Journal L'épopée NERF

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42
8
mar.
2018

Un rapide journal pour partager avec vous sur l'épopée NERF et linuxboot. Le projet connait un succès très large à tel point qu'il a généré la creation d'un groupe Open Firmware au sein de la fondation Open Compute.

Comme quoi partir d'une idée après quelques échanges mène parfois à faire des choses de plus grande envergure. Comme vous le savez on commercialise des machines d'occasion avec ajout d'équipements neufs, machines basées sur une approche Open Hardware. Une des fonctions sur laquelle je me suis focalisée ces dernières semaines a été de faire démarrer mon bon vieux Bi-Xeon sur un disque nVME Plextor (ok pas forcément les meilleurs du marché, mais ma bourse ne me permettait pas d'investir dans un Fusion-IO).

Apres un peu de hacking ben j'y suis arrivée, on a donc maintenant des serveurs qui non seulement démarrent plus vite, sont plus sécurisés, plus facile à administrer, utilise un BIOS le plus ouvert possible, et possède des niveaux fonctionnels équivalent aux machines modernes, le tout basé sur votre O/S préféré.

Il me restait à faire quelques benchmarks. On a donc appelé un de nos clients, Nexedi pour qu'ils testent les machines chez Data4 et j'ai essayé de comparer nos bons vieux Winterfell avec un serveur 16vCPU/64GB de chez Digital Ocean sur une compilation de linuxboot. La machine Digital Ocean commercialisée à 320$ par mois, compile le tout en 15 minutes (ellapsed) en utilisant l'ensemble des resources disponibles, alors que notre serveur sous linuxboot avec son disque nVME compile le tout en 12 minutes et coute à l'achat environ 900 $US.

Nexedi a testé les machines en les comparants à leur existant chez Online et OVH et est arrive à la conclusion qu'ils pouvaient migrer et clore leur VM chez eux ainsi que leurs dedicated serveurs en divisant par 2 leurs couts d'infrastructure. Ils nous ont demandé de déployer un rack complet que nous hébergerons et qui sera le premier rack en production fonctionnant sous linux boot, avec ainsi l'infrastructure matérielle la plus ouverte et auditable du marché.

Il me reste évidemment quelques bugs à corriger comme un support correct du NUMA, et autres bricoles. (deja le clock skew a disparu dans les VM ;)). Pour ceux qui seront au Summit Open Compute, les membres du projet seront hébergés sur l'un des plus grands stands du salon appartenant à un géant de la vallée (m'en voulez pas, c'est les seuls qui nous hébergent gratuitement et qui sont fières du projet et contributeurs)

L'Open Hardware a un avenir certains, l'ouverture des firmwares, le bon fonctionnement de linuxboot vont me permettre de rebasculer sur FreeCAD et KiCAD qui sont des projets extraordinaires. Plus rien n'arrêtera cette tendance et j'espere que vous serez nombreux comme Nexedi a réfléchir sur l'impact qu'ont les infrastructure IT sur notre planète et utiliserez la meilleure offre pour vos besoins sans succomber aux arguments marketing des gros hébergeurs et/ou fondeurs. En tout cas je suis fière que mon entreprise le fasse et n'investisse que dans les technologies nécessaires au développement des communautés et pas dans des locaux fastueux dans l'optique d'attirer des geeks en recherchent de confort superficiel.

La plateforme de CI de linuxboot est quasiment fonctionnelle, elle est chez Data4, entièrement développée en France, par des français. Soyons un peu chauvin.

Si vous voulez un serveur sous linuxboot en location faites moi signe ou contactez Nexedi, je suis sure qu'ils vous donneront un coup de main.

  • # LinuxBoot: Linux as firmware

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    https://lwn.net/Articles/748586/

    Pour les non abonnés, il faut attendre 15 jours que l'article se libère.

    Sinon, tout cela est très bien. Les anciennes machines SGI Itanium avait une sous couche L1/L2 avec un Linux embarqué. Les derniers DELL bootent je ne sais pas combien de truc et entre l'iDRAC et tout le merdier, on pourrait presque passer plus de temps à maintenir ce paquet de firmware que de s'occuper de l'OS proprement dis ;-)

  • # Benchmark

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Bonjour, j'ai du mal à comprendre le benchmark effectué. Pouvez-vous m'éclairer ?

    j'ai essayé de comparer nos bons vieux Winterfell avec un serveur 16vCPU/64GB de chez Digital Ocean sur une compilation de linuxboot.

    En quoi le système de boot influe sur le temps de compilation qui je suppose se déroule dans le "vrai" système d'exploitation ?

    • [^] # Re: Benchmark

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Tu as raison le systeme de boot ne devrait pas affecter les temps d'execution une fois l'O/S boote (sauf si tu fais du temps reel, le mode SMM etant parfois sacrement vicieux). L'objectif du benchmark etait de valider qu'en reconditionnant des "vieux" serveurs et en les mettant au gout du jour avec des I/O plus performantes qui ne sont accessibles qu'avec des BIOS modernes on puisse les battre. Un Xeonv2 qui est aujourd'hui considere comme un vieux serveur est encore parfaitement exploitable, pas chere et efficace. L'idee de Linuxboot est aussi d'augmenter la duree de vie des machines en offrant des mises a jour fonctionnelles.

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