Joyeux anniversaire, Isaac Asimov !

46
3
jan.
2012
Culture

Le 2 janvier est la date à laquelle Isaac Asimov fêtait son anniversaire. Je ne pense pas que cette personne en particulier ait besoin de présentation détaillée, tout particulièrement ici. Je ne sais pas pour vous, mais c'est resté un de mes auteurs préférés tous genres confondus et, contrairement à des gens comme Vance ou Zelazny, il s'est même bonifié avec le temps.

Dans la série « banalités obligatoires », on peut mentionner que c'est un scientifique (thèse en biochimie) et un grand ami de Gene Roddenberry, le créateur de Star Trek. Ces deux points le dotent immédiatement d'une aura particulière à mes yeux : d'une part, ça montre que même les biochimistes sont (statistiquement) capables d'accomplir des choses géniales, et puis... bon, Star Trek, quoi ! (Parce que oui, votre serviteure est de la catégorie « je préfère amplement Star Trek à Star Wars ».)

Mais aussi, j'adore ce gars qui écrit « Le guide d'Asimov pour lire Shakespeare » (l'auteur anglais, pas le langage de programmation). Et qui a un style simple, riche, sans fioritures, et où on a l'impression d’apercevoir un clin d’œil de temps à autre. Et qui a été un opposant notoire à la guerre du Vietnam, qui a défendu les luttes pour une égalité des genres avant même la naissance visible des mouvements féministes ou encore, l'homosexualité comme un « droit moral »...

Il est en fait difficile d'écrire sur un auteur bien connu, surtout de cet acabit. Je veux dire, soit on est dans le pathos, soit dans la redite, soit dans la combinaison des deux. L'autre possibilité est de faire dans le #mylife et ça devient rapidement barbant, voire rejoint la situation précédemment mentionnée. Je vais donc tenter autant que possible de ne faire ni l'un ni l'autre. Je voulais vous mentionner 2 livres d'Asimov que j'ai vraiment adorés et qui semblent moins connus en comparaison avec les monolithes « Fondation » et « Robots », pour ne pas les nommer.

Asimov, par Louise Mulholland

Le premier est un recueil de nouvelles intitulé « Flûte, flûte et flûtes ! ». Elles ont été publiées séparément dans divers magazines entre 1950 et 1973. En fait, le recueil original a été coupé en deux pour la publication française (jusqu'à 1957 pour la première partie, après pour la deuxième).

Perso, j'adore « Shah Guido G. » qui est l'histoire d'un dictateur vivant sur une île en lévitation du nom d'Atlantis. Le dictateur soupçonne une rébellion des techniciens et, pour l'écraser, envoie – tel un Kadhafi ! – ses troupes de combattantes d'élite, rassemblées dans une armée sous le sigle WAVES. Il est renversé au final puisque le poids des vaisseaux du corps WAVES a fait crasher Atlantis... Et on a une autre histoire du pourquoi Atlantis s'est retrouvée engloutie par les flots ;)

J'aime bien aussi la petite histoire, relatant la vraie nature du Yéti, présentée dans « Everest » ou encore « La pause » où il est question d'entités en dehors de notre univers qui décident de faire oublier à pratiquement tous les Terriens l'existence de la radioactivité pour nous donner une chance d'éviter l'holocauste nucléaire. Je ne sais pas vous, mais j'ai comme un sentiment d'actualité...

M'enfin. Le deuxième livre dont je voulais vous dire quelques mots est « La fin de l'éternité ». Celui-là est vraiment en dehors de beaucoup de choses écrites par Asimov. Il s'agit d'une organisation du nom de l’Éternité qui existe en dehors du temps. Des gars du genre importants – les Éternels – sont recrutés au 27e siècle et peuvent voyager en avant et en arrière du temps ; ils introduisent des « changements de réalité » ayant pour but de modifier le cours des évènements pour éviter aux humains des situations de souffrance.

Bon, ça a l'air très simple comme ça, mais en fait ces gars (il n'y a que des hommes chez les Éternels) ont quelques menus soucis d'organisation. De plus, il y a des trucs appelés « les siècles cachés » au-delà desquels la Terre apparaît déserte d'humains. Après, ça devient hautement technique : il y a une histoire d'aller dans les siècles passés implanter les connaissances scientifiques nécessaires à l'établissement de l'Éternité, mais aussi une fille dont le héros tombe amoureux mais qui n'est pas Éternelle...

Et donc, ça continue, c'est bien dense et ça finit d'une façon inattendue quelques centaines de pages plus tard (avoir la fille [?] sauver le monde [?]). Je vous épargne les analyses de la critique – ça utilise de gros mots du genre « paradoxe ontologique », – ou encore les possibles, probables, envisageables liens avec le cycle de « Fondation »... C'est juste un livre superbe que je vous recommande :).

  • # Joli texte, ça donne envie de le relire

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    un typo
    s/surtout de cet accabit/surtout de cet acabit

    Speed dating is useless. 30s isn't long enough to explain the benefits of functional programming in Haskell

  • # la source de sa reflexion

    Posté par . Évalué à 5. Dernière modification le 03/01/12 à 11:11.

    Je me souviens avoir lu quelque part que le point de départ de sa réflexion sur notre rapport au robot , c'était la nouvelle Hélène O'Loy de Lester del Rey. Ou il avait été impressionné de pouvoir enfin voir un robot qui ne soit pas devenus notre pire cauchemard (genre Terminator , Frankenstein, le Golem etc...). C'est ainsi qu'il a commencé à écrire ses fameuses lois et tout son cycle des robots.

    Robby qui est le nom du robot d'une de ses premières nouvelles, est la "calque" de cet idée mais dans un contexte différent . Le nom de Robby a été aussi reprise dans le film planète interdite comme le bon robot serviable et produisant les objets à quantité industriel. et à toujours été le nom de mon poste de travail

  • # The Relativity of Wrong

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    Comme Malicia l'évoque en parlant du livre « Le guide d'Asimov pour lire Shakespeare », il ne faudrait pas croire qu'Asimov n'était qu'un auteur de SF.
    Il a écrit sur des multitudes de sujets et a également tenu des chroniques scientifiques dans plusieurs revues. C'était un vulgarisateur exceptionnel.

    Si vous voulez un bel exemple allez donc lire ce texte paru dans "The Skeptical Inquirer". Il démolit de façon réjouissante l'opinion (très répandue chez certains littéraires) selon laquelle nous ne savons rien puisque la Science se contenterait de remplacer les vieilles théories par des nouvelles sans que nous ne puissions jamais atteindre "la vérité".

    • [^] # Re: The Relativity of Wrong

      Posté par . Évalué à 3.

      Il démolit l'idée qu'on tourne en rond (càd la connaissance amassée n'augmente pas) ?

    • [^] # Re: The Relativity of Wrong

      Posté par . Évalué à 4.

      il ne faudrait pas croire qu'Asimov n'était qu'un auteur de SF.
      Il a écrit sur des multitudes de sujets et a également tenu des chroniques scientifiques dans plusieurs revues. C'était un vulgarisateur exceptionnel.

      A noter également la série des "Veufs noirs", des recueils de nouvelles policières sans un poil de science-fiction, dont j'ai un très bon souvenir (même si ça commence à faire un certain temps ...).

  • # La fin de l'Éternité et Fondation

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    Exception faites de ses nouvelles originales, l'œuvre d'Asimov est caractérisée par une grande volonté d'intégration, et forme en quelque sorte un gigantesque /space opera/.

    La fin de l'Éternité n'y fait pas exception et n'est pas vraiment en dehors des autres écrits d'Asimov. Il y est fait référence vers la fin du cycle de Fondation, il me semble, où il est mentionné que les Éternels ont choisi une voie permettant le développement de l'humanité. L'endroit exact où cette mention est effectuée est à vérifier, ceci étant.

    • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Je dirais même qu'il exagère, quitte à insérer des passages incompatibles entre eux. (Sans rentrer dans un spoiler, il est impossible que les gens de Gaia dans "terre et fondation" connaissent l'éternité, parce l'éternité n'a jamais permis les vols galactiques).

      Mais on retrouve à chaque fois le même thème : les civilisations qui se font chouchouter (via l'éternité ou via les robots) périclitent et vont à leur perte.
      Ce qui n'est pas tout à fait faux mais reste à démontrer pour une société informatisée comme la notre.

      • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Sauf que les éternels sont avant le cycle de Fondation.

        Mais Asimov le précise lui-même: la majeure partie de son œuvre a été écrite sans volonté d'intégration et ce sont les éditeurs qui ont demandé des livres "charnières" afin d'en faire une œuvre continue.

    • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

      Posté par . Évalué à 1. Dernière modification le 03/01/12 à 12:00.

      Et en spoilant comme un gros porc, en relisant la fin de l'éternité tu t'apercevra qu'a la fin le héros choisit de mettre fin a l'éternité en faveur de l'infinité à savoir l'essaimage dans les étoiles d'où un certain raccord avec le reste de l'oeuvre d'Asimov.

      Quand a Shah Guido G., très bonne nouvelle même si elle est seulement prétexte à un jeu de mot, mais elle me fait quand même furieusement penser au film Metropolis de Fritz Lang et à sûrement servi de base à un roman d'Asimov nommé "Cailloux dans le ciel" qui est aussi très bon (mais l'œuvre du maître contient-elle un seul ouvrage moyen ? :) )

      • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        En continuant à spoiler, l’éternité n'existe plus et n'a jamais existé, et donc il n'y a aucune raison qu'il y ait une référence à l’éternité dans le futur.
        Mais comme le dit ploum, Asimov écrit lui-même que les raccords ne sont pas cohérents (Il y a même des incohérences dans la série fondation, qui n'a d'ailleurs pas été écrite d'une traite).

        Ça ne change rien au fait que j'apprécie beaucoup l’œuvre d'Asimov.
        Je déplore les films "inspirés de Asimov" ("I,Robot" au hasard) qui se basent sur le scénario de "Frankenstein" où les robots se rebellent contre l'humanité.

        • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

          Posté par . Évalué à 2.

          Je déplore les films "inspirés de Asimov" ("I,Robot" au hasard) qui se basent sur le scénario de "Frankenstein" où les robots se rebellent contre l'humanité.

          Oui, enfin c'est pas non plus comme s'il n'avait pas aussi traité ce thème là ... Réduire Asimov à "les robots sont gentils", c'est un peu un comble, vu le nombre des aspects liés à la robotique qu'il a pu traiter ...

        • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Mais comme le dit ploum, Asimov écrit lui-même que les raccords ne sont pas cohérents (Il y a même des incohérences dans la série fondation, qui n'a d'ailleurs pas été écrite d'une traite).

          Ce qui n'est pas un problème vu que l'intégration en question prend souvent la forme de légendes, et que des légendes, ce n'est pas fiable…

      • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

        Posté par . Évalué à 1.

        (mais l'œuvre du maître contient-elle un seul ouvrage moyen ? :) )

        Je trouve que sa production de fin de vie est plutôt lourde. J'ai un excellent souvenir de "la fin de l'éternité" qui doit dater du début des années 70 et qui a été salué par la critique alors qu'à l'époque Asimov était considéré comme fini pour la SF.

        Ses livres postérieurs (les volumes finaux de fondation) sont looongs. Au point où je me demande si c'est bien lui qui a tout écrit.
        Attention, je n'ai aucune connaissances sur les styles d'écritures et je ne contrôle pas une éventuelle connerie dans ce que j'écris.

        • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

          Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 03/01/12 à 13:51.

          Je pense (mais ça n'engage que moi et je n'ai pas une connaissance très étendue du sujet) qu'il a été obligé de rallonger ses récits pour coller aux désirs des éditeurs qui demandent un certain nombre de signes et qui reflètent la tendance du marché américain à aimer les gros presse livre remplis de descriptions inutiles...

          Exemple typique: prélude à fondation et l'aube de fondation qui doivent être ses derniers romans de fictions. Mais sur la fin on peut aussi citer Némésis qui est plus court et plus dans un style "asimovien" (et surement un des seuls aucunement relié a tout autre cycle).

          De mémoire la fin de l'éternité est un de ses premiers romans avec cailloux dans le ciel (les fondations sont en fait des recueils de nouvelles) et date du début des années 50.

          Enfin un autre roman à conseiller, un peu moins connu mais qui n'est également pas relié a sa trame historique: "Les Dieux eux-mêmes".

          • [^] # Re: La fin de l'Éternité et Fondation

            Posté par (page perso) . Évalué à 1.

            Nemesis m'a très fort déçu. C'est vraiment très moyen et je le déconseille.

            Les dieux eux-mêmes est très intéressant, explore certains concepts mais, allez savoir pourquoi, je le trouve « bien mais pas top ». Ça manque d'un souffle épique.

  • # Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    Comme Asimov a passe l'arme (la plume?) a gauche depuis un bon moment, on a le droit de dire du mal de lui alors je ne vais pas me priver. Bon sauf qu'en fait, je vais plutôt dire du mal de moi, car au fond je ne sais pas pourquoi je n'aime pas Asimov.

    Si j'essaie de rationaliser mon manque d'appétit pour cet auteur, j'ai envie de dire que dans ses textes j'ai systématiquement l'impression qu'il construit, de façon souvent assez capilotractée et avec des ficelles grosses comme du câble d'ascenseur spatial des cas d'écoles. L'impression donc d'assister a la démonstration d'un (bio)chimiste devant sa paillasse en train de nous faire ses petits tours de passes-passes. C'est particulièrement flagrant dans Fondation et les Robots.

    Et c'est d'autant plus bizarre que ca ne passe pas chez moi, parce que d'un autre coté j'adore Arthur C. Clarke qui a(vait) tendance a faire la même chose. Sauf que ACC le faisait plutôt dans le domaine des "sciences dures" alors qu'Azimov a plutôt tendance a le faire dans des domaines plus flou (psychohistoire? WTF?)...

    J'ai le vague souvenir d'avoir lu des nouvelles de lui qui n'avaient rien a voir ni avec Fondation ni avec les robots mais n'en garde aucun souvenir, preuve que ca ne devait pas casser des atomes... Suis-je le seul a être allergique? Que pourrais-je lire pour me réconcilier avec lui? (note: je viens de lire Time Patrol de Poul Anderson donc je ne pense pas que les histoires de voyages dans le temps évoquées dans la news me convaincront...)

    • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      D'ailleurs en comparant The End of Eternity et Time Patrol, c'est a se demander lequel a pompé sur l'autre... Les deux se connaissaient-ils? Exercice de style autour d'une idée trouvée en commun, ou vrai repompe?

    • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

      Posté par (page perso) . Évalué à 6.

      Que pourrais-je lire pour me réconcilier avec lui?

      Est-ce que tu as lu les romans "Les Cavernes d'acier" et "Face aux feux du soleil" ?

      D'autre part Asimov a écrit d'excellentes nouvelles. Deux exemples ici : 1 - 2

      • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        J'ai le vague souvenir d'avoir commencé "Les Cavernes d'acier" étant ado, et que je l'avais abandonné en cours de route a cause du manque total d'intérêt que cette lecture suscitait chez moi (ce qui veut surement juste dire que j'étais un p'tit con).

        La seconde nouvelle que tu me propose, j'ai l'impression que c'est exactement l'illustration de ce que je "dénonce" dans mon commentaire: une histoire construite autour d'un cas d'école (ici une conjonction en astronomie).

        J'ai oublié de dire que je trouve son style d'écriture super chiant. A sa décharge, comme un peu toute la SF 50's. Peut-être la faute au(x) traducteur(s)? Je devrais peut-être l'essayer en VO, même si ce n'est pas mieux écrit ca passera sans doute moins mal...

        En fait ca me déprime de pas aimer Asimov, je vous jure, je sais plus quoi faire :/

        • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

          Posté par . Évalué à 3.

          Asimov est un peu longuet, c'est clair, et moi c'est dans ça que je l'aime, tu as un espèce de long puzzle qui se met en place, et tu es estomaché quand tu vois la solution se mettre en place de manière implacable.

          Ceci dit les situations sont parfois un peu grosses, et les sentiments un peu caricaturaux, on peut y être allergique.

          Pour moi, alors que je trouve la fondation inégale (mais je l'ai lu en italien :-P) les romans de Les cavernes d'aciers à Les Robots et L'Empire m'ont laissé le meilleur souvenirs (lus en anglais).

    • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

      Posté par (page perso) . Évalué à 9.

      Que pourrais-je lire pour me réconcilier avec lui?

      Tu n'es pas non plus forcé d'aimer tous les auteurs.

      « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

      • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Oui certes, mais autant certains je sais pourquoi je ne les aimes pas (Vance, Herbert, etc.), autant Asimov c'est un petit mystère pour moi. Surtout, je comprends qu'on puisse aimer Vance ou Herbert, et juste c'est pas ma came, mais Asimov, tout le monde dit que c'est génial, et moi je ne comprends pas...

        • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Je commence tout juste à me régaler avec Herbert et Asimov alors que je ne pouvais pas les torcher quand j'étais ado. Les goûts changent avec le temps. Star Trek TOS et Doctor Who (classic et reboot) tenant de la religion pour moi je m'en voudrais de passer à côté.

          Après il faut aussi remettre Asimov dans son contexte des sixties : ce qui paraît soit des banalités soit du flou artistique aujourd'hui était clairement visionnaire à l'époque. Il faut noter aussi que peu de personnes avaient le bagage scientifique nécessaire à sa compréhension d'où la nécessité d'explications qui peuvent sembler un peu lourdingues maintenant pour des geeks (nerds ?).

          Petit digression à propos des paradoxes temporels, un très bon bouquin que je recommande : Les voies d'Anubis par Tim Powers. Je le trouve très poétique.

          Nasty thoughts are like buses - you don't get one for ages and then a whole army arrive at once.

    • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      Que pourrais-je lire pour me réconcilier avec lui?

      Il y a aussi une petite nouvelle excellente type polar : "Mortelle est la nuit". Enjoy :)

      • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Ah! Voila, maintenant que tu me sors le titre, je suis presque sur que c'est une de celles que je décrivais comme ne cassant pas trois quarks a un canard (elle est bonne celle-la, hein? Si si, elle est bonne), et dont je n'avais gardé aucun souvenir... Faudrait peut-être que je re-essaye...

        Merci en tous cas a tous pour les suggestions.

    • [^] # Re: Le thread de ceux qui n'aiment pas Asimov

      Posté par . Évalué à 3.

      Moi j'aime bien Asimov, mais je suis d'accord avec toi. Surtout pour le coup des cas d’école et de la capillotraction.

      Ça n’empêche que certains de ces livres accrochent vite, genre (si mes souvenirs sont bon) les deux premiers de la fondation, avec le coté peu courant /!\mini-spoiler/!\ de suivre plusieurs génération de héros puisque cela se passe sur plusieurs siècle.

      J'ai lu "les cavernes d'acier" qui est pas mal mais un peu lourd et pareil avec "face au feu du soleil". Des fois, les problèmes se régleraient avec une baffe ou autre, mais non, ça part dans des histoires pas possible. Mais bon, c'est un peu le genre policier et des fois le personnage lui même (qui fume une pipe, ça fait un peu daté mais bon :) ) le dis, imaginons que ça puis ça et ensuite supposons ça... Bref, lourd :)

      Sinon, je te conseilles vivement les deux premiers "fondation". Attention, premier qu'il a écrit, pas premier dans l'histoire de "fondation", après, je trouve que ça tourne un peu à n'importe quoi, à cause des fans de SF qui en voulaient encore, alors tu as les préquelle, séquelle, prépréquelle, post-séquelle et autre truc écris par des fans après la mort du gouru maitre.

  • # pour moi...

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    ... qui a relu un bon paquet d'ouvrages du bon docteur ces derniers mois, celui que je préfère, c'est vraiment "les courants de l'espace". Il me semble qu'il est un peu négligé par les asimovistes bien-pensants, mais c'est vraiment une histoire prenante, émouvante, et bien réaliste. Lâchez-vous, c'est assez facile à trouver chez les bouquinistes, et vous ne le regretterez pas.

    Ceci dit, le coup de la péloche sur le bord de la fenêtre, ça roxe bien aussi ;)

    * Ils vendront Usenet^W les boites noires quand on aura fini de les remplir.

  • # mes histoires préférées d'Asimov

    Posté par . Évalué à 4.

    J'ai aussi mes quelques préférences.

    • Les Dieux eux-mêmes: superbe roman qui met en scène des extra-terrestres, qui vivent non pas sur une autre planète mais dans un espace parallèle. C'est l'une des très rares histoires qui décrit une intelligence non-humaine qui soit vraiment complètement différente des humains, à savoir qu'elle n'a pas deux sexes, deux pieds, deux mains, etc... Génial.

    • "Quand les ténèbres viendront" est, à mon sens, l'une des meilleures nouvelles qu'il ait pu écrire. Elle raconte l'histoire d'une planète qui a 6 soleils, et qui ne connait donc jamais la nuit complète sauf... lors d'une éclipse tous les 2049 années.

    • J'aime aussi ses histoires sur Multivac, avec les terminaux sans fil pour y accéder, etc. Ça me rappelle tellement Internet, la 3G, le Wi-Fi... Une petite préférence pour la nouvelle "La dernière question" ou "L'ultime question" (suivant les traductions), qui m'a permis de comprendre le vrai sens de l'entropie.

    • Les histoires autour de la Thiotimoline sont très intéressantes, puisqu'il invente une molécule ayant des propriétés liées au temps (elle se dissout un peu avant qu'on la plonge dans l'eau), et de là en découlent des conséquences sur notre monde.

    • Dans un autre registre, j'aime aussi les histoires fantastiques autour d'Azazel: recueils "Azazel" et "Légende"

    • Enfin, je me suis régalé avec son autobiographie "Moi, Asimov", qui contient aussi des essais (si je me rappelle bien)

    Bonne lecture !

    • [^] # Re: mes histoires préférées d'Asimov

      Posté par . Évalué à 2.

      "Quand les ténèbres viendront" c'est livre co-écrit avec Roberg Silverberg. Autant la partie pré-éclipse est excellente, autant la période post-éclipse est décevante, surtout la fin. J'ai la forte impression qu'ils se sont répartis l'écriture du livre de cette manière, pré = Asimov, post = Silverberg.

      Quand je vais dans une librairie je regarde toujours si il y en a pas un que je n'aurais lu ... j'ai rarement cette chance, et j'ai même déjà acheté une deuxième fois un même livre ^^

      Sinon j'ai découvert Alain Damasio (auteur Français) qui (je trouve) est vraiment excellent aussi. Il n'est pas très prolifique et pour l'instant il n'a publié que deux livre, "La Horde du contre vent" et "La zone du dehors". Le premier est vraiment sympatique à lire, et le second est (a mon avis) un "1984" revisité/actualisé.

      • [^] # Re: mes histoires préférées d'Asimov

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Sinon j'ai découvert Alain Damasio (auteur Français) qui (je trouve) est vraiment excellent aussi. Il n'est pas très prolifique et pour l'instant il n'a publié que deux livre, "La Horde du contre vent" et "La zone du dehors".

        Je n'ai pas encore eu le temps de lire "La Horde du contre-vent" mais "La zone du dehors" est absolument génial. Superbement écrit et je passe sur les (hém)atomes crochus avec l'histoire et les personnages :) Merci d'en avoir parlé !

        • [^] # Re: mes histoires préférées d'Asimov

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Ah Damasio ! ma claque SF des ces dernières années. La horde du contre vent est pour moi le meilleur bouquin que j'ai lu en SF/Fantasy de ces 10 dernières années. A la croisée des genres ce bouquin a un espèce de souffle (logique remarquez) épique qui m'a littéralement emporté. La zone du dehors dans un style plus sombre est aussi très très bon, avec une réflexion sur les gouvernances de société originale. Bref mangez en.

      • [^] # Re: mes histoires préférées d'Asimov

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        j'ai rarement cette chance, et j'ai même déjà acheté une deuxième fois un même livre ^^

        Il faut faire des listes ! Avec http://patrickguignot.free.fr/divers/romans_sf.html je ne risque pas de racheter un truc que j'ai déjà.

      • [^] # Re: mes histoires préférées d'Asimov

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        "Quand les ténèbres viendront" c'est livre co-écrit avec Roberg Silverberg. Autant la partie pré-éclipse est excellente, autant la période post-éclipse est décevante, surtout la fin. J'ai la forte impression qu'ils se sont répartis l'écriture du livre de cette manière, pré = Asimov, post = Silverberg.

        Euh non c'est une nouvelle, mais qui a été porté en roman sous le titre "Le Retour des ténèbres". Même si en anglais le titre est le même...

        J'ai bien aimé aussi ce roman, mais je suis rarement un bon critique

  • # D'accord ... pas du tout d'accord !!!

    Posté par . Évalué à 3.

    Asimov fut mon auteur préféré (même avant Tolkien, c'est dire). J'ai adoré toutes ses nouvelles (j'ai toute la collection en "Présence du Futur" avec les couvertures bien moches) et tous ses romans (on notera au passage qu'il était capable de faire des choses extraordinaires en 10 pages comme en x tomes, même si c'etait capilotracté).

    Donc je suis d'accord, même en ce qui concerne les choix de l'auteur(e?) de la dépêche.

    Par contre dire qu'Asimov au contraire de Vance ou Zelazny se bonifie avec les ans, alors là non !!!

    J'ai justement relu il y peu du Asimov et j'ai trouvé au contraire qu'il vieillissait nettement moins bien que les deux autres.

    ... ou alors c'est moi qui vieilli ...

    • [^] # Re: D'accord ... pas du tout d'accord !!!

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Par contre dire qu'Asimov au contraire de Vance ou Zelazny se bonifie avec les ans, alors là non !!!

      Beh je sais que j'ai gentiment imbriqué un troll ;) Plus sérieusement, Vance et Zelazny sont pour moi parmi les pires auteurs possibles. Évidemment, cet avis n'engage que moi tout comme l'avis contraire que tu as exprimée n'engage que toi. Cela étant, je trouve que les livres de ces deux auteurs ont très mal vieilli, pour des raisons que j'ignore. (Et même Zelazny s'en tire à meilleur compte que Vance, àmha.)

      Je remarque par contre que ce n'est pas du tout le cas pour des auteurs tels que Clifford Simack ou Theodore Sturgeon (avec son "Cristal qui songe" toujours aussi touchant et "Les plus qu'humains" toujours aussi impressionnants :) ). J'ai un faible pour Sturgeon, c'est vrai. Très peu de gens ont réussi à traiter le sujet de la différence d'une telle manière, presque poétique.

      • [^] # Re: D'accord ... pas du tout d'accord !!!

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Moi je trouve que Vance fait du bon space opéra. Bon, c'est parfois un peu creux mais ça se laisse lire. Zelazny, j'ai jamais réussi à finir un de ces livres tellement c'est obscur.

        Je m'étonne également qu'on oublie Heinlein, auteur de pas mal de bon romans mais surtout de quelques chef-d'œuvre rares comme « En terre étrangère ».

    • [^] # Re: D'accord ... pas du tout d'accord !!!

      Posté par . Évalué à 1.

      Et meme en deux pages !

      "au prix du papyrus"

  • # Il y a Fondation et Fondation

    Posté par . Évalué à 2.

    Puisque tu parles de Fondation, tu devrais préciser que dans les 5 tomes de Fondation, il y a les 3 premiers qui sont très bien (le premier particulièrement) et les 2 derniers qui sont assez moyen.
    Pour ce qui est de vieillir bien, bof ça dépend, certes si tu le compare à Ann Mc Caffrey il vieillit bien mais Lois Mc Master Bujold, Orson Scott Card ont apporté un nouveau souffle.

    • [^] # Re: Il y a Fondation et Fondation

      Posté par . Évalué à 3.

      Je ne vois pas tres bien comment tu peux comparer de la SF pure et dure avec de la Science Fantasy comme l'est le cycle de Pern de McCaffrey. Je suis a peu pres persuade que ce cyle tant que cela reste fantasy c'est a dire en virant l'aube des dragons (et encore) mais surtout les derniers livres (chronologiquement par rapport a Pern) ne peuvent pas plus vieillir que le seigneur des anneaux ou la roue du temps. Apres que toi tu es evolue dans tes gouts ca d'accord.

      • [^] # Re: Il y a Fondation et Fondation

        Posté par . Évalué à 2.

        Le coté 'fantasy' des livres d'Ann Mc Caffrey n'a pas vieillit ok: un dragon reste un dragon, le coté description des rapports humain homme/femme là je ne suis pas d'accord..
        Pas qu'Asimov soit beaucoup mieux sur ce sujet, mais il est quand même moins pire.

        • [^] # Re: Il y a Fondation et Fondation

          Posté par . Évalué à 4.

          Je crois que je vais te choquer et t'inquieter mais je crois juste que tu as vieilli. T'inquiete je suis assez d'accord mais franchement je pense que c'est plus une question d'age que d'autre chose. C'est comme si tu disais que Jules Vernes c'est vieux, cela est vrai mais cela ne pose pas de probleme lorsque tu as 15 ans, lorsque tu as 30 ans c'est une autre histoire.

          En ce qui concerne les rapports homme/femme dans Asimov c'est clair que cela ne change pas car ... c'est a peu pres inexistant.

  • # Des commentaires sur Fondation

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    Pour les anglophones, io9 avait consacré, à l'occasion de la remise du prix Hugo 2011, une très bonne série d'articles sur le Cycle de Fondation (incluant Prélude à Fondation et L’Aube de Fondation, soit 7 posts) : la Foundation Week. Il faut avoir un peu de temps (comptez 45 minutes par article), mais c'est assez intéressant, les 2 intervenants n'ayant pas forcément les même personnages et/ou tomes préférés.

  • # SF ... ou pas

    Posté par (page perso) . Évalué à 8.

    Isaac Asimov [...]. Je ne pense pas que cette personne en particulier ait besoin de présentation détaillée, tout particulièrement ici.

    Je souhaite réagir à cette phrase mais je ne sais pas trop comment le dire.
    Une version "bateau" serait : peut-on être geek sans être fan de SF ?
    Le "particulièrement ici" m'amènerais à dire : peut-on utiliser linux sans connaître la SF ?

    En simple :

    • Je n'ai jamais entendu parlé de Isaac Asimov. Une présentation détaillée aurait, peut-être, été inutile, pour autant au moins un lien intéressant aurait pu être glissé pour ceux ne le connaissant pas.

    En fait :

    • je n'ai jamais vu star trek
    • j'ai vaguement vu star wars, sûrement moins de la moitié, pas captivé du tout (surtout par les derniers. heu, les premiers. heu, je sais plus...)
    • jamais lu / vu les oeuvres de Tolkien (pourtant j'ai accès à de belles éditions, mais jamais ouvert un de ces bouquins)
    • Vance, Zelazny, jamais entendu parlé

    A lire les commentaires, j'ai plutôt l'impression d'être une exception. Est-ce le cas ? Est-ce que tous les geek (au sens d'avant) et nerd doivent lire de la SF ? Est-ce que linuxfr est un repaire de geek/nerd ? Est-ce que la réponse est 42 ? (ha oui, jamais lu, vu cette histoire en fait...) Est-ce que lire de la SF c'est juste pour faire "genre je suis un nerd ?"

    Bon, voilou, j'espère que j'ai assez bien tourné tout ça pour que ce soit compréhensible ;-)

    • [^] # Re: SF ... ou pas

      Posté par . Évalué à 2.

      Je n'ai jamais entendu parlé de Isaac Asimov. Une présentation détaillée aurait, peut-être, été inutile, pour autant au moins un lien intéressant aurait pu être glissé pour ceux ne le connaissant pas.

      C'est certainement l'auteur de science-fiction le plus connu. Il suffit de chercher ce nom dans un moteur de recherche ou dans Wikipedia pour trouver des tas de présentations de cette personne. Certes, il y a une page de désambiguïsation dans W(en), mais 6 des 8 liens font références à Isaac Asimov, difficile de se tromper.

      Pour le reste, non, le passage par la SF n'est pas un impératif pour devenir geek. J'ai découvert l'assembleur en même tant que Dostoïevski (enfin, je me comprends), et je garde plus d'affinité pour la littérature russe que pour la SF, que je connaissais d'ailleurs très peu jusqu'à ces dernières années. Moi non plus, je n'ai jamais vu Star Treck, et pour être honnête, ça ne me manque pas du tout. J'ai vu 2 films Star Wars étant gamin, et ça m'a suffit. Et la référence à "42", je ne l'ai pas comprise.

      Par contre, il y a des raisons objectives pour que les passionnés d'informatique soient amateurs de SF. Il est plus facile de trouver des prouesses scientifiques et des gadgets techniques dans Robots d'Asimov que dans, par exemple, La princesse de Clèves. Il paraît que l'un des deux est parfois au programme des concours de fonctionnaire de catégorie A, je ne sais plus... Certains auteurs de SF sont même très inspirés par ce type de culture informatique, à commencer par le genre cyberpunk (W. Gibson, Neuromancien, pas ma tasse de thé). Donc, non, tu n'es pas une exception, mais probablement un membre d'une minorité.

      • [^] # Re: SF ... ou pas

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        Il suffit de chercher ce nom dans un moteur de recherche ou dans Wikipedia

        Ha mais je n'en doute pas ;-)
        D'ailleurs ma remarque porte sur la phrase justifiant l'absence de présentation plus qu'autre chose (bien qu'un lien tout bête soit déjà intéressant)

        Et la référence à "42", je ne l'ai pas comprise.

        gg: réponse 42

        • [^] # Re: SF ... ou pas

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          de manière explicite pour ceux qui n'auraient pas compris : on rétorque (gentiment hein) qu'une recherche dans un moteur de recherche ou wikipedia suffit.
          Et par contre, pas compris une référence à 42.

          Ma réponse est donc naturellement http://www.google.fr/search?ie=UTF-8&q=r%C3%A9ponse+42

          • [^] # Re: SF ... ou pas

            Posté par . Évalué à 2.

            Gentiment aussi, peut-être aussi avec un tantinet de mauvaise foi... si on me parle d'un M. Isaac Trucmuche que je ne connais pas, je sais que chercher ("Isaac Trucmuche", non ?), et je suis sûr d'avoir une réponse si le gars a inventé plus que l'allumette fourchue pour brûler les poils de narines en parallèle.

            Si on me dis que la réponse est 42, je suis supposé mettre quels mots-clés dans mon moteur de recherche ? "42", non ? Et quelle est la probabilité que je trouve facilement l'explication ? Et même si j'ai l'inspiration d'ajouter "réponse" dans mon moteur par défaut, https://duckduckgo.com/?q=r%C3%A9ponse+42 :

            • La reponse 42 - YouTube → j'ai pas flash, et rien de compréhensible sur cette page
            • Adobe Forums: Adobe Media Encoder CS4 runtime error → une private joke de développeur Adobe ?
            • Phrases from The Hitchhiker's Guide to the Galaxy - Wikipedia → bah, Wikipedia, c'est pas fiable
            • [^] # Re: SF ... ou pas

              Posté par . Évalué à -1.

              1avec juste 42, la première réponse est l'article wikipédia sur lequel on peut lire : "42 (forty-two) is the natural number immediately following 41 and directly preceding 43." Voilà, tu l'as ta réponse !

              ==>[]

              P.S Pour de vrai, il y a l'explication juste après, mais effectivement, avec duckduck, c'est plus simple sans le terme "reponse".

    • [^] # Re: SF ... ou pas

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Alors, puisque la question m'est adressée plus ou moins directement, je réponds :)

      1. La corrélation positive, si je puis dire, entre "je connais les auteurs principaux de SF" et "je suis geek" est assez robuste. C'est même tellement robuste que c'en est un stéréotype. Cela étant, j'ai constaté la même corrélation robuste du côté des scientifiques. C'en est -- en moindre mesure, mais tout de même -- un stéréotype aussi. Je ne suis pas la seule à avoir observé ça, il y avait carrément une étude qui mesurait combien les femmes sont rebutées par le stéréotype "geek=sale, barbu, fan de Star Wars" pour tenter de quantifier la sous-représentation des femmes dans les métiers des TICE et en particulier dans le monde du Libre/open source. Mais c'est une autre discussion :)

      2. Il y a de nombreuses discussions où il est plus ou moins explicitement fait référence à des oeuvres de la SF/fantasy. J'ai vu, pas spécialement ici, je crois, mais sur d'autres sites, des participants avec des pseudos et/ou avatars reprenant des personnages de SF/fantasy. On (je parle ici en utilisant le "on" impersonnel) considère donc implicitement que c'est du pré-requis étant donné que rien ne permet de dire le contraire. Qui se tait, consent, etc.

      3. J'ai fait une pitite recherche avec "asimov" et "azimov" (beh oui, l'orthographe toussa) sur le site avant d'écrire cette phrase. Il y avait des journaux qui mentionnaient ce nom et en parlaient donc. Ce qui m'a amené à me dire que, bon, la majorité connaît.

      4. C'est la première fois que je vois quelqu'un écrire un message tel que le tien et je trouve ça super :) Je m'explique. Il y a un souci d'accueil des n00bs dans les communautés du Libre/open source. On peut en discuter ailleurs (genre dans le fil de commentaires sur une dépeĉhe que je suis en train d'écrire). Il y a cette tendance à penser que puisqu'on est ici à papoter et se taper sur la g***** tous les trolldis, on est tous et toutes pareils. Oui, mais non. Il y a des gens qui ne rentrent pas dans le moule, mais on les voit très peu, voire pas du tout puisqu'ils/elles ne le disent pas. Donc, ton message va à l'encontre de cette inertie ce que je trouve excellent :) Pour être honnête, il y a un tas de machins que la majorité se dit qui ne me disent strictement rien. Les solutions sont nombreuses :

        • soit on ne dit rien et on continue à ne pas comprendre et/ou on s'en fiche royalement ;
        • soit on cherche sur son moteur de recherche favori (ou moins favori, mais performant tout de même) ;
        • soit on demande "à voix haute", avec les risques que ça implique de se montrer négligeant-e sur un sujet super-méga-top important et indispensable tel qu'avoir vu tous les Star Wars dans toutes les versions possibles. [/cliché ;) ]
      5. Enfin, c'est l'anniv' de Tolkien aujourd'hui et j'ai beaucoup plus lu tout ce qui parle de Tolkien en tant que linguiste plutôt que "Le seigneur des anneaux" qui m'a mortellement ennuyée et dont, je crois, je n'ai jamais lu toutes les pages... Pardon aux familles, etc.

      P.S. C'est long, désolée. Et je fais de la provoc' quand j'écris, mais je n'en suis point désolée. Cela donne des réactions agréables comme celle-ci :)

      • [^] # Re: SF ... ou pas

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Bon, je commence par la fin :)

        C'est long, désolée

        Non, pas désolé, c'est parfait comme ça :)

        Et je fais de la provoc' quand j'écris, mais je n'en suis point désolée

        Aucune raison de l'être, que serait linousquaifère sans ça (<- ceci est une remarque sérieuse)

        Cela donne des réactions agréables comme celle-ci :)

        Merci, d'autant plus que la réponse donne envie de continuer !

        Bon allez, trêve de bla bla bla ;-)

        1.Ca serait intéressant l'étude dont tu parles. Mais au final le stéréotype pose une nouvelle question : les femmes geek, fan de SF, sont-elles sales et barbues ? (oups, la vrai question est plutôt : si geek -> fan de SF, est-ce qu'il faut être fan de SF pour être geek ?)
        2.c'est vrai que j'ai toujours zappé ces discutions
        3.idem, faudrait que je lise un peu plus, et pourtant je lis même les trolls sur les couches :-)
        4.Que de compliments dans une réponse ;-) Ce qui est bien justement dans linuxfr, je trouve, c'est l'importance des commentaires. Et c'est justement ce qui permet ton troisième point. Je trouve que c'est beaucoup plus simple, beaucoup plus intéressant que sur la plupart des autres sites. Mais il y a donc d'autres questions ultra critiques :

        • la SF est-elle vraiment super-méga-top importante et indispensable ?
        • quelle dépêche ? (28c3 ?)

        5.Faudrait que je jète un oeil aux Tolkiens que j'ai (mais jamais lu). Ils venaient de mon frère qui faisait des sciences du langage :

        • bilbo le hobbit
        • silmarillion
        • roverandom
        • faërie
        • (j'ai aussi le seigneur des anneaux)

        Une préférence, un avis ?

        En fait, j'ai connu un peu de science fiction par Jules Vernes, j'apprécie assez le côté cyberpunk sans vraiment le connaître (en fait c'est surtout le côté dystopique que je trouve intéressant). Tiens, je dois avoir un Neuromancien quelque part aussi, mais jamais lu non plus. Je viens de parcourir la liste de films cyperpunk de wikipedia et c'est vrai que pour le coup j'en connais quelques uns que j'apprécie (avalon en premier, exitenz, equilibrium, ...)
        Et Stephen King ça compte comme SF ? (je dis ça car je suis dans les tours sombres pour le moment... - en version BD, désolé pour les puristes on me les a offerts)

        ps : comment t'as fait pour mixer listes numéroté et non ?

        • [^] # Re: SF ... ou pas

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          Bien, étant donné que j'ai loupé mon bus et que j'ai du temps à tuer et que l'écoute assidue de la douce voix de Cory Doctorow commence à me les briser... pardon. Je voulais dire, je vais répondre :)

          1.Ca serait intéressant l'étude dont tu parles. Mais au final le stéréotype pose une nouvelle question : les femmes geek, fan de SF, sont-elles sales et barbues ? (oups, la vrai question est plutôt : si geek -> fan de SF, est-ce qu'il faut être fan de SF pour être geek ?)

          Je vais la retrouver plus tard, j'ai la flemme là :) La question n'est pas nouvelle du tout, ou plutôt disons que toute discussion sur les stéréotypes peut partir dans la direction de ce genre de question. Enfin, la pression sociale faisant bien son travail, une bonne partie des femmes sont épilées, donc potentiellement les geekEs aussi. Je passe sur les services semblables offerts aux hommes.

          4.[skip] Mais il y a donc d'autres questions ultra critiques :
          * la SF est-elle vraiment super-méga-top importante et indispensable ?
          * quelle dépêche ? (28c3 ?)

          Je ne pense pas que la SF en tant que telle soit indispensable pour être participant de LinuskFr. La preuve : t'y connais que dalle et tu participes :) Non, je pense que ça va un peu plus loin : on parle de formation de groupe, avec les dynamiques groupales inhérentes. Je parle en termes de psychologie sociale ici. Donc, chaque groupe a ses membres, au sein de chaque groupe il y a des règles qui assurent sa cohésion et font que ses membres puissent se reconnaître. Il faut donc une base commune, n'est-ce pas ? Ainsi, avoir des repères, des sortes de signes distinctifs permet de se définir en tant que membre du groupe par rapport aux non-membres (potentiels). Bon, je ne vais pas faire cours là, d'une part j'ai la flemme et d'autre j'ai faim. Mais la connaissance de certains sujet -- ici, la SF -- permet donc de se reconnaître dans "les nôtres". Et, comme les chiens qui se reniflent, beh les geeks peuvent se faire des trolls Star Wars vs. Star Trek quand ils se rencontrent pour se "catégoriser" et "apprivoiser". Je ne sais pas si c'est clair, si non - demande.

          Je n'ai pas compris l'allusion à la dépêche 28C3 par contre.

          Enfin :

          Et Stephen King ça compte comme SF ?

          Pour moi non, c'est du Stephen King :) Et "La Tour sombre" en livre ou en BD, c'est juste superbe.

          ps : comment t'as fait pour mixer listes numéroté et non ?

          Espace avant l'astérisme (*) pour faire les bullet points.

          Hope this helps :)

          • [^] # Re: SF ... ou pas

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            Je ne sais pas si c'est clair

            Non non, c'est plutôt clair :)

            Je n'ai pas compris l'allusion à la dépêche 28C3 par contre.

            Juste que tu disais : "On peut en discuter ailleurs (genre dans le fil de commentaires sur une dépeĉhe que je suis en train d'écrire)"
            Et je me demandais juste si la dépêche en question était la suite de la dépêche sur le 28c3 car j'ai trouvé la prez intéressante et j'aimerais bien lire un retour sur toutes ces conférences ;-)

            Pour moi non, c'est du Stephen King :) Et "La Tour sombre" en livre ou en BD, c'est juste superbe.

            OK. Bon, faut que je le finisse alors.

            Espace avant l'astérisme (*) pour faire les bullet points.

            Mais c'est bien sur !

            Hope this helps :)

            Ouep, merci bien :)

            Tiens, une autre question alors (désolé mais vu que tu détails je plonge) : si la SF est une base commune au groupe social "geek", y a-t-il d'autres éléments culturels aussi important ?

            Et moi qui croyait que les trolls étaient DNFE Hurd vs Emacs vs e17

            • [^] # Re: SF ... ou pas

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              Et je me demandais juste si la dépêche en question était la suite de la dépêche sur le 28c3 car j'ai trouvé la prez intéressante et j'aimerais bien lire un retour sur toutes ces conférences ;-)

              Euh... Tu ne penses tout de même pas que je vais écrire sur toutes les confs ? :D J'aime bien écrire, j'ai adoré la plupart des confs auxquelles j'ai assisté, mais faut que je dorme aussi :p
              (Et merci pour le compliment.)

              Tiens, une autre question alors (désolé mais vu que tu détails je plonge) : si la SF est une base commune au groupe social "geek", y a-t-il d'autres éléments culturels aussi important ?

              Ce n'est pas une base, c'est un élément de la base. Pour d'autres éléments... Ça doit se trouver ;) Tu peux y réfléchir, je suis curieuse de ce que tu verrais.

              Et moi qui croyait que les trolls étaient DNFE Hurd vs Emacs vs e17

              Mmmm, non, il y a également les questions de VI(m) et de mort^W Emacs :)

              • [^] # Re: SF ... ou pas

                Posté par (page perso) . Évalué à 3.

                Tu ne penses tout de même pas que je vais écrire sur toutes les confs ? :D

                Non non (quoi que...) juste que j'aimerais bien lire des retours sur toutes ces confs (que ça vienne de toi ou d'autres ;-) )
                Disons surtout que la prez met bien l'eau à la bouche !

                mais faut que je dorme aussi :p

                Ha. Y'a pas moyen de faire autrement ? (elle est où l'époque où ça discutait de, entre autre, sommeil polyphasique sur linuxfr ? ;-) )

                Pour d'autres éléments... Ça doit se trouver ;) Tu peux y réfléchir, je suis curieuse de ce que tu verrais.

                Oulala, ce serait présumer de, entre autres, connaissances psycho / socio que je n'ai point.
                Après, si on garde le sens geek d'avant (je veux dire pas geek = mac pour faire bien dans le cliché) je vois tout de même plusieurs choses :

                • attachement au domaine scientifique (de manière très vaste, pas forcément informatique)
                • historiquement jeux de rôles (donjon et dragons, toussa, même si ça me semble quasi mort je sais que certains en font toujours, y compris les "livres dont on est le héros", etc)
                • aujourd'hui, plus qu'avant, on pourrait y ajouter un côté gadgets

                Maintenant, pas évident de trouver, surtout que j'aurais plutôt en tête ce qui rapproche des hackers que des geeks. Mais c'est encore une autre question ;-)

                les questions de VI(m) et de mort^W Emacs :)

                Less tomber, sed à dire que ed vaincra comme nano éditeur de texte.

        • [^] # Re: SF ... ou pas

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Tiens, je dois avoir un Neuromancien quelque part aussi, mais jamais lu non plus.

          Il faut lire le Neuromancien, c'est indispensable.
          (tu comprendras en lisant la première page de cette ouvrage a quel point mon avis est biaisé)

          Et le Guide du Routard Galactique, idem (idem, mais pas a la première page...)

          Voila, je suis un cliché ambulant mais j'assume :)

          • [^] # Re: SF ... ou pas

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            Il faut lire le Neuromancien, c'est indispensable.

            Boarf :) Je l'ai lu et relu et puis j'ai lu les 2 autres de la trilogie et... beh je ne m'en souviens toujours pas très bien. Ce dont je me souviens c'est que ça m'a passablement ennuyé et j'ai trouvé certaines choses un peu trop lentes. Je ne sais pas, autant il y a des oeuvres dans une veine similaire (qui traite du semi-organique, pour faire un raccourci commode) telles que certains flims de Cronenberg, autant ce bouquin m'a déçue.

            C'est un genre intéressant, comme le biopunk lequel a eu une audience francophone très limitée, si je ne m'abuse. Si on est curieux-se, qu'on a du temps et qu'on aime se lancer dans des pavés pour le plaisir de lire, c'est à faire. Sinon, je pense qu'on peut se passer de lire le "Neuromancien" et vivre une vie heureuse quand même ;)

            • [^] # Re: SF ... ou pas

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              Tss tss tss! Ça c'est une vengeance mesquine, tout ca parce que je n'aime pas Asimov ;)

              Plus sérieusement, mon commentaire n'était pas tout fait sérieux, mais pour les mêmes raisons qui font que je ne suis pas crédible en faisant la promotion de Gibson, maintenant je me dois de défendre ma crémerie, question d'honneur :)

              Je ne discuterais pas sur Count Zero ou Mona Lisa Overdrive, qui ne sont pas aussi "paf dans ta face!" que Neuromancer, mais... lent? vraiment? C'est un livre très court et qui va a fond la caisse, et le style de Gibson est ultra-compact, ultra-travaillé (et je trouve la traduction de Jean Bonnefoy excellente (cet homme est un saint, allez voir tout ce qu'il nous a traduit!)). Pour le coup Gibson c'est l'antithèse de la vieille SF sans style littéraire affirmé, et je pense qu'on peut aimer Gibson juste pour la forme, en ignorant le fond (moi je trouve qu'il y a une grande corrélation entre le fond et la forme et que c'est ce qui marche très fort dans ce livre).

              Après, je pense que la malédiction de Neuromancer c'est d'avoir vu juste sur tellement de points sur l'évolution de nos sociétés et de notre technologie que le livre a perdu une grosse partie de son effet WOW. Le fait qu'il ai tellement influencé d'autre œuvres plus populaires / plus diffusées ( si on a deja vu Ghost in the Shell, forcement le livre perd de sa force... ). Et forcement l'avoir lu dans les 80's ou 90's ou le lire dans les 00's ou 10's , ca ne peut pas avoir le meme effet, tout comme lire "De la Terre a la Lune" dans un monde post-Apollo, ce n'est pas la même expérience que de le lire au XIXieme siècle...

              Bon, il est tard, je digresse, je nous emmenée vers des trolls lointains et incertains, mais il fallait que je me défende un peu, quand même :)

              (spoil) ... et encore aujourd'hui quand je lis le passage sur la plage, j'ai des frissons... (/spoil)

        • [^] # Re: SF ... ou pas

          Posté par . Évalué à 1.

          la SF est-elle vraiment super-méga-top importante et indispensable ?

          Malgré quelques défauts de jeunesse comme tout le monde, la SF est un genre littéraire à part entière. La SF n'est ni plus ni moins importante que la lecture en général. Si tu aimes lire et que tu penses que ça t'apporte quelque chose, tu trouveras certainement ton compte dans certaines œuvres de SF.

          Sinon, à part si c'est justement le genre qui peut "provoquer un déclic" par son attrait et sa facilité et par là t'aider à lire plus (mais j'ai des doutes, si tu connais déjà Stephen King par exemple, qui est un très bon point d'entrée), ça te barbera sans doute comme le reste.

          Après la SF (ou la Fantasy) c'est bien mais il ne faut pas s'enfermer dedans, comme dans n'importe quel autre genre.

        • [^] # Re: SF ... ou pas

          Posté par . Évalué à 3.

          pour Tolkien je déconseille fortement de commencer par le silmarillion; je l'ai bien aimé pour diverses raisons. Je conseille plutôt de commencer par the hobbit (en s’accrochant sur les premiers chapitres, car comme le seigneur des anneaux, ça met du temps à se mettre en route)

          J'ai pas encore lu Roverandom et Faërie, faudrait que je trouve le temps ;)

          Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

    • [^] # Re: SF ... ou pas

      Posté par . Évalué à 2.

      A lire les commentaires, j'ai plutôt l'impression d'être une exception. Est-ce le cas ?

      Non, pareil pour moi.

      Est-ce que lire de la SF c'est juste pour faire "genre je suis un nerd ?"

      J'ai envie de dire que c'est de la paresse intellectuelle :-)
      « J'aime la technologie alors je lis des romans de SF ».

  • # Asimov, les goûts et les couleurs

    Posté par . Évalué à 5.

    Je ne résiste pas à la tentation d'apporter ma pierre à cet édifice mémoriel, même si j'ai plus l'impression de construire la tour de Babel que le mausolée d'Halicarnasse.

    Bref, j'ai découvert la science-fiction par Asimov et ses robots, et je l'en remercie. Plus précisément, la science-fiction moderne, très différente des précurseurs comme H. G. Wells ou ce cher Jules Verne, un maître de mon enfance (L'île mystérieuse, De la Terre à la Lune, Michel Strogoff... oups, je dérape). Ce fut une ouverture sur une science-fiction plus tranquille, moins tournée vers l'aventure ou l'ébahissement technique. Toujours dans mes années collégiennes, j'ai beaucoup aimé le cycle Fondation, malgré deux derniers tomes franchement mauvais. Je l'ai relu une dizaine d'années plus tard, avec plaisir, ainsi que quelques nouvelles autour des 3 lois de la robotique qui me fascinent toujours autant.

    Par contre, j'ai lu une douzaine d'autres bouquins d'Asimov qui m'ont semblé des écrits assez mineurs. Dans le meilleur des cas, ça ce lit bien, mais sans enthousiasme, et il ne m'en reste rien de fort. Si Cailloux dans le ciel avait été signé par un quidam, j'aurais eu du mal à m'en souvenir aujourd'hui. De même pour Les cavernes d'acier qui n'a vaguement survécu dans ma mémoire que grâce à une discussion qui avait suivi la lecture. Je garde beaucoup de sympathie pour l'auteur, en partie pour le personnage et son talent de vulgarisateur, mais je ne peux conseiller pas de lire autre chose que Fondation et Robots.

    Pour les histoires labyrinthiques, je préfère Ph. K Dick (Ubik) à La fin de l'éternité. Pour les références littéraires, je préfère A. Huxley (Le meilleur des mondes) au guide d'Asimov pour lire Shakespeare. Pour les entités transcendantes, je préfère V. Vinge (Un feu sur l'abîme) ou G. Egan (La cité des permutants) à Les dieux eux-mêmes. Pour les séries cohérentes de nouvelles, D. Simak (Demain les chiens) ou R. Bradbury (Les chroniques martiennes) plutôt que les recueils divers. Et je suis prêt à échanger tout l'œuvre d'Asimov contre Fictions de J. L. Borges (certes, ce n'est pas de la S-F, mais un lointain cousin, et cela situe Asimov dans mon Panthéon personnel).

    Loin de moi l'idée de provoquer les commentateurs ci-dessus qui ont adoré Damasio et sa Horde du contre-vent, mais j'ai détesté ce livre. Je ne l'ai fini que parce qu'on me l'avait prêté. J'ai trouvé ça lourd, falot, et vraiment crétin (désolé) sur la fin. Je n'avais plus détesté autant un livre de S-F depuis mes dernières confrontations avec les délires mystiques de Zélazny ou les élucubrations échevelées de Van Vogt. Je sais que d'autres apprécient, mais tant pis pour moi, je ne peux pas aimer ça. Réciproquement, j'ai adoré N. Spinrad (Bug Jack Barron) mais je n'ai pas réussi à convaincre mes proches que c'était un livre génial et même jouissif. C'est comme ça, la vie est mal faite.

    • [^] # Re: Asimov, les goûts et les couleurs

      Posté par . Évalué à 1.

      Je suis assez d'accord avec ton analyse, en particulier sur le fait que les fins de saga sont en général déprimantes. Mais Asimov n'est pas le seul, pour moi c'est une règle ou presque : Hyperion Cantos ou Ender's Game souffrent du même défaut. Longtemps après avoir été déçu par la fin de Fondation, j'ai lu Psychohistorical Crisis de Kingsbury et trouvé ça rafraîchissant (même si ça n'est pas non plus la panacée).

      J'ai découvert Philip K. Dick plus récemment et je ne peux que le recommander. Ubik est très bon, mais j'ai trouvé certaines autres nouvelles encore plus puissantes, comme Do Androids Dream of Electric Sheep?, et surtout A Scanner Darkly et Martian Time-Slip.

      Tu es un peu dur avec la Horde du contre-vent. C'est un livre qui ne m'a pas convaincu non plus, il a des défauts (et pas de fin) mais ça reste un exercice original et a de bons moments. C'est bien de lire de la SF en langue originale française de temps en temps, et si c'est le pire livre que tu as lu depuis longtemps, dis-toi que tu as de la chance et des critères de sélection remarquablement efficaces.

      Du coup c'est bien, je vais pouvoir aller regarder ce que je ne connais pas dans ta liste, Egan et Spinrad. Merci pour ton commentaire.

      • [^] # Re: Asimov, les goûts et les couleurs

        Posté par . Évalué à 2.

        Intéressant, ce Psychohistorical Crisis. Je ne savais pas que d'autres auteurs s'étaient immiscés dans l'univers de Fondation. Je suis d'autant plus curieux que les critiques décrivent une approche assez matheuse (ah !), mais mêlée d'astrologie (aïe !). Merci pour cette référence.

        Content de voir qu'il y a d'autres amateurs de Ph. K. Dick ici. Après ma découverte d'Ubik, je dévorai alors tout ce que je pus trouver de lui, jusqu'à saturation. Et pour une fois je ne fus pas trop déçu, car c'est un écrivain qui n'est pas l'homme d'un livre unique contrairement à tant d'autres. Bien sûr, tout n'est pas de la même qualité, et son univers semble parfois répétitif. Je crois aussi que je suis trop sobre pour apprécier ses textes les plus tortueux (Le dieu venu du Centaure). J'ajouterai à ta liste Au bout du labyrinthe et Minority report ([agression_gratuite] prière de ne pas comparer à sa représentation émasculée par Spielberg [/agression_gratuite]).

        Pour ce qui est de la sélection de livres de SF, en dehors des recommandations d'amis (que je prends parfois avec des pincettes, tout comme eux se méfient aussi de mes conseils), je me suis limité aux classiques. Je dois une fière chandelle à La Bibliothèque Idéale de l’Imaginaire du Cafard cosmique. J'y ai trouvé assez d'infos pour sélectionner les livres qui peuvent me correspondre.

        • [^] # Re: Asimov, les goûts et les couleurs

          Posté par . Évalué à 2.

          Je te conseille d'essayer de lire la SF en anglais. C'est un genre dont les auteurs ont souvent un style assez clair, accessible aux gens dont ce n'est pas la langue maternelle, même si ça dépend des auteurs (Neuromancer de Gibson a été un de mes premiers livres en version originale, et je me souviens avoir eu du mal; dans un autre genre Terry Pratchett n'est pas facile d'approche) mais, même quand les traductions sont bonnes, je trouve ça plus agréable de lire le texte tel que l'a écrit l'auteur, et en plus ça fait travailler les langues.

          Je dis ça parce que Le Dieu venu du Centaure, je n'ai pas compris tout de suite ce que c'était, dans mon souvenir il s'appelle The three stigmata of Palmer Eldritch, ce qui ne ressemble pas tant que ça. Le mysticisme y est en effet très (trop?) présent, surtout asur la fin, mais on peut aussi s'en détacher, et profiter de l'histoire et des beaux moments de confusion qu'elle offre.

          • [^] # Re: Asimov, les goûts et les couleurs

            Posté par . Évalué à 2.

            Je suis d'accord sur le plaisir de lire en VO, mais avec quelques réserves. Pour moi, en anglais, les livres sont généralement plus chers, plus difficiles à trouver, et plus longs à lire (je suis loin d'être bilingue), donc je lis surtout en français. Après avoir lu Ubik en 10/18, je l'ai acheté et lu en anglais. Mais c'était pour mieux profiter d'une œuvre que je trouve très réussie, pour prolonger le plaisir. En fait, la lecture en anglais n'a jamais changé ma vision d'un auteur de SF, et je me sens rarement frustré par leur traduction. Je ne dirais pas la même chose pour Shakespeare, O. Wilde ou J. K. Jerome.

            Je ne pense pas que le changement de langue me ferait changer d'avis sur The three stigmata of Palmer Eldritch, puisque ce qui me perturbe n'est pas le style littéraire, mais la bizarrerie de l'histoire. Je dois être plus sensible que toi au mysticisme : au delà d'une certaine dose, je déclenche une crise de rejet. Hors SF, Herman Hesse est le type même de l'écrivain mystique jusqu'à l'os dont certains écrits me rebroussent le poil quand d'autres me captivent.

            Malgré plusieurs tentatives, Terry Pratchett m'ennuie inexorablement, mais je suis très très difficile dans le genre parodique.

    • [^] # Re: Asimov, les goûts et les couleurs

      Posté par . Évalué à 4.

      Je plussoie pour Philip K. Dick, Aldous Huxley et Ray Bradbury.

      De Dick Je viens de finir « A scanner darkly » et c'est tout bonnement captivant, du début à la fin (où l'on ne comprend l'intrigue qu'à ce moment-là).

      Pour Aldous Huxley, je conseille après « Le meilleur des mondes » de lire « Retour au meilleur des mondes », qui n'est pas une suite mais une comparaison entre ce qu'il a imaginé et le monde tel qu'il a évolué vingt ans plus tard, c'est édifiant et terriblement moderne.

      Pour Bradbury, je ne peux qu'acquiescer : autant « Fahrenheit 451 » ne m'a pas particulièrement marqué, autant « Les chroniques martiennes » est magnifique : je ne pensais pas qu'il était possible d'aussi bien mêler SF et poésie.

      Sinon, j'ai aussi beaucoup aimé de Neal Stephenson « L'Âge de diamant » et un peu moins « Le samouraï virtuel ». D'ailleurs j'ai encore sur ma to read list « Cryptonomicon » (vu que j'aime bien H.P. Lovecraft aussi).

      Article Quarante-Deux : Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal. -- Le Roi de Cœur

    • [^] # Re: Asimov, les goûts et les couleurs

      Posté par . Évalué à 1.

      Pour la critique de "La Horde du conter vent" ca ne m'étonne pas tant que ça. Je l'ai passé a un copain et il me l'a rendu avant d'avoir lu 100 pages. Le début est d'une lecture un peu déroutante, mais j'ai vraiment savouré la fin. Si tu as l'occasion d'emprunté "La zone du dehors" essaye quand même, la réflexion sociologique derrière est bien réfléchi, on reconnais bien le style d'écriture mais peut être que l'univers te convaincras plus.

      En tout cas merci de ta liste de bouquin, je vais aller faire un tour dans une librairie :-D

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