Salut les moules organiques !
Hier, j'ai terminé la lecture du livre Richard Stallman et la révolution du logiciel libre sorti il y a 16 ans…
Tu serais une IA, tu me dirais que je suis quelqu'un d'exceptionnel car j'essaie de rattraper avec un rare courage tout le retard de lecture que j'ai accumulé au fil des années ; perso, je préfère assumer les railleries qui pourraient ponctuer (inonder ?) les commentaires de ce journal.
Bref, j'ai appris plein de trucs sympa dans ce livre :
le poids considérable que le terme free (et sa double signification en anglais "gratuit" et "libre") a eu sur le travail d'évangélisation pour les libertés logicielles mené par Richard Stallman. Aujourd'hui, l'usage du mot français libre me semble relativement admis (merci LibreOffice, LibreELEC, LibreCAD, etc.), levant ainsi toute ambiguïté. Ah, si Richard Stallman y avait pensé dans les années 80 !
le schisme qu'ont créé Tim O'Reilly (fondateur de la maison d'édition) et Eric Raymond (que je ne connaissais que pour La Cathédrale et le Bazar) en proposant le terme open source à un parterre d'entrepreneurs moins intéressés par l'éthique du mouvement du logiciel libre que par le monde des affaires (à noter que c'est ce dernier qui est également à l'origine de l'OSI)
les échanges entre Ian Murdock (fondateur du projet Debian) et Richard Stallman qui ont débouchés sur le terme GNU/Linux, tout cela à cause du retard du projet GNU Hurd
une interview de Linus Torvalds qui a impulsé Robert Young, alors éditeur du Linux Journal, dans la création de l'empire Red Hat
une anecdote qui a peu de chance de faire mouche en soirée : bien que Linus Torvalds soit finlandais, sa langue maternelle est le suédois (à priori, 6% de la population finlandaise parle suédois)
le travail de publication très pro de feu Framabook
Finalement, je suis ressorti de cette lecture sans trop savoir si Linus Torvald était un réel défenseur du logiciel libre ou non.
Je pense que je vais enchaîner sur un bouquin retraçant son parcours.
J'aime bien les biographies.

# Linus Torvalds et le logiciel libre
Posté par raphj (site web personnel) . Évalué à 8 (+6/-0).
Il fait de l'open source. Il me semble qu'il est plus intéressé par l'aspect développement coopératif et les dynamiques que permettent la GPLv2 que réel défenseur du logiciel libre. Je pense qu'il voit simplement l'open source comme un modèle efficace et supérieur.
Il n'hésite pas à adopter des solutions propriétaires quand il pense qu'elles sont plus efficaces (par exemple BitKeeper avant le chaos causé par le dev de Samba, Andrew Tridgell, qui a conduit BitKeeper à ne plus autoriser son utilisation gratuite pour le noyau Linux et à la création de git).
Il est explicitement pour que les constructeurs matériels puissent faire de la Tivoisation (et donc puissent limiter les droits des utilisateurs finaux, alors que les droits des utilisateurs finaux c'est la base du logiciel libre). D'ailleurs, il déteste la GPLv3, il considère que ça n'aurait pas dû être la suite de la GPLv2.
On peut le voir comme un allié "technique" du logiciel libre (de fait, il a créé et dirige un des projets libres les plus importants) mais n'en est à ma connaissance pas un fervent défenseur, encore moins militant pour le logiciel libre.
[^] # Re: Linus Torvalds et le logiciel libre
Posté par Obsidian . Évalué à 2 (+0/-0).
Je pense que c'est le sous-titre de Just For Fun, le livre de Linus (traduit chez nous en « Il était une fois Linux ») qui résume le mieux la chose : « l'extraordinaire histoire d'une révolution accidentelle ».
Et ironie de la chose, j'y retrouve un marque-page ouvrant le chapitre sur « la propriété intellectuelle », dans lequel on peut lire :
Linus a toujours été un « hippie pragmatique », ce qui se confirme quand on lit le livre et quand on regarde les vidéos ou il apparaît mais il faut également se souvenir qu'au départ, en 1991 mais également dans les années 1980 (pour les générations huit bits), nos plateformes n'étaient pas verrouillées, mais elles étaient pour ainsi dire toutes propriétaires quand même. À ce stade, il s'agissait surtout de lancer un projet participatif comme on l'avait tous fait à cette époque, puis, plus tard, de faire en sorte qu'il prospère et ne meure pas de causes naturelles comme c'était le cas pour 90 % des initiatives amateur.
C'est le fait d'avoir mis en place une infrastructure libre et solide qui a permis ensuite à tout le mouvement de croître dessus, avec tous les bienfaits que l'on peut en tirer aujourd'hui tant c'est devenu aujourd'hui un enjeu au niveau international. Rétrospectivement, je trouve cela comparable au fait d'avoir déployé le réseau électrique en France dans les années 60 et 70.
Parallèlement, le projet Linux a toujours été perméable à la contribution extérieure et cela a été une prouesse d'arriver à le faire à la fois sans se « perdre » et sans imposer une idéologie propre qui aurait fini par enfermer le projet et le conduire dans une impasse.
En ce sens, on peut dire sans trop se mouiller je pense que Linus est d'une façon générale favorable à tout ce qui permet au projet d'avancer, quoi que ce soit, tant que ça reste dans la mesure de l'admissible. Et c'est précisément ce qui a permis au noyau d'aller si loin.
# Biographie de Linus
Posté par Laurent J (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).
Un livre que j'ai adoré : "Il était une fois Linux" de Linus Torvalds avec David Diamond, éditions Osman eyrolles multimedia (sorti en 2001). En anglais, le titre est "Just for fun".
Cela raconte l'enfance de Linus et sa passion pour l'informatique, la naissance de Linux dans sa chambre et ses échanges avec Andrew Tanenbaum, l'auteur de Minix, etc..
Très intéressant et plutôt drôle. D'ailleurs je suis en train de le relire :)
# L'éthique des Hackers
Posté par inkey . Évalué à 3 (+2/-0).
Pour continuer si tu n'as pas eu l'occasion de le lire, il y à l'"éthique des hackers".
C'est assez ancien (1ère édition en 1984, oui, oui !), et toutes les partis ne sont pas d'intérêt égal (j'avoue ne pas être spécialement passionné par la partie sur les jeux vidéos et sierra), certaine post-face font sourire jaune (avec mark pain de sucre notamment).
Cependant, le livre permet une compréhension plus claire du monde dans lequel l'informatique et le mouvement hackers et du logiciel libre est apparu, j'ai beaucoup aimé en particulier partie sur le MIT. Il y à d'ailleurs un chapitre, il me semble sur Stallman (le dernier des hackers ou un nom comme ça).
Ça fait un moment que je l'ai lu donc je ne m'en rappelle pas super bien, mais ce bouquin m'a vachement marqué.
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