Journal Idée d'entreprise mutualisée à visage plus "humain"

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22
déc.
2004
Beaucoup d'entre vous doivent avoir connu l'enfer qu'est le fait de travailler pour un salaire de misère sur des domaines qui ne nous intéressent pas du tout et avec des plannings pour avant hier, tout ça pour un patron râleur et chiant au possible, qui vous fait miroiter la porte sans arrêt. Beaucoup ont aussi certainement connu le chômage, et certains se sont peut-être demandé s'il ne serait pas intéressant de se mettre à leur compte, histoire de ne travailler que pour eux, et faire davantage ce qui leur plaît. Malheureusement, la plupart abandonnent très vite en raison des lourdeurs administratives et des risques inhérent à la création d'entreprise, surtout lorsque l'on a comme concurrents des mastodontes déjà bien établis et que les parts de marché potentielles sont directement proportionnelles à la taille des sociétés de services...

Aussi, je me permet ce soir de vous faire part d'une idée qui m'est passée par la tête récemment, à savoir : la création d'une entreprise nationale et mutualisée ! Je m'explique...

Le principe serait de créer une entreprise virtuelle (n'existant en tant qu'entité unique que sur Internet), dont les intervenants seraient tous plus ou moins à leur compte et répartis sur la France entière. Tous les échanges (plannings, informations, facturation, procédure, etc.) seraient centralisés sur un extranet géré par la société regroupant officiellement tous les indépendants.

Donc en gros, des informaticiens de tous les départements/villes de France créent une structure officielle, genre COOP, qui serait leur vitrine sur Internet, sous la forme d'une société de services. Cette structure, gérée par certains d'entre eux et du personnel, serait donc en charge de gérer les plannings en fonction des lieux d'interventions, de gérer les achats de matériel d'une manière mutualisée, de gérer le SAV, etc. Tandis que les informaticiens seraient en charge d'effectuer les interventions dans leur domaine et dans leur zone d'intervention, et de remonter les demandes d'intervention et autres commandes client. Évidemment, de même que le travail à effectuer, l'argent gagné serait réparti de manière équitable entre trous, comme le permet facilement la structure COOP. Évidemment, en cas de problème, n'importe quel technicien serait en mesure de prendre des conseils/informations auprès de ses autres collègues, voire de faire intervenir une autre personne maîtrisant le problème, tout cela via une sorte de bugzilla ou de forums, voire via le téléphone tout simplement ;-)

Par exemple, Jean Dugnouf à Bourguignon, informaticien de la société informatique mutualisée, ne connaît rien aux sites Internet, mais a un client qui en veut un : paf, il prend la commande et la transmet à la société via l'extranet, ensuite, les spécialistes du domaine prennent le relais. Et c'est pareil pour tout.

Évidemment, il faudrait pour cela que chacun respecte des procédures d'installation et de dépannage très détaillées et très strictes, que l'on mettrait en commun, de manière à ce que n'importe qui puisse aller chez n'importe quel client et retrouver un environnement et des outils connus, mais aussi pour faciliter les dépannages téléphonique (emplacement des icônes, etc.) ou la télémaintenance, ainsi qu'éviter certains problèmes connus.

Les avantage seraient les suivants :

- une image de marque unique, à échelle nationale
- une zone d'intervention nationale
- une mutualisation des compétences permettant un spectre d'interventions très large, ainsi que la garantie d'un service de qualité pour les clients
- une mutualisation des achats de matériel (achat en gros, prix plus bas et matériel homogène)
- une mutualisation des problèmes de SAV
- la possibilité de travailler de chez soi : plus besoin de se taper des heures interminables de bouchons pour se rendre à son travail d'où l'on prendra les directives de la journée pour ensuite repartir chez les clients
- une mutualisation du travail entre tous, en fonction des plannings
- une mutualisation des coûts de fonctionnement, pour que chacun puisse bénéficier davantage des fruits de son travail
- une économie très importante sur les frais immobiliers
- une mutualisation des bénéfices, pour que tout le monde profite de la mise en commun des ressources, modulo éventuellement les compétences techniques (quoi que...)
- une mutualisation des formations, qui seraient réparties par la structure de gestion
- pas de hiérarchie, pas de chef chiant, pas de délais débiles, juste une structure commune, et un travail humain
- une mutualisation des risques en cas de faillite, et donc un risque du coup beaucoup moins important, et surtout ayant une incidence beaucoup moins forte sur la vie des entrepreneurs en question
- etc.

Je vois ce projet comme une entreprise humaine et citoyenne, où chacun pourrait travailler de chez soi, économiser le temps inutile de trajet quotidien pour se rendre sur son lieu de travail, partager le savoir (il y a toujours quelqu'un qui connaît la solution à un problème), un salaire potentiellement plus élevé (car l'intégralité des bénéfices, ou presque, seraient reversés aux "employés", en plus des diverses mutualisations de coûts de fonctionnement et de structure). Je pense à un partage équitable des bénéfices dans le sens où le travail lui-même serait équitablement réparti. Par exemple, il est évident qu'il y aura davantage d'intervention sur Paris qu'au fin fond de la Corrèze, mais l'informaticien du fin fond de la Corrèze serait alors en charge d'autres activités, comme la préparation de matériel, la gestion du SAV, etc. Donc au final, du travail pour tous, équitablement réparti en fonction des compétences et des conditions géographiques.

Une entreprise humaine dans le sens où il y aurait une solution humaine à tout problème humain, et surtout où les conditions de travail seraient humaines, contrairement à ce que l'on rencontre souvent. Chacun serait associé de l'entreprise, chacun aura participé au capital (apport personnel, aide personnelle à la création, etc.), et chacun participera à la vie de la structure tout en en retirant les fruits de son travail.

Voilà, j'espère que vous avez compris en gros mon idée, qui n'en est encore qu'au stade de l'ébauche, et je serais très intéressé pour connaître vos réactions, mais également vos conseils, et votre éventuel intérêt pour participer à l'aventure. Il est évident que si nous sommes une cinquantaine à être prêts à se lancer dans l'aventure, il se pourrait bien qu'elle se concrétise rapidement !

Merci de m'avoir lu et de ne pas manquer d'apporter votre esprit critique à mes idées farfelues :-)
  • # Belle idée...

    Posté par . Évalué à 6.

    Ca me fait un peu penser à la publicité TV pour l'artisanat.</reverie>

    <i>Évidemment, de même que le travail à effectuer, l'argent gagné serait réparti de manière équitable entre trous,</i>

    Si on met des billets dans les trous, ca risque de ressembler au mur des lamentations... ou à un blog.

    Bon, blague à part, quelques points m'inspirent des interrogations :

    - <i>Cette structure, gérée par certains d'entre eux et du personnel,</i> : Soit cette structure est gérée par certains et n'a rien d'original par rapport à ce qui se pratique déjà ailleurs, soit elle est gérée par tous et c'est l'anarchie (impossible d'obtenir un consensus lors des AG). Et faute de désigner des personnes précises pour des rôles précis, je ne vois pas comment cela peut fonctionner, d'un point de vue organisationnel. De même, mets-toi à la place du client potentiel qui a besoin d'avoir un interlocuteur unique, spécialisé (un commercial, ou un responsable, ou un éxécutant, un comptable...) qui va lui répondre précisément sur des points précis et parler au nom de l'entreprise. N'as-tu pas peur qu'un tel système manque de cohérence et nuise à la crédibilité de l'entreprise ?

    De même, certains aspects légaux sont ambigus : est-ce que tu vois des formes légales d'entreprises qui se rapprochent du modèle que tu proposes ? Si non, ton idée est-elle encore réalisable ?

    Une idée en l'air aussi : Imaginons qu'un maillon de la chaîne soit déficient (ce qui peut arriver dans toute entreprise). Que se passe t-il ? Peut-il être écarté/licencié, par qui, sous quelles conditions, .... ?
    • [^] # Re: Belle idée...

      Posté par . Évalué à 7.

      Merci pour tes interrogations, elles m'ont fait me rendre compte que je n'avais pas été assez explicite sur certains point, notamment sur le statut de COOP. C'est de ma faute, et tu trouveras dans ce commentaire beaucoup de réponses à tes questions :-)

      Soit cette structure est gérée par certains et n'a rien d'original par rapport à ce qui se pratique déjà ailleurs, soit elle est gérée par tous et c'est l'anarchie (impossible d'obtenir un consensus lors des AG). Et faute de désigner des personnes précises pour des rôles précis, je ne vois pas comment cela peut fonctionner, d'un point de vue organisationnel


      Chacun gère dans ses fonctions. Le technicien gère la durée et les modalités de ses interventions, le gestionnaire de planning gère en fonction des interventions, le "dirigeant" gère en fonction des impératifs commerciaux et économiques, etc.

      Une société peut parfaitement fonctionner sans pour autant être sous les ordres de quelqu'un :-)

      Des "pouvoirs" de décision sont attribués de manière démocratique, et chaque employé-associé dispose d'un droit de vote qui lui permet d'élire les "responsables" aux différents postes. Il y a bien des personnes précises en charge de problème précis.

      De même, mets-toi à la place du client potentiel qui a besoin d'avoir un interlocuteur unique, spécialisé (un commercial, ou un responsable, ou un éxécutant, un comptable...) qui va lui répondre précisément sur des points précis et parler au nom de l'entreprise. N'as-tu pas peur qu'un tel système manque de cohérence et nuise à la crédibilité de l'entreprise ?


      Contrairement à beaucoup de sociétés à échelle nationale, où à chaque fois le client à un interlocuteur différent, les choses seraient totalement différentes ! Le client aurait un contact privilégié : l'informaticien en charge de son dossier, mais il aurait les mêmes contacts au sein de la structure même, et cela d'autant plus que le secrétariat, le SAV, le service commercial et autre étant mutualisés, il y aurait beaucoup moins de monde affecté à ces tâches !

      Pour les décisions précises, il n'y aurait qu'un dirigeant élu, qui serait la voix de l'entreprise le temps de son mandat. Pour le reste, c'est comme partout ailleurs. J'ai travaillé dans pas mal de société, et il m'arrivait fréquemment de devoir prendre en charge un nouveau dossier, ou de reprendre en main un dossier qui ne m'appartenait pas à l'origine. Pour le client, cela ne pourra être que mieux du fait de la mutualisation de tous les services, excepté des contats privilégiés : le client n'aurait justement à faire quasiment qu'à la même personne !

      De même, certains aspects légaux sont ambigus : est-ce que tu vois des formes légales d'entreprises qui se rapprochent du modèle que tu proposes ? Si non, ton idée est-elle encore réalisable ?


      Justement, un tel statut d'entreprise existe, la COOP, apparemment désormais appelée SCOP ( http://www.scop.coop(...) ). En voici d'ailleurs la définition et les informations : http://www.scop.coop/contenu_statut.php(...) (Ouvaton.coop fonctionne d'ailleurs avec ce statut http://www.ouvaton.coop/index.htm?id=4(...) et http://www.ouvaton.coop/index.htm?id=2(...) )

      Je cite les principaux avantages et mode de fonctionnement :

      Qu'est-ce qu'une Scop ? La Scop (Société Coopérative de Production) est une société commerciale qui vit et se développe dans le secteur concurrentiel avec les mêmes contraintes de gestion et de rentabilité que toute entreprise. Son originalité : les salariés sont associés majoritaires de l'entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital. Tous les salariés ont vocation à devenir associés dans des modalités définies par les associés existants et avec leur accord.

      Fondements juridiques : Les Scop sont des sociétés commerciales qui relèvent de la loi sur les sociétés. Elles choisissent d'être SARL (société à responsabilité limitée) ou SA (société anonyme). A cette base juridique se greffent les principes du Droit coopératif et les dispositions propres aux Scop. Elles se caractérisent par :
      - La maîtrise de l'entreprise par ses salariés : les associés salariés (appelés également coopérateurs) détiennent au moins 51 % du capital social et représentent au moins 65 % des droits de vote.
      - La valorisation du travail et la primauté à la pérennité de l'entreprise plutôt qu'à la rémunération du capital : les bénéfices sont ristournés aux salariés et alimentent des réserves qui restent propriété de la Scop.
      - La variabilité du capital : les nouveaux salariés apportent progressivement leur part de capital à l'entreprise, ceux qui partent peuvent se faire rembourser.
      - Un poids égal pour chaque associé : les votes en Assemblée se font sur la base du principe " une personne, une voix ", indépendamment du montant du capital détenu.

      Démocratie d'entreprise : Chaque associé salarié de la coopérative dispose d'une voix pour voter lors des assemblées. Ensemble, les coopérateurs ont toujours la majorité.

      Bénéfices : Les bénéfices sont répartis en trois parts :
      - une part entreprise : les réserves (au minimum 16 %)
      - une part salariés : la participation (au minimum 25 %)
      - une part capital : les dividendes (au maximum 33 %)

      Réserves impartageables : Les réserves consolident les fonds propres et constituent un patrimoine commun. Elles visent à garantir l'indépendance et la pérennité de la Scop au profit des générations futures.

      Management : Les salariés associés élisent parmi eux leurs mandataires (gérants, administrateurs ou PDG), chargés de la direction et de la gestion quotidienne de l'entreprise.

      Dirigeant salarié : Le dirigeant, élu par les associés (gérant de Sarl) ou désigné par le Conseil d'administration (Président et directeur général de SA) pour exercer la direction de l'entreprise, a un statut de salarié. Il exerce l'autorité et gère l'entreprise au quotidien. Il doit rendre compte de sa gestion lors des assemblées d'associés.

      Echanges & solidarité : La propriété commune de l'entreprise entre salariés favorise la solidarité entre ses membres

      Une idée en l'air aussi : Imaginons qu'un maillon de la chaîne soit déficient (ce qui peut arriver dans toute entreprise). Que se passe t-il ? Peut-il être écarté/licencié, par qui, sous quelles conditions, .... ?


      Question pertinente, je pense qu'il est parfaitement possible de licencier un employé dans une SCOP, vu qu'il s'agit d'une structure SARL ou SA/SAS. Cela dit, il convient de se renseigner auprès de personnes compétentes dans le domaine quant aux modalités de ce dernier (d'autant que dans une SCOP, chacun est associé de sa société, auquel cas ses parts doivent certainement lui être rachetées), ce que je ne manquerais pas de faire évidemment ;-)

      Cela dit, il est à mon avis bien plus motivant de travailler davantage pour sa pomme que pour un patron qui vous paye une misère au lance-pierre. Sans compter le temps gagné à ne pas se rendre tous les matins à 8 heures dans son entreprise même lorsqu'il n'y a pas de travail, et surtout éviter les temps de trajet domicile<>travail, etc. Et puis certains préfèrent commencer tôt le matin pour finir tôt le soir, d'autres l'inverse, pour dormir plus, et cela pourrait être mis en place facilement, à partir du moment où les besoins normaux des clients seraient respectés. :-)

      L'avantage évident serait qu'en cas de déficience temporaire (ce qui arrive à tout le monde, on n'est jamais à l'abri d'un problème personnel qui déteint sur sa vie professionnelle), il y aurait un dialogue au sein de l'entreprise, et non pas une mise à la porte immédiate. On pourrait trouver une solution qui éviterait les graves problèmes sociaux que l'on rencontre à l'heure actuelle. Le licenciement n'est pas toujours une solution, bien au contraire, il en existe plein d'autres, comme attribuer un travail motivant, permettre un travail à la carte (temps partiel, 35 heures, 50 heures, etc.), et des facilités concernant les congés (congés annuels, congés parentaux, etc.).

      Ce serait d'autant plus simple qu'étant tous au même niveau, les problèmes de chacun seraient mieux appréhendés par tous. Comme je l'ai dit, le but serait d'avoir une société avec des réponses humaines aux problèmes humains, et non pas d'avoir la même chose que partout ailleurs ;-)
      • [^] # Re: Belle idée...

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        la COOP, apparemment désormais appelée SCOP

        oui, "désormais" = plusieurs dizaines d'années. En lisant ton ponst je me demandais de quoi tu parlais en employant "COOP".
      • [^] # Re: Belle idée...

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        http://www.easter-eggs.org/(...)
        http://www.easter-eggs.org/article_223_Presentation_d_Easter_eggs.h(...)

        Il y'a encore mieux avec des boites comme Easter Eggs. L'égalité des salaires est quelque chose que je trouve tres bien.
      • [^] # Re: Belle idée...

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        Ca ressemble à un truc que j'ai vu à quelques détails pret. La base était une structure de freelance pour faire du portage salariale. Mais elle te file carte de visite, standard, etc. tous le package ainsi qu'une marque de vente. Quand tu démarche un client pour te vendre, tu peux le démarcher pour tous pleins de choses. Intervient alors une bourse interne pour publier ses besoins et trouver le bon intervenant.
        La structure, tu prenais entre 5 et 12% de ta vente direct. Si à travers la bourse, tu occupes, une autres personnes, tu négocie directement avec cette personne son prix de vente et ta comm.

        Moi communautaire, mais probablement plus fonctionnel.
  • # mon avis d'entrepreneur

    Posté par (page perso) . Évalué à 7.

    - qui fait le commercial ?
    - qui fait le marketing / communication / pub ?
    - qui gere les processus de réalisation ?
    - qui gere la qualité ou close de respect des commandes ?
    - qui gere les sous ?
    - qui paie qui ? comment ? sous quel délai ?
    - qui paie les charges ? comment sont elles reparties ?
    - comment est garantie la cohésion du groupe ?

    à partir de là, si tu as une réponse, cela te fait un départ autre qu'une simple idée en l'air. je te rassure, si tu traine dans les archives sur internet des projets similaires fleurissent depuis qq années et tous ont échoué pour les raisons suivantes :
    - pas d'équilibre entre les profils des intervenants
    - trop personnalités à l'égo démesuré et inconscient de leurs faiblesses
    - non connaissance des outils comptables et du droit des sociétés
    - non connaissance de la réalité d'une entreprise car au mieux simple employé dans leurs experiences pro passées [1].

    ton idée est interessante, reste que tu dois te poser toutes les questions dont la plus importante : quelle part de risque "Cooker" represente dans son projet ? aucune et presqu'aucune ne sont pas des reponses acceptables ;) le but de la question est que tu saches pourquoi.



    [1] je dis simple employé meme pour les pseudo cadre informatique car je ne connais pas beaucoup d'informaticiens qui signent et donc engagent la responsabilité légale de l'entreprise qui les emploie.
    • [^] # Re: mon avis d'entrepreneur

      Posté par . Évalué à 4.

      - qui fait le commercial ?
      - qui fait le marketing / communication / pub ?
      - qui gere les processus de réalisation ?
      - qui gere la qualité ou close de respect des commandes ?
      - qui gere les sous ?
      - qui paie qui ? comment ? sous quel délai ?
      - qui paie les charges ? comment sont elles reparties ?
      - comment est garantie la cohésion du groupe ?


      Euh, je répondrais :
      - les technicaux-commerciaux
      - pas vraiment nécessaire, mais admettons...
      - les chefs de projets membres-employés par la SCOP
      - le dirigeant-élu, et éventuellement les services affectés au contact-client
      - le service comptable, indispensable à toute structure, et dont le coût serait mutualisé
      - l'entreprise SCOP paye ses employés-associés au même titre que des employés, donc régulièrement, au moins une fois par mois, et avant le 12 du mois si je ne me trompe pas ;-)
      - l'entreprise SCOP (voir mon commentaire plus haut pour plus d'informations sur le statut SCOP)
      - la cohésion du groupe est garantie par un fonctionnement démocratique de l'entreprise et les élections régulières des représentants/dirigeants parmis les employés :-)

      à partir de là, si tu as une réponse, cela te fait un départ autre qu'une simple idée en l'air. je te rassure, si tu traine dans les archives sur internet des projets similaires fleurissent depuis qq années et tous ont échoué pour les raisons suivantes :
      - pas d'équilibre entre les profils des intervenants
      - trop personnalités à l'égo démesuré et inconscient de leurs faiblesses
      - non connaissance des outils comptables et du droit des sociétés
      - non connaissance de la réalité d'une entreprise car au mieux simple employé dans leurs experiences pro passées [1].


      Je me doute que l'idée ne doit pas être nouvelle (d'ailleurs, le site des SCOP recense pas mal d'initiatives, et il s'en crée chaque année davantage). Ouvaton.coop est un exemple connu de mise en place d'un tel statut. Cela dit, si j'ai exposé mon idée, c'est effectivement pour qu'elle soit confrontée à la critique, discutée, et qu'elle se précise davantage :-)

      L'échec est effectivement à envisager dès le départ, mais je pense qu'une mutualisation des coûts et des structures ainsi que des idées doivent permettre d'optimiser le fonctionnement et d'éviter des erreurs de gestion lourdes de conséquences. En tout cas, cela permettrait de limiter énormément la casse en cas de naufrage éventuel.

      ton idée est interessante, reste que tu dois te poser toutes les questions dont la plus importante : quelle part de risque "Cooker" represente dans son projet ? aucune et presqu'aucune ne sont pas des reponses acceptables ;) le but de la question est que tu saches pourquoi.


      Si jamais cette idée se réalise, il ne s'agira pas de "mon" projet, mais d'un projet commun. Je n'aurais été tout au plus que l'instigateur d'une idée qui se sera développée par la suite. Ma part de risque, au même titre que mes responsabilités, serait la même que pour chacun : tous égaux ! C'est valable pour les bénéfices comme pour les pertes, cela dit, il y a peu de raison qu'une entreprise gérée démocratiquement par des gens libres et égaux ne réussisse pas, à moins d'avoir un Chirac dans l'équipe, en effet ;-)

      Ce projet appartiendrait donc à ses associés-employés, et personne n'aurait à avoir d'ascendant sur quiconque, ni même à craindre plus qu'un autre. La hiérarchie élémentaire ne serait pas imposée, mais décidée, et chacun étant associé à part égale, cette hiérarchie ne pourrait avoir aucune incidence sur les salariés, tout au plus sur la gestion de l'entreprise.

      Je te renvoies à ce sujet vers les liens que j'ai posté plus haut, qui t'informeront davantage sur le statut de COOP/SCOP, cela devrait apporter beaucoup de réponses à tes interrogations justifiées. :-)
      • [^] # Re: mon avis d'entrepreneur

        Posté par (page perso) . Évalué à 6.

        - des technicaux commerciaux
        - les chefs de projets membres-employés par la SCOP
        - le dirigeant-élu, et éventuellement les services affectés au contact-client
        - le service comptable, indispensable à toute structure, et dont le coût serait mutualisé


        un salaire net represente 60% de ce que le salarié coute en charges sociales : donc 2 000 ¤ net par mois represente 3 500 ¤ par mois soit 42 000 ¤ par an.

        1 comptable + 1 gérant + 2 CdP + 1 commercial = 210 000 ¤ en 1 an juste en salaire.

        prevoir les couts fixes : assurances, materiel, infrastructure, loyers, ...

        donc, il te faut quand meme ton marketeux et un commercial pour pouvoir te trouver un CA minimum de 500 000 ¤ HT soit un CA moyen par jour de 2 000 ¤ .


        - l'entreprise SCOP (voir mon commentaire plus haut pour plus d'informations sur le statut SCOP)


        pour ce qui est des SCOP : SCOP SA ou SCOP SARL ? et oui, la SCOP n'est qu'un statut complementaire au statut de SARL ou SA. il faut savoir que la SCOP est une forme juridique tres contraignante car il faut obtenir un agrement SCOP tous les ans par un audit de la société par les organismes controlant les SCOP.


        - l'entreprise SCOP paye ses employés-associés au même titre que des employés, donc régulièrement, au moins une fois par mois, et avant le 12 du mois si je ne me trompe pas ;-)


        au dela du 5 du mois suivant le mois devant être reglé cela est une faute de l'employeur. tous les salariés doivent être associé c'est un motif de rupture de contrat dans une SCOP si je me souviens bien.


        - la cohésion du groupe est garantie par un fonctionnement démocratique de l'entreprise et les élections régulières des représentants/dirigeants parmis les employés :-)


        tu me semble être un utopiste dans ce que tu dis. le seul garant veritable que je connaisse à la cohésion du groupe est de maintenir pour tout le monde la juxtaposition de l'interet du groupe et de l'interet individuel.


        sur la fin du message, je reformule plus directement :

        - une entreprise fait de profil identique est une garantie d'echec => avoir d'autres profils suffisament présent pour contre balancer la geekerie latente du projet

        - ego fort pensant tout pouvoir faire => savoir que meme si l'on peut theoriquement tout faire, les 24h de la journée limitent les choses. necessité d'un bilan de compétences réelles pour savoir ce que l'on sait et ne sait pas et ce que l'on veut et ne veut pas.

        - ego omnisciant et suffisant "la pub bof, la compta c nul, fuck le droit" => revenir les pieds sur terre, tout ne repose pas sur une simple excellence d'un produit, il faut que les autres le saches et ce le plus longtemps possible, donc il faut communiquer, et financer cette communication

        - realité de l'entreprise => signer un papier au nom d'une société signifie que la société peut te faire un proces voir te saisir indéfiniment sur tes biens pour rembourser une erreur malencontreuse. quand on parle de SA ou SARL, ce n'est que les associés qui sont protégé pas les gérants cad ceux qui ont le pouvoir de signer.


        je reitere donc ma question sous une autre forme :
        - connais tu tes faiblesses professionnelles ?
        - sais tu nommer ce que tu ignores dans ton domaine de competence ?
        - sais tu nommer ce dont tu as besoin pour realiser ton projet ?
        - peux tu expliquer tes parts de responsabilité dans les projets auquel tu as participé et qui ont reussis et échoués ? celles des autres ?
    • [^] # Re: mon avis d'entrepreneur

      Posté par . Évalué à 2.

      les ester eggs marche non ?

      "La première sécurité est la liberté"

  • # une idée aussi

    Posté par . Évalué à 5.

    Je suis un peu sur le cul en lisant ce journal car, perdu dans une insomnie quelconque la nuit où tu as rédigé ce journal, j'ai réfléchi à une méthode pour pouvoir proposer à des particuliers des ordinateurs pré-installés sous Linux, et j'ai abouti à la conclusion qu'une coopérative pouvait être intéressante, principalement pour le poids que ça apporte dans les négociations face aux constructeurs.

    Forcément que ton idée m'intéresse, mais dans le cadre d'une SSLL (c'est bien ce que tu proposes, hein ?), comment gérer la concurence qui va forcément se poser entre deux membres de la même ville (prenons une ville moyenne, sinon la demande pourrait être suffisante) aux compétences grosso-modo similaires ? Je me demande si pour une société de services avec une étendue aussi vaste ça ne va pas poser des soucis.
    • [^] # Re: une idée aussi

      Posté par . Évalué à 2.

      j'ai réfléchi à une méthode pour pouvoir proposer à des particuliers des ordinateurs pré-installés sous Linux, et j'ai abouti à la conclusion qu'une coopérative pouvait être intéressante, principalement pour le poids que ça apporte dans les négociations face aux constructeurs.


      Tout à fait, et en plus des économies d'échelle réalisées, il y aurait un partage des informations au niveau compatibilité matérielle, donc l'assurance pour chacun des informaticien d'avoir du matériel qui fonctionne sous Linux.

      Forcément que ton idée m'intéresse, mais dans le cadre d'une SSLL (c'est bien ce que tu proposes, hein ?), comment gérer la concurence qui va forcément se poser entre deux membres de la même ville (prenons une ville moyenne, sinon la demande pourrait être suffisante) aux compétences grosso-modo similaires ?


      Le cadre serait une société de services au sens large, enfin, je pense. C'est à dire qu'un informaticien serait amené à intervenir sur des problèmes informatiques, ce qui incluerait donc les Mac, les PC, etc. et donc que Windows serait un des systèmes supportés, avec évidemment une favorisation évidente des solutions dites Libres. :-)

      En ce qui concerne la concurrence entre membres d'une même ville, qui ne manquera pas de se poser dans les petites villes, d'une part les embauches de salariés-associés seront d'abord débattues en commun et votées à la majorité (donc décision mûrement réfléchie), ce qui éviterait pas mal de "doublons", et d'autre part, il y aurait tout un travail administratif à côté du métier informatique à répartir de toutes façons. Comme je l'ai dit, le travail serait équitablement réparti, ainsi que le salaire, en fonction de quelques paramètres et éventuellement modulo les compétences.

      Je me demande si pour une société de services avec une étendue aussi vaste ça ne va pas poser des soucis.


      Je pense que non, bien au contraire, cela ne devrait apporter que des avantages. Pour le client potentiel, la société en question sera à-même d'intervenir très rapidement sur toute la France (du coup, Contrats de maintenance à 24/48 heures partout en France possibles), et avantage concurrentiel majeur : avec des frais de déplacement très réduits !

      En effet, beaucoup de sociétés qui sont implantées dans diverses régions n'ont qu'un seul prestataire de services qui leur facture au prix fort les déplacements dans les agences à l'autre bout de la France. Dans notre cas, les frais de déplacement seraient minimisés, puisque la personne disponible la plus prochedu client serait en charge du dossier ;-)
  • # Génial

    Posté par . Évalué à 3.

    Ca fait un moment que j'essaye de penser à une entreprise de ce type, mais j'avoue ne pas avoir assez pris de temps pour creuser la question.
    En tout cas, ton idée me plaît, et c'est avec joie que je participerais à ce genre d'oppération.
    Elle semble, il est vrai, tout à fait utopique, difficile à mettre en place, et pleine d'embûche. Si personne n'essayait de vivre ses utopies, ou en serait le LL aujourd'hui ?
    Alors oui, j'suis à fond, j'suis volontaire et tu peux me contacter (normalement la redirection at dlfp marche).

    Idée supplémentaire : de plus les "intercontrats" peuvent être utilisés pour développer et améliorer des LL utiles à la SCOP.

    J'espère vraiment qu'on trouvera un maximum d'idées constructives sur cette page et aussi un maximum de volontaires.

    En tout cas compte sur moi pour en parler autour de moi.
    • [^] # Re: Génial

      Posté par . Évalué à 2.

      Salut !

      Depuis quelques temps me trotait l'idée de tenter ma chance en me mettant à mon compte, en créant ma p'tite entreprise, mais j'avais pas d'idée exacte sur le domaine précis. Depuis un jour ou deux, j'ai quelques idées qui se bousculent dans ma tête et je comptais me mettre à réfléchir plus avant à cette idée de monter ma boite. Et là, oh miracle ! je tombe sur ce journal ! Je suis enthousiasmé ! Un des frein à mon envie de me lancer, c'est les risques et surtout le fait d'être seul. Là, faire partie d'une structure comme cela serait je pense vraiment super et pourrait augmenter les chances de succès !

      Bref, je serais vivement intéressé pour suivre le développement de cette idée et pourquoi pas y participer. Si tu veux de plus amples info sur moi, tu peux me contacter via mon mail dlfp.

      En tout cas je vais suivre ce journal, et tenter de glaner quelques infos à droite à gauche.
    • [^] # Re: Génial

      Posté par . Évalué à 2.

      Elle semble, il est vrai, tout à fait utopique, difficile à mettre en place, et pleine d'embûche. Si personne n'essayait de vivre ses utopies, ou en serait le LL aujourd'hui ?


      Tout à fait, c'est un peu utopique comme idée, surtout que cela remet en question pas mal des principes de fonctionnement qui ont lieu à l'heure actuelle en entreprise.

      Le but, c'est justement de libérer les informaticiens du carcan dans lequel on les a enfermé. Je vois ce projet commeun quelque chose de plus facile à réaliser et à vivre qu'une mise à son compte personnel.

      Plusieurs personnes qui réalisent le même projet et en partageant les risques, les bénéfices et les compétences ont bien plus de chances de réussir que chacun s'essayant dans une tentative individuelle.

      Alors oui, j'suis à fond, j'suis volontaire et tu peux me contacter (normalement la redirection at dlfp marche).


      Je n'y manquerai pas, même si ce journal va être la source d'inspiration pendant quelque temps, je pense qu'il serait bon de mettre prochainement en place un wiki où l'on concerterait nos idées et points de vue, ainsi que nos motivations.

      Idée supplémentaire : de plus les "intercontrats" peuvent être utilisés pour développer et améliorer des LL utiles à la SCOP


      Tout à fait, même si les interventions sur systèmes Windows ne sont pas à refuser (c'est le travail de tout informaticien), il est évident que le but principal sera de favoriser les logiciels libres et d'apporter un support de ces derniers à échelle nationale. Du coup, il devient indispensable de participer au développement de ces derniers, que ce soit en les améliorant ou en rétribuant leurs auteurs.
  • # Autogestion

    Posté par . Évalué à 6.

    En somme une entreprise autogérée. Le statut de SCOP est intéressant mais n'est pas le seul possible. Il serait intéressant d'avoir un retour d'expérience d'une société telle qu'Easter-eggs : http://www.easter-eggs.org/(...) où le principe essentiel un salarié = une voix est aussi respecté.

    Ton idée est intéressante. J'ajouterais que pour moi la prise de responsabilité dans la structure ne devraient être dictée que par la nécessité, être décidée démocratiquement et toujours pour des mandats définis dans le temps. L'exercice d'une responsabilité ne devrait pas donner lieu à des privilèges arbitraires. Le salaire ne devrais pas être une motivation pour exercer une responsabilité, mais plutôt la volontée de s'impliquer personnellement davantage temporairement. Il ne devrait pas y avoir de couplage entre rémunération et responsabilité, ainsi on ne verrait plus de ces chefs arrogants aggripés à leur fonction dont l'unique compétence est la langue de bois.

    Je suis évidemment intéressé par les développements que ton idée pourrait prendre.
    • [^] # Re: Autogestion

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      >Le salaire ne devrais pas être une motivation pour exercer une responsabilité,
      > mais plutôt la volontée de s'impliquer personnellement davantage
      >temporairement.

      C'est exactement le cas de Easter Eggs, l'égalité des salaires a été voté dans l'entreprise et donc le probleme du "j'ai plus de diplome donc je dois gagné plus" ne se pose pas.

      Certain vont crier au scandale: "comment ca? ca sert a quoi de faire plus d'études si on ne gagne pas plus?"

      Je ne repondrai qu'une seul chose, la qualité du travail! Mais personnellement, je ne vois pas pkoi un ouvrier devrait gagner moins d'argent qu'un ingénieur...
      • [^] # Re: Autogestion

        Posté par . Évalué à 2.

        Personellement je pense que le salaire devrait plutot être lié aux responsabilités/compétences qu'aux diplômes. Ainsi dans le cadre de cette entreprise, comme tout le monde a plus ou moins les mêmes responsabilités (tout le monde va voir le client, fait des tâches administratives, etc, etc), à terme tout le monde a grosso-modo les mêmes compétences, et par conséquent il me semble tout à fait normal que tout le monde ait le même salaire.
      • [^] # Re: Autogestion

        Posté par . Évalué à 2.

        C'est exactement le cas de Easter Eggs, l'égalité des salaires a été voté dans l'entreprise et donc le probleme du "j'ai plus de diplome donc je dois gagné plus" ne se pose pas.

        Certain vont crier au scandale: "comment ca? ca sert a quoi de faire plus d'études si on ne gagne pas plus?"

        Je ne repondrai qu'une seul chose, la qualité du travail! Mais personnellement, je ne vois pas pkoi un ouvrier devrait gagner moins d'argent qu'un ingénieur...


        Je suis entièrement d'accord avec ce principe, d'autant que si la société fonctionne, c'est autant parce qu'il y a des ouvriers que des ingénieurs.

        Cela dit, une telle structure va obligatoirement devoir intégrer des exigences diverses et variées. Par exemple, telle personne voudra ne travailler que 20 heures par semaine, telle autre 35 heures, telle autre 39, etc. Sans compter les dirigeants-élus qui auront certainement une somem de travail plus conséquente à accomplir, et certainement moult déplacements longue distance à effectuer.

        Je pense donc qu'il faut partir d'une base de salaire égale, et en fonction des responsabilités et des choix personnels, faire moduler le salaire final. En gros, établir le rapport horaires - responsabilités - compétences - emplacement géographique le plus juste qui soit.

        Par exemple, il serait difficile de payer autant l'informaticien de Paris que celui de Corrèze, eut égard au fait que le coût de la vie n'est pas le même, ne serait-ce que pour les loyers ;-)

        Bref, c'est le but de ce journal, comprendre les problèmes et les aspirations de chacun, et permettre de définir une ébauche qui pourrait servir de fondement à la réalistion d'une idée équitable. :-)
    • [^] # Re: Autogestion

      Posté par . Évalué à 2.

      Je trouve que tu as très bien résumé ma pensée quand au fonctionnement d'une entreprise : ni responsabilités ni privilèges arbitraires, et fonctionnement démocratique. En effet, avec la mise en place de solutions libres, cela fait partie des préceptes fondateurs de l'idée. :-)
      • [^] # Re: Autogestion

        Posté par . Évalué à 2.

        On est donc bien sur la même longueur d'onde.

        Par ailleurs je comprends bien la nécessité de créer une structure d'envergure nationale. Mais n'est-ce pas un peu risqué pour démarrer ? Ne serait-il pas plus facile de créer des structures locales sur le modèle d'Easter-Eggs, qui pourraient agir de concert, non pas au travers de relations client-fournisseur -- toujours trop biaisées à mon goût -- mais dans un esprit de coopération et de partage ?

        Je parle d'Easter-Eggs parce qu'il semble qu'ils aient trouvé un modèle qui fonctionne et qui répond à tes exigences d'égalité, de démocratie, d'utilité sociale au bénéfice exclusif des salariés et des clients. Plutôt que de tout réinventer, ne serait-il pas plus efficace de s'inspirer de ce modèle, voire à procéder par "améliorations incrémentale" comme le dit Linus dans son interview récente sur cnet ;-)

        Je ne crois pas du tout aux soit-disant vertus de la conccurence, au contraire je pense que des sociétés avec des objectifs élevés telles que celles dont nous parlons ont bien plus intérêt à travailler ensemble. Leur objectif n'est pas l'accumulation et la croissance par dessus tout, mais la mise en commun et le respect de chacun en tant qu'individu.
  • # J'ai essayé :-(

    Posté par . Évalué à 1.

    J'ai essayé mais la quasi totalité des sociétés approchées ont préféré se concentrer sur leur nombril : peur de la concurrence, peur de partager les clients, de méthode, troll debian vs Redhat... :-( C'est con....
    • [^] # Re: J'ai essayé :-(

      Posté par . Évalué à 2.

      Je sais bien, une entreprise déjà existante aura du mal à partager ses clients, car elle ne voit pas les bénéfices qu'elle peut en retirer.

      Dans le cas présent, tout est différent : l'entreprise en question serait créée par des informaticiens de toute la France dans le seul et unique but de se répartir équitablement le travail.

      Évidemment, en plus de permettre un travail plus "humain", ce genre de structure aiguiserait le côté concurrentiel de l'entreprise : quelle société de service serait à même d'intervenir partout en France dans les 24/48 heures et cela sans facturer de monstrueux frais de déplacements ? Quelle société serait à même d'offrir ses compétences sur tout son réseau ? C'est par le partage et la répartition équitable que l'on obtient ces avantages décisifs :-)
      • [^] # Re: J'ai essayé :-(

        Posté par . Évalué à 1.

        ce sont les arguments que j'avais donné à l'époque mais la réaction a été : si tu connais mon client, tu vas me piquer mon client :-(


        Cela étant, j'aimais beaucoup l'idée mais quand personne ne suit... Peut-être que je devrais essayer de mieux convaincre...
  • # ...

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    J'avais réfléchi aussi longuement à ce genre de problématique il y a un an et demi, mais c'est pas évident à mettre en place. Je crois que pour que ça marche il faut faire une étude béton, s'entourer de juristes, d'économistes, et de gens qui ont une longue expérience.

    Depuis j'ai créé ma propre boite et j'essaye de démarrer depuis 3 mois. Ca décolle doucement et je ne regrette vraiment pas. Le premier conseil que je donnerais est de ne pas hésiter. Ce n'est pas très difficile, il y a beaucoup d'aides, on paie pas bcps la 1ere année, et les risques ne sont pas gigantesques. Pour du conseil, il n'y a pas d'investissement, pas de prêt, et on s'y retrouve assez vite.

    Ensuite, pour la forme de collaboration, le plus simple et le plus naturel est bêtement la relation de client/fournisseur entre boites ou indépendants, ou de collaboration ponctuelle avec un contrat. Sinon, il doit y avoir moyen de mettre en place une asso ou une structure de collaboration.

    Quoiqu'il en soit, j'avais à l'époque un wiki sur lequel je notais des idées avec un ami, et je vous livre le brouillon tel quel. N'hésitez pas à l'utiliser à volonté, ça sert à ça : http://ccomb.free.fr/jb/(...)
    • [^] # Re: ...

      Posté par . Évalué à 2.

      J'avais réfléchi aussi longuement à ce genre de problématique il y a un an et demi, mais c'est pas évident à mettre en place. Je crois que pour que ça marche il faut faire une étude béton, s'entourer de juristes, d'économistes, et de gens qui ont une longue expérience.


      Tout à fait, il faut des personnes compétentes là où c'est possible et nécessaire. D'où l'intérêt de se "mutualiser", ce qui permet non seulement de réduire et d'optimiser les coûts, mais également de partager les connaissances et les compétences.

      Depuis j'ai créé ma propre boite et j'essaye de démarrer depuis 3 mois. Ca décolle doucement et je ne regrette vraiment pas. Le premier conseil que je donnerais est de ne pas hésiter. Ce n'est pas très difficile, il y a beaucoup d'aides, on paie pas bcps la 1ere année, et les risques ne sont pas gigantesques. Pour du conseil, il n'y a pas d'investissement, pas de prêt, et on s'y retrouve assez vite.


      Tout à fait, et j'ai fait une tentative test également qui a été plus ou moins fructueuse, et d'où mon envie d'y aller encore en plus grand :-)

      Une chose très importante et à laquelle beaucoup ne pensent pas, c'est de faire en sorte d'avoir travaillé 7 à 13 mois avant de se lancer, de manière à pouvoir continuer à toucher son chômage pendant les 13 à 30 premiers mois de la création, qui sont souvent des périodes de vache-maigre. Je crois d'ailleurs que cela serait à prendre en considération dans le cas présent, le mieux serait en effet que chacun des participants à l'aventure puisse bénéficier de ce genre d'aide au début, le temps que l'activité se lance.

      Ensuite, pour la forme de collaboration, le plus simple et le plus naturel est bêtement la relation de client/fournisseur entre boites ou indépendants, ou de collaboration ponctuelle avec un contrat. Sinon, il doit y avoir moyen de mettre en place une asso ou une structure de collaboration.


      L'inconvénient de la bête relation client/fournisseur, c'est que l'on ne retrouverait pas l'idée de partage et de mutualisation, notamment pour certaines raisons concurrentielles, voire bassement mercantiles. De plus, la collaboration ne permettrait pas de mutualiser les coûts de fonctionnement et autre. Dans le cas qui est envisagé, il n'y aurait qu'un seul service comptable, un seul secrétariat, etc. et les informaticiens n'auraient principalement qu'à faire de l'informatique, et non pas de l'administratif ;-)

      Dans le cas d'une simple collaboration entre structures, chaque structure se doit d'avoir sa propre comptabilité, son propre secrétariat, etc. les coûts sont donc multiplié, et comme ce genre de structures sont généralement petites, c'est au créateur d'entreprise que revient la lourde charge administrative, en plus de faire son boulot d'informaticien ;-)

      Quoiqu'il en soit, j'avais à l'époque un wiki sur lequel je notais des idées avec un ami, et je vous livre le brouillon tel quel. N'hésitez pas à l'utiliser à volonté, ça sert à ça : http://ccomb.free.fr/jb/(...(...))


      Merci bien pour toutes ces bonnes idées et ce partage collaboratif ;-)
      • [^] # Re: ...

        Posté par . Évalué à 3.

        Je suis également indep, (depuis 10 ans, programmeur de spécifs), et après avoir essayé diverses formes de collaborations (ssii et asso), je constate que le plus simple et surtout le plus réaliste est la collaboration client-fournisseur, entre indeps, entre indep et ssii etc...

        C'est l'anarchie au sens noble du terme (pas de pouvoir issue de la hierarchie). Chacun est responsable, chacun travaille en fonction de ces compétences, au rythme qui lui convient...

        Ensuite rien n'empêche de mutualiser certaines choses, c'est ce qu'on fait déjà indirectement en travaillant avec les logiciels libres.
        Pour la partie administrative, en indep c'est déjà extrèmement simple, aucun intérêt de centraliser ça.
        Commercialement, c'est difficile de centraliser car c'est très lié aux domaines de chacun. Pour ma part je ne fonctionne qu'avec le bouche à oreille.
        Financièrement, c'est difficile aussi, personne n'a ni les mêmes envies ni les mêmes moyens.

        Ce que je trouverai intéressant de mutualiser (en plus des logiciels, mais c'est évident ici), c'est le dépannage (lorsque je part en vaccance, je croise les 10 doigts des pieds avec les 10 doigts des mains et ça devient difficile de pédaler) et un système d'aide aux collègues dans la panade (financière ou manque de compétence), quelqu'un qui a un surplus de boulot va le donner en priorité à celui qui en manque par ex, prêt de machine, de serveur... Bref, un petit havre de sécurité pour dormir tranquille et rassurer clients et familles.

        D'autres indeps intéressés ?
        • [^] # Re: ...

          Posté par . Évalué à 3.

          Je ne suis pas informaticien au sens "diplômé", mais j'ai une solide connaissance informatique pratique. Je vais donc donner un avis d'autant plus désintéressé que je ne pourrais jamais m'associer dans ce type de structure. Ton idée est extrêmement intéressante et l'aspect citoyen me branche à fond (je m'arrête là, on n'est pas ici pour parler politique). Mais, honnêtement, c'est une usine à gaz.
          - au niveau financier et comptable : la mutualisation du service comptable, le service marketing, la pub, etc ... tout ça va assécher tes ressources en trois secondes. Crois-moi, je suis chef d'entreprise (15 salariés dans le domaine de la santé, ça n'a rien à voir avec l'informatique) et les charges sont un poids très lourd. Très très lourd et très sensible car si tu te plantes, le fisc ne te loupe pas lui. Attention, je n'entre pas dans un argumentaire MEDEF ;-), je dis juste que ça risque de tuer l'entreprise, alors que des indépendants s'en sortiraient MIEUX tous seuls à ce niveau là : chacun sa petite comptabilité très simple et pas de risque qu'un associé un peu "indélicat" ne comprommette la structure globale.
          - au niveau répartition des bénéfices : tu n'arrivera jamais à résoudre le casse-tête "temps travaillé - temps passé aux taches administratives - activité de gestion de l'entreprise - coût de la vie à Paris par rapport à la Corrèze". Là encore, il est plus simple d'avoir des indépendants qui travaillent pour eux, selon leurs envies (20 h, 35 h, ...), qui sont rémunérés selon leurs critères et qui accordent tous un temps fixé aux activités mutualisées de l'entreprise.
          - au niveau égos et autres problèmes relationnels, c'est une prise de tête permanente.

          Mes suggestions sont :
          - un réseau d'indépendants plus qu'une coopérative ou une entreprise : chacun a ses clients propres mais s'engage dans une relation de confiance avec le autres indépendants de la structure (pas de concurrence "à la vie/à la mort, entraide, ...).
          - ce qu'on mutualise, c'est le travail de maintenance (intervention 24/48 etc ...), les supports entre indépendants (partage des connaissances, réorientation du client vers le bon interlocuteur si ça n'est pas dans son domaine de compétence, aide financière entre indépendants si besoin, etc ...), la prise de relai pendant les vacances des uns et des autres, ...
          - une charte imposée à l'entrée dans la structure : qualité des prestations, frais fixés par type d'intervention quand l'intervention est demandée par un collègue du réseau, etc ...
          - chacun sa comptabilité et ses frais propres, mais tout le monde participe à la promotion de la structure selon ses capacités : créer un identifiant/logo unique qui soit une sorte de "gage de qualité", intégrer ce logo aux factures clients, contrat client/indépendant commun à tous les membres ...
          - pourquoi pas mutualiser une centrale d'achats également, mais là il faut une structure juridique

          Avantages :
          - pas de frais financiers énormes en juristes, service compta
          - chacun est rémunéré en fonction de son travail et des tarifs qu'il souhaite appliquer : seules les interventions mutualisées sont soumises à prix fixé par le réseau pour qu'il n'y ait pas de soucis
          - aucune prise de tête de gestion
          - temps de création de la structure réduit : il suffit au minimum d'établir des statuts d'association (avec bureau et CA élus démocratiquement), une charte de qualité et une sorte de Règlement intérieur qui régit les relations entre membres. Ensuite on peut affiner ...

          Voilà, il faut que j'aille bosser, j'espère que je n'ai pas été trop confus dans ma précipitation de poster cette réponse.
          • [^] # Re: ...

            Posté par . Évalué à 3.

            Ta réflexion est intéressante, et il s'avère effectivement qu'en l'état actuel des choses, créer une "entreprise citoyenne" telle que je l'avais décrite serait quelque chose de très très compliqué à mettre en place et à maintenir dans le temps.

            J'ai quelques rendez-vous de programmés avec les diverses administrations concernées dans les semaines/mois à venir (c'est fou les délais qu'il y a pour de simple renseignements), de manière à clarifier un peu tout ça, mais il semble en effet de plus en plus clair qu'il vaille mieux s'orienter vers un réseau d'indépendants et une charte collective.

            En tout cas, merci de ton avis éclairé, notamment sur la structure commune limité à une charte et un logo, voire éventuellement 2 ou 3 petites choses, qui permettraient de laisser une totale liberté à chacun tout en permettant ce que ne permet pas le statut d'indépendant, à savoir les avantages d'un réseau. Je ne manquerai pas d'approfondir tes idées. :-)
            • [^] # Re: ...

              Posté par . Évalué à 1.

              Tiens moi au courant de l'évolution de ton projet, ça m'intéresse vraiment.

              Bonnes fêtes.
  • # Critique

    Posté par . Évalué à 2.

    Je n'ai pas vu comment seraient payés les associés de ce genre d'entreprise, à priori assez idéale. C'est un point asse important ce me semble et il n'est absolument pas évoqué dans ta description ni dans les commentaires. Donc, je pose la question: comment les associés seraient-ils payés, comment répartirait-on les revenus gagnés grâce aux services vendus?

    Ensuite, la question marketing me parait tout de même importante. Le marketing, ça consiste à faire vendre un minimum ce que tu proposes comme services et à les faire connaître. Si tu n'en as pas, on entendra pas beaucoup parler de la boite et tu auras plus de mal à vendre. Tu peux compter sur le bouche à oreille comme CanardPC, mais bon, Firefox et ses campagnes de pub ont aussi montré que cela pouvait être efficace.
    • [^] # Re: Critique

      Posté par . Évalué à 2.

      Je n'ai pas vu comment seraient payés les associés de ce genre d'entreprise, à priori assez idéale. C'est un point asse important ce me semble et il n'est absolument pas évoqué dans ta description ni dans les commentaires. Donc, je pose la question: comment les associés seraient-ils payés, comment répartirait-on les revenus gagnés grâce aux services vendus?


      Comme je l'ai évoqué récemment dans quelques commentaires plus haut, le salaire serait réparti équitablement en fonction de quelques critères :
      - heures travaillées (mi-temps, 35 h, 39 h, etc.)
      - responsabilités (le dirigeant élu travaillera vraissemblablement davantage par exemple)
      - éventuellement les compétences (moyen chaud là quand même)
      - la localisation géographique (habiter à Paris coûte cher, alors qu'en Corrèze c'est donné ;-)

      Ensuite, la question marketing me parait tout de même importante. Le marketing, ça consiste à faire vendre un minimum ce que tu proposes comme services et à les faire connaître. Si tu n'en as pas, on entendra pas beaucoup parler de la boite et tu auras plus de mal à vendre. Tu peux compter sur le bouche à oreille comme CanardPC, mais bon, Firefox et ses campagnes de pub ont aussi montré que cela pouvait être efficace.


      La publicité risque effectivement d'être un passage obligé. Côté commerciaux, on le sera peut-être un peu tous au début, mais il est évident que rien ne vaut un technico-commercial qui maïtrise son domaine. Dans la plupart des boîtes où je suis passé, il y a avait un rapport de 1 commercial pour 10 informaticiens. La mutualisation aidant, la structure pourrait donc employer quelques commerciaux et optimiser leurs frais à bon escient :-)

      Et puis, commercial c'est un métier, ne serait ce que pour connaître les ficelles du métier qui permettent de décrocher un appel d'offre ;-)
  • # Il y a aussi la franchise

    Posté par . Évalué à 2.

    Une boîte NTIC-Service ( http://www.ntic-services.com/(...) ) qui est une franchise fonctione selon certains principes que tu as décrits : marque nationale, commercial centralisé, indépendance des consultants...

    J'ai été démarché, comme client, je n'ai pas été convaincu, faut dire qu'ils essayaient de me vendre quelque chose que je ne cherchais pas.

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