Liens connexes

Dépêche modérée par

Dépêche éditée par

: Mémoriser, lire, écrire et vivre à l'ère d'Internet

Posté par akauffmann (page perso, ). Modéré le 05 février 2009.
20
Cette dépêche est clairement hors-sujet mais dans la mesure où les fidèles de DLFP sont souvent aux avant-postes de l'usage d'Internet et des nouvelles technologies, il m'a paru intéressant de compiler ici quatre traductions récentes du Framablog qui interrogent voire interpellent nos perceptions, capacités et comportements à l'aube de ce nouveau millénaire.

  • Mémoriser : Traduction de Education 2.0: Never Memorize Again?, il s'agit de se demander si cela a encore un sens d'apprendre par cœur des informations que l'on peut trouver d'un simple clic sur la Toile. Et alors ne vaut-il pas mieux orienter l'apprentissage sur l'optimisation de nos recherches ?
  • Lire : Traduction de Is Google Making Us Stupid?, ce dense et fort commenté article revisite certaines mutations technologiques en partant du constat qu'il nous est devenu plus difficile de nous concentrer sur la lecture « calme et profonde » d'un livre ou d'un document d'une certaine longueur. Arriverez-vous à le parcourir jusqu'à la fin ?
  • Écrire : Traduction de Writing in the age of distraction, l'auteur Cory Doctorow nous livre ses trucs et astuces pour achever jusqu'à son terme la rédaction de votre travail alors que tout est fait pour vous en distraire.
  • Vivre : Traduction de Technology is Great, but Are We Forgetting to Live?, cet article pose la question de la pertinence d'enregistrer systématiquement sur des machines de plus en plus perfectionnées et connectées les moments forts de nos vies, quitte à peut-être finir par en oublier l'essentiel.

NdM : et pour replacer cette dépêche dans la charte du site : à votre avis quelle est la place du libre et quel rôle a-t-il à jouer dans tout cela ?

> Lire les commentaires (44 commentaires, moyenne: 4).  

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Vidéo de michel serres

Posté par Christophe GUILLOUX (Jabber id, page perso, ) le 05/02/2009 à 13:56. (lien). Évalué à 10.

Je vous conseille une vidéo très très très intéressante de Michel Serres enregistrée lors des 40 ans de l'INRIA (http://inria.fr) :
http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technolog(...)

--
http://rootix.info

oui mais

Posté par passant () le 05/02/2009 à 16:00. (lien). Évalué à 10.


Memorization is a waste of time when Google is only a a few clicks away. That's what Don Tapscott, author of the bestselling books Wikinomics and Growing Up Digital, believes. Tapscott, considered by many to be a leading commentator on our Internet age, believes the age of learning through the memorization of facts and figures is coming to an end. Instead, students should be taught to think creatively and better understand the knowledge that's available online.


alors en gros :
"La mémorisation est une perte de temps car l'information est accessible en quelques cliques sur Google. Pour Don Tapscott, l'époque de l'apprentissage par coeur touche à sa fin..."

je me base en partie sur ces articles :
- http://www.ecrans.fr/A-qui-a-profite-le-bug-de-Google-A,6348(...)
- http://www.ecrans.fr/Google-tombe-Internet-vacille,6318.html

C'est marrant mais le bug de Google devrait nous enseigner le contraire car :
- 90% des recherches sur le web se font via Google
- Google génère une pourcentage énorme des visites pour un site Web : 30Gb/s de traffic en moins pendant le bug. Si on multiplie par la durée de la panne... les chiffres sont... démesurés!

Quand Google ne marche plus comme il faut : 70% des personnes qui ont mené une recherche abandonnent. Ils ne pensent même pas à saisir l'adresse (c'est plus rapide de taper liberation dans la barre d'adresse que l'adresse complète) personnellement je fais pareil. Je tape "wikipedia airbus" et hop j'arrive sur ce que je cherche. Avec la panne de Google il m'a fallu quelques secondes pour comprendre de quoi il en retournait.

Le problème c'est que sans réflexe "d'informaticien" et bien on passe à côté et l'information n'est plus accessible et on n'est plus capable de répondre à son gamin qui demande "c'est quoi un RAT (sur les airbus hein!)?" et on se voit forcé de lui répondre "fiston, tu veux pas revenir dans une petite heure :-) ?" Vilaine dépendance...

Bon le but n'est pas d'accumuler tout le savoir du monde et de devenir un Pic de la Mirandole mais plutôt de réussir à se détacher quand il le faut du réflexe "c'est sur Internet" et de ne pas chercher plus loin (bon, l'article de libération ne dit pas ce que les gens ont fait après avoir abandonné leur recherche sur Internet)

La remarque de tapscott "Kids should learn about history to understand the world and why things are the way they are. But they don't need to know all the dates. It is enough that they know about the Battle of Hastings, without having to memorize that it was in 1066. They can look that up and position it in history with a click on Google" (pas besoin de mémoriser les dates, un clique sur Google suffit pour les retrouver) est pleine de bon sens. Mais le problème c'est que dès que l'on se débranche du système on se retrouve tout nu... Internet n'a pas tout changé. Cela fait un moment qu'on externalise notre savoir (bibliothèques, érudit)... mais les moteurs de recherche ont tendance à nous transformer (AMHA) en opérateur de saisie de "mots clés"

Mémoriser dépasse (encore AMHA) le cadre du libre. Ici, il est plus question de notre dépendance face auX grands organisateurs de savoir.

c'était ma contribution sur la partie Mémoriser

--
--

merci

Posté par Sylvain Picard () le 05/02/2009 à 16:01. (lien). Évalué à 6.

Excellente idée que cette compilation d'articles.
Je suis de bonne humeur pour le reste de la journée.
Leur lecture m'a donné soudainement envie d'éteindre mon ordinateur (ce que je vais m'empresser de faire avant que mon clavier ne se blo

mémoire vs. métier

Posté par Antoine () le 05/02/2009 à 19:33. (lien). Évalué à 10.

Le problème est moins de perdre la mémoire (cf. l'excellente conférence de Michel Serres postée plus haut) que de perdre les savoir-faire. En déléguant sans cesse un nombre croissant d'actes techniques à des dispositifs externes, on prend le risque de perdre nos savoir-faire (il y a des vidéos à ce sujet de Bernard Stiegler, où il lie d'ailleurs la perte des savoir-faire à la perte des savoir-vivre, qui sont deux moments orchestrés par le capitalisme pour récupérer à son profit l'énergie libidinale des individus (ce sont les mots de Stiegler)).

Or pour moi (et, je pense, pas mal d'informaticiens), le logiciel libre, c'est avant tout la résurgence du (ou des) métier(s) (*), bien plus qu'une histoire de libertés. Quelle que soient la licence et les conditions juridiques, ce qui est important c'est de se retrouver entre pairs et de travailler ensemble sur une matière qui nous tient à coeur, en étant maître de nos propres pratiques et de notre organisation. Ce n'est pas le cas dans l'organisation (industrielle) du travail informatique tel que la plupart des entreprises cherchent à l'imposer, et, s'il n'y avait à disposition que le modèle de production que l'on trouve par exemple dans les SSII, programmer serait insupportable.

(*) (il faut bien voir que les métiers ont disparu presque partout, des agriculteurs prisonniers de Monsanto & co jusqu'aux boulangers qui en achetant telle ou telle farine se voient aussi imposer des règles d'utilisation draconiennes)

Sur la question de la place du libre

Posté par Yves Bourguignon () le 05/02/2009 à 23:31. (lien). Évalué à 4.

Je procrastine aussi bien avec Word qu'avec OpenOffice...
Mais pour me soigner je peux adopter les trucs de Cory Doctorow http://fr.wikipedia.org/wiki/Cory_Doctorow :
...Les programmeurs se servent d’un éditeur de texte, comme vi, Emacs, TextPad, BBEdit, Gedit, et bien d’autres encore. Il s’agit là des outils les plus puissants, vénérables et fiables de l’histoire du logiciel (car ils sont au cœur de tous les autres logiciels), et ils ne comportent quasi aucune fonctionnalité susceptible de vous distraire
...même (et surtout) pour écrire un bouquin.

[+] Bien tenté

Posté par ǝsɐʃdoıx∀ ıɥs∀ (page perso, ) le 06/02/2009 à 05:12. (lien). Évalué à -3.

> les fidèles de DLFP sont souvent aux avant-postes de l'usage d'Internet et des nouvelles technologies,

Bien tenté, mais le Java lead architect Pierre Tramo, à côté du radiateur du fond, vient de casser ta tentative de nous convaincre.
Java, c'est pas une nouvelle technologie, c'est une *mauvaise* technologie…

--
Je ne suis pas toujours de mon avis.

"RTFM", "STFW" !!

Posté par Grunt () le 06/02/2009 à 16:17. (lien). Évalué à 3.

Le logiciel libre demande à ceux qui le découvrent deux habitudes nouvelles:

- RTFM ! Apprendre à lire même quand c'est long (et même quand c'est en anglais). C'est la plus grande difficulté du grand public, et ça ne va pas en s'arrangeant. Pour s'approprier l'usage d'un logiciel libre, il faut commencer par être capable de lire. Qui n'est jamais tombé sur une question du genre "je fais comment avec wget pour limiter la bande passante" alors que la réponse est dans le manuel?
Donc le logiciel libre induit, de ce point de vue, une vraie cassure par rapport au logiciel propriétaire.

- STFW! Passer de l'appris par coeur, à la recherche intelligente, est la deuxième démarche que nécessite la découverte du logiciel libre. Ne serait ce que pour savoir ce que c'est.. j'en ai eu l'exemple aberrant après avoir demandé un "format ouvert" pour les pièces jointes. On m'a demandé "c'est quoi un format ouvert".. la personne qui posait la question est professeur, pour information.
Là encore, toute une éducation à faire pour apprendre à chercher l'information.

Revenir en haut de page