États généraux de l'Open Source en France

Posté par (page perso) . Édité par Benoît Sibaud, Xavier Claude et Nÿco. Modéré par Xavier Claude. Licence CC by-sa
22
24
fév.
2013
Communauté

Je reviens sur cet important événement pour notre filière intervenu le lundi 21 janvier 2013. Les premiers « États généraux de l'Open Source » en France se sont tenus au Ministère de l’économie et des finances. Je souhaite vous faire part de mon compte-rendu et ouvrir les discussions sur les différents sujets évoqués durant cette journée.

Cette conférence arrive peu après la circulaire du Premier Ministre sur l’usage des logiciels libres dans l’Administration. Jean-Marc Ayrault a en effet recommandé aux administrations de privilégier l’utilisation de logiciels libres, soulignant ses avantages : « moindre coût, souplesse d’utilisation, levier de discussion avec les éditeurs ».

Tous les acteurs de l'écosystème français du logiciel libre se sont réunis autour de cet évènement, organisé par le comité Open Source du Syntec Numérique.

La conférence visait à créer un environnement propice au développement de l’Open Source en France, et était axée sur les questions suivantes :

  • Retour d’expériences étrangères (Grande Bretagne, Italie, Asie)
  • Quel modèle de valeur pour l’Open Source ?
  • L’Open Source et le secteur public : comment établir une relation gagnant-gagnant ?
  • Comment renforcer la filière Open Source en France ?

En ouverture, la ministre de l’Economie Numérique, Fleur Pellerin a donné un discours en faveur de l’Open Source :

« Le logiciel Open Source constitue un vecteur important d’innovation. Mais pour que la France continue à jouer un rôle moteur dans ce domaine, la filière doit se restructurer ».

Mme Pellerin pousse clairement pour l’Open Source, elle voit notre écosystème comme un vecteur de compétitivité pour la France.

Restructuration de la filière

J'ai retenu de son discours que la filière doit se restructurer, que l’Open Source français a besoin de « supers champions » pour passer un cap. En effet la volonté de l’État est plutôt d’avoir moins d’interlocuteurs pour simplifier ses actions.
Par contre j'y vois un risque pour la grande majorité des acteurs de l’Open Source, constituée de PME de 10 salariés en moyenne : que l’État fasse passer tous les financements par de grosses entités. Ce scénario s’est déjà produit avec l’accord cadre interministériel de support des logiciels libres.
Donnons-nous rendez-vous pour vérifier que les accords de réassurance qui ont été souscrits entre les SSII et les core teams soient bien respectés, sans quoi ce genre d’accord peut déboucher sur des dérives mortelles pour la créativité : patchs isolés, forks inconsidérés, mécontentement des utilisateurs…

Labellisation des logiciels libres

Un système de labellisation des logiciels libres par une institution nationale proposé par M. Alexandre Zapolsky de Linagora me parait juste. J'y ajouterais d’autres critères non économiques qui sont l’essence même de tous projets Open Source : ouverture, partage, respect des standards, normalisation et communauté.

Le secteur privé

Une des réflexions de cette journée a concerné l’occupation des logiciels Open Source dans le privé. Cette dernière n’est pas encore très marquée. Une présence plus forte dans l’enseignement supérieur est certainement nécessaire. Si on pouvait « éduquer » nos ingénieurs et futurs DSI sur les bienfaits de l’Open Source on partirait de moins loin…

Le cloud Français, vers une souveraineté de l'Open Source ?

J'ai la conviction que le marché du logiciel libre va continuer à se développer, notamment via les clouds publics. Ces clouds qui porteront les services de l'État seront vraisemblablement bâtis sur des logiciels open source. Si c'est effectivement le cas le cloud représente une opportunité pour diffuser plus largement les logiciels libres.

Financements

J'ai également retenu la réflexion de M. Laurent Séguin de l’AFUL sur la façon d'obtenir des financements en France : pourquoi ne pas passer par les utilisateurs/clients pour obtenir des capitaux, cela leur permettrait de pérenniser et d’investir dans le produit qu’ils utilisent.

Il y a peut-être là un nouveau levier de croissance pour l’Open Source.

Prochain rendez-vous

Cette journée a ouvert des axes de développement, des sujets de réflexions, mais aussi des problèmes de fond.

Le prochain rendez-vous est prévu pour octobre-novembre, d’ici là quelques idées auront certainement mûri…

  • # open ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    L'open source c'est bien, mais c'est pas ce que j'appelle libre :-)

    http://devnewton.bci.im

    • [^] # Re: open ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Oui c'est vrai que tous les acteurs ne jouent pas la carte de l'Open Source et du Logiciel Libre.
      L'État en a bien conscience. D'ailleurs, les projets Open Source qui ont un mode de licence pas totalement libre ne sont plus trop en odeur de sainteté.

      • [^] # Re: open ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        D'ailleurs, les projets Open Source qui ont un mode de licence pas totalement libre ne sont plus trop en odeur de sainteté.

        J'ai du mal à te suivre.
        Open Source == libre.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Open_source
        "La désignation open source (au Québec, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba : « code source ouvert ») s'applique aux logiciels dont la licence respecte des critères précisément établis par l'Open Source Initiative, c'est-à-dire la possibilité de libre redistribution, d'accès au code source et aux travaux dérivés."

        http://opensource.org/faq#free-software
        ""Free software" and "open source software" are two terms for the same thing
        In general, the terms "free software" and "open source software" can be used interchangeably."

        Si tu parles de logiciels à code ouvert mais non Open Source (avec les majuscules), ben oui on parle d'autre chose qui n'a rien à voir!

        • [^] # Re: open ?

          Posté par . Évalué à 3.

          Zenitram, il me semble là que tu abuses fortement. Personne ne "parle" avec des "majuscules" …

          N'importe quel habitué de linuxfr, en lisant "états généraux de l'Open Source", commence par se dire "allez, ils font encore cette sale confusion". Après, en cherchant, on peut finir par trouver la subtilité que tu évoques, mais pour 95% des personnes qui auront assisté/participé à cet événement, la confusion restera totale entre logiciel libre et à source ouvert. Non ?

          • [^] # Re: open ?

            Posté par (page perso) . Évalué à 4. Dernière modification le 24/02/13 à 11:48.

            Personne ne "parle" avec des "majuscules"

            La dépêche est pleine de majuscules.
            Mais la, c'était même trop de ma part : Wikipedia ne s’embête même pas des majuscules.

            Après, on peut vouloir parler des langues différentes, désolé de vouloir parler la même langue pour une meilleure compréhension.

            mais pour 95% des personnes qui auront assisté/participé à cet événement, la confusion restera totale entre logiciel libre et à source ouvert. Non ?

            Justement, si les acteurs de l'Open Source commençaient à bien expliquer que d'autres veulent prendre la réputation de l'Open Source / du libre sans en faire plutôt que de laisser faire, il y aurait peut-être moins de confusion… Ce laxisme dessert l'Open Source / le libre.

            bientôt, il faudra dire "Open Source / libre au sens OSI et FSF hein", mais aussi "Bio comme dans Label d'agriculture biologique, hein". En fait non pour le bio : certains font comprendre aux autre que le bio, ça a une définition. Mais les acteurs de l'Open-source laisse plus faire… Pourquoi laisser faire pour l'Open Source? L'Open Source a une définition! Défendons-la plutôt que de dire que l'Open Source peut ne pas être libre ou que sais-je.

            • [^] # Re: open ?

              Posté par . Évalué à 2.

              Ah ben finalement on est d'accord sur le principe. Après, rien que parce que le terme "open source" traine ce genre de casseroles, j'aurais préféré entendre parler des états généraux du logiciel libre, même si l'expression a énormément moins de chances de figurer dans un business loto.

          • [^] # Re: open ?

            Posté par (page perso) . Évalué à 6.

            mais pour 95% des personnes qui auront assisté/participé à cet événement, la confusion restera totale entre logiciel libre et à source ouvert. Non ?

            Justement, des États généraux de l'Open Source seraient idéaux pour mettre les points sur les i et dire vraiment ce que veut dire chacun de ces termes, non ? C'est quand même le sujet du débat, et le terme est pas clair pour 95% des gens qui y ont participé ?

        • [^] # Re: open ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 10.

          D'ailleurs, j'ai du mal à voir l'intérêt d'utiliser le mot Open Source en français ?
          — on peut utiliser libre sans problème, on a pas l'ambiguïté libre/gratuit.
          — open source est un mot anglais et est ambiguë, il suffit de voir le nombre de personne qui pense que open source = source ouverte !
          — libre est plus général et s'applique très bien à ce qui n'a pas de source. Wikipédia est libre mais n'est pas open source ! (Pour Zenitram pour qu'il épargne une mouche : peut-être que la licence est open-source, mais le terme d'open-source est un terme de logiciel, libre est plus adapté pour tout le reste ; on parle de culture libre, jamais de culture open-source)
          — la définition est beaucoup plus simple à expliquer et à connaître par cœur (je défie quiconque de me répéter par cœur les onze points de l'OSI)
          — d'un point de vue historique, la FSF a précédée l'OSI.

          Don sérieusement, à part pour jouer au business loto, c'est quoi l'intérêt de ce terme en français ?

          • [^] # Re: open ?

            Posté par (page perso) . Évalué à 1.

            — libre est plus général et s'applique très bien à ce qui n'a pas de source. Wikipédia est libre mais n'est pas open source !

            Euh, pour Wikipédia, tu as accès au formatage des pages en faisant modifier, le contenu est sous licence libre (et permet les mêmes avantages qu'à un code source libre), et le moteur Wiki derrière est un logiciel libre également. Du coup tout est libre et on peut considérer que ses sources sont ouvertes étant donnée que le contenu et le logiciel derrière le sont.

            • [^] # Re: open ?

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              et bien évidemment tu arrêtes la citation juste avant la parenthèse !

              Ce que je dit c'est que le terme libre est plus adapté à tout ce qui est culturel que open-source qui est très connoté logiciel ! Wikipédia est peut-être un mauvaise exemple, mais la notion de source n'est pas toujours pertinente quand on quitte le monde du logiciel (et cette notion est d'ailleurs absente des licences CC !)

              Pour wikipédia, il n'y a pas vraiment de source, la traduction wiki <-> html étant trivial dans les deux sens !

              • [^] # Re: open ?

                Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                Tout document, tout œuvre a des sources que la traduction en forme finale soit triviale ou pas.
                Quand tu composes une musique, tu as des fichiers sources qu'on considère en général sans pertes et qui ont des informations supplémentaires que le simple fichier présent sur un CD (par exemple la séparation des instruments ou de la voix). Pareil pour un livre, entre un fichier PDF qui ne permet pas l'édition proprement et un ODT où tu peux changer les images, la forme ou même les mots, tu peux considérer le format ODT comme un source d'un document textuel. Le fichier .xfc de GIMP garde aussi des éléments intéressants pour la modification comme les calques et les informations associées à chacun et l'ordre d'édition du document qui est du coup un sorte du fichier source d'une image PNG. Des exemples comme ça, tu en as plein.

                Le but du code source est de comprendre plus aisément comment a été conçu le bousin, parfois c'est trivial et d'autres fois non. Il y a quoiqu'il arrive toujours le moyen de partir de résultat final pour reconstruire une source similaire même dans le multimédia. Du coup tu peux avoir un document dit libre mais si tu l'as sous un format difficile à manipuler car destiné à sa publication (comme le binaire d'un logiciel), ça te sera difficile d'appliquer les autres libertés qui nécessitent les documents sources de l'œuvre finale par les informations qu'elles contiennent en plus.

                Du coup, tout œuvre numérique est basée sur un format ou fichier source même ce qui n'est pas logiciel.

                • [^] # Re: open ?

                  Posté par (page perso) . Évalué à 5.

                  Bon, je vais essayer d'être claire.

                  Appliqué aux œuvres autre que logiciel les licences s'appliquent au produit final et non aux sources ! Par exemple si tu met un fichier source en CC-BY-SA (copyleft), tu peux modifier le source et ne distribuer que le binaire en CC-BY-SA ! Avec la GPL, t'es obligé de distribuer le source en GPL. La culture libre, dans les licences CC, ne porte pas sur les sources, donc le termes open-source est mal adapté !

                  Ensuite les sources n'ont pas la même importance en logiciel et en culture. Un musicien peut retrouver la partition rien qu'en écoutant un mp3 alors que la rétro-ingénierie est super complexe dan le cadre du logiciel (ce n'est en aucun cas comparable). Enfin si tu prends la biographie de RMS, je ne suis pas sûr que ceux qui l'ont traduit on eu les sources (ou en ont eu besoin). Ce n'est que du texte !

                  Pour résumer, les sources sont facultatives dans la culture libre (mais peuvent être utiles) mais fondamentales dans la culture logiciel (un binaire en GPL n'est pas libre !).
                  Mon but n'est pas de critiquer la notion de source pour la musique et le texte, mais de dire que dans ces cas là, le terme de libre est bien plus adapté que celui d'open-source.

                  • [^] # Re: open ?

                    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

                    Appliqué aux œuvres autre que logiciel les licences s'appliquent au produit final et non aux sources ! Par exemple si tu met un fichier source en CC-BY-SA (copyleft), tu peux modifier le source et ne distribuer que le binaire en CC-BY-SA ! Avec la GPL, t'es obligé de distribuer le source en GPL. La culture libre, dans les licences CC, ne porte pas sur les sources, donc le termes open-source est mal adapté !

                    Bah oui mais justement, cette situation est ridicule. Modifier une musique libre est du coup délicat car il te manque plein d'informations pour faire du travail dessus et en gros pour le modifier proprement tu dois tout refaire (comme le binaire d'un logiciel). Bref, le seul intérêt de mettre sous CC-BY8SA c'est de faciliter la distribution mais pas la modification (ce qui est con car tu peux le modifier mais c'est très délicat…).

                    Ensuite les sources n'ont pas la même importance en logiciel et en culture. Un musicien peut retrouver la partition rien qu'en écoutant un mp3 alors que la rétro-ingénierie est super complexe dan le cadre du logiciel (ce n'est en aucun cas comparable). Enfin si tu prends la biographie de RMS, je ne suis pas sûr que ceux qui l'ont traduit on eu les sources (ou en ont eu besoin). Ce n'est que du texte !

                    Un musicien expérimenté peut retrouver la partition de chaque instrument d'une œuvre, oui, mais je doute que ce soit à la portée de n'importe quel musicien amateur. Il y a aussi de nombreux logiciels où le code source est trivial tant le logiciel est simple ou que son désassemblage est assez clair. Pour moi c'est du pareil au même.

                    Seul les textes sont relativement triviaux à modifier, mais avoir les sources c'est malgré tout plus agréable pour travailler.

                    Pour résumer, les sources sont facultatives dans la culture libre (mais peuvent être utiles) mais fondamentales dans la culture logiciel (un binaire en GPL n'est pas libre !).

                    Non, c'est tout aussi fondamental. Avoir des documents libres dont la modification est très difficile ce n'est pas plus intéressant qu'un logiciel où seul le binaire t'es distribué. La culture libre ce n'est pas à mon sens la seule facilité de diffusion qui est importante mais aussi la modification et pour l'instant ça se cantonne bien volontiers au premier usage.

                    Mon but n'est pas de critiquer la notion de source pour la musique et le texte, mais de dire que dans ces cas là, le terme de libre est bien plus adapté que celui d'open-source.

                    Bof non, ces notions sont équivalentes comme j'essaie de te le démontrer au delà du simple monde logiciel. Tu as une vision de la culture libre qui se cantonne à la diffusion et j'essaie de te montrer que comme le logiciel, la culture libre doit faciliter l'édition du contenu ce que Wikipédia permet contrairement à de nombreuses autres œuvres considérées comme libres.

                    • [^] # Re: open ?

                      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                      la culture libre doit faciliter l'édition du contenu ce que Wikipédia permet contrairement à de nombreuses autres œuvres considérées comme libres.

                      Faux, par exemple, dans le cas du logiciel, tu peux balancer un gros tar.gz contenant seulement les fichiers modifiés sans aucune documentations. Tu n'as aucune obligation à simplifier les modifications (même si c'est beaucoup mieux) ! Le libre c'est droit de diffuser et modifier c'est tout ! Les sources étant nécessaire dans le cas des logiciels, c'est pourquoi le droit de modification implique l'accès aux sources.

                      Tu as une vision de la culture libre qui se cantonne à la diffusion et j'essaie de te montrer que comme le logiciel, la culture libre doit faciliter l'édition du contenu ce que Wikipédia permet contrairement à de nombreuses autres œuvres considérées comme libres.

                      Je n'ai pas besoin des partoches pour chanter une chanson. J'ai pas besoin des sources pour modifier une image libre (déjà fait), j'ai pas besoin des sources pour modifier un texte (j'ai mis sous format epub des textes sans avoir les sources, en les retapant à la main et en me retapant la mise en page). Mais les rares fois où j'ai modifié un logiciel j'ai eu vraiment besoin des sources.

                      Je suis d'accords avec toi, les sources c'est mieux ! Mais ce n'est en aucun cas obligatoire. Par exemple, si je crée une chanson, je la chante et je la distribue en ogg sous licence CC-BY, c'est libre ! Tu peux reprendre ma chanson, la modifier, la partager sans avoir accès à la partoche que je n'aurais jamais écrite ! Dans ce cas il n'y a aucune source, seulement une affreuse mélodie sortie de ma cervelle d'artiste.

                      Les sources c'est beaucoup mieux, mais dans beaucoup de cas ce n'est pas fondamentale ! Dans le logiciel, sans source tu ne peux pas faire de modification. En tant que libriste culturel, si tu as des sources c'est beaucoup mieux de les partager ; mais si tu ne les partages pas, ça n'empêche pas les modifications.

                      • [^] # Re: open ?

                        Posté par (page perso) . Évalué à 3. Dernière modification le 24/02/13 à 16:26.

                        Faux, par exemple, dans le cas du logiciel, tu peux balancer un gros tar.gz contenant seulement les fichiers modifiés sans aucune documentations.

                        Dans le cadre que tu dis, les documents de la culture libre sont justes des binaires sans les sources (et encore moins la documentation).

                        Je n'ai pas besoin des partoches pour chanter une chanson. J'ai pas besoin des sources pour modifier une image libre (déjà fait), j'ai pas besoin des sources pour modifier un texte (j'ai mis sous format epub des textes sans avoir les sources, en les retapant à la main et en me retapant la mise en page). Mais les rares fois où j'ai modifié un logiciel j'ai eu vraiment besoin des sources.

                        Tu prends des cas simples de la culture libre pour les mettre en rapport avec des cas complexes de logiciel.
                        Modifier ou adapter un logiciel sans les source c'est possible, un binaire est un fichier parfaitement modifiable avec un éditeur hexadécimal et certains arrivent à faire des choses intéressantes avec. Tu as notamment des versions de Windows modifiées illégales qui trainent dans la nature et je doute que Microsoft leur ait confié le code source adéquat. Ou alors tu peux aussi essayer de le refaire toi même ce qui est assez trivial dans certains cas.

                        De même, imagine que je veuille juste récupérer la musique instrumentale d'une chanson. Sans les sources tu es niqué car les instruments et la voix sont mélangés (et dissocier les deux c'est délicat). Tu dois deviner la partition à partir de la simple musique (ce qui est en soit pas évident) avant de réinterpréter toi même. Mais en gros la seule façon de modifier proprement c'est de faire dans ce cas un fork à partir du binaire car tu dois tout refaire ce qui revient à réécrire les sources soi-même. En tout cas il te sera impossible d'avoir une instrumentale propre et identique à celle d'origine.
                        On peut dire la même chose d'une image complexe où de nombreux éléments se superposent, si tu veux juste récupérer ce qu'il y a au fond de l'image proprement, bonne chance.

                        Bref, je ne vois pas ce que tu essayes de justifier, une œuvre a des sources et si tu veux que la communauté puisse la modifier correctement il faut les sources associées qui ont servis à la création. Sinon comme pour le logiciel, tu auras des difficultés qui sont toujours surmontables mais nuisent au qualificatif de libre car il faut en soi tout refaire.

                        • [^] # Re: open ?

                          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                          À mon sens il y a deux questions qu'il ne faut pas mélanger :
                          — Quels sont les bonnes pratiques libristes ?
                          — Que peut on « imposer » par le biais des licences ?

                          À la première question, je pense que l'on est d'accord. L'idéal c'est d'avoir les sources.

                          La seconde question est « est-ce qu'il est souhaitable et réalisable d'imposer d'avoir les sources dans le cas de licence copyleft » ?

                          Et là c'est compliqué… Les sources peuvent nécessiter des outils non-libre (le logo de Debian est fait avec photoshop) ; il peut ne pas y avoir de source ; la notions de sources peut ne pas être clairement définie (et c'est là qu'à mon sens le bât blesse).

                          Par exemple, je fais un film avec blender, je diffuse les sources mais la musique est en flac… Si je distribue le fichier, c'est suffisant ? Le film devient non libre parce que je n'ai pas les sources de la musique ? Si par exemple la musique est un duo chant/guitare, il faut que les deux sources soit enregistrée séparément ? Si j'ai écrit une partition, je doit le diffuser ? Et si je ne l'ai pas écrites ? Comment faire la distinction ? Tu vas débarquer chez moi, fouiller mes placard pour voir si une partition se cache ? :)

                          Le jour où la notion de source sera définie proprement, alors peut-être (sûrement ?) je serais d'accords avec toi, mais pour l'instant je pense que la culture libre (vue comme un ensemble de licences et non comme un ensemble de bonnes pratiques) ne doit pas tenir compte des sources.

                          • [^] # Re: open ?

                            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                            Les sources peuvent nécessiter des outils non-libre (le logo de Debian est fait avec photoshop)

                            Ce n'est en soit pas un problème. Une œuvre libre peut être composée avec des outils non libres du temps que la licence de ce qui a été nécessaire le permette. Par exemple certains écrivent leurs logiciels avec des outils non libres que ce soit l'éditeur de texte ou le compilateur. Après c'est gênant pour la réutilisation mais pas bloquant.

                            Par exemple, je fais un film avec blender, je diffuse les sources mais la musique est en flac… Si je distribue le fichier, c'est suffisant ? Le film devient non libre parce que je n'ai pas les sources de la musique ? Si par exemple la musique est un duo chant/guitare, il faut que les deux sources soit enregistrée séparément ? Si j'ai écrit une partition, je doit le diffuser ? Et si je ne l'ai pas écrites ? Comment faire la distinction ? Tu vas débarquer chez moi, fouiller mes placard pour voir si une partition se cache ? :)

                            Là tu poses une problématique différente à savoir qui est de l'application généralisée du dispositif. Le libre se base sur le principe qui s'appelle la confiance (après tout les logiciels qu'on télécharge n'ont rien à voir avec le code source libre derrière et c'est délicat de vérifier cela). Cela peut s'appliquer dans le cadre d'une œuvre libre, s'il n'y a pas de réelles sources (ce qui est je pense assez rare) du coup il n'y a rien à ajouter en plus de l'œuvre finale. Sinon il faut le mettre à disposition.

                            Du coup à mes yeux la confiance prime, de la même manière qu'on fait confiance à des gens pour compiler à notre place et sans ajouter des trucs nuisibles avant.

                            • [^] # Re: open ?

                              Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                              Les sources peuvent nécessiter des outils non-libre (le logo de Debian est fait avec photoshop)

                              Ce n'est en soit pas un problème.

                              ok

                              Là tu poses une problématique différente à savoir qui est de l'application généralisée du dispositif.

                              Oui, comment définir concrètement la culture libre si ce n'est avec des licences ? Par exemple comment peut on dire sans ambiguïté : « cette œuvre est libre » ?

                              Le libre se base sur le principe qui s'appelle la confiance (après tout les logiciels qu'on télécharge n'ont rien à voir avec le code source libre derrière et c'est délicat de vérifier cela)

                              Je ne penses pas que le libre se base sur la confiance. S'il il y a bien un domaine qui te permet de tout vérifier, c'est le libre ! Tu peux parfaitement recompiler et vérifier les binaires. Le libre t'autorise à être parano :)

                              Du coup à mes yeux la confiance prime,

                              C'est ce que j'ai formulé par deux questions.
                              1. Comment définir le libre concrètement (comment peut on dire sans ambiguïté : « cette œuvre est libre » ?) ? Et là les sources ne peuvent pas intervenir, car trop difficile à définir dans la plupart des cas.
                              2. Quelles sont les bonne pratique du libres ? et là on peut demander les sources et se baser sur la confiance.

                              • [^] # Re: open ?

                                Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                                Oui, comment définir concrètement la culture libre si ce n'est avec des licences ? Par exemple comment peut on dire sans ambiguïté : « cette œuvre est libre » ?

                                La licence est un premier élément mais non suffisant.
                                Un logiciel libre dont la licence est libre mais sans accès aux sources ne pourrait pas être qualifiée de libre. Tu peux étendre ce principe au maximum.

                                Je ne penses pas que le libre se base sur la confiance. S'il il y a bien un domaine qui te permet de tout vérifier, c'est le libre ! Tu peux parfaitement recompiler et vérifier les binaires. Le libre t'autorise à être parano :)

                                Ça c'est la théorie.
                                En pratique tu as des programmes lourds qui ont des centaines d'options différentes (ce qui donnent plusieurs certaines de binaires pour identifier un même programme), rien que ça ce n'est pas si trivial. Ensuite tu as les distributions qui intègrent souvent des patchs maisons et non disponibles dans le code d'origine, dans ce cas tu vas devoir retracer toute la chaine de compilation pour inclure les patchs correspondants (et attention, il peut encore il y en avoir des centaines). En plus il est possible de modifier un code source sans que la taille du binaire ou son md5 ne change mais que le comportement s'en retrouve affecté.

                                Bref, ce n'est pas simple, dans le cadre d'un logiciel très simple c'est assez facile mais pour une distribution complète ou le noyau Linux par exemple, tu peux abandonner d'avance ton idée de vérifier.

  • # Les petits fragilisent les gros !

    Posté par . Évalué à 10.

    l’effectif moyen des entreprises dans ce secteur est seulement de 10 salariés et l’effectif médian s’établit à 5 salariés. "La multiplication d’acteurs spécialisés de petite taille fragilise la filière, estime Fleur Pellerin. Il y a un besoin urgent de mutualisation pour faire émerger des entreprises de grande taille"

    On croit rêver, les biocoop fragilisent le bio, il y a un besoin urgent de supermarché ! On se croirait dans les années 80…

    • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

      Posté par . Évalué à 8.

      Les socialistes sont toujours dans les années 80…
      Et puis, c'est bien connu, le logiciel libre l'open source, ce n'est que des sociétés de service, il n'y a pas de communautés de bénévoles.

      • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

        Posté par (page perso) . Évalué à 10.

        Les socialistes sont toujours dans les années 80…

        Il n'y a pas que les socialistes… Tous - enfin presque tous - nos politiciens sont à mettre dans le même sac. Ce sont presque tous des avocats ou des professeurs qui enseignent ce qu'ils ont appris 40 ans plus tôt. Bref ce sont des gens incultes. La plupart ont été formatés dans le moule de l'ÉNA, ce qui n'arrange rien.
        Actuellement, nous ne vivons pas une crise mais un changement de civilisation dû à des progrès scientifiques et techniques. Ces domaines étant extérieurs à leur intellect, ils n'ont pas la faculté d'extrapoler ces changements à des fins de prospective, donc de prévision de l'avenir.
        Le rôle de nos hommes politiques ne serait-il pas de préparer l'avenir plutôt que de réciter des textes de loi, des dates d'Histoire ou des vers de Verlaine ?
        Des exemples d'évolution incompris ou combattus :

        • La BNF est décidée par Mitterrand : il a refait la bibliothèque d'Alexandrie (qui concentre le patrimoine et a brûlé) plutôt que de répandre la culture française dans le monde. Attali lui avait dit son opposition…
        • Les moines copistes ont perdu leur emploi à cause de l'imprimerie. Ils on râlé…
        • Les canuts ont vu leurs emplois fondre à causes des métiers de Jacquard. Ils on râlé…
        • Les porteurs d'eau ont été remplacés par des robinets. Ils on râlé…
        • Les marchands de pains de glace ont été remplacés par des réfrigérateurs. Ils n'ont rien dit.
        • Les standardistes des PTT ont été remplacées par des auto-commutateurs. Elles n'ont pas bronché.
        • Les marchands de disques se font remplacer par Internet : on a fait Hadœpi pour freiner ! Sarkozy les a écouté…

        Les discours de nos politiciens seront-ils remplacés par les écrits des blogueurs ? Nous avons actuellement un gros problème.

        • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

          Posté par . Évalué à 3.

          Il n'y a pas que les socialistes, on ne voit plus trop la différence à ce niveau là…
          Par contre j'ai été surpris d'écouter cet économiste jeremy rifkin, qui bien que pas très barbu ni petit à l'air d'avoir compris le système que les "petits" vont mettre en place !
          http://www.dailymotion.com/video/xjwyx0_jeremy-rifkin-le-nucleaire-est-mort_webcam

          • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

            Posté par (page perso) . Évalué à 1.

            Alors la, merci pour le lien. Il envoie du lourd, et contrairement aux anti-nucléaires "classiques" dogmatiques et menteurs, il est posé et argumente avec des faits, une vision du futur basé sur une expérience, belle rationalité sans agressivité, et le tout en vulgarisation (Jeremy Rifkin fait certes râler les scientifiques, mais c'est le prix de la vulgarisation). Les exemples pris (Wikipedia, Linux, musique…) sont du pur bonheur!
            A faire tourner.

            • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

              Posté par . Évalué à 2.

              anti-nucléaires "classiques" dogmatiques et menteurs

              Faut arrêter d'être jaloux de ceux qui ont eu raison trop tôt…
              Rappelles-toi comment on était traité il n'y a pas si longtemps à propos des logiciels libres !

              • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

                Posté par (page perso) . Évalué à 1.

                Faut arrêter d'être jaloux de ceux qui ont eu raison trop tôt…

                Mentir pour vendre son idée n'a rien à voir avec "raison trop tôt".
                Justement, dans le lien cité, les arguments sont plus cohérents : la conclusion est la même, mais il ne ment pas. Et pour moi, ça fait une grande différence (pour schématiser, démarche religieuse dangereuse contre démarche scientifique qui montre pourquoi il faut changer).

                Rappelles-toi comment on était traité il n'y a pas si longtemps à propos des logiciels libres !

                Aujourd'hui, il y en a toujours qui mentent sur le libre (c'est anti-capitaliste et pleins d'autre trucs HS) et ça ne fait pas d'eux des personnes qui ont eu raison trop tôt…

                Bref, ça n'a absolument rien à voir.

            • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

              Posté par . Évalué à 5. Dernière modification le 25/02/13 à 16:18.

              Mouais, il est pas beaucoup plus convainquant que la médiane des anti-nucléaires…
              1/ "ca ne représente que 6%, si on voulait que ca ait un impact … ca couterait des milliards" => On peut appliquer le même argument à toute technologie insignifiante aujourd'hui.. Restons au charbon…
              2/ "les déchets" Vrai. Mais on sait quoi faire du CO2 depuis les décennies qu'on l'émet massivement? Lequel est des deux types de rejets est préférable?
              3/ Les réserves d'U235…. clair qu'on aura encore plein de pétrole à brûler d'ici là. Idem 2, argument recevable si on sort du nucléaire sans retourner au fossile…
              4/ 40% de l'eau douce rentre dans les réacteurs nucléaires…. Pas mieux pour toute les centrales thermiques…
              5/ Internet a révolutionné (ou va révolutionner) tout ce qui est réductible à l'état d'information. Vrai… Mais hors sujet…. On ne fait pas passer de la matière ou des quantités significatives d'énergie par un réseau de télécommunication…

              Bref il préconise quoi?
              Qu'on reste au charbon? Qu'il aille mourir…
              Qu'on installe des panneaux PV sur tous les toits, tout ça connecté en 'grille'… Ok, mais qu'il précise de combien il faudra réduire notre consommation pour que ca tienne la route.

              Comme beaucoup d'anti-nucléaires, il mélange des arguments fondés avec une inutile tirade d'arguments qui ne tiennent pas la route et détruit le reste de son argumentation, en clair il finit par desservir sa cause.

              • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

                Posté par (page perso) . Évalué à 3.

                On ne fait pas passer de la matière ou des quantités significatives d'énergie par un réseau de télécommunication…

                Non, mais le principe des telecom peut s'appliquer à l’énergie : ça reste des trucs (faisceau lumineux ou énergie, c'est qu'une question de truc à faire) à faire se balader. Et on le fait bien déjà pour l’énergie (Ils sont juste plus visibles pour les dorsales, ais sinon pour chez moi, telecom et électricité, c'est du câble, que du câble)

                Qu'on reste au charbon? Qu'il aille mourir…

                Je ne crois pas qu'il propose ça!

                Il ne propose pas de solution miracle, mais fait des constats, après oui tout n'est pas super mega génial, mais je préfère les constats à ce que j'entends d'habitude. J'ai l'impression qu'il sous-entend juste qu'il ne va pas y avoir une technologie, mais plein de de technologies, qui toutes ensembles reliées à un réseau style Internet (pas de point central) va fournir la somme totale, et que le principe de la centralisation comme l'exige le nucléaire n'est plus viable, c'est tout.

                Ok, mais qu'il précise de combien il faudra réduire notre consommation pour que ca tienne la route.

                Aucun rapport : on parle d'un côté sur comment produire de l’énergie pour une quantité donnée, et de l'autre comment la consommer. Dans tous les cas, il faut réduire notre consommation. Il y a un lien entre les deux uniquement pour calculer l'avantage de l'un par rapport à l'autre sur la où on met le coût, mais pas "pour que ça tienne la route, il faut".

                • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

                  Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                  J'ai l'impression qu'il sous-entend juste qu'il ne va pas y avoir une technologie, mais plein de de technologies, qui toutes ensembles reliées à un réseau style Internet (pas de point central) va fournir la somme totale, et que le principe de la centralisation comme l'exige le nucléaire n'est plus viable, c'est tout.

                  Ça pose quand même un problème de dimensionnement des réseaux de transport. Quand on dimensionne un réseau électrique, on le fait pour le pic de demande, sinon quand ton pic arrive ton réseau s'effondre.
                  Si tu as de la production centralisée, tu as peu de lignes de transports, mais des grosses, ce qui fait que les pics de demande sont "en moyenne" absorbées. Si tu as de la production décentralisée, tu as énormément plus de réseaux à mettre en place, et ils peuvent être seulement un peu plus petit, parce que tu as toujours tes pics de demande à absorber.

                  La comparaison avec les réseaux de données n'est pas mauvaise, mais on est encore assez centralisés en terme de distribution internet (c'est un sujet souvent évoqué ici), et il y a une différence fondamentale : on ne peut pas augmenter le débit des lignes de transport d'électricité comme on a augmenté le débit des lignes internet ces dernières années. Fibre optique, compression à la volée, tout ça on sait pas faire en électricité. Tout ce qu'on sait faire c'est augmenter la tension, mais à partir de là tu ne peux plus te permettre d'avoir une ligne enterrée ou juste à 5m de haut. Et les supraconducteurs à température ambiante, c'est pas pour demain, et ce sera pas au prix de la paire de cuivre ou de la fibre optique, même en production de masse (rareté des matériaux).

                  Bref, décentraliser la production d'électricité, c'est une belle idée mais ça se heurte à de très sérieux problèmes d'ingénierie. Et tout ça indépendamment de la source qui à mon avis serait forcément fossile, car il faut du pilotable si tu veux rester local (pas d'effet "moyenne"). Au mieux hydraulique au fil de l'eau / biogaz, mais là on est très très loin des volumes nécessaires. Quant au stockage de l'énergie, là aussi il y a beaucoup de recherches mais rien de satisfaisant pour l'instant. Et quand on voit le temps qu'il faut entre un développement en labo et le passage à l'échelle industrielle, et qu'on compare ça au temps qu'il nous reste avant que le climat ne devienne incontrôlable et que le pétrole ne devienne un produit de luxe, on se dit qu'il ne faut pas attendre de miracle de la recherche scientifique.

              • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

                Posté par . Évalué à 4.

                Ne détourne pas le sujet, ce qui est intéressant c'est l'analogie avec les logiciels libres, avec wikipedia, avec internet… Tout ceux qui disaient que seule une solution centralisée pourra marcher se sont vautrés (ce que dit Fleur, on cause de ça).
                Souviens toi de la phrase du président d'ibm en 1943 «Je pense qu'il y a un marché mondial pour environ 5 ordinateurs.»

                C'est une analogie, ça n'est pas une solution pratique de faire transiter l'électricité par internet !
                Il préconise juste d'écouter ceux qui innovent, pas les dinosaures.

            • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              anti-nucléaires "classiques"

              Le problème des anti-nucléaires "classiques" c'est qu'ils considèrent que le nucléaire s’arrête a l'uranium tel qu'il est utilise aujourd'hui. Oui, l'uranium est a jeter, mais il y a des dizaines d'autres manières de tirer de produire de l’énergie a partir du nucléaire. Le cycle du thorium, par exemple, est une très bonne alternative (on pourra voir cette video qui montre pas mal de choses, même si le présentateur est clairement partisan). Il y a énormément de ressources a fouiller sur Internet, notamment des présentations du monsieur (qui est lui aussi un très bon vulgarisateur) pour comprendre les pour et les contre de la technologie. Le constat est simple : la connaissance est la, les risques sont bien définis, le gain par rapport a l'existant est clairement démontré, ne reste plus que l'argent pour lancer le tout. Oh et l'opinion publique, qui n'acceptera certainement pas a bras ouverts une technologie nucléaire dont elle ne verra pas la différence avec le merdier qu'on a aujourd'hui.

              Par contre, le parallèle avec Internet est vraiment intéressant. Je pense qu'il a raison sur ce point, mais que ça mettra beaucoup plus de temps, parce qu'il est beaucoup plus difficile et couteux de faire du bricolage matériel que du bricolage logiciel. Mais c'est une perspective intéressante.

        • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Tous - enfin presque tous - nos politiciens sont à mettre dans le même sac. Ce sont presque tous des avocats ou des professeurs qui enseignent ce qu'ils ont appris 40 ans plus tôt. Bref ce sont des gens incultes.

          Incultes vis-à-vis de l'informatique, oui. Parce que pour la plupart, ils ont étudié le droit ou l'économie et que les scientifiques sont rares en politique.

          Mais pour le coup d'enseigner ce qu'ils sont appris il y a 40 ans, n'exagère pas non plus. On pourrait faire ce procès à n'importe quelle profession. On peut se former, on peut avoir des conseillers. Certains sont paresseux, pas tous.

    • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Bah, c'est bien connu, les millions de forks et autres alternatives tuent le logiciel libre. Pourquoi se casser la tête, passons tous à systemd !

      Blague à part, je suis complètement d'accord avec toi, et je suis triste de voir que Mme Pellerin ne voit l'Open Source que sous un seul aspect : une filière économique. Il y a tellement plus de choses centrales à cette idéologie, comme l'indépendance totale vis-à-vis d'un éditeur de logiciels qui fait ce qu'il veut, vis-à-vis d'un format de données pas documenté et pas accessible, et tout ça a l'air de passer complètement à la trappe. Pire, le crédo du milieu c'est "donne tes patches pour améliorer le logiciel, ou fais ta propre version", autrement dit, les forks sont encouragés si de nouvelles idées émergent et sont incompatibles avec l'existant… Mais non, elle pense qu'il vaut mieux qu'il y ait moins d'acteurs.

      • [^] # Re: Les petits fragilisent les gros !

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        je suis triste de voir que Mme Pellerin ne voit l'Open Source que sous un seul aspect : une filière économique

        Une explication peut être dans l'intitulé de ses fonctions : elle est ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique. C'est donc normal que ce soit cet aspect qui l'intéresse.

  • # Arrêtez de rêver, on cause business, là…

    Posté par . Évalué à 10.

    Tout ce blabla, c’est du business.
    C’est comme la récup de l’écologie par les grandes firmes. C’est du marketing. Ici, je crains que ce ne soit que de la subvention déguisée pour éviter que tout l’argent file dans les caisses des boîtes américaines.

    « structurez-vous mieux pour que le gouvernement puisse mieux vous aider »

    Déjà, on comprend que ça ne s’adresse pas à tout le monde.
    Ici, on va juste financer des (grosses) boîtes pour utiliser des logiciels produits par d’autres. Les organisations des LL vont-elles recevoir des financements ? Ou bien des grosses boîtes vont avoir du fric pour faire du support sur des logiciels produits par d’autres ? Je suis sceptique. Tout ça ressemble à du vent, et la « filière open source », que fait-elle de majeur ? Le gouvernement va-t-il financer directement LibreOffice et PostgreSQL (présentés comme “essentiels” dans le rapport Ayrault) ? Ici, je ne vois rien sur ce point, et ce sont encore, je le crains, les boîtes privées qui rafleront la mise.

    Tout ce blabla pour dire qu’ils vont discuter des actions concrètes qu’ils prendront peut-être un jour. Ici, il y a de l’argent en jeu. À votre avis, qui aura l’oreille du gouvernement ? Les bouseux qui codent ? Ou les grosses boîtes ?

    Ce langage corporate… tout un programme.

    • [^] # Re: Arrêtez de rêver, on cause business, là…

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      En allant dans ton sens, avec les précisions que j'ai compris :

      Les organisations des LL vont-elles recevoir des financements ?

      Non, ce n'est pas prévu pour le moment (la question a été posée il me semble). Enfin à part si tu comptes Linagora les SSLL dans ces organisations bien sûr. Les CNLL et APRIL et autres organisations à but non lucratif sont gentiment encouragées à se « restructurer », avant que l'état daigne les prendre au sérieux.

      Ou bien des grosses boîtes vont avoir du fric pour faire du support sur des logiciels produits par d’autres ?

      Je dirais oui, car je comprend comme ça la place que la ministre donne aux SSLL et autres « champions du libre ».

      Le gouvernement va-t-il financer directement LibreOffice et PostgreSQL (présentés comme “essentiels” dans le rapport Ayrault) ?

      Non, absolument pas. La position du gouvernement pour le moment, c'est de montrer qu'on peut réussir à utiliser ces logiciels libres. C'est déjà bien, certes ! Mais il n'est aucunement question de contribuer financièrement (directement ou indirectement en embauchant des contributeurs) à ces projets. C'est du moins ce que j'ai retenu de la partie « L'Open Source et le secteur public : comment établir une relation gagnant-gagnant ? ». En gros, on nous explique que c'est très dur d'imposer les logiciels libres dans l'administration, donc il faut s'estimer heureux que l'état les utilise.

  • # Tuer l'Open Source

    Posté par (page perso) . Évalué à 1. Dernière modification le 24/02/13 à 13:43.

    Il n'existe que deux moyens pour tuer une activité :
    - Les impôts
    - Les subventions

    Depuis quand l'Open Source a besoin de l'argent du contribuable pour fonctionner ? Peut-être qu'un mouvement dans lequel tous les acteurs se définissent comme libres est dangereux pour la filière industrielle largement subventionnée donc prisonnière du gouvernement et de ses choix aberrants. Depuis quand des administratifs comprennent les enjeux des logiciels libres et depuis quand ils sont meilleurs pour décider ce qui est bien que les gens qui consomment du LL (des gens comme nous).

    Il n'y a qu'à voir le monumental échec du Plan POP à la Réunion pour comprendre. Je rappelle pour les deux du fonds qui discutent que le plan POP impose d'utiliser une distro qui n'est pas si libre que ça pour plus cher qu'un portable sous Windows. Et que les djeunes qui en bénéficient payent environ 50€ à ceux qui savent pour passer sous un Windows pirate (donc virus, trojan, etc.) Ça a coûté la bagatelle de 23 millions d'€ sur trois ans.

    Je vous laisse méditer tranquillement là dessus…

    • [^] # Re: Tuer l'Open Source

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      Il n'existe que deux moyens pour tuer une activité :
      - Les impôts
      - Les subventions

      Sans les subventions et le CIR, je pense que beaucoup de PME actrices du LL en France auraient déjà coulée. Ce que tu dis n'est pas faux à 100%, mais pour moi tu simplifies trop le problème. Tu négliges complètement le contexte économique dans ces propos, l'état des marchés, …etc

      Depuis quand l'Open Source a besoin de l'argent du contribuable pour fonctionner ?

      Qui a proposé cela? A ma connaissance, ce ne sont ni les discours des conférenciers des états généraux de l'Open Source, ni ceux du ministère de l’Economie Numérique, et encore moins ceux du CNLL, APRIL, AFUL, etc. Peut être des moules sur la tribune DLPF? et encore j'en doute !

      Peut-être qu'un mouvement dans lequel tous les acteurs se définissent comme libres est dangereux pour la filière industrielle largement subventionnée donc prisonnière du gouvernement et de ses choix aberrants.

      Peux-tu développer? je ne comprend pas. De qui parles tu quand tu dis : « la filière industrielle largement subventionnée donc prisonnière du gouvernement et de ses choix aberrants.» ?

      Depuis quand des administratifs comprennent les enjeux des logiciels libres et depuis quand ils sont meilleurs pour décider ce qui est bien que les gens qui consomment du LL (des gens comme nous).

      Je dirais que c'est un peu le rôles des Zapolsky, Isnard et autres cadors du LL dans ces états généraux : être conseillés éclairés du ministère de l’Economie Numérique. Après sont-ce les acteurs les plus pertinents dans ce rôle? Ont-ils des intérêts dans ce rôle? Ont-ils des copains de classes placés dans ce ministère? Autant de question intéressantes à creuser.

      Je pense aussi que la volonté de restructurer les organisations du LL va dans ce sens : les ministres aimeraient avoir un interlocuteur unique pour prendre conseil. Même si cette proposition est maladroite, on retient quand même une volonté de leur part de dialoguer, de prendre du conseil, d'écouter la communauté francophone du LL.

      Il n'y a qu'à voir le monumental échec du Plan POP à la Réunion pour comprendre. Je rappelle pour les deux du fonds qui discutent que le plan POP impose d'utiliser une distro qui n'est pas si libre que ça pour plus cher qu'un portable sous Windows. Et que les djeunes qui en bénéficient payent environ 50€ à ceux qui savent pour passer sous un Windows pirate (donc virus, trojan, etc.) Ça a coûté la bagatelle de 23 millions d'€ sur trois ans.

      Certes, cela ne fais peut être pas de la bonne publicité pour le LL, on peut aussi citer le cloud souverain, avec un budget 5 fois supérieur. Mais j'ai tendance à penser que pas mal de gens ne sont pas dupes (au moins ceux qui s'intéressent à ce sujet) et voient bien que ce ne sont pas les éditeurs de logiciel libre qui s'en mettent plein les fouilles dans ce genre de manœuvre.

  • # Informations complémentaires

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Et pour compléter le CR : voir celui de Sébastien Dubois (Evolix)

  • # grosse boite

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    Cette manifestation, organisée par la comité Open Source du Syntec Numérique et orchestré par ses deux co-présidents, Alexandre Zapolsky (Linagora) et Michel Isnard (Redhat) [sur usinenouvelle, 2e lien]

    et

    J'ai retenu de son discours que la filière doit se restructurer, que l’Open Source français a besoin de « supers champions » pour passer un cap. En effet la volonté de l’État est plutôt d’avoir moins d’interlocuteurs pour simplifier ses actions. [dans la nouvelle linuxfr]

    En résumé, cette manifestation organisée par 2 des plus grosses boîtes du secteur a tiré comme conclusion qu'il fallait que le marché soit géré par des grosses boîtes du secteur ? :-)

  • # La phrase d'Ayrault cache un magnifique loup

    Posté par . Évalué à 9.

    Je cite la citation de Jean-Marc Ayrault (yo dawg et tout ça): « moindre coût, souplesse d’utilisation, levier de discussion avec les éditeurs ».

    Personne n'a mentionné le dernier item de la liste. En fait l'Open Source est là pour dire à MS, Oracle et consorts: si vous nous faites pas un bon prix, on a des trucs gratuits là.

    Le gouvernement n'est pas intéressé par l'aspect, disons philosophique, du logiciel libre. Tout ce qui l'intéresse, c'est combien de pépètes ça va leur permettre d'économiser. L'indépendance de l'état à un groupe privé, le partage des connaissances, l'utilisation de standards, ça leur passe 3 km au dessus de la tête.

    • [^] # Re: La phrase d'Ayrault cache un magnifique loup

      Posté par . Évalué à 1.

      C'est pas nouveau, un des trucs fédérateurs dans le libre c'est une certaine forme d'agnostisme politique : le logiciel est utilisable à n'importe quelle fin. Ça permet depuis toujours de fédérer des personnes avec des opinions politiques assez différentes - va réconcilier des communistes et des libéraux économiques.

      De fait le ll récupère les contributions quelles que soient les motivations.

      Ça peut avoir l'air paradoxal étant donné la position politique très forte de Stallman par exemple, pourtant quelque part c'est inscrit dans son idéologie …

      • [^] # Re: La phrase d'Ayrault cache un magnifique loup

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Ça peut avoir l'air paradoxal étant donné la position politique très forte de Stallman par exemple,

        C'est pour ça qu'on parle d'Open Source plutôt que de libre ;-).
        L'idée de RMS n'est qu'une idée parmi d'autres, et pas forcément la majoritaire dans les rencontres pros sur l'Open Source.

        bref, rien de paradoxal!

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