• # C'est assez ressourcivore !

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10 (+9/-0).

    Si je comprends l'article, ce calcul des décimales de pi a nécessité :

    • deux processeurs AMD EPYC 7542 CPUs, 32 cores each
    • 1 térabits de RAM
    • 510 tbit pour le stockage

    Plus 38 disques durs de 16 tbit chacun et 2 disques SSD pour le stockage du système et quelques trucs.

    Plus aucune excuse pour ne pas faire des cercles parfaitement ronds du coup.

    « Tak ne veut pas quʼon pense à lui, il veut quʼon pense », Terry Pratchett, Déraillé.

    • [^] # Re: C'est assez ressourcivore !

      Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

      Multiplie par 8 : l'article parle de bytes, donc des octets, pas de bits.

    • [^] # Re: C'est assez ressourcivore !

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 7 (+5/-0).

      Cool, on peut maintenant dessiner des cercles ronds à la particule près!

      Il y a un article qui explique très bien que pour ses calculs, (Attention SPOIL!!! ) la Nasa utilise au maximum 16 chiffres significatifs pour Pi. C'est ici en anglais mais on peut trouver des traductions sur d'autres sites:
      De combien de décimales de pi avons nous vraiment besoin?

      Un LUG en Lorraine : https://enunclic-cappel.fr

    • [^] # Merci la connerie humaine

      Posté par  . Évalué à -4 (+4/-9).

      OK, π est utile dans tout un tas d'applications.

      Le pékin lambda vous dira que c'est 3,14 …

      Quiconque a quelques souvenirs vaguement scientifiques (genre moi) pourra pousser un peu plus loin: 3,1415926535 (c'était le maximum que pouvait afficher ma dorénavant vénérable HP-11C)

      Le poète pourra pousser encore plus loin:

      Que j’aime à faire apprendre ce nombre utile aux sages !
      Immortel Archimède, artiste ingénieur,
      Qui de ton jugement peut priser la valeur ?
      Pour moi, ton problème eut de pareils avantages.>

      Mais ce niveau de précision est déjà largement inutile en pratique pour le commun des mortels.

      Alors quand je vois que des abrutis scientifiques se sont amusés à calculer 62,8 trillions de décimales en cramant gaiement 1700 watts en continu pendant 100 jours (ce qui nous fait tout de même un peu plus de 4 MWh), juste pour démontrer à d'autres abrutis scientifiques que ce sont eux qui ont la plus grosse, je perds une fraction du peu plus foi en l'humanité qui me reste.

      • [^] # Re: Merci la connerie humaine

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3 (+3/-2). Dernière modification le 21/08/21 à 14:34.

        En fait, je trouvais ça assez sympa comme info, jusqu’à ce que je lise les besoins en ressources et là… je me dis que le gain pour la science et la connaissance est plutôt insignifiant et que le besoin en ressources est tout simplement aberrant et démesuré en comparaison. Bref, ça n’a plus aucun sens.

        « Tak ne veut pas quʼon pense à lui, il veut quʼon pense », Terry Pratchett, Déraillé.

        • [^] # Re: Merci la connerie humaine

          Posté par  . Évalué à -3 (+3/-7).

          Et encore, dans mon post précédent j'évoquais 4 MW/h mais comme il y avait plusieurs équipes concurrentes, il faut, à la louche, multiplier la conso électrique par le nombre d'équipes.
          Et là, pour l'évaluation du degré de gaspillage connerie, on ne prend pas encore en compte les aspects RH et infrastructures diverses et variées… :-/

          Donc à tous ceux qui moinssent pour manifester leur désaccord avec mes propos, j'attends vos arguments ;-)

          Dans quelles circonstances avec vous besoin d'autant de décimales de π ?

          Qu'est-ce qui, d'après vous, peut objectivement justifier le fait d'en calculer 62,8 trillions de décimales ?

          Question subsidiaire (pour les cancres): calculez le volume de papier nécessaire pour imprimer les 62.8 premiers trillions de décimales de π (feuilles A4 recto-verso, 80 g/m², 2 cm non imprimables de tous côtés, police à chasse fixe type Courrier New Regular en taille 8 points).

          Vous avez deux heures.

          • [^] # Re: Merci la connerie humaine

            Posté par  . Évalué à 3 (+2/-1).

            dans mon post précédent j'évoquais 4 MW/h

            Non, dans ton poste précédent, tu évoquais 4 MWh ce qui était la bonne unité et le bon calcul (1700*24*100=4'080'000). Des W/h, ça n'a pas de réalité physique.

            • [^] # Re: Merci la connerie humaine

              Posté par  . Évalué à 1 (+0/-0). Dernière modification le 23/08/21 à 12:34.

              Ça s'appelle une typo je crois ;-)
              Un peu comme quand je confusionne les points et les virgules.
              Ou quand tu utilises des apostrophes pour séparer des groupes de 3 chiffres à la place d'espaces (insécables en principe).
              Merci de l'avoir relevée.

      • [^] # Re: Merci la connerie humaine

        Posté par  . Évalué à 2 (+2/-2). Dernière modification le 21/08/21 à 18:13.

        Ca permet au moins de vérifier que π n'est pas périodique avant 63,8 trillions de décimales
        ->[]

      • [^] # Re: Merci la connerie humaine

        Posté par  . Évalué à 1 (+0/-0).

        C'est "beaucoup" d'énergie ? Je ne me rends pas bien compte.

        • [^] # Re: Merci la connerie humaine

          Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0).

          Une année de consommation électrique d'un foyer français moyen de 2016, ou un peu plus de 400 litres d'essence. ce qui est beaucoup es peu à la fois, selon que tu considère que c'est pour la gloire ou un processus de qualification (cf mon message à ce sujet).

          La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

      • [^] # Re: Merci la connerie humaine

        Posté par  . Évalué à 10 (+12/-0).

        Le calcul des décimales de π n'est pas pour faire démonstration de puissance, mais plutôt pour éprouver celle-ci (cette machine met cent jours alors que la génération d'avant ne calculait pas moitié moins de décimales sur la même durée par exemple) ou mieux éprouver de nouveaux algorithmes (pour certaines qui évoluent proportionnellement à la vitesse de calcul des processeurs pas besoin de tester car on sait estimer combien de temps ça va mettre… mais la recherche pond de nouveaux algorithmes qui après ce genre d'exploit vont être utilisé dans des satellites ou des jeux vidéos par exemple) Par ailleurs, on a besoin d'avoir beaucoup de décimales de certains nombres transcendants pour pouvoir les étudier (classe U ou S par exemple ?) etc.

        Je recopie « Pourquoi ces calculs ? » d'une des pages du CNRS, sans les liens.

        Il est clair que personne n’a besoin de connaitre π avec une telle précision, que ce soit l’astronome pour établir l’heure d’une prochaine éclipse ou le fabricant de boîtes de conserve pour calculer le diamètre d’une boîte d’un litre ou le poids de métal nécessaire.

        Une première motivation est l’étude de la répartition des chiffres dans la suite des décimales de π. La plupart des mathématiciens pensent que ces décimales sont réparties « au hasard » : ce n’est, bien sûr, pas un véritable hasard qu’on attend, puisque π a une définition bien précise, mais une bonne répartition doublée d’inattendu, ce qui ressemble au hasard… Chaque auteur d’un nouveau record prend soin de vérifier que la fréquence d’apparition de chaque chiffre est proche de 1/10, que celle de chaque groupe de 2 chiffres est proche de 1/100, etc. Vous pouvez vérifier que votre date de naissance apparaît dans les décimales de π sur ce site où vous pourrez voir que la date de naissance de Napoléon Bonaparte (15081769) se trouve de la 189028007ième décimale à la 189028014ième, et où vous trouverez beaucoup d’autres renseignements plus intéressants ! D’autres, comme les frères Chudnovsky, espèrent trouver des régularités, des motifs… En fait, cela n’a qu’une signification limitée, puisqu’on ne connaît qu’une partie finie de la suite infinie des décimales de π, c’est-à-dire 0% de ces décimales !

        Une motivation plus sérieuse pour cette recherche a été de tester la fiabilité et la rapidité des ordinateurs et d’en tirer éventuellement des arguments publicitaires. Par exemple, David Bailey, qui participa à la chasse aux décimales, détecta ainsi en 1988 un bogue dans le superordinateur Cray-2. Dans son annonce de record, Takahashi insiste sur les performances du nouveau superordinateur parallèle de l’université de Tsukuba qui lui a permis de faire le calcul en seulement 70 heures.

        Mais le plus important est que, pour passer d’un million à plus d’un milliard de décimales, il ne suffit pas de faire travailler plus longtemps un plus gros ordinateur et de compter sur le progrès de la technologie qui miniaturise les composants électroniques et augmente leur rapidité. Il faut faire des progrès en informatique théorique et en mathématiques : On calcule généralement π comme une somme de termes qui sont des quotients de produits de très grands nombres entiers, et chaque terme doit être calculé avec une précision au moins égale à la précision cherchée pour π. Cela nécessite des mémoires énormes, mais aussi des méthodes rapides pour multiplier ou diviser de très grands nombres entiers : l’ordinateur n’utilise pas le procédé que nous avons appris à l’école mais des algorithmes régulièrement améliorés par les mathématiciens et les informaticiens. Il est, pour le moins, ridicule d’écrire « on n’a plus besoin de mathématiciens maintenant qu’on a des ordinateurs » (citation libre extraite du livre La Défaite de Platon, publié par un ancien ministre [7] en charge de la recherche scientifique ; je ne peux fournir la citation exacte car j’ai mis à la poubelle ce livre où j’espérais apprendre un peu d’histoire des sciences). C’est grâce à l’amélioration de ces algorithmes que Fabrice Bellard a pu établir son record annoncé le 31 décembre 2009 en utilisant un PC de « moins de 2000 euros » qui a calculé pendant 131 jours.

        On lira avec intérêt les annonces officielles des derniers records de Kanada (ici), Takahashi (là) et Bellard (et là). Et pour se tenir au courant de la course aux décimales, il suffit de demander « pi record » à un moteur de recherche.

        Ce qui est réjouissant, c’est l’interaction entre l’informatique et les mathématiques : par exemple, l’informatique a permis d’accélérer la poursuite de l’étude des systèmes dynamiques qu’Henri Poincaré n’avait pu développer, faute de moyens de calcul (et cela fournit en plus les magnifiques images d’ensembles fractals que tout le monde peut admirer maintenant) [8] ; mais, réciproquement, les informaticiens demandent aux mathématiciens de nouveaux résultats en algèbre, arithmétique, logique et combinatoire…

        Notons enfin que les algorithmes de multiplication rapide ne servent pas seulement à calculer des décimales inutiles, mais qu’ils ont des applications importantes dans le traitement d’images. En particulier, sans le travail effectué pour cette chasse au record, nous n’aurions pas de machines à IRM dans nos hôpitaux.

      • [^] # Re: Merci la connerie humaine

        Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0).

        Mais ce niveau de précision est déjà largement inutile en pratique pour le commun des mortels.

        C'est tout à fait vrai, on en tire deux conclusions possibles:
        1. les scientifiques sont des abrutis qui font des choses inutiles;
        2. l'intérêt scientifique du travail n'est pas dans l'accumulation de décimales.

        (Indice: la bonne réponse est la 2.)

    • [^] # Le but n’est pas de calculer π, mais de valider un système

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 8 (+6/-0). Dernière modification le 21/08/21 à 18:08.

      Le but n’est pas de calculer π, mais de valider un système. C’est pas moi qui le dit, mais l’équipe en charge du test, dans ce qui est littéralement les deux premiers paragraphes du lien :

      We would like to demonstrate that Pi can be efficiently calculated to 62.8 trillion decimal places with limited hardware, personnel and budgetary resources. The current world record for the most accurate number of Pi will serve as a reference for our performance.

      Calculating the most accurate number of Pi is an unofficial benchmark in the area of high-performance computing. Although there is no practical application in knowing trillions of decimal places of a transcendental number, this is however, a useful test of our abilities to run extremely resource-demanding computations.

      (le gras est de moi).

      En ce sens, on peut comparer cette performance à la mise en orbite de la Tesla Roadster par une Falcon 9 Heavy. Le résultat apparent est spectaculaire, facile à communiquer et totalement inutile en soi. Parce qu’il n’est pas important.

      Ce qui est important, c’est ce qu’il y a en-dessous. La démonstration d’Elon Musc l’autorise de dire : « Ma fusée permet d’envoyer une charge de plusieurs tonnes sur orbite martienne. ». La démonstration de la FHGR leur permet de dire : « Regardez, on peut faire des calculs de cette complexité avec du matériel somme toute très limité » (cf le paragraphe sur l’efficacité énergétique, dans le lien).

      Et c’est ces démonstrations qui sont importantes.

      Alors, pourquoi avoir choisi un truc aussi inutile que les décimales de π pour l’exemple, et pas un calcul utile ?

      • Parce que les décimales de π, c’est pas grave si ça échoue (aucun projet de recherche n’en a vraiment besoin, tout comme personne n’a besoin d’envoyer une voiture en orbite),
      • parce que c’est facilement vérifiable (cf toute la partie sur la validation des résultats),
      • et parce que ça permet une métrique connue sur la puissance de calcule atteinte (cf la notion de benchmark dans les premiers paragraphes, et la section dédiée aux applications).

      La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

      • [^] # Re: Le but n’est pas de calculer π, mais de valider un système

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).

        La démonstration d’Elon Musc l’autorise de dire : « Ma fusée permet d’envoyer une charge de plusieurs tonnes sur orbite martienne. ».

        Non, ça lui permet de dire que son entreprise peut placer un objet sur une orbite autour du soleil dont l’apogée dépasse l’orbite martienne, mais il lui faudrait pas mal plus de ressources pour placer un objet sur une orbite équivalente à celle de Mars ou en orbite autours de Mars.

        Falcon Heavy Demonstration Mission orbital diagram

        • [^] # Re: Le but n’est pas de calculer π, mais de valider un système

          Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).

          Oui, j’ai pas été extrêmement précis sur ce qui est un point de détail d’une explication portant sur un autre sujet. De toutes façons, circulariser l’orbite pour qu’elle soit équivalente à celle de Mars, ou entrer en orbite martienne, ces deux possibilités auraient demandé une charge utile active, donc très différente.

          Mon point était : ça lui permet de faire de la publicité et de montrer ce qu’elle a dans le ventre, en montrant qu’elle a réellement le Δv qu’elle prétends. Et c’est ça qui est important.

          La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

        • [^] # Re: Le but n’est pas de calculer π, mais de valider un système

          Posté par  . Évalué à 2 (+0/-0).

          Si on considère que le sol martien est en orbite autour du centre de Mars, et qu'il calcule parfaitement son coup, alors oui il peut mettre sa Tesla en orbite martienne. Par contre je lui conseille de bien l'assurer tout risque car le créneau final risque de légèrement rayer la carrosserie…

  • # π c'est pas 3,2 ?

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 5 (+4/-0).

    • [^] # Re: π c'est pas 3,2 ?

      Posté par  . Évalué à 10 (+8/-0). Dernière modification le 17/08/21 à 18:35.

      3,2 encore ça va, il paraît que dans l'automobile, c'est 3.

      (oui parce que en fait un pneu est pas rond sous le poids de la voiture et donc ton compteur de vitesse qui en fait compte le nombre de tours de roues doit corriger par rapport à la circonférence théorique de la roue)

      En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

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