En cause : « Le contenu de la recherche présenté ne relève pas des mathématiques appliquées, la discipline d’inscription de la thèse. » Suivant cette logique, ce travail serait lié à d’autres domaines, comme les sciences sociales ou la philosophie, et il aurait donc dû être coencadré par des enseignants de ces disciplines.
Donc amha ça n'est pas déconnant de refuser la soutenance.
« Refuser la soutenance d’une thèse quinze jours avant la date prévue alors qu’elle a passé toutes les étapes de validation par ses pairs — du comité de suivi annuel jusqu’aux deux rapporteurs — c’est complètement inédit. C’est un cas d’abus de pouvoir majeur », dit-[son directeur de thèse]
J'entends que la composition de l'encadrement puisse poser problème, mais pourquoi c'est découvert à 2 semaines de la soutenance ?
Je finis en réagissant au titre de ton commentaire : pourquoi se poser des questions éthiques ou politiques autour de l'application des mathématiques à d'autres domaines ne ferait pas partie de la discipline ? Après tout, philosophie et science se sont toujours mélangées (Thalès, Pascal, …)
Oui, mais d'un point de vue académique, ça ne devrait pas être à la direction de l'université de décider de cela, mais au jury de thèse.
une réflexion critique sur le numérique à partir du laboratoire de l’Institut d’informatique et mathématiques appliquées de Grenoble (Imag)
Ce qui me gène, c'est plus le contenu de la thèse. En la parcourant, je trouve que l'approche critique est très légère et que les références mobilisées sont plus journalistiques que des réflexions académiques.
La problématique de la thèse est la suivante :
Comment peut-on lutter contre le déferlement numérique depuis les laboratoires de recherche en informatique ?
Pourquoi pas, et on peut même adopter il me semble une optique informatique là-dessus, ou changer de discipline et aller voir du côté de l'anthropologie ou de la sociologie, même si la problématique aurait dû être changée. D'un point de vue informatique, il aurait pu parler et contribuer aux recherches sur le minimalisme en informatique, que ce soit au niveau d'internet, des systèmes d'exploitation, des ressources liées à la construction des ordinateurs. Voire à une réflexion méthodologique pour faire de l'informatique sans ordinateur électrique ! Bref, il me semble qu'il y avait beaucoup de possibilité pour discuter de cette problématique d'un point de vue mathématiques appliquées, ou en changeant de discipline, mais cette personne n'a pas fait cette effort. Dommage.
D'un point de vue extérieur, indépendamment de savoir si la thèse ou le sujet sont bien ou pas :
- « Refuser la soutenance d’une thèse quinze jours avant la date prévue alors qu’elle a passé toutes les étapes de validation par ses pairs — du comité de suivi annuel jusqu’aux deux rapporteurs — c’est complètement inédit. »
- « le doctorant n’a plus accès depuis deux mois au laboratoire de l’Imag où il travaillait. Le site, classé en zone à régime restrictif, lui est interdit suite au refus du fonctionnaire sécurité défense, le représentant du ministère de l’Intérieur au sein de l’université. »
C'est quand même assez étrange de bloquer à la toute fin, surtout semi-mollement et par étapes.
Posté par patrick_g (site web personnel) .
Évalué à 5 (+4/-2).
Dernière modification le 04 juin 2026 à 12:33.
C'est quand même assez étrange de bloquer à la toute fin, surtout semi-mollement et par étapes.
Oui c'est vrai. Mais d'un autre côté on peut comprendre qu'une université l'ait un peu mauvaise quand une partie de son budget pour les thèses est dépensée sur un travail qui ne correspond absolument pas à ce qui avait été annoncé.
Si on regarde ce qui avait été le projet de thèse au début cela devait porter sur : "l'analyse de systèmes dynamiques caracétrisés par des réseaux d'interraction en grande dimension".
Il n'est pas rare que le sujet initial d'une thèse soit modifié et réorienté en cours de recherche. Quel est le budget de l'Université pour les thèses (en dehors du temps utilisé par ceux qui les dirigent) ? Et juger un travail sur les fautes de frappe (et orthographe) plus ou moins nombreuses, c'est vraiment être en man que d'arguments sur le fond…
S'il y avait un problème avec cette thèse, l'université avait largement le temps de dialoguer avec le laboratoire concerné et le thésard. Et quand bien même ce serait hors-sujet, de mauvaise qualité, etc. il n'avait aucune raison de bloquer sa soutenance si ce n'est d'empêcher le thésard d'obtenir son diplôme et de continuer dans cette voie.
Il me semble bien que l'article a raison et que les motifs invoqués ne sont qu'un prétexte parce que le contenu, bon ou mauvais, dérange et que l'on a pas envie de voir une réflexion sur ce sujet.
On peut télécharger la thèse, qui s'est d'ailleurs fait dégommer par des universitaires sur Mastodon. Et franchement, je comprends complètement le refus de la soutenance. En revanche, ce qui est étonnant c'est que le directeur de thèse l'a laissé continuer.
Posté par fab .
Évalué à 3 (+3/-0).
Dernière modification le 04 juin 2026 à 22:49.
Salut,
Pour commencer, les restrictions d'accès au labo sous régime ZRR sont assez classiques. Dans de nombreux autres labos sous le même régime, la fin de contrat (CDD chercheur ou ingénieur, contrat doctoral, ATER) donne lieu à une perte des accès physiques et numériques. La personne peut toujours être reçue par ses anciens encadrants/collaborateurs (de manière plus ou moins accompagnée), mais perd son droit à entrer/sortir des locaux avec la même facilité que pendant le contrat. En passant, ça évite aussi des formes de travail dissimulé financé par le chômage
Ensuite, dans le cas précis discuté, les rapports rédigés par les deux rapporteurs du manuscrit de thèse soulignent que le contenu du manuscrit est intéressant mais exigerait d'avoir un.e rapporteu.r.ice issu.e des SHS pour évaluer cet aspect du travail et valider la méthodologie en sociologie que revendique l'auteur de la thèse. Les thèses qui se revendiquent de l'interdisciplinarité doivent faire l'objet d'une double évaluation, ce qui est la pratique habituelle des collèges doctoraux.
Dans le cas présent, il n'est nulle part indiqué les conclusions des comités de suivi individuel doctoral (CSID) qui auraient dû normalement alerter sur ce besoin de double évaluation. Malheureusement, une majorité des CSID se fait avec des extérieurs indépendants mais avec des proches de la direction de thèse qui peuvent ne pas s'exprimer librement.
Par pure curiosité, on peut voir une inflexion forte dans les thématiques des thèses orientées récemment par le directeur de thèse en question (cf fiche theses.fr de Romain Couillet : https://theses.fr/15645713X). Le doctorant suivant risque d'avoir les mêmes problèmes pour soutenir…
Chez le suivant, il y a au moins un vernis de scientificité dans les "articles" soumis en conférence et présents sur son site. Il est peu probable que cela suffise à obtenir le grade de docteur cependant, on est très clairement dans le "fringe".
J'ai jeté un œil au "manuscrit". Celui-ci est également très loin d'être recevable en SHS, philosophie ou même STS.
Il s'agit d'un (mauvais) texte militant et non d'un travail de recherche. Je me demande comment le doctorant n'a pas été inquiété pendant plus de trois ans.
On va la faire simple/basique pour commencer: le gars a été financé pendant 3 ans ad minima (par de l'argent public sans doute, car je ne vois pas un industriel de l’électronique soutenir de tels propos critiques dans le cadre d'un financement CIFRE) pour qu'on lui dise niet 15 jours avant la soutenance.
Beaucoup qualifieraient cela de "atteinte à la liberté de la science et de sa critique", "harcèlement", "gabegie", de "gaspillage" ou de "c'est Nicolas qui paye leurs âneries" etc en fonction des positions respectives sur l’échiquier politique.
# Thèse politique et pas mathématique
Posté par patrick_g (site web personnel) . Évalué à 9 (+9/-3).
Extrait de l'article :
Donc amha ça n'est pas déconnant de refuser la soutenance.
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par bbo . Évalué à 9 (+7/-0).
OK, mais je lis aussi :
J'entends que la composition de l'encadrement puisse poser problème, mais pourquoi c'est découvert à 2 semaines de la soutenance ?
Je finis en réagissant au titre de ton commentaire : pourquoi se poser des questions éthiques ou politiques autour de l'application des mathématiques à d'autres domaines ne ferait pas partie de la discipline ? Après tout, philosophie et science se sont toujours mélangées (Thalès, Pascal, …)
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par lejocelyn (site web personnel) . Évalué à 8 (+6/-0).
Oui, mais d'un point de vue académique, ça ne devrait pas être à la direction de l'université de décider de cela, mais au jury de thèse.
Ce qui me gène, c'est plus le contenu de la thèse. En la parcourant, je trouve que l'approche critique est très légère et que les références mobilisées sont plus journalistiques que des réflexions académiques.
La problématique de la thèse est la suivante :
Pourquoi pas, et on peut même adopter il me semble une optique informatique là-dessus, ou changer de discipline et aller voir du côté de l'anthropologie ou de la sociologie, même si la problématique aurait dû être changée. D'un point de vue informatique, il aurait pu parler et contribuer aux recherches sur le minimalisme en informatique, que ce soit au niveau d'internet, des systèmes d'exploitation, des ressources liées à la construction des ordinateurs. Voire à une réflexion méthodologique pour faire de l'informatique sans ordinateur électrique ! Bref, il me semble qu'il y avait beaucoup de possibilité pour discuter de cette problématique d'un point de vue mathématiques appliquées, ou en changeant de discipline, mais cette personne n'a pas fait cette effort. Dommage.
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par Benoît Sibaud (site web personnel) . Évalué à 10 (+9/-0).
D'un point de vue extérieur, indépendamment de savoir si la thèse ou le sujet sont bien ou pas :
- « Refuser la soutenance d’une thèse quinze jours avant la date prévue alors qu’elle a passé toutes les étapes de validation par ses pairs — du comité de suivi annuel jusqu’aux deux rapporteurs — c’est complètement inédit. »
- « le doctorant n’a plus accès depuis deux mois au laboratoire de l’Imag où il travaillait. Le site, classé en zone à régime restrictif, lui est interdit suite au refus du fonctionnaire sécurité défense, le représentant du ministère de l’Intérieur au sein de l’université. »
C'est quand même assez étrange de bloquer à la toute fin, surtout semi-mollement et par étapes.
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par patrick_g (site web personnel) . Évalué à 5 (+4/-2). Dernière modification le 04 juin 2026 à 12:33.
Oui c'est vrai. Mais d'un autre côté on peut comprendre qu'une université l'ait un peu mauvaise quand une partie de son budget pour les thèses est dépensée sur un travail qui ne correspond absolument pas à ce qui avait été annoncé.
Si on regarde ce qui avait été le projet de thèse au début cela devait porter sur : "l'analyse de systèmes dynamiques caracétrisés par des réseaux d'interraction en grande dimension".
Je laisse intentionnellement l'orthographe d'origine. Le texte de présentation de la thèse est littéralement bourrée de fautes.
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par Voltairine 🏳️🌈 . Évalué à 4 (+3/-1).
Il n'est pas rare que le sujet initial d'une thèse soit modifié et réorienté en cours de recherche. Quel est le budget de l'Université pour les thèses (en dehors du temps utilisé par ceux qui les dirigent) ? Et juger un travail sur les fautes de frappe (et orthographe) plus ou moins nombreuses, c'est vraiment être en man que d'arguments sur le fond…
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par Voltairine 🏳️🌈 . Évalué à 5 (+4/-1).
S'il y avait un problème avec cette thèse, l'université avait largement le temps de dialoguer avec le laboratoire concerné et le thésard. Et quand bien même ce serait hors-sujet, de mauvaise qualité, etc. il n'avait aucune raison de bloquer sa soutenance si ce n'est d'empêcher le thésard d'obtenir son diplôme et de continuer dans cette voie.
Il me semble bien que l'article a raison et que les motifs invoqués ne sont qu'un prétexte parce que le contenu, bon ou mauvais, dérange et que l'on a pas envie de voir une réflexion sur ce sujet.
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par Benoît Sibaud (site web personnel) . Évalué à 4 (+1/-0).
Quelques infos de plus: https://bsky.app/profile/47k071k3.bsky.social/post/3mnfayoft6j2l
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par Ysabeau 🧶 (courriel, site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+2/-0). Dernière modification le 04 juin 2026 à 20:57.
On peut télécharger la thèse, qui s'est d'ailleurs fait dégommer par des universitaires sur Mastodon. Et franchement, je comprends complètement le refus de la soutenance. En revanche, ce qui est étonnant c'est que le directeur de thèse l'a laissé continuer.
Je n’ai aucun avis sur systemd
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par fab . Évalué à 3 (+3/-0). Dernière modification le 04 juin 2026 à 22:49.
Salut,
Pour commencer, les restrictions d'accès au labo sous régime ZRR sont assez classiques. Dans de nombreux autres labos sous le même régime, la fin de contrat (CDD chercheur ou ingénieur, contrat doctoral, ATER) donne lieu à une perte des accès physiques et numériques. La personne peut toujours être reçue par ses anciens encadrants/collaborateurs (de manière plus ou moins accompagnée), mais perd son droit à entrer/sortir des locaux avec la même facilité que pendant le contrat. En passant, ça évite aussi des formes de travail dissimulé financé par le chômage
Ensuite, dans le cas précis discuté, les rapports rédigés par les deux rapporteurs du manuscrit de thèse soulignent que le contenu du manuscrit est intéressant mais exigerait d'avoir un.e rapporteu.r.ice issu.e des SHS pour évaluer cet aspect du travail et valider la méthodologie en sociologie que revendique l'auteur de la thèse. Les thèses qui se revendiquent de l'interdisciplinarité doivent faire l'objet d'une double évaluation, ce qui est la pratique habituelle des collèges doctoraux.
Dans le cas présent, il n'est nulle part indiqué les conclusions des comités de suivi individuel doctoral (CSID) qui auraient dû normalement alerter sur ce besoin de double évaluation. Malheureusement, une majorité des CSID se fait avec des extérieurs indépendants mais avec des proches de la direction de thèse qui peuvent ne pas s'exprimer librement.
Par pure curiosité, on peut voir une inflexion forte dans les thématiques des thèses orientées récemment par le directeur de thèse en question (cf fiche theses.fr de Romain Couillet : https://theses.fr/15645713X). Le doctorant suivant risque d'avoir les mêmes problèmes pour soutenir…
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par MdC . Évalué à 2 (+1/-0).
Chez le suivant, il y a au moins un vernis de scientificité dans les "articles" soumis en conférence et présents sur son site. Il est peu probable que cela suffise à obtenir le grade de docteur cependant, on est très clairement dans le "fringe".
[^] # Re: Thèse politique et pas mathématique
Posté par MdC . Évalué à 4 (+3/-0).
J'ai jeté un œil au "manuscrit". Celui-ci est également très loin d'être recevable en SHS, philosophie ou même STS.
Il s'agit d'un (mauvais) texte militant et non d'un travail de recherche. Je me demande comment le doctorant n'a pas été inquiété pendant plus de trois ans.
# « Ces chercheurs critiquent le numérique... et se voient accusés d’être à la solde d’une entreprise chinoise »
Posté par Claude SIMON (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).
La suite : https://reporterre.net/Ces-chercheurs-critiquent-le-numerique-et-se-voient-accuses-d-etre-a-la-solde-d-une
Zelbinium: pour la génération qui crée, pas celle qui scrolle…
# Affligeant
Posté par Luc-Skywalker . Évalué à 2 (+0/-0).
On va la faire simple/basique pour commencer: le gars a été financé pendant 3 ans ad minima (par de l'argent public sans doute, car je ne vois pas un industriel de l’électronique soutenir de tels propos critiques dans le cadre d'un financement CIFRE) pour qu'on lui dise niet 15 jours avant la soutenance.
Beaucoup qualifieraient cela de "atteinte à la liberté de la science et de sa critique", "harcèlement", "gabegie", de "gaspillage" ou de "c'est Nicolas qui paye leurs âneries" etc en fonction des positions respectives sur l’échiquier politique.
Je me demande si ce thésard n'est pas embarqué malgré lui dans une vendetta à l'encontre de son directeur de thèse.
"Démanteler le numérique" (mettre fin à la guerre généralisée au vivant.), un bouquin qu'il a publié en 2026, ne doit pas trop les faire rigoler à l'IMAG:
partie 1: LE NUMÉRIQUE, CATALYSEUR DE L’ANÉANTISSEMENT PLANÉTAIRE.
partie 2: DÉMANTELER
"Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard
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