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Le quinzième anniversaire et Atlas

Posté le samedi 10 mai
En mars 1989 un ingénieur informaticien anglais travaillant au CERN, Tim Berners-Lee propose une idée originale à son patron Mike Sendall.
Sous le titre anodin de "Information Management: a Proposal" il envisage un système de liens à l'intérieur de documents . Ces documents hypertextuels seraient distribués sur le réseau informatique afin que les chercheurs en physique des particules puissent partager leurs informations au sein du CERN.
A Noël 1990 les choses sont en place. Le tout premier navigateur (nommé WorldWideWeb) permet d'accéder au tout premier serveur Web (une station NeXT) à l'adresse info.cern.ch pour visualiser la toute première page web.

Tout cela est très bien me direz-vous mais tout ceci s'est passé il y a presque 18 ans. Quel est donc ce quinzième anniversaire qui est annoncé dans le titre ?
Et bien cet anniversaire est tout simplement celui de la libération du Web. Constatant que son invention était utile aux physiciens, le conseil du CERN a décidé le 30 avril 1993 de passer le code source du navigateur WorldWideWeb sous licence libre. Berners-Lee a hésité un peu à choisir la GPL mais a finalement opté pour la mise dans le domaine public. Ce passage dans le domaine public a été absolument crucial pour le développement de la toile. C'est grâce à ce choix que la progression a pu être fulgurante (croissance de 341634 % en 1994) et que la vague des autres navigateurs (à commencer par Mosaic) a pu déferler.

Selon Tim Berners-Lee : "La décision du CERN de faire que les fondations et les protocoles du Web soient disponibles librement, sans royalties et autres restrictions, a été cruciale pour son existence. Sans cet engagement, l'énorme investissement des particuliers et des entreprises dans les technologies du Web n'aurait tout simplement jamais pu se produire, et nous n'aurions pas le Web aujourd'hui".

Tout cela est très bien me direz-vous une nouvelle fois mais quel est le rapport avec le "Atlas" qui se trouve dans le titre ?
En réalité je vous ai donné un indice en collant un lien vers le tout premier navigateur de Berners-Lee, le bien nommé WorldWideWeb. Que voyez-vous sur la copie d'écran proposée par Wikipédia ? Si, si rapprochez-vous et passez en pleine résolution, vous verrez mieux.
Et oui. Dans cette fenêtre de navigateur nous voyons un schéma du détecteur de particules Atlas qui fait partie du LHC (le grand collisionneur de hadrons).
Ce qui est proprement hallucinant c'est de penser que ni le LHC, ni Atlas n'ont encore été mis en marche ! Si vous allez sur le site d'Atlas vous pourrez lire que : "Starting later in 2008, the ATLAS detector will search for new discoveries in the head-on collisions of protons of extraordinarily high energy".
Ce qui est important ici c'est le "will". C'est du futur les gars ! Ce n'est pas encore arrivé. C'est pour bientôt mais pas pour tout de suite.

Est-ce que maintenant vous vous rendez compte du temps que cela exige de construire ces cathédrales modernes que sont les collisionneurs de particules ?
En 1993 le Web était un bébé vagissant. Pas de sites perso ni de déclaration d'impôts en ligne. Pas de Google, ni d'Amazon, ni de Wikipédia, ni de Linuxfr. Il y a quinze ans le monde était différent. Il n'y avait pas de boutiques en lignes et si vous vouliez acheter un livre il fallait aller à la librairie la plus proche ou commander par téléphone à l'aveuglette. Si vous vouliez vérifier la superficie du Grand Canyon ou la température du coeur du soleil il fallait aller à la bibliothèque ou acheter horriblement cher une encyclopédie incomplète et périmée. Si vous aviez des choses à dire, intéressantes ou dérisoires, vous ne pouviez les dire qu'à vos proches (à moins que vous ne soyez membre de l'infime minorité des gens célèbres).
Sur tous ces points le monde a changé radicalement depuis 1993...et pourtant, sur la copie d'écran archéologique du navigateur WorldWideWeb, Atlas était déjà là, parfaitement conçu. Son modèle 3D était exactement identique a ce qu'il est matériellement aujourd'hui. Le travail de recherche et de conception avait donc commencé encore bien avant pour finir par aboutir maintenant à ce sommet inimaginable de complexité. Regardez les photos de ce monumental sandwich d'électroaimants supra-conducteurs, de couches de détecteurs en silicium, de scintillateurs en polystyrène transparent et de calorimètres électromagnétiques en plomb et en argon liquide. Pensez qu'il va générer 1000 téraoctets par seconde de données brutes.

Quand, lors d'une journée banale en juillet ou en août, les premiers faisceaux se rencontreront dans le détecteur Atlas, que les protons se changeront en énergie pure et que débutera la chasse au Higgs alors vous penserez à cette vieille copie d'écran datant d'une autre ère.
Le Web tel que nous le connaissons aura été créé pour que ce jour arrive.

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Un plan pour le noyau Linux

Posté le 07 mai 2008
Voulez-vous d'une représentation graphique interactive du noyau Linux ? Une sorte de plan zoomable des différentes briques fonctionnelles du noyau ?
Ce serait cool c'est sûr.
Et puis quand on arrive à un certain degré de zoom on pourrait voir les noms des fonctions. En cliquant dessus on ouvrirait un onglet avec le code source. Ce serait pas mal hein ? Ludique et utile en même temps !

Et bien soyez heureux car quelqu'un a pensé à le faire. Cela se trouve en cliquant ce lien et il y a une introduction par ici.

La vie est belle non ?

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Iron Man

Posté le 05 mai 2008
Comme le sujet des news ciné sur Linuxfr est toujours très controversé (cf l'écharpage sur la news "There will be blood" qui dure depuis le 30 avril entre les modos/relecteurs) j'ai décidé de parler d'Iron man dans un journal.

Alors je l'ai vu en vf et mon compte-rendu sera bref : C'est une bouse.
Certes les effets spéciaux sont impressionnants mais on peut dire la même chose de tous les films à grand spectacle récents. Le design de l'armure est quand même assez sympa.
Le scénario est tous simplement bête : un milliardaire playboy et séducteur (bonne occasion de montrer des filles canon) patron d'une méga-firme de technologie d'armement est capturé par les méchants talibans. Avec deux bouts de ficelle et un cure-dents il se fabrique une armure robotisée géniale qui constitue l'arme absolue et lui permet de s'échapper (non sans avoir massacrer gaillardement les dits talibans). Une fois de retour chez lui aux USA il perfectionne son armure et se met au service du bien. En effet en Afghanistan il a vu que les armes vendues par sa firme sont employés par les méchants pour tuer les petits n'enfants et il a dès lors décidé de changer sa vocation. Mais voilà que le vice-président de la boite ne l'entends pas de cette oreille et il complote vicieusement contre son gentil patron. Un combat final sans aucune surprise s'ensuivra.
Voilà, voila. Rien de folichon donc.

Alors certes ce n'est quand même pas la sous-raclure que constitue les 4 fantastiques mais on n'est pas très loin.
Je n'entre même pas dans le sujet de la vraisemblance scientifique et technique (c'est pas parce que vous avez une armure solide qui ne se casse pas que vous allez survivre à une collision à 800 km/h avec un mur).
Faudra aussi m'expliquer l'histoire de l'électro-aiment sur le torse parce que j'ai rien compris. Au début on lui met l'électro-aimant dans la grotte afghane pour empêcher les shrapnels de migrer vers son coeur. C'est con mais pourquoi pas. Mais ensuite quand il est de retour aux USA pourquoi il continue à porter l'aimant ? Y'a pas de chirurgiens aux USA ? Ils peuvent pas retirer les shrapnels ?

En définitive les fans de la bd (y'en a ?) ne pourront pas s'empêcher d'aller le voir et seront probablement déçus. Les fans de films idiots à grand spectacle et à effets spéciaux spectaculaires iront le voir et seront contents. Les autres peuvent rester chez eux avec un bon livre et n'auront pas perdu leur temps.

PS : Pour ceux qui ne seront pas découragés par ce journal et qui iront perdre quelques euros au ciné je signale qu'après le générique de fin il y a une petite scène qui annonce un très probable Iron Man 2. Misère.....

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Mesurer la fréquentation des articles Wikipédia

Posté le 29 avril 2008
Je ne sais pas si vous connaissez déjà et que j'arrive après la bataille mais j'ai découvert un site qui permet de consulter les statistiques de fréquentation des divers articles de Wikipedia : http://stats.grok.se/
On peut filtrer par pays ou par mois et ensuite il suffit d'entrer le titre de l'article Wikipedia dont on veut évaluer la fréquentation.

Par exemple si je regarde l'article "Pascal Sevran" d'avril sur Wikipedia fr : http://stats.grok.se/fr/200804/pascal%20sevran je constate que le nombre moyen de consultations est d'environ 70 par jour mais qu'il a du se passer un évènement tout à fait inhabituel le 21 avril car le nombre de visites bondit soudainement à plus de 25000 (soit 400 fois plus !!!).

Je tente maintenant l'article Germaine Tillion (qui est vraiment morte, elle). On voit sur http://stats.grok.se/fr/200804/germaine%20tillion qu'on passe de 30 visites par jour en moyenne à plus de 4000.

Ce site est donc très pratique pour jauger de la popularité des articles Wikipedia et étudier les tendances en fonction de l'actualité ou des modifications des articles.
Bien entendu vous garderez à l'esprit que popularité ne signifie pas qualité et que la fréquentation d'un article n'indique que peu de choses sur l'importance réelle du sujet. Le différentiel de popularité qui existe entre un l'article d'un pauvre présentateur d'émission de chanson comme Pascal Sevran et celui de l'admirable ethnologue résistante que fut Germaine Tillion est exemplaire à ce sujet.

PS : Profitez-en pour lire "Ravensbrück" de Germaine Tillion et "Prisonnière de Staline et de Hitler" tome 1 et 2 de Margarete Buber-neumann (qui fut sa grande amie). Ces livres vous changeront...et c'est ce qu'on peut attendre de mieux de la lecture d'un livre.

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Hans Reiser déclaré coupable

Posté le 29 avril 2008
Le jugement est tombé dans le procès d'Hans Reiser.
L'auteur du système de fichiers ReiserFS a été déclaré coupable du meurtre de sa femme et a été condamné à 25 ans de prison.

http://blog.wired.com/27bstroke6/2008/04/reiser-guilty-o.htm(...)

Rappelons que le corps de Nina Rieser n'a jamais été retrouvé et que la défense d'Hans Reiser se basait sur la supposition qu'elle avait abandonné leur enfant et était retournée en Russie. Selon Wired, Hans Reiser a pris souvent la parole mais ses explications ont braqué les jurés par leur ton arrogant et méprisant.

Le juge a donné son opinion sur Hans Reiser à la fin du procès : "You are rude, you are arrogant. There are not enough words in the English language to describe the way you are."

Du coté Linux on peut dire que c'est sans doute la fin de la société Namesys qui était à l'origine de ReiserFS. Il est donc probable que la version ReiserFS 4 ne sera jamais intégrée dans la branche principale (de toute façon il y avait une forte résistance des développeurs noyaux du fait des choix technique d'Hans Reiser).

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OpenBSD et Richard Stallman

Posté le 11 avril 2008
Je ne sais pas si vous êtes au courant mais à chaque nouvelle version d'OpenBSD une chanson (souvent très drôle) est créée afin de célébrer l'évènement.
Pour la version 4.1 il y a eu par exemple "Puffy Baba and the 40 Vendors" qui évoquait le problème du manque de documentation sur certains matériels.
La création de ces chansons est une tradition rigolote et sympathique de la communauté OpenBSD et j'ai toujours pensé que c'était une bonne idée...jusqu'à aujourd'hui.

C'est triste à dire aussi brutalement mais les responsables de la nouvelle chanson qui accompagne la future version OpenBSD 4.3 sont des gros cons.
Cela s'intitule "Home to Hypocrisy" (Lyrics by Ty Semaka and Nikkos Diochnos) et c'est tout simplement une attaque brutale contre Richard Stallman. Suite à la flame war de décembre les auteurs des paroles de la chanson ont du macérer leur haine et leur rancoeur et cela aboutit à cette merde.
Dans le texte accompagnant la chanson on peu lire des choses comme :

"He prefers actions which he thinks are best for him -- and him alone -- and then lies to the public."
"That man is a false leader. He is a hypocrite."
"He believes it is his God-given role to tell us what is best for us"

La chanson elle-même est basée vaguement sur l'Odyssée d'Ulysse. Après 13 ans de navigation la mascotte Puffy d'OpenBSD débarque enfin sur son île et découvre que les habitants ne veulent pas des merveilles qu'il rapporte. L'explication c'est qu'n dictateur est apparu pendant son absence et qu'il a instauré des nouvelles règles:

"Hypocrites appears
Puffy! You must obey my new rules! First rule one dictates you cannot give your code away
"

"And rule two dictates
You must give it to me so I can give it away properly for free
"

A noter que le dessin qui accompagne la chanson est encore plus con puisqu'une caricature de Stallman dit "You cannot sell your code" alors que, bien entendu, la GPL ne l'a jamais interdit.

C'est vraiment désolant de voir à quel point l'excellent projet OpenBSD est parasité par une poignée de connards qui semblent penser que leur ennemi principal est la FSF et Richard Stallman. Au lieu de se sentir une composante (importante !) de la grande et diverse communauté du libre ces gens balancent leur venin sur d'autres membres de la communauté.
Je suis absolument certain que certaines personnes vont me répondre que je prends ça trop au sérieux, que ce n'est que de l'humour, que ce n'est pas bien grave....mais ce n'est pas vrai. C'est sérieux. Et c'est grave. Les chansons d'OpenBSD ont toujours plus ou moins eu pour but de dénoncer les firmes propriétaires pour leur manie du secret, le manque de documentation, le problème des blobs binaires...etc. Ou alors c'était pour mettre en avant les points forts d'OpenBSD (comme pour la chanson sur CARP).
C'était une manière de se moquer et de souligner la différence entre le libre et le proprio. Une sorte d'étendard humoristique des valeurs du monde du libre.
Mais maintenant l'ennemi ce n'est plus les firmes qui font du proprio ou le monopole de Microsoft. Non l'ennemi c'est devenu pour quelques personnes la FSF et surtout Stallman.
Cette chanson est symptomatique de ce changement d'orientation et je trouve ça d'une stupidité incroyable.

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Thomas Edison battu par un français !

Posté le 29 mars 2008
Le 25 mars 1857 un typographe et écrivain français, Édouard-Léon Scott de Martinville, dépose un brevet sur un engin bizarre nommé le phonautographe. Ce dernier se compose d'un grand pavillon servant à concentrer les sons et relié a une membrane souple jouant le rôle d'un diaphragme. Ce diaphragme est lui-même couplé avec une pointe ou stylet. Quand un son est émis dans le pavillon cela fait vibrer le diaphragme et donc la pointe. Si on place devant cette pointe vibrante un papier délicatement enduit de noir de fumée on peut observer des lignes blanches qui correspondent aux endroits ou le stylet a gratté la surface.
Une photo de cet astucieux dispositif est disponible ici.
Scott de Martinville n'avait pas prévu de moyen de relire le son ainsi enregistré. Ce n'était pour lui qu'un moyen d'enregistrer un son en le transformant en un diagramme visuel (les marques sur la surface du papier) pour pouvoir le préserver d'abord et l'étudier commodément ensuite.

Ces enregistrement (ou phonautogrammes) étaient jusqu'à présent considérées comme des curiosités. Une sorte de précurseur raté des vrais enregistrement sonores de Thomas Edison. En effet le Phonographe d'Edison permettait non seulement d'enregistrer un son mais aussi et surtout de restituer le son enregistré précédemment !
L'invention d'Edison, effectuée en 1877, était donc considéré comme l'acte de naissance de la technique absolument révolutionnaire permettant de fixer le son sur un support et qui a donnée naissance à l'industrie musicale.

C'est là qu'intervient un groupe d'américains passionnés par les enregistrement anciens et réunis dans une collaboration informelle nommée "First Sounds". Celle-ci rassemble des historiens, des ingénieurs, des archivistes et des scientifiques. Ils se sont donnés pour mission de découvrir et de protéger les plus rares enregistrements sonores de l'histoire de l'humanité.
Intrigué par l'exotique phonautographe de Scott de Martinville, l'historien David Giovannoni a passé un certain temps à Paris afin de fouiller les archives de Institut National de la Propriété Industrielle (là ou Scott de Martinville a déposé son brevet) et de l'Académie des Sciences. C'est dans cette dernière institution qu'il a fait la découverte de plusieurs phonautogrammes en parfait état de conservation. Le noir de fumée sur le papier était magnifiquement préservé et on voyait très bien les marques blanches gravées par le stylet.
Dès lors pourquoi ne pas tenter de retransformer ces enregistrements visuels en son ?
Il suffirait pour cela de scanner à haute résolution les phonautogrammes, de créer un modèle informatique précis de la pointe de lecture et de recréer alors le son produit par l'interaction entre ce stylet virtuel et le scan HD.
Deux scientifiques du Lawrence Berkeley National Laboratory se sont mis au travail en se basant sur des logiciels déjà développés par la Bibliothèque du Congrès et ils ont réussi a reconstituer le son d'un enregistrement datant de 1860.

Oui, oui vous avez bien lu. Cet enregistrement précède de 17 ans l'invention d'Edison. Encore mieux : le plus ancien enregistrement effectué avec le phonographe d'Edison et ayant été conservé était jusqu'à présent un extrait d'une chorale de Haendel datant de 1888. Avec la reconstitution par First Sounds du fameux phonautogramme de 1860, l'âge de la toute première musique enregistrée recule donc de 28 ans !

A l'annonce de cette nouvelle le New York Times s'est fendu d'un article détaillé qui se termine sur une petite note d'humour. En effet Scott de Martinville avait été ulcéré de constater que c'est Edison qui recueillait les lauriers alors que son phonographe américain n'était arrivé que bien après le phonautographe français. Il avait lancé un appel à ses compatriotes en les implorants de "ne pas laisser les américains s'emparer du prix". Bien entendu le New York Times a beau jeu de souligner qu'il "a fallu attendre un groupe de chercheurs américains pour sauver les travaux de Scott de Martinville des coffres-forts moisis de sa ville natale".

La musique reconstituée par ces chercheurs américains est un très court extrait d'Au clair de la lune. Cette petite chanson devient ainsi le plus ancien enregistrement musical de l'humanité !
Le fichier musical au format mp3 est disponible sur le site de First Sounds. A noter qu'il est placé sous licence "Creative Commons (by)". Cela signifie que l'oeuvre peut être librement utilisée, à la condition de l'attribuer à l'auteur en citant son nom.
D'autres enregistrements, encore plus vieux, sont téléchargeables mais leur reconstitution ne semble pas possible car à cette époque le phonautographe n'était pas vraiment au point et le résultat est inaudible.

En définitive Scott de Martinville, bien qu'étant un inventeur génial, aura eu tort. Il pensait que la musique enregistrée par son phonautographe ne pourrait plus jamais être entendue. Il croyait avoir transformé irrévocablement le son en un simple diagramme visuel. Il n'avait pas prévu que, 148 ans plus tard, une civilisation hyper-technologique fondée sur les ordinateurs parviendrait à faire revivre son enregistrement d'Au clair de la lune.

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38 Téraflops pour Renault F1...et Linux !

Posté le 10 mars 2008
L'équipe Renault de Formule 1 vient d'acheter un supercalculateur d'une puissance de 38 Téraflops.
Ce très gros joujou (un Appro Xtreme-X2) est basé sur des AMD Opteron quadri-coeurs et possède 4.4 Téraoctets de mémoire et une connexion de type Infiniband.
La bestiole fonctionne sous RedHat AS v5 et le système de fichier des noeuds de calcul est Global File System (avec un peu de Ext3 pour /temp et /root).
La bibliothèque MPI servant a faire passer les messages entre les coeurs de calcul profite pleinement de la connectique Infiniband puisqu'il s'agit de MVAPICH (qui fait du MPI over Infiniband).

Le communiqué de presse est ici mais ce qui est bien plus intéressant c'est l'interview de Bob Bell, le directeur technique de Renault F1, que vient de publier le site hpcwire.
On y apprend que l'équipe Williams détient un supercalculateur de 8 Téraflops (minable ;-) alors que BMW Sauber en possède un de 12 Téraflops (ridicule ;-). Ces calculateurs sont utilisés pour faire tourner des "souffleries numériques" (c'est à dire des simulations CFD).
Bell indique que, traditionnellement, 90% du développement aérodynamique se faisait dans la soufflerie réelle. En juin, quand sera disponible le nouvel ordinateur, ce ratio tombera à 50% et le reste sera purement et simplement calculé par CFD (ce qui est beaucoup moins cher qu'un vrai tunnel avec des maquettes).
En plus la soufflerie numérique permet de comprendre en profondeur les phénomènes aérodynamiques alors que les tunnels ne fournissent qu'un résultat de performance sans qu'il y ait de compréhension réelle. En gros avant on essayait un nouvel aileron et ça marchait ou pas. Maintenant avec la CFD on sait pourquoi ça marche et on peut optimiser le dessin de l'aileron.
Les programmes utilisés sur le superordinateur de Renault sont, hélas, soit commerciaux et propriétaires (fournis par CD-Adapco) soit carrément développés directement par Renault (en partenariat avec Boeing.

Quoi qu'il en soit la puissance de cette machine est très impressionnante comparé à la concurrence. Bien entendu on ne connait pas les autres superordinateurs des écuries concurrentes. On sait que McLaren a un partenariat avec SGI et que Ferrari est lié avec AMD mais impossible de trouver des infos sur la puissance disponible. Pour Red Bull c'est un partenariat avec Platform computing afin d'utiliser une grille de calcul et, là encore, on ne connait rien d'autre. Des infos Régis ?
En tout cas c'est quand même hallucinant de voir qu'une babasse de 38 Téraflops est consacrée à une simple compétition sportive. En plus avec les limitations d'essais souhaitées par le pouvoir sportif l'avenir de la simulation numérique en F1 apparait absolument radieux. A quand le Pétaflops chez Renault ?

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Pouvez-vous m'en dire plus sur votre mort Joseph ?

Posté le 07 mars 2008
Le professeur du MIT Joseph Weizenbaum est mort avant-hier, mercredi 5 mars.
Si vous ne connaissez pas son nom je peux peut-être vous mettre sur la voie en vous disant "ELIZA" ?

Et oui, Weizenbaum est l'auteur du fameux programme ELIZA, la première tentative de traitement du langage naturel. Son article de 1966 explique très bien la machinerie interne du programme qui simule un psychothérapeute lors d'une session avec un patient.
Tout est basé sur la reconnaissance de mot-clés dans une phrase et par l'injection de ces mots-clés dans des phrases préparées à l'avance. Ce n'est en fait que de la reformulation astucieuse.
C'est quand même étonnant de voir qu'en à peine 200 lignes de code il a pu créer le tout premier chatbot et que des gens on "parlé" à ELIZA comme s'il s'agissait d'un vrai psychothérapeute et y ont trouvé une consolation et un soutien moral pour affronter leurs problèmes personels.
Weizenbaum en a été le premier surpris et horrifié. Sa propre secrétaire, sachant pertinemment qu'ELIZA n'était qu'une machine, a pourtant conversé pendant des heures avec le programme et s'est dévoilé complètement car cela lui faisait du bien de confier ses problèmes à quelqu'un !!!!
Cela a beaucoup influencé la perception qu'a eu par la suite Weizenbaum au sujet de l'intelligence artificielle. Dans son livre "Computer Power and Human Reason" il critique le domaine et affirme que, même si l'intelligence artificielle est en théorie possible, nous ne devrions pas laisser des IA prendre des décisions importantes à notre place car ces ordinateurs ne seront pas dotés d'aptitudes et de sentiments humains comme la compassion ou la sagesse.
Je me souviens encore de ma fascination quand j'ai lu pour la première fois quelque chose sur ELIZA (c'était dans le merveilleux livre de Douglas Hofstadter, "Gödel, Escher, Bach".
Il y avait des retranscriptions de "conversations" entre ELIZA et des humains ne sachant pas qu'ils interagissaient avec une machine et il y avait également une discussion au sujet des implications philosophiques d'un programme permettant de converser avec un être humain. Hofstadter enchainait ensuite sur le programme SHRDLU et sur toute la problématique du test de Turing.
Si vous n'avez pas lu "Gödel, Escher, Bach" je ne peux que vous le recommander très chaudement.
Pour tester ELIZA vous pouvez utiliser Emacs car il y a un mode ELIZA qui permet de "discuter" avec le psychothérapeute mais vous pouvez également tenter l'aventure avec l'une des nombreuses versions en ligne.

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Top500 : La rétrospective des 15 ans.

Posté le 01 mars 2008
Cela fait 15 ans maintenant que le Top500 existe. C'est en juin 1993 qu'est apparu le premier classement des 500 ordinateurs les plus puissants du monde et, tous les six mois, cette liste est scrupuleusement mise à jour.
Nous avons donc maintenant 30 classements derrière nous et le boss du Top500, le professeur Meuer, a décidé que c'était l'occasion d'écrire un article récapitulatif pour célébrer cet anniversaire.

Autant vous le dire tout de suite cet article est une pure jouissance pour le geek qui sommeille en nous. C'est rempli de tableaux, de statistiques, de comparatifs de toutes sortes...et en plus il y a des prédictions technologiques à la fin du texte ! Rhaaa...le pied !
Je me le suis imprimé en couleur et j'ai passé les 2 dernières heures à tout scruter avec ravissement. Prenez par exemple la figure 14 qui concerne les systèmes d'exploitation. On voit parfaitement que l'apparition de Linux sur ce marché des superordinateurs date de 1999 et qu'il y a eu une accélération dramatique de l'adoption de Linux en 2003 au détriment des Unix propriétaires.
Incroyable de voir aussi sur la figure 17 que jusqu'en 1996 il y avait des ordinateurs qui faisait partie de la liste et qui n'avaient...qu'un seul processeur de calcul ! Un autre monde...

La figure 6 est également très intéressante puisqu'elle compare les constructeurs de superordinateurs de la première liste Top500 à ceux de la trentième. C'est bluffant de voir comment les deux grosses boites traditionnelles que sont IBM et HP ont réussi à reprendre le dessus sur la horde de petits constructeurs qui étaient dans la liste en 1993. Les Meiko, Thinking Machines, nCube et autres MasPar n'existent plus désormais.

Ce qui est proprement stupéfiant à propos du Top500 c'est que cela permet de faire des prédictions extrêmement précises. En juin 1997 le professeur Meuer a décidé de prendre un risque. A cette époque il n'y avait qu'un seul ordinateur dans le monde qui atteignait le Teraflops, le superordinateur ASCI Red au laboratoire Sandia au Nouveau-Mexique. Il a étudié soigneusement la droite du tracé des performances sur une échelle logarithmique qui se trouve à la figure 10 et il a fait la prédiction suivante: En juin 2005 tous les ordinateurs de la liste Top500 auront une puissance supérieure à 1 Teraflops. Les figures 11a, 11b et 11c montrent l'évolution du parc au cours de cette période et on voit qu'exactement en juin 2005, comme cela avait été prédit 8 ans plus tôt, le dernier ordinateur de la liste atteint la puissance d'1 Teraflops. Impressionnant !

Il y a plein d'autres données croustillantes dans l'article. Par exemple la figure 21 montre très bien la progression par plateaux successifs des performances des numéros 1 de la liste. Typiquement quand une très grosse machine s'empare de la couronne, elle la garde pour plusieurs éditions du Top500.
Et savez vous qu'un laptop contemporain de haut de gamme (7 Gigaflops) aurait fait partie de la liste des 500 superordinateurs les plus puissants du monde en 1997 ?

La figure 22 permet de voir ce qui va se passer dans les années à venir en utilisant la même technique de "prolongement de la droite".
Ainsi votre laptop aura une puissance de 1 Teraflops en 2014 (c'est à dire à peine 18 ans après l'apparition d'ASCI Red, le premier ordinateur Teraflops du monde). Il faut entre 6 et 8 ans pour que le numéro 1 de la liste dégringole à la 500ième place et il faut entre 8 et 10 ans pour que la puissance du 500ième devienne celle d'un vulgaire laptop.
Le professeur Meuer a donc énoncé, en toute confiance, une nouvelle prédiction: Alors que dans la dernière liste de novembre 2007 aucun ordinateur n'atteint le Pétaflops, en 2015 il n'y aura plus dans le Top500 que des superordinateurs dépassant ce seuil mythique.
J'ai hâte d'y être !

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Dix propositions pour un droit d'auteur équitable

Posté le 20 février 2008
Sur le blog de David Madore a été posté une très intéressante liste de mesures pour réformer le droit d'auteur.

Plutôt que de lutter défensivement contre la pression des lobbies du droit d'auteur, David prône un contre-lobbying basé sur des propositions concrètes afin de faire effectivement reculer l'emprise des restrictions actuelles.
Il fait remarquer que l'industrie n'a, sur ces questions, jamais reculé et que nos victoires (partielles) dans la lutte pour un droit d'auteur équilibré ne sont jamais que provisoires. Il est donc temps de passer à l'attaque et de faire pression pour que la loi évolue enfin dans le sens de l'intérêt général.

C'est article argumenté qui mérite d'être lu.

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La course à la sécurité

Posté le 18 février 2008
Le site Distrowatch propose un très intéressant tableau comparatif pour voir le temps de réaction des principales distributions lors de la récente alerte de sécurité du noyau Linux.

Quel a été le délai entre la publication générale de l'alerte sur tous les sites (le 11 février) et la mise à disposition du patch correcteur par les différentes distributions ?

Distribution => Delay
Debian GNU/Linux => +0 hours
Fedora => +8 hours
Slackware Linux => +12 hours
Mandriva Linux => +19 hours
Frugalware Linux => +21 hours
openSUSE => +23 hours
rPath Linux => +26 hours
Red Hat Enterprise Linux => +27 hours
Ubuntu => +27 hours
CentOS => +37 hours

Le site Distrowatch souligne néanmoins qu'il ne faut pas surinterpréter ces chiffres. Certaines distros proposent le support de diverses architectures alors que d'autres ne sont disponibles pour les CPU les plus répandus. Il est évident que le temps de réaction ne sera pas le même.
De même les grosses distros commerciales (Red et Suse) testent certainement plus longtemps leurs patchs car les clients qui payent n'aiment pas les problèmes lors des mises à jour.

L'article de Distrowatch indique également que certaines distros (Arch ou Zenwalk par exemple) n'ont toujours pas proposé le patch correcteur à leurs utilisateurs.

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Shoot the satellite !

Posté le 15 février 2008
Non, ce n'est pas le titre d'un nouveau jeu vidéo sous Linux.
C'est simplement ce qui va arriver dans quelque jours quand les Etats-unis vont lancer un missile pour détruire un satellite espion. Ce qui est assez inattendu c'est que cet engin est américain !

L'explication est simple : Les américains ont lancé en 2006 un satellite espion de plus de deux tonnes mais il y a eu un petit problème technique et son ordinateur s'est mis en rade immédiatement.
Pas d'ordinateur = pas de possibilité de contrôler l'engin = satellite perdu.
Donc depuis cette date le satellite descend inexorablement et, du fait de la résistance atmosphérique, son taux de chute s'accélère. Actuellement il n'est plus qu'à 270km et il tombe de plus d'1km par jour. Quand il sera aux alentours de 100km il commencera à bruler et il tombera comme une pierre vers la surface de ta Terre.
Il est très difficile de faire des prévisions de date et de point d'impact car les paramètres à prendre en compte sont nombreux. En fonction de l'activité magnétique du soleil ou de la terre il y a des contractions et des dilatations de l'atmosphère et donc la résistance opposé à l'engin en perdition n'est pas vraiment modélisable précisément.
La meilleure estimation est que la chute se produira vers le 18 mars.
L'ennui c'est que le satellite est gros et lourd et qu'il ne se consumera pas entièrement. Cela signifie qu'il y a un danger pour la population. Le second ennui c'est que ses réservoirs sont pleins d'Hydrazine et que ce produit, utilisé pour propulser le satellite, est toxique. Très toxique. Et corrosif aussi. Très corrosif.
Il suffit que le produit touche la peau pour que toutes sortes de choses désagréables surviennent: Dépression du système nerveux central; dommages pulmonaires; dommages cardiovasculaires; dommages hépatiques; brûlures oculaires et cécité...etc

L'armée américaine a donc décidé de prendre les choses en main et de tenter de détruire ce damné engin avant qu'il ne retombe sur des civils innocents. Après tout ces salopiots de planqués seraient capables d'intenter des procès !
Le souci c'est que l'armée ne possède pas d'arme capable de détruire un satellite (du moins pas officiellement) et qu'il va donc falloir utiliser un missile anti-ballistique (un SM-3) en limite de portée. Le succès n'est donc pas garanti.
De plus la destruction d'un engin dans l'espace entraine pas mal de conséquences désagréables. Les débris, même quand ils sont minuscules, peuvent rester en orbite et risquer d'endommager la station spatiale internationale ou d'autres satellites. Comme la vitesse orbitale est de Mach 25 les dégâts peuvent être dramatiques. Il est quasi-impossible de blinder les engins afin qu'ils résistent à des impacts se produisant à des vitesses relatives qui peuvent atteindre Mach 50.
L'an dernier les chinois on fait un test d'arme anti-satellite ce qui a dispersé des milliers de fragments dans l'espace. Ceux-ci tournent toujours actuellement et la communauté internationale a poussé des hurlements de rage en constatant que la pollution spatiale avait encore augmenté. Ces images montrent parfaitement l'ampleur du problème.
Dans ce cas précis il y a moins de risques car l'impact entre le missile et le satellite fou aura lieu à un peu plus de 100km d'altitude et on espère que les débris retomberont rapidement.

Il reste le problème de la motivation. Pourquoi le Pentagone et la Maison-blanche veulent tellement abattre le satellite ? Après tout il y a quand même très peu de risque qu'il retombe sur une zone habité. Les océans recouvrent 70% de la planète après tout...et le reste est souvent désert !
Certains pensent que les USA veulent détruire l'engin pour empêcher que sa technologie ne soit récupérée : "suggestions that Bush opted to shoot down the satellite out of concern that classified material on board could survive reentry into Earth's atmosphere, and potentially land in the wrong hands.".
D'autre évoquent une démonstration de force envers la Chine (rappelez vous qu'elle a fait son essai anti-satellite l'an dernier). Ce serait une manière de dire: "Faites gaffe les mecs, nous aussi on peut dégommer vos engins !".

Plusieurs articles (Reuters ou Associated Press) évoquent l'affaire et cet article du Planetary blog fait le point sur la question.
Quoi qu'il en soit la fenêtre de tir de l'armée américaine s'ouvre dans trois ou quatre jours et nous pourrions alors assister a un beau feu d'artifice !

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Ubuntu, Vim et Bash

Posté le 06 février 2008
Les vidéos et les slides des interventions de la dernière conférence Linux en Australie sont maintenant en ligne.
Au vu du programme des conférences cela semble avoir été très dense et très complet. Je vous recommande particulièrement le Kernel report de Jonathan Corbet qui est particulièrement clair.

Dans un registre plus léger et plus trollifère un sondage sur la distro, l'éditeur et le shell qui sont utilisés a été effectuée auprès de tous les inscrits.
Evidemment les résultats sont intéressants car la population sondée est celle des développeurs du noyau et des principaux devs logiciels de l'écosystème du libre et pas un troupeau de trolls anonymes.

Donc, sans plus attendre, les résultats :

* Distribution :

1) Ubuntu
2) Debian
3) Fedora
4) Gentoo

Commentaire : la marge d'Ubuntu est énorme et si on ajoute Debian les distros à base de debs écrasent tout.

* Editeur :

1) Vim
2) Emacs
3) Vi
4) Nano

Commentaire : L'écart entre Vim et Emacs est plus qu'impressionnant. Presque humiliant.

* Shell :

1) Bash
2) Zsh
3) Tcsh
4) None

Commentaire : Même pas photo.

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Sun Rock : Les détails arrivent

Posté le 05 février 2008
La conférence ISSCC qui a débuté le 3 février est l'occasion d'avoir enfin des détails sur tous les futurs processeurs qui vont sortir prochainement.
Le site ArsTechnica propose une première analyse du nouveau processeur Sparc de SUN : le Rock.
On sait que Sun a choisi une voie originale avec ses processeurs Niagara 1 et 2. Plutôt que de lutter sur la puissance brute d'un seul coeur d'exécution, les Niagara privilégient la puissance cumulée de plusieurs coeurs (8) et ils masquent la latence mémoire en ayant plusieurs threads par coeur (8). Au final, pour le Niagara 2,on obtient un CPU de 8 coeurs ayant chacun 8 threads ce qui donne 64 threads pour un processeur dissipant à peine 72 watts à 1.4 GHz.
Cette architecture audacieuse a été bien accueillie et Sun se félicite de son choix technique original.
L'ennui c'est que si Niagara est très efficace sur des programmes spécifiques (comme les serveurs web) sa puissance reste faible pour des programmes classiques nécessitant une puissance par coeur plus importante.
La solution de Sun se nomme Rock et il n'est pas moins original que son petit frère Niagara.

Le Rock possède 16 coeurs ayant chacun 2 threads et il tourne à 2.3 GHz. Pour augmenter la puissance par coeur la technique habituelle est d'opter pour l'exécution des instructions dans le désordre (Out-of-order) et Sun aurait pu se contenter de ça : prendre un Niagara (in order) et lui ajouter le out-of-order. L'ennui c'est que le OOO est très compliqué : il faut consacrer beaucoup de transistors au suivi des instructions puisqu'elle peuvent se balader dans tous les sens. En plus comme la fréquence des CPU est très supérieure à celle de la RAM il faut consacrer aussi beaucoup de transistors au masquage des latences. Sun a donc décidé d'utiliser une nouvelle technique : le scout thread.
Ce thread "de reconnaissance" est l'un des deux threads qui s'exécutent dans chaque coeur et, quand le premier thread est bloqué par un accès mémoire lent, il continue a exécuter les flot d'instruction du programme !
Le premier thread est sauvegardé dans un checkpoint (un registre fantôme) et le thread de reconnaissance (totalement transparent pour le programme ou pour l'OS) continue son travail et sauve les résultats dans une mémoire très rapide (SRAM).
Quand le premier thread a enfin reçu les informations venant de la RAM lente il peut rattraper son retard en se servant directement des résultats sauvés dans la SRAM au lieu de devoir exécuter les instructions du programme.
Si le scout thread est bloqué lui aussi par un accès mémoire alors le thread principal lui "saute par dessus" et devient le scout thread a sa place !
L'article d'ArsTechnica explique très bien toute cette machinerie.

Cette architecture originale à l'avantage de ne nécessiter aucun travail d'adaptation des programmes et devrait permettre à Sun d'augmenter considérablement la puissance par coeur de ses CPU.
Le désavantage c'est que tous les registres fantômes utilisés dans les checkpoints et tous ces scouts threads qui s'exécutent en permanence grèvent le budget énergétique. Un Rock cadencé à 2.3 GHz et gravé en 65 nm dissipe 250 Watts !!!

Il est à noter également que Sun n'a évidemment pas tout dévoilé de son nouveau bébé. On parle beaucoup d'un support hardware de la notion de mémoire transactionnelle. C'est un nouveau modèle qui permettrait d'exécuter des tâches en parallèle sans avoir à gérer toutes la complexité des verrous et les risques de bugs d'interblocage.

Comme l'affirme David Yen, le boss des CPU chez Sun, il n'est pas possible de lutter contre Intel sur le plan de la finesse de gravure car ils sont les plus fort. il faut donc innover coté architecture. Rock va donc avoir des "fonctionnalités qui jusqu'à présent n'existaient que dans des publications académiques" et on peut s'attendre a d'autres révélations très bientôt.

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Le Dieu Anton Blanchard

Posté le 01 février 2008
Si vous avez envie de passer une fin de journée fort peu productive vous pouvez aller lire toutes les geekeries se trouvant sur le site http://antonblanchardfacts.com/

Pour info Anton Blanchard est un dev s'occupant de l'architecture PPC dans le noyau Linux.
L'humour second degré est assez incompréhensible pour qui ne connais pas l'informatique mais c'est vraiment marrant. On peut dire qu'il a poussé le culte du hacker héros jusqu'à sa conclusion ultime ;-)

Quelques extraits :

* The mere mention of Anton Blanchard dispels spinlocks instantly.

* The unit of measurement for "number of kernel bugs fixed per minute" is the nanoBlanchard.

* Anton Blanchard doesn't need a search engine. Anton Blanchard knows where all data is all the time.

* Pictures of Anton Blanchard compress better than pictures of other people.

* If at first it doesn't compile, you're not Anton Blanchard.

* Anton Blanchard is so busy you can't talk to him, only about him.

* Anton Blanchard was looking for a good chip test loop, so he proved P=NP and then hand coded it in Altivec without pipeline bubbles.

* Anton Blanchard's heart beat produces valid ELF binaries.

* Anton Blanchard doesn't write code, the instructions assemble themselves out of fear.

* Hypervisors run for their lives when Anton Blanchard enters the room.

* Anton Blanchard can turn spaghetti code into lasagna.

* Anton Blanchard wrote a working -fomit-bugs flag for gcc but was unable to provide his own test case.


Et enfin ma préférée pour qui connaît la réputation de Drepper :

* Ulrich Drepper is nice to Anton Blanchard.

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Future Combat Systems

Posté le 25 janvier 2008
Le Future Combat Systems c'est un gigantesque programme de l'armée de terre américaine (200 milliards de dollars !) qui est destiné à révolutionner l'art de la guerre et à remplacer pratiquement tous les matériels existants.
En gros il s'agit d'en finir avec les tanks lourds (M1 Abrams) ou les véhicules de combat d'infanterie (M2 Bradley) et tous ces gros matériels issus de la guerre froide pour les remplacer par des véhicules et des systèmes plus rapides, plus légers et surtout mis en réseau afin d'agir plus rapidement.
Le slogan du programme est : "See first, understand first, act first, and finish decisively" et pour y arriver le FCS développe 18 matériels différents (véhicules, drones, robots de combats et munitions intelligentes) + un équipement high-tech pour le fantassin + un système informatique ultra-complexe pour faire fonctionner le tout.
Vous pouvez voir sur cette image ce qui est prévu globalement en terme de matériels.
Pour la partie spécifiquement software il y a cet article assez détaillé et cette image globale.

Tout cela est bien intéressant me direz-vous, mais quel rapport avec le libre ?
Le rapport réside tout simplement dans l'expression "système informatique ultra-complexe" employé ci-dessus.
En quoi consiste ce système ultra-complexe dont le contrat a été attribué à Boeing ? Un article du Washington Post fait le point là-dessus : "Le logiciel a pour but de réaliser ce dont les militaires ne pouvaient que rêver jusqu'à présent : donner aux soldats le pouvoir de communiquer par réseau sans fil en temps réel avec des drones, contrôler à distance des robots de déminage, lancer des missiles guidés par laser sur des ennemis en mouvement et faire des téléconférences dans des tank lancés à pleine vitesse dans le brouillard de la bataille".
Selon le journaliste du Washington Post ce projet est "le plus grand programme logiciel de l'histoire du département de la Défense, un projet dont les militaires disent qu'il éclipse complètement en taille Microsoft Windows".
Initialement prévu à plus de 30 millions de lignes il est maintenant reconnu que le nombre de lignes de code va dépasser largement les 60 millions.
Je ne résiste pas au plaisir de citer cette phrase de l'article : "Boeing et l'armée de Terre ont dit qu'ils ont choisi de ne pas utiliser les logiciels propriétaires de Microsoft parce qu'ils ne voulaient pas dépendre d'une société. Au lieu de ça ils ont choisi de développer un système d'exploitation basé sur Linux et son code source disponible publiquement.
Microsoft, qui fait un volume important de ventes avec l'armée, s'est refusé à tout commentaire
".

L'article explique que Boeing fait travailler directement plus de 2000 développeurs sur le projet logiciel du FCS et collabore avec des compagnies comme Red Hat et Wind River Systems.

Linux va donc former le coeur de ce nouvel OS qui répond au doux nom de SOSCOE pour "System-of-Systems Common Operating Environment".
Donc maintenant quand quelqu'un affirmera que Linux n'est pas assez mûr/robuste/sérieux/ pour concurrencer les OS propriétaires nous pourrons lui rire au nez. Le plus gros projet logiciel de toute l'histoire de la défense américaine, un domaine vital s'il en est, a rejeté Windows et a choisi Linux !
Pour nous libristes c'était déjà évident mais pour le reste du monde c'est un argument plus que probant.
La seconde réflexion consiste à s'interroger sur la licence. Si le SOSCOE est basé sur Linux alors la GPL doit s'appliquer. Boeing en livrant le produit à son client doit donc obligatoirement lui fournir les sources. Plus drôle encore: Si ce système est vendu à d'autres pays (ce qui est probable à plus au moins long terme ne serais-ce que par souci d'interopérabilité avec les armées des pays amis) alors le source devra aussi leur être fourni.

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Après PowerTOP voici LatencyTOP

Posté le 19 janvier 2008
Arjan van de Ven, le développeur Intel fou, récidive et nous propose cette fois un outil permettant de visualiser les latences des programmes sous Linux et de déterminer leur origine au sein du noyau..
Moins d'un an après l'annonce de PowerTOP voici venir LatencyTOP.
L'outil, dont le site se trouve ici, se concentre sur les situations ou la latence empêche une application de faire son travail, par exemple un lecteur vidéo qui fige l'image quand le disque est utilisé par une autre application.
C'est un programme en espace utilisateur associé à un patch noyau qui permet d'annoter les diverses opérations du kernel pour pouvoir ensuite les compter.
L'utilisation à l'air très simple et cet outil va sans doute permettre, comme PowerTOP l'a fait en 2007, d'améliorer techniquement de nombreuses applications.

Selon Arjan les patchs noyaux ne sont pas encore prêts pour une inclusion en mainline et doivent être relus de manière critique par les autres contributeurs LKML : "The patches aren't quite ready for mainline inclusion yet (assuming they aren't hated universally in the first place)...At this point, I would like to invite comments and reviews of the concept and the code to see if people consider this tool useful"

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Gentoo file un mauvais coton

Posté le 16 janvier 2008
En ce moment les choses vont mal pour la distribution source Gentoo.

* Tout d'abord (gênant) la dernière Gentoo Weekly Newletter est parue le 15 Octobre 2007 ce qui, pour une lettre hebdomadaire, n'est pas un signe rassurant. Il a été évoqué un projet de passer à une périodicité mensuelle mais rien de concret n'a encore émergé.

* Deuzio (emmerdant) Le site gentoo-wiki.com a été hacké le 12 décembre par un pirate qui a effacé de nombreux fichiers. La restauration a été assez rapide mais des données récentes n'étant sur les sauvegardes ont été perdues.

* Ensuite (plus grave) la version Gentoo 2007.1 a été annulée du fait du manque de développeurs pour faire face au travail nécessaire.
Traduction : "Le travail a commencé normalement sur cette version mais le grand nombre de vulnérabilités apparues entre septembre 2007 et décembre 2007 ainsi que le manque de développeurs a laissé la team responsable de cette version constamment surbookée. La team a décidé juste avant Noël d'annuler cette version".

* Enfin (carrément catastrophique) Les membres du bureau de la fondation Gentoo (qui détient tous les copyrights du code, le logo et la marque elle-même) ont "oublié" de renouveler les documents légaux auprès de l'état du Nouveau-Mexique. La conséquence c'est que la fondation n'existe plus juridiquement. En fait c'est pire que ça puisque qu'il s'avère que tous les membres (sauf deux) ont démissionnés ou ne sont plus joignables !
L'annonce par Daniel Robbins : http://blog.funtoo.org/2008/01/and-it-gets-worse.html

Un jour après avoir révélé le problème sur son blog Daniel a présenté une offre pour résoudre les problèmes : http://blog.funtoo.org/2008/01/here-my-offer.html
Il propose de reprendre le leadership de la distribution qu'il a fondé pour "get Gentoo going in the right direction from a legal, community and technical perspective.
Pour cela il demande basiquement d'avoir tous les pouvoirs pour changer les choses : virer les anciens membres du bureau et nommer discrétionnairement des nouveaux membres.
Traduction : "En d'autres termes si les membres actuels acceptent mon offre, cela signifie qu'ils me confient le leadership de la Fondation à moi et aux membres que je choisirai.
Si je reviens en tant que président je préserverai le fait que Gentoo est une distribution non commerciale. Au delà de ça vous pouvez vous attendre à ce que tout le reste soit très, très différent de l'état actuel des choses."

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Et le gagnant est....la Grèce !

Posté le 10 janvier 2008
Les deux organisation Electronic Privacy Information Center (us) et Privacy International (uk) organisent depuis plusieurs années un classement des pays en fonction du respect de la vie privée.
L'article récapitulatif est ici : http://www.privacyinternational.org/article.shtml?cmd%5B347%(...)

Une étude est faite des lois de divers pays (47 dont ceux de l'Union européenne) sur des sujets comme la surveillance des citoyens, les divers droits de recours, le respect de l'anonymat...etc
Le résultat est synthétisé dans un volumineux rapport annuel (plus de mille pages) et un classement est effectué en fonction de 14 critères. Un pays se voit alors attribuer une note ce qui le permet de le comparer facilement aux autres.
Les critères complets sont listés ici http://www.privacyinternational.org/article.shtml?cmd%5B347%(...)

Il est donc tenu compte des critères suivants :

- La protection constitutionnelle
- Le statut de la protection des droits
- La garantie de la confidentialité
- La biométrie
- Le partage de données
- Les caméras de surveillance
- L'interception des communications
- La surveillance par l'employeur
- L'accès aux données par le gouvernement
- La rétention des données
- Les données médicales et financières
- La surveillance des frontières
- L'adhésion aux conventions internationales
- Les contre-pouvoirs démocratiques

ATTENTION : le rapport se base sur le corpus législatif des pays et pas sur l'application réelle de ces lois. Un pays bien classé (ayant des lois protectrice de la vie privée) peut être gangrené par d'innombrables atteintes illégales à la vie privée.

La France obtient la note peu reluisante de 1,9 (avant dernière de l'UE) mais nous avons la satisfaction de voir que les USA sont derrière nous avec 1,5. Au niveau des champions on trouve la Grèce, le Canada et la Roumanie. Les cancres sont la Russie, la Malaisie et la Chine. Au niveau mondial le rapport constate une détérioration assez générale depuis l'an dernier.

Juste pour vous faire froid dans le dos voici le paragraphe de synthèse sur la France :

FRANCE

* No explicit right to privacy in constitution, though constitutional court has ruled that it is implicit
* Comprehensive privacy law; though the law permits intellectual property rights holders to create records of rights infringers
* Data privacy authority well known for its strong stance on many issues, investigates, warns and imposes financial sanctions (the first of the latter was in 2006)
* DPA has limited powers over large government systems
* Tort of privacy in civil code, and sectoral laws also exist, as well as protections in the penal code
* DNA database is expanding to include nearly all crime investigations, and is known to be a register of 'civil disobedience' since the protests in 2005 and 2006; compels DNA collection from immigrants if parentage is questioned
* Interception authorised by investigative judge and lasts four months (renewable)
* In 2007, the highest administrative court ruled that database of illegal migrants was excessive, though not on privacy grounds
* Retention policy applies for up to one year; subscriber data and identifying data may only be disclosed upon judicial request
* This was expanded under terrorism law allowing access without any judicial order by the police
* Latest draft rules on retention requires all service providers to retain all information on users and deliver to police upon mere request, and may even require retention of passwords, and payment details; and police may then retain the data for three years
* Intellectual property rights holders may monitor online activity
* Individuals must be identifiable whilst online if they wish to publish content
* Still maintain encryption restrictions
* CCTV is spreading, and may be installed prior to any authorisation
* Collects passenger data
* Biometric ID scheme is still postponed
* Border and visa data is now accessible to all police since 2006
* No fingerprints in passports as yet
* Serious lack of data protection and many security breaches identified in computerized patient records, according to data privacy authority in 2007

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