Journal Le troll licence du vendredi

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nov.
2006
Je viens de lire un post extrêmement intéressant sur le site LWN et je voudrais le traduire ici afin de troller un peu.

Le contexte :
C'est dans un article sur Sparse ( http://lwn.net/Articles/208312/ ) que ce post a été écrit.
Sparse est un outil d'analyse statique du code source. En gros il prend en entrée le code source d'un programme et il renvoie en sortie les endroits ou il estime qu'il y a un bug. Cet outil a été écrit à l'origine par Linus Torvalds qui voulait améliorer la qualité du kernel. Il a été mis sous licence OSL v1.1 par Linus.
Cette licence est assez particulière car elle n'est pas considéré comme libre par Debian : http://wiki.debian.org/DFSGLicenses#head-2b7e4b3507dcc5657da(...)

Le problème que pose cette licence est résumé excellement par Anonyme512 dans sa news de 2002 qui se trouve ici => http://linuxfr.org/2002/09/30/9820.html :
"(La licence OSL) contient une clause de terminaison qui stipule que toute société/personne qui attaquerait en justice un logiciel couvert par l'OSL pour violation de brevet perdrait immédiatement tous les droits d'utiliser librement tous les logiciels couverts par l'OSL"

Pourquoi Linus a choisi cette licence particulière quand il a écrit Sparse au lieu de choisir sa chère GPLv2 qu'il semble tant aimer ? Après toutes les critiques de Linus disant que la GPLv3 est une mauvaise chose car elle lutte contre les DRM alors que ce n'est pas à travers d'une licence qu'il faut s'attaquer à ce problème et après toutes ses affirmations disant que la GPLv2 est vraiment la meilleure licence pourquoi choisir l'OSL à la place ?

C'est ici que j'insère la traduction d'une partie du post de Branden (est-ce Branden Robinson l'ancien leader Debian ?)

Le lien : http://lwn.net/Articles/208556/

La traduction :
"C'est un choix intéressant de licence étant donné la réception que la plupart des développeurs du noyau ont donné à la GPLv3.

RMS et les développeurs Linux sont d'accord pour penser que les DRM sont une mauvaise chose.
RMS et les développeurs Linux sont d'accord pour penser que les brevets logiciels sont une mauvaise chose.

Selon les développeurs de Linux une licence n'est pas l'endroit approprié pour lutter contre le caractère pernicieux des DRM. De là son choix de la licence OSL pour Sparse.
Cependant, au moins selon Linus, une licence de logiciel est un endroit approprié pour lutter contre les caractère pernicieux des brevets logiciels.

Je serais absolument fasciné d'entendre un raisonnement expliquant en quoi ce comportement n'est pas illogique.
Ma conjecture serait que Linus (et peut-être les autres développeurs du noyau qui ont signés la critique de la GPLv3) sentent que les brevets logiciels restreignent les libertés auxquelles ils attachent de l'importance alors que les DRM restreignent des libertés dont ils n'ont rien à faire.
"

Le troll :
Linus est donc un salopiot illogique et égoïste. Il crache sur la GPLv3 en affirmant qu'elle n'est que le reflet des lubies politiques anti-DRM de la FSF. La vérité c'est qu'il se branle complètement du problème des DRM car cela ne le concerne pas. En revanche le problème des brevets logiciels le concerne et il utilise donc sans vergogne une licence spécialement conçue pour lutter ces brevets.

Poilu celui-là non ?
  • # pas mail ...

    Posté par  . Évalué à 4.

    il risque même de nous occuper le vendredi et une partie du week end ;)
    • [^] # Re: pas mail ...

      Posté par  . Évalué à 2.

      d'ailleurs faudrait un chan IRC pour se tapper sur la geule à coup de troll... :) les commentaires c'est bien mais on est limité à 20 par jour. De plus il manque la passion du direct.

      A la fin on pourrait même réussir à refaire en livre un chapitre du meilleur des mondes (où les discussions de tout les personnages se confondent).
      • [^] # Re: pas mail ...

        Posté par  . Évalué à 2.

        d'ailleurs faudrait un chan IRC pour se tapper sur la geule à coup de troll...


        Mais ça existe déjà, c'est #linuxfr sur FreeNode !

        (Ce post est dédicacé à Gniarf)
  • # C'est plutôt logique.

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3.

    Les DRM, physiquement, ce sont des éléments logiciels et matériels qui existent alors que les brevets logiciels, c'est du blabla juridique sur un bout de papier (ou un bout de disque dur), comme une license.

    Donc on lutte contre du blabla juridique (les brevets) avec du blabla juridique (des licenses), et on lutte contre des éléments physiques (les DRM) avec des méthodes physiques (En effaçant les protections ou en boycottant les produits protégés).
    • [^] # Re: C'est plutôt logique.

      Posté par  . Évalué à 4.

      Ben non les DRM ce n'est pas que physique puisque tu n'as pas le droit (juridique) de les contourner.
      • [^] # Re: C'est plutôt logique.

        Posté par  . Évalué à 2.

        marf, et le droit, comment tu fais pour lutter contre?

        Par une licence ou par des moyens physiques (vote etc.)?
        • [^] # Re: C'est plutôt logique.

          Posté par  . Évalué à 5.

          tu ne peux lutter contre le droit par des moyens physiques (à part le terrorisme), la loi est votée, elle existe. Demain si ségo ou sarko ou momo ou aziz est élu, la loi existera toujours SAUF si le-dit élu change la loi (je n'ai jamais vu cela sur les 20 dernières années, un virement 180°).

          Le seul moyen de lutter contre un point de droit est de lui opposer un autre point de droit.
          Troll : par exemple sur la loi contre le tabac dans les lieux publics (restaurant/bar pour ceux qui veulent y fumer)=> créer un club privé (point de droit) ou on autorise QUE les fumeurs.
          Exemple : pour un brevet sur l'affichage d'un pixel rose à coté d'un pixel bleu pour faire un style : Trouver une implémentation antérieure (point de droit).

          Troll de compétition : "si tu penses lutter contre les injustices ave le vote etc... " .. ben c'est bien.
  • # ...

    Posté par  . Évalué à 0.

    Et a part déterrer un nombre incalculable de trolls moisis à la semaine, tu bosses ?
    La dernière fois c'était NetBSD, la fois d'avant c'était la documentation d'OpenBSD en anglais... ca devient lassant.

    Heureusement que tu fais de bonnes dépeches pour contrebalancer :)
    • [^] # Re: ...

      Posté par  . Évalué à 2.

      Ouais mais linuxfr sans de vrai morceau de troll dedans, c'est pas vraiment trollfr^W linuxfr.
    • [^] # Re: ...

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 4.

      >> Et a part déterrer un nombre incalculable de trolls moisis à la semaine, tu bosses ?
      La dernière fois c'était NetBSD, la fois d'avant c'était la documentation d'OpenBSD en anglais... ca devient lassant.


      Alors là je m'insurge !
      Ce journal aborde un vrai problème et soulève une vraie question. Certes le dernier paragraphe est volontairement trollesque mais le reste est quand même très intriguant. Pourquoi Linus a choisi cette licence particulière ?

      Mais bon je vais quand même essayer de me racheter et de pondre une bonne dépêche...reste plus qu'à trouver un sujet :-)
  • # euh

    Posté par  . Évalué à 3.

    Je ne vois en quoi Linux est illogique.

    Tout vient du flou qui entoure la définition d'un DRM. N'importe quelle protocole de communication avec le matériel qui accède au media protégé peut-être considéré comme un DRM.

    Par DRM on sous-entend souvent solution lourde de crypto, fortement sécurisée, mais ce n'est pas ça.

    Si un vendeur vend un média ré-inscriptible qui contient un entier qui doit être décrémenté à chaque lecture et de la musique ou une vidéo, sans aucune autre forme de protection. Alors une violation du DRM consiste à ne pas tester la valeur de l'entier avant la lecture, ou a ne pas décrémenter l'entier comme le prévoit le protocole de lecture du vendeur. Et en électronique, ce genre de DRM existe (par exemple pour les cartes TV numériques au Etats Unis).

    Pour aller plus loin, le vendeur peut nomer DRM le protocole de communication avec son matériel. Et le simple fait de le nommer le rend incompatible avec la GPLv3, quand bien même il n'y aurait pas de protocole de crypto à reverser. Dans certains pays (la France, les Etats-Unis...) cela suffit a en empêcher l'implémentation dans le source de Linux. Mais dans un pays ne reconnaissant pas les DRMs, on appellerait ce bout de code un driver.

    bon c'était pas très clair
    • [^] # Re: euh loi francaise DRM

      Posté par  . Évalué à 1.

      A noter que la loi francaise exige que les "mesures de protections techniques" soient efficaces, c'est-à-dire difficilement contournables.

      Mais au final peu importe. Une licence est un contrat de droit privé et peut donc contenir toutes sortes de modalités, y compris concernant l'usage du logiciel (ici interdiction de cet usage en relation avec un DRM).
      Si t'es pas content, refuse ce contrat. Mais alors tu n'as pas le droit d'utiliser le logiciel.
      • [^] # Re: euh loi francaise DRM

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 2.

        A noter que la loi francaise exige que les "mesures de protections techniques" soient efficaces, c'est-à-dire difficilement contournables.

        Faux:

        "Selon le même article 6-3, une mesure technique est réputée efficace « lorsque l’utilisation d’une oeuvre protégée est contrôlée par le titulaire du droit grâce à l’application d’un code d’accès ou d’un procédé de protection tel que le cryptage, le brouillage ou toute autre transformation de l’oeuvre ou de l’objet protégé ou d’un mécanisme de contrôle de copie qui atteint cet objectif de protection« ."

        En gros, si j'ai bien compris, il suffit de mettre en oeuvre un brouillage par exemple pour être réputé efficace, pas besoin que ça marche réellement.
        • [^] # Re: euh loi francaise DRM

          Posté par  . Évalué à 1.

          je pense que tu ne tiens pas compte du "qui atteint cet objectif de protection"
          • [^] # Re: euh loi francaise DRM

            Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 1.

            Tu cites mal:

            c'est cryptage OU brouillage OU "toute autre méthode qui atteint..."

            donc si il y a un cryptage ou un brouillage pas besoin d'atteindre l'objectif de protection. C'est nul je sais.
    • [^] # Re: euh

      Posté par  . Évalué à 1.

      Et le simple fait de le nommer le rend incompatible avec la GPLv3, quand bien même il n'y aurait pas de protocole de crypto à reverser


      D'après mes souvenirs de la lecture du Draft 2, au contraire, la partie qui touche aux DRM est très généraliste : ils ne nomment jamais les DRM en tant que tels, mais parlent de "procédés qui pourraient empêcher d'accéder aux sources ou de modifier le logiciel", et demande spécifiquement que l'accès ou la modification de ces sources soit toujours possible.

      Donc, je ne vois pas en quoi le fait de nommer "DRM" ou pas quelque chose changerai l'attitude de la GPLV3 : si ça restreint les libertés (à la mode Stallman), c'est pas bon, sinon c'est bon. Pas besoin de jouer sur les mots.

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