Journal L'écologisme comme religion d'Etat.

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juil.
2003
Les écologistes perdent toutes les élections ; ils ont à peu près disparu de la scène politique, José Bové, leur chef emblématique, est en prison pour son mépris des lois et de la justice ; sa cause est surannée. Mais évincés par la démocratie, ces Verts remportent par ailleurs une victoire idéologique majeure : Jacques Chirac, rallié objectif à leur cause, propose d'inscrire dans la Constitution une déclaration des droits de l'environnement. Bové dans sa cellule, les marcheurs du Larzac, les antimondialistes, les rêveurs en sandales dans leurs songes les plus fous, n'envisageaient sans doute pas que le chef de l'Etat, imposerait, au-dessus de nos lois, l'écologisme comme religion d'Etat.

C'est discrètement, entre grèves et récession, que le Conseil des ministres a adopté le 25 juin dernier, un projet d'amendement à la Constitution ; pour la première fois depuis 1946, le Préambule serait modifié pour y inclure le «droit de l'environnement». Ce «droit» et la Charte de l'environnement qui y est annexée subordonneraient notre avenir économique à des exigences écologiques tels «la biodiversité», le «renouvellement des ressources naturelles», le «développement durable», le «principe de précaution».


Une initiative majeure, passé inaperçue des Français ; sans doute ont-ils l'esprit ailleurs. A tort ! Pour le président de la République, il s'agit là d'un acte majeur, sinon du geste historique de son mandat. C'est l'histoire (la gestion est pour Raffarin) qui occupe le président : en résistant aux Américains, il pense avoir restauré le rang de la France, en inscrivant l'écologie dans la Constitution, la France reprendrait le flambeau des libertés. Comme en 1789, déclaration des droits de l'homme (après les Etats-Unis mais peu importe la réalité historique), et comme en 1948 lorsque René Cassin proposa au monde ébloui, une Déclaration universelle des droits de l'homme.

Nous n'inventons rien ; on lit dans la présentation du projet, qu'après la déclaration des droits de l'homme politiques de 1789, la Constitution s'est enrichie en 1946 d'une déclaration des droits de l'homme économiques et sociaux et que, dans un nouvel élan vers la lumière, nous bénéficierons bientôt (sic) d'une «troisième génération des droits de l'homme, le droit de l'environnement».


Cette référence à une marche positive de l'histoire mérite un commentaire : en 1789, la première déclaration des droits avait traduit la victoire idéologique du libéralisme ; en 1946 ; la seconde a traduit celle du socialisme alors dominant. La troisième témoignerait donc de la domination de l'écologisme. Mais l'écologisme dont nous allons vérifier qu'il imprègne totalement cette troisième déclaration se distingue radicalement des deux mouvements précédents. Tout d'abord, ce n'est pas un mouvement populaire porté par un combat historique mais plutôt une mode bourgeois-bohème et l'expression momentanée d'une dépression intellectuelle de la gauche. Par ailleurs, l'écologisme s'inscrit en rupture et non pas en continuité avec les deux déclarations précédentes des droits de l'homme puisque, par définition, il doute du progrès et crée des droits de la nature, voire des droits des animaux au-dessus des droits de l'espèce humaine. Ceci a été parfaitement analysé par Luc Ferry en 1992, lorsqu'il était philosophe, dans son ouvrage Le nouvel ordre écologiste. Il y rappelait justement, que l'écologie s'inscrit en contradiction avec la civilisation occidentale et judéo-chrétienne, celle-ci étant fondée et justifiée par la maîtrise de la nature et non par l'asservissement de l'homme à la nature ; l'écologisme est une religion païenne.


Ce culte écologiste repose sur des dogmes qu'égrène, sans en omettre un seul, la future charte constitutionnelle de l'environnement ; aucun cliché Vert ne nous est épargné depuis le réchauffement de la planète (non prouvé), le trou dans l'ozone (sujet de controverse), le développement durable (qu'est-ce ?), la biodiversité (nullement menacée) jusqu'au saint principe de précaution (indéfinissable).


Ce catéchisme prétendument scientifique comme le fut le marxisme en son temps – a été pieusement collationné par une commission ad hoc réunie par l'Elysée sous la présidence du paléontologue Yves Coppens ; ce qui permet au gouvernement de prétendre, dans sa présentation amphigourique de la charte de l'environnement, qu'elle résulte d'un «large débat». Les membres de la commission furent, en vérité, recrutés en fonction de leur adhésion a priori au principe de cette charte et à son idéologie fondatrice. Certains, dont Coppens, se sont tout de même émus des dérives du texte vers la pensée magique ; ils sont parvenus à rétablir quelques modestes garde-fous. Ainsi, ressort-il de la charte que l'environnement doit rester «humaniste», l'homme passerait donc avant les bêtes (ouf !), et «il n'existe pas de risque zéro», sans quoi toute recherche serait effectivement interrompue. Pareillement, il est dit que le développement durable ne «doit pas freiner le développement économique et social». Mais où passera la frontière ? Ces garde-fous, craignons-le, ne suffiront pas plus à rééquilibrer l'écologisme foncier du texte que la référence à la démocratie suffirait à tempérer une déclaration des droits marxistes.

À qui profitera cette ode à la nature et à Gaia, la déesse Terre, dès l'instant où elle surplombera notre droit ?

Aux oiseaux, aux grenouilles et aux arbres ? Incontestablement.


Aux «générations futures», comme le proclame la charte de l'environnement ? On peut tout faire dire à des électeurs qui n'existent pas encore. Mais est-on certain qu'ils souhaiteront hériter d'une planète à croissance zéro, rêve des écologistes, où le progrès scientifique serait suspect par définition ? Une Terre verte dont la croissance économique aurait été interrompue sous le prétexte de protéger la nature ?

Autres bénéficiaires, eux bien réels, du futur pré ambule : les associations de défense de ceci et de cela qui pourront se fonder sur cette déclaration des droits de l'environnement de manière que la nature reste immuable. Mais qu'est-ce que la nature ? Celle que nous connaissons est héritée de cinq cent mille ans de civilisation humaine ; dans la nature originelle, on ne trouve ni jardin ni culture. Qui décidera de ce qui est «naturel» ? Ce seront les juges, autres grands bénéficiaires de ce nouveau préambule.

Eux décideront au bout du compte, souverainement, de la première instance jusqu'au Conseil constitutionnel, de ce qui est écologique et de ce qui ne l'est pas. Leurs conclusions seront aléatoires mais elles seront lentes : toutes les innovations en seront retardées plus encore qu'elles ne le sont déjà par le droit de l'environnement existant.


Le plus périlleux dans ce préambule sera évidemment la référence au principe de précaution ; ce concept emprunté aux Verts allemands, historiquement hostiles à la science, prohibe toute innovation qui pourrait susciter un risque irréversible «en l'état actuel des connaissances scientifiques». Ce qui laisse cours à n'importe quelle interprétation par des magistrats sans compétence scientifique ; pour nous en tenir à un exemple emblématique, il est avéré que Pasteur n'aurait pu vacciner personne si ce principe de précaution avait existé car il ne pouvait prouver l'irréversibilité du risque. Il aurait, il est vrai, eu la ressource de pratiquer à l'étranger : une voie qu'empruntent en notre temps des biologistes français découragés par le climat écologiste qui, déjà, pèse sur nos laboratoires. Bien entendu, avec le principe de précaution, plus de centrales nucléaires puisque les déchets qu'elles génèrent ne sont pas irréversibles.


Ultime bénéficiaire du préambule écologiste : l'Etat. Dépassé par la mondialisation, évincé du champ économique par la libération des marchés et l'Europe, l'Etat s'ennuie. Que réglementer désormais, au nom de quel principe ? La nature, vous dis-je. Le droit de l'environnement qui enfle chaque jour légitime un retour de l'Etat dans nos vies quotidiennes : respirez à fond et roulez à vélo, c'est bon pour vous et je saurai vous y contraindre. Voici venir le temps de l'écologie qui sauve la bureaucratie : nous avons déjà deux ministres de l'Environnement.

Mais, un Etat qui pond du texte et l'innovation freinée par le principe de précaution, est-ce vraiment ce dont les Français ont besoin, maintenant ? Ne sommes-nous pas, sous prétexte de faire l'histoire en train de nous tromper d'histoire ? La gloire de la France c'est bien mais, faudrait-il la payer par le déclin scientifique, économique ? Et par la servilité de l'esprit envers l'idéologie régnante du moment ?

Par chance, nos contradictions nous sauvent de l'extrémisme : le gouvernement fait le contraire de ce qu'il célèbre. La charte de l'environnement nous assure que l'effet de serre réchauffe le climat ; mais nous n'appliquons pas le traité de Kyoto sur le climat que nous avons signé, et nous dépassons avec allégresse les quotas de gaz qui nous sont assignés. Par ailleurs, le gouvernement perpétue par des subventions une agriculture productiviste qui pollue les nappes et arase les bocages.

Le préambule écologiste dont le Parlement va débattre est donc grave, mais il n'est pas sérieux ; comme l'écrit Pascal à propos de la pseudoscience de Descartes, voilà un texte «inutile et incertain». Souhaitons que les parlementaires appelés à en débattre cet automne le dilueront suffisamment pour, de surcroît, le rendre inoffensif.


PAR GUY SORMAN *




Tiens, ce sont les fous qui écrivent le réglement de leur asile psychatrique de nos jours...


Commence à gonfler ces illuminés.

Zont qu'à partir vivre dans la nature (en France il n'y a plus rien de naturel depuis longtemps). Genre dans la brouse. Ils mangeront des racines et mourront avant 30 ans tué par une charge de buffles. Ils auront suivi leur idéal, et ca, c'est tres bô.



LES VOYOUX EN TOLLE !


BOVE EN TOLLE !
  • # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3.

    Ca serait bien de citer la source quand même, parce que c'est bien gentil de copier-coller des pavés...

    En outre, "tolle" s'écrit "taule".
  • # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 8.

    Franchement, c'est pitoyable, tu ne vaut guerre plus que ce cher Georges W. Bush, d'ailleurs il pense comme toi puisqu'il refuse de signer les traités internationnaux sur l'environnement.
    C'est grâce a des gens qui pense comme toi que la planète est en train de devenir une véritable fournaise.
    Le développement économique tout en sauvegardant l'environnement est possible, ce n'est qu'une question de volonté internationnale que ce soit au niveau des gouvernements ou au niveau du citoyen de base.
    Au lieu de cela, on laisse faire la dictature du fric.
  • # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

    Posté par  . Évalué à -2.

    Le probléme des écologistes c'est qu'il nne sont pas unis, ils n'ont pas les même idées. Il y a autant de courant ecologiste que d'ecologiste.
    De plus si on les écoutes, on peux dire adieux au progré.
    Ils veulent pas de centrales nucléaires, qu'ils proposent quelques choses de mieux qui produit autant et dont l'on peut facilement recuperer la pollution produite.
    Ils veulent de l'energie renouvelable, mais ne veulent pas de nouveaux barrage. L'enerige solaire, laisse moi rire. Quand au éolienne, pas assez productive et dependent de la presence de vent.

    Quand au vert, s'ils veulent avoir plus d'influence, qu'ils arretent d'être une section du PS.

    Pour finir, qu'ils laissent l'etat construire l'A51. De toute maniére elle sera construite un jour, alors qu'il arrete de faire chier le monde ses ecolos parigot.

    L'ecologie, je le veux bien tant que cela ne concerne que les autres.
    • [^] # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

      Posté par  . Évalué à 3.

      Le probleme des ecologistes c'est que c'est des scientifiques et que tout le monde se fiche de ce qu'ils peuvent bien avoir a dire. A la place on prefere ecouter des groupements politises constitues au mieux d'ecophiles au pire d'hypocrites.

      N.B : Je desaprouve quand meme a 100% le journal, l'ecologie est une necessite quand on dispose de moyens suffisant pour supprimer toute vie a la surface du globe en moins de 24h.

      Kha
      • [^] # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

        Posté par  . Évalué à 2.

        Non pas toute forme de vie, il resterait les scorpions, les fourmis, les termites, quelques algues, quelques bactéries, pas mal d'insectes et probablement des petits mammifères...
        Tu vois, faut pas se faire de soucis... ;)
    • [^] # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

      Posté par  . Évalué à 2.

      ispell core dumped :

      Le problème des écologistes, c'est qu'il ne sont pas unis, qu'ils n'ont pas les même idées. Il y a autant de courants ecologistes que d'écologistes.
      De plus, si on les écoute, on peux dire adieu au progrès.
      Ils veulent pas de centrales nucléaires, qu'ils proposent quelque chose de mieux qui produit autant et dont l'on peut facilement récuperer la pollution produite.
      Ils veulent de l'energie renouvelable, mais ne veulent pas de nouveaux barrages. L'enerige solaire, laisse moi rire. Quand à l' éolienne, pas assez productive et elle dépend de la presence de vent.

      Quand aux verts, s'ils veulent avoir plus d'influence, qu'ils arrêtent d'être une section du PS.

      Pour finir, qu'ils laissent l'État construire l'A51. De toute manière elle sera construite un jour, alors qu'ils arrênt de faire chier le monde ces ecolos parigots.


      Merci de te relire la prochaine fois, il y a 100% de fautes évitables
  • # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

    Posté par  . Évalué à 2.

    c'est un coup des gens qui demandent que l'on puisse noter les journaux ? :)

    #cd /etc/rc.d/init.d
    #./troll start
    troll already started
    #
  • # Re: L'écologisme comme religion d'Etat.

    Posté par  . Évalué à 2.

    Il nous les broute, hein ? ;)

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