'adopter une pensée mathématique quand on code ne me semble pas une bonne idée du tout.
En plus, je ne suis même pas certain que ça soit vrai. Assez souvent, le formalisme mathématique utilise l'équivalent de boucles FOR (sommes et produits) ; le recours à l'algèbre linéaire est loin d'être systématique, et me semble inexistant dans certains domaines (suites, systèmes dynamiques?). D'autre part, les notations d'algèbre linéaire sont souvent compactes (typiquement, les successions de produits de matrices inversées et transposées), mais sont très inefficaces en terme de calcul. Bref, pas concaincu du tout qu'il soit naturel de vectoriser, surtout quand on code dans un langage qu'on connait mal. Ça me semble être un peu un argument a posteriori, la logique de la vectorisation est très puissante quand le langage est organisé autour de ça, mais il n'y a pas de raison a priori qu'elle paraisse plus naturelle qu'une autre.
tu es bien obligé de rentrer dans les détails bas niveau
Pas forcément, tu peux déja optimiser énormément en restant à haut-niveau, et les compilateurs sont aussi censés t'aider à ne pas micro-optimiser le code. Il arrive d'ailleurs souvent en C++ par exemple qu'une optimisation "logique" (par exemple, retourner un résultat par référence plutôt que par valeur) ralentisse le programme, parce que le compilateur l'avait déja fait, et de manière plus efficace qu'à la main. J'ai récemment essayé de plonger un peu dans la micro-optimisation d'une fonction critique en C++, et à mon niveau de compréhension, tout ça s'est avéré relever de la magie noire ; tout fonctionne sans optimisation, mais dès qu'on est en O2 ou O3, l'effet des changements (par exemple jouer avec le nombre et l'ordre des tests conditionnels) est totalement imprévisible, ce qui me donne à penser que plus on fait des trucs sioux et plus on gène le compilo plutôt qu'autre chose.
La plupart des scientifiques […] ne savent même pas qu'il existe
Ce genre de trucs, c'est quand même assez récurrent, et à mon avis c'est quand même en grande partie attribuable à des défauts des langages de programmation. On vit dans un monde où il y a des dizaines de langages populaires, et des centaines si on ajoute des trucs comme Julia. Tous les ans, des dizaines de nouveaux langages apparaissent. Dès qu'on fait un peu de programmation, il faut être polyglotte, et si la programmation n'est pas le cœur de métier, alors on peut s'attendre à ce que la règle générale soit de ne pas maitriser les spécificités du langage.
Or, ces langages ont l'air d'être conçus par et pour des gens qui vont en connaitre tous les détails, tout ce qui est mal documenté, tout ce qui n'est pas intuitif, et que c'est de la faute du programmeur s'il ne connait pas ces "finesses". Je trouve que c'est une excuse qui fait injustement reporter la faute sur les utilisateurs et pas sur les concepteurs des langages. Un moment donné, est-ce qu'il n'est pas naturel de s'attendre à ce que la meilleure manière de faire une boucle FOR, c'est de faire une boucle FOR?
La fragmentation, c'est aussi un problème dans ce genre de cas. On a parlé de Julia, par exemple, qui arrive dans un contexte où il y a déja de nombreux langages "scientifiques" et de nombreuses possibilités ; dans une équipe de recherche de 10 personnes, on trouve parfois 10 langages différents : C, C++, Fortran, Ada, OCalm, R, Python, Perl, MatLab, plus les pseudo-langage des logiciels spécialisés (SAS, Mathematica… ), les langages de script, etc. Encore une fois, tout ça vient en plus de la formation scientifique, les gens utilisent ces outils pour arriver à leurs fins, mais la programmation n'est pas leur métier. Et là, paf, «Pourquoi tu ne fais pas du Julia?», «Pourquoi ne pas regarder du côté de Ruby?», «L'avenir, c'est le Go.», etc. Alors oui, tout cela part d'une bonne intention, mais il faut bien comprendre qu'on ne remplace pas un langage par un autre, tout ça se juxtapose. Quand on incite à utiliser Julia pour les nouveaux projets, on peut éventuellement gagner un peu en productivité, mais quid de la maintenance du code une fois que le post-doc ou le doctorant sera parti? Quid du temps de formation, et du manque de support local? Évidemment, ça n'est pas une raison pour ne jamais évoluer, et c'est vrai que des trucs comme Ada, Fortran, ou même C tendent à disparaitre peu à peu, mais ça n'est pas une raison pour refaire pour la 1000e fois le coup du "apprenez ce truc nouveau, ça vous fera gagner du temps". Au final, plus personne ne maitrise réellement chaque langage, ça diminue la qualité du code, et ça n'apporte pas grand chose.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 5.
Le crédit n'accélère pas l'économie, il crée la croissance en permettant l'investissement. C'est mécanique, si l'investissement te rapporte plus que le taux de ton crédit, tu gagnes du pognon. Ton raisonnement à base de temps, c'est juste parce que tu ne parles pas d'un investissement (quelque chose qui te rapporte de l'argent).
Le bon exemple, ça serait : si j'achète une voiture, je peux avoir un job loin de chez moi qui me rapporte plus que le RSA. Du coup, l'achat d'une voiture est un investissement, et tu as intérêt à l'acheter, même à crédit. Par contre, l'achat d'un canapé n'est pas un investissement, et tu as intérêt à ne pas l'acheter de toutes manières (et encore moins à crédit).
Après, c'est sûr que l'argument de SimCity, c'est un argument massue. Je pense que même les économistes resteraient bouche bée.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 2.
Il me semble qu'il est créé quand il est dépensé, plutôt. Quand on te prête 1000€, on crédite 1000€ sur ton compte, et tu dois 1000€ à la banque. Dans le cas le plus simple, tu achètes un ordi à 1000€ à un commerçant qui est dans la même banque que toi, et hop, le jeu d'écriture fait que c'est maintenant lui qui a 1000€ sur son compte. Ensuite, c'est tout une chaine de confiance entre banques et particuliers qui se met en place, et qui accepte de dire que de voir 1000€ sur un compte c'est comme si on avait vraiment 1000€. Jusqu'à ce que quelqu'un sorte du système, demande 1000€ en liquide par exemple, et là, la banque doit transformer ces 1000€ en «vrai argent».
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.
Les chiffres de l'OCDE sont bons, c'est ton raisonnement qui est faux.
Je fais tout un raisonnement pour prouver que tu as tort de dire que la réforme bénéficie plus aux riches qu'aux pauvres. La réforme bénéficie à tout ceux qui payent des impôts, et proportionnellement plus aux classes moyennes qu'au 10e décile. Le chiffre de 65% est juste, c'est le raisonnement que tu tiens derrière qui est faux.
La tranche supérieure a augmenté depuis 2004, donc ça n'est pas vrai. Globalement, il n'y a pas d'évolution de la redistribution de l'IR depuis plus de 30 ans. Le taux d'imposition réel diminue pour les très hauts revenus, mais ça n'évolue que très peu.
Quel que soit le point de vue que tu souhaites défendre, tu ne peux pas prétendre avoir raison sur le fond en ayant tort sur la forme. En l'occurrence, si tu décides de baisser l'IR, tu peux baisser les tranches que tu veux, faire ce que tu veux, tu feras toujours gagner plus aux riches qu'aux pauvres. Pour inverser les chiffres bruts (et pas propotionnels au revenu), il faudrait augmenter le taux d'imposition des plus riches. Là, je te l'accorde, c'est une décision politique, mais ça n'était pas l'option retenue par le gouvernement.
Ton raisonnement, ce n'est pas que la réforme fiscale du gouvernement bénéficie aux riches, c'est que toute baisse d'impôts bénéficie aux riches. C'est trivial, non? C'est un programme politique, la redistribution via des hausses d'impôts. C'est juste que ce programme n'est pas très populaire…
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10. Dernière modification le 13 septembre 2017 à 17:37.
Ton exemple sur un jour n'a pas vraiment de sens. Inverse le truc, tu me prêtes 100 le 1er janvier, je te rends 100 le 31 décembre. Tu m'as prếté de quoi acheter 100 carambars, et je te rends de quoi acheter 110 carambars. Pour moi, c'est équivalent à un prêt à 10%. Si j'avais besoin de cet argent, alors ça peut être intéressant pour moi. Si je n'en avais pas besoin, évidemment que non, puisque c'est toujours le cas quand on emprunte de l'argent. Pour toi, l'opération est neutre. Tu es aussi riche à la fin que si tu ne m'avais rien prếté, puisqu'au 31 décembre, tu peux t'acheter 110 carambars dans les deux cas. Tu aurais pu garder ton argent.
Toujours pareil, inverse les dates, autrement c'est un prêt à 10% journalier. Donc on part toujours sur une déflation à 10%, le premier janvier j'emprunte de quoi acheter 100 carambars, et le 31 décembre je te rends l'équivalent de 104.5 carambars. Mais en plus j'ai de quoi m'acheter 5.5 carambars, j'ai donc gagné 1 carambar dans l'affaire. Donc deal, évidemment! Prête-moi 1 milliard, je les met au chaud, et je te rends moins à la fin de l'année!
Maintenant, de ton point de vue, l'opération est débillissime. Tu me prêtes de quoi m'acheter 100 carambars, et je te rends l'équivalent de 104.5 carambars… Sauf que si tu ne m'avais pas prêté de l'argent, tu aurais maintenant 110 carambars! En me prêtant de l'argent, tu as donc perdu du pouvoir d'achat en carambars.
Donc voila, une monnaie déflationniste, c'est hyper-dangereux, rien ne peux marcher. Le seul comportement rationnel est de ne surtout rien dépenser, et éventuellement de prêter de l'argent à des taux positifs, taux qui va s'additionner au taux de déflation pour le calcul du coût des crédits, ce qui risque de rendre les crédits irremboursables (plus ça va, plus les salaires diminuent, moins on peut rembourser, jusqu'au point de non-retour où au fil des mois la dette augmente malgré les remboursements!!). L'économie est complètement bloquée et l'argent ne circule pas.
[^] # Re: Conséquences environnementales
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10.
C'est sans commune mesure, et surtout, c'est du gâchis intégral ; toute cette puissance de calcul ne sert quasiment à rien et les ressources dépensées auraient pu être utilisées pour quelque chose d'utile.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10. Dernière modification le 13 septembre 2017 à 15:36.
Je sens qu'il est possible de faire affaire avec toi :-) Sérieusement, pose toi et penses-y calmement.
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.
Arlette Laguiller, sors de ce corps! Sérieusement, on peut se permettre de distinguer les actionnaires et les dirigeants d'entreprises? Autrement c'est du n'importe quoi.
… qui payent beaucoup plus que 46% de l'impôt, donc ils y gagnent moins que les autres! Exemple typique de manipulation de chiffres. Prenons l'impôt sur le revenu, 78% de l'IR est payé par le 10e décile (les 10% les plus riches). Imaginons que l'IR total soit de 100 Mrds. Le 10e décile paye 78 Mrds, les autres déciles (surtout le 9e et le 8e en fait) payent les 22 Mrds qui restent. Tu décides de faire 10 Mrds de baisse, et 64% de ces 10 Mrds (donc 6.4 Mrds) bénéficient au 10e décile. Reste donc 3.6 Mrds pour les déciles suivant. Résultat, le 10 décile paye donc 78-6.4 = 71.6 Mrds d'IR, et les autres déciles 18.4 Mrds ( = 90 Mrds, le compte est bon). Après la réforme, le 10e décile contribue à 71.6/90 = 80% de l'IR. L'impôt est donc devenu plus redistributif, puisque les riches payent en proportion plus que les autres.
Très certainement.
J'imagine que si. C'est juste que ces discussions n'ont probablement pas fait intervenir de démagogues qui font semblant de ne pas savoir compter.
Rendre l'impôt plus progressif est en effet idéologique.
Je pense avoir la faiblesse de préférer un type de violence plutôt qu'un autre. Ton truc, ça peut amener à légitimer la violence physique avec un raisonnement de type "deux faux font un vrai", et je n'irais pas dans ce sens.
Sans compter qu'il serait délirant de considérer que la violence sociale a remplacé la violence physique. Il y a un ou deux siècles, non seulement le monde était beaucoup plus violent physiquement, mais il était aussi beaucoup plus violent socialement (pas de droit du travail, esclavage ou servitude, absence totale d'ascenceur social, pas d'égalité devant la loi, etc).
Et puis c'est où la limite pour la violence sociale? Quand tu auditionnes 5 personnes pour un job, 4 devront en chercher un autre, ils vont être déçus et se sentir rejetés. Quand tu te fais draguer, parfois tu vas dire non (enfin, j'imagine), est-ce que le partenaire déçyu ne va pas se sentir socialement violenter? Parfois, il y a des gens qui doivent se faire virer, parce qu'ils picolent, parce qu'ils ne viennent plus au travail, parce que l'usine ferme, parce que ce qu'ils savent faire n'a plus de valeur pour la société. C'est violent, mais pour moi c'est totalement indépendent du code du travail. Tu peux accompagner les changements de la société pour essayer de minimiser les effets délétères de ces changements, mais tu ne peux pas faire de loi qui empêche le monde de changer. Et j'ai l'impression que c'est ce qui est en train de se passer ; un fossé se creuse entre ceux dont l'activité ou les compétences sont valorisables pour la société, et ceux dont les compétences ne sont pas valorisables. Ce n'est pas juste, mais aucune loi miraculeuse ne pourra y remédier. Et dans ce cadre, l'idée que ça ne puisse être que la pénurie de main d'œuvre qui pourra créer les conditions dans lesquelles les salariés seront en position de force pour négocier n'est pas a priori stupide, surtout quand on voit avec quelle facilité il est possible de tourner autour du code du travail pour en éviter les contraintes.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 5.
Ouais, donc du coup, je ne vois comment les banques pourraient disparaitre, puisque c'est exactement ce qu'elles font. Sauf que bon courage pour trouver quelqu'un pour te préter dans une monnaie en déflation constante! Je te prête 100 Bt et tu m'en rends 90 dans 1 an? Quel est mon intérêt de te les prêter?
Je veux dire, le principe de la blockchain (les algos qui permettent la sécurisation d'une information partagée). Il y a quand même un gros travail et une vraie innovation derrière cette technologie.
# Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10.
J'ai l'impression que c'est exactement le contraire. On est en train de se débarrasser peu à peu du secret bancaire, et les crypto-monnaies sont une aubaine pour le blanchiment, le marché noir, la corruption, etc.
Par quel miracle? Comment tu fais pour emprunter en Bitcoins?
C'est déja le cas en Europe, du fait de la politique de la BCE. Pas besoin d'artifice monnétaire pour ça. De toutes manières, une inflation contrôlée est souhaitable puisqu'elle incite à la circulation monnétaire (mieux vaut acheter aujourd'hui que d'attendre demain). Les monnaires comme le Bitcoin sont (fortement) déflationnistes, et sont blocantes pour l'économie (tout le monde garde sa monnaie). Techniquement, le Bitcoin n'est pas viable comme monnaie, parce que dépenser en Bt a un coût. C'est plus comme l'or, c'est un instrument spéculatif ou de réserve (en cas de coup dur), pas une monnaie au jour le jour.
Heureusement que les impôts sont un peu plus compliqués que de prélever un forfait fixe sur les rentrées d'argent sur un compte… Sans compter que tu peux avoir autant de comptes Bt que tu souhaites, et que si l'anonymat est levé, n'importe qui peut tout connaitre de tes transactions financières.
Pas attendu le Bitcoin…
De toutes manières, la futurologie est par définition foireuse. Les cryptomonnaies seront ce qu'elles seront : peut-être un feu de paille, peut-être un instrument de spéculation financière supplémentaire, peut-être un système généralisé de traffic d'argent et de blanchiment… Mais elles ne sont rien de plus qu'une monnaie électronique, qui a un coût réel et un coût environnemental plusieurs ordres de grandeurs supérieurs aux réseaux bancaires traditionnels.
À mon avis, le seul truc intéressant et innovant avec les cryptomonnaies, c'est la blockchain. L'aspect "monnaie", c'est totalement foireux ; c'est lent, inefficace, archi-anti-écologique, obscur, coûteux… bref, c'est un instrument financier, construit au profit de leur concepteur, et au détriment de leurs utilisateurs.
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 4.
Tu as vu à quel point c'est compliqué de tenir un discours raisonnable à l'heure actuelle? Pour un politique, dire «les choses sont plus compliquées qu'elles ne le sont», «nous allons construire sur ce qu'a fait le gouvernement précédent», «il faut accepter de diminuer notre niveau de vie», c'est un suicide politique. Il faut être dans l'invective, il faut être toujours d'accord sur le fait que la situation actuelle est inacceptable, qu'il existe des solutions simples à mettre en œuvre, que tout s'explique parce que c'est de la faute de l'Europe / des étrangers / des puissances de l'argent.
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.
Honnêtement, si une entreprise est coulée à cause d'un mois de bazar, c'est quand même qu'elle était sub-claquante. Entre les mouvements sociaux, les aléas climatiques, politiques, économiques, législatifs, les faits divers, les décisions des autres entreprises concurrentes ou partenaires, une entreprise est toujours plus ou moins soumises à des trucs imprévisibles.
C'est toujours plus facile d'accuser un facteur extérieur que des problèmes internes à l'entreprise.
Ça ne veut pas dire grand chose, et la "politique" n'est pas un gros mot. Mais oui, c'est d'une bêtise totale, tout un tas d'acteurs avaient envie d'en découdre avec violence pour des raisons politiques ou d'affichage, puis simplement pour avoir envie de gagner ou de ne pas perdre la face. Mais bon, il ne faut pas trop dédouaner "la rue", qui sous prétexte de refuser de se faire imposer des trucs par le gouvernement, se fait facilement manipuler par d'autres organisations qui ne sont pas forcément plus recommandables et qui ont simplement besoin de mouvements sociaux pour exister.
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 5.
En même temps, ça n'est pas tout à fait vrai. Il y a pas mal de lois qui sont votées à l'unanimité, ou au moins à une large majorité. C'est souvent des trucs techniques, des résolutions de problèmes évidents, ou des lois sur lesquelles tout le monde est à peu près d'accord. Les gros clashs politiques, ça arrive sur des lois médiatisées, sur lesquelles les partis (du moins les partis historiques) sont en quelque sorte d'accord pour clasher officiellement. Et dans ce cas, oui, c'est débillissime, tout le monde est contre, on dépose 10000 amendements pour ralentir les débats… pire, on se lève, et on gueule des débilités dans l'hémicycle (!?!). Les raisons pour lesquelles notre démocratie accepte ce genre de pitreries sont très mystérieuses à mes yeux, je pense que certains pensent que la fin justifie les moyens (on est contre la loi X, et du coup, on trouve acceptable que les députés qui sont contre la loi X se livrent à des pratiques lamentables pour retarder un vote inéluctable).
Je dirais "manipuler" la pression de la rue, plutôt. Par exemple, la loi travail est surtout une refonte technique du code du travail, qui va retirer un certain nombre de prérogatives aux organisations syndicales au profit d'une négociation directe avec les salariés. C'est donc un jeu politique que d'essayer de convaincre les uns ou les autres que telle version du code du travail est mieux comme ci ou comme ça, mais ça n'est pas très surprenant que les syndicats y soient opposés (le contraire aurait été étrange). D'un autre côté, le gouvernement va vanter les mérites de la démocratie directe dans les entreprises (étonnamment, pas de progrès sur la démocratie directe hors des entreprises :-) ). Les discussions techniques en coulisses ont déja eu lieu, on va avoir droit à un petit coup de cinoche dans la rue où chacun va montrer ses biceps et évaluer ses forces (c'est à dire, compter le nombre de pékins qu'on arrive à rallier sur le motif de "vous êtes en train de vous faire entuber" sans rentrer trop loin dans les discussions techniques, parce que vous comprenez, l'ouvrier, il est assez intelligent pour comprendre qu'il faut manifester pour défendre ses droits, mais il ne faut pas trop lui en demander et laisser aux syndicats la tâche de décider quand il faut défendre ses droits ou pas). Donc hop, cinoche, manifs, CRS, re-manifs avec des casseurs (oh la la les méchants casseurs on ne sait pas d'où ils viennent), et re-CRS avec des flashballs et des batons, et tout le monde rentre chez soi avec l'impression qu'on a bien joué son rôle, en accusant l'autre d'avoir été méchant et que l'histoire saura bien montrer qui était les gentils au final.
[^] # Re: Mauvaise dates
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.
Bah, en plus, il y a à boire et à manger partout. Par exemple, Le Figaro publie (de très loin) les meilleurs articles de vulgarisation scientifique de la presse quotidienne. Ça ne veut pas dire que les pages politiques sont particulièrement intéressantes, mais n'empêche.
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 9. Dernière modification le 13 septembre 2017 à 09:21.
Ça n'est pas si évident que ça. On a été élevés dans cette idéologie du débat comme idéal de la démocratie, mais en quoi est-ce que ces débats sont constructifs? À la télé, un débat, c'est deux monologues parallèles entre des gens qui sont par construction d'une mauvaise foi indécrottable, et qui utilisent tous les artifices de la rhétorique (y compris tout un tas de raisonnements fallacieux) pour convaincre les citoyens. À ce jeu là, on n'arrive pas à grand chose. Regarde les discussions sur cette page : on est dans le hooliganisme politique le plus total.
Du coup, Mélenchon, pour sûr, fait vivre le "débat" et crée des vrais clans, fermés, hyper-motivés, voire quasiment fanatiques. C'est vraiment un esprit de hooligan : on a perdu parce que l'arbitre était vendu, parce que le vent était dans le mauvais sens, les supporters d'en face sont des débiles et ne comprennent rien, etc. Personnellement, je ne me reconnais absolument pas dans ce genre de comportement, et dans ce hold-up intellectuel qui consiste à faire croire que de gueuler plus fort que les autres a une quelconque légitimité. Quand tu organises une discussion constructive pour régler un problème, au boulot, en famille, entre voisins, n'importe, et que quelqu'un arrive en gueulant, en renversant les chaises, en hurlant qu'il est hors de question qu'il se laisse faire et que les autres sont des enfoirés, bah c'est un boulet. Il va empêcher une prise de décision sereine parce qu'il a une attitude qui n'est ni constructive, ni respectueuse, et ce, qu'il ait raison ou tort sur le fond. La démocratie, c'est aussi une manière de vivre ensemble et de se respecter, ainsi que d'accepter les décisions sur lesquelles on n'est pas forcément d'accord.
De mon point de vue, un débat n'est possible et constructif que si les parties en place ont le souhait de comprendre les arguments des autres, et sont ouverts à la possibilité de changer d'avis. Si on n'est pas dans ces conditions, alors c'est juste du théatre. C'est mon analyse, et elle ne vaut que ce qu'elle vaut, mais je pense que le refus de ce théatre est la seule raison du succès de Macron et de ceux qui partagent sa méthode de travail (certains députés d'autres partis, CFDT, etc). Derrière le théatre s'organisent de vrais échanges et de vraies négociations entre gens qui s'accordent sur une méthode de travail, et ce sont eux qui sont les vrais décideurs.
[^] # Re: Mauvaise dates
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 6. Dernière modification le 12 septembre 2017 à 09:26.
Ah moi aussi je veux des médias indépendents, et qu'il fasse beau tout le temps, et que le pognon pousse sur les arbres. Ça ne coûte rien, de vouloir.
Je ne comprends pas où tu veux en venir, tu prétends qu'il est impossible de dire des trucs négatifs sur Apple? Personnellement, j'ai l'impression de n'entendre que des trucs négatifs sur Apple. Ils ne payent pas leurs impôts, ils se font des marges démentielles, leurs produits ne sont pas de bonne qualité, ils sont beaucoup trop chers, ils sont fabriqués par des esclaves enfants chinois, ils ne sont pas réparables, ils sont l'exemple même de l'obsolescence programmée… et ça, c'est dans les fils d'actualité grand public, genre Google News. On vit dans un monde où on ne passe pas une journée sans entendre un truc négatif sur Apple. Qu'est-ce que quelques médias impliqués dans des conflits d'intérêt peuvent changer à ça? Tu voudrais carrément qu'on n'entende plus parler d'Apple?
Tant que tu ne comprendras pas que les gens qui ne pensent pas comme toi ne sont pas tous des crétins lobotomisés, tu n'arriveras pas à avancer. Tu veux renverser la table? Désolé, tu n'es pas tout seul. Il y a des gens qui sont encore en train de manger, d'autres qui ont leur assiètte vide et qui espèrent avoir quelque chose, d'autres qui n'ont rien à manger mais qui ont à picoler, et d'autres qui préfèrent être assis devant une assiètte vide que par terre avec une assiètte vide. Tu vis dans une société où, tant pis pour toi, les gens prétendent être malheureux mais ne le sont pas tant que ça. Mets-toi dans la tête qu'ils ne sont pas des crétins asservis, ce sont des gens comme toi, qui ont leurs espoirs, leurs principes, leurs analyses de la situation, leurs intérêts à défendre et leurs projets d'avenir. Peut-être même que certains d'entre eux comprennent mieux que toi la situation, certains ont une bonne compréhension de l'économie, d'autres de la politique, d'autres des médias. Certains sont riches, certains sont pauvres, certains sont intelligents et certains ne sont pas très malins. Mais ils ne partagent pas ton analyse. Tu ne comprends pas pourquoi ils ne la partagent pas, et tu préfères penser qu'ils sont tous débiles et que tu détiens la vérité. Tu sais qu'ils pensent exactement la même chose de toi?
[^] # Re: Mauvaise dates
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.
Non, vivre dans une démocratie où les médias sont en conflit d'intérêt permanent, ça ne me convient pas. Mais la démarche contraire, qui revient à prétendre que les médias sont corrompus et qu'il existe un grand complot entre les chaines de TV, de radios, la presse écrite, et une sorte de nébuleuse financiairo-économico-politique, ça me convient encore moins. Donc bon, quitte à choisir, je préfère les médias actuels à pas de médias du tout.
Et puis bon, je n'accroche pas au discours du mensonge collectif. On peut reprocher aux médias de développer avec entrain les faits divers (tornades, enlèvements d'enfants…), de manquer d'esprit critique envers les communications politiques, etc., mais je pense que les médias ont leur propre logique, qui revient avant tout à offrir ce que le public veut qu'on lui offre, et pas ce que les politiques ou je ne sais quel financier voudrait qu'on lui offre. On peut par exemple prendre l'exemple de l'insécurité, qui a été (justement) critiqué sous l'ère Sarkozy : les médias attisent le sentiment d'insécurité en rapportant quotidiennement des faits divers qui ne sont pas représentatifs de la vie normale. Mais sous Hollande, c'était pareil, et sous Macron, c'est pareil ; on ne parle que de terrorisme, de patrouilles de police armées, etc. Mais pourtant, la com du gouvernement actuel est définitivement optimiste vis-à-vis des problèmes d'insécurité et de terrorisme ; on voudrait que l'économie batte son plein, que les touristes reviennent, que les gens consomment. Quel intérêt de rabacher encore et toujours ces sujets anxiogènes? C'est le seul intérêt des médias. Donc bon, le grand complot…
[^] # Re: Mauvaise dates
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 6.
Bah, quand ton programme se base en partie sur la dénonciation de la collusion entre les médias et des gens pas fréquentables, tu ne peux pas non plus t'attendre à attirer la sympathie des journalistes. Tu peux trouver que ça prouve ton point de vue si tu veux, mais tu ne peux pas avoir les deux.
Sur le fond, la neutralité journalistique me semble en paradoxe total avec la qualité de l'info. Une info de qualité, c'est par exemple une analyse et une remise en contexte des déclaration des politiques : plutôt que de relayer bêtement la com des partis, on attend des bons journalistes qu'ils vérifient les faits, les chiffres, et éventuellement ne relayent pas les opérations de coms sans contenu. Du coup, on va leur reprocher de privilégier certains partis, certains discours, etc. Parce que oui, tous les politiques racontent des des co**ries, mais certains nettement plus que d'autres.
J'ai un peu l'impression que pour quelqu'un comme Mélanchon, les médias constituent surtout un moyen facile d'éviter la contradiction et de maitriser complètement sa communication. L'argument de la communication directe (par les réseaux sociaux ou par n'importe quel moyen qui ne passe pas par les "médias"), c'est du pain béni pour les communicants : on peut réciter sa propagande sans risquer d'être filtré, contredit, ou mis devant ses contradictions.
[^] # Re: essayer Julia ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un Python qui rivalise avec du C++. Évalué à 3.
Tu détournes habilement le sujet, mais je pense que tu as tort sur le fond. Les mathématiques fournissent évidemment des raisonnements et des résultats qui peuvent être utiles en informatique, et même éventuellement, parfois, dans la pratique quotidienne de la programmation (typiquement, en algorithmique).
Mais je ne sais pas si tu as fait semblant de mal comprendre là où je voulais en venir, ou si je ne m'étais pas exprimé clairement. La question qu'on discutait, c'était de dire que la vectorisation était une manière intuitive en mathématique d'aborder un problème, et que les gens qui considéraient une boucle FOR plus intuitive qu'un calcul vectorisé avaient, en gros, un problème de formation. Or, c'est à mon avis faux. Très souvent, la pensée mathématique est catastrophique en programmation. En calcul numérique, l'utilisation de la définition mathématique est souvent une très mauvaise idée : pour calculer une intégrale, une dérivée, ou même simplement une variance, "penser mathématique" ne mène qu'à des algos inefficaces.
Bref, le fait que certaines applications des mathématiques soient utiles en algorithmique n'invalide absolument pas le fait que quand on code dans la plupart des langages (qui sont destinés à produire des logiciels et pas des démonstrations mathématiques), on doit avant tout penser aux aspects informatiques des problèmes (efficacité de l'algorithme en temps et en mémoire, gestion des arrondis, évolutivité, modularité et clarté du code). Dans ce cadre, les maths sont un outil, et pas un état d'esprit.
[^] # Re: Réchauffement ou Dérèglement ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le jour d’après, c’est aujourd’hui. Évalué à 6.
Ils choisissent surtout n'importe quoi qui permet d'instiller le doute auprès du grand public. Il ne s'agit absolument pas d'un débat, scientifique ou pas, il s'agit d'une entreprise de propagande et de désinformation, basé sur des outils de communication.
[^] # Re: Pour combien de temps encore ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le jour d’après, c’est aujourd’hui. Évalué à 3.
Plus tous les trucs enterrés et bien conservés… Si on garde des traces de l'activité de l'Homme de Cro-Magnon alors qu'ils n'étaient que quelques familles de chasseurs-cueilleurs, je pense qu'il n'y a aucun doute qu'on trouve des traces de la civilisation "moderne" pendant plusieurs millions d'années… Les chiffres avancés sont assez fantaisistes et ne considèrent, j'imagine, que des traces vaguement visibles. Il est évident que dans 25000 ans, on va pouvoir tomber sur une rue pavée ou un parking souterrain en creusant un peu.
[^] # Re: Exceptionnel ou systémique ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le jour d’après, c’est aujourd’hui. Évalué à 4.
En face de certains bistros, il y a des universités, et dans les universités, il y a des gens qui travaillent sérieusement sur de telles questions ; il existe par exemple une discipline scientifique qui s'appelle "Statistiques des valeurs extrêmes" et qui permettent d'aller un peu plus loin que les platitudes habituelles.
[^] # Re: essayer Julia ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un Python qui rivalise avec du C++. Évalué à 2.
Le choix, ça pourrait être de coder avec des retours par valeur et de laisser le compilo gérer, ce qu'il fait plutôt bien quand le code est clair. En tout cas, c'est ce que j'ai tendance à faire à mon niveau.
Mais bon, j'avoue que je surestime souvent les capacités du compilo à faire des trucs intelligents, notamment pour la gestion de la mémoire. Par exemple, quand on a une fonction qui alloue de la mémoire, fait un traitement, et désalloue la mémoire, appeller la fonction n fois dans une boucle for réalloue et désalloue n fois la mémoire, ce qui me semble assez abérrant. Moi ça me file des boutons en C++11 de refiler des pointeurs vers de la mémoire libre en paramètre des fonctions ou de passer des gros objets par références non-constantes, j'ai l'impression que c'est du mélange crado de paradigmes. Étrangement, ce genre de code est beaucoup plus performant dans certains langages de haut niveau qui vectorisent les appels de fonction.
Je me suis peut-être mal exprimé, mais je n'ai jamais eu de problème avec le comportement du code, seulement avec le temps d'exécution (donc je ne parlais pas du tout de comportement non-défini). Mon problème, c'est que le temps d'exécution du code compilé avec un niveau d'optimisation agressif par le compilo n'était pas compréhensible (tout du moins par moi), avec des temps d'éxécution qui variaient substantiellement et visiblement de manière chaotique en fonction de l'ordre et du nombre de tests conditionnels.
[^] # Re: essayer Julia ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un Python qui rivalise avec du C++. Évalué à 2.
Pour moi, c'est du très bas niveau. Classiquement, dans mon domaine de recherche (biologie/bio-info), tu n'as aucune idée de la machine sur laquelle ton code va tourner (ça va de ton portable à un gros calculateur, en passant par des clusters pas homogènes). Bref, très difficile d'écrire du code spécifique pour une machine.
Bof, des pointeurs à poil en C++ moderne…
Pas évident sans refiler tout un tas de code imbittable. De mémoire, ça ressemblait à des tentatives d'éviter des multiplications par zéro:
C'est simplifié mais c'est l'idée. Les variables a et b sont lues dans un fichier de paramètres (donc inconnues du compilo). Je ne me rappelle plus exactement des résultats, mais en fonction des valeurs du couples is_a_zero et is_b_zero, on se retrouvait à préférer les versions avec test ou sans test sans vraiment de logique. Ça me faisait penser à un compilo qui prévoit un certain nombre de combinaisons de branches, mais pas toutes (sur quelle base? Aucune idée). Du coup, quand on passe par une combinaison de branchements prévue, ça va vite, mais quand la combinaison n'est pas prévue, il faut se taper une série de tests conditionnels, et c'est lent ; ça irait plus vite de faire les multiplications par zéro.
J'en ai conclu que le résultat de telles optimisations était au mieux inégal, et au pire imprévisible.
[^] # Re: essayer Julia ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un Python qui rivalise avec du C++. Évalué à 8.
Le lien entre les maths et la programmation est ténu, en plus d'être souvent dangereux. L'idée d'adopter une pensée mathématique quand on code ne me semble pas une bonne idée du tout.
En plus, je ne suis même pas certain que ça soit vrai. Assez souvent, le formalisme mathématique utilise l'équivalent de boucles FOR (sommes et produits) ; le recours à l'algèbre linéaire est loin d'être systématique, et me semble inexistant dans certains domaines (suites, systèmes dynamiques?). D'autre part, les notations d'algèbre linéaire sont souvent compactes (typiquement, les successions de produits de matrices inversées et transposées), mais sont très inefficaces en terme de calcul. Bref, pas concaincu du tout qu'il soit naturel de vectoriser, surtout quand on code dans un langage qu'on connait mal. Ça me semble être un peu un argument a posteriori, la logique de la vectorisation est très puissante quand le langage est organisé autour de ça, mais il n'y a pas de raison a priori qu'elle paraisse plus naturelle qu'une autre.
Pas forcément, tu peux déja optimiser énormément en restant à haut-niveau, et les compilateurs sont aussi censés t'aider à ne pas micro-optimiser le code. Il arrive d'ailleurs souvent en C++ par exemple qu'une optimisation "logique" (par exemple, retourner un résultat par référence plutôt que par valeur) ralentisse le programme, parce que le compilateur l'avait déja fait, et de manière plus efficace qu'à la main. J'ai récemment essayé de plonger un peu dans la micro-optimisation d'une fonction critique en C++, et à mon niveau de compréhension, tout ça s'est avéré relever de la magie noire ; tout fonctionne sans optimisation, mais dès qu'on est en O2 ou O3, l'effet des changements (par exemple jouer avec le nombre et l'ordre des tests conditionnels) est totalement imprévisible, ce qui me donne à penser que plus on fait des trucs sioux et plus on gène le compilo plutôt qu'autre chose.
[^] # Re: essayer Julia ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un Python qui rivalise avec du C++. Évalué à 10.
Ce genre de trucs, c'est quand même assez récurrent, et à mon avis c'est quand même en grande partie attribuable à des défauts des langages de programmation. On vit dans un monde où il y a des dizaines de langages populaires, et des centaines si on ajoute des trucs comme Julia. Tous les ans, des dizaines de nouveaux langages apparaissent. Dès qu'on fait un peu de programmation, il faut être polyglotte, et si la programmation n'est pas le cœur de métier, alors on peut s'attendre à ce que la règle générale soit de ne pas maitriser les spécificités du langage.
Or, ces langages ont l'air d'être conçus par et pour des gens qui vont en connaitre tous les détails, tout ce qui est mal documenté, tout ce qui n'est pas intuitif, et que c'est de la faute du programmeur s'il ne connait pas ces "finesses". Je trouve que c'est une excuse qui fait injustement reporter la faute sur les utilisateurs et pas sur les concepteurs des langages. Un moment donné, est-ce qu'il n'est pas naturel de s'attendre à ce que la meilleure manière de faire une boucle FOR, c'est de faire une boucle FOR?
La fragmentation, c'est aussi un problème dans ce genre de cas. On a parlé de Julia, par exemple, qui arrive dans un contexte où il y a déja de nombreux langages "scientifiques" et de nombreuses possibilités ; dans une équipe de recherche de 10 personnes, on trouve parfois 10 langages différents : C, C++, Fortran, Ada, OCalm, R, Python, Perl, MatLab, plus les pseudo-langage des logiciels spécialisés (SAS, Mathematica… ), les langages de script, etc. Encore une fois, tout ça vient en plus de la formation scientifique, les gens utilisent ces outils pour arriver à leurs fins, mais la programmation n'est pas leur métier. Et là, paf, «Pourquoi tu ne fais pas du Julia?», «Pourquoi ne pas regarder du côté de Ruby?», «L'avenir, c'est le Go.», etc. Alors oui, tout cela part d'une bonne intention, mais il faut bien comprendre qu'on ne remplace pas un langage par un autre, tout ça se juxtapose. Quand on incite à utiliser Julia pour les nouveaux projets, on peut éventuellement gagner un peu en productivité, mais quid de la maintenance du code une fois que le post-doc ou le doctorant sera parti? Quid du temps de formation, et du manque de support local? Évidemment, ça n'est pas une raison pour ne jamais évoluer, et c'est vrai que des trucs comme Ada, Fortran, ou même C tendent à disparaitre peu à peu, mais ça n'est pas une raison pour refaire pour la 1000e fois le coup du "apprenez ce truc nouveau, ça vous fera gagner du temps". Au final, plus personne ne maitrise réellement chaque langage, ça diminue la qualité du code, et ça n'apporte pas grand chose.