Journal Le monde dépendra-t-il de la culture libre ?

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27
fév.
2008
Bonjour,

suite à la dépêche évoquant le système "funding and licensing"* j'ai repris le clavier pour développer une présentation plus complète et illustrée autour de ce système. Je vous invite à la lire, me faire part de vos remarques, mais aussi à faire tourner le lien si vous connaissez des gens qui peuvent être intéressés (surtout les milieux anglophones que je connais mal, y'a une version anglaise) :

http://mammique.net/world_free_culture/

Bonne lecture.

Camille.

* http://linuxfr.org/2008/02/13/23686.html voir aussi http://www.numerama.com/magazine/7961-Then-You-Win-les-licen(...)
  • # Une vision encore bien formaté par les "industries de la culture"

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    Il y a des mots employés dans ta présentation qui me font tiquer, comme "fan", "demande" ou "album" parcequ'il me(c'est mon avis je le partage et l'approuve) semble tout à fait contraire à "l'esprit du libre".

    Un fan(atique), est une personne qui agis en fonction d'une admiration excessive pour un sujet/une personne/un groupe de personne. Ça me paraît être tout l'inverse d'une démarche réfléchie pour l'amélioration de la société. Encourager ce type de comportement, c'est encourager le culte de l'image, image derrière laquelle il n'y bien souvent aucun objet.

    Un album, ça me paraît plus une contrainte physique qui n'a pu lieu d'être avec l'avènement du numérique. Limiter la taille d'une œuvre à cause du format physique alors qu'on peut l'éviter, je trouve ça dommage. Dans la musique classique par exemple, il ne s'agit pas d'album et les œuvres n'étaient pas composés avec la contrainte absolue de ne pas dépasser 70 minutes en tête. De même pour le format des BDs par exemple. Parler d'album, n'est ce pas vouloir rentrer dans le moule définie par l'industrie?

    L'aspect communautaire est vraiment important dans le "libre", AMHA. Dans ta présentation tu parles de créer de la demande. AMHA ce qu'il faut, c'est plutôt inciter les gens à participer, à prendre conscience qu'ils peuvent faire des choses. En lisant ta présentation, j'ai l'impression que tu soutiens un mouvement qui consisterais à financer différemment pour avoir au final le même résultat : des gens qui s'assoient devant un écran (ou une pelouse) et absorbent sans jamais agir.

    Ce qu'il faut inciter, ce n'est pas de la demande, au contraire c'est de l'envie de donner (du temps, des connaissances, des ressources). Chose dont tu parles(participation comme la promotion, la traduction, le montage, la programmation, etc.), mais qui gagnerais AMHA à être mis plus en avant. Par exemple tu devrais mettre des liens vers les informations sur comment participer au montage, etc. La seul chose que tu mets en lien c'est pour le financement, dommage.

    Quand tu parles de dépendances économiques, qui est le contraire de libre, ça me semble erroné comme rapprochement. Le libre c'est avant tout la liberté d'agir (liberté légal), les moyens d'agir (liberté économique), personne ne peut te les garantir.

    Je crois que la plus grosse difficulté qui s'oppose à l'épanouissement de la culture libre, c'est la vision déformé par notre société de consommation de ce qu'est la culture.

    En espérant que tu trouves mes remarques pertinentes et utiles...
    • [^] # Re: Une vision encore bien formaté par les "industries de la culture"

      Posté par . Évalué à 2.

      Merci pour tes remarques pertinentes et utiles !

      Je suis entièrement d'accord avec toi, je suis un vieux libriste convaincu et je partage donc à 100% ton point de vue sur l'interaction et l'implication de la création avec le public. C'est d'ailleurs ce que tente de défendre et de préserver dons les premiers paragraphes. Mais pour télescoper cette démarche dans des milieux hostiles tels que l'industrie du divertissement traditionnelle, j'ai du avaler quelques couleuvres et faire part d'un minimum du cynisme pour obtenir un système hybride cohérent. Comme je l'ai écrit à un moment c'est pas très romanesque mais le jeu en vaut la chandelle, IMHO.

      Je suis autant consterné par le fanatisme que toi, mais contrairement au modèle l'industrie du divertissement qui est un système et non une nature humaine je pense qu'on peut le changer. Le fanatisme peut être aussi mais je n'ai aucune idée de comment m'y prendre, alors cyniquement je m'en sert.

      Pour le format de l'album je suis aussi d'accord sauf que historiquement c'est la musique classique qui à fixé la durée de l'album : "Selon les rumeurs, la capacité du CD 12 centimètres a été augmentée à 74 minutes, à la demande de Herbert von Karajan, pour que la version la plus lente de la 9e symphonie de Beethoven tienne sur un seul CD." http://fr.wikipedia.org/wiki/CD

      Merci d'avoir pris le temps de lire et de poster :-)
      • [^] # Re: Une vision encore bien formaté par les "industries de la culture"

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Pour le CD, j'avais effectivement lu l'article wikipedia. D'un autre coté j'ai déjà vu des cas où effectivement cette limitation influait sur l'œuvre. Donc bon, au final, ça reste une limite arbitraire dont on peut se passer si on ne tiens pas absolument à diffuser sous forme d'albums.

        Sinon de mon coté je préfères favoriser l'émergence du libre, quitte à partir de rien (ce n'est pas le cas, il y a déjà pas mal d'œuvres sous licence art libre, et je ne parle même pas du domaine public) que d'essayer de convertir un milieu farouchement opposé à ses principes. Cela dit, toutes les voies gagnent à être explorer, au pire on apprends à tous qu'on est aller dans une impasse, au mieux on obtiens des résultats inattendus.

        Je te souhaite donc bonne chance pour ton évangélisation en milieu hostile. :)
        • [^] # Re: Une vision encore bien formaté par les "industries de la culture"

          Posté par . Évalué à 2.

          Héhé merci :-)

          En ce qui concerne les contraintes les artistes parfois s'en imposent eux-même, le sonnet par exemple en poésie. Mais c'est vrai que lorsqu'on souhaite dépasser ces contraintes c'est bien que ce soit possible, le net permet ça, c'est un avantage.

          Je ne pense pas vraiment que le milieu hostile ait besoin d'être évangélisé, ou puisse l'être, parceque les gens s'en foutent pas mal, ce serait se battre cantre des moulin. Mais l'aiguiller vers des chemins plus sains, par exemple la "demande" qui comme tu l'as justement dit peut être un gros mot, peut aussi être bénéfique, si elle devient une demande de liberté par exemple.
  • # Financement des biens communs ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    J'avais du raté le premier thread. Ca me semble être une très bonne initiative. Je n'ai pas lu en détail ton texte, mais la présentation dans sa globalité me semble plutôt efficace.

    Tu connais forcément à ce propos les projets de la fondation Blender, qui sont du même genre : un projet de film 3D (Peach [1]) et un projet de jeux libre (Apricot [2])

    J'aimerais vraiment voir ce que tout ceci va donner. J'essaierai de donner à mesure du possible.

    C'est un bon début. Le problème c'est que pour l'instant les donateurs sont forcément des gens très "militants" qui soutiennent plus le concept même de financement communautaire que l'oeuvre en question.

    Mais si la communauté arrive à financer le développement d'"oeuvres artistiques" dont il est difficile, par définition, de juger de la qualité (je peux donner et me rendre compte que l'oeuvre finale ne me plait pas du tout), alors il me parait évident qu'elle peut arriver à financer le développement de logiciels (ou du moins des évolutions ou correction de bugs) dont il est plus facile de savoir si la solution proposée répond au besoin.
    On peut même éventuellement imaginer une "place de marché" commune permettant de financer la création de "biens communs" : logiciels libres, oeuvres artistiques libres, articles scientifiques, etc.

    Deux projets (encore jeunes) qui vont peut être dans cette direction : microPledge [3] et Cofundos [4].

    [1] http://peach.blender.org/index.php/about/
    [2] http://apricot.blender.org/?page_id=8
    [3] http://micropledge.com
    [4] http://www.cofundos.org
    • [^] # Re: Financement des biens communs ?

      Posté par . Évalué à 1.

      C'est vrai que pour satisfaire les goûts de chacun d'un point de vue artistique c'est un casse tête, tout comme dans le système traditionnel la déception est souvent au rendez-vous. Comme c'est libre je serais tenté de dire "Si ça te plaît pas envoie un patch", mais c'est difficilement concevable. En ce qui concerne les deux projets professionnels en développement (Peach et "then you win") tu peux quand même suivre l'évolution en ligne. Peut être que ce sera plus facile de s'y retrouver quand il y aura du choix, pour le moment c'est trop jeune pour ce faire une idée de ce que pourrait être le choix de créations libres pro, si ça peut exister un jour.
      • [^] # Re: Financement des biens communs ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Pour le envoie un patch, il faut aussi voir ce qui est distribuer ensuite, est-ce simplement la vidéo monté, où tout les fichiers qui ont été utilisés pour produire celle-ci?
        • [^] # Re: Financement des biens communs ?

          Posté par . Évalué à 1.

          Donner la source c'est le but d'un projet ouvert, mais il reste un problème technique si on veut conserver une qualité pro, 600Go pour 70 heures de DVCAM dans le cas de "then you win" c'est difficile à mettre en ligne et à télécharger... Mais à terme c'est envisageable.
          • [^] # Re: Financement des biens communs ?

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            Effectivement, à ce niveau là ça peut être problèmatique pour du téléchargement. J'aurais bien dit qu'une option serait de proposer l'envoie des données sur un support matériel (au frais du demandeur), mais ça me semble encore difficile avec 600Go.
        • [^] # Re: Financement des biens communs ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Le principal objectif du projet Peach de la Blender Foundation est de réaliser un film avec Blender ; j'ai l'impression que cela prime de loin sur le film en lui-même. En effet, cette aventure associe développeurs et artistes pour réduire au quotidien le delta entre ce qu'est Blender et un logiciel compétitif et fourni en fonctionnalités dans ce domaine précis d'application.
          Je pense que c'est un calcul stratégique intéressant : si une base d'utilisateurs professionnels se forme et contribue au logiciel à l'avenir, l'investissement aura été rentable.
          • [^] # Re: Financement des biens communs ?

            Posté par . Évalué à 2.

            Pas seulement, Ton Roosendaal entend bien aussi démontrer (à nouveau) qu'un modèle de production audiovisuel libre est possible. Le projet Peach recoit des fond d'entreprises qui par exemple veulent des démos HDTV libres pour promouvoir leur matos, des consortiums qui veulent voir leur technologies utilisée, etc. Elephants Dream a couté plus cher que la libération du code de Blender (120 000€ contre 100 000€).

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