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Android éjecté du noyau: l'avis de Greg Kroah-Hartman
Posté le mercredi 03 févrierC'est ce qui est arrivé en décembre dernier aux pilotes de la branche Android créés par les ingénieurs de Google:
Staging: android: delete android drivers
These drivers are no longer being developed and the original authors seem to have abandonded them and hence, do not want them in the mainline kernel tree.
So sad :(
Dans un post récent sur son blog Greg revient sur ce triste état de fait et propose son aide pour réintégrer les pilotes.
Comme il l'explique le problème est plus complexe que la moyenne car il ne s'agit pas seulement de pilotes classiques bien compartimentés dans leur sous répertoire. Google a apporté de nombreuses modifications au mode de fonctionnement du noyau (nouveau modèle de sécurité, nouveau type de verrou, nouveau "crochets" un peu partout pour s'interfacer, nouveau framebuffer).
Tout ces dépendances spécifiques empêchent l'intégration propre des pilotes: "This means that any drivers written for Android hardware platforms, can not get merged into the main kernel tree because they have dependencies on code that only lives in Google's kernel tree, causing it to fail to build in the kernel.org tree".
Évidemment toutes les compagnies qui développent du code bas niveau pour Android sont pieds et poings liés avec Google et ne peuvent profiter de la dynamique de la branche principale du noyau Linux. Selon toute apparence Android est purement et simplement un fork du noyau et, d'après Greg, Google ne semble pas manifester la moindre volonté de passer leur modifications dans la branche principale (upstream) alors qu'il y aurait beaucoup d'avantages à cette option (revue de code par les autres kernel hackers, corrections de bugs, adaptation aux changements d'API interne, etc).
Toute les entreprises qui ont essayé cette technique d'éloignement de la branche principale s'en sont mordus les doigts à un moment ou a un autre. Il n'est tout simplement pas possible de suivre le rythme de Linux si on travaille tout seul dans son coin et qu'on se resynchronise de temps en temps à grand frais. Peut-être que le terme "pas possible" est un peu fort dans le cas de Google...mieux vaudrait dire "pas économiquement optimal".
Sachant cela et sachant qu'il est dans l'intérêt bien compris de Google de jouer le jeu de la communauté du noyau, Greg propose son aide pour faire avancer cette "réunification"...mais il a évidemment besoin de la coopération des développeurs de Google.
Greg termine son post en annonçant qu'il parlera de ce sujet préoccupant lors de la prochaine conférence Embedded Linux. "J'espère que la situation ce sera amélioré d'ici là sinon je serais obligé de continuer la tradition de cette conférence qui consiste à avoir des présentations dans lesquelles l'orateur gueule sur les participants pour tous les trucs pourris qu'ils font".
> Lire le journal (93 commentaires, moyenne: 3,9).
Dans Ubuntu Lucid ce sera Yahoo qui cherchera sur le net
Posté le 27 janvier 2010Bien entendu cela n'est que la configuration par défaut et il est possible de changer ça facilement...mais combien d'utilisateurs non expérimentés le font ?
Rick annonce que ce changement est motivé par un accord financier avec Yahoo : "Canonical has negotiated a revenue sharing deal with Yahoo!".
Plusieurs réflexions :
- Du fait de l'accord précédent entre Yahoo et le moteur Bing de Microsoft nous allons nous retrouver dans la situation ironique (et malsaine ?) suivante: C'est l'ennemi le plus acharné de Linux qui procurera le moteur de recherche par défaut de la plus populaire des distributions Linux. Et si on clique sur les liens sponsorisés on enrichit Microsoft alors ?
- Rick a précisé que même les versions Ubuntu mises à jour vers Lucid auront ce changement. Pourquoi ne pas restreindre ça aux nouvelles installations ? Une mise à jour devrait garder la configuration précédente de l'utilisateur sans changer ça dans son dos.
- Ubuntu n'est évidemment pas une distribution communautaire. Ce changement a été décidé dans le seul intérêt financier de Canonical. Rick précise que "this revenue will help Canonical to provide developers and resources to continue the open development of Ubuntu and the Ubuntu Platform" et il n'a pas tort...mais ça fait un peu mauvais genre d'annoncer ça abruptement et sans attendre de feedback.
- Google va l'avoir un peu mauvaise se se voir éjecté ainsi de la configuration par défaut.
> Lire le journal (68 commentaires, moyenne: 3,6).
Les serveurs du projet Tor ont été hackés
Posté le 22 janvier 2010Ce logiciel (The Onion Router) est utilisé pour router de façon complètement anonyme le trafic internet et il constitue donc un outil de choix pour protéger votre anonymat. Cet anonymat peut, on s'en doute, être absolument vital dans certains pays non démocratiques quand on a une activité politique qui s'oppose au régime en place.
C'est pour ça que l'annonce de la compromission des serveurs du projet Tor doit être prise très au sérieux par les utilisateurs.
Selon les administrateurs il faut absolument que vous fassiez une mise à jour vers les versions 0.2.1.22 ou 0.2.2.7-alpha.
Il a été découvert que des pirates se sont introduits sur les machines moria1 et gabelmoo mais il semble que les attaquants n'aient pas touché au code source (le dépôt Git était sur Moria) et ce soient contentés d'utiliser la bande passante pour lancer d'autres attaques ailleurs.
Peut-être qu'ils n'ont pas réalisé ou ils étaient tombés et le potentiel que représentait cet accès au dépôt Git de Tor ?
Évidemment les serveurs ont été réinstallés et de nouvelles clés SSH générés (ce qui explique la demande de mise à jour des versions du logiciel client).
Le message sur la liste de diffusion se veut rassurant et indique qu'à priori il n'y a pas eu de conséquences grave. On remarque néanmoins que la méthode d'accès utilisée pour l'intrusion n'est pas décrite. L'annonce du fait que le dépôt Git n'a pas été modifié pourrait également être plus ferme et définitive: "We've done some preliminary comparisons, and it looks like git and svn were not touched in any way."
Peut-être que ces "comparaisons préliminaires" vont réserver des surprises quand elles en seront au stade des comparaisons approfondies ?
Des précisions supplémentaires sont disponibles dans ce message de Roger Dingledine sur la liste de diffusion.
Quoi qu'il en soit si vous utilisez Tor vous savez ce qu'il vous reste à faire.
> Lire le journal (15 commentaires, moyenne: 6,7).
Le noyau 2.6.32 est l'élu
Posté le 19 janvier 2010Le lien vers l'annonce de Greg : http://www.kroah.com/log/linux/stable-status-01-2010.html
Habituellement Greg applique les patchs de correction de bugs pendant environ 4 mois. Cela signifie que le noyau 2.6.31, sorti en septembre 2009, arrive en fin de vie maintenant avec l'annonce de sa révision 2.6.31.12.
Bien entendu la maintenance à long terme de certains noyaux est une aide précieuse pour les distributions de type "entreprise" ayant un cycle long ou pour les gens travaillant dans l'embarqué. C'est pour ça que le noyau 2.6.27 a été choisi comme devant être maintenu plus longtemps que les 4 mois habituels. Nous en sommes aujourd'hui au 2.6.27.44 et Greg prévoit de continuer cette maintenance pendant encore 6 à 8 mois. Il avertit toutefois les utilisateurs qu'il devient progressivement plus difficile de rétroporter les corrections sur le 2.6.27 du fait de son ancienneté.
La vraie annonce c'est que le nouveau noyau qui va être maintenu sur une longue durée sera le 2.6.32. Selon Greg il a choisi ce noyau car: "c'est parce qu'un certain nombre (plus de 2) de distributions Linux basent leur version "entreprise" sur cette version particulière. Cela va rendre leur vie plus facile si je la maintiens en vie".
On sait qu'Ubuntu LTS Lucid Lynx utilisera le 2.6.32 et on sait également que Debian Squeeze se base sur cette version du noyau. Quelle est la troisième distribution de type "entreprise" qui est évoquée par Greg ? Est-ce la fameuse Red Hat 6.0 dont on ne sait pas grand chose pour le moment ?
Pour aider Greg a maintenir les branches de type -stable vous pouvez, si vous en avez la compétence, lui signaler les patchs de correction de bugs qui méritent d'êtres rétroportés en envoyant un mail à "stable AT kernel.org" avec l'identifiant Git du commit en question.
N'oubliez pas que le développement des projets de logiciel libre repose en partie sur la participation des utilisateurs. C'est à dire sur vous !
> Lire le journal (12 commentaires, moyenne: 3,8).
Un ajout de patch noyau en 40 secondes
Posté le 15 décembre 2009Alors certes c'est du flash mais bon je ne doute pas que vous parviendrez a voir quand même la vidéo (Gnash ou téléchargement de flv ou autre).
Dans le screencast Greg explique tout bonnement son workflow de création de la branche -stable.
C'est juste un terminal ouvert et on le regarde taper ses commandes. Souvent il faut mettre sur pause pour prendre le temps de lire et de bien comprendre.
C'est intéressant de voir comment se fait ce travail, depuis la sélection du patch candidat jusqu'à la notification à l'auteur que son patch a été ajouté à la pile des autres pour la prochaine version -stable.
A la fin du screencast, après avoir longuement tout détaillé et tout expliqué, Greg fait une démonstration à vitesse réelle et nom d'un chien on peut dire que ça dépote (cf le titre).
Pour info la version -stable 2.6.32.1 a été annoncée par Greg hier soir sur la LKML et elle contient notamment plusieurs corrections sur le système de fichiers ext4.
> Lire le journal (16 commentaires, moyenne: 5,3).
Une féroce critique de Mandriva
Posté le 10 décembre 2009Le moins que l'on puisse dire c'est que le journaliste (dont je ne trouve pas le nom) n'y va pas avec le dos de la cuillère !
Après une introduction ou sont expliquées les différentes version (One, Free, PowerPack) la première critique concerne le fait que Mandriva ne serait soit-disant facile à utiliser que parce qu'elle est bourrée de logiciels propriétaires:
"Essentially, the reason why Mandriva is "easy for new users" is because all the proprietary software that they might need to access their data (and hardware) is installed by default. Closed source non-GPL Linux kernel drivers are built right into the system and loaded on boot."
L'auteur décide d'essayer la One et enchaine avec une critique sur le fait que quand on tente de lire une vidéo wmv cela ne marche même pas (et il n'y a même pas d'application qui propose de télécharger le codec qui va bien).
L'auteur liste ensuite les principales distributions Linux en indiquant quel est le point fort de chacune, sa niche écologique (le desktop pour Ubuntu, la stabilité et la communauté pour Debian, etc). Le journaliste pense que pour Mandriva la niche écologique c'est purement et simplement le support des softs propriétaires:
"Perhaps it does. Mandriva’s focus appears to be on support for proprietary software. While the free version does not include any of this by default, the One edition does. So perhaps the benefit in using Mandriva, and therefore its niche, is a system which will work with all those proprietary data formats out of the box."
Ensuite ça continue sur le même ton dépréciateur (l'upgrade qui foire en proposant une montée vers la version 2009 au lieu de la 2010, l'outil de recherche Nepomuk auquel il manque le backend Soprano, les messages d'erreurs inutiles et incompréhensibles, etc).
Selon l'auteur, qui n'a pas froid aux yeux, la One n'est en fait qu'un vulgaire piège destiné à rabattre les pauvres utilisateurs débutants vers la PowerPack payante.
"It’s hard to see what an installation of the Free Mandriva version has to offer over any other major Linux distribution (...) Mandriva might well be shooting themselves in the foot with their "Free" offerings. In reality, these are like cripple-ware, designed to entice the end user to upgrade to the non-free version in order to gain full functionality. By doing so however, they might just be pushing more users away. "
Bon moi je n'utilise pas Mandriva donc je ne sais pas vraiment ce qu'il en est de cette critique mais ça me semble quand même bien manichéen et orienté. Je serai un des développeurs de la distro, ou même un utilisateur satisfait, je m'empresserai de poster un commentaire ou d'envoyer un droit de réponse au sujet de cet article.
Linux Magazine c'est quand même un média internet anglophone qui est bien bien connu et la mauvaise publicité qui va être générée par cet article à charge peut être dévastatrice.
> Lire le journal (31 commentaires, moyenne: 2,4).
Greg Egan: Océanique
Posté le 06 décembre 2009Cette fois c'est à l'occasion de la sortie du recueil de nouvelles intitulé "Océanique" (édition Le Bélial). C'est le troisième recueil de nouvelles (après "Axiomatique" et "Radieux") et on ne remerciera jamais assez le Bélial de s'être lancé dans cette aventure éditoriale qu'est la publication d'une intégrale raisonnée des nouvelles d'Egan.
C'est de la SF exigeante, de la pure SF d'idées sans quincaillerie de pistolasers et de vaisseaux spatiaux faisant des dogfights dans l'espace avec des réacteurs hurlants.
Je n'ai rien contre la SF d'aventure, que je consomme comme tout un chacun, mais si c'est ce que vous attendez en lisant Greg Egan alors vous allez être déçus.
Bien entendu ça sonne insupportablement élististe et pédant de dire ça mais c'est un fait. Pour apprécier Greg Egan il faut connaître un peu de science et être capable de s'émerveiller des perspectives vertigineuses qu'ouvre cette connaissance même parcellaire. Cela peut sembler bizarre d'apprécier une oeuvre littéraire parce qu'elle fait appel à la science mais, si on y réfléchit bien, est-ce que vous ne trouvez pas que le monde réel qui nous entoure est suffisamment beau et fascinant pour qu'il fasse partie de nos récits ?
"La vérité d'aujourd'hui est plus merveilleuse encore que la fiction de jadis. Pourquoi les poètes d'aujourd'hui n'en parlent-ils pas ? Qui sont ces poètes qui peuvent parler de Jupiter s'il ressemble à un homme, mais qui se taisent si c'est une gigantesque sphère tournoyante de méthane et d'ammoniaque ?"
- Richard Feynman
C'est vrai que le recueil "Océanique" n'a pas choisi la facilité en ouvrant sur la nouvelle "Gardes-frontières": Difficile de s'identifier avec des immortels jouant une partie acharnée de football quantique dans un habitat topologiquement distinct du nôtre. Mais non d'un chien qu'est-ce que c'est désorientant et éblouissant à la fois !
Je crois que c'est ça le vrai obstacle à l'appréciation des oeuvres de Greg Egan (et de la SF d'idées en général). Il faut accepter d'être désorienté, de ne pas comprendre le début d'un récit, d'être paumé. Il faut faire l'effort de coller les morceaux, les fragments d'informations, pour reconstituer le cadre de la nouvelle et le statut des personnages. Si l'auteur commençait par un chapitre explicatif ce serait insupportablement didactique alors c'est au lecteur de faire le travail.
Imaginez un lecteur de la Renaissance lisant une nouvelle contemporaine. Il verrait que les personnages utilisent des objets mystérieux nommés "portables" et qui leur permettent apparemment de communiquer instantanément avec les autres ou qu'ils se trouvent. La nouvelle contemporaine ne prendrait pas la peine d'expliquer ce qu'est un "portable" ou un "ordinateur" ou même un "interrupteur", ce serait absurde et lourd...alors c'est le lecteur qui doit faire un effort.
Sa récompense est un effet d'immersion renforcé dans le monde qui est décrit. C'est très excitant d'être plongé ainsi dans un monde étrange dont on ne possède pas les clés et qui dévoile peu à peu si on fait attention.
Certaines personnes détestent ça (coucou Julie !) et veulent lire des choses compréhensibles dès le début. D'autres sont allergiques aux sciences et ne savent pas du tout, même très vaguement, ce qu'est un trou noir, une machine de Turing ou même une IA.
Si la nouvelle repose sur la désorientation du personnage principal après une copie numérique de son cerveau physique et son "réveil" au sein d'un univers virtuel aux possibilités illimitées...alors évidemment le lecteur scientophobe en retirera moins de plaisir intellectuel qu'au récit des aventures de Yan Solo chez Jabba le Hutt.
Je ne dit pas moins de plaisir, je dis moins de plaisir intellectuel. Star Wars c'est très amusant mais c'est dommage que ce soit classé sous même terme "science-fiction" que Greg Egan parce que ça n'a rien à voir.
Bon après ce pas de valse qui pourra être vu comme une oscillation entre le troll et le désamorçage de troll je ne peux que terminer en vous conseillant vraiment de lire "Océanique". Comme le dit la critique du site du Cafard Cosmique c'est une vraie claque.
PS destiné aux décideurs du Bélial: Par pitié proposez nous une traduction de "Diaspora" et je promet de me prosterner à vos pieds en laissant couler des larmes de reconnaissance émue !
> Lire le journal (42 commentaires, moyenne: 2,5).
Les standards, les quasars...
Posté le 19 novembre 2009Durant 24 heures trente-cinq observatoires de radioastronomie dans le monde entier mènent une campagne d'observation très spéciale. C'est la technique de l'interférométrie à très longue base (VLBI) qui est utilisée ici : on corrèle temporellement les observations des différentes antennes réparties à la surface du globe afin d'obtenir une résolution égale à celle qui aurait été obtenue par une antenne géante. Cette précision ultime est nécessaire car le but de la campagne internationale est d'observer simultanément 295 quasars afin de pouvoir créer un nouveau cadre de référence spatial ultra-précis.
Et oui, réfléchissez-y quelques minutes, comment croyez-vous que sont calculées les positions des objets à la surface de la Terre ?
Pour connaître une position il vous faut un cadre spatial et des coordonnées. Depuis plusieurs années on peut se contenter de cliquer sur quelques boutons et hop, un récepteur GPS vous donne votre position. Cela fonctionne parce que le récepteur reçoit simultanément le signal de plusieurs satellites et qu'il peut donc trianguler sa position et vous dire que vous êtes juste à 40 mètres au nord-ouest de cette fameuse pizzéria que vous cherchez désespérément depuis une heure.
Mais en réalité cela ne fait que déplacer le problème un cran plus loin: Comment les satellites GPS connaissent leur position ? Toute erreur à ce niveau va se répercuter en cascade sur les résultats de la triangulation des récepteurs GPS !
Les satellites GPS connaissent leur position car leur orbite est suivi par un réseau de stations au sol dont on connaît la position très précisément. On connaît la position de ces stations au sol car elles sont géoréférencés dans le cadre d'un système géodésique commun qui est le modèle WGS 84.
Ce modèle géodésique commun se base, en dernière analyse, sur le Système International de Références Célestes (ICRF pour International Celestial Reference Frame).
Ce système ICRF est un catalogue d'objets astronomiques très lointains (leur distance se compte en milliards d'années-lumière) afin que leur position apparente sur la voute céleste ne change pas au cours du temps et qu'on puisse les utiliser comme un cadre de référence invariant. Ces objets lointains sont le plus souvent des quasars c'est à dire des trous noirs géants qui sont entourés d'un disque d'accrétion et qui expulsent des jets de gaz à des vitesses qui approchent celle de la lumière. Quand par hasard la Terre est située dans la direction du jet d'un quasar on peut détecter le signal du quasar a des distances gigantesques et ces objets sont donc idéaux pour servir en tant que balises de référence.
C'est donc ce catalogue de quasar du Système International de Références Célestes qui, quand on pèle jusqu'au bout l'oignon des systèmes imbriqués, constitue la référence ultime de positionnement utilisé par notre civilisation technologique moderne.
En définitive les cadres successifs sont bien définis:
Quasars lointains -> Système International de Références Célestes (ICRF) -> Modèle géodésique unifié (WGS 84) -> Stations au sol -> Constellation GPS -> Pizzéria
C'est dire l'importance énorme que revêt la campagne d'observation actuelle qui va permettre, en 24 heures, de préciser encore mieux la position de 295 quasars afin d'irriguer en aval tous les modèles de positionnement. Un tout nouveau modèle ICRF2 sera créé à partir de ces observations ainsi qu'une page de vulgarisation du site de la NASA l'explique en détail.
Le contexte astrométrique de cette campagne d'observation est disponible sur cette page ainsi que la carte des différents quasars sur la voûte céleste.
Le site de l'observatoire de Bordeaux a été chargé par l'Union Astronomique Internationale de mettre en place une page web dynamique (très lente hélas) qui donne en temps réel les résultats des observations jusqu'à ce soir 18h UTC.
C'est quand même exaltant de se dire que des astronomes du monde entier collaborent ainsi pour faire avancer un standard de référence commun qui est à la racine de tant d'applications.
Bien entendu, en tant qu'utilisateurs de l'outil informatique et en tant que libristes, nous ne pouvons qu'être envieux quand nous lisons un compte-rendu de cette campagne et de l'activité de ces scientifiques.
Ces gens vivent dans un monde ou il n'y a pas de cadre de référence spatial by Orange différent du cadre commun. C'est un monde ou on ne trouve pas d'organismes de certification concurrents qui bénissent des standards divergents et incompatibles. Ici pas de ICRF-OASIS qui devrait lutter contre ICRF-OOXML.
C'est un monde ou les décisions se prennent sur la base d'arguments rationnels et en vue de l'avancement des connaissances et du bien commun.
Ce monde c'est celui de la Science et nous pouvons en être fiers.
> Lire le journal (38 commentaires, moyenne: 4,9).
Go : Un nouveau langage chez Google
Posté le 11 novembre 2009Comme Rob Pike travaille chez Google c'est donc avec le puissant soutien de son employeur que le langage Go a été développé avec les contraintes suivantes :
- Go doit pouvoir être utilisé pour de la programmation système donc c'est un langage compilé et pas interprété.
- La compilation doit être très rapide pour faciliter le développement des projets (l'analyse des dépendances permet une compilation en quelques secondes).
- La syntaxe doit être assez proche du C tout en corrigeant ses défauts les plus criants.
- La gestion de la mémoire doit être automatique (garbage collector)
- Le typage doit être statique mais il n'y a pas de hiérarchie des types pour simplifier le langage.
- La programmation concurrente (pour exploiter les multicores) doit être intégrée au coeur du langage. Cela se fait par l'intermédiaire des "goroutines" qui sont plus légères que les threads.
Go est le résultat de la très longue expérience de Thompson et Pike et la auteurs semblent assez fiers de leur rejeton :
"Go has fast builds, clean syntax, garbage collection, methods for any type, and run-time reflection. It feels like a dynamic language but has the speed and safety of a static language. It's a joy to use. "
La FAQ du projet évoque les questions générales et une FAQ spécifique est dédiée au langage lui-même. Un tutorial est aussi disponible avec, pour mettre en évidence le support d'UTF8, un assez inhabituel "Hello, world; or Καλημέρα κόσμε; or こんにちは 世界".
Pour l'instant les remarques sur le web se concentrent sur des points de détail: la syntaxe qui ne plaît pas à tous le monde, l'absence de telle ou telle fonction (comme les exceptions), etc.
Il faut attendre un peu pour que la poussière retombe et pour avoir des analyses qui se concentrent sur les apports spécifiques du langage: les goroutines, la segmentation de la pile d'exécution, la compilation rapide, etc.
Il sera également intéressant de lire des comparaisons détaillées avec les autres langages qui veulent s'attaquer au C en apportant des innovations techniques (comme par exemple le langage D).
L'annonce de Go sur LWN avec pas mal de commentaires intéressants.
Un article consacré à Go sur Astechnica.
Heise Online parle aussi de Go.
Enfin Wikipedia version anglaise et version française ont déjà des pages sur Go.
> Lire le journal (78 commentaires, moyenne: 3,3).
Headshot pour GeoCities !
Posté le 26 octobre 2009GeoCities a été, jadis, un service d'hébergement très populaire puisque Wikipedia indique une cinquième position sur la liste des sites les plus populaires en 1997 et une troisième place sur la liste des sites les plus visités en 1999.
Le service a été racheté en 1999 par Yahoo pour la somme astronomique de 3,57 milliards de dollars en actions. Mauvais timing évidemment avec l'explosion de la bulle internet auquel s'ajoutent les problèmes de droits puisque Yahoo prétendait détenir la propriété sur le contenu des sites web de GeoCities.
C'était le début de la longue descente aux enfers qui prend fin aujourd'hui avec la fermeture définitive : http://geocities.yahoo.com/
Les utilisateurs actuels sont invités à utiliser vers le "award-winning Web Hosting service" de Yahoo qui propose vend un service de migration.
Les gens ne voulant pas être hébergés par Yahoo ont pour instruction d'utiliser une technique de sauvegarde de leur site web très en avance technologiquement : "Right-click on any page and choose Save Page As..."
Bien entendu ceci doit nous faire réfléchir sur la propriété et la pérennité de nos données quand on utilise un service gratuit tel que GeoCities.
Dans un registre plus léger, et pour rendre hommage au design très...hum....typique des années 90 des sites web GeoCities, le site xkcd a été entièrement relooké : http://xkcd.com/654/
> Lire le journal (50 commentaires, moyenne: 4,1).
Microsoft : Essaye encore petit scarabée !
Posté le 08 septembre 2009Ce pilote, destiné à faire fonctionner un système Linux en tant qu'invité (guest) de son système de virtualisation Hyper-V, était la première contribution de Microsoft au noyau libre et elle avait été célébrée comme il se doit par les partisans de Linux.
L'entreprise Microsoft avait également généré une très bonne presse (plusieurs centaines d'articles) grâce à cette contribution même si, il ne faut pas se voiler la face, l'écriture de ce patch était effectué de renforcer l'attractivité de Windows en tant que plate-forme de virtualisation.
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Hélas depuis Candide nous savons que le monde est un peu plus compliqué que ça.
Greg Kroah-Hartman vient d'envoyer un mail récapitulatif sur l'état des divers pilotes se trouvant dans la branche -staging. Si on regarde la partie consacrée aux pilotes qui vont entrer dans le noyau 2.6.32 on trouve ceci :
"Microsoft Hyper-V. Plus de 200 patchs de nettoyage juste pour le remettre dans un état semi-compatible avec le style de codage du noyau (quelqu'un me doit une bouteille de rhum pour ça).
Malheureusement les développeurs Microsoft semblent avoir disparus et personne ne répond à mes mails. S'ils ne se manifestent pas bientôt pour maintenir ce pilote alors il sera retiré de la release 2.6.33. Trop triste...".
Un peu plus haut dans son mail Greg avait expliqué clairement ce qui était tolérable et ce qui ne l'était pas :
"La branche drivers/staging n'est PAS un dépotoir de code mort. Si personne ne travaille sur un pilote afin de réussir à l'intégrer dans la partie principale du noyau alors ce pilote sera retiré".
Conclusion : Chez Microsoft il va falloir apprendre à travailler à la façon Linux. On ne balance pas un gros tas de code (ne suivant même pas les conventions de style) en se disant que ça ira bien comme ça. Il faut maintenir le code. Il faut l'adapter, il faut le corriger, il faut l'améliorer et le peaufiner en permanence.
C'est bien de faire un coup médiatique, de recevoir des louanges et de passer pour des preux chevaliers qui travaillent en suivant les règles (GPL et tout ça). Mais quand ensuite on disparait de la circulation et on ne daigne même pas répondre au mails du mainteneur de la branche staging...ben faut pas s'étonner si on reçoit moins de louanges et si on se fait éjecter du noyau.
Le monde du libre est une méritocratie et si Microsoft veut une compatibilité de Linux avec son hyperviseur il va falloir bosser.
> Lire le journal (58 commentaires, moyenne: 3,2).
BFS : La revanche
Posté le 07 septembre 2009Pour ceux qui ont raté l'épisode précédent : Con Kolivas a posté un patch pour le noyau Linux qui remplace le l'ordonnanceur de processus CFS (Completely Fair Scheduler) par le sien (BFS pour "Brain Fuck Scheduler").
Le code de CFS a été écrit en grande partie par Ingo Molnar et Con critique ce design en soutenant qu'il ne vise que les machines très puissantes et qu'il n'est pas adapté aux petites machines et à la minimisation des temps de latence d'une utilisation de bureau classique.
Ingo a donc testé BFS pour le comparer à son bébé et il a posté le résultat sur la LKML : http://thread.gmane.org/gmane.linux.kernel/886319
On peut noter le ton courtois d'Ingo qui salue le retour de Con : "First and foremost, let me say that i'm happy that you are hacking the Linux scheduler again".
Il souligne également l'intérêt du code de Con : "BFS is an interesting and bold new approach, cutting a _lot_ of code out of kernel/sched*.c, so it raised my curiosity and interest".
Ingo passe ensuite aux tests sur une machine dual quad-core avec hyperthreading (une machine qui est donc vue comme ayant 16 coeurs par l'OS). Il configure sa machine exactement comme Con a recommandé de le faire (HZ=1000) et il invite les gens a faire aussi les tests pour se rendre compte par eux-même.
Vous pouvez aller lire en détail les résultats mais si on veut faire court on va dire que BFS se fait éclater sur tous les tests.
Con Kolivas a répondu sur un ton beaucoup moins courtois en qualifiant le travail d'Ingo de : "bullshit meaningless benchmarks (...) Do you know what a normal desktop PC looks like? No".
Les commentaires de l'article LWN prennent acte du fait qu'Ingo a bossé et a produit des chiffres alors que Con ne présente aucun chiffre pour soutenir la supériorité technique de BFS. le ton agressif et dédaigneux de Con a aussi fait lever pas mal de sourcils.
Toutefois Con a bien spécifié que BFS n'était pas fait pour les superordinateurs et que sa limite était d'environ 16 coeurs et donc le choix de la machine de test d'Ingo a été critiqué. Elle a été jugé comme trop puissante et pas représentative par les supporteurs de Con.
Pas chien Ingo a refait tous les tests avec un simple quad-core...et les résultats sont presque les mêmes. CFS éclate largement BFS.
Juste un extrait :
Test du dual quad-core hyperthread :
BFS: Pipe latency: 4.9703 microseconds
sched-devel: Pipe latency: 2.6137 microseconds [90.1% faster]
Test du quad-core
BFS: Pipe latency: 4.6978 microseconds
sched-devel: Pipe latency: 2.6860 microseconds [74.8% faster]
La critique a ensuite porté sur les tests choisis par Ingo qui ne seraient pas représentatifs de la "sensation" de fluidité et de réduction de la latence qu'apporterai BFS. C'est sûr que c'est dur de mesurer une "sensation" mais le test pipe d'Ingo semble pourtant taillé pour refléter les performances de latence de la machine (Deux processus qui s'attendent l'un l'autre en alternance).
Au bilan ? Ben c'est un journal donc je donne mon opinion franche et claire:
Comme d'habitude Ingo travaille dur et il soutient ses affirmations par des benchmarks et des chiffres. Quand il lit une critique il essaye d'y répondre (le nouveau test qu'il a refait entièrement avec un quad-core). Il reste également courtois tout au long de la discussion.
Du coté de Con Kolivas on a un soft dont on nous dit qu'il est bien meilleur que le scheduler de la branche principale...mais cette affirmation n'est pas étayée par des chiffres. Quand les développeurs essayent de discuter et d'argumenter rationnellement avec lui, Con se braque et refuse le dialogue ("I'm not interested in a long protracted discussion about this since I'm too busy to live linux the way full time developers do").
Il ne répond absolument pas aux arguments techniques et se contente de dire que les benchs ne peuvent pas mesurer la "sensation" de fluidité qu'apporte BFS ("demonstrating yet again why benchmarks fail the desktop").
Pour moi le comportement de Con Kolivas c'est la définition même d'un troll.
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Soutenez Linux Weekly News !
Posté le 06 septembre 2009LWN c'est tout simplement LE site d'information anglophone de référence du monde du libre sur le plan technique.
Jon Corbet et son équipe font un travail vraiment magnifique d'explication et d'évangélisme pour le libre et les articles publiés sont toujours de bonne qualité.
Les collaborations épisodiques ne sont pas en reste puisque c'est sur ce site qu'Ulrich Drepper a publié sa magnifique série de 9 articles sur la gestion de la mémoire ou que Valerie Aurora a publié son excellent récapitulatif historique sur btrfs.
Comptez également le nombre de liens vers LWN dans les dépêches noyau et vous allez vite comprendre que Linux Weekly News est vraiment une référence technique dans le monde anglophone.
En plus le modèle économique choisi est intéressant: Il y a des articles quotidiens qui sont ouverts à tous mais, tous les jeudis, il y a la publication d'un lot d'articles (la Weekly edition) qui sont réservés aux abonnés pendant une semaine. Au terme de cette semaine la Weekly edition n-1 est ouverte à tous et la nouvelle Weekly edition est publiée.
Autrement dit il n'y a pas de contenu fermé pour toujours et on peut faire du "free ride" pendant un moment (pour juger de la qualité) avant de s'abonner.
L'abonnement justement parlons-en. Il y a trois niveaux: 2,5 $/mois ou 5 $/mois ou 10 $/mois qu'on peut payer par carte de crédit ou par PayPal. Ces trois niveaux permettent le même accès au même contenu. La différentiation n'est là que pour tenir compte des niveaux de vie différents des gens.
Les entreprises peuvent également acheter des souscriptions de groupes pour leurs employés ou pour d'autres communautés (ainsi HP paye, en tant que sponsor, une souscription de groupe pour les développeurs Debian).
Jon Corbet, dans son article de cette semaine, signale que la crise économique se fait durement ressentir sur les finances du site. Des abonnés choisissent de ne pas renouveler leur souscription ou bien choisissent de payer moins cher leur abonnement. De l'autre coté la banque qui gère les transactions de LWN a augmenté ses charges et Jon annonce également que les prix des assurances santé des employés vont augmenter. Le site est en danger et il envisage de réduire l'équipe de salariés pour faire face.
Parmi les très nombreux commentaires de l'article on trouve un récapitulatif des propositions pour aider LWN à survivre. Il va sans doute y avoir des ventes de goodies (t-shirts et autres), peut-être une édition papier des meilleurs articles, des améliorations techniques du site, etc
Si vous voulez aider Linux Weekly News alors la meilleure chose à faire c'est de souscrire un abonnement. Après tout, au niveau moyen de 5 $ par mois, cela représente l'équivalent de l'achat d'un magazine par mois pour un contenu incomparablement plus riche et plus à jour.
Si vous êtes déjà abonné mais que vous voulez faire un peu plus alors deux solutions (les dons sont découragés du fait du régime juridique US):
1) Les abonnements-cadeaux: vous achetez un abonnement de 6 mois (30 $) ou de un an (60 $) pour quelqu'un qui n'a pas les moyens de le payer.
2) Les achats de publicité textuelles sur le site. Oui les entreprises peuvent le faire mais pourquoi pas les particuliers pour soutenir un peu le site ? Ainsi votre serviteur a, telle une multinationale géante, lancé une magnifique campagne de pub d'un mois sur le site LWN. Un petit bandeau textuel signalant aux lecteurs l'existence d'un certain site Da Linux French Page sera ainsi visible ;-)
Franchement si vous êtes intéressé par Linux et le libre et si vous êtes capable de lire de l'anglais non-littéraire alors, du fait de la qualité des articles proposés, ça vaut vraiment le coup de s'abonner. Ce sera en plus une bonne action pour soutenir un site qui a choisi un modèle économique respectueux de ses lecteurs.
Soutenez Linux Weekly News !
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Les sept péchés de Windows Seven
Posté le 26 août 2009Cette fois c'est la version Seven qui fait l'objet de la communication de la FSF. Le site joue sur la référence aux sept péchés capitaux et s'intitule "Windows 7 sins".
Bien entendu l'argumentaire ne porte pas sur les performances ou les fonctions de Windows Seven car ce n'est pas l'objet de la FSF que de jauger la qualité de l'OS :
"The new version of Microsoft's Windows operating system, Windows 7, has the same problem that Vista, XP, and all previous versions have had -- it's proprietary software. Users are not permitted to share or modify the Windows software, or examine how it works inside".
La campagne va juste se servir de la vague médiatique et publicitaire (le tsunami ?) pour informer les gens des problèmes génériques que posent les logiciels propriétaires.
On trouve donc un petit paragraphe sur :
* L'éducation
* Les DRM
* La sécurité
* La position de monopole de Microsoft
* Les standards
* L'impossibilité de migration
* La vie privée
Des flyers au format pdf sont disponibles afin de porter la bonne parole du logiciel libre jusqu'à la machine à café pour que vos collègues puissent voir eux aussi la lumière.
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KDE par défaut sous OpenSUSE
Posté le 21 août 2009Concrètement on peut dire que le changement est ultra-minimal puisque la seule différence sera le radio-bouton coché par défaut lors de l'installation. Avant c'était Gnome et maintenant ce sera KDE.
Bien entendu le mail d'annonce se veut rassurant pour les aficionados de Gnome : "We want to make clear that both desktops are considered equal citizens within the openSUSE Project, and this will not have any impact on the quality of the GNOME desktop within openSUSE. GNOME will continue to be offered as a top-level installation choice".
A mon humble avis ce qu'on peut déduire de cette annonce c'est :
1) Comme la plupart des distros ont Gnome par défaut alors le choix de KDE est un élément différenciant dont OpenSUSE a cruellement besoin.
2) Le bureau KDE 4.3 est maintenant vraiment considéré comme suffisamment mature.
3) /mode rêve/ Peut-être un soutien financier supplémentaire au projet KDE ?
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Une analyse du développement du noyau Linux
Posté le 19 août 2009L'article est écrit par Greg Kroah-Hartman (développeur du noyau qui travaille chez Novell), Jonathan Corbet (rédacteur en chef du site de référence Linux Weekly News) et Amanda McPherson (Vice-présidente de la Linux Foundation). Le papier est une mise à jour de leur ancien article datant d'avril 2008.
Je recommande vivement la lecture du pdf qui est vraiment très intéressant et qui se concentre sur les évolutions entre le noyau 2.6.11 et 2.6.30.
On apprend ainsi qu'au temps jadis du 2.6.11 (mars 2005 quoi) la communauté des développeurs du noyau s'établissait au nombre ridicule de 389 alors que le 2.6.30 a vu l'intégration de patchs émanant de plus de 1150 développeurs.
Le nombre de patchs moyens par heure était de 2,18 et il est passé à 6,4.
Si on considère le nombre de lignes on passe de 3224 ajouts quotidiens à 12993. Le noyau 2.6.11 faisait environ 6,6 millions de lignes alors que le 2.6.30 en fait environ 11,5 millions (aux esprits chagrins qui crierait au bloat je recommande la (re)lecture de la présentation 2006 de Greg KH. Vous y trouverez la phrase "Linux supports more devices out of the box than any other operating system ever has" qui vous clouera le bec).
Beaucoup d'autres statistiques sont présentes dans le papier (Linus n'est plus dans le top 30 des devs en terme de patchs) qui, en ce mois d'août ensoleillé, constitue une lecture de plage idéale.
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Encore un trou de sécurité, encore Brad qui s'amuse...
Posté le 14 août 2009Deux membres du Google Security Team (Tavis Ormandy et Julien Tinnes) ont découvert une faille dans le noyau qui permet un exploit local (un simple utilisateur peut passer root).
Leur annonce avec les explications se trouve sur cette page et la correction du bug, par Linus en personne, a été postée ici.
Comme la dernière fois, Brad Spengler a repéré cette annonce de vulnérabilité sur la mailing-list Full disclosure et il a écrit un exploit qui l'utilise afin de prendre le contrôle de tous les anciens noyaux contenant la faille.
Son exploit est disponible à cette adresse : http://grsecurity.net/~spender/wunderbar_emporium.tgz
On peut y voir une petite vidéo (des gens qui jouent à la roulette russe...très symbolique ;-) et le code de l'exploit qui contient des commentaires sarcastiques du genre : "nice work Linus on trying to silently fix an 8 year old vulnerability, leaving vendors without patched kernels for their users".
Comme la dernière fois il semble que cet exploit nécessite une faille de Pulseaudio et il s'appuie sur le bug dans la fonction personality() qui permet de passer à travers de la protection "mmap_min_addr" (donc les systèmes utilisant SELinux sont vulnérables).
Selon Brad l'exploit "works on any vulnerable kernel (I've tested extensively here on at least 15 VMs, x86, x64, 2.4, 2.6, with creds, without creds, 4k stacks, 8k stacks)".
Comme l'exploit ressemble beaucoup au précédent et nécessite la présence des mêmes bugs (Pulseaudio et personality) on peut espérer que l'impact sera moindre puisque les distributions auront patché leurs anciens noyaux pour fermer ces trous de sécurité.
Pour une distributions sérieuse se faire avoir par le premier exploit était excusable du fait de sa nouveauté, se faire avoir par le second serait tout bonnement impardonnable !
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SquirrelMail compromis...one more time !
Posté le 01 août 2009Le 17 décembre 2007 un journal LinuxFR annonçait la compromission du serveur hébergeant le projet SquirrelMail et la distribution de packages compromis par l'attaquant ayant pris le contrôle du serveur.
Un cauchemar absolu donc pour l'équipe SquirrelMail, le pire qui puisse arriver à un projet. On pouvait donc espérer que les développeurs allait être plus prudents et sécuriser au maximum leur serveur...et bien c'est vraiment raté !
Le 16 juin dernier, avec une curieuse sensation de déjà vu, la compromission du serveur SquirrelMail a été annoncée par un mail laconique sur la liste de diffusion.
Les administrateurs, pensant à la réputation de leur projet, se sont voulu rassurants :
"The project administrators took immediate action to mitigate any futher compromises, locking all accounts out, and resetting critical passwords.
At this time, the SquirrelMail project administrators have shutdown access to the original server, and put a temporary hold on access to the plugins. It is believed that none of the plugins have been compromised, but further investigations are still being executed.
The compromise of this server does not include a compromise of the source control, which is hosted on a separate repository managed by SourceForge".
Bon donc en gros le serveur a été compromis mais à priori ("It is believed") l'attaquant n'a rien pu faire.
Hélas, trois fois hélas, le 31 juillet il a été annoncé que plusieurs plugins de SquirrelMail avaient en fait été trojanés :
"During the initial announcement, we'd mentioned that we did not believe that any of the plugins had been compromised. Further investigation has shown that the following plugins were indeed compromised:
- sasql-3.2.0
- multilogin-2.4-1.2.9
- change_pass-3.0-1.4.0
Parts of these code changes attempts to send mail to an offsite server containing passwords. We cannot establish a timeline of when these plugins were compromised".
Ouch ! Le plus inquiétant est évidemment la phrase finale qui indique que les développeurs du projet ne savent absolument pas depuis quand ces plugins sont compromis. Les utilisateurs actuels de ces plugins sont invités à télécharger de toute urgence les versions saines se trouvant sur le site SquirrelMail.
Une fois cette action d'autodéfense effectuée les utilisateurs de SquirrelMail pourront souffler...jusqu'à la prochaine fois.
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Microsoft sort un pilote Linux sous GPL
Posté le 20 juillet 2009Bien entendu qui dit pilote Linux dit code source sous licence GPL et, pour éviter un épuisant travail d'adaptation perpétuelle, proposition d'intégration dans la branche principale du noyau.
Comme n'importe quelle autre entreprise Microsoft est donc passé par le Linux Driver Project afin de trouver de l'aide et des conseils. Après plusieurs mois de discussions et de travail la sortie du pilote a finalement été annoncée par Greg Kroah-Hartman (développeur chez Novell et grand manitou de la branche -staging des nouveau pilotes).
- Techniquement le pilote de compatibilité avec Hyper-V n'est pas encore mature et il reste du travail à faire avant d'intégrer la branche principale du noyau Linux.
- Politiquement la situation est bien plus intéressante puisque Microsoft, en produisant ainsi du code sous GPLv2, change quand même radicalement son approche par rapport aux déclarations antérieures accusant la GPL d'être un "cancer"ou un "virus".
De plus les décideurs chez Microsoft auraient pu choisir de jouer aux plus fins et de faire un pilote propriétaire (à la NVidia) en arguant que leur code n'était pas un produit dérivé du code du noyau. Là au contraire il semble que Microsoft joue le jeu du libre en mettant le pilote sous GPL et en bossant avec la communauté du libre pour faire accepter ce pilote dans la branche principale.
Comme le dit Greg Kroah-Hartman : "It looks like hell just froze over".
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Bill Gates offre au monde une leçon de physique
Posté le 15 juillet 2009Ayant toujours été fasciné par les cours de physique du célèbre prix Nobel Richard Feynman, Bill Gates a formé le projet de racheter les droits sur ces vidéos et d'en faire don au monde. C'est très généreux de sa part car ces cours sont, parait-il, vraiment excellents et la réputation d'orateur drôle, brillant et clair de Feynman est légendaire.
Comme le dit Bill Gates dans cette interview : "Quand un cours est présenté aussi bien que ça, cela conduit plus de gens à vraiment comprendre la science".
Donc Bill, émerveillé dans ses jeunes années par les cours de Feynman, a décidé de traquer les fameuses vidéos afin de trouver les détenteurs du copyright et de leur faire une offre qu'ils ne pourraient pas refuser: "J'ai toujours eu dans un coin de mon esprit l'idée que c'était une sorte de crime de ne pas pouvoir disposer largement de ces cours, particulièrement pour les jeunes gens qui pensent aux sciences. (...) Cela a pris du temps mais maintenant, avec tous ces PC, avec Internet et avec ma volonté de dépenser de l'argent sur ce projet, ces cours sont maintenant disponibles".
Question du journaliste sur le but de ce projet : "Quel est votre espoir quand à ce que les gens tireront de ces vidéos ? Quelle est votre audience idéale ?".
Réponse magnifique de Bill Gates, apôtre de la liberté : "Je n'ai pas pu y avoir accès avant mes trente ans donc j'espère que beaucoup de jeunes les verront, en tireront du plaisir, comprendront comment marche la science, ce qui est compliqué et ce qui ne l'est pas. J'espère que les gens qui enseignent la science seront inspirés par la façon de faire cours de Feynman qui reste intéressant tout en ne sacrifiant pas la profondeur des idées.
Avec un matériel de super-haute qualité comme celui-ci, disponible gratuitement, j'espère que les gens en verront le potentiel et qu'ils en tireront parti. Cela fera avancer l'idée que si quelqu'un est un grand pédagogue alors son travail devrait être rendu disponible".
Ah franchement ça fait plaisir à voir cette volonté au service du bien commun. Plutôt que de rester enfermées dans les tiroirs poussiéreux d'un quelconque ayant-droit, ces bandes vidéos de 1964 sont maintenant accessibles à tous grâce à un généreux philanthrope.
L'oeil humide de reconnaissance je me dépêche donc de cliquer sur le lien menant à la première des sept vidéos. La conférence s'intitule "The Character of Physical Law" et je sens que je vais passer un excellent moment.
Hum...que se passe-il ? Un problème ? Je veux, comme cela a été promis, pouvoir accéder à la vidéo mais je n'ai qu'un message laconique : "Sorry, your browser is not compatible".
Putain il faut Silverlight pour voir cette vidéo !!! C'était donc de ça que parlait Bill Gates quand il décrivait dans l'interview le processus mis en place: "getting these things scanned, and then getting Microsoft Research agreed to host the stuff and create some innovative software around it".
Autant pour le philanthrope généreux voulant "libérer" le savoir et le rendre disponible pour tous.
Bon que faire ? Ayant la "chance" de posséder une distribution compatible tournant sur un processeur compatible, je vais installer Moonlight. Dommage pour les gens n'ayant pas cette "chance".
Allez hop je clique et j'installe l'extension. Redémarrage, clic sur le lien....marche pas. Même message de merde "Sorry, your browser is not compatible".
Bon à ce stade je dois me forcer à respirer calmement car une pulsion meurtrière s'est emparée de moi. Mes doigts se serrent convulsivement autour du cou imaginaire d'un salopard de philanthrope vicieux.
Alors c'est ça apporter le savoir à tous ? C'est ça rendre disponible la science ? C'est ça offrir au monde la physique ? Le bien commun n'est disponible que sous Windows et les autres peuvent crever ? On se branle des standards établis, de l'interopérabilité et on se sert de son "oeuvre" philanthropique pour pousser la technologie de son entreprise.
Heureusement nul besoin de monsieur Gates pour voir le professeur Feynman. Le cours est disponible sur youtube. Si la vidéo ne marche pas avec Gnash on peut facilement télécharger le flv et le regarder ensuite avec mplayer. Cela n'a rien d'idéal mais au moins c'est possible quel que soit l'OS ou le processeur.
Et surtout les vidéos de Youtube n'ont pas la prétention d'offrir généreusement au monde le savoir et la science. Tout ça pour ça. Juste une opération de com à base de grandes phrases généreuses pour soigner sa réputation de bienfaiteur de l'humanité. Et bien entendu ça marche à fond avec 11400 résultats renvoyés par Google pour une recherche "bill gates feynman lecture". Est-ce de la pure duplicité ou bien un simple aveuglement à tout ce qui n'est pas Microsoft ?
Je n'en sais rien et je m'en fiche. Merci pour tout monsieur Gates mais je crois que vous n'avez pas bien compris le vrai message de la science.
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