Les résultats du LHC sous licence Creative Commons

Posté par (page perso) . Modéré par patrick_g.
44
18
juil.
2010
Science
L'accélérateur de particules LHC (Large Hadron Collider) monte doucement en puissance et les chercheurs du CERN commencent à produire des résultats scientifiques exploitables à partir des premières données.
Sous quelles licences ces articles de recherche sont-ils publiés ? Quelle est la politique officielle du CERN à ce sujet ?

Plus d'infos sur ces questions dans la suite de la dépêche. Ce qu'il faut savoir c'est que depuis longtemps les scientifiques sont exaspérés par le comportement des gros éditeurs commerciaux (les Springer, Elsevier et autres). Ces entreprises sont évidemment là pour faire du profit et pas pour disséminer librement les connaissances comme le souhaitent les chercheurs.
L'arrivée du web (d'ailleurs inventé au CERN) et l'accès dématérialisé aux articles n'a pas provoqué de baisse des coûts d'abonnement aux revues et au contraire les prix explosent. Des appels au boycott sont même lancés dans certains cas (par exemple après l'annonce d'une augmentation de 400% du prix de l'abonnement au journal Nature).
Plus scandaleux encore, les éditeurs commerciaux protègent leur juteux business alors qu'ils ne supportent qu'une infime partie des coûts de production. En effet un scientifique produit un article, l'envoie à un journal qui le fait relire et valider par un à quatre autres scientifiques (referee ou reviewer) et ensuite cet article peut être publié dans la revue. C'est donc la communauté des chercheurs qui a elle-même produit et validé un texte qui va ensuite lui être revendu au prix fort par l'éditeur (l'éditeur en question détenant généralement les droits d'auteur sur le texte).

Ce modèle complètement absurde est remis en question depuis plusieurs années et de nombreuses initiatives ont vu le jour pour couper l'herbe sous le pied des éditeurs commerciaux.
L'une des initiatives les plus connues est celle de la Public Library of Science (PLoS) dans le domaine de la biologie, de la médecine et la bio-informatique mais les chercheurs en physique des particules ont aussi leur projet.
Ce dernier se nomme SCOAP3 (Sponsoring Consortium for Open Access Publishing in Particle Physics) et il s'inscrit, lui aussi, dans le mouvement général du libre accès (Open Access).
Il faut bien voir que la problématique est différente de celle des logiciels libres. Seul l'accès libre et gratuit au texte scientifique intéresse les chercheurs ce qui explique qu'on peut se retrouver avec des licences qui seraient considérées comme non libres par des adeptes du Logiciel Libre (des licences qui interdisent la commercialisation ou la modification du texte par exemple).

Le projet SCOAP3 regroupe tous les grands centres de recherche mondiaux en physique des particules sous la direction du CERN et utilise un modèle de publication original.
Sachant qu'il se publie environ 10 000 articles de physique des particules chaque année, tous les pays participants payent une quote-part en fonction du nombre d'articles publiés par leurs chercheurs. Si, par exemple, la France publie environ 3,5% des articles de physique des particules dans le monde, alors elle paiera 3,5% du total (chaque article coûtant environ 1 000 euros).
Nous avons donc une masse d'argent disponible : 10 000 articles à 1 000 euros soit 10 millions d'euros. Le consortium, à l'inverse des multiples bibliothèques isolées, est alors en position de force pour négocier avec les éditeurs. Un appel d'offre (open tender or "bidding" process) est alors lancé auprès de ces éditeurs et le gagnant va assurer les tâches habituelles de revue des articles (évaluation par les pairs), d'édition et de dissémination de l'information mais il s'engage formellement à ce que l'article soit en libre accès.
À noter que dix pour cent du budget de SCOAP3 sont consacrés au financement d'articles écrits par les chercheurs de pays qui ne sont pas en mesure d’apporter leur quote-part au consortium.
Donc si on résume l'idée derrière ce projet :

AVANT : Les centres de recherche payent, par l'intermédiaire de leurs bibliothèques, des abonnements aux journaux. L'argent dépensé couvre le système d'évaluation par les pairs et assure des marges démesurées aux éditeurs. Seuls les abonnés aux revues peuvent avoir accès aux articles.

APRÈS : Les centres de recherche résilient leurs abonnements. Ils utilisent l'argent pour financer un consortium qui met en concurrence les éditeurs afin de payer le système d'évaluation par les pairs. Les articles sont disponibles pour tous en libre accès.

C'est tout ce travail de réflexion et d'organisation de la communauté des chercheurs qui explique la licence sous laquelle sont publiés les premiers articles issus du LHC. Le CERN vient de devenir un sponsor officiel de Creative Commons et c'est sous licence CC que paraissent les premiers articles :
Même si la problématique de l'accès aux connaissances scientifiques est différente de celle des logiciels libres, ce qui explique le choix des licences, les sujets sont indiscutablement voisins. Le mouvement du Libre Accès est le cousin du mouvement du Logiciel Libre car il vise à supprimer des barrières purement artificielles au profit des utilisateurs.
Même si nous ne comprenons pas une ligne du noyau Linux, nous y avons accès librement. Même si nous ne comprenons pas un mot des articles rapportant les premiers résultats du LHC, nous pouvons les lire librement.
C'est cet accès libre qui permettra aux futurs chercheurs et aux futurs hackers de faire progresser ces biens communs de l'humanité.
  • # Quid des statistiques officielles ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Je sais que Idescat [1], l'institut officiel des statistiques de Catalogne est passé cet année sous CC-bY. D'autre part, Eurostat, l'agence de l'Union européenne utilise Mediawiki, mais j'ignore la licence utilisée. Connaissez-vous d'autres instituts de statistiques européennes ou dans le monde qui utilisent des licences libres ou du moins font des efforts d'accessibilité (genre pas de page d'accueil tout en Flash sous bouton pour sauter l'introduction) ?

    [1] http://www.idescat.cat/
    [2] http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.(...)
    • [^] # Re: Quid des statistiques officielles ?

      Posté par . Évalué à 3.

      D'autre part, Eurostat, l'agence de l'Union européenne utilise Mediawiki, mais j'ignore la licence utilisée.

      Tout d'abord le sigle licence utilisé généralement en bas à droite d'un mediawiki (du moins avec le thème monobook) n'est pas présent, donc ça doit être du copyright classique.

      Par ailleurs, on peut consulter la page
      http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.(...) en bas :
      Copyright Notice

      © European Communities, 1995-2010

      Reproduction is authorised, provided the source is acknowledged, save where otherwise stated. Where prior permission must be obtained for the reproduction or use of textual and multimedia information (sound, images, software, etc.), such permission shall cancel the above-mentioned general permission and shall clearly indicate any restrictions on use.
  • # Magnifique

    Posté par . Évalué à 7.

    Le drame sur LinuxFR c'est qu'il est difficile de faire une news plus agréable et intéressante que les release Linux. Je pense que celle-ci y est arrivé.

    Tiré de la FAQ : "SCOAP3 aims to convert to Open Access the vast majority of the literature of the field."
    J'espère que ce genre d'initiatives se généraliseront à d'autres domaines de la recherche.
  • # Une petite précision

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Je suis tout à fait d'accords, la politique des grandes revues scientifiques est tout bonnement scandaleuse. Cependant, je rajouterai un bémol, car ce n'est pas aussi noir qu'il n'y parait.

    En effet, les grandes universités américaines ayant gueulé un bon coup, un consensus a été trouvée. Dans de nombreuses revues (par exemple en informatique ACM et IEEE), les auteurs ont le droit de publier les versions préparatoire de leurs articles (sans la mise en page de l'éditeur mais avec le même contenu) sur leur page personnel ou sur le site de leur organisme de recherche (INRIA, CNRS, Université...), ce qui en soit largement suffisant (mais ce n'est pas encore parfait).

    Autrement dit, si un auteur veut que son œuvre soit librement accessible, il le peut (et je crois que le CNRS et l'INRIA encouragent leurs auteurs à poster les publications sur leurs HAL — http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyper_articles_en_ligne ).
    • [^] # Re: Une petite précision

      Posté par . Évalué à 2.

      Oui l'INRIA encourage vivement à tout mettre sur HAL.
      • [^] # Re: Une petite précision

        Posté par . Évalué à 3.

        Je rajouterai que sur Toulouse, il y a OATAO (Open Archive Toulouse Archive Ouverte) qui regroupe une partie des communications scientifiques sur Toulouse et qui les laisse librement à disposition sur le web : ([http://oatao.univ-toulouse.fr/]). Cela permet une meilleure visibilité et d'augmenter l'impact des travaux des chercheurs.

        Même si vous ne pipez pas mot de chimie ou autre, vous pouvez quand même vous plonger dans la science comme dans le noyau linux.
      • [^] # Re: Une petite précision

        Posté par . Évalué à 6.

        En 2001, il y en a d'autres qui ont essayé de tout confier à HAL, et ça ne s'est pas bien passé.
        • [^] # Re: Une petite précision

          Posté par . Évalué à 6.

          Oui, maintenant ils reviennent en arrière et confient tout à Udev...

          Article Quarante-Deux : Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal. -- Le Roi de Cœur

  • # ArXiv

    Posté par . Évalué à 10.

    Il est à noter que la très grande majorité des articles scientifiques en physique (et une bonne partie en maths) sont d’abord pré-publiées sur le serveur http://www.arxiv.org, où ils sont librement accessibles, y compris les sources (la plupart des articles en question sont rédigés en LaTeX, et on peut télécharger le code LaTeX).
    Bien sûr, tous les articles ne sont pas de la même qualité, car il n’y a pas de peer review pour pouvoir publier sur l'arXiv.
    Cependant, une fois qu’un article a été publié dans un journal scientifique, la référence à l’article publié apparaît sur l'arXiv (par ex. http://arxiv.org/abs/hep-th/9711200 correspond à Adv.Theor.Math.Phys.2:231-252,1998).
    Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’être riche ou d’avoir accès à une bibliothèque universitaire bien fournie pour pouvoir consulter les dernières recherches.
    • [^] # Re: ArXiv

      Posté par . Évalué à 7.

      ArXiv est très bien foutu, comme pas mal de monde je prend 80% des articles que je lit sur arXiv, même si j'ai accès à la revue finale ( c'est plus rapide de faire un tour sur les nouveautés d'arXiv que de faire 36 revues), de plus le numéro arXiv est souvent plus facile à trouver que celui de la revue.

      Le problème c'est les archives, retrouver un papier des année 60 relève de l'exploit surtout si la revue à disparu depuis.
      Parfois (en astro) on peut retrouver des scan sur ADS ([http://adsabs.harvard.edu/]) mais souvent on ne trouve que le lien vers le site de l'éditeur et là si on est pas sur le réseaux du labo qui à l'abonnement qui va bien et bien on a l'air bien c…
      Pourtant c'est parfois bien utile de ce mettre sous la dent le papier des années 60 qui pose les bases de ce qu'on fait !
      • [^] # Re: ArXiv

        Posté par . Évalué à 1.

        « c'est plus rapide de faire un tour sur les nouveautés d'arXiv que de faire 36 revues) »

        Puis Dieu inventa les flux RSS. (avec articles dispo. avant la publication effective, à peu de choses près en même temps qu’Arxiv:)
        • [^] # Re: ArXiv

          Posté par . Évalué à 1.

          Un moment donné j'ai fait ça, jusqu'à ce que je me rende compte que le flux RSS était limité a un certain nombre d'entrées, genre 50, et donc les jours où il y en a plus, je perdais des articles. Aussi, je n'avais pas trouvé le moyen de n'avoir qu'un sous-domaine via les flux RSS. Peut-être que ça a changé mais du coup je suis retourné à la liste de diffusion arxiv standard.
          • [^] # Re: ArXiv

            Posté par . Évalué à 2.

            Cela ne vient-il pas plutôt d’un problème de configuration serveur ou client ? Parce que normalement les serveurs gardent un certain nombre de flux en mémoire (effectivement si la liste dépasse la taille, y’a comme un problème), ensuite c’est au client d’enregistrer les anciens flux.
      • [^] # Re: ArXiv

        Posté par . Évalué à 3.

        là si on est pas sur le réseaux du labo qui à l'abonnement qui va bien et bien on a l'air bien c…

        Pour ne pas me faire suer, je lance un proxy SOCK (ssh -D12345 login@labo pour l'avoir sur le port 12345). Comme ça je retrouve les articles qui ne sont pas sur arxiv quand je ne suis pas au labo.
  • # cool

    Posté par . Évalué à 6.

    c'est vraiment cool l'accès à la recherche et donc la connaissance
    En general on accès juste a des "news" sans aucune vraie info, et des bribes de textes avec un lien pour acheter le truc

    Comme on disais à l'époque, knowledge is power, share the wealth
  • # Impact factor ?

    Posté par . Évalué à 5.

    Pour avoir discuté de ce sujet avec des scientifiques que je respecte, il y a deux critiques qui sont émises face à un tel système.

    1) Ces revues sont elles impactées au sens ISI web of knowledge ?

    Il faut savoir que l'avancement d'un chercheur se fait en France principalement via l'indice de Hirsch, pour faire augmenter cet indice il faut que la revue ait un facteur d'impact non nul, celui ci étant évalué par the Institute for Scientific Information (ISI). Les jeunes chercheurs ont clairement une pression, car l'AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) tend à faire une évaluation de plus en plus personnelle (comprendre que bientôt chaque chercheur sera évalué). Il est donc très difficile pour eux de choisir une revue non impactée au sens ISI.

    2) N'y a il pas un conflit d'intérêt ?

    Plusieurs chercheurs sont intimement convaincus qu'une revue qui fait payer les auteurs (ou les institutions) à l'article aura tout intérêt à accepter le plus d'articles possible pour augmenter son budget. Qu'en est il du tau de rejet des articles publiés dans ces revues ?

    Ne t'y trompe pas, je suis autant outré que toi du système en place qui semble complètement fou, on donne beaucoup trop à ces éditeur commerciaux, mais la question de savoir comment sortir de ce système sans sacrifier sa carrière et un vrai problème. La question de comment valider la qualité d'une revue "libre" est dans cette optique complètement fondamentale.

    Sinon, je trouve que c'est une excellente nouvelle !
    • [^] # Re: Impact factor ?

      Posté par . Évalué à 4.

      Au final, l'impact factor des revue en Open Access est pas forcément mauvais. La dernière fois que j'ai regardé pour la bioinformatique, PLoS était deuxième et BMC Bioinformatic quatrième.

      Dans les autres domaines je ne sais pas par contre.
    • [^] # Re: Impact factor ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      >>> 1) Ces revues sont elles impactées au sens ISI web of knowledge ?

      Sur cette question la réponse est sans ambiguïté: Cela ne change rien du tout !
      En effet ce sont les revues classiques du domaine qui continuent de publier les articles. Aucune nouvelle revue n'est créée. C'est juste le mode de financement qui change comme expliqué dans la dépêche.
      Clique donc sur l'hyper lien que j'ai mis sous "un modèle de publication original" et tu trouvera la FAQ du projet. Ils disent bien que les 5 principaux journaux de physique des particules resteront les mêmes:

      "Five journals are considered 100% convertible to SCOAP3: Springer’s European Physical Journal C, SISSA/IOP’s Journal of High Energy Physics, Elsevier’s Nuclear Physics B and Physics Letters B and APS’ Physical Review D".

      >>> 2) N'y a il pas un conflit d'intérêt ?

      Sur cette question en revanche je n'en sais pas plus que toi. Je pense que la décision de publication se base sur l'avis du reviewer donc le processus de décision reste dans les mains des scientifiques et pas des marketeux de l'éditeur.
      • [^] # Re: Impact factor ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        >>> 2) N'y a il pas un conflit d'intérêt ?

        > Sur cette question en revanche je n'en sais pas plus que toi. Je pense que la décision de publication se base sur l'avis du reviewer donc le processus de décision reste dans les mains des scientifiques et pas des marketeux de l'éditeur.


        Le reviewer ne décide que de la qualité scientifique de l'article.
        Il faut savoir que les comités éditoriaux ont un pouvoir assez impressionnant : ainsi, lorsque l'on soumet un article à Nature ou Science, c'est un éditeur qui décide si l'article est publiable dans un des journaux qui dépendent de la maison d'édition ou non. Autrement dit, ce n'est pas un reviewer qui juge de la pertinence en premier dans ce cas.
      • [^] # Re: Impact factor ?

        Posté par . Évalué à 2.

        Personnellement, lorsque je publie un article dans une revue avec accès payant, je mets ma propre version dans une base de données ouverte (hal) http://hal.archives-ouvertes.fr/.

        L'important pour la recherche, c'est pas la source du document, c'est l'accès à son contenu, et éventuellement aux données pour pouvoir refaire les calculs/expériences.
    • [^] # Re: Impact factor ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      2) N'y a il pas un conflit d'intérêt ?

      Non. Normalement, les auteurs sont obligés de déclarer un éventuel conflit d'intérêt. Tu trouves des phrases du genre soit à la fin de l'article lui-même, soit au début (comme est par exemple le cas de PLoS Genetics pour lequel j'ai déjà reviewé) : Competing interests: The authors have declared that no competing interests exist.
      Exemple : http://www.plosgenetics.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fj(...) (en-dessous de la section Author's summary)

      Je n'ai jamais vu un article publié avec mention de conflit d'intérêt existant.
    • [^] # Re: Impact factor ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      Tu as raison, mais on peut aussi critiquer ce système d'évaluation, cf. par exemple http://www.chimie.ens.fr/Resonance/bibliometrics_1.pdf
    • [^] # Re: Impact factor ?

      Posté par . Évalué à 1.

      la question de savoir comment sortir de ce système sans sacrifier sa carrière et un vrai problème. La question de comment valider la qualité d'une revue "libre" est dans cette optique complètement fondamentale.

      réponse facile : on change le système d'évaluation de la recherche.

      On tend de plus en plus à évaluer la recherche de manière individuelle, comme tu le soulignes, avec un indice statistique. Vous avez déjà fait des statistiques sur une personne ? Ben voilà à quoi en est réduit l'AERES. Cette méthode a plein de problème : d'une part, dès qu'on évalue à partir d'un indice, il est toujours possible d'optimiser son indice de manière totalement indépendante de la qualité de la recherche. D'autre part, cette méthode repose uniquement sur le nombre, et absolument pas sur la qualité. Tant qu'on n'évaluera pas la recherche sur la qualité, on aura un système pourri. Bien sûr, ça implique un peu plus de boulot dans l'évaluation. Et à ce moment là, peu importe où on publie, libre accès ou pas.
    • [^] # Re: Impact factor ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      Je suis scientifique aussi et je publie, mais je suis étonné que cette question surgisse ici : l'Impact Factor est une vaste fumisterie.

      La question est de savoir si on publie des connaissances ou une quantité de textes, il suffit de voir où mène la politique du "publish or perish" : quantité d'articles fumeux ou même frauduleux (copier/coller) sont publiés uniquement dans le but d'améliorer l'Impact Factor. Cela devient même carrément ridicule.

      Juste un exemple: si on évalue les institutions en fonction de l'Impact factor des publiant, vous classez différemment une université avec un prix Nobel et l'autre sans prix Nobel quand bien même le nombre de publiant serait plus élevé dans la seconde.
      Quant à savoir si l'Impact Factor est un garant de la qualité des connaissances produites, il y a vraiment un gouffre : tout le monde sait comment fonctionne l'évaluation par les pairs, la connaissance est une affaire de communauté. Le fait de passer sous licence libre permet alors à toutes les communautés scientifiques de pouvoir évaluer leur production globale, justement en passant outre les enjeux de pouvoir ! Et ca c'est plutôt une bonne nouvelle.
    • [^] # Re: Impact factor ?

      Posté par (page perso) . Évalué à -2.

      Je suis scientifique aussi et je publie, mais je suis étonné que cette question surgisse ici : l'Impact Factor est une vaste fumisterie.

      La question est de savoir si on publie des connaissances ou une quantité de textes, il suffit de voir où mène la politique du "publish or perish" : quantité d'articles fumeux ou même frauduleux (copier/coller) sont publiés uniquement dans le but d'améliorer l'Impact Factor. Cela devient même carrément ridicule.

      Juste un exemple: si on évalue les institutions en fonction de l'Impact factor des publiant, vous classez différemment une université avec un prix Nobel et l'autre sans prix Nobel quand bien même le nombre de publiant serait plus élevé dans la seconde.
      Quant à savoir si l'Impact Factor est un garant de la qualité des connaissances produites, il y a vraiment un gouffre : tout le monde sait comment fonctionne l'évaluation par les pairs, la connaissance est une affaire de communauté. Le fait de passer sous licence libre permet alors à toutes les communautés scientifiques de pouvoir évaluer leur production globale, justement en passant outre les enjeux de pouvoir ! Et ca c'est plutôt une bonne nouvelle.
      • [^] # Re: Impact factor ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 10.

        Tu montre bien le ridicule de poster un copier-coller d'un article précédent. Tout ça juste pour améliorer ton nombre de commentaires poster. :-)

        « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

  • # Et le LaTeX ?

    Posté par . Évalué à -2.

    Il est bon que le monde de la recherche s'adapte petit à petit à Internet.

    Mais les articles, mêmes librement accessibles, ne le sont qu'en PDF, ou au mieux en source LaTeX. En anglais, on dit "paper" pour un article scientifique, donc on pense à un article scientifique écrit sur un rectangle d'arbre mort. Cela implique des contraintes de pagination, la limitation de la taille de l'article, des notes de bas de page fastidieuses etc...

    Quand est ce que les chercheurs publieront leurs articles dans les standards du Web, HTML, SVG, MathML etc ?

    A quand l'émergence d'un réseau social pour chercheurs, où l'on puisse plusser, moinsser des articles, mettre des commentaires directement au milieu du texte ? A quand un standard de référençage entre articles qui pointent directement vers la partie judicieuse de l'article que l'on référence ?
    • [^] # Re: Et le LaTeX ?

      Posté par . Évalué à 9.

      Quand est ce que les chercheurs publieront leurs articles dans les standards du Web, HTML, SVG, MathML etc ?
      Avec les sources LaTeX, tapluka convertir en HTML, non?

      THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

    • [^] # Re: Et le LaTeX ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      > Quand est ce que les chercheurs publieront leurs articles dans les standards du Web, HTML, SVG, MathML etc ?

      Euh... Au risque de te décevoir, il y a 3 versions d'un article : seulement le résumé (Abstract), le texte complet (Full Text) en HTML et le texte complet en PDF.
      Donc, la 2e de ces versions est ce que tu souhaites, non ? :-)


      > A quand l'émergence d'un réseau social pour chercheurs, où l'on puisse plusser, moinsser des articles, mettre des commentaires directement au milieu du texte ?

      PLoS ONE propose ça dans une certaine mesure : Combining tools for commentary and rating, PLoS ONE is also a unique forum for community discussion and assessment of articles.
      De plus, je te signale que nul n'interdit que, si tu n'es pas d'accord avec certaines parties de l'étude, tu envoies un commentaire. Ce dernier peut être sous des formes variées : Comment, Technical Note, Letter.
      Concernant les commentaire "au milieu du texte", je ne comprends pas. C'est possible de faire ça quelque part *en général* ?

      N'oublie pas qu'il est question de l'évaluation d'une étude scientifique par les *pairs*, pas par n'importe qui qui peut écrire sur une page web. Personnellement, je n'accepterai pas que mon travail de recherche soit plussé/moinssé/commenté n'importe comment par n'importe qui.


      > A quand un standard de référençage entre articles qui pointent directement vers la partie judicieuse de l'article que l'on référence ?

      Je n'ai pas compris cette partie. Peux-tu expliciter ?
    • [^] # Re: Et le LaTeX ?

      Posté par . Évalué à 4.

      Quand est ce que les chercheurs publieront leurs articles dans les standards du Web, HTML, SVG, MathML etc ?

      Heu si c'est au dépend de LaTeX ou de PDF, non merci. J'aime bien consulter un "papier" hors-ligne, si pour un papier je me retrouve avec l'arbo html et ses fichiers tiers (css, images, script, etc... ) sur mon disque, ça va m'emmerder et pas uniquement moi, je pense.

      Et comme dit l'ami avant moi, tu as des convertisseurs pour le format html.
    • [^] # Re: Et le LaTeX ?

      Posté par . Évalué à 10.

      A quand l'émergence d'un réseau social pour chercheurs

      tweet reçu à 14H42 > salut hawking, alors ca en est où tes recherches sur les trous noirs ? lol

      Einstein456 vous a poké.

      Un positon a été taguée sur une image provenant du LHC.

      On vous a invité au groupe "le tevatron sai has been"

      Higgs a fait un score de 982 au jeu "Devine combien de particule vont être généré à partir de cette collision"

      votre statut : je taf sur les particules subatomique de l'experience A495-87F strop kiffant.

      my wishlist :
      - un vogaye à Genève au LHC
      - un diner avec Hawking mdr
      - trouver le boson de Higgs lol
    • [^] # Re: Et le LaTeX ?

      Posté par . Évalué à 3.

      S'adapter... Ce serait surtout déjà bien de pouvoir soumettre tous les articles en LaTeX. Marre de devoir soumettre les articles en .doc ou .rtf avec les tableaux à faire à part sous word (sic!).
  • # Revues.org

    Posté par (page perso) . Évalué à 0.

    À noter aussi que les physiciens et bilogistes ne sont pas les seuls à s'orienter vers de tels modèles : le site [http://www.revues.org] regroupe de très nombreuses revues de sciences humaines et sociales en accès libre (en français).
    • [^] # Re: Revues.org

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      le site [http://www.revues.org] regroupe de très nombreuses revues de sciences humaines et sociales en accès libre

      Merci d'avoir pointé ce site. Néanmoins, je n'aime pas lire ça :
      "Droits de propriété intellectuelle

      L'ensemble de ce site relève de la législation française et internationale sur le droit d'auteur et la propriété intellectuelle. Tous les droits de reproduction et de diffusion sont réservés (sauf pour usage strictement privé), y compris pour les représentations iconographiques et photographiques.
      {...}
      Toute autre reproduction ou représentation, intégrale ou substantielle du contenu de ce site, par quelque procédé que ce soit, doit faire l'objet d'une autorisation."

      http://www.revues.org/6540
      • [^] # Re: Revues.org

        Posté par . Évalué à -2.

        Si tu n'aimes pas le lire, tu n'as qu'à ne pas le lire. Après, ça continuera à s'appliquer, mais apparemment ton problème c'est juste la lecture (du passage), donc ça résoudra ton problème.

        Tous les nombres premiers sont impairs, sauf un. Tous les nombres premiers sont impairs, sauf deux.

        • [^] # Re: Revues.org

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Désolé mais Malicia a raison : Revue.org ne propose pas d'article en accès LIBRE. Peut-être gratuit, mais pas libre au sens où on l'entend dans les "licences libres".

          HAL SHS aussi était tombé dans ce travers. Il faudrait revoir la formulation.

          Combien de revues répertoriées dans Revues.org proposent leur contenu sous licence libre? Il doit y en avoir mais ce serait bien de pointer lesquelles.
  • # Déjà vu ça quelque part

    Posté par . Évalué à 10.

    Plus scandaleux encore, les éditeurs commerciaux protègent leur juteux business alors qu'ils ne supportent qu'une infime partie des coûts de production

    Et alors, est ce que ça légitime que les rédacteurs contournent ce système ?

    Est ce que vous pensez aux enfants ? Et ces pauvres chercheurs qui meurent la bouche ouverte sur le caniveau dans l'indifférence générale ? Chaque année, ce sont des pétamilliards de dollars belges de perte sèche pour l'industrie de la recherche.

    Je propose dès lors de faire voter une loi qui interdirait de telles pratiques honteuses.

    Une autorité — HAZARD (Haute Autorité Zélée Agissant sur la Recherche et le Développement) — sera chargée de surveiller tout ça.

    La première fois qu'un défaut de négligence de non publication aura été constaté, la personne se fera confisquer l'ensemble de ses stylos, crayons, feutres, papiers, craies ardoises et autres tableaux blancs. La seconde fois, il n'aura plus le droit d'approcher un clavier. Au troisième coup, une puce rfid lui sera implantée sous la peau pour surveiller les allées et les venues de la personne. Les cordes vocales pourront également être modifiées lors d'une opération chirurgicale préventive (ce qui justifie le caractère pédagogique de la loi).

    « HAZARD, ça marche »™
  • # Relativisation

    Posté par . Évalué à 4.

    Bon, je me sens globalement obligé de tempérer le ton optimiste de la news.

    Je suis moi-même convaincu de l'intéret du modèle de publication libre. La raison principale à mes yeux n'est pas économique, mais éthique; quand la recherche publique est financée par les impôts, il est normal que n'importe quel citoyen ait un libre accès à cette production scientifique.

    Maintenant, je trouve que la présentation du business des éditeurs de journaux scientifique est biaisée, car dénuée de fondement historique. Historiquement, les articles scientifiques étaient publiées par des sociétés scientifiques, sortes d'associations groupant les grosses têtes d'une discipline particulière. C'est donc tout naturellement que pour publier un travail, on envoyait son manuscrit à de telles sociétés, qui géraient sa publication. Les universités étaient en général capables de diffuser ces revues à prix coutant, c'est à dire que les chercheurs du monde entier ne payaient que les frais liés à l'édition d'un journal papier. Tout le monde était à peu près content du système, mais le monde a changé. Les universités sont de moins en moins des institutions à but non lucratif, et elles se sont aperçues qu'elles perdaient beaucoup d'argent avec cette activité qui se trouvait être un peu à la limite de ses missions. Les droits d'édition des revues scientifiques ont peu à peu été vendus à des entreprises spécialisées dans l'édition scientifique, qui ont rationnalisé la production. La transition s'est faite en douceur, et ce n'est que récemment que des gens cupides se sont aperçus qu'on pouvait faire beaucoup d'argent gräce à ce procédé, avant ça, la plupart des boites d'édition faisaient un travail relativement honnëte et proposaient les journaux scientifiques à un prix raisonnable compte tenu des faibles tirages.

    Mais il faut être bien naïf pour croire que les publications OpenAccess sont la solution à tous nos ennuis. En règle générale, ces publications ne sont pas éditées par des associations, mais bien par des entreprises, qui sont au moins aussi peu scrupuleuses que les consœurs (ce sont d'ailleurs parfois les mêmes, ou des filiales de ces dernières). Le business de l'OpenAccess est en plein essort, et ses conséquences sont assez inquiétantes:

    * Avant, le problème était que les labos pauvres avaient du mal à accéder aux publications. Maintenant le problème est que ces labos peuvent lire, mais ne peuvent plus publier. C'est un peu le choix entre la peste et le choléra.
    * L'émergence de centaines de nouvelles publications OpenAccess a ravagé la structure traditionnelle des journaux à comité de lecture ; il y a maintenant tellement de journaux disponibles qu'il est très invraisemblable de voir un travail même mauvais ne pas être publié dans une revue à l'impact factor raisonnable, et les travaux publiés se retrouvent dispersés, ainsi que les compétences des comités de lecture et des editorial boards. Il n'existe plus de journaux présentant des listes impressionnantes de sommités comme éditeurs, et les journaux traditionnels se retrouvent en compétition avec de multiples clones dont l'avenir est incertain; la qualité moyenne des travaux publiés s'en ressent.
    * Le modèle "Pay per Publish" au lieu du "Pay per View" amène avec lui une tentation extrêmement perverse, celle de lier les rentrées d'argent de l'éditeur au nombre d'articles publiés, et pas à leur qualité comme c'était le cas précédemment. De fait, le taux d'acceptation de certaines revues est extrêmement élevé, le peer review est tout relatif, et la qualité générale de la production scientifique s'en ressent. Il suffit de voir que la publications des articles "rebuts", rejetés par les autres journaux, est utilisé comme fond de commerce par certains journaux, comme PLoS One. Oyez Oyez chercheurs, nous publions contre monnaie sonnante et trébuchante tout manuscrit impubliable! L'appel est irrésistible, et le commerce est florissant. Il faut se rentre à l'évidence, l'OpenAccess va relativiser le peer review, en le faisant passer d'une variable binaire (cet article a été considéré comme acceptable par la communauté) à une variable quantitative (cet article a été publié dans tel journal, qui est connu pour ses critères assez laxistes / très sévères). Accessoirement, la qualité de la typographie et de la mise en page est souvent deficiente dans ces journaux, où le texte n'est parfois même pas relu par un correcteur professionnel. J'ai à plusieurs reprises été extrêmement déçu du rendu déplorable du PDF publié.

    La transition d'un modèle de publication fermé vers un modèle ouvert est probablement un progrès, et semble de toutes manières inévitable. Mais ces deux modèles viennent chacun avec leurs défauts et leurs tentations, et mon expérience me porte à croire que les perversités du système OpenAccess peuvent être redoutables, car en plus de saigner (d'une manière différente) les budgets des universités, ils risquent grandement d'affecter la qualité de la production scientifique si le monde académique n'est pas capable de s'organiser pour trouver d'autres manières de réguler et d'évaluer le flux continuel de publications scientifiques.
    • [^] # Re: Relativisation

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      >>> Il n'existe plus de journaux présentant des listes impressionnantes de sommités comme éditeurs

      Hem...tu as regardé le board des Publications Mathématiques de l'IHÉS ?
      Ici je compte 4 médailles Fields et un prix Abel : http://www.ihes.fr/jsp/site/Portal.jsp?document_id=547&p(...)

      Et ça c'est sans compter Artur Avila sur qui je mise 10 euros pour une prochaine médaille Fields dans un mois lors du congrès international.
      • [^] # Re: Relativisation

        Posté par . Évalué à 2.

        A mon humble avis il est beaucoup plus difficile de tricher dans le domaine mathématique que dans n4'importe quel autre.
        Surtout qu'en mathématique il suffit d'un cerveau et d'un crayon pour refaire une expérience. (encore que..maintenant que l'on commence a valider des choses par l'informatique plutôt que par raisonnement...).
    • [^] # Re: Relativisation

      Posté par . Évalué à 0.

      Bah c'est le même problème que l'App Store contre l'Android Market (voire plateforme plus ouverte encore).

      Sur l'App Store tu as un super (ahem!) reviewer qui ponctionne une partie de ton chiffre d'affaire. Il se charge de trier les applications (resp. articles) mais en échange, il dicte sa loi sur ce qu'il est possible de publier ou pas (les règles d'acceptations).

      De l'autre coté il y a Android qui lui a des règles d'acceptations plus souples incluant du porno (cachez ce sein que je ne saurais voir), ou bien des applis moisies, mais aussi toutes les applis qui pourraient être interdites par l'App Store car elles concurrences les applis principales de l'iPhone, même si les applis concurrents sont mieux.

      (Si Android n'est pas assez libre pour vous, alors prenez le Neo Freerunner si ca vous chante, peu importe du moment que c'est bien plus le bazar que la cathédrale :) ).




      Un troll s'est glissé dans ce message sauraient vous le retrouver?
    • [^] # Re: Relativisation

      Posté par . Évalué à 2.

      « l'OpenAccess va relativiser le peer review, en le faisant passer d'une variable binaire (cet article a été considéré comme acceptable par la communauté) à une variable quantitative (cet article a été publié dans tel journal, qui est connu pour ses critères assez laxistes / très sévères). »

      C'est déjà le cas. Il existe des classements des conférences (allant de A+ à E ou F), qui sont faits en fonction de l'ancienneté de la conférence, du taux d'acceptation moyen, etc. Ces classements ne sont pas nécessairement pertinents. Par exemple, le workshop LCPC, qui a lieu tous les ans, est un extraordinaire séminaire pour qui s'intéresse à la compilation et à l'optimisation de code pour la haute performance et le parallélisme. Comme il s'agit d'un workshop, le taux d'acceptation est relativement bas (~40% l'an dernier). Pourtant, la qualité des papiers est plutôt bonne. Si on va à l'opposé, SuperComputing (SC) est l'une des conférences les plus sélectives (~15-20% d'acceptation tous les ans). Pourtant, lors de cet événement, il y a tellement de choses à faire et voir, que ça ressemble plutôt à une foire. Et au final, même si les papiers peuvent être plutôt bons, il n'y a aucune cohérence, et il est difficile de trouver son bonheur dans les actes...

      Du coup, lorsque je soumets à une conférence, je ne soumets qu'aux "meilleures" (Notées A ou A+), parce que je sais que, si jamais je veux devenir maître de conf (ou même passer les qualifs pour tenter de l'être), il est important de pouvoir justifier de publications dans des conférences ou ateliers de qualité. Ou bien je soumets dans des workshops qui sont pile-poil dans ma spécialité, et qui me permettent d'entretenir mon réseau...
      • [^] # Re: Relativisation

        Posté par . Évalué à 2.

        La classification des revues existe déja, basée principalement sur l'impact factor. Il existe évidemment des différences entre les taux d'acceptation des revues et la nouveauté des résultats présentés, ça ne fait aucun doute et c'est très sain. Je trouve ça bien que dans certaines disciplines les conférences sont aussi classées de cette manière (ce n'est pas le cas dans mon domaine, où l'évaluation de la qualité des confs repose sur l'expérience de chacun).

        Mais dans tous les cas, que ça soit pour les papiers ou pour les confs, il existe une limite en "dur", c'est celle du peer review. Il est en principe impossible d'accéder à de tels médias de diffusion de ses travaux sans qu'un comité de lecture constitué par des pairs n'accepte le travail soumis, une sorte de validation binaire sur la crédibilité du travail, l'intérêt de la question posée et la rigueur de la méthodologie. C'est cette limite qui fait que normalement, même dans les journaux très "bof bof", on est assuré de trouver des choses validées par la communauté. Or, cette limite a été brisée par certains journaux OpenAccess, qui ne rejettent plus et qui ont allégé très fortement le processus de review (pas de deuxième lecture, revues rapides demandées en quelques jours, décision éditoriale opaque...). La faille a déja été exploitée, par exemple par les courants créationnistes ou par des allumés de toute sorte.

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