Bloody Sunday

Posté par . Modéré par Fabien Penso.
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nov.
2002
Cinema
Voici un film à voir absolument, mais qui est malheureusement trop peu distribué en France... Ce film relate à la façon d'un documentaire le déroulement de la tragique journée du 30 janvier 1972.

Ce film est très prenant, filmé sur une pellicule de 16 mm et la plupart du temps caméra à l'épaule. Il a été aussi lauréat de l'Ours d'Or du festival de Berlin 2002, ex-aequo avec "Le voyage de Chihiro". Voici un film à voir absolument, mais qui est malheureusement trop peu distribué en France... Ce film relate à la façon d'un documentaire le déroulement de la tragique journée du 30 janvier 1972.

Pour ceux qui ne connaissent les événements du Bloody Sunday que par l'excellente chanson de U2, voici un petit rappel historique. Les événements ont eu lieu en Irlande du Nord, à Derry (rebaptisée d'ailleurs Londonderry par les britanniques...). Les parachutistes britanniques ont tiré à balles réelles sur une foule de catholiques, manifestant pour leurs droits que le gouvernement de Londres voulait leur limiter. Le bilan de cette journée fut catastrophique, car il y eut 14 personnes tuées et 13 blessées.

Ce film est très prenant, filmé sur une pellicule de 16 mm et la plupart du temps caméra à l'épaule.

Bien que le réalisateur (britannique) ait voulu faire un film autant visible par des Irlandais que des Britanniques (il a été financé aussi bien par le Bord Scannán na hÉireann de République d'Irlande que par le British Film Council du Royaume-Uni) , on regrettera tout de même la trop rapide allusion aux atrocités commises par l'IRA avant ces tragiques événements. Pas pour excuser ce qui est inexcusable, ni pour justifier une politique d'humiliation de la minorité catholique, mais peut-être pour mieux expliquer comment l'armée a pu en arriver là. Mais on ne peut s'empêcher d'éprouver un sentiment de profonde injustice quand on sait qu'aucun des militaires ayant tiré sur la foule n'ait été inquiété, et que même les officiers dirigeant les opérations ce jour là ont été décorés par la reine plus tard...

Bref, un excellent film qui vous tiendra en haleine du début jusqu'au générique de fin : Sunday, Bloody Sunday par U2, en concert.

Aller plus loin

  • # Re: Bloody Sunday a favorisé l'IRA

    Posté par . Évalué à 10.

    Ce que montre clairement la fin du film, c'est que l'interdiction puis la répression sanglante d'une manifestation à aboutit à une radicalisation de ces manifestants qui sont ensuite allé rejoindre l'IRA terroriste.

    La répression,même très sévère, engendre toujours + de violence.

    Quand des gens sont malheureux, on ne peut pas faire semblant de ne pas le savoir puis se débarasser de ceux qui protestent par la violence, car cette violence finit toujours par nous retomber dessus.

    L'intelligence et l'inventivité du cerveau humain sont bien supérieures à la résistance des organes du corps humain. On n'arrivera jamais à se protéger totalement de la violence et de l'intelligence de ceux qui sont désespérément malheureux.

    A méditer en ces temps où une grande partie de l'humanité souffre de misère, certains croyant bon de réprimer toujours + ces miséreux.

    Il vaut mieux voir ce qu'on peut faire pour les aider.
    On a tout à y gagner en termes de progrès techniques, d'écologie, d'échanges bénévoles, de chaleur humaine.. bref de bonheur.


    http://free2.org,(...) le bénévolat libre, pour le plaisir
  • # Re: Bloody Sunday

    Posté par . Évalué à 1.

    Sur le plan cinématographique, ce film est tourné assez proche de dogme 95 (cf Lars von Trier). Tout est tourné à une seule caméra par scène, en lumière quasi naturelle, caméra à l'épaule. C'est vraiment fait pour ressembler à du reportage, on est presque dans 24 heures, l'ex magazine de Canal+.
    En gros on a 3 "reporters", l'un au cotés des manifestants, un autre au QG des forces militaro-policières des brits et un dernier avec les paras, montant et descendant des blindés...
    En ce sens le film est une réussite totale: unité de lieu, unité d'action, unité de temps (le 31 Janvier 1972 de 00h00 à 23h59).

    Bref allez le voir et pensez ensuite aux autre conflits dans le monde, à la force que peuvent encore avoir les mouvements non violents (Ivan Cooper se réclame de Gandhi et Martin Luther King).

    C'est à la fois une évocation du passé mais aussi un formidable cri "Plus jamais ça !"

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